Programme national de surveillance des pesticides dans l’eau : Réponses de l’ARLA  aux commentaires du CCS-PA

Cette page présente les commentaires du Comité au sujet du Programme national de surveillance des pesticides dans l'eau (PNSPE) et la réponse de l'ARLA à ces commentaires.

Sur cette page

Contexte

Un des objectifs de la réunion du Comité consultatif scientifique sur les produits antiparasitaires (CCS-PA) du 23 juin 2023, tenue virtuellement par Zoom, était de présenter et de solliciter les points de vue des membres du CCS-PA sur le Programme national de surveillance des pesticides dans l'eau (PNSPE) de l'ARLA.

Résumé de la réunion

Le résumé de la réunion du CCS-PA du 23 juin 2023 est accessible à la page suivante : Comité consultatif scientifique sur les produits antiparasitaires – Résumé de la réunion – Canada.ca.

Objectif

La présentation a fourni les grandes lignes du PNSPE de l'ARLA en plus d'aborder de nombreuses questions liées au sujet, notamment :

Résumé des commentaires du CCS-PA et des réponses de l'ARLA

  1. Les concentrations de pesticides dans l'eau peuvent changer rapidement durant et après une tempête de pluie. Est-ce que l'information sur les précipitations avant ou durant l'échantillonnage pourrait être rendue accessible dans le tableau de bord de surveillance de l'eau?

    Réponse de l'ARLA :

    Les conditions météorologiques sur les lieux autour du moment de l'échantillonnage ne sont pas accessibles dans le tableau de bord de surveillance de l'eau de l'ARLA. Toutefois, les utilisateurs peuvent utiliser les dates et les sites d'échantillonnage pour obtenir les données météorologiques historiques.

  2. Une analyse non ciblée permettrait à l'ARLA de réaliser des analyses rétrospectives des données collectées. Est-ce que le cadre de travail tiendra compte de ce type d'analyse?

    Réponse de l'ARLA :

    L'analyse non ciblée est mentionnée à titre de méthode d'analyse possible pour les programmes de surveillance de l'eau. Toutefois, elle n'est pas abordée en détail.

  3. Un membre avait des questions sur la manière dont l'ARLA avait choisi les sites pour la première année du programme. Comme les terres humides choisies en Saskatchewan n'étaient pas à proximité de terres cultivées, la personne se préoccupait de la possibilité que les résultats aient été moins favorables si les terres humides avaient été à proximité de terres cultivées. Il serait utile que l'ARLA ajoute dans le tableau de bord de surveillance de l'eau un avis précisant que les sites utilisés lors du projet pilote n'ont pas été choisis selon la méthode énoncée dans le cadre de travail.

    Réponse de l'ARLA :

    L'ARLA a fait preuve de transparence sur le choix des sites pour le projet pilote. De l'information a été publiée sur ses pages Web concernant le projet pilote et le tableau de bord. Pour mettre en place le projet pilote en peu de temps, elle a dû s'appuyer sur l'expérience et les connaissances spécialisées de ses partenaires d'échantillonnage dans les régions. L'ARLA a demandé aux partenaires d'échantillonnage de cibler des régions agricoles et de tenir compte des lieux d'échantillonnage actuels et antérieurs, particulièrement ceux où des pesticides avaient été détectés dans le passé. En raison de contraintes sur le plan des ressources, certains des sites ont été choisis en fonction de leur proximité aux bureaux des partenaires.

    La plupart des terres humides de la Saskatchewan qui ont été choisies pour la première année du projet pilote se situaient à proximité ou sur des champs agricoles. La fréquence des échantillonnages a davantage contribué que l'emplacement des sites à l'obtention de meilleurs résultats que prévu. En raison de problèmes au moment du lancement, l'échantillonnage dans ces terres humides n'a commencé qu'en juillet, si bien que certaines périodes critiques où les pesticides peuvent pénétrer dans les terres humides n'ont pas été prises en compte. Un échantillonnage limité (un ou deux prélèvements) a été réalisé sur ces terres humides.

    La deuxième année, on a changé les terres humides qui étaient utilisées pour l'échantillonnage en Saskatchewan. ECCC a choisi, en collaboration avec les propriétaires fonciers et l'ARLA, de nouvelles terres humides qui étaient situées à proximité ou sur des champs agricoles. L'échantillonnage a commencé à la mi-mai. Des échantillons ont été prélevés toutes les semaines sur six sites et deux fois par mois sur cinq sites.

  4. À la suite d'une discussion sur les pesticides à étudier en priorité dans les programmes de surveillance, il a été souligné que certains des paramètres du système de classement proposé présentent des corrélations positives ou négatives. Il a été suggéré que l'utilisation de deux paramètres pourrait entraîner l'exclusion de certains produits chimiques de la liste prioritaire. Un exemple a été donné à l'aide du Koe et du Kco.

    Réponse de l'ARLA :

    Cinq paramètres primaires du devenir sont utilisés pour déterminer le risque d'exposition aux pesticides dans les milieux aquatiques : le facteur de bioconcentration (FBC), le coefficient de partage n-octanol:eau (Koe), la solubilité de l'eau (mg/L), le coefficient de partage carbone organique-eau (Kco) et la demi-vie dans le sol (t1/2 ou TD50). Ces paramètres couramment mesurés peuvent être utilisés dans les systèmes de classement ou de notation du devenir pour aider à déterminer le potentiel d'un pesticide de pénétrer dans l'eau à partir du sol.

    • Demi-vie dans un sol aérobie : utilisée pour estimer la persistance dans l'environnement
    • Facteur de bioconcentration (FBC) ou coefficient de partage n-octanol:eau (Koe) : utilisés pour estimer le potentiel d'absorption par des organismes
    • Coefficient de sorption dans le sol (coefficient de partage carbone organique-eau [Kco]) : utilisé pour estimer le potentiel d'un pesticide d'atteindre les eaux de surface ou les eaux souterraines à partir d'un site d'application
    • Solubilité dans l'eau : utilisée pour estimer la capacité d'un produit chimique à être transporté par les eaux de ruissellement

    Bien que le Kco et le Koe présentent généralement une corrélation prévisible, ce n'est pas nécessairement le cas des variables relatives au devenir de certains composés (p. ex. composés organiques ionogènes) : des produits chimiques peuvent se répartir dans l'argile dans le sol plutôt que dans le carbone organiqueNote de bas de page 1. La pondération de la solubilité dans l'eau, du FBC ou du log Koe, et du Kco permet de tenir compte des différentes propriétés des pesticides du point de vue du lessivage, de la biodisponibilité et du potentiel de bioaccumulation.

  5. Il a été souligné que la distance du site d'échantillonnage est un facteur important à prendre en compte, car elle est liée à la concentration et, du coup, au risque.

    Réponse de l'ARLA :

    L'ARLA reconnaît que la distance entre le site d'application et le lieu d'échantillonnage peut avoir une incidence sur les concentrations détectées. Cet aspect est pris en compte dans l'évaluation des données de surveillance environnementale. Il importe de souligner que les eaux de ruissellement des zones agricoles, forestières et urbaines sont des apports dans l'environnement qui proviennent de sources non ponctuelles. Dans la plupart des programmes de surveillance, il est possible de déterminer la distance de la limite la plus proche d'un champ par rapport au lieu d'échantillonnage. Cependant, l'information sur l'utilisation de pesticides dans un champ précis est généralement manquante. En outre, les concentrations observées dans un lieu précis sont influencées par les applications de pesticides en amont dans le bassin versant. Il est donc difficile de déterminer si ces concentrations découlent de l'application de pesticides sur un champ en particulier.

  6. Un membre du CCS-PA a indiqué que d'autres organisations en Alberta souhaiteraient participer au processus d'échantillonnage.

    Réponse de l'ARLA :

    L'ARLA a demandé la liste de ces organisations. Le membre du CCS-PA la lui a fournie.

  7. Le CCS-PA a souligné l'importance d'établir un programme de recherche fondée sur des hypothèses dès le départ. Une vision claire permettra de s'assurer que le programme de surveillance des pesticides dans l'eau définit adéquatement ses plans expérimentaux, ses variables, ses limites, la taille et la variabilité de ses échantillons, et ainsi de suite. Ces facteurs doivent être étudiés avec soin avant le lancement d'une initiative nationale aussi vaste.

    Réponse de l'ARLA :

    Il importe de souligner que le programme de surveillance des pesticides dans l'eau de l'ARLA n'est pas un programme de recherche, mais un programme de surveillance réglementaire. Les programmes de surveillance ne font normalement pas appel à des hypothèses.

    Pour établir un programme de surveillance solide, il est important d'en comprendre les objectifs et les résultats attendus, de manière à le concevoir en conséquence. L'ARLA a déjà chargé le groupe de travail technique (GTT) d'élaborer ces questions et d'y répondre. Le programme de surveillance à long terme des pesticides a pour principal objectif de produire des données de qualité sur les concentrations des pesticides (et des produits de transformation) dans l'eau partout au Canada afin d'orienter et de renforcer les évaluations des risques liés aux pesticides et la prise de décisions en matière de réglementation. Le cadre de travail des programmes de surveillance des pesticides énonce les objectifs pour assurer la pertinence des données dans le contexte de la réglementation.

  8. Le CCS-PA souhaitait confirmer l'existence de limites de détection pour les pesticides, car elles sont essentielles pour l'interprétation des données. Il a aussi été demandé de les indiquer dans le tableau de bord de surveillance des pesticides dans l'eau.

    Réponse de l'ARLA :

    La méthode et les limites de détection des échantillons peuvent être consultées sur le portail de données ouvertes du gouvernement du Canada pour chaque résultat versé dans le fichier de données principal : Water-Qual-Eau_PMRA-ARLA.csv.

  9. En ce qui concerne la notation des pesticides visés par les programmes de surveillance des pesticides dans l'eau, il est nécessaire d'éclaircir la manière dont les notes sont pondérées. Le CCS-PA a déclaré que l'ARLA pourrait devoir expliquer pourquoi certains pesticides ne sont pas visés par les analyses. On a aussi demandé s'il existait un mécanisme pour inscrire les pesticides sur une liste prioritaire pour d'autres raisons, par exemple des préoccupations du public.

    Réponse de l'ARLA :

    Pour les besoins de l'outil mis au point pour déterminer les pesticides à étudier en priorité dans les programmes de surveillance de l'eau, il a été convenu d'utiliser une approche simple qui accorderait un poids équivalent ou supérieur aux données sur le devenir dans l'environnement et aux données sur la toxicité par rapport aux données sur l'utilisation fondées sur la zone d'application, auxquelles on accorde une importance deux fois moindre que celle des autres paramètres. Cette approche correspond au Protocole d'élaboration des recommandations pour la qualité des eaux en vue de protéger la vie aquatique (CCME, 1991), qui accorde la plus haute priorité aux paramètres liés au devenir et à la toxicité pour l'élaboration des recommandations.

    Lors de l'élaboration du système de notation pour l'outil de classement, l'ARLA a utilisé des données sur la toxicité tant aiguë que chronique pour les poissons et les invertébrés, de même que le critère d'effet traduisant la plus grande sensibilité pour les plantes vasculaires et les algues. Les données sur la toxicité aiguë et chronique sont pondérées à valeur égale en vue de l'attribution d'un score d'écotoxicité globale pour chaque groupe d'organismes.

    L'ARLA sait qu'il sera nécessaire d'expliquer pourquoi certains pesticides ne figurent pas dans une liste prioritaire. Les programmes de surveillance peuvent souhaiter ajouter des pesticides classés comme non prioritaires à une liste d'analyse pour une variété de raisons, lesquelles seront explorées ultérieurement.

  10. Le CCS-PA a reconnu que l'analyse du glyphosate impliquerait des dépenses additionnelles, car elle fait appel à une méthode différente. Le coût de l'analyse du glyphosate devrait être le même que celui de l'analyse d'un large éventail de pesticides avec une méthode multi-résidus par chromatographie en phase liquide. Le CCS-PA a émis un avis selon lequel une analyse propre au glyphosate dans un sous-ensemble d'échantillons (c.-à-d. 1 échantillon sur 10) devrait être suffisante. Cette démarche éviterait de donner au public l'impression que l'ARLA n'a pas pris en compte cette question ou qu'elle dissimule des résultats.

    Réponse de l'ARLA :

    L'ARLA est reconnaissante de la validation de ce point par le CCS-PA. Son avis sera pris en compte dans l'élaboration et la mise en œuvre du programme à long terme.

  11. Le CCS-PA a demandé des précisions sur le format des données.

    Réponse de l'ARLA :

    Les données sont accessibles sur le portail de données ouvertes du gouvernement du Canada en format CSV.

  12. Le CCS-PA a demandé des précisions sur la manière dont les nouvelles données de surveillance de l'eau seront utilisées dans les évaluations des risques environnementaux de l'ARLA. On souhaite savoir pourquoi il s'agit d'un enjeu maintenant et ce qui a été fait dans le passé.

    Réponse de l'ARLA :

    Pendant de nombreuses années, l'ARLA a régulièrement pris en compte les données de surveillance de l'eau dans les évaluations des risques pour la santé humaine et l'environnement associés aux pesticides, lorsque des données pertinentes étaient disponibles. Historiquement, les données de surveillance de l'eau n'étaient pas suffisamment robustes pour appuyer la prise de décisions en matière de réglementation. Elles étaient néanmoins utiles pour déterminer les secteurs nécessitant des analyses et des évaluations plus poussées.

    Pour chaque évaluation des risques, l'ARLA établit une concentration estimée dans l'environnement (CEE) à titre d'estimation de l'exposition humaine et environnementale. Cette valeur est générée à l'aide de modélisations informatiques, qui peuvent intégrer des hypothèses prudentes. On souhaite que l'ARLA utilise les concentrations de pesticides détectées dans l'environnement dans des conditions d'utilisation réelle pour orienter la prise de décisions en matière de gestion des risques, le cas échéant.

    Les données produites par un programme de surveillance à long terme des pesticides seront prises en compte, au même titre que toutes les autres données disponibles sur un principe actif, pour caractériser davantage (s'il y a lieu) l'exposition des organismes aquatiques et des humains aux pesticides. La pertinence et la fiabilité des données de ce programme pour une évaluation donnée seront évaluées de la même manière que celles de toutes les autres données disponibles.

    En outre, ces données peuvent aider l'ARLA à déterminer la priorité des réévaluations de pesticides et à cerner les secteurs nécessitant une analyse plus poussée.

  13. Le CCS-PA a posé les questions suivantes : Pourquoi cette initiative vient-elle de Santé Canada alors que la surveillance environnementale des pesticides dans l'eau est une responsabilité conjointe d'autres ministères fédéraux (p. ex. ECCC) et des provinces et territoires? Est-ce que les efforts de recherche vont se chevaucher au lieu de se compléter? Il a été déterminé que le couplage des données sur les pesticides, les autres contaminants de l'eau et d'autres variables pourrait améliorer les résultats.

    Réponse de l'ARLA :

    Au cours des 20 dernières années, l'ARLA a travaillé avec des partenaires fédéraux, les provinces et les territoires pour s'assurer que les données de surveillance des pesticides dans les eaux canadiennes étaient prises en compte dans les décisions réglementaires concernant les pesticides. Pour ce faire, elle demande normalement des données de surveillance de l'eau à ses partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux (FPT) au début des réévaluations.

    L'établissement d'un programme collaboratif national de surveillance à long terme des pesticides dans l'eau ne vise pas à remplacer les programmes existants, mais à compléter et à renforcer les données de surveillance des pesticides dans les eaux canadiennes.

    Les résultats de l'enquête de l'ARLA sur les partenaires FPT indiquent qu'un grand nombre de gouvernements provinciaux et territoriaux ne sont pas en mesure de prélever des échantillons d'eau pour surveiller les pesticides couramment utilisés à cause des contraintes financières de leurs programmes de surveillance des eaux.

    Ainsi, le programme national de surveillance des pesticides dans l'eau mis sur pied et dirigé par Santé Canada en collaboration avec ses partenaires fédéraux et provinciaux complétera les programmes existants et améliorera le corpus des données pertinentes pour l'évaluation et la gestion des risques associés aux pesticides.

  14. Le CCS-PA a demandé des précisions sur la manière dont le programme de surveillance des pesticides dans l'eau évaluera les mélanges de pesticides. En outre, comment les autres contaminants et les variables importantes concernant l'eau seront-ils intégrés dans la base de données de l'ARLA? Si un des objectifs du programme de surveillance des pesticides dans l'eau est de produire des données qui aideront à évaluer les risques que posent les pesticides pour l'écosystème, pourquoi les pesticides sont-ils étudiés de manière cloisonnée?

    Réponse de l'ARLA :

    L'ARLA a pour mandat de s'assurer que les pesticides utilisés au Canada sont efficaces et que les risques qu'ils posent pour la santé humaine et l'environnement sont acceptables.

    L'ARLA sait qu'il existe d'autres contaminants préoccupants d'intérêt. Toutefois, ces contaminants, qui ne relèvent pas de son mandat, peuvent être étudiés ou pris en charge par d'autres ministères fédéraux ou par les provinces et territoires.

    Les méthodes d'homologation de pesticides actuellement acceptées à l'échelle internationale s'intéressent aux pesticides individuellement. Étant donné que, dans le cadre de ce programme national, les analyses menées sur chaque échantillon visent à faire ressortir un large éventail de pesticides, plusieurs pesticides peuvent être détectés en même temps. Ces observations peuvent justifier tant des évaluations des risques associés à des pesticides précis que des évaluations des risques cumulatifs découlant de l'exposition à des mélanges de pesticides.

    L'ARLA a publié un document de principes (SPN2018-02) qui définit un cadre d'évaluation des risques cumulatifs que posent pour la santé humaine les pesticides ayant un mécanisme de toxicité commun. Cependant, aucune méthode d'évaluation des effets cumulatifs sur l'environnement n'a été établie par les organismes internationaux de réglementation des pesticides.

    La prise en compte de plusieurs facteurs de stress présents dans l'environnement pour une évaluation des risques dépasse le mandat de l'ARLA.

  15. Des éclaircissements ont été demandés au sujet des types d'eau analysés dans le cadre du programme.

    Réponse de l'ARLA :

    Les échantillons d'eau analysés dans le cadre du projet pilote proviennent principalement d'eaux de surface intérieures de paysages agricoles. On a aussi prélevé des échantillons d'eaux souterraines dans des puits ainsi que des échantillons d'eau destinée à des stations d'épuration de l'eau potable. Le programme à long terme à venir continuera d'analyser ces types d'eau, mais il couvrira aussi d'autres milieux, comme les zones urbaines et forestières.

  16. Le CCS-PA a souligné la volonté de SC de contribuer à l'atteinte de la cible 7 du Cadre mondial de la biodiversité de la COP, qui prévoit la réduction des risques liés aux pesticides. Des éclaircissements ont été demandés sur les manières dont le programme de surveillance des eaux aidera à réduire les risques liés aux pesticides du point de vue de la cible 7.

    Réponse de l'ARLA :

    Santé Canada explore actuellement comment ces données pourraient contribuer à l'atteinte des objectifs de la cible 7. Avant de signer le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal (CMBKM), le Canada ne possédait pas un ensemble complet de données de référence sur les concentrations de pesticides dans l'eau et d'autres milieux. La conception du programme de surveillance des eaux de l'ARLA et le lancement du projet pilote sont antérieurs à l'établissement de la cible 7 du CMBKM; celle-ci n'a donc pas été prise en compte dans ces programmes. Toutefois, le programme de surveillance à long terme des eaux pourrait appuyer les efforts du Canada visant l'atteinte de la cible 7 du CMBKM en enrichissant les données du monde réel sur les concentrations de pesticides dans les eaux canadiennes. Ces données aideront à comprendre le risque global lié aux pesticides, à cerner tout changement concernant les risques liés aux pesticides, et à déterminer les prochaines étapes pour protéger la biodiversité conformément à la cible 7 et au CMBKM. Au fil du temps, des ajustements pourraient devenir nécessaires pour harmoniser le programme de surveillance des eaux avec les efforts du Canada visant l'atteinte des objectifs du CMBKM. Ces ajustements pourraient impliquer des échantillonnages supplémentaires dans certaines régions.

  17. Le CCS-PA sait que le principal milieu environnemental soumis aux échantillonnages sera l'eau, étant donné le titre du programme. Toutefois, comme les pesticides lipophiles tendent à se concentrer dans les organismes et les sédiments, d'autres milieux environnementaux devraient être pris en compte.

    Réponse de l'ARLA :

    Compte tenu des besoins de l'ARLA en matière de réglementation, les concentrations de pesticides dans l'eau constitueront le point de mire. Il est établi que les pesticides lipophiles tendent à se concentrer dans les organismes vivants et dans les sédiments. Toutefois, les protocoles d'évaluation des risques associés aux pesticides ne tiennent pas compte des concentrations dans les organismes et les sédiments à l'heure actuelle. À mesure que les méthodes d'évaluation des risques continuent d'évoluer, il est possible que l'ARLA s'intéresse aux concentrations de pesticides dans les organismes et les sédiments.

  18. Le CCS-PA a demandé si la présence des 245 pesticides sera vérifiée dans tous les échantillons ou si la liste des échantillons recherchés variera selon la province et le site d'échantillonnage, étant donné que les pesticides ne sont pas tous vendus et utilisés partout au pays. Il a été souligné que la recherche de pesticides dans les régions où ils ne sont pas utilisés pourrait affecter la perception publique et constituer un gaspillage de fonds publics dans des analyses chimiques dispendieuses inutiles.

    Réponse de l'ARLA :

    À l'heure actuelle, 190 pesticides d'usage courant sont visés dans toutes les analyses des échantillons d'eau prélevés dans le cadre du programme de l'ARLA. Cent quatre-vingt-sept (187) produits chimiques (185 pesticides et 2 produits de transformation) sont visés par les analyses au laboratoire de Santé Canada. Les autres sont analysés au laboratoire de l'Université de Guelph. À mesure que le programme évolue, la liste des pesticides analysés sera raffinée en fonction des homologations nouvelles ou révoquées.

    Comme une méthode multi-résidus est utilisée, le coût est toujours le même, peu importe qu'on souhaite obtenir de l'information sur un seul pesticide ou sur la liste complète. Il n'y a donc aucun « gaspillage de fonds ». En fait, il serait plus coûteux d'élaborer des méthodes distinctes en fonction des produits utilisés dans chaque région.

    L'ARLA sait que les non-détections dans les régions où des pesticides ne sont pas utilisés posent problème. Dans ces situations, il est important d'examiner soigneusement l'utilisation qui est faite des pesticides à l'échelle régionale pour interpréter les données correctement.

  19. Comment le programme de surveillance des eaux assurera-t-il l'acquisition des données nécessaires pour le calcul des effets cumulatifs prévu par le nouveau projet de loi S-5? Est-ce que des échantillons d'eau devraient être envoyés aux laboratoires pour faire l'objet d'analyses des lignées cellulaires (p. ex. activités perturbatrices du système endocrinien, activation de l'AhR)?

    Réponse de l'ARLA :

    La Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) (LCPE) et la Loi sur les produits antiparasitaires (LPA) sont des textes de loi complémentaires qui aident le gouvernement fédéral à gérer les substances toxiques et à protéger la santé humaine et l'environnement. La LPA prévoit déjà l'évaluation des effets cumulatifs sur la santé humaine que peuvent avoir les produits antiparasitaires ayant un mécanisme de toxicité commun. De plus, l'ARLA a mené des consultations sur une modification proposée du Règlement sur les produits antiparasitaires qui obligerait le ministre à prendre en compte les effets environnementaux cumulatifs des pesticides ayant un mécanisme de toxicité commun, lorsque les renseignements et la méthodologie sont disponibles. Cette modification donnerait aussi au ministre le pouvoir explicite d'exiger des titulaires et des demandeurs qu'ils fournissent les renseignements disponibles sur les effets cumulatifs sur l'environnement, de sorte qu'ils puissent être examinés dans le cadre des évaluations des risques pour l'environnement menées par l'ARLA.

    À l'heure actuelle, le programme de surveillance des eaux permet l'acquisition de données utiles pour les évaluations des effets cumulatifs par un processus d'analyse multi-résidus (c.-à-d. vérification de la présence de plusieurs pesticides dans un même échantillon).

    Les analyses de lignées cellulaires précises dépassent la portée et le mandat du programme de surveillance des eaux.

  20. Le CCS-PA a demandé des éclaircissements sur la fréquence idéale d'échantillonnage tout en reconnaissant qu'il pouvait y avoir des différences saisonnières. Les pesticides sont généralement appliqués au printemps et à l'été, mais certains d'entre eux peuvent être utilisés à l'automne pour protéger ou sécher des cultures. Durant l'hiver, lorsque les niveaux d'eau sont bas, les concentrations de pesticides peuvent augmenter. Par ailleurs, les concentrations de pesticides peuvent être élevées lors de la fonte des neiges.

    Réponse de l'ARLA :

    La fréquence idéale des échantillonnages selon les variations saisonnières est abordée dans l'ébauche du cadre de travail. Pour que les données puissent être utilisées dans les évaluations des risques liés aux pesticides, il est important de s'assurer que la fréquence et le moment des échantillonnages sont adaptés au type de risque à l'étude. Les évaluations des risques liés aux pesticides tiennent généralement compte des risques de toxicité aiguë et chronique : en augmentant la fréquence des échantillonnages durant les périodes d'utilisation des pesticides, on accroît la probabilité de saisir les concentrations maximales et de produire les données temporelles requises.

    Il est aussi établi que des données significatives peuvent être obtenues avec un ensemble de données présentant une grande fréquence spatiale plutôt que temporelle. Un nombre élevé de sites dans une région peut donner un portrait spatial des concentrations de pesticides. Il est toutefois possible que les données obtenues dans le cadre d'un programme prévoyant des échantillonnages peu fréquents dans un grand nombre de sites ne soient pas fiables pour la prise de décisions concernant la réglementation des pesticides.

    D'autres facteurs doivent être pris en considération lors de la mise sur pied d'un programme d'échantillonnage, notamment les conditions météorologiques qui peuvent contribuer à des épisodes de ruissellement et provoquer le déplacement de pesticides vers des cours d'eau à proximité. Le moment des applications peut aussi influer sur la probabilité de détection d'un pesticide donné dans un plan d'eau. Le prélèvement d'échantillons après la récolte et avant le semis pourrait donner de l'information sur la persistance des pesticides. Les variations saisonnières et météorologiques peuvent avoir une incidence sur le calendrier de prélèvement des échantillons. Par exemple, les pesticides qui ne sont pas détectés en été peuvent être observés en hiver : une certaine forme de surveillance hivernale pourrait donc s'avérer utile, si possible.

    La fréquence des échantillonnages dépend du type de plan d'eau et de la méthode d'échantillonnage.

    • Cours d'eau : L'examen de données collectées et analysées sur plusieurs années pour les besoins des évaluations des risques a révélé que le prélèvement d'échantillons ponctuels deux à trois fois par semaine dans des eaux de surface mouvantes durant les périodes où les pesticides se déplacent sur de grandes distances est la méthode la plus susceptible de produire des données utiles pour l'évaluation des risques, tout en favorisant l'atteinte des objectifs des autres programmes provinciaux, territoriaux et communautaires.
    • Lacs : Certains lacs, particulièrement ceux caractérisés par de longs temps de résidence (c.-à-d. période durant laquelle une parcelle d'eau demeure dans un plan d'eau donné), pourraient nécessiter une surveillance moins fréquente. Dans les lacs de très grande taille, comme les Grands Lacs laurentiens, une surveillance annuelle ou moins fréquente par les stations au large peut servir à suivre les changements à long terme (c.-à-d. échelle décennale) qui ne peuvent pas être détectés à d'autres endroits en raison de leur variabilité plus importante. Le calendrier de la surveillance des lacs devra tenir compte du moment des utilisations de pesticides dans les bassins versants avoisinants, du temps que prennent les eaux pour atteindre le lac, et du potentiel de dilution dans le lac.
    • Milieux humides : De façon générale, dans les milieux humides, un échantillonnage par semaine est acceptable pour les besoins de l'évaluation des risques. Il est toutefois recommandé d'accroître la fréquence des échantillonnages durant les périodes qui suivent l'application de pesticides et les épisodes de ruissellement afin de saisir les concentrations maximales. Inversement, la fréquence des échantillonnages peut être réduite durant les périodes de sécheresse prolongée.
    • Eaux souterraines : Les programmes de surveillance des eaux souterraines prélèvent généralement des échantillons destinés à des analyses chimiques à une fréquence moins grande que les programmes visant les eaux de surface. Cette différence s'explique par la nature moins éphémère des eaux souterraines. Dans le cas des puits de surveillance peu profonds qui servent à surveiller une source de pollution potentielle, un échantillonnage trimestriel peut être suffisant, bien qu'une fréquence de deux fois par mois puisse être préférable. Les puits domestiques dont la fréquence de pompage est moins grande peuvent faire l'objet d'un ou deux échantillonnages par année.
  21. Qui paie pour le programme de surveillance de l'eau? Quels sont les programmes de financement interne?

    Réponse de l'ARLA :

    Afin d'améliorer encore davantage la transparence et la durabilité de la gestion des pesticides au Canada, le gouvernement du Canada a annoncé, le 4 août 2021, une enveloppe de 50 millions de dollars pour l'ARLA et la recherche sur la lutte antiparasitaire d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), avec le soutien d'Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) pour les exercices 2021-2022 à 2023-2024. Les travaux d'élaboration du cadre de travail du Programme national de surveillance des pesticides dans l'eau, y compris le projet pilote de surveillance de l'eau, sont financés par cette enveloppe.

  22. Quel est votre plan d'action pour les cas où les concentrations de pesticides détectées dépassent les limites?

    Réponse de l'ARLA :

    Les dépassements indiquent que des analyses approfondies au fil du temps et dans des sites particuliers sont nécessaires. Santé Canada continuera de surveiller les dépassements au fil du temps pour mieux comprendre les risques et déterminer les mesures qui pourraient être nécessaires pour les réduire (p. ex. lancement d'un examen spécial).

  23. Le CCS-PA a indiqué que des applications de terrain pouvant saisir le pH, la température de l'eau et de l'air, les précipitations, la position GPS et d'autres variables importantes pourraient favoriser la collecte systématique et uniforme d'information sur ces variables. Est-ce que des applications de terrain de cette nature sont utilisées lors du prélèvement d'échantillons?

    Réponse de l'ARLA :

    L'ARLA convient que les applications de terrain connectées à des appareils d'échantillonnage, comme des sondes de terrain et des échantillonneurs automatiques, sont utiles et qu'elles peuvent éviter les erreurs humaines de transcription. Il n'est toutefois pas envisageable de contraindre tous les partenaires d'échantillonnage à utiliser ces applications. Certains partenaires n'ont pas nécessairement accès à cette technologie, qui est plus dispendieuse que les équipements de terrain non automatisés. Le cadre de travail aborde l'utilisation des appareils et des applications de cette nature, si possible, pour éviter les erreurs humaines de transcription.

    Un grand nombre de partenaires d'échantillonnage utilisent des sondes de terrain automatiques en combinaison avec des mesures manuelles pour collecter des données auxiliaires sur le terrain. Les données collectées au moyen de sondes de terrain automatiques (p. ex. YSI, Hydrosonde), de même que d'autres données semblables collectées par des systèmes non automatisés, sont accessibles et téléchargeables sur le portail de données ouvertes du gouvernement du Canada.

    Des données sur d'autres variables, comme le débit des cours d'eau, le type de culture et les conditions météorologiques et de terrain générales, sont aussi collectées à certains endroits, si possible. Ces données ne figurent pas dans le portail public de données ouvertes, car elles dépendent des ressources des partenaires d'échantillonnage et de l'accès à l'équipement. Elles ne sont donc pas normalisées à l'échelle du pays.

  24. Un membre du CCS-PA a proposé d'utiliser un sous-échantillon d'eau pour examiner la biodiversité au moyen d'ADN environnemental, de manière à contribuer au cadre de la biodiversité.

    Réponse de l'ARLA :

    Il s'agit d'une idée de recherche intéressante. ECCC dirige la Stratégie nationale pour la biodiversité, qui sera mise en œuvre en collaboration avec les représentants des provinces, des territoires et des Autochtones. Des partenaires et des intervenants seront également appelés à y participer (Stratégie nationale 2030 pour la biodiversité du Canada - Canada.ca). Ce type de recherche dépasse la portée actuelle des travaux entrepris par l'ARLA concernant la surveillance des eaux. Des chercheurs d'ECCC travaillant sur des paysages agricoles dans le cadre de l'Initiative des laboratoires vivants d'AAC mènent des recherches de ce type sur la biodiversité des habitats aquatiques. Durant les années à venir, l'ARLA pourrait se pencher sur l'établissement de liens avec ECCC pour enrichir le corpus de connaissances sur la biodiversité de ces paysages.

  25. Le CCS-PA souhaitait comprendre les types de métadonnées qui sont associées aux échantillons prélevés. Il a été indiqué que les métadonnées sont importantes pour l'interprétation et la comparaison des données sur les concentrations de pesticides.

    Réponse de l'ARLA :

    En effet, les métadonnées sont très importantes pour la contextualisation des résultats observés concernant les pesticides. Ce type d'information augmente l'utilité des ensembles de données de surveillance des eaux pour les évaluations des risques liés aux pesticides.

    Le cadre de travail des programmes de surveillance des eaux aborde les métadonnées en indiquant l'information utile qui peut être collectée, par exemple :

    • le nom du plan d'eau et l'emplacement du site d'échantillonnage;
    • le type de plan d'eau et des détails comme la taille, l'ordre des cours d'eau et la catégorie de milieu humide;
    • les coordonnées GPS et les renseignements masqués (pour des raisons liées à la protection de la vie privée);
    • les observations générales concernant le site ou les conditions existantes au moment de l'échantillonnage, ainsi que des photographies du site;
    • les conditions environnementales, comme les conditions météorologiques (précipitations, fonte des neiges), la température de l'air, la température de l'eau, et le débit des cours d'eau (et la présence de stations hydrométriques, le cas échéant);
    • les épisodes de ruissellement;
    • l'utilisation qui est faite des terres adjacentes au site d'échantillonnage, et les cultures produites dans le bassin versant;
    • d'autres données éventuelles sur la qualité de l'eau (p. ex. nutriments, conductivité).
  26. Les concentrations correspondent-elles aux concentrations totales ou libres dans l'eau? Les mesures de contaminants par « grab sampling » ou par échantillonneurs passifs ne donnent pas exactement les mêmes informations non plus de ce point de vue.

    Réponse de l'ARLA :

    Les concentrations figurant dans le tableau de bord et sur le portail de données ouvertes du gouvernement du Canada correspondent aux concentrations « libres », car les échantillons sont filtrés avant d'être analysés.

    À ce jour, tous les échantillons prélevés dans le cadre du programme l'ont été par échantillonnage ponctuel ou au moyen d'un échantillonneur automatique ISCO. L'utilisation d'échantillonneurs passifs est à l'étude; toutefois, comme vous l'avez souligné à juste titre, l'information fournie par les échantillonneurs passifs n'est pas la même que celle produite par les échantillonneurs à benne. L'ARLA doit se pencher davantage sur cette méthode d'échantillonnage afin de déterminer si ses résultats peuvent être utilisés dans les évaluations des risques ou comme outil de prévision pour des échantillonnages ciblés à venir.

  27. Un membre du CCS-PA a souligné que les mélanges et l'évaluation des risques cumulatifs ne sont pas reconnus comme des priorités émergentes. L'intégration de la surveillance ou des pesticides avec les contaminants de l'environnement susceptibles d'avoir des effets combinés est une idée intéressante. Est-ce que le système que nous sommes en train de construire est suffisamment souple pour intégrer d'autres contaminants ou sources de données et pour permettre la réalisation d'analyses statistiques complexes?

    Réponse de l'ARLA :

    Le projet pilote de l'ARLA visait à orienter l'élaboration d'un programme national de grande envergure. Parallèlement à ce projet pilote, l'ARLA a rédigé, en collaboration avec un vaste groupe de spécialistes de partout au pays, un cadre de travail pour orienter les programmes de surveillance des pesticides dans les eaux canadiennes. Ce cadre de travail visait à assurer l'exhaustivité et l'uniformité des données collectées par les programmes de surveillance des pesticides dans les eaux, de manière à ce que ces données puissent être utilisées dans les évaluations des risques sur lesquelles s'appuient les décisions en matière de gestion des risques liés aux pesticides.

    Les mélanges et les effets cumulatifs sur l'environnement sont des priorités émergentes connues : les analyses d'échantillons individuels prélevés dans des eaux canadiennes ont révélé la présence de plusieurs pesticides. Un programme à long terme de surveillance des pesticides pourrait contribuer à brosser un portrait de la situation. La confirmation de la présence d'un grand nombre de pesticides à divers sites d'échantillonnage semble être la première étape de la détermination de leur présence globale dans certaines eaux de surface canadiennes. À l'heure actuelle, les effets cumulatifs ne sont pas pris en compte dans les évaluations des risques pour l'environnement en raison du manque d'information et de méthodes normalisées. L'ARLA propose d'apporter des modifications au Règlement sur les produits antiparasitaires en ce qui concerne les effets cumulatifs sur l'environnement, dont une modification qui obligerait le ministre à prendre en compte les effets cumulatifs sur l'environnement des pesticides ayant un mécanisme de toxicité commun, lorsque les renseignements et la méthodologie sont disponibles. Les organismes internationaux de réglementation cherchent à comprendre comment tenir compte des effets cumulatifs des pesticides sur l'environnement dans le cadre d'un programme de réglementation qui se concentre principalement sur les pesticides individuels.

    Il importe de souligner que l'exposition cumulative aux pesticides et à d'autres contaminants ne relève pas du mandat de l'ARLA. Cela dit, nous sommes d'avis que la conception du programme à long terme offre une souplesse suffisante pour que nous puissions apporter des changements en fonction de l'évolution des besoins du système de réglementation des pesticides.

  28. Un membre du CCS-PA a demandé des éclaircissements concernant le choix des pesticides prioritaires afin de s'assurer que les pesticides ayant une courte durée de vie dans l'environnement sont pris en considération. La question des produits de transformation a aussi été soulignée.

    Réponse de l'ARLA :

    Il importe de préciser que tous les pesticides utilisés à l'extérieur au Canada, y compris ceux qui ont une courte demi-vie, sont pris en considération dans l'outil de classement de priorité. L'outil de classement attribue une note et un ordre de priorité aux paramètres suivants :

    • Demi-vie dans un sol aérobie : utilisée pour estimer la persistance dans le sol
    • Facteur de bioconcentration ou coefficient de partage n-octanol:eau : utilisés pour estimer la bioaccumulation
    • Coefficient de sorption dans le sol : utilisé pour estimer la mobilité dans le sol
    • Solubilité dans l'eau : utilisée pour estimer la capacité d'un produit chimique à se déplacer dans les eaux de ruissellement
    • Écotoxicité (toxicité tant à court terme qu'à long terme) pour les organismes aquatiques, y compris les poissons, les invertébrés, les végétaux et les algues
    • Données sur les ventes nationales de pesticides : donnent une idée de l'utilisation des pesticides au Canada.

    Par exemple, si un pesticide donné présente une courte demi-vie, mais est très toxique, très mobile et utilisé en grandes quantités au Canada, il sera vraisemblablement classé devant les autres pesticides.

    Cet outil vise à donner des orientations aux programmes de surveillance des pesticides ayant pour but de réunir l'information et les données pertinentes pour les décisions réglementaires prises par l'ARLA.

    Idéalement, si un pesticide est classé comme prioritaire, il faudrait analyser les produits de transformation qui correspondent aux définitions réglementaires des résidus du pesticide utilisées dans les évaluations des risques pour la santé humaine et l'environnement. Cependant, il existe très peu de méthodes d'analyse des produits de transformation; en outre, il peut être très dispendieux d'élaborer des méthodes d'analyse pour inclure tous les produits de transformation dans un programme de surveillance. Il serait donc préférable de mettre l'accent sur l'ajout de produits de transformation particuliers, de manière à trouver un juste milieu entre les coûts et les besoins en matière d'évaluation des risques. Les méthodes d'analyse non ciblée pourraient être utiles pour l'examen initial des produits de transformation; des analyses ciblées pourraient ensuite être envisagées pour les produits de transformation les plus fréquemment détectés.

Pour en savoir plus

Si vous avez des questions, veuillez contacter le secrétariat du CCS-PA : pmra.sacpcp-ccspa.arla@hc-sc.gc.ca.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Mackay, D., Shiu, W-Y., Ma, K-C. Illustrated Handbook of Physical-Chemical Properties and Environmental Fate for Organic Chemicals: Volume V – Pesticide Chemicals. Lewis Publishers. 1997.

Retour à la référence de la note de bas de page 1

Détails de la page

2024-04-23