L’honorable Tim Hodgson Ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Congrès de l’Association nucléaire canadienne

Discours

29 avril 2026                                                                         Ottawa (Ontario)

L’allocution définitive fait foi.

Merci, Ian, pour cette présentation. Bonjour, tout le monde. Good morning, everyone.

Je suis heureux d’être ici aujourd’hui, à l’occasion de mon premier congrès de l’ANC en tant que ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles. On m’a dit que cet événement est l’équivalent des Oscars pour le secteur nucléaire canadien!

Le Canada se trouve à un moment charnière. Nous traversons une période de bouleversements touchant les marchés, le commerce, la sécurité, les technologies et le climat.

Dans ce contexte, nous devons nous donner une direction claire et faire preuve de clarté, d’ambition et de détermination.

C’est exactement ce que fait la Mise à jour économique du printemps publiée hier. Elle répond aux défis actuels en proposant des mesures ciblées pour rendre la vie plus abordable, tout en renforçant la compétitivité et la croissance économique du Canada. Elle prévoit aussi de soutenir davantage les travailleurs, d’accélérer la construction de logements et d’infrastructures importantes, ainsi que d’investir dans la vitalité et la sécurité des collectivités partout au pays.

Parmi ces mesures, on retrouve le Fonds pour un Canada fort – le premier fonds souverain national du Canada – qui servira à investir dans des projets et des entreprises stratégiques au pays.

La Mise à jour économique prévoit également Une Équipe Canada forte, une nouvelle initiative pancanadienne visant à recruter, à former et à embaucher jusqu’à 100 000 nouveaux travailleurs spécialisés d’ici 2030-2031.

Elle comprend une série d’autres mesures qui permettront d’établir des collectivités plus fortes et plus sûres, notamment pour les peuples autochtones, de bâtir un pays mieux connecté et de soutenir les infrastructures essentielles.

La Mise à jour économique, comme l’ensemble du programme du gouvernement, repose sur une idée simple : l’histoire – et, pour ceux et celles d’entre vous qui ont à peu près mon âge, l’expérience – nous apprend que les nations se révèlent non pas lorsque tout va bien, mais lorsque les crises surviennent.

C’est à ce moment-là qu’on découvre si un pays sait encore tirer parti de ses atouts.

Et lorsqu’il est question des atouts du Canada, il suffit de regarder autour de nous, ici même.

Permettez-moi de remonter un peu dans le temps. Il y a plus de 100 ans, à quelques heures d’ici, le physicien néo‑zélandais Ernest Rutherford faisait son arrivée à l’Université McGill comme professeur de physique.

On raconte qu’il avait certaines réserves : à l’époque, le Canada n’était guère considéré comme un grand centre scientifique. Mais à sa grande surprise, M. Rutherford s’est retrouvé dans le laboratoire de physique le plus neuf et le mieux équipé au monde.

C’est ça, le Canada : toujours capable de dépasser les attentes.

En moins de dix ans, M. Rutherford et son équipe montréalaise ont percé le mystère de la radioactivité – fondement de la science nucléaire – et ont valu au Canada son premier prix Nobel.

Un peu plus d’une décennie plus tard, le premier gisement d’uranium du pays a été découvert au Grand lac de l’Ours, dans les Territoires du Nord-Ouest, et le Canada était officiellement entré dans la course.

En 1945, le premier réacteur nucléaire à l’extérieur des États-Unis entrait en service, à deux heures d’Ottawa – une avancée déterminante qui a mené au CANDUMC : un réacteur de conception canadienne unique, financé par le gouvernement fédéral et alimenté à l’uranium naturel non enrichi, qui a permis la mise en service de la première centrale nucléaire du Canada en 1962.

Aujourd’hui, le secteur nucléaire emploie plus de 90 000 Canadiens et Canadiennes, dont 90 % occupent des postes hautement spécialisés. Il produit 13 % de l’électricité du pays et contribue à hauteur de 17 milliards de dollars à l’économie chaque année grâce à l’exploitation de 18 réacteurs CANDUMC au pays et à l’entretien de 9 réacteurs à l’étranger, notamment en Roumanie, en Inde et en Corée du Sud.

Tout ça est possible parce que, contrairement à plusieurs de nos alliés, nous possédons une expertise à toutes les étapes de la chaîne d’approvisionnement : de la conception et de la fabrication de composants de haute précision à la recherche et au développement, en passant par la construction et l’entretien de réacteurs à l’étranger.

C’est cette force qui fera du Canada le premier pays du G7 à accueillir un petit réacteur modulaire, à la centrale de Darlington. Il s’agit du premier projet d’énergie nucléaire confié par le premier ministre à notre nouveau Bureau des grands projets. Le projet est appuyé par un investissement de 2 milliards de dollars provenant du Fonds de croissance du Canada, soit l’investissement le plus important du fonds à ce jour, ainsi que par un financement de 1 milliard de dollars du gouvernement de l’Ontario, par l’intermédiaire du Fonds ontarien pour la construction.

Notre leadership nucléaire repose aussi sur un autre atout important : le Canada est le deuxième producteur mondial d’uranium et détient les plus importantes réserves à forte teneur au monde.

Grâce à cet uranium de tout premier ordre, nous pouvons alimenter notre propre parc de réacteurs tout en exportant près de 90 % de notre production vers les marchés mondiaux — un véritable gage de sécurité énergétique.

La dernière fois qu’un projet de construction d’une mine d’uranium a été approuvé au Canada, c’était en 2004. Mais, fait remarquable, au cours des deux premiers mois de 2026, deux nouvelles mines ont été approuvées. Ensemble, elles produiront suffisamment d’uranium pour alimenter plus de deux fois l’ensemble des foyers canadiens.

Enfin, un aspect dont on parle moins, mais qui est tout aussi important : le Canada se démarque également dans des domaines essentiels à la confiance du public à long terme, notamment en matière de sûreté nucléaire, de gestion des déchets radioactifs et de stockage géologique en profondeur, en partenariat avec la municipalité d’Ignace, en Ontario, et la Nation ojibway de Wabigoon Lake.

C’est un parfait exemple de ce que nous voulons dire lorsque nous affirmons que « le Canada a ce que le monde veut ».

Aujourd’hui, 38 pays appuient l’objectif de tripler la capacité nucléaire d’ici 2050. L’Agence internationale de l’énergie estime que les investissements dans le secteur pourraient atteindre jusqu’à 200 milliards de dollars par année d’ici 2030, soit plus du double de ce qu’ils étaient en 2023.

Une grande partie de cette croissance s’explique par le fait que plus de 30 pays se tournent vers l’énergie nucléaire pour la toute première fois, et beaucoup cherchent à réduire leur dépendance à l’égard de sources d’énergie vulnérables sur le plan géopolitique, à renforcer leur souveraineté et à s’assurer d’un approvisionnement énergétique de base à long terme auprès de partenaires de confiance.

Le Canada travaille aussi en étroite collaboration avec des alliés comme le Royaume‑Uni et la Roumanie, qui misent sur l’énergie nucléaire pour atteindre leurs objectifs en matière de climat tout en renforçant leur sécurité énergétique nationale et régionale.

Cette renaissance du nucléaire représente une occasion majeure sur le plan climatique.

C’est une occasion en matière de sécurité énergétique.

Mais, surtout, il s’agit d’une occasion économique — pour le Canada, pour les provinces et les territoires, ainsi que pour les quelque 250 entreprises qui composent notre chaîne d’approvisionnement nucléaire.

Nous sommes extraordinairement bien placés pour saisir cette occasion. Et un pays moins ambitieux se contenterait de cet avantage.

Au lieu de cela, sous notre nouveau gouvernement, nous aurons – pour la toute première fois – une stratégie globale sur l’énergie nucléaire, dirigée par le gouvernement fédéral, mais élaborée en collaboration avec les provinces, l’industrie, les services publics, les syndicats, les peuples autochtones et bien d’autres intervenants.

Une stratégie qui accroît notre avantage.

Qui dynamise notre pays et nos alliés.

Un plan qui saisit l’occasion qui s’offre à nous.

Je me réjouis à l’idée de publier cette stratégie dans les semaines à venir. Elle définira la vision du rôle du secteur nucléaire canadien dans la sécurité énergétique nationale et mondiale, notre stratégie industrielle, notre programme de diversification commerciale ainsi que notre projet visant à faire du Canada une superpuissance énergétique et l’économie la plus forte du G7. 

Mais pour l’instant, j’aimerais vous donner un aperçu de mes réflexions, alors que nous élaborons la stratégie complète.

Premièrement, permettre la construction de nouvelles centrales nucléaires. Ce pilier met l’accent sur la construction de grandes centrales nucléaires au pays, à petite et à grande échelle. Pour ce faire, nous devons réduire les risques liés aux investissements nucléaires, faciliter le financement privé et public, renforcer les partenariats avec les Autochtones et donner la priorité aux projets qui ont un sens sur les plans économique et stratégique.

Deuxièmement, faire du Canada un fournisseur et un exportateur de choix à l’échelle mondiale. Comme indiqué dans le budget de 2025, nous menons avec détermination une stratégie commerciale en matière d’énergie nucléaire qui ciblera les marchés prioritaires et soutiendra les acteurs canadiens à tous les niveaux de la chaîne d’approvisionnement lorsqu’ils se tourneront vers l’étranger. 

Il va presque sans dire que cela s’inscrit parfaitement dans la priorité de notre gouvernement de diversifier et d’ouvrir de nouveaux marchés commerciaux pour le Canada. Et nous tirerons parti de toutes les entités gouvernementales, y compris le Service des délégués commerciaux et Exportation et développement Canada, pour adapter nos objectifs d’exportation aux marchés clés offrant les meilleures chances de succès.

Troisièmement, développer la production d’uranium et les possibilités liées au combustible nucléaire en tirant le meilleur parti de nos ressources exceptionnelles en uranium au pays afin de répondre de manière fiable aux besoins liés à l’expansion du parc nucléaire des alliés avec de l’uranium canadien.

Enfin, nous mettrons l’accent sur l’innovation de prochaine génération, que ce soit pour l’énergie – comme les petits réacteurs modulaires, les microréacteurs – ou d’autres domaines, comme la fusion.

Alors que nous mettons la dernière main à cette stratégie, j’encourage les personnes présentes dans cette salle à collaborer avec nous. Si vous avez un projet, dites-le-nous. Si vous avez une idée, présentez-la-nous. Cette stratégie, cette approche – ne fonctionne que si elle est coopérative, pragmatique et guidée par l’expertise réelle que vous pouvez seulement acquérir sur le terrain – une expertise que l’on trouve dans cette salle.

 

Nous mettons l’accent sur la sécurité et l’innovation en matière d’énergie nucléaire d’un océan à l’autre.

Mais peut-être n’y a-t-il nulle part où elle est plus nécessaire que dans le Nord canadien, où les factures sont les plus élevées, la sécurité énergétique est la plus fragile et la souveraineté est de plus en plus importante.

Compte tenu de cette réalité, notre stratégie industrielle de défense – et nos efforts pour renforcer la souveraineté du Canada – accordent la priorité au Nord, y compris aux nouvelles infrastructures à double usage.

Bien sûr, ces infrastructures ont besoin d’énergie. Idéalement, une énergie propre, fiable et canadienne.

C’est pourquoi j’annonce aujourd’hui un nouveau programme conjoint de faisabilité avec le ministère de la Défense nationale et Énergie atomique du Canada limitée, qui permettra d’évaluer le potentiel de la technologie des microréacteurs contrôlée par le Canada dans le Nord.

Le ministère de la Défense nationale investit plus de 40 millions de dollars au cours du présent exercice pour examiner si les microréacteurs de prochaine génération peuvent fournir de façon sûre et fiable de la chaleur et de l’électricité aux installations éloignées et nordiques du MDN et des Forces armées canadiennes.

Il est important de noter que, bien que ce travail appuie la défense et la souveraineté dans les régions éloignées, il a également un potentiel civil plus vaste et pourrait soutenir les collectivités éloignées et d’autres sites industriels à la recherche d’une énergie propre et fiable.

Enfin, comme les personnes ici présentes le savent, tout cela dépend de la technologie.

C’est pourquoi le gouvernement fédéral s’est engagé à investir 2,2 milliards de dollars sur dix ans dans les immobilisations des Laboratoires de Chalk River, les laboratoires nucléaires nationaux du Canada.

Ces immobilisations comprennent le nouveau Centre de recherche avancée sur les matériaux nucléaires et d’autres infrastructures essentielles dans l’ensemble du campus, qui combineront les capacités des installations désuètes (datant des années 1950 et 1960) pour en faire une installation moderne et un complexe de recherche en laboratoire qui peuvent soutenir le leadership continu du Canada en matière d’énergie nucléaire.

Cette installation permettra aux exploitants d’effectuer des travaux de pointe afin de manipuler des matériaux irradiés, de les couper et de les soumettre à diverses expériences. Elle permettra au Canada de se tailler une place de chef de file au XXIe siècle dans divers domaines : la technologie CANDUMC; la sûreté, la sécurité et la criminalistique nucléaires; les petits réacteurs modulaires; la mise au point d’un combustible pour les réacteurs; et le soutien des services publics en prolongeant la durée de vie des réacteurs tout en assurant leur fiabilité. 

Notre stratégie à venir, ainsi que les travaux effectués par le ministère de la Défense nationale et Énergie atomique du Canada limitée, fait ressortir une vérité plus générale : si nous voulons vraiment faire croître notre économie, renforcer la sécurité énergétique et atteindre nos objectifs climatiques, la croissance de notre réseau électrique est la seule solution.

Sans un réseau fiable, abordable et propre, la croissance économique, l’électrification, la construction de centres d’intelligence artificielle et de données et la revitalisation de l’industrie ne sont que des rêves chimériques.

À cette fin, notre stratégie pour l’énergie nucléaire sera complétée par une stratégie globale en matière d’électricité, visant la mise en place d’un réseau pouvant alimenter le Canada que nous bâtissons.

Par conséquent, cela nécessitera un véritable effort d’équipe, et, heureusement, avec Une Équipe Canada, c’est une réalité qui se réalise déjà.

En novembre, notre protocole d’entente avec l’Alberta comprenait un volet de travail visant à collaborer pour établir et exploiter une production d’énergie nucléaire concurrentielle qui peut servir l’Alberta et les marchés interreliés d’ici 2050.

Le Nouveau-Brunswick a manifesté un intérêt renouvelé pour l’expansion de la capacité nucléaire à la centrale de Point Lepreau. La Saskatchewan explore activement les grands réacteurs et les petits réacteurs modulaires. Il y a quelques jours à peine, l’Ontario et le Yukon ont signé un nouvel accord de partenariat qui représente les premières étapes vers le déploiement de petits réacteurs modulaires au Yukon.

De plus, les peuples autochtones continueront d’être des partenaires clés dans la détermination de l’avenir de l’énergie nucléaire au Canada. Nous travaillerons à soutenir la prise en charge de projets par les Autochtones, les partenariats à long terme et les avantages économiques communs dans les projets nucléaires.

Ce sont des objectifs ambitieux, mais ce sont également des signes concrets que les provinces et les territoires de tout le pays voient l’énergie nucléaire comme faisant partie de leur avenir économique et énergétique. Un avenir que le gouvernement fédéral vise ardemment à réaliser pour tous les Canadiens.

En conclusion, qu’il s’agisse de réacteurs à grande échelle, de petits réacteurs modulaires ou de microréacteurs pour des applications éloignées et stratégiques, de la recherche, du développement et de la démonstration, de nouveaux travaux scientifiques et technologiques, ou de la possibilité de créer des milliers de bons emplois au Canada – l’orientation est claire.

L’énergie nucléaire est au cœur de notre avenir, qu’il s’agisse de notre économie, de notre sécurité, de notre climat ou de notre rôle dans le monde.

L’ampleur des possibilités à l’échelle mondiale est énorme, mais ce n’est pas un facteur qui devrait nous intimider.

C’est une occasion pour le secteur nucléaire du Canada de faire plus que sa part, comme nous l’avons toujours fait.

Grâce à une stratégie claire, appuyée par Une Équipe Canada et l’expertise qui existe dans cette salle, l’énergie nucléaire canadienne alimentera non seulement nos maisons, nos entreprises et notre industrie, mais aussi le monde entier.

Merci beaucoup, thank you.

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2026-04-29