Des initiatives ciblées pour contrer la crise des drogues illégales
Document d'information
15 juin 2026
Tout au long de l'année 2025-2026, le gouvernement fédéral a pris des mesures ciblées pour soutenir les particuliers, les familles et les communautés. Par ailleurs, le gouvernement fédéral collabore avec l'ensemble des paliers de gouvernement et ses principaux partenaires afin d'intervenir à la crise des drogues illégales grâce à des mesures ciblées en matière de prévention, de réduction des méfaits, de traitement, d'initiatives de rétablissement et de lutte contre le crime organisé lié à la drogue.
Un financement axé sur la communauté
Le Fonds d'urgence pour le traitement (FUT) de Santé Canada a permis aux municipalités et aux communautés autochtones d'apporter des réponses rapides aux problèmes urgents liés à la consommation de substances. Au cours de l'exercice 2025-2026, le FUT a octroyé plus de 70 millions de dollars à plus de 90 projets d'aide aux municipalités et aux communautés autochtones partout au Canada. En outre, par l'intermédiaire du Programme sur l'usage et les dépendances aux substances (PUDS) de Santé Canada, des fonds ont été accordés à d'autres paliers de gouvernement, ainsi qu'à des organismes communautaires, autochtones et à but non lucratif pour financer toute une gamme de projets couvrant l'ensemble spectre des soins. Au cours de l'exercice 2025-2026, le PUDS a octroyé plus de 75 millions de dollars à plus de 90 projets venant en aide aux municipalités et aux communautés autochtones partout au Canada.
En août 2025, une enveloppe de 2,9 millions de dollars a été annoncée dans le cadre du Programme de prévention de la consommation de substances chez les jeunes (PPCSJ) pour soutenir quatre projets en Alberta et en Ontario. En novembre 2025, une enveloppe supplémentaire de 6 millions de dollars a été annoncée dans le cadre du PPCSJ pour soutenir neuf projets communautaires partout au Canada, afin d'étoffer leurs efforts de prévention et renforcer les initiatives locales.
Du soutien pour les communautés autochtones
Le 27 mars 2026, le ministre des Services aux Autochtones du Canada a annoncé un nouvel investissement fédéral de près de 1,4 milliard de dollars pour améliorer la santé, le bien-être et les soutiens communautaires des peuples autochtones. Dans le cadre de cet investissement, un montant total de 630 millions de dollars répartis sur deux ans (2026-2027 à 2027-2028) soutiendra la disponibilité, l'accessibilité, la qualité et l'efficacité des services de bien-être mental destinés aux peuples autochtones de tout le pays, y compris des mesures de soutien global dans les centres de traitement par agonistes opioïdes, des équipes de bien-être mental et l'accès continu aux lignes d'écoute d'urgence. Dans le respect de son approche actuelle d'allocation des fonds fondée sur les particularités, le Ministère consacre une partie de cet investissement aux gouvernements autochtones signataires de traités modernes et autonomes. Il entend ainsi soutenir des services de santé mentale communautaires, axés sur le territoire, adaptés à la culture et tenant compte des traumatismes, qui traitent notamment des crises liées au suicide et aux dépendances.
L'éducation et la sensibilisation du public
Les campagnes de sensibilisation du public se sont poursuivies afin de mieux faire connaître les opioïdes et la prévention des surdoses à travers le Canada, grâce à des initiatives ciblées, dont les campagnes de marketing expérientiel Know More Opioids (Soyez au fait des opioïdes) et Reduce Your Risk (Réduis tes risques), ainsi que les partenariats stratégiques qui les ont accompagnées. Ces initiatives avaient pour but de prévenir les surdoses, de réduire la stigmatisation et d’encourager les comportements favorables à la recherche d’aide. Elles ont touché des publics variés, notamment les jeunes, les jeunes adultes, les hommes exerçant des métiers manuels et d’autres participants à divers événements. Elles ont également permis de sensibiliser le public et d’améliorer les compétences pratiques sur l’utilisation de la naloxone et l’intervention en cas de surdose.
La mobilisation des connaissances
En avril 2026, les Instituts de recherche en santé du Canada, en collaboration avec l'Agence de la santé publique du Canada, ont organisé un « Échange Meilleurs Cerveaux » afin de comprendre comment l'adaptation des individus, des communautés et des services a joué un rôle dans la baisse du nombre de décès liés aux opioïdes au Canada, dans le but d'orienter les mesures politiques.
Cet événement a réuni des chercheurs, des responsables de la santé publique aux niveaux fédéral, provincial et territorial, des décideurs politiques, des investisseurs et des personnes ayant vécu ou vivant une expérience de dépendance afin de discuter de la manière dont les personnes qui consomment des drogues, les prestataires de services et leurs communautés se sont adaptés à la toxicité grave des drogues et ont façonné des services innovants de prévention des surdoses pour mieux répondre aux besoins et sauver des vies.
Le suivi et le contrôle du trafic de drogues illégales
Dans le cadre du Plan frontalier du Canada, Santé Canada a mis en place l'Unité de gestion des risques liés aux précurseurs chimiques (UGRPC) afin d'assurer un meilleur contrôle des précurseurs chimiques et de renforcer le suivi et la surveillance, dans le but de permettre aux forces de l'ordre d'intervenir rapidement pour endiguer le trafic de drogues synthétiques illégales telles que le fentanyl. Grâce à cette unité, le ministère a finalisé des modifications visant à renforcer davantage les contrôles canadiens sur les précurseurs chimiques et le matériel de fabrication de drogues.
En outre, dans le but de réagir à la menace persistante que représentent les nouvelles substances pour la santé et la sécurité publiques, la ministre de la Santé a décrété en mai 2026 un arrêté visant à instaurer, pour une durée d'un an, des mesures de contrôle temporaires concernant deux opioïdes synthétiques et un précurseur chimique, en vertu de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. Ces mesures sont entrées en vigueur le 6 juin 2026. Les substances visées par ces mesures sont deux opioïdes synthétiques, la spirobrorphine et la spirochlorphine, ainsi que le R 29676, un précurseur chimique pouvant servir à la fabrication d'opioïdes synthétiques. Ce contrôle dote les organismes canadiens d'application de la loi et aux services frontaliers de nouveaux outils pour mettre fin à l'importation et à la distribution illégales d'opioïdes synthétiques et de précurseurs. Toute personne prenant part à des activités non autorisées impliquant ces substances s'expose à des poursuites pénales.
Santé Canada a étendu l'initiative du programme de Surveillance nationale des drogues dans les eaux usées (SNDEU) à plus de 60 sites répartis dans 11 provinces et territoires. En décembre 2025, le ministère a également lancé le tableau de bord du SNDEU pour fournir des informations détaillées sur les drogues nouvelles et émergentes consommées au Canada. Ce programme présente des données sur les tendances en matière de consommation et d'approvisionnement de drogues synthétiques au Canada en analysant des échantillons d'eaux usées provenant de communautés participantes afin de détecter la présence de plus de 550 substances.
Le 27 mai 2026, Santé Canada a inauguré le Centre canadien d'analyse des drogues (CCAD). Le CCAD développe les capacités du ministère en matière d'analyses et de tests de drogues en laboratoire grâce à de nouveaux locaux spécialisés à Toronto et à Vancouver. Ces nouveaux laboratoires analysent les substances illégales saisies par les forces de l'ordre afin de déterminer comment et où ces substances sont fabriquées.
La lutte contre le crime organisé et le trafic de drogues
Le gouvernement s'attaque aux circuits financiers clandestins qui alimentent les réseaux du crime organisé en remontant la piste de l'argent et en ciblant les profits d'origine criminelle. Cela passe notamment par une législation renforcée, des investissements dans les services policiers fédéraux, la création de la toute première Agence contre les crimes financiers du Canada, ainsi que par une collaboration accrue entre les forces de l'ordre et le secteur financier par le biais du Partenariat intégré sur le renseignement en matière de blanchiment d'argent (PIRBA) et des renseignements fournis par le CANAFE. Plusieurs organisations criminelles transnationales ont également été désignées comme entités terroristes en vertu du Code criminel, ce qui procure des ressources supplémentaires pour appuyer les enquêtes et perturber les activités criminelles.
Les capacités des forces de l'ordre et des services frontaliers ont été consolidées. Le budget de 2025 a annoncé une enveloppe historique de 1,7 milliard de dollars à l'appui des services policiers, notamment le recrutement de 1 000 nouveaux agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour faire avancer les enquêtes sur le crime organisé transnational, ainsi que de 1 000 nouveaux agents de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) pour étoffer les opérations sur le terrain. Depuis novembre 2025, un montant supplémentaire de 8 millions de dollars sur quatre ans a permis de soutenir la mise en place d'équipes régionales intégrées de lutte contre le trafic de stupéfiants en Colombie-Britannique et en Ontario, regroupant les ressources de plusieurs organismes pour combattre le crime organisé lié à la drogue. Les investissements dans des technologies de détection et de surveillance de pointe améliorent la capacité à détecter et à intercepter les mouvements transfrontaliers de drogues illégales, de précurseurs chimiques et d'autres marchandises de contrebande aux points d'entrée et entre ceux-ci.
Sous la direction du tsar du fentanyl, nous resserrons la coopération nationale et internationale pour lutter contre le trafic transnational de drogues. Le Canada collabore étroitement avec les États-Unis, le Mexique et d'autres partenaires dans le cadre d'initiatives conjointes telles que la Cellule opérationnelle conjointe de renseignement et la Force d'intervention conjointe nord-américaine, coprésidées par la GRC et la Drug Enforcement Administration américaine, tandis que des agents de liaison complémentaires de la GRC à l'étranger permettent de contrer les menaces avant qu'elles n'atteignent le Canada.
Ces efforts s'appuient sur le Plan frontalier du Canada et sur des mesures législatives essentielles, soit le projet de loi C-22, intitulé Loi visant à assurer la sécurité des Canadiens, ainsi que la Loi visant à renforcer le système d'immigration et la frontière du Canada (projet de loi C-12), qui a reçu la sanction royale en mars 2026 et qui dispose d'outils plus efficaces pour sécuriser les frontières et soutenir l'application de la loi.
Prévenir l'implication des jeunes dans les groupes criminels organisés et la criminalité organisée demeure une priorité ; elle est soutenue par des investissements continus, notamment le renouvellement prévu du Fonds pour bâtir des communautés sécuritaires (FBCS) assorti d'un budget pouvant atteindre 157,5 millions de dollars sur trois ans. Ces efforts, qui servent avant tout à réduire l'entrée sur les marchés de la drogue illégale, fortifient la communauté et le bien-être général, tout en permettant aux forces de l'ordre de se concentrer sur les menaces les plus graves.
Perspectives
Voici les mesures prévues par Santé Canada pour lutter contre la crise des drogues illégales en 2026-2027 :
- Poursuivre le soutien, par l'intermédiaire du PUDS et le FUT, d'une gamme variée de projets novateurs et fondés sur des preuves ayant pour objectif de réduire les méfaits liés à la consommation de substances et les décès dans les communautés du Canada.
- Sensibiliser la population aux risques associés aux opioïdes, promouvoir les stratégies de réduction des surdoses, lutter contre la stigmatisation et encourager le recours à l'aide grâce à l'éducation du public en milieu scolaire, à des campagnes publicitaires ciblées et à des partenariats stratégiques.
- Poursuivre l'appui au Plan frontalier du Canada, en surveillant notamment l'émergence de nouvelles substances dans l'approvisionnement de drogues illégales, en développant le SNDEU et en adoptant les mesures réglementaires nécessaires à l'appui des efforts des forces de l'ordre dans la lutte contre le crime organisé lié à la drogue.
- Avec la création du Centre canadien d'analyse des drogues, analyser les drogues synthétiques illégales et les substances connexes soumises par les partenaires des forces de l'ordre dans le but d'identifier les schémas de distribution et de fabrication ainsi que leurs sources. Ces informations sont utiles aux partenaires des forces de l'ordre et de la sécurité publique pour mieux faire face à la menace que représentent les drogues synthétiques.
L'Agence de la santé publique du Canada continuera de promouvoir la prévention en amont, la surveillance nationale et la recherche appliquée sur les résultats de santé publique liés aux opioïdes de la manière suivante :
- Poursuivre la mise en œuvre du Programme de prévention de la consommation de substances chez les jeunes (PPCSJ), dont l'évaluation continue de l'application et de l'adaptation du Modèle de prévention islandais (IPM), au contexte canadien, afin d'éclairer la conception de programmes fondés sur des données probantes et de favoriser l'amélioration continue dans l'ensemble des communautés participantes.
- Développer des infrastructures pancanadiennes de surveillance et de recherche, en collaboration avec les coroners en chef et les médecins légistes en chef des provinces et des territoires, ainsi qu'avec Statistique Canada, afin de :
- Faire état de toutes les substances responsables de décès et analyser ceux liés à des interactions médicamenteuses.
- Faciliter l'interconnexion des analyses de données désagrégées afin d'approfondir les connaissances sur les facteurs de risque et de protection liés aux déterminants sociaux de la santé et à l'équité en matière de santé.
- Promouvoir les activités de modélisation par simulation afin d'étudier l'impact des facteurs liés à la prévention, à la réduction des méfaits et au traitement sur les décès liés aux opioïdes au fil du temps.
Le gouvernement du Canada demeure fermement résolu à collaborer avec ses partenaires pour sauver des vies, favoriser le rétablissement et traiter les causes profondes de la crise liée aux drogues illégales.