Information sur les aliments nouveaux : Porcs résistants au virus du syndrome dysgénésique et respiratoire du porc

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Contexte

Santé Canada a notifié Genus PLC qu'il ne s'oppose pas à l'utilisation alimentaire des porcs résistants au virus du Syndrome dysgénésique et respiratoire du porc. Santé Canada a procédé à une évaluation complète de ces porcs conformément à la Directive régissant la conduite de l'évaluation de la sécurité sanitaire des aliments dérivés d'animaux à ADN recombiné du Codex Alimentarius. Ces directives sont des principes internationalement acceptés pour établir l'innocuité des aliments à caractères nouveaux.

Ce qui suit est un résumé de l'avis initial de Genus PLC et de l'évaluation effectuée par Santé Canada. Ce document ne contient aucun renseignement commercial confidentiel.

Introduction

Une demande d'approbation d'aliment nouveau a été reçue de Genus PLC, le 20 décembre 2023, concernant l'acceptabilité pour une utilisation alimentaire de porcs (Sus scrofa domesticus) qui ont été génétiquement modifiés pour être résistants à l'infection causée par le virus du Syndrome dysgénésique et respiratoire du porc (SDRP).

Des porcs résistants au virus du SDRP (SDRPV-R) ont été génétiquement modifiés en utilisant l'édition génique médiée par CRISPR (courte répétition palindromique groupée et régulièrement espacée)-Cas9 pour supprimer de manière précise une petite partie d'un gène endogène du porc qui est impliqué dans la médiation de l'infection par le SDRPV. Cette délétion supprime le domaine 5 de la protéine ciblée, empêchant le SDRPV de pénétrer dans les cellules hôtes du porc et conférant une résistance à la maladie chez les porcs homozygotes issus de l'édition génique.

Genus PLC a demandé une lettre de non-objection pour un total de 1406 porcs SDRPV-R de la deuxième génération (E1) d'animaux répartis sur 4 races porcines (Landrace, Large White/Yorkshire, White Composite et Duroc). Genus PLC a indiqué qu'il utilisait cette approche afin de maintenir des troupeaux de porcs SDRP-R issus de l'édition génique avec une plus grande diversité génétique et d'éviter la consanguinité. Genus PLC a fourni une liste complète de tous les numéros d'identification des animaux et a confirmé que chacun des 1406 animaux SDRP-R présente une délétion identique dans le gène ciblé et aucune modification hors cible détectable.

Genus PLC a fourni à la Direction des aliments et de la nutrition (DAN) des informations génétiques, phénotypiques et de composition détaillée pour un échantillon représentatif d'animaux en vue de l'examen réglementaire. Comme la caractérisation moléculaire a confirmé que la modification ciblée est identique et qu'il n'y a pas de modifications hors cible détectables dans chaque animal E1 à l'étude, les conclusions tirées de l'échantillon représentatif d'animaux sont considérées comme transposables aux autres animaux à l'étude.

L'évaluation de l'innocuité réalisée par les évaluateurs de la DAN a été effectuée conformément à la Directive régissant la conduite de l'évaluation de la sécurité sanitaire des aliments dérivés d'animaux à ADN recombiné du Codex Alimentarius. L'évaluation a pris en compte la manière dont les porcs SDRP-R ont été développés, la composition et la qualité nutritionnelle des porcs SDRP-R par rapport aux porcs non modifiés, le potentiel de toxicité ou de réactions allergiques des porcs SDRP-R et l'état de santé des porcs SDRP-R. Genus PLC a fourni des données qui démontrent que les porcs SDRPV-R sont aussi sécuritaires que les variétés de porcs conventionnelles utilisées comme aliments au Canada.

La Direction des aliments et de la nutrition est légalement responsable de l'évaluation préalable à la mise en marché des aliments nouveaux et des ingrédients alimentaires nouveaux, comme le prévoit le Titre 28 de la partie B du Règlement sur les aliments et drogues (aliments nouveaux). Les aliments dérivés de porcs SDRP-R sont considérés comme des aliments nouveaux en vertu de la partie suivante de la définition des aliments nouveaux : "c) aliment dérivé d'un végétal, d'un animal ou d'un microorganisme qui, ayant été modifié génétiquement, selon le cas

  1. présente des caractères qui n'avaient pas été observés auparavant".

Développement de l'animal modifié

Le virus du SDRP (SDRPV) est l'agent responsable du SDRP, qui est une source majeure de morbidité et de mortalité dans l'industrie porcine à travers le monde. Genus PLC a expliqué qu'il n'existe actuellement aucun traitement efficace contre le SDRP et que la vaccination n'a été que partiellement efficace.

Le SDRPV se lie à un type de cellule hôte très spécifique qui se limite aux cellules macrophages des porcs. La protéine CD163 a été identifiée comme étant la principale protéine réceptrice médiatrice de l'internalisation du virus et est exprimée à des niveaux élevés à la surface des macrophages dans le système respiratoire. CD163 est une protéine membranaire de type I dont la partie extracellulaire forme une structure en "perles sur une corde" de neuf domaines riches en cystéine du récepteur éboueur (SRCR). Il a été démontré que le domaine SRCR5 de la protéine CD163 est un site d'interaction critique nécessaire à l'infection par le virus. Plusieurs études de preuve de concepts ont démontré que les délétions CD163 et SRCR5 conféraient une résistance à l'infection par le SDRPV au travers des tests in vitro et in vivo.

Genus PLC a utilisé une technologie exclusive d'édition génique pour développer des porcs résistants à l'infection par le virus du SRRP par la suppression de l'exon 7 de CD163 (CD163ΔE7) qui code pour le domaine SRCR5. Les porcs SDRPV-R ont été développés par micro-injection de ribonucléoprotéines (RNP) CRISPR-Cas9 dans le cytoplasme de zygotes porcins fécondés à une cellule. Genus PLC a utilisé une approche par paires d'ARN guides (ARNg) pour l'édition génique. Le premier ARNg a été conçu pour cibler une séquence dans l'intron 6 du gène CD163 et le second ARNg a ciblé une séquence dans l'intron 7. Après micro-injection dans les zygotes porcins, les complexes RNP localisent les deux sites cibles dans le génome porcin en fonction de la complémentarité des séquences avec les ARNg, puis la protéine Cas9 induit une rupture de l'ADN double brin. La voie cellulaire native de réparation de l'ADN, soit la ligature des extrémités non-homologues (NHEJ), se produit dans les cellules de porc pour réparer la cassure de l'ADN, en supprimant la séquence d'ADN entre les deux ARNg. De cette manière, 414 paires de bases (pb) du gène CD163, y compris l'exon 7 entier qui code le domaine SRCR5 ainsi que des parties des introns 6 et 7, ont été supprimées.

Selon la méthodologie utilisée pour l'édition génique, il existe un risque d'intégration d'ADN étranger (ADNe) dans le génome de l'hôte. Genus PLC a indiqué qu'il avait choisi une méthode permettant de réduire le risque d'intégration d'ADN étranger et a fourni des données attestant qu'aucun ADN étranger n'était présent dans les ARNg ou la protéine Cas9 utilisés pour l'édition génique. Genus PLC a fourni une analyse PCR pour confirmer qu'aucune séquence d'ARNg n'avait été insérée dans le génome du porc.

La première génération d'animaux ayant fait l'objet d'une édition génique (appelée génération E0) est souvent mosaïque (c'est-à-dire qu'elle possède plusieurs allèles différents édités dans différentes cellules). Bien que la méthodologie d'édition génique ait produit une variété d'allèles dans la génération E0 de porcs SDRPV-R, Genus PLC a utilisé un processus de sélection en plusieurs étapes pour ne sélectionner que les animaux qui portaient la modification CD163ΔE7 désirée. Seuls les verrats E0 porteurs de la modification CD163ΔE7 désirée ont été accouplés avec des truies de type sauvage pour produire une progéniture, la génération E1. Les animaux E1 étant issus d'un seul spermatozoïde du verrat E0, ils étaient hétérozygotes pour la modification génétique et non mosaïques.

La génération E1 a été à nouveau analysée par caractérisation moléculaire détaillée. La soumission décrit en détail comment chaque animal a été analysé par une caractérisation moléculaire robuste. La soumission décrit aussi que seuls les animaux sélectionnés de la génération E1, qui ont tous exactement la même modification désirée et aucune modification hors cible détectable, ont été utilisés pour faire progresser les races porcines et produire la génération E2. Les animaux de la génération E2 ont ensuite été caractérisés pour la zygosité et le modèle d'hérédité.

Genus PLC indique que les animaux homozygotes E2 et les générations suivantes seront à la fois accouplés entre eux et avec des animaux de type sauvage afin de maintenir l'homozygotie et d'augmenter la diversité génétique de la population, respectivement. À l'instar d'un programme d'élevage conventionnel, les générations suivantes de porcs SDRPV-R ne seront pas strictement accouplées entre elles, mais se chevaucheront pour gérer la zygosité et la diversité. Genus PLC maintiendra des troupeaux distincts de porcs SDRPV-R pour chacune des 4 races porcines. Les porcs SDRPV-R seront élevés dans des structures d'élevage conventionnelles pour produire les animaux qui seront utilisés pour la production alimentaire.

Les processus d'édition génique, d'élevage d'animaux, de caractérisation moléculaire et de production décrits par Genus PLC ont fait l'objet d'un contrôle extrêmement strict afin de garantir des résultats cohérents. Genus PLC a démontré que chaque animal sélectionné dans la génération E1 pour utilisation dans son programme d'élevage est porteur de la même délétion de 414 pb de l'exon 7 de CD163.

Caractérisation de l'animal modifié

Genus PLC a utilisé plusieurs méthodes de séquençage de l'ADN dans une approche progressive pour caractériser le locus CD163 des porcs SDRPV-R :

  1. Séquençage à lecture courte pour rechercher chez les animaux la présence de la modification CD163ΔE7 désirée de 414 pb (E0 et E1) ;
  2. Séquençage Nanopore à lecture longue pour évaluer l'intégrité structurelle adjacente et englobant la modification (E0 uniquement) ; et
  3. Capture de séquence par hybridation suivie d'un séquençage à lecture courte pour identifier toute variation de séquence involontaire sur l'ensemble du gène CD163 (E0 et E1).

Ces méthodes de caractérisation moléculaire ont été utilisées pour cribler des milliers d'animaux dans le cadre du programme de sélection de Genus PLC. Selon les rapports fournis, ~21% des animaux E0 contenaient la modification CD163ΔE7 désirée. Comme prévu, en raison du mécanisme de réparation NHEJ, d'autres allèles CD163 modifiées ont été identifiés, consistant en diverses délétions de l'exon 7 et/ou en indels à l'un ou l'autre des sites de coupure de l'ARNg. Comme prévu également, certains des animaux E0 ont été identifiés comme étant mosaïques et contenant plusieurs allèles différents au locus CD163. Le séquençage Nanopore à lecture longue a permis d'identifier que ~20 % des animaux de la première série de modifications présentaient des délétions ou des inversions de grande taille (>450 pb). Comme cela a été décrit, seuls les verrats E0 sélectionnés qui contenaient exactement la modification CD163ΔE7 désirée ont été utilisés pour élever la génération E1. Dans la génération E1, le séquençage a confirmé la transmission de la modification CD163ΔE7 à partir des taureaux E0 sans changement inattendu de la séquence CD163.

Genus PLC a utilisé une méthode similaire de capture de séquence basée sur l'hybridation pour évaluer les animaux E0 et E1 afin de détecter des modifications hors cible (c'est-à-dire des modifications génétiques involontaires à d'autres endroits du génome du porc). 182 sites hors cible potentiels dans le génome du porc ont été identifiés expérimentalement pour les deux ARNg utilisés dans le processus d'édition génique. Des sondes de capture de séquences ont été conçues pour capturer 1000 pb de part et d'autre des sites hors cible identifiés. Genus PLC a réalisé une étude de validation en utilisant le séquençage du génome entier sur un sous-ensemble de porcs afin de valider les méthodes de capture de séquences basées sur l'hybridation et de découvrir de nouveaux sites hors cible potentiels qui n'avaient pas été capturés auparavant. D'après les résultats de cette étude, la méthode de capture de séquences basée sur l'hybridation présentait une plus grande sensibilité aux vérifications hors cible avec une faible fréquence cellulaire et aucune nouvelle modification hors cible n'a été identifiée par le séquençage du génome entier. Genus PLC indique qu'il n'est pas pratique d'effectuer le séquençage du génome entier sur tous les animaux du programme d'élevage en plus d'indiquer que la méthode de capture de séquences basée sur l'hybridation qu'ils ont utilisée est suffisante pour identifier les modifications hors cible. En outre, le processus de sélection des animaux utilisé par Genus PLC est étroitement contrôlé et tout animal présentant des caractéristiques génétiques ou phénotypiques inattendues ne serait pas utilisé dans la suite de la sélection.

Genus PLC a criblé 227 animaux E0 dans les 4 races porcines pour détecter la présence de modifications hors cible au niveau des 182 sites. Environ 58 % des animaux E0 ne présentaient aucune modification hors cible détectable, 1 animal était porteur de 4 modifications hors cible et les autres présentaient entre 1 et 3 modifications hors cible. Genus PLC a fourni des informations détaillées sur chaque modification hors cible identifiée chez les animaux E0. Pour la génération E1, Genus PLC a examiné 3 270 animaux dans les quatre races porcines pour vérifier la présence de modifications hors cible au niveau des 182 sites. Ils ont constaté que ~1% des animaux E1 examinés portaient des modifications hors cible. Étant donné que la fréquence cellulaire des modifications hors cible variait chez les animaux E0 de <1 % à 55 % et que tous les animaux E0 sélectionnés n'ont pas été choisis pour engendrer une progéniture, il est raisonnable de penser que seule une petite proportion des animaux E1 a été identifiée comme contenant des modifications hors cible.

Genus PLC indique que 1406 animaux E1 issus des 4 races porcines, tous porteurs de la même délétion CD163ΔE7 et d'aucune modification hors cible, ont été sélectionnés pour l'élevage de la génération E2. Comme chacun des animaux notifiés contient exactement la même modification génétique et aucune modification hors cible détectable, l'extrapolation des données phénotypiques et de composition à partir d'échantillons représentatifs d'animaux, plutôt que de tester chaque animal, est fortement étayée.

La stabilité de l'hérédité de la modification génétique chez les porcs SDRPV-R est intégrée dans le processus de sélection, car seuls les animaux contenant la modification génétique étaient inclus dans le programme d'élevage. Genus PLC a fourni des données démontrant l'hérédité et la stabilité de la modification génétique CD163ΔE7 chez les porcs atteints du SDRP. Il a été démontré par séquençage que la modification génétique CD163ΔE7 sur le chromosome 5 est héritée de manière stable avec une séquence identique de la génération E0 à la génération E1.

Le modèle d'hérédité de la modification du gène CD163ΔE7 a été évalué dans la génération E2 de porcs SDRPV-R à l'aide d'un test de génotypage TaqMan. La génération E2 est issue du croisement de parents E1 hétérozygotes, et on s'attendait donc à ce que la progéniture E2 se sépare selon les règles mendéliennes de la génétique pour un gène unique avec 2 allèles (c'est-à-dire 1 homozygote-modifié : 2 hétérozygotes : 1 homozygote-sauvage). Des données sur l'hérédité ont été fournies pour quatre populations E2 représentatives issues de quatre animaux E0 différents, ainsi que des données récapitulatives pour l'ensemble du programme d'élevage. Sur la base des résultats fournis, la ségrégation du gène CD163ΔE7 s'est avérée conforme aux règles mendéliennes de la génétique.

Afin de confirmer la stabilité phénotypique, le phénotype de résistance au virus du SRRP a été évalué chez les animaux des générations E2 et E3. Genus PLC a réalisé des études de provocation de la maladie sur des animaux homozygotes modifiés, hétérozygotes et homozygotes de type sauvage des générations E2 et E3. Les résultats ont démontré que les porcs homozygotes modifiés étaient résistants aux souches virales causant le SDRP utilisées dans l'étude, tandis que les porcs hétérozygotes et homozygotes de type sauvage étaient sensibles au virus. Ces résultats confirment que le caractère est génétiquement récessif et soutiennent la stabilité phénotypique intergénérationnelle des porcs SDRPV-R.

Confirmant la stabilité des caractéristiques et la relation génotype-phénotype, l'analyse par immunobuvardage de type Western de la protéine CD163 chez les animaux homozygotes modifiés, hétérozygotes et homozygotes de type sauvage de la génération E2 a confirmé que l'expression des isoformes de la protéine CD163 modifiée et/ou de la protéine CD163 complète correspondait à la composition génétique de chaque animal testé.

Genus PLC indique que chaque animal sélectionné pour la vente commerciale, pour la production de sperme destiné à la vente et que chaque animal sélectionné pour la reproduction sera soumit à un test génétique pour confirmer la présence du gène CD163ΔE7 avant la vente ou la reproduction. Un sous-ensemble de ces animaux sera également testé pour confirmer l'expression du gène par transcription inverse suivie d'une réaction de polymérisation en chaîne (RT-PCR). Tout animal présentant des résultats inattendus sera retiré du troupeau et ne sera plus élevé. Genus PLC note que ces deux tests de confirmation sont exigés par la FDA américaine.

Informations sur le produit

La séquence d'acides aminés déduite du gène CD163ΔE7 entraîne la suppression de 105 acides aminés (Δ474-578) et une substitution d'acide aminé (A473G) dans la protéine CD163ΔE7 modifiée par rapport à la protéine CD163 de type sauvage.

D'après les informations fournies, la protéine CD163ΔE7 est exprimée à un niveau équivalent à la protéine CD163 non modifiée chez les porcs SDRPV-R. La protéine CD163 est exprimée dans les cellules macrophages que l'on trouve en faible quantité dans de nombreux types de tissus. Genus PLC déclare qu'en l'absence de modifications des séquences de gène de régulation, le profil d'expression du gène CD163ΔE7 ne devrait pas changer.

Genus PLC a fourni une analyse par immunobuvardage de type Western des protéines CD163 et CD163ΔE7 dérivées de macrophages induits par des monocytes dans les 4 races porcines et de macrophages alvéolaires pulmonaires (PAM) de 2 races porcines. Les résultats ont démontré que les isoformes CD163 pleine longueur et CD163ΔE7 raccourcie ont été observées aux tailles prévues et que les niveaux d'expression de CD163 et CD163ΔE7n'étaient pas significativement différents.

Les transcriptions de l'ARNm CD163 ont été transcrites en sens inverse et séquencées pour vérifier que le gène était exprimé comme prévu. Les résultats ont confirmé que l'expression des transcrits de l'ARNm CD163 et/ou CD163ΔE7 correspondait à la zygosité des animaux testés et Genus PLC a indiqué qu'aucune variation de séquence inattendue n'avait été observée, y compris des changements dans l'épissage de l'ARNm. Bien que les données relatives à la séquence des protéines n'aient pas été fournies, les résultats du séquençage de l'ARNm CD163ΔE7 combinés à l'analyse par immunobuvardage de type Western sont considérés comme étayant la conclusion qu'il n'y a pas de changements inattendus dans la séquence de la protéine CD163ΔE7.

Sur la base des données disponibles, Santé Canada n'a aucune inquiétude quant à l'innocuité des porcs SDRPV -R d'un point de vue moléculaire.

Exposition alimentaire

Les porcs SDRPV-R représentent une alternative aux autres produits porcins sur le marché. L'exposition alimentaire dépendra des préférences actuelles en matière de viande. La consommation de porcs SDRPV-R devrait représenter une faible proportion de la viande de porc déjà consommée par le public canadien. L'introduction de porcs SDRPV-R sur le marché ne devrait pas affecter la consommation totale de viande de porc par les consommateurs canadiens.

Nutrition

Le requérant a mené une étude comparative des composants nutritionnels du tissu musculaire Longissimus dorsi (longe) de quatre groupes de zygosité (10 par groupe, 5 mâles et 5 femelles) : des animaux homozygotes modifiés pour le gène CD163, des animaux hétérozygotes pour le gène CD163 modifié, un groupe de contrôle d'animaux homozygotes nuls pour le gène CD163 modifié, et un groupe de référence d'animaux de type sauvage. Les animaux provenaient de la génération E2 de la race porcine Large White/Yorkshire, et ont été déclarés en bonne santé et élevés selon des pratiques normales d'élevage et d'alimentation jusqu'à ce qu'ils atteignent le poids de marché approprié, soit environ 205 jours.

Des échantillons de muscle longissimus dorsi (longe) ont été prélevés sur chaque animal 24 heures après l'abattage, débarrassés de la graisse visible, congelés et stockés à -80°C, et expédiés congelés pour analyse. Les échantillons ont été analysés pour les métabolites (cendres, calories, glucides, humidité, protéines et graisses totales), 36 acides gras, 18 acides aminés, 10 minéraux, six vitamines et le cholestérol en utilisant des méthodes acceptables. Aucune différence statistiquement significative (P>0,05) n'a été observée entre les quatre groupes pour aucun des analytes mesurés. Les résultats indiquent que la composition nutritionnelle du tissu musculaire des animaux homozygotes modifiés pour le gène CD163 est comparable à celle des animaux non modifiés (de type sauvage).

En réponse à une lettre de lacunes de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), le requérant a fourni des données supplémentaires comparant l'analyse de la composition des métabolites (cendres, calories, glucides, humidité, protéines et matières grasses totales) du muscle Longissimus dorsi (longe) pour chacune des quatre races porcines. Pour chaque race porcine, deux groupes d'animaux (10 animaux par groupe, 5 mâles et 5 femelles) ont été évalués, un groupe test composé de porcs E2 homozygotes pour la modification du gène CD163 et un groupe de type sauvage (contrôle). Il n'y a pas eu de différences statistiquement significatives entre les groupes test et sauvage pour aucun des métabolites testés.

Le requérant affirme qu'il n'existe aucune preuve suggérant que le gène CD163 modifié ou le processus d'édition génique affecte la composition nutritionnelle des tissus de l'une des quatre races porcines. Le seul effet de la modification du gène CD163 est la résistance à l'infection par le virus du SRRP chez les animaux homozygotes.

À la suite de l'examen des renseignements fournis par le requérant, Santé Canada n'a pas relevé de problèmes d'innocuité nutritionnelle liés à l'utilisation alimentaire proposée des porcs SDRPV-R de Genus PLC.

Chimie

Les données sur les résidus de contaminants chimiques n'ont pas été fournies, et aucune considération unique de contaminant n'a été identifiée en ce qui concerne les porcs SDRPV-R de Genus PLC. En outre, il n'existe pas de limites maximales pour les contaminants spécifiques à cet aliment dans la Liste des contaminants et autres substances adultérantes dans les aliments ou dans la Liste des concentrations maximales établies par Santé Canada à l'égard de contaminants chimiques dans les aliments.

Le requérant a fourni des données analytiques pour 10 oligo-éléments nutritifs différents mesurés dans la viande de porc provenant de 10 animaux (5 mâles, 5 femelles) dans chacun des 4 groupes de zygosité suivants de la génération E2 : animaux homozygotes pour le gène CD163 modifié, animaux hétérozygotes pour le gène CD163 modifié, un groupe de contrôle d'animaux homozygotes nuls pour le gène CD163 modifié, et un groupe de référence d'animaux de type sauvage provenant d'une race porcine élite.

Il n'y a pas eu de différences statistiquement significatives dans les oligo-éléments nutritifs mesurés dans la viande des porcs SDRPV-R génétiquement modifiés, des homozygotes nuls et des animaux de la race porcine d'origine. Ces informations suggèrent qu'il ne faut pas s'attendre à ce que le gène CD163 modifié ait un impact sur les concentrations d'oligo-éléments qui sont plus préoccupants pour la santé humaine (par exemple, le plomb, l'arsenic) chez les porcs génétiquement modifiés.

Compte tenu des informations ci-dessus, Santé Canada est d'avis que les porcs SDRPV-R ne devraient pas poser de problème de santé du point de vue des contaminants chimiques par rapport aux porcs dont le gène CD163 n'a pas été modifié.

Comme pour tout aliment ou ingrédient alimentaire vendu au Canada, il incombe au fabricant de l'aliment de s'assurer que son utilisation n'entraîne pas une violation de l'article 4(1)(a) et (d) de la Loi sur les aliments et drogues, qui stipule qu'il est interdit de vendre une denrée alimentaire qui contient une substance toxique ou délétère ou qui est falsifiée. Si une concentration élevée d'un contaminant chimique est trouvée dans un type d'aliment, Santé Canada peut procéder à une évaluation des risques pour la santé humaine afin de déterminer s'il existe un problème d'innocuité potentiel et si des mesures de gestion des risques sont nécessaires.

Toxicologie

Santé Canada a évalué l'innocuité des porcs SDRPV-R ayant fait l'objet d'une édition génique en évaluant la toxicité potentielle de la protéine CD163 modifiée.

Le requérant a utilisé une approche fondée sur le poids de la preuve pour évaluer la toxicité potentielle de la protéine CD163 modifiée. Il a notamment évalué la similarité de la séquence d'acides aminés de la protéine modifiée avec des toxines connues, ainsi que les propriétés structurelles de la protéine modifiée, notamment sa résistance à la chaleur et/ou à la digestion. Cela a été jugé acceptable étant donné que la protéine de type sauvage a une fonction biologique non toxique chez les animaux et qu'elle est historiquement consommée en toute sécurité dans les aliments.

L'analyse bioinformatique menée par le requérant a confirmé l'absence de similarité significative entre la protéine CD163 modifiée avec des toxines connues figurant dans la Base de données Uniprot Venom and Toxicity . Cette base de données contient un total de 7 797 séquences. Aucune correspondance biologiquement pertinente n'a été identifiée.

Des données expérimentales ont été fournies pour démontrer que les protéines CD163 de type sauvages et modifiées ne sont pas dégradées après une exposition à 95°C pendant 30 minutes, mais qu'elles devraient être digérées dans l'estomac. Cela suggère que la protéine CD163 a une faible biodisponibilité lorsqu'elle est consommée par voie orale, car elle devrait être hydrolysée dans l'estomac et l'exposition systémique devrait donc être négligeable (protéine de type sauvage et protéine modifiée).

Sur la base des informations disponibles, Santé Canada n'a pas identifié de problèmes toxicologiques liés à la protéine CD163 modifiée.

Allergénicité

La protéine CD163 de type sauvage a un historique de consommation humaine à travers la consommation de viande de porc. La protéine de type sauvage n'est pas connue pour être un allergène.

Les analyses bioinformatiques du requérant, effectuées conformément aux directives internationales, ont confirmé l'absence d'homologie entre la protéine CD163 modifiée et les allergènes alimentaires connus. Cela suggère que la protéine CD163 modifiée ne devrait pas avoir de réaction croisée avec des allergènes alimentaires connus.

Sur la base des informations disponibles, Santé Canada n'a pas identifié de problèmes allergiques.

Santé animale

La DAN a demandé à la Direction des médicaments vétérinaires de la Direction générale des produits de santé et des aliments d'examiner la demande à l'étude sous l'angle de la santé animale. Cette demande a été faite parce que la santé animale est un facteur qui doit être pris en compte lors de l'évaluation de l'innocuité des aliments dérivés d'animaux génétiquement modifiés, comme le recommande la Directive régissant la conduite de l'évaluation de la sécurité sanitaire des aliments dérivés d'animaux à ADN recombiné Codex Alimentarius.

Les données fournies ont démontré que les porcs SDRPV-R étaient autant sains que les porcs non modifiés. Genus PLC a soumis des données sur des animaux homozygotes modifiés, hétérozygotes et homozygotes de type sauvage de la génération E2 provenant de deux races porcines (Large White/Yorkshire et White Composite). Les animaux ont été examinés pour environ 20 caractères phénotypiques sur un cycle de vie complet, de la naissance à la mise bas des femelles. Les données de reproduction, y compris les données de mise bas, ont également été évaluées, ainsi que la mortalité et la morbidité. Aucune différence significative n'a été identifiée entre les animaux homozygotes modifiés et les animaux homozygotes de type sauvage dans l'une ou l'autre des races porcines, à l'exception d'une différence statistiquement significative entre l'épaisseur du gras de la 10ème côte dorsale mise en évidence par échographie et le poids à la naissance chez les animaux Large White/Yorkshire, ainsi que le poids au 140ème jour et le gain de poids quotidien au cours de la vie chez les animaux White Composite. Cependant, ces valeurs associées aux porcs homozygotes modifiés se situaient bien dans l'intervalle normal d'acceptabilité lorsqu'elles étaient comparées aux données de référence historiques internes. Au cours de l'étude, les porcs étaient en bonne santé dans des conditions d'élevage typiques d'une unité de production commerciale.

Genus PLC a également soumis des données provenant d'études de provocation de la maladie utilisant des animaux homozygotes E2 et E3 modifiés, hétérozygotes et homozygotes de type sauvage de la race porcine Large White/Yorkshire. Les animaux ont été inoculés avec des isolats de SDRPV de type 1 ou de type 2 et ont été suivis par des tests de diagnostic et/ou par la présentation de la maladie. Les résultats ont montré que les porcs homozygotes modifiés étaient résistants aux souches virales causant le SDRP utilisées dans l'étude, tandis que les porcs hétérozygotes et homozygotes de type sauvage étaient sensibles au virus.

Dans l'ensemble, les données fournies n'ont montré aucune preuve substantielle d'un impact prévisible sur les caractéristiques phénotypiques qui entraverait la santé animale ou l'innocuité des aliments dérivés de porcs SDRPV-R.

Conclusion

L'examen effectué par Santé Canada des informations présentées à l'appui de l'utilisation de porcs SDRPV-R ne soulève pas de préoccupations liées à l'innocuité des aliments. Santé Canada est d'avis que les aliments dérivés des porcs SDRPV-R sont aussi sécuritaires et nutritifs que les aliments provenant des porcs actuellement disponibles.

L'avis de Santé Canada ne concerne que l'utilisation alimentaire des porcs SDRPV-R. Les questions relatives à son utilisation en tant qu'aliment pour animaux ont été traitées séparément dans le cadre des processus réglementaires existants au sein de l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

La Loi canadienne sur la protection de l'environnement de 1999 (LCPE 1999), administrée par Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) et Santé Canada, est la principale autorité dont dispose le gouvernement du Canada pour s'assurer que toutes les nouvelles substances, y compris les organismes, sont évaluées en fonction de leur nocivité potentielle pour l'environnement et la santé humaine. Le Règlement sur les renseignements concernant les substances nouvelles (organismes) se trouvant être sous la LCPE 1999 prescrit les informations qui doivent être fournies à ECCC avant l'importation ou le développement au Canada de nouveaux organismes qui sont des produits animés de la biotechnologie, y compris des produits du bétail issus de la biotechnologie.

Pour plus d'informations, veuillez contacter :

Section des aliments nouveaux
Direction des aliments et de la nutrition
Direction générale des produits de santé et des aliments
Santé Canada, PL2204A1
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2026-01-23