« Une année dans l’édification de notre nation : Forts de notre passé, regardons vers l’avenir » Allocution du ministre Tim Hodgson

Discours

Empire Club du Canada                   Toronto (Ontario)                 Le 24 avril 2026

Introduction

Bonjour à tous, good morning everyone.

Je remercie l’Empire Club de m’avoir invité pour vous parler aujourd’hui.

Il y a un an aujourd’hui, les Canadiennes et les Canadiens étaient à quatre jours de déposer leur bulletin de vote dans l’urne, dans le cadre d’une élection qui, j’en suis convaincu, a été un tournant dans notre pays.

Nous traversions alors une période tumultueuse, tant à Ottawa que partout au Canada et dans le monde entier.

Pour la première fois depuis des décennies, le Canada vivait une crise véritablement existentielle. D’un océan à l’autre, les Canadiennes et les Canadiens se demandaient non seulement qui ils étaient, mais qui ils voulaient devenir, et aussi « comment survivre ou même grandir dans un monde sans libre-échange? »

Pendant l’année qui vient de s’écouler, nous avons répondu à ces questions, ensemble, en tant que nation unique. Une nation riche d’une identité et d’une histoire qui lui sont propres. Une nation qui possède son lot distinct de défis, mais également des ressources inégalées et la base pour construire de très grandes choses.

Mais des assises solides ne suffisent pas à elles seules.

C’est pourquoi notre gouvernement, et notamment le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles dont je suis le ministre, a une mission qui, à bien des égards, est tout à fait unique : celle de bâtir un Canada fort!

Trop longtemps, nous nous sommes sentis en sécurité avec ce que nous avions : des ressources abondantes, un ordre mondial généreux à l’égard des puissances moyennes comme le Canada et un filet social offrant une bonne qualité de vie pour la plupart des Canadiennes et des Canadiens.

Pour revenir à la métaphore de la construction, peut-être que la plupart d’entre nous avons profité de la tranquillité du quartier dans lequel nous avons grandi, au temps où notre voisin du sud coopérait avec nous, contribuait à nous protéger et échangeait généreusement avec nous.

Il s’avère maintenant que le monde a changé. L’intégration économique, auparavant une force, s’est retournée contre nous. Il est temps de cesser de compter sur notre voisin pour assurer notre protection et d’installer notre propre système de sécurité.

Le 28 avril 2025, les Canadiennes et les Canadiens nous ont dit, et se sont dit, qu’ils ne voulaient absolument plus montrer de complaisance à l’égard de ce voisin ou du monde dans lequel nous vivons.

Ils voulaient un gouvernement qui ne ferait pas seulement que gouverner le Canada, mais qui le protégerait et se battrait pour lui.

Ils savaient aussi que, bien que nos différences internes soient légitimes et importantes, nous devions les mettre de côté, parce que la division entraînerait notre perte.

Les Canadiennes et les Canadiens sont maintenant prêts à regarder notre pays et le monde tels qu’ils sont, et non pas comme nous voudrions qu’ils soient. Nous dirigeons une coalition entière de nations qui ont le même objectif : renforcer leur autonomie stratégique dans un monde où les grandes puissances méprisent les règles, les traditions et les normes économiques.

Je ne crois pas me tromper en disant qu’au cours de la dernière année nous avons repensé presque complètement notre place dans le monde.

Je souhaite que vous compreniez que le gouvernement fédéral vous accompagne dans ce processus, et qu’il vous appuie dans cette nouvelle réalité qui paraît souvent dangereuse et incertaine.

Une semaine seulement après avoir été assermenté au cabinet du premier ministre Mark Carney en tant que ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, je me suis rendu à Calgary où j’ai présenté une allocution dans une salle assez semblable à celle‑ci.

J’ai alors déclaré que le Canada devait cesser de contempler ses richesses et commencer à les utiliser… car l’énergie et les ressources naturelles ne nous rendent pas prospères en demeurant dans le sol.

J’ai aussi mentionné qu’un pays ne devient pas plus souverain simplement en disant vouloir l’être; il doit penser et agir comme un pays qui sait faire les choses pour lui-même.

Ce qui signifie que nous avons besoin de bâtir un Canada défini par les résultats et non par les retards.

Et de bien des façons, c’est le principe qui m’a guidé dans ma première année en tant que ministre.

À mon entrée en fonction, l’idée de réaliser de grandes choses comme nous le faisions par le passé me semblait là encore presque impossible. Nous étions paralysés par la bureaucratie, les demandes d’autorisation et les processus réglementaires en double et trop compliqués, ainsi que par l’apathie.

Il nous reste quand même beaucoup à faire. Mais, aujourd’hui, un an plus tard, cela ne semble plus impossible.

2025-2026 : Une année à bâtir une nation

Permettez-moi de parler simplement de ce que nous avons réalisé au cours de la dernière année pour transformer le Canada.

Tout d’abord, nous avions besoin de renforcer la capacité du gouvernement fédéral d’agir avec clarté, détermination et rapidité. C’est pourquoi il était si important de mettre en place le Bureau des grands projets.

Trop souvent, au Canada, il nous arrive de penser que nos normes trop strictes posent un problème. Au contraire – je crois que nos exigences sont notre force. Elles favorisent l’acceptabilité sociale et nous permettent de bien faire les choses du premier coup.

Mais la procédure à suivre pour respecter nos normes et les évaluer dans l’ensemble des ministères était fragmentée, dédoublée et difficile à manœuvrer. Elle faisait sentir aux secteurs public et privé que même les meilleurs projets et les meilleures idées pouvaient ployer sous le poids de la bureaucratie.

Mis sur pied en août dernier, quelques mois seulement après l’adoption de la Loi visant à bâtir le Canada, le Bureau des grands projets s’attaque précisément à ce problème.

Il trace une voie bien définie et constitue un guichet unique pour les promoteurs, en plus d’incarner la volonté au sein du gouvernement fédéral d’accomplir notre mission d’une clarté absolue : réaliser de grands projets.

Il traite en ce moment 15 projets et 6 stratégies de transformation, qui représentent un investissement de 126 milliards de dollars… et ce n’est qu’un début.

Voilà un point important, car, au fil des ans, le Canada a pris la mauvaise habitude, sans nécessairement le vouloir, de parler de la croissance en termes généraux, tout en hésitant à agir de manière concrète.

Mais les pays ne deviennent pas plus forts grâce à des généralisations. Ils le font en prenant des décisions concrètes au sujet de projets tout aussi concrets. C’est exactement ce que nous faisons au Bureau des grands projets.

Cette même insistance sur l’aspect pratique et les gestes concrets a façonné notre travail avec les provinces, en particulier au moment de signer le protocole d’entente avec l’Alberta, le premier en son genre.

Le protocole d’entente entre le Canada et l’Alberta est important parce qu’il envoie un message simple, mais fort : non seulement le Canada et l’Alberta partagent l’objectif d’être une superpuissance de l’énergie propre et conventionnelle, mais ils sont prêts à mettre la politique de côté pour y parvenir.

J’étais présent à la signature du protocole d’entente. C’était incroyablement émouvant de voir les Albertains – les yeux emplis de joie et de soulagement – montrer qu’ils se sentaient de nouveau à leur place au sein du Canada. C’était l’expression de ce que le Canada a de mieux à offrir : une diversité de points de vue réunis pour bâtir un pays prospère et uni.

Nous continuons de travailler d’arrache-pied chaque jour pour conclure des ententes sur la tarification du carbone et le projet Pathways. Nous sommes impatients de recevoir la proposition d’oléoduc de l’Alberta et de mettre la dernière main à un cadre pour les centres de données d’intelligence artificielle d’ici au 1er juillet. Parmi les premières victoires amenées par cette entente, citons la signature d’un accord sur les émissions de méthane et sur l’approche « un projet, une évaluation » – moins de trois ans après notre différend devant la Cour suprême au sujet des évaluations environnementales.

Il y a d’autres bonnes nouvelles. Dans le dossier de l’approche « un projet, une évaluation », nous avons agi plus rapidement que tout autre gouvernement dans l’histoire du Canada. Nous avons travaillé avec les provinces, une à la fois, pour faire avancer la conclusion d’ententes qui reflètent des normes et des objectifs à la fois réalistes et ambitieux en Alberta, au Manitoba, en Ontario, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à Terre-Neuve-et-Labrador et à l’Île-du-Prince-Édouard, en plus de l’entente déjà conclue avec la Colombie-Britannique.

Moins de 12 mois se sont écoulés, mais, Mesdames et Messieurs, les efforts pour bâtir un Canada fort sont bien entamés!

Dans le cadre du projet de liquéfaction de gaz naturel Ksi Lisims LNG – un projet de 30 milliards de dollars dirigé par des Autochtones, dont les émissions sont inférieures de 94 % à la moyenne mondiale – le bien-fondé de l’approche « un projet, une évaluation » a été démontré, puisque l’approbation a été donnée par la Colombie-Britannique à 16 h et par le gouvernement fédéral à 16 h 30 le même jour.

La dernière fois qu’un projet de construction de mine d’uranium a été approuvé au Canada, c’était en 2004. Or, au cours des deux premiers mois de 2026, nous en avons approuvé deux qui, ensemble, produiront suffisamment d’uranium pour alimenter 40 millions de foyers.

Permettez-moi d’insister sur ce chiffre : 40 millions de foyers, soit plus de deux fois le nombre total de foyers au Canada.

C’est le niveau de capacité dont nos alliés ont besoin. Et c’est un atout dans notre jeu quand nous négocions.

Nous avons approuvé le projet de prolongement de pipeline de Taylor à Gordondale, qui réduira considérablement notre dépendance à l’égard d’autres pays en ce qui a trait au diluant nécessaire au transport de notre pétrole vers les marchés.

Nous l’avons approuvé non seulement parce qu’il s’agit d’un bon projet, mais aussi parce que nous n’avons plus peur du mot en « p » – parce que nous reconnaissons que l’évaluation des projets devrait être fondée sur la prospérité et non sur la politique.

J’ai maintenant le plaisir d’annoncer un autre projet de pipeline : l’agrandissement Sunrise en Colombie-Britannique.

Ce projet, propriété d’Enbridge et de 38 Premières Nations, a été approuvé aujourd’hui, et sa construction devrait débuter cet été. Il permettra de doter le principal réseau de transport de gaz naturel de la Colombie-Britannique d’une capacité de transport supplémentaire allant jusqu’à 300 millions de pieds cubes par jour.

Ainsi, nous serons en mesure de chauffer plus de foyers, d’entreprises, d’hôpitaux et d’écoles en Colombie-Britannique, en plus de fournir du gaz pour la production d’électricité et pour les procédés industriels et manufacturiers. L’agrandissement assurera à la province un approvisionnement suffisant en gaz au fur et à mesure qu’entreront en service des terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié comme Woodfibre LNG, qui sera la première usine de gaz naturel liquéfié carboneutre au monde.

Le projet d’agrandissement Sunrise contribuera à hauteur de plus de 3 milliards de dollars au PIB du Canada et générera plus de 700 millions de dollars de recettes fiscales qui serviront à financer de nouvelles routes, de nouveaux hôpitaux et de nouvelles écoles en Colombie-Britannique. Au plus fort de la construction, 2 500 emplois seront créés, y compris pour les communautés autochtones locales, avec lesquelles Enbridge collabore dans le cadre de ce projet. En fait, jusqu’à maintenant, Enbridge a déjà dépensé plus de 52 millions de dollars pour engager des entreprises autochtones et leur acheter des services.

Il ne s’agit pas d’exemples choisis au hasard. Ils témoignent d’un changement général dans la position du Canada. Pendant trop longtemps, la lenteur a été prise chez nous pour un gage de rigueur.

Or, la rigueur ne se mesure pas au temps qu’il faut à un pays pour prendre des décisions. Elle se mesure en déterminant si ces décisions sont réfléchies, crédibles et prises dans un délai qui compte vraiment.

On constate cette même tendance générale dans nos efforts visant à diversifier le commerce et les exportations.

Pendant des années, le Canada a envisagé d’exploiter ses immenses ressources gazières pour devenir un grand exportateur mondial de GNL. L’été dernier, la première cargaison de gaz naturel liquéfié a quitté le Canada à destination de l’Asie, marquant ainsi le début d’une nouvelle ère pour les exportations énergétiques canadiennes.

Depuis, nous avons aussi rétabli nos relations avec la Chine et l’Inde, respectivement les deuxième et quatrième marchés en importance dans le monde.

Il s’agit de deux marchés que nous n’avions pas encore exploités, laissant ainsi à d’autres pays le soin de les approvisionner. Aujourd’hui, nous ouvrons ces énormes marchés à des milliers d’agriculteurs, de mineurs, de producteurs d’énergie et de petites entreprises du Canada.

Le premier ministre ne s’arrêtera pas là, bien au contraire. En moins de douze mois, il a signé 20 nouveaux accords sur quatre continents, lesquels touchent presque tous les secteurs de l’économie afin que les entreprises canadiennes puissent croître au pays et que les sociétés internationales investissent ici.

Notre détermination à édifier un pays fort se manifeste également dans le secteur des minéraux critiques.

À l’heure actuelle, la production et la transformation mondiales sont contrôlées par un petit nombre de puissances hégémoniques d’une manière préjudiciable pour notre économie et notre sécurité nationale.

Il peut toutefois en être autrement. Nous avons sous nos pieds les minerais dont le monde entier a besoin, ainsi que l’un des meilleurs secteurs miniers au monde, ici même au Canada.

Aujourd’hui, nous faisons diligence pour tirer profit de ces ressources afin de développer les capacités nécessaires à la production et au traitement de minéraux critiques au pays. Ces mesures sont importantes non seulement pour notre croissance économique et notre résilience, mais aussi parce que, lorsque nous avons en main des atouts convoités par d’autres, nous gagnons en influence sur la scène mondiale et dans les négociations commerciales.

À cette fin, en 2025, nous avons profité de notre présidence du G7 pour lancer l’Alliance sur la production de minéraux critiques.

Dans les six mois qui ont suivi le lancement officiel de l’Alliance, nous avons annoncé la conclusion de 56 accords avec tous les pays du G7, ainsi qu’avec la Finlande, le Danemark, l’Australie, l’Estonie, le Luxembourg et l’Ukraine. Ces accords débloquent des investissements de 18,5 milliards de dollars dans des projets canadiens – des dollars réels pour des minéraux réels, qui seront bientôt vendus sur les marchés mondiaux.

La même vision d’ensemble a guidé notre travail dans le secteur forestier, que je qualifie souvent de « canari dans la mine » en ce qui concerne les droits de douane américains.

On dit que la folie, c’est de toujours refaire la même chose en espérant des résultats différents.

J’ai passé une partie de mon enfance dans une ville forestière et, malheureusement, j’ai pu voir de mes propres yeux que c’est exactement ce que nous avons fait alors que nous étions touchés par cinq guerres tarifaires avec les Américains, qui ont dévasté des villes canadiennes d’un océan à l’autre.

C’est pourquoi notre stratégie consiste à nous adapter pour croître. Notre objectif pour le secteur forestier canadien n’est pas seulement d’assurer la survie de l’industrie, mais aussi de l’aider à prospérer de nouveau dans chacune des 300 collectivités rurales et autochtones dont les moyens de subsistance dépendent des forêts.

Ce n’est pas le marché américain qui nous permettra d’y parvenir. Nous recherchons plutôt de nouveaux partenaires étrangers qui convoitent le bois canadien, un objectif que nous intégrons dans les accords que nous signons. En fait, en janvier, lorsque j’étais en Chine avec le premier ministre, l’un des principales collaborations commerciales sur lesquelles nous nous sommes entendus concernait les produits forestiers – l’ouverture d’un nouveau marché pour les producteurs canadiens.

Nous nous recentrons également sur le marché intérieur. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, malgré une certaine orthodoxie. Je crois fermement que le secteur forestier canadien devrait tirer parti du marché des consommateurs canadiens, et que les consommateurs canadiens devraient profiter de leur propre secteur forestier.

Ce sont les deux défis que j’ai lancés au Groupe de travail sur la transformation du secteur forestier canadien lorsqu’il a commencé ses travaux en janvier. La semaine dernière, j’ai reçu son rapport, et je me réjouis d’annoncer qu’il orientera une nouvelle stratégie nationale ciblée sur les forêts, que nous élaborons en partenariat avec les provinces, les territoires et les peuples autochtones, et que j’ai hâte de présenter à la population canadienne plus tard cette année.

Construire sur nos acquis : 2026 et au-delà

Je suis fier du travail qu’a accompli le gouvernement jusqu’à présent pour bâtir un Canada fort. Mais si nous arrivons à atteindre nos objectifs en seulement un an, c’est qu’ils n’étaient pas assez ambitieux.

Mes amis, les enjeux sont de plus en plus grands, comme l’a clairement mis en lumière l’instabilité au Moyen-Orient au cours des deux derniers mois.

C’est pourquoi la prochaine phase de notre travail pour bâtir un Canada fort sera encore plus déterminante.

Comme je l’ai fait à Calgary il y a un an, je vais vous présenter mes objectifs pour cette deuxième année à titre de ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, et vous inviter, vous et l’ensemble de la population canadienne, à me demander des comptes.

Premièrement, le Canada a besoin de stratégies cohérentes en matière d’électricité et d’énergie nucléaire – parce que toutes nos grandes ambitions, de l’intelligence artificielle à la fabrication de pointe en passant par le traitement des minerais, passent par un réseau électrique fiable et abordable. D’ici l’an prochain, non seulement ces stratégies auront été annoncées, mais elles seront déjà en cours de mise en œuvre.

Deuxièmement, nous devons continuer de faire passer les projets de la phase d’approbation à celle de la décision finale en matière d’investissement, puis à celle de la construction et, enfin, à celle de la production. Au printemps 2027, vous verrez qu’en plus des projets qui auront été ajoutés au Bureau des grands projets, au moins cinq à dix nouveaux projets auront atteint le stade de la décision finale en matière d’investissement ou auront débuté.

Troisièmement, je veux que nos secteurs de l’énergie et des ressources naturelles soient stratégiquement mis à contribution comme les meilleurs atouts du Canada dans la renégociation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique.

Toute ma vie, j’ai négocié des ententes. Au bout du compte, l’important, c’est de savoir quelles sont ses meilleures cartes et de bien les jouer. L’énergie, l’électricité, les produits forestiers, les minéraux – voilà nos meilleures cartes.

Quatrièmement, nous devons achever les travaux concrets qui sont en cours concernant le protocole d’entente entre le Canada et l’Alberta. Oui, il est question des prochaines étapes des discussions sur un nouveau pipeline sur la côte Ouest – un projet qui pourrait ajouter en moyenne 31,4 milliards de dollars par année au PIB du Canada au cours de la prochaine décennie, soit l’équivalent d’une hausse annuelle de 1,1 % du PIB.

Tout aussi important, le protocole prévoit des travaux visant à réduire de manière substantielle l’intensité carbone des sables bitumineux du Canada et à progresser considérablement vers l’atteinte de la carboneutralité grâce au projet Pathways. Il s’agit d’un projet qui, comme l’a dit la première ministre Smith lorsque nous avons participé ensemble à un groupe de discussion à la conférence CERAWeek, à Houston, permettra « d’assurer l’avenir » de notre industrie pétrolière.

Le protocole d’entente prévoit également des projets d’énergie nucléaire et de centres de données d’intelligence artificielle en Alberta, ainsi que de nouvelles infrastructures d’exportation dans l’Ouest canadien. Il redéfinit notre façon d’envisager la participation des Autochtones aux projets liés aux ressources naturelles. Ce sont ces éléments qui rendent ce protocole d’entente si important, tant pour l’Alberta que pour le Canada.

Cinquièmement, et surtout : je veux que chaque personne dans ce pays sache de manière claire que sa vie sera meilleure au printemps 2027 qu’elle l’est au printemps 2026.

Plus sécuritaire, plus abordable et plus prometteuse.

Les plans dont je parle sont pour la plupart à long terme. Il s’agit d’une conséquence de la nature des secteurs dont je suis responsable, ainsi que de l’ampleur du défi national qui nous attend. Toutefois, je suis convaincu qu’à bien des égards cette approche constitue justement un antidote aux solutions politiques à court terme, attrayantes et temporaires auxquelles des gouvernements de divers horizons ont eu recours depuis des années.

En même temps, nous sommes conscients que vous devez aussi pouvoir obtenir un bon emploi, acheter une belle maison et payer votre épicerie aujourd’hui. Pas demain. Le premier ministre le comprend. Votre gouvernement le comprend.

C’est pourquoi nous avons éliminé la TPS pour les acheteurs d’une première propriété, la tarification du carbone pour les consommateurs, ainsi que la taxe d’accise fédérale sur l’essence et le diesel jusqu’à la fête du Travail.

C’est aussi pourquoi vous recevrez le premier versement de l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels dans votre compte bancaire le 5 juillet.

Nous avons ainsi réduit les impôts pour 22 millions de Canadiens.

Parce qu’au fond, c’est exactement ça, le rôle du gouvernement : accomplir un travail difficile, constant et concret pour que la vie des Canadiennes et des Canadiens soit meilleure demain qu’elle ne l’est aujourd’hui. Il s’agit non seulement de mener à bien des projets d’envergure à long terme, mais de faire en sorte que la population canadienne puisse dès maintenant profiter d’un avenir meilleur.

Conclusion

L’histoire – et, pour ceux et celles d’entre vous qui ont à peu près mon âge, l’expérience – nous apprend que les nations se révèlent non pas lorsque tout va bien, mais lorsque les crises surviennent.

C’est à ce moment-là qu’on découvre si un pays sait encore tirer parti de ses atouts.

Je crois que le Canada sait le faire. Je l’ai constaté de mes propres yeux au cours de la dernière année.

Notre gouvernement est fier de prendre part à ce travail.

Mais dans une démocratie, le niveau d’inspiration et d’ambition d’un gouvernement repose sur celui des personnes qui lui confient son mandat.

Je crois que les Canadiennes et les Canadiens sont prêts à prendre des décisions difficiles, à réaliser de grands projets et à assumer pleinement les responsabilités qui découlent de nos ressources, de notre situation géographique et de notre place dans le monde.

Nous comprenons mieux que jamais que le privilège de la force économique n’est pas une chose dont les générations futures héritent automatiquement, mais un privilège que chaque génération doit renouveler pour celles qui suivront.

Aujourd’hui, je vois un Canada qui ne sera plus perçu comme un simple observateur ou le gardien d’un ordre mondial qui n’existe plus.

Le Canada est désormais un chef de file d’un nouvel ordre mondial qui va au-delà de l’idéalisme lucide pour agir avec une efficacité résolument pragmatique.

Je vous remercie de m’avoir donné l’occasion aujourd’hui de revenir avec vous sur notre première année au service de la population canadienne.

Mais s’il y a une chose que je veux vous transmettre, ce n’est pas ce que nous avons accompli, ni même ce qu’il faut envisager dans l’immédiat.

C’est ce que nous souhaitons que nos enfants et petits-enfants retiennent lorsqu’ils jugeront la manière dont nous avons relevé ce défi.

Autrement dit, j’espère qu’ils verront que, lorsque le monde a changé, notre génération ne s’est pas accrochée au passé et n’a pas cédé à la nostalgie.

Au contraire, nous nous sommes mis au travail et avons bâti un Canada fort. Pour nous et, surtout, pour eux.

Merci. Thank you.

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2026-04-24