L’honorable Tim Hodgson, Ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles : Annonce d’accord d’approvisionnement en GNL du projet KSI Lisims LNG
Discours
Vancouver (Colombie-Britannique) Le 27 mai 2026
L’allocution définitive fait foi.
Bonjour tout le monde. Hello, everyone.
Avant de commencer, je tiens à reconnaître que la Ville de Vancouver est située sur les territoires traditionnels ancestraux, communs et non cédés des Nations Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh.
Monsieur le ministre Dix [Adrian Dix, ministre de l’Énergie et des Solutions climatiques de la Colombie-Britannique], madame la présidente et cheffe Clayton [Eva Clayton, Nation Nisga’a], monsieur Dirk Jakobi, consul général adjoint d’Allemagne à Vancouver, ainsi que leaders de l’industrie et collectivités autochtones — merci d’être ici aujourd’hui pour souligner cette étape importante pour l’avenir énergétique du Canada.
Je suis ministre des Ressources naturelles depuis plus d’un an maintenant. Dès le début, j’ai commencé à dire que le Canada possède ce que le monde recherche. C’est parce que nous disposons non seulement d’une énergie abondante et de ressources naturelles exceptionnelles, mais aussi de l’une des populations les plus compétentes et les mieux instruites au monde.
Nous avons une démocratie stable, un leadership autochtone remarquable et accès à trois océans qui nous permettent d’exporter nos produits dans le monde.
Et de plus en plus, le Canada a quelque chose d’encore plus précieux que toutes ces choses : la confiance.
Dans un contexte marqué par l’incertitude et l’instabilité, le monde fait confiance au Canada.
Vous n’avez pas à me croire sur parole. Il y a quelques semaines, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a visité le Canada et a affirmé la même chose.
Cette confiance, comme l’a dit M. Birol, donne au Canada une « occasion en or ». Il a déclaré, et je cite : « Lorsque je regarde le monde, ce monde énergivore, je me rends compte qu’il a plus que jamais besoin du Canada. »
Le monde est effectivement avide d’énergie.
Comme l’a dit le premier ministre lors de sa visite à Vancouver la semaine dernière, les circonstances actuelles sont loin d’être normales. Nous traversons une crise énergétique d’une ampleur exceptionnelle, qui s’articule autour de trois enjeux : la disponibilité de l’énergie, la sécurité énergétique et la transition énergétique.
Premièrement, nombre de nos alliés dans le monde font face à un défi urgent lié à la disponibilité de l’énergie. Par chance, le Canada est loin de connaître une pénurie, mais les marchés de l’énergie sont mondiaux, et ce défi se traduit ici par un problème d’abordabilité. C’est pourquoi, le mois dernier, nous avons supprimé la taxe d’accise fédérale sur l’essence et le diesel — parce que les Canadiens ne devraient pas payer pour une guerre qu’ils n’ont pas causée.
Le deuxième enjeu de cette crise est la sécurité énergétique. Cet enjeu devient de plus en plus évident dans un monde plus dangereux et divisé. Les marchés énergétiques mondiaux sont étroitement intégrés, et il devient clair que cette intégration représente une vulnérabilité, tant au pays qu’à l’étranger. Toutefois, c’est une vulnérabilité que le Canada peut aider à pallier grâce à un développement responsable et à de nouvelles exportations de ressources énergétiques.
Le troisième enjeu de cette crise est la nécessité de lutter contre les changements climatiques grâce à une transition énergétique réussie : une transition capable de créer des emplois, de renforcer le leadership du Canada dans divers domaines – comme le nucléaire, le captage, l’utilisation et le stockage du carbone (CUSC) ainsi que les énergies renouvelables – et de rendre l’énergie plus sûre et plus abordable, tout stimulant notre économie en marche vers la carboneutralité.
Quiconque affirme que ces enjeux ne sont pas considérables ne dit pas la vérité. Alors que nous relevons ce défi, les politiques que nous élaborons, les projets que nous réalisons et l’orientation que nous donnons aujourd’hui à nos actions détermineront notre trajectoire pour les années à venir.
Mais toute crise ouvre des possibilités. Ce qui m’amène à rappeler l’urgence pour le Canada non seulement de parler de ses richesses naturelles, mais aussi de les exploiter pour mettre toutes les chances de son côté et bâtir un Canada fort pour tous.
Nous devons transformer nos avantages en actions. Nous devons réaliser des projets qui renforcent la sécurité de l’économie et des chaînes d’approvisionnement, ainsi que la souveraineté énergétique; élargir les exportations au-delà d’un seul marché; créer de bons emplois pour les Canadiens; faire progresser la réconciliation avec les peuples autochtones; et générer des revenus pour financer ce qui nous tient à cœur en tant que Canadiens, comme les soins de santé, les services de garde, la sécurité publique et les infrastructures.
En tant que ministre de l’Énergie, c’est ainsi que je mesure le succès : des projets approuvés, des partenariats conclus avec les peuples autochtones, des exportations vers de nouveaux marchés ainsi que des emplois et de la prospérité pour les Canadiens.
À cet égard, je suis extrêmement heureux d’annoncer que la principale entreprise allemande de services publics d’énergie, Securing Energy for Europe (SEFE), a conclu un nouvel accord visant à garantir l’achat de gaz naturel liquéfié (GNL) provenant du projet Ksi Lisims LNG. Il s’agit d’une étape importante pour l’avancement de ce projet vers une décision finale d’investissement, la construction et la mise en production.
Aux termes de cet accord, SEFE achètera un million de tonnes de GNL par année pendant une période pouvant aller jusqu’à 20 ans, à compter du début des années 2030.
Moins d’un an après l’expédition de notre toute première cargaison de GNL vers les marchés mondiaux, il s’agit du premier accord visant la livraison à long terme de GNL canadien à faibles émissions de carbone à nos alliés européens. C’est un bel exemple de ce que nous pouvons faire pour favoriser la sécurité énergétique mondiale; pour réduire la dépendance envers des acteurs coercitifs comme la Russie; pour promouvoir la participation et le leadership autochtones; ainsi que pour honorer notre engagement de diversifier et d’élargir nos échanges commerciaux.
En fait, cet accord découle d’une mission commerciale effectuée en Allemagne par le Cabinet en août 2025, sous la direction du premier ministre. Cette mission visait à renforcer la coopération canado-allemande en matière de sécurité énergétique transatlantique.
Au cours de ce voyage, nous nous sommes également engagés à explorer d’autres possibilités de collaboration dans le domaine de l’énergie, notamment l’intérêt du Canada à approvisionner l’Allemagne en GNL.
Nous avons eu l’honneur d’être accompagnés à Berlin par la présidente Clayton et des représentants du projet Ksi Lisims LNG, qui ont alors pu établir un premier contact avec SEFE et amorcé les discussions ayant mené à l’accord que le Canada et l’Allemagne célèbrent aujourd’hui.
Depuis cette mission commerciale, notre gouvernement a continué de faire progresser ce projet en collaboration avec la Colombie-Britannique.
Moins de trois semaines après la mission à Berlin, le projet Ksi Lisims LNG a été approuvé dans le cadre du modèle « Un projet, une évaluation » du Canada et de la Colombie-Britannique, ce qui démontre clairement l’efficacité de ce type de démarche, puisque le projet a été approuvé par la province à 16 h et par le gouvernement fédéral à 16 h 30 le même jour.
Puis, deux mois plus tard, nous avons franchi une nouvelle étape en soumettant le projet Ksi Lisims LNG au Bureau des grands projets, de concert avec le projet de gazoduc de Prince Rupert de 800 kilomètres – qui acheminera le gaz vers l’installation de liquéfaction – et le projet de ligne de transport d’électricité de 95 kilomètres visant à alimenter l’installation en électricité propre carboneutre.
Cette soumission a été effectuée pour plusieurs raisons, qui témoignent toutes du fort potentiel de ce projet pour l’édification de la nation.
Premièrement, le projet Ksi Lisims LNG réunit la Nation Nisg̱a’a, Western LNG et Rockies LNG dans un partenariat qui place la participation et le leadership autochtones au cœur du développement. J’ai eu l’immense privilège de faire la connaissance de la présidente Clayton dans son rôle de directrice de ce projet au cours de la dernière année, et je peux dire d’expérience que son approche renforce non seulement la Nation Nisga’a, mais aussi cette province et le pays dans son ensemble.
Voilà un bon exemple de la manière dont les gouvernements et les partenaires autochtones peuvent et doivent collaborer — sur un pied d’égalité, guidés par les connaissances et le leadership autochtones — pour réaliser de grands projets de façon responsable.
Deuxièmement, nous avons soumis le projet Ksi Lisims LNG au Bureau de gestion des grands projets en raison de son potentiel économique transformateur. Une fois mis en œuvre, il deviendra la deuxième installation de GNL en importance au Canada — attirant près de 30 milliards de dollars d’investissements et créant des milliers d’emplois spécialisés pour les Canadiens. En transformant fondamentalement le rôle du Canada en tant que fournisseur mondial de GNL, le projet Ksi Lisims LNG générera une activité économique importante en Colombie-Britannique et ailleurs, et contribuera à hauteur de plus de 15 milliards de dollars au PIB canadien sur 30 ans.
Troisièmement, le projet Ksi Lisims LNG constitue un excellent exemple de mise en valeur des ressources à la fois responsable, durable et sobre en carbone. Le projet a été conçu pour être raccordé au réseau électrique propre de calibre mondial de la Colombie-Britannique, ce qui lui confère le potentiel de devenir une installation carboneutre.
Grâce à l’utilisation d’hydroélectricité propre pour le procédé de liquéfaction, l’installation devrait également afficher, une fois entièrement électrifiée, une intensité d’émissions d’environ 94 % inférieure à la moyenne mondiale actuelle — je répète : 94 % inférieure à la moyenne mondiale.
Cet aspect est important non seulement pour la lutte du Canada contre les changements climatiques, mais aussi pour les efforts mondiaux de réduction des émissions.
En effet, lorsque le GNL canadien à faibles émissions de carbone remplace à l’étranger des sources d’énergie plus polluantes, comme le charbon, nous réduisons les émissions mondiales tout en aidant nos alliés à renforcer leur sécurité énergétique dans le contexte de la crise énergétique que j’ai mentionnée au début de mon allocution.
Cet élément est particulièrement important pour nos partenaires en Europe, y compris l’Allemagne, qui continuent de diversifier leurs sources d’énergie et de rechercher des partenaires démocratiques stables, dans la foulée de la dernière grande rupture énergétique mondiale, lorsque la Russie a envahi illégalement l’Ukraine et commencé à utiliser ses ressources en gaz naturel comme arme de guerre contre nos alliés européens.
En somme, notre gouvernement voit dans ce projet un leadership autochtone, une croissance économique et des investissements, une exploitation à faibles émissions de carbone et une occasion pour le Canada de contribuer à la sécurité énergétique internationale.
Cela dit — et parce que tous ces facteurs rendent des projets comme celui-ci si importants – la réalisation d’une entreprise de cette envergure exige de la coordination et une voie à suivre claire. Le gouvernement fédéral est résolu à suivre cette voie et à veiller à ce que le Canada fasse progresser les grands projets rapidement et de manière responsable, en collaboration étroite avec les provinces, les partenaires autochtones et l’industrie.
C’est exactement ce que fait le Bureau des grands projets, et c’est pourquoi je suis convaincu que le projet Ksi Lisims LNG franchira l’étape de la décision finale d’investissement d’ici la fin de l’année, entamera les travaux de construction peu après et commencera à exporter vers nos partenaires en Allemagne et ailleurs d’ici la fin de la décennie.
Avant de conclure, je tiens à souligner que, même si je suis heureux de célébrer aujourd’hui le projet Ksi Lisims LNG et SEFE, ce que nous observons en Colombie‑Britannique dépasse également le cadre d’un simple projet ou accord.
Cette province est à l’avant-garde de la transformation du Canada en superpuissance des énergies propres et classiques. Elle devient également un modèle mondial d’un nouveau type d’exploitation des ressources énergétiques — axée sur les partenariats autochtones, une croissance plus propre, les investissements privés et un accès fiable aux marchés internationaux.
C’est pourquoi plus du tiers des projets et stratégies soumis au Bureau des grands projets se trouvent en Colombie-Britannique.
Partout dans la province, une nouvelle génération de projets énergétiques prend forme — des projets qui valorisent nos ressources naturelles et énergétiques tout en respectant les valeurs auxquelles tiennent les Canadiens : l’innovation, la durabilité et le partenariat.
Depuis le début des exportations de la phase 1 de LNG Canada, en juin dernier, l’élan n’a cessé de croître, notamment avec l’annonce d’aujourd’hui, le renforcement de la coopération en matière d’investissement entre le Canada et la Colombie-Britannique et les nouveaux investissements du secteur privé dans la phase 2 de LNG Canada que j’ai annoncés avec le premier ministre Eby il y a deux semaines.
Deux autres projets sont également en cours de réalisation : le projet de GNL de Woodfibre, dont la mise en service est prévue dès 2027, et le projet de GNL de Cedar, qui devrait commencer ses activités en 2028.
Fait notable, le projet de GNL de Woodfibre innove en étant le premier projet industriel au Canada à reconnaître un gouvernement autochtone non signataire de traité — la Nation Squamish — comme organisme de réglementation environnementale à part entière, établissant ainsi un précédent important pour l’intendance environnementale et le développement industriel.
De plus, le projet de GNL de Cedar, dirigé par la Nation Haisla, sera la première installation d’exportation de GNL au monde détenue majoritairement par des Autochtones et alimentée en électricité propre.
C’est clair : le Canada est prêt à faire des affaires.
Nous voulons exporter vers des pays qui partagent nos valeurs, pas seulement vers nos voisins frontaliers.
Nous voulons bâtir un avenir plus propre, plus prospère et plus sûr, pour nous-mêmes et pour nos alliés.
Et nous voulons être un partenaire fiable dans un monde en évolution.
À la fin du mois dernier, le PDG de Shell, Wael Sawan, a déclaré que sa confiance envers le Canada comme lieu où investir et construire a considérablement augmenté au cours de la dernière année.
C’est exactement ce que représente cet accord.
Il témoigne non seulement de la confiance envers un projet, mais aussi envers le Canada.
Une confiance dans notre nouvelle approche et dans le fait que l’Équipe Canada avance réellement plus vite et voit plus grand, tout en protégeant l’environnement et en faisant progresser le leadership et la participation autochtones.
Nous ne nous contentons pas de partir en mission commerciale — nous revenons avec des accords.
Nous ne faisons pas que parler de « l’occasion en or » évoquée par M. Birol — nous la saisissons.
Et nous ne sommes pas seulement prêts à construire — nous construisons.
Merci beaucoup. Thank you very much.