Notes d'allocution pour l'honorable Marjorie Michel, Ministre de la Santé - Santé et prospérité économique : les possibilités pour le Canada - Institut C.D. Howe
Discours
30 avril 2026 | Toronto (Ontario)
Le discours prononcé fait foi
Bonjour à tous et à toutes.
C'est un plaisir d'être ici.
Merci, Leatitia, pour cette aimable présentation.
Je remercie également l'Institut C.D. Howe de m'avoir invitée.
399 milliards de dollars.
C'est le montant total des dépenses de santé au Canada en 2025.
Cela représente près de 1 000 dollars par Canadien.
Et près de 13 % de notre PIB total.
Le secteur de la santé est l'un de ceux qui connaissent la plus forte croissance au Canada.
Il représente 3,5 millions d'emplois partout dans le pays.
Et environ 15 % de la population active du Canada en 2024.
La santé n'est vraiment pas un coût à gérer.
Ni un problème de main-d'œuvre.
Les soins de santé constituent un véritable investissement dans notre économie et dans notre population.
Nous ne pouvons pas bâtir un Canada fort sans Canadiennes et Canadiens en bonne santé.
Notre système de santé public, universel et accessible est une valeur canadienne.
Un système qui restera toujours en place et qui permettra au nord vrai de rester fort et libre.
Et c'est quelque chose dont tout le monde dans ce pays devrait être fier – en principe.
Nous devons reconnaître que notre système de santé est soumis à de réelles pressions.
Alors.
Comment tirer parti de nos investissements dans notre système de santé pour renforcer notre économie et protéger la Loi canadienne sur la santé?
Comment créer un environnement réglementaire qui attirera les investissements tout en protégeant la santé et la sécurité de la population canadienne?
Ce sont là les questions auxquelles je vais tenter de répondre aujourd'hui.
Commençons par notre système de santé public universel et les avantages économiques de la prévention.
La prévention se présente sous différentes formes :
- Des habitudes de vie saines.
- Le sport.
- Des consultations régulières avec nos équipes de santé familiale.
- Un sommeil de qualité.
- Prendre soin de notre santé mentale.
La prévention, c'est aussi investir dans les gens dès le départ.
Et, comme nous le savons, la pauvreté des enfants est étroitement liée à des problèmes de santé physique et mentale.
Investir dans les déterminants sociaux de la santé, et pas seulement sur les traitements, est essentiel.
Car la prévention commence bien souvent à la maison et à l'école.
Nous avons donc créé des possibilités…
… en investissant dans des mesures telles que l'apprentissage et la garde des jeunes enfants, l'Allocation canadienne pour enfants et le Programme national d'alimentation scolaire du Canada.
Au Québec, les services de garde à elles seules ont fait augmenter le PIB de la province de 1,7 %.
Grâce à l'Allocation canadienne pour enfants, nous avons sorti des centaines de milliers d'enfants de la pauvreté.
Et bien que notre Programme national d'alimentation scolaire soit encore relativement récent, nous savons qu'il fait une réelle différence pour l'avenir de nos enfants.
Il y a tout juste deux jours, dans la Mise à jour économique du printemps, nous avons annoncé un investissement de 755 millions de dollars dans le sport, de l'aire de jeux au podium.
Ces investissements sont des investissements dans nos jeunes.
Ils sont essentiels à l'avenir et à la réussite du Canada.
Et, comme nous le savons, investir tôt est tout simplement la chose la plus intelligente à faire.
La prévention passe aussi par les soins dentaires.
Environ 1 % des visites aux urgences sont liées à des problèmes dentaires non traumatiques.
Pour le dire simplement : 1 % des visites aux urgences sont dues au fait que les gens n'avaient pas les moyens d'aller chez le dentiste.
Et ils ont probablement attendu de ne plus pouvoir supporter la douleur.
En 2014, cela a représenté un coût de 1,8 milliard de dollars pour notre système de santé.
C'est pourquoi nous avons mis en place le Régime canadien de soins dentaires.
Résultat : plus de 6,5 millions de Canadiennes et de Canadiens sont désormais couverts.
Le Régime canadien de soins dentaires permet aux provinces et aux territoires d'économiser des milliards de dollars en visites aux urgences et en traitements d'urgence.
Et il permet aux Canadiennes et aux Canadiens d'économiser environ 900 dollars par an en soins dentaires.
Mais il améliore également notre productivité globale en permettant à davantage de personnes d'aller travailler au lieu d'attendre dans les hôpitaux.
Il faut toutefois aller plus loin.
Vous savez, j'ai parcouru le pays et deux choses sont revenues sans cesse :
- La santé mentale;
- et la santé des hommes et des garçons.
Le coût économique des maladies mentales à lui seul pourrait atteindre 65 milliards de dollars par an, soit 4,4 % de notre PIB.
Améliorer la santé des hommes et des garçons pourrait nous faire économiser 12,4 milliards de dollars chaque année et augmenter considérablement notre productivité.
Ne pas s'attaquer à ces problèmes entraîne des coûts économiques directs et indirects considérables.
Et, en cette période d'incertitude, nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de laisser qui que ce soit de côté.
Nous voulons bâtir un Canada fort.
Et nous avons besoin de la contribution de chacun.
C'est pourquoi nous avons lancé une conversation nationale sur la santé des hommes et des garçons.
Nous voulons que tout le monde au Canada nous dise comment nous pouvons aider les hommes et les garçons à réussir.
En fonction de ce que nous entendrons, nous lancerons la première Stratégie fédérale pour la santé des hommes et des garçons au Canada plus tard cette année.
Mais, comme vous le savez, les gouvernements ne peuvent pas tout faire à eux seuls.
C'est pourquoi nous avons besoin du leadership et du partenariat du secteur privé.
Si les gouvernements assument plus de 70 % des dépenses de santé, les 30 % restants sont à la charge du secteur privé.
Les entreprises doivent créer un environnement où chacun peut s'épanouir.
Avec des salaires qui allègent le stress financier auquel tant de Canadiennes et de Canadiens sont confrontés.
Avec la flexibilité dont les jeunes ont besoin pour fonder une famille.
Mais la prévention, le bien-être et la santé ne suffisent souvent pas.
Nous avons toujours besoin d'hôpitaux, de médecins, d'infirmières, de pharmaciens et de médicaments.
Mais, actuellement, notre système de santé ne fonctionne pas pour tout le monde.
Alors, comment le rendre plus efficace?
Nous devons renforcer les modèles de soins en équipe…
améliorer l'accès aux soins préventifs…
et permettre aux professionnels de santé d'exercer pleinement leurs compétences.
Cela implique de réaliser des investissements ciblés…
… dans les infrastructures de santé,
… dans la formation,
… dans l'intégration des professionnels de santé formés à l'étranger,
… et dans la mobilité de la main-d'œuvre.
Ce n'est qu'avec un personnel de santé solide que nous pourrons offrir des soins de qualité et accroître notre productivité.
Mais là encore, cela ne suffira pas à lui seul.
Si vous pensez que nous allons résoudre ce problème uniquement en augmentant le financement ou en embauchant davantage de médecins…
Eh bien…
Détrompez-vous.
Nous devons repenser la manière dont les services sont fournis.
Nous devons mieux exploiter les données, la technologie et l'IA pour améliorer l'efficacité et la qualité des soins.
Commençons par les données.
Pourquoi un patient de Sydney, Trois-Rivières, Peterborough, Regina ou Victoria doit-il obtenir une copie papier de son dossier pour l'apporter à un spécialiste à Halifax, Montréal, Toronto, Saskatoon ou Vancouver?
Pourquoi une infirmière praticienne doit-elle télécopier une demande de consultation à un spécialiste?
Parce que nos systèmes ne sont pas interconnectés.
Outre les énormes pertes d'efficacité qu'elle engendre, cette situation rend également le Canada moins attractif pour les investisseurs.
L'inefficacité systémique de notre infrastructure de données en santé nous coûte des milliards de dollars chaque année.
Et encore davantage en termes de perte de productivité.
Le projet de loi S-5, la Loi visant un système de soins de santé connecté au Canada, changera les règles.
Le projet de loi est actuellement au Sénat et, espérons-le, sera soumis à la Chambre la semaine prochaine.
Et nous mettons en place l'infrastructure de données de santé que les Canadiennes et les Canadiens méritent.
Nous veillerons à ce que les diagnostics médicaux et les résultats de laboratoire soient codés de manière uniforme.
Ainsi, à l'avenir, ils auront la même signification et resteront exacts d'une administration à l'autre.
La Loi visant un système de soins de santé connecté au Canada porte également sur la sécurité.
En adoptant des normes communes, y compris des normes de sécurité, nous veillerons à ce que les données de santé servent les patients.
De meilleures infrastructures de données de santé signifient également que nous pourrons exploiter tout le potentiel des outils numériques, y compris l'IA.
Dans trois ans, notre système de santé sera complètement différent, grâce à l'IA.
En seulement un an, en tant que ministre de la Santé, j'ai été témoin de nombreuses innovations sur le terrain.
L'IA ouvre un monde de possibilités pour notre système de santé qui transforme la manière dont nous dispensons les soins.
Pensons simplement à l'amélioration des diagnostics;
l'aide au triage aux urgences;
la planification hospitalière;
et la télésurveillance.
Grâce au soutien fédéral, les transcripteurs par IA allègent déjà le fardeau administratif de plus de dix mille prestataires de soins primaires.
Il s'agit de l'un des plus grands déploiements de transcripteurs au monde.
Des initiatives comme celles-ci contribuent à bâtir un système de santé plus solide, moderne et efficace.
Un système qui fonctionne pour tous et qui est prêt pour l'avenir.
Comme vous le savez, la dynamique mondiale continue d'évoluer.
Comme l'a déclaré le premier ministre Carney à Davos :
« Lorsque les règles ne vous protègent plus, vous devez vous protéger vous-même ».
Nous devons donc bâtir une économie nationale solide.
Nous devons nous adapter.
Et le secteur de la santé doit être au cœur de cet effort.
Alors, comment créer un environnement propice au développement, à la production et à la commercialisation de médicaments au Canada?
Et comment pouvons-nous réduire le fardeau administratif pour les agriculteurs tout en garantissant la sécurité de notre chaîne alimentaire?
Tout commence par un système réglementaire qui inspire confiance et permet aux entreprises d'investir au Canada.
Un système qui soit rapide, prévisible et fondé sur la science.
Un système réglementaire exempt de fardeau administratif inutile.
Dans cette optique, nous modernisons la réglementation, réduisons le fardeau administratif, améliorons la transparence et simplifions les processus d'autorisation des médicaments.
Nous avons renforcé notre capacité d'examen.
Nous modernisons la façon dont nous réglementons les essais cliniques.
Et nous nous efforçons d'en faire davantage au Canada.
Nous collaborons avec des partenaires de confiance et des pays partageant les mêmes valeurs pour accélérer la mise sur le marché.
Nous y parvenons avec d'excellents résultats.
Par exemple, l'automne dernier, à Laval, nous avons célébré le premier vaccin contre la COVID-19 produit au pays par Moderna.
Et, il y a seulement deux jours, le Canada est devenu le premier pays du G7 à approuver une version générique du sémaglutide.
Nous avons besoin de plus d'initiatives de ce type.
Et nous prenons des mesures à l'échelle fédérale pour y parvenir.
Le mois dernier, nous avons lancé le Groupe de travail sur le secteur pharmaceutique.
Ce groupe de travail rassemble plus d'une vingtaine de hauts dirigeants et d'experts de l'industrie pharmaceutique…
… qui s'efforcent de cerner les obstacles à la croissance et à l'innovation dans ce secteur.
Avec leur aide, nous pouvons rendre notre environnement politique et réglementaire plus agile.
L'objectif ultime est d'accroître la concurrence…
… et de favoriser un accès fiable et durable aux produits pharmaceutiques au Canada.
Il en va de même pour notre secteur alimentaire.
Le Canada produit le meilleur blé et le meilleur bœuf au monde.
Mais nos agriculteurs sont confrontés au changement climatique, aux phénomènes météorologiques extrêmes, aux infestations…
En repensant ses processus d'autorisation, Santé Canada est devenue un partenaire privilégié pour les agriculteurs.
Et nous y parvenons tout en préservant la sécurité de notre chaîne alimentaire.
Hier, j'ai assisté à un événement organisé par CropLife Canada, une première pour un ministre canadien de la Santé.
On m'a demandé pourquoi.
J'ai répondu qu'en tant que ministre responsable de l'ACIA et de la gestion des pesticides, c'est ma responsabilité.
Enfin, la recherche.
Pour atteindre l'avenir que nous souhaitons, nous devons créer et inventer davantage ce dont nous avons besoin.
La recherche reste le principal outil pour y parvenir.
Et tout comme le Canada attire des professionnels de la santé formés à l'étranger…
… nous attirons également des talents internationaux grâce à un investissement de plus de 1,7 milliard de dollars dans l'Initiative Talent mondial en recherche Impact+ Canada.
En attirant des talents internationaux…
En soutenant les instituts canadiens…,
les universités canadiennes…,
les scientifiques canadiens…,
… nous veillerons à ce que la prochaine génération de médicaments et de vaccins vitaux soit mise au point et fabriquée ici.
Au Canada.
Grâce à des talents exceptionnels, à de meilleurs essais cliniques, à des autorisations accélérées et aux meilleurs travailleurs au monde, le Canada deviendra le pharmacien fiable dont le monde a besoin aujourd'hui.
Nous sommes à un tournant.
Nous devons faire les bons choix.
Nous devons tirer parti de nos atouts pour mener notre pays avec confiance vers son prochain chapitre.
Alors que nous revendiquons notre place dans l'économie mondiale, notre engagement en faveur de la santé sera l'un de nos plus grands atouts.
En réalisant des investissements judicieux et en ciblant nos actions là où les possibilités sont les plus grandes, nous pouvons avoir une incidence considérable.
Et c'est exactement ce que nous faisons.
Nous encourageons les investissements en allégeant le fardeau administratif lié à l'exercice d'une activité économique ici.
Nous collaborons avec les provinces et les territoires…,
avec des partenaires locaux et mondiaux…
afin de renforcer la sécurité sanitaire et la résilience économique.
De plus, en partenariat avec les provinces et les territoires, nous modernisons notre système de santé afin qu'il fonctionne efficacement et réponde aux besoins de chacun.
Même si la gestion des coûts des soins de santé est toujours une priorité, nous devons considérer ces coûts comme un investissement – en nous-mêmes et en notre avenir.
Si nous agissons dès maintenant, nous pouvons faire en sorte que le secteur de la santé au Canada soit une source de stabilité, un catalyseur de productivité et un fondement solide pour la prospérité.
C'est la seule façon de bâtir un Canada fort.
Merci.