Résumé de l’examen de l’innocuité - Inhibiteurs de la dipeptidyl peptidase-4 - Évaluation du risque potentiel de réaction de la peau (pemphigoïde bulleuse) 

Le 25 janvier 2018

Produit

Inhibiteurs de la DPP-4 (gliptines): alogliptine, saxagliptine, sitagliptine et linagliptine

Problème d’innocuité potentiel

Réaction de la peau (pemphigoïde bulleuse)

Messages clés

  • Les inhibiteurs de la DPP-4, aussi appelés gliptines, sont des médicaments d’ordonnance, dont la vente est autorisée au Canada pour le traitement du diabète de type 2 chez les adultes.
  • Santé Canada a évalué le risque d’une réaction de la peau, connue sous le nom de pemphigoïde bulleuse, associé à l’utilisation d’inhibiteurs de la DPP-4, à la suite de déclarations internationales chez des patients traités par ces médicaments. Ces déclarations faisaient partie des renseignements sur l’innocuité présentés par les fabricants de ces produits.
  • L’examen, mené par Santé Canada, a conclu qu’il pourrait exister un lien entre toute gliptine et le risque de pemphigoïde bulleuse. Santé Canada a demandé aux fabricants de mettre à jour les renseignements sur l’innocuité de tous les inhibiteurs de la DPP-4, afin d’y inclure des mises en garde au sujet de ce risque.
  • Les patients qui prennent des inhibiteurs de la DPP-4, devraient communiquer avec leur fournisseur de soins de santé s’ils présentent des ampoules, ou des lésions de la peau, qui pourraient être des signes de pemphigoïde bulleuse.

Enjeu

Santé Canada a évalué le risque d’une réaction de la peau, connue sous le nom de pemphigoïde bulleuse, associé à l’utilisation d’inhibiteurs de la DPP-4, à la suite de déclarations internationales chez des patients traités par ces médicaments. Ces déclarations faisaient partie des renseignements présentés par les fabricants de ces produits. La pemphigoïde bulleuse est une maladie rare, consistant en une réponse anormale du système immunitaire, qui résulte en une réaction de la peau. La maladie peut provoquer la formation d’ampoules, généralement sur l’abdomen, les bras et les jambes. En l’absence de traitement, les personnes atteintes peuvent avoir des problèmes en rapport avec les liquides corporels (p. ex. déshydratation, déséquilibre électrolytique), ou des infections de la peau, voire même décéder à la suite de la réponse de l’organisme à l’infection (p. ex. mort par septicémie).

Utilisation au Canada

  • Les inhibiteurs de la DPP-4, aussi appelées gliptines, sont des médicaments d’ordonnance, dont la vente est autorisée au Canada pour le traitement du diabète de type 2 chez les adultes. Combinées à une diète appropriée et à de l’exercice, elles aident à contrôler la glycémie. Dans certains cas, elles sont utilisées avec un autre médicament contre le diabète.
  • À l’heure actuelle, quatre gliptines différentes sont vendues sur le marché canadien : la sitagliptine, la saxagliptine, la linagliptine et l’alogliptine. Ces médicaments sont aussi présents dans des produits qui les combinent à d’autres médicaments destinés au traitement du diabète de type 2.
  • En 2008, la sitagliptine est devenue la première gliptine mise en marché au Canada. En 2016, environ 5,7 millions de prescriptions d’inhibiteurs de la DPP-4 ont été rédigées.

Constatations à l’issue de l’examen de l’innocuité

  • Au moment de l’examen, Santé Canada n’avait reçu aucune déclaration canadienne de pemphigoïde bulleuse associé à l’utilisation d’inhibiteurs de la DPP-4 depuis leur mise en marché au Canada.
  • Parallèlement à l’examen de l’innocuité mené par Santé Canada, les renseignements sur l’innocuité de deux des quatre inhibiteurs de la DPP-4 (sitagliptine et linagliptine) ont été actualisé, par l’ajout de mises en garde concernant le risque possible de pemphigoïde bulleuse. Par conséquent, les déclarations internationales en lien avec la sitagliptine et la linagliptine n’ont pas été analysées davantage.
  • Au total, 24 déclarations internationales de pemphigoïde bulleuse grave, potentiellement associées à l’utilisation de l’alogliptine (16) ou de la saxagliptine (8), ont été présentées par les fabricants et obtenues de la base de données Canada Vigilance. Tous les 24 cas ont été considérés comme ayant un lien possible entre la réaction de la peau et le médicament. D’autres facteurs, tels que l’âge avancé du patient, la présence d’autres problèmes de santé et l’utilisation de certains médicaments liés à la réaction de la peau ont été observés et auraient pu aussi jouer un rôle. Trois des 24 cas ont été fatals, dont un ayant été considéré comme potentiellement lié à la pemphigoïde bulleuse découlant de l’utilisation d’un inhibiteur de la DPP-4.
  • Une recherche dans la base de données sur les effets indésirables des médicaments de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a révélé qu’à l’échelle internationale, les cas de pemphigoïde bulleuse sont plus nombreux que prévu chez les personnes utilisant les inhibiteurs de la DPP-4 disponibles au Canada.
  • Santé Canada a examiné 16 publications concernant les inhibiteurs de la DPP-4 et le risque possible de pemphigoïde bulleuse. Trois de ces publications ont fait ressortir l’existence d’un lien possible entre la pemphigoïde bulleuse et l’utilisation d’un inhibiteur de la DPP-4. Les autres publications faisaient référence à des déclarations de cas associées à des inhibiteurs de la DPP-4 précis.

Conclusions et mesures à prendre

  • L’examen, mené par Santé Canada, a conclu qu’il pourrait exister un lien entre l’utilisation d’inhibiteurs de la DPP-4 et le risque de pemphigoïde bulleuse. Santé Canada a demandé aux fabricants mettre à jour les renseignements sur l’innocuité de tous les inhibiteurs de la DPP-4, afin d’y inclure des mises en garde au sujet de ce risque.
  • Santé Canada publiera également un avis dans l’InfoVigilance sur les produits de santé pour faire connaître au public canadien et aux professionnels de la santé ces nouveaux renseignements en matière d’innocuité.
  • Santé Canada encourage les consommateurs et les professionnels de la santé à déclarer tout effet secondaire lié à l’utilisation de ces médicaments ainsi que de tout autre produit de santé.
  • Santé Canada continuera de surveiller les données concernant l’innocuité des inhibiteurs de la DPP-4, comme il le fait à l’égard de tous les produits de santé sur le marché canadien, afin de cerner et d’évaluer les dangers possibles. Santé Canada prendra les mesures qui s’imposent, en temps opportun, si de nouveaux renseignements en matière de risques pour la santé sont portés à son attention.

Renseignements supplémentaires

Les données analysées aux fins de cet examen de l’innocuité proviennent de documents scientifiques et médicaux, des renseignements recueillis au Canada et ailleurs dans le monde et des connaissances acquises au sujet de l’utilisation de ces médicaments tant au Canada qu’à l’étranger.

Pour d’autres renseignements, veuillez communiquer avec la Direction des produits de santé commercialisés.

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