Directives sur les limites supérieures de température intérieure : Protéger la santé des personnes âgées

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Juin 2026

Table des matières

1.0 Sommaire

Les changements climatiques redéfinissent le paysage de la santé au Canada. La hausse des températures et des épisodes de chaleur plus fréquents posent de graves risques pour la santé, en particulier pour les populations particulièrement susceptibles, telles que les personnes âgées.

Santé Canada recommande une limite supérieure de température intérieure de 26 °C pour protéger les personnes âgées, définies dans le présent document comme celles âgées de 60 ans et plus, des maladies et des décès liés à la chaleur. Ce seuil est fondé sur un examen rapide des données probantes provenant d'études épidémiologiques et de recherches d'exposition contrôlée, et est conforme aux directives de l'Organisation mondiale de la santé et aux politiques dans plusieurs administrations canadiennes. Des recherches indiquent que les températures intérieures supérieures à 26 °C augmentent la contrainte physiologique et le risque de maladies liées à la chaleur; que l'exposition soutenue à des températures intérieures comprises entre 26 °C et 31 °C, surtout la nuit, devrait être évitée dans la mesure du possible. Bien que l'accent soit mis sur les personnes âgées, ces mesures peuvent également soutenir la santé de la population plus largement pendant les épisodes de chaleur.

Les présentes directives sont destinées aux responsables de la santé publique et aux intervenants pour éclairer les politiques et les interventions. Elles mettent l'accent sur la protection de la santé plutôt que sur le confort et reconnaissent que 26 °C peut ne pas protéger pleinement les personnes ayant une grande fragilité ou plusieurs problèmes de santé. Des exemples de mesures possibles qui pourraient être envisagées pendant la mise en œuvre des présentes directives incluent la planification proactive de la protection contre la chaleur, la discussion de stratégies personnelles de rafraîchissement et des mesures d'adaptation flexibles pour ceux ayant besoin de conditions plus fraîches. Cette liste de mesures est fournie à titre illustratif et n'est pas destinée à être exhaustive ou prescriptive.

À mesure que les changements climatiques s'accélèrent et que la population vieillissante du Canada augmente, la mise en place de limites de température intérieure est essentielle pour réduire les risques évitables pour la santé liés à la chaleur. Santé Canada continuera d'encourager la recherche et l'élaboration de politiques pour protéger les populations susceptibles.

2.0 Introduction

Les données probantes récentes d'Environnement et Changement climatique Canada montrent que le Canada se réchauffe à plus de deux fois la moyenne mondiale, les régions nordiques se réchauffant à près de trois fois la moyenne mondialeNote de bas de page 1Note de bas de page 2. Avec les augmentations rapides des températures mondiales, et le Canada se réchauffant à un rythme plus élevé par rapport au reste du monde, les mesures visant à protéger les personnes vivant au Canada des effets sur la santé des changements climatiques deviennent de plus en plus importantes.

Ces dernières années, le Canada a connu des épisodes de chaleur extrême, notamment au Québec en 2018Note de bas de page 3 et en Colombie-Britannique en 2009Note de bas de page 4 et 2021Note de bas de page 5, entraînant la mort de centaines de personnes, dont la majorité est décédée à l'intérieur. Par exemple, pendant l'événement de chaleur en Colombie-Britannique en 2021, 98 % des décès liés à la chaleur se sont produits à l'intérieur, et la plupart des victimes avaient plus de 60 ans. Plus précisément, 67 % des décédés avaient 70 ans et plus et 90 % avaient 60 ans et plus, reflétant de près les taux de mortalité provinciaux de 70 % et de 85 % pour ces groupes d'âgeNote de bas de page 6. Au niveau international, la mortalité excessive liée à la chaleur dans cette population a augmenté de 81 % par rapport à la moyenne de 2000 à 2005, atteignant un nombre record de 345 000 décès en 2019Note de bas de page 7.

Actuellement, les codes provinciaux et nationaux du bâtiment, sauf en Colombie-BritanniqueNote de bas de page 8, n'exigent pas le maintien de limites supérieures de température intérieure. Les systèmes de refroidissement actifs ne sont également pas universellement disponibles. En 2023, Statistique Canada a rapporté qu'en moyenne, 77 % des ménages canadiens avaient au moins un type de climatiseur. Parmi ceux-ci (avec une variation considérable selon la province), 41 % des maisons canadiennes avaient une climatisation centrale, et 20 % avaient des unités autonomes (par exemple, climatiseur de fenêtre)Note de bas de page 9. Au Canada, les épisodes de chaleur extrême ont augmentéNote de bas de page 10 et devraient devenir plus fréquents, plus intenses et de plus longue duréeNote de bas de page 11. Protéger les populations à risque, telles que les personnes âgées, de la contrainte thermique est essentiel pour réduire le fardeau sanitaire croissant.

Depuis 1998, Santé Canada a collaboré avec des partenaires provinciaux et territoriaux pour aborder les effets sur la santé des changements climatiques, y compris la chaleur extrêmeNote de bas de page 2Note de bas de page 12. À la suite de la vague de chaleur européenne de 2003, où 72 000 décès ont été enregistrésNote de bas de page 13, le Canada a accordé la priorité à la compréhension et à la réduction des risques pour la santé liés à la chaleur. Santé Canada aide les provinces, territoires et autres partenaires à élaborer et à mettre en œuvre des mesures de protection à l'échelle nationale grâce au renforcement des capacités, aux normes et directives, aux messages publics et aux outils, comme les systèmes d'alerte et d'intervention en cas de chaleurNote de bas de page 14, développés en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada et les autorités sanitaires locales. Pour combler les lacunes en matière de connaissances, Santé Canada a financé des études physiologiques pour mieux comprendre la façon dont les températures élevées touchent les personnes vivant au CanadaNote de bas de page 15Note de bas de page 16Note de bas de page 17Note de bas de page 18Note de bas de page 19Note de bas de page 20Note de bas de page 21Note de bas de page 22Note de bas de page 23Note de bas de page 24Note de bas de page 25Note de bas de page 26Note de bas de page 27Note de bas de page 28Note de bas de page 29Note de bas de page 30.

Reconnaissant les températures intérieures élevées comme un risque croissant pour la santé, Santé Canada a collaboré avec le Réseau mondial d'information sur les effets sanitaires de la chaleur pour élaborer une trousse d'outils pertinente à l'échelle mondiale afin d'aider les organismes de santé publique à protéger les populations susceptibles dans le contexte du réchauffement climatiqueNote de bas de page 31. La surchauffe intérieure est un enjeu politique de plus en plus urgent, avec des données provenant des villes nord-américaines et européennes qui montrent que 54 à 98 % des décès liés à la chaleur surviennent à la maisonNote de bas de page 5Note de bas de page 32Note de bas de page 33Note de bas de page 34. Pour faire avancer ces travaux et appuyer les partenaires provinciaux et territoriaux, Santé Canada publie les présentes directives sur les limites supérieures de température intérieure, plus précisément la température sèche de l'airNote de bas de page i (ci-après appelée « température »), en mettant l'accent sur les personnes âgées. Bien que d'autres facteurs, tels que l'humidité, puissent influencer la santé et la perception individuelle de la température, le présent document ne tient pas compte de ces autres facteurs dans sa recommandation en raison du manque de données scientifiques.

L'élaboration des présentes directives a été éclairée par les travaux de Santé Canada depuis 1998 et par un récent examen rapide de la base de données probantes (voir l'annexe A). L'examen rapide de la documentation porte sur les résultats de la recherche pour protéger les personnes âgées susceptibles à la chaleur, et comprend un examen parallèle des politiques et règlements existants sur les températures intérieures élevées (voir l'annexe B). Fondées sur les recherches épidémiologiques existantes et les études d'exposition contrôlée, les présentes directives recommandent une limite supérieure de température intérieure de 26 °C. Cela s'harmonise avec les recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS)Note de bas de page 35Note de bas de page 36 et d'autres administrations au CanadaNote de bas de page 8Note de bas de page 37Note de bas de page 38Note de bas de page 39Note de bas de page 40Note de bas de page 41 (voir l'annexe B).

2.1 Objectif

Le présent document fournit une recommandation pour une limite supérieure de température intérieure de 26 °C pour les personnes âgées, définies à cette fin comme des personnes âgées de 60 ans et plus (ce qui est conforme à la définition de l'OMSNote de bas de page 42), ainsi que la recherche qui appuie cette recommandation.

Cette recommandation est formulée comme un seuil de protection de la santé et un seuil d'intervention proposé plutôt qu'une cible de confort. Elle reconnaît également que 26 °C peut ne pas protéger toutes les personnes âgées (par exemple, celles ayant des problèmes de santé multiples ou une grande fragilité).

2.2 Public cible

Les présentes directives sont destinées à fournir une référence pour aider les responsables de la santé publique et d'autres intervenants à élaborer leurs propres politiques et interventions afin d'assurer la sécurité et le bien-être des personnes susceptibles exposées à des températures intérieures élevées dans l'environnement bâti.

3.0 Contexte

Le Canada a connu une augmentation des températures moyennes de 1,7 °C entre 1948 et 2016, soit près de deux fois le réchauffement moyen observé à l'échelle mondialeNote de bas de page 2. Les régions nordiques du Canada sont particulièrement touchées, avec une augmentation moyenne de 2,3 °C, soit près de trois fois le taux mondial de réchauffementNote de bas de page 2. Le nombre de jours au-dessus de 30 °C devrait doubler ou tripler dans certaines régions du Canada à court terme (2021 à 2050) en raison des changements climatiquesNote de bas de page 43Note de bas de page 44. Une étude récemment publiée a montré que pour le Canada, la hausse des températures pourrait entraîner davantage de décès liés à la chaleur jusqu'en 2059, dans des scénarios d'émissions de gaz à effet de serre élevées, en particulier chez les personnes âgéesNote de bas de page 11.

Pendant la même période, le nombre de personnes âgées au Canada continuera d'augmenterNote de bas de page 42Note de bas de page 45, augmentant ainsi le nombre potentiel de décès liés à la chaleur. Actuellement, 18,9 % des Canadiens ont 65 ans ou plus (la définition des personnes âgées utilisée au Canada), et les projections laissent entendre que cela pourrait atteindre de 21,6 % à 31,7 % d'ici 2074Note de bas de page 45, soulignant l'importance d'aborder les risques pour la santé liés à la chaleur pour cette grande population en expansion.

Les changements climatiques augmentent la fréquence, l'intensité et la durée des vagues de chaleur; ce qui a d'importantes répercussions sur la santé des personnes vivant au CanadaNote de bas de page 11Note de bas de page 46. Bien que la déclaration des répercussions sur la santé liées à la chaleur soit inégale d'une administration à l'autre, les données disponibles illustrent la gravité du problème. Pendant un grave épisode de chaleur extrême dans l'ouest du Canada à l'été 2021, au moins 619 personnes sont décédées en Colombie-Britannique, avec 98 % des décès liés à des blessures causées par la chaleur survenant dans les logementsNote de bas de page 5. De même, un épisode de chaleur en 2018 au Québec, entre le 30 juin et le 5 juillet, a entraîné 86 décès liés à la chaleur excessive dans les neuf régions touchées par la vague de chaleurNote de bas de page 3. Soixante-six des décès signalés étaient dans la ville de Montréal, dont 83 % se sont produits dans des logements privésNote de bas de page 3. Au Québec, pendant la période de 1996 à 2019, l'exposition à la chaleur a entraîné en moyenne près de 470 décès, 225 admissions à l'hôpital, 36 000 visites aux services d'urgence, 7 200 transports en ambulance et 15 000 appels à la ligne Info-Santé 811 chaque étéNote de bas de page 47.

Les effets de l'exposition à la chaleur extrême vont au-delà de la santé physique (par exemple, trouble du sommeil, coup de chaleur, aggravation des problèmes de santé existants, complications de grossesse, taux plus élevés de décès non accidentels et de décès liés à des blessures) et de la santé mentale (par exemple, comportement agressif, aggravation de la dépression ou de l'anxiété)Note de bas de page 48. Ils peuvent également diminuer la qualité de vie et les moyens de subsistance (par exemple, limiter la capacité des travailleurs à effectuer leurs tâches en toute sécurité tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, réduire les interactions sociales)Note de bas de page 2. Les maladies liées à la chaleur exercent également une pression sur un système de santé déjà surchargé, marqué par un accès limité aux soins primaires et des temps d'attente record aux services d'urgence. De nombreux établissements de santé du Canada, parmi les plus anciennes infrastructures publiques utilisées, avec environ la moitié construite il y a plus de 50 ans, n'ont pas été conçus pour résister aux événements climatiques extrêmesNote de bas de page 49Note de bas de page 50.

Le risque de surchauffe et ses répercussions sur la santé résultent d'une interaction complexe de facteurs externes et internes au sein de l'environnement bâtiNote de bas de page 51. À l'extérieur, les conditions climatiques (par exemple, températures extérieures élevées, rayonnement solaire, direction du vent) et les caractéristiques environnantes (par exemple, quantité d'espace vert, densité du bâti) peuvent influencer la quantité de chaleur arrivant à l'enveloppe du bâtiment. En interne, la conception du bâtiment (par exemple, conception de l'enveloppe du bâtiment, disponibilité des mesures de refroidissement telles que les fenêtres mobiles, l'ombrage et la climatisation), le comportement des occupants (par exemple, activités, emplacement, utilisation des mesures de refroidissement) et la susceptibilité individuelle à la chaleur influencent l'exposition à la chaleur et, par conséquent, le risque pour la santé des occupants. Des contraintes supplémentaires, telles que des règlements de copropriété qui limitent l'installation de dispositifs de refroidissement précisNote de bas de page 52, peuvent augmenter davantage le risque et souligner la complexité de la gestion de l'exposition à la chaleur dans l'environnement bâti.

L'intérêt à l'égard des températures intérieures élevées augmente, alimenté par des preuves que les conditions de logement jouent un rôle clé dans la protection de la santé dans le contexte du changement climatiqueNote de bas de page 48. Les conditions de logement positives comprennent la climatisation, la ventilation et la filtration pour améliorer la qualité de l'air intérieur, ainsi qu'une incorporation accrue de mesures d'ombrage, telles que des volets ou des stores dans la conception du bâtiment. Il a également été démontré que les changements multidimensionnels aux conditions de logement sont meilleurs que des améliorations uniquesNote de bas de page 48.

Les maisons canadiennes étaient traditionnellement conçues en mettant l'accent sur le confort hivernal, mais des étés de plus en plus chauds ont rendu cette approche déséquilibrée. Pendant des épisodes de chaleur, les températures intérieures peuvent différer considérablement des relevés à l'extérieur. Par exemple, alors que les températures extérieures baissent généralement la nuit par rapport aux pics diurnes lors de périodes de chaleur, les températures intérieures ont tendance à rester élevées. Sans refroidissement actif ou passif, les températures intérieures peuvent augmenter progressivement au fil des jours consécutifs de chaleur extrême, exposant les occupants à une contrainte thermique prolongéeNote de bas de page 15Note de bas de page 16Note de bas de page 17Note de bas de page 18Note de bas de page 20Note de bas de page 21Note de bas de page 22Note de bas de page 24Note de bas de page 25Note de bas de page 30. La rétention excessive de chaleur par les bâtiments peut donc menacer la santé et la sécurité des résidents, entraînant des risques graves pour la santé, y compris le décèsNote de bas de page 53.

L'exposition à la chaleur extrême peut entraîner une gamme de maladies liées à la chaleur, y compris les enflures, l'éruption cutanée, les crampes, l'évanouissement et l'épuisement dû à la chaleur, en plus de la déshydratation et de l'aggravation des problèmes de santé préexistants. Les maladies liées à la chaleur peuvent rapidement devenir une urgence potentiellement mortelle, comme un coup de chaleur. D'un point de vue physiologique, l'exposition à la chaleur peut compromettre la capacité des personnes âgées à réguler la température corporelle, la circulation sanguine et l'hydratation; ce qui augmente leur risque de maladies liées à la chaleurNote de bas de page 16Note de bas de page 30. De plus, les personnes âgées ne signalent souvent pas les symptômes liés à la chaleur et les troubles de l'humeur, même lorsqu'elles subissent une plus grande contrainte thermiqueNote de bas de page 20. Cette susceptibilité est davantage aggravée si elles prennent des médicaments qui modifient les réponses physiologiques à la chaleur, augmentant leur risqueNote de bas de page 51. Il est important de noter que les maladies graves liées à la chaleur sont généralement l'étape finale d'une progression qui commence par des changements physiologiques plus faibles. Les événements cardiovasculaires et les insuffisances rénales aiguës peuvent survenir avant que les symptômes de maladies graves liées à la chaleur ne soient détectés, soulignant l'importance de minimiser même l'astreinte thermique encore modesteNote de bas de page 54.

En réponse à la fréquence croissante de la chaleur extrême et de ses risques graves pour la santé, y compris le décès, en particulier chez les personnes âgées, Santé Canada a élaboré les présentes directives pour consolider la recherche et recommander des limites de température intérieure pour appuyer les décideurs.

4.0 Examen des données probantes

L'examen des données probantes qui éclaire les présentes directives (voir l'annexe A) s'est concentré sur les personnes âgées vivant au Canada (définies dans le présent document comme celles âgées de 60 ans et plusNote de bas de page 42), une population qui a été fortement touchée par de récents épisodes de chaleur dans les provinces de la Colombie-BritanniqueNote de bas de page 5 et du QuébecNote de bas de page 3. Même si les données pour d'autres groupes de population sont limitées, les études disponibles montrent que le risque de maladies liées à la chaleur augmente progressivement pour tout le monde à mesure que les températures intérieures dépassent 26 °C (voir la revue systématique de 2020 de Tham et coll.)Note de bas de page 55. Santé Canada encourage les intervenants et les organismes de santé publique à évaluer davantage l'applicabilité des présentes directives à d'autres populations dans leurs administrations respectives.

Les présentes directives s'appuient sur des données existantes sur les personnes âgées, qui peuvent être plus susceptibles à la chaleur extrême et à ses répercussions sur la santé, y compris le décèsNote de bas de page 15Note de bas de page 51. L'établissement de limites de température intérieure pour protéger les personnes âgées peut également profiter à d'autres groupes à risque. Santé Canada reconnaît que d'autres populations susceptibles, comme les enfants et les personnes vivant avec des maladies chroniques, sont également touchées par la chaleurNote de bas de page 56, et continue d'encourager la recherche pour aborder les répercussions sur ces populations.

Les directives actuelles ont été élaborées pour les logements résidentiels. Les recherches en cours et prévues en matière de santé au travail et sur les milieux éducatifs, y compris les études sur l'environnement bâti, permettront d'établir la base scientifique pour élaborer des limites supérieures de température intérieure qui sont adaptées aux besoins et défis uniques de ces environnements. Le gouvernement du Canada a publié des renseignements supplémentaires pour aider les travailleurs de la santé à déceler l'astreinte thermique chez les patients en soins de courte duréeNote de bas de page 57, des directives pour aider les personnes à réduire ou à éliminer leur risque de blessure et à gérer leur contrainte thermique lorsqu'elles travaillent dans la chaleurNote de bas de page 58, et des directives pour soutenir les gestionnaires de résidences pour personnes âgées et d'installations de soins de longue durée durant un épisode de chaleur extrêmeNote de bas de page 59.

En raison des données scientifiques limitées sur les répercussions de l'humidité, de la circulation de l'air, de la chaleur rayonnante, et de la durée d'exposition, conjointement avec les températures intérieures, les présentes directives ne comprennent pas de recommandation qui intègre ces facteurs. Elles recommandent une limite supérieure de température intérieure qui est pertinente pour l'exposition diurne et l'exposition nocturne.

4.1 Limites des données probantes actuelles

Il existe un nombre limité d'études de haute qualité qui évaluent directement les effets sur la santé de la température intérieure, et les données sur les températures intérieures des ménages sont limitées. Contrairement aux études d'exposition contrôlée menées dans des environnements réglementés, les études d'observation dans des milieux naturels éliminent rarement l'influence des températures extérieures en raison de leurs répercussions sur les conditions intérieures et le mouvement des sujets dans leur environnement (par exemple, le passage entre les environnements extérieurs et intérieurs tout au long de la journée).

Trois publications citées dans le présent document d'orientationNote de bas de page 25Note de bas de page 26Note de bas de page 30 étaient fondées sur une seule étude d'exposition. L'étude d'exposition a examiné les réactions physiologiques à des températures précises (par exemple, 22 °C, 26 °C, 31 °C, 36 °C) de 16 participants dans des milieux expérimentaux qui n'ont peut-être pas tenu compte des conditions réelles. L'étude a impliqué des participants de la même région géographique, Ottawa-Gatineau, au Canada. Les participants étaient généralement actifs, non-fumeurs, et n'avaient pas reçu de diagnostic de problèmes de santé cliniques (par exemple, diabète de type 2, maladies cardiaques), ni ne prenaient des médicaments connus pour affecter la régulation de la température corporelle ou cardiovasculaire (par exemple, des anticholinergiques, des bêta-bloquants)Note de bas de page 25Note de bas de page 26Note de bas de page 30. Comme l'ont souligné les chercheurs, les résultats de cette étude sont les plus applicables aux agences de santé publique en Ontario et dans les régions environnantes (par exemple, le Québec, le Canada, et les régions du Midwest et du Nord-Est des États-Unis)Note de bas de page 25Note de bas de page 26Note de bas de page 30. Toutefois, il existe des données probantes indirectes suggérant que ces résultats peuvent être généralisables à d'autres emplacements géographiques avec des climats continentaux ou modérésNote de bas de page 25Note de bas de page 26Note de bas de page 30.

Les études épidémiologiques évaluent généralement les effets de la chaleur sur la santé dans des plages de température. Pour les présentes directives, six études épidémiologiques mises en évidence à l'annexe A, section A3.0, ont été incluses, car elles fournissaient des recommandations pour des plages de température intérieure maximales, qui ont ensuite été prises en compte avec les résultats de la recherche d'exposition contrôléeNote de bas de page 60Note de bas de page 61Note de bas de page 62Note de bas de page 63Note de bas de page 64Note de bas de page 65. En raison de données limitées, l'une des études épidémiologiques incluses a utilisé la température de l'air extérieur comme substitut des conditions intérieures lors de l'évaluation des effets sur la santéNote de bas de page 62.

La recommandation concernant la limite supérieure de température intérieure est de 26 °C. L'évaluation pour savoir si cette limite reste protectrice sur plusieurs jours d'exposition à des températures élevées est importante et exige des recherches futures, car les températures intérieures dépassent souvent les niveaux extérieurs lorsque le refroidissement est insuffisantNote de bas de page 25Note de bas de page 26Note de bas de page 30. Toutefois, maintenir une température intérieure maximale de 26 °C dans ces conditions serait plus protecteur par rapport aux augmentations de température non contrôlées au cours de ces épisodes de chaleur.

4.2 Sommaire

Pour des lectures supplémentaires, l'annexe A présente un résumé des preuves scientifiques qui éclairent les présentes directives, y compris leurs limites. L'annexe B comprend également un aperçu de certaines politiques nationales et internationales en matière de température intérieure. Les deux annexes sont fournies pour offrir un contexte supplémentaire et encourager une étude plus approfondie du sujet.

Dorénavant, d'autres recherches sont nécessaires pour comprendre les facteurs qui peuvent augmenter les risques pour la santé liés à des températures intérieures élevées pour les personnes âgées (par exemple, maladies chroniques, utilisation de médicaments, sexe, genre, statut socioéconomique, acclimatation). Les stratégies d'orientation futures devraient être adaptées aux groupes à haut risque, y compris les nourrissons, les enfants, les femmes enceintes, les personnes atteintes de maladies chroniques ou cognitives, et les populations mal logées, afin d'assurer une protection sanitaire équitable. À mesure que de nouveaux résultats émergent, ils pourraient aider à affiner les présentes directives et leur applicabilité à d'autres groupes de population.

5.0 Recommandation : Limite de température intérieure fondée sur des données probantes et le risque pour la santé des personnes âgées

Recommandation : Maintenir des températures intérieures ne dépassant pas 26 °C pour réduire les effets néfastes sur la santé, en particulier pour les personnes âgées.

Selon la recherche financée par Santé Canada qui examine les répercussions des températures élevées sur les personnes âgéesNote de bas de page 25Note de bas de page 26Note de bas de page 30, et l'examen récent des données probantes décrit à l'annexe ANote de bas de page 60Note de bas de page 61Note de bas de page 62Note de bas de page 63Note de bas de page 64Note de bas de page 65, une limite supérieure de température intérieure de 26 °C est recommandée. Cette recommandation s'harmonise avec les directives de l'OMSNote de bas de page 35Note de bas de page 36 et avec les normes adoptées dans des villes canadiennes comme VancouverNote de bas de page 37, TorontoNote de bas de page 38, et MississaugaNote de bas de page 39. Cette recommandation est formulée comme un seuil de protection de la santé et un seuil d'intervention proposé plutôt qu'une cible de confort.

Les données scientifiques disponibles montrent que les températures intérieures supérieures à 26 °C sont liées à un risque accru de maladies liées à la chaleur, telles que la détresse respiratoire, les maux de tête, les étourdissements et la fatigue, ainsi que le décès chez les adultes en bonne santé âgés de 60 ans et plusNote de bas de page 25Note de bas de page 26Note de bas de page 30Note de bas de page 60Note de bas de page 61Note de bas de page 62Note de bas de page 63Note de bas de page 64Note de bas de page 65Note de bas de page 66. Des recherches récentes ont révélé que les personnes âgées en bonne santé subissent une pression accrue sur leur cœur et sur la régulation de la température corporelle lorsque la température intérieure est supérieure à 26 °C, ce qui augmente leur risque de résultats néfastes pour la santé pendant une exposition prolongéeNote de bas de page 25Note de bas de page 26Note de bas de page 30. Toutefois, la limite recommandée de 26 °C peut ne pas protéger toutes les personnes âgées (par exemple, celles ayant de multiples problèmes de santé ou une grande fragilité). La surveillance et le contrôle actifs des températures intérieures sont une stratégie vitale pour réduire les risques pour la santé liés à la chaleur, y compris le décès.

Selon les données probantes disponibles, les personnes âgées sont à risque de décès lié à la chaleur en raison de températures intérieures élevéesNote de bas de page 15Note de bas de page 51. Même s'il existe peu de données liant des températures intérieures élevées au décès dans d'autres groupes susceptibles à la chaleur, comme les enfants, les personnes atteintes de maladies chroniques et celles qui sont socialement isolées, les études disponibles montrent que le risque de maladies liées à la chaleur augmente progressivement pour toutes les populations lorsque les températures intérieures dépassent 26 °C (voir la revue systématique de 2020 de Tham et coll.)Note de bas de page 55.

Afin de réduire les risques pour la santé :

Les mesures suivantes sont des mesures que les administrations pourraient envisager pendant la mise en œuvre des présentes directives. La liste n'est pas exhaustive ni prescriptive et est fournie à titre indicatif.

Les présentes directives sont fondées sur les meilleures données probantes de recherche disponibles au moment de leur élaboration. Santé Canada continuera à encourager la recherche continue dans ce domaine.

6.0 Ressources

Pour de plus amples renseignements sur les risques pour la santé liés à la chaleur extrême et les mesures à prendre pour protéger la santé, consultez la page Web Événements de chaleur extrême.

7.0 Remerciements

Santé Canada remercie chaleureusement les personnes suivantes pour leur contribution à l'élaboration de ce document: Dr. Shayna Deecker-Simon and Victor Gallant.

Santé Canada remercie chaleureusement les membres du Bureau des changements climatiques et de la santé pour leur aide dans l'élaboration de ce document: Paddy Enright, Graydon Paitich, Dr. Michelle Deveau, Dr. Jessie Hamon, Dr. Marion Doull, Dr. Peter Berry, Melissa Gorman, Gregory Richardson, Maria Derks-Normandin, Jaclyn Paterson, and Carolyn Tateishi.

Le Bureau des changements climatiques et de la santé de Santé Canada remercie chaleureusement les personnes des organismes internes suivants qui ont contribué à la révision de ce document:

Le Bureau des changements climatiques et de la santé de Santé Canada remercie chaleureusement les personnes des organismes externes suivants qui ont contribué à la révision de ce document:

Annexe A : Résumé des données probantes

Cette annexe résume les données scientifiques utilisées pour élaborer les directives de Santé Canada sur la température intérieure pour les personnes âgées. Elle présente les résultats d'un examen rapide, éclairé par deux décennies de recherche, y compris des études physiologiques appuyées par Santé CanadaNote de bas de page 15Note de bas de page 16Note de bas de page 17Note de bas de page 18Note de bas de page 19Note de bas de page 20Note de bas de page 21Note de bas de page 22Note de bas de page 23Note de bas de page 24Note de bas de page 25Note de bas de page 26Note de bas de page 27Note de bas de page 28Note de bas de page 29Note de bas de page 30. L'annexe détaille la méthodologie d'examen rapide de la documentation et fournit des résumés de données probantes provenant d'études d'exposition contrôlée à la chaleur et d'études épidémiologiques.

A1.0 Aperçu de la méthodologie d'examen rapide de la documentation

Les méthodologies standards pour les examens rapides de la documentation ont été suivies afin d'assurer une stratégie de recherche rigoureuse et l'évaluation fiable des données probantes. Un diagramme de flux PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses)Note de bas de page 68 (figure 1) illustre le processus de collecte et d'évaluation des données probantes. Pour garantir l'exhaustivité, la base de données probantes comprend à la fois les documents examinés par les pairs et la littérature grise, et le terme « documents » est utilisé dans toute cette section sur les méthodologies pour englober tous les types de données probantes.

Figure 1 : Diagramme PRISMA du processus de sélection des données probantes pour élaborer les directives
Un diagramme de flux PRISMA qui illustre le processus de collecte et d'évaluation des données probantes
Figure 1 : Description textuelle

Ce diagramme illustre le processus d'identification, de sélection et d'inclusion des documents utilisés pour élaborer des directives pour protéger la santé des personnes âgées contre les températures élevées à l'intérieur.

Identification des documents

Phase d'identification :

  • Un total de 328 documents ont été identifiés à partir de plusieurs sources, dont :
    • 60 provenant de la revue systématique de l'OMS de 2018 (annexe D)
    • 60 de la revue systématique de Tham (2020)
    • 19 associés à Santé Canada
    • 182 issus d'une recherche documentaire rapide de Santé Canada
    • 7 provenant d'autres sources
  • Avant la sélection, 36 documents ont été retirés :
    • 12 doublons
    • 6 non liés à la chaleur selon les informations de citation
    • 18 retirés pour d'autres raisons, comme des liens brisés

Phase de sélection :

  • Après ces retraits, 292 documents ont été examinés, dont 277 ont été exclus.
  • 15 documents ont été retenus pour récupération, et tous ont été retrouvés.

Phase d'éligibilité :

  • 15 documents ont été évalués pour leur admissibilité.
  • 5 ont été exclus, soit :
    • 4 articles de synthèse
    • 1 document exclu après discussion avec des examinateurs supplémentaires de Santé Canada

Inclus :

  • Au total, 10 documents ont été inclus dans l'élaboration des directives.

La participation de Santé Canada a été identifiée dans 19 documents sur la base du financement ou de l'inclusion d'un membre du personnel dans la liste des auteurs. Six documents faisant référence à des outils logiciels ou à des rapports de synthèse sur des maladies non liées à la chaleur ont été exclus sur la seule base des informations de la citation, car ils avaient été inclus dans les revues de littérature publiées à des fins contextuelles.

La collecte de données probantes a commencé avec des références de deux revues systématiques sur les limites de température intérieureNote de bas de page 36Note de bas de page 55, qui ont abordé la recherche disponible jusqu'en 2020. Des documents supplémentaires associés avec Santé Canada, identifiés sur la base du financement ou de l'inclusion d'un membre du personnel de Santé Canada dans la liste des auteurs, ont été inclus. Pour combler les lacunes et intégrer des recherches plus récentes complétant les revues systématiques indiquées ci-dessus, la Bibliothèque de Santé Canada a effectué une recherche rapide dans la littérature de Medline, Embase, Global Health, CAB Abstracts et Scopus pour trouver des études publiées entre janvier 2020 et mars 2025. La stratégie de recherche consistait à utiliser des mots-clés liés à la température intérieure, à la morbidité et à la mortalité liées à la chaleur, à la contrainte thermique et aux épisodes de chaleur extrême (tableau 1; veuillez noter que la recherche par mot-clé n'a été effectuée qu'en anglais). D'autres documents pertinents, identifiés par les examinateurs en fonction de leur expertise, ont également été ajoutés à la base de données probantes.

Tableau 1 : Exemples de mots-clés utilisés par la Bibliothèque de Santé Canada pour sa stratégie de recherche documentaire rapide.
Sujet d'intérêt Exemple de chaîne de recherche de mots-clés

Températures intérieures

((indoor* or inside* or house* or housing or home? or dwelling* or domicile* or building* or residential or residence* or apartment* or hospital or long term care or longterm care or office* or workstation*) adj5 (air or temperature* or thermostat? or Celsius or Fahrenheit or heat* or overheat* or hot or hotter or hottest or cold or colder or coldest or cool* or overcool* or environment* or ventilation*)).tw,kf.

Morbidité et mortalité liées à la chaleur

((heat adj3 (high* or extreme* or cramp? or stroke? or zone? or illness* or disease* or disorder* or expos* or overexpos* or advers* effect* or advers* event* or sick* or morbidit* or mortalit* or fatigue* or exhaust* or prostration* or collaps* or syncope* or trauma* or risk* or shock* or crisis* or crises or malaise* or dead* or stress* or death?)) or heatstroke* or heatstress*).tw,kf.

Contrainte thermique

exp heat wave/ or high temperature/ or heat stress/ or heat stroke/ or heat exhaustion/ or heat cramp/ or heat shock/ or heat injury/ or heat shock response/

Épisodes de chaleur extrême

(heat adj3 (warn* or alert* or broadcast* or advisory or advisories or episode* or event* or emergency or emergencies or disaster* or announcement* or messag* or mass casualty or mass casualties or action plan?)).tw,kf. ((heat or hot or hotter) adj3 (wave* or dome* or spell* or weather*)).tw,kf. (heatwave* or heatdome* or hotspell* or heatspell*).tw,kw,kf.

Sur les 328 documents identifiés, 292 ont été soumis à un examen préalable. Deux examinateurs indépendants de Santé Canada ont examiné les documents. Chaque examinateur a d'abord évalué les documents en fonction des titres, des résumés et de la pertinence possible des résultats clés. Les documents ont été inclus si les températures intérieures ou extérieures ou les plages de température (pour éviter d'exclure involontairement des études sur l'environnement intérieur qui utilisaient les températures extérieures comme substitut des conditions intérieures) liées aux effets sur la santé observés étaient clairement déclarées, les sujets comprenaient des personnes âgées (hommes ou femmes, âgés de 60 ans et plus), et les sujets se trouvaient dans leur lieu de résidence (par exemple, maison privée, immeubles d'habitation ou foyers de soins). Les documents qui ne répondaient pas à ces critères ont été exclus. En fin de compte, 277 documents ont été exclus, et 15 ont été évalués aux fins d'admissibilité.

Au cours de ce processus de sélection et tout au long de l'élaboration des présentes directives (du 19 mars au 8 août 2025), les examinateurs ont ajouté des politiques, des règlements et des directives sur la température intérieure au tableau 2 de l'annexe B, au fur et à mesure de leur identification. Ces documents s'harmonisent avec la limite de température intérieure de 26 °C recommandée par Santé Canada, même s'il faut noter que cette recherche de politiques n'était pas exhaustive.

Deux examinateurs ont évalué de façon autonome l'admissibilité de chaque document en utilisant les listes de contrôle du Critical Appraisal Skills Programme (CASP)Note de bas de page 69Note de bas de page 70. Ces listes de contrôle ont été élaborées et évaluées par des groupes d'experts pour appuyer les évaluations structurées des études publiées. Ces listes de contrôle ont servi à évaluer les préjugés possibles et la qualité des documents inclus.

Suite à l'examen des données probantes du CASP, les deux examinateurs ont discuté de leurs constatations. Quatre documents ont été exclus, car il s'agissait d'articles de revue plutôt que d'études primaires, et ils ne présentaient aucun nouveau renseignement au-delà des études primaires existantes utilisées par la suite pour les présentes directives. Une étude supplémentaire a été exclue après des discussions avec des pairs évaluateurs de Santé Canada car, même si elle a recueilli des mesures de température ambiante à l'intérieur et à l'extérieur, elle n'a pas précisé lesquelles ont été utilisées pour formuler ses conclusions. Le rapport abordait les répercussions de la température ambiante uniquement en termes générauxNote de bas de page 71. Au total, 10 documents ont été inclus dans l'examen des données probantesNote de bas de page 25Note de bas de page 26Note de bas de page 30Note de bas de page 60Note de bas de page 61Note de bas de page 62Note de bas de page 63Note de bas de page 64Note de bas de page 65Note de bas de page 66.

A2.0 Sécurité thermique ou confort thermique

Les présentes directives ont été conçues pour informer les responsables de la santé publique et protéger la santé physique des personnes âgées. La sécurité thermique est axée sur la prévention de la contrainte thermique physique et des blessures en veillant à ce que la température corporelle centrale d'une personne demeure dans la plage optimale de 36 à 37 °CNote de bas de page 72. Une sécurité thermique inadéquate peut poser de sérieux risques pour la santé, y compris des maladies liées à la température et le décèsNote de bas de page 72. Cela contraste avec le confort thermique, qui n'est pas l'objet des présentes directives, défini comme la perception subjective d'une personne de son environnement thermique et qui influence la satisfaction et la productivitéNote de bas de page 72. La recommandation de 26 °C, comme elle est présentée dans le document, est protectrice pour la santé, et non axée sur le confort.

A3.0 Descriptions des preuves à l'appui

La recherche à l'appui utilisée pour éclairer les présentes directives était composée de deux études d'exposition contrôlée à la chaleur et de six études épidémiologiques sur le terrain.

Des études d'exposition contrôlée à la chaleur ont lieu dans des laboratoires où des participants consentants sont délibérément exposés à des conditions environnementales précises et soigneusement réglées. Ces études permettent aux chercheurs d'évaluer les effets sur la santé à court terme et les effets réversibles sur la santé, comme la hausse de la température corporelle et les réactions cardiovasculaires, dans un milieu contrôlé. Malgré les limites (voir ci-dessous), les études d'exposition contrôlée fournissent une méthode précieuse pour évaluer les risques pour la santé et complètent les résultats de la recherche observationnelle.

Les études épidémiologiques traitent des facteurs influant sur la santé et les maladies dans diverses populations, comme l'exposition aux événements météorologiques extrêmes. Elles constituent la base des mesures de santé publique et de préventionNote de bas de page 73. L'épidémiologie est fondée sur des observations, à la différence des études d'exposition contrôlée, définies ci-dessus. Alors que les changements climatiques ont des répercussions sur d'importantes populations, ces études observationnelles sont essentielles pour comprendre les répercussions plus vastes et les implications sur les personnes et leur lieu de résidence. Des revues systématiques récentesNote de bas de page 35Note de bas de page 65 ont indiqué un nombre limité d'études qui ont évalué les effets de la température intérieure en particulier plutôt que de se fier à la température extérieure comme substitut. Six documents ont fourni un soutien pour les présentes directives.

Ces six documents ont été pris en compte dans l'élaboration des présentes directives, car ils se concentraient sur les personnes âgées (hommes et femmes) de plus de 60 ans. Il s'agissait d'études sur le terrain publiées entre 2012 et 2022 : trois ont été réalisées dans des foyers de soinsNote de bas de page 60Note de bas de page 62Note de bas de page 64; deux dans des maisons ou des immeubles d'appartementsNote de bas de page 61Note de bas de page 65; et une dans un logement avec services de soutienNote de bas de page 63. Les études étaient d'envergure internationale, incluant le CanadaNote de bas de page 65, l'AustralieNote de bas de page 64, l'AllemagneNote de bas de page 62Note de bas de page 63, la Corée du SudNote de bas de page 61 et la SlovénieNote de bas de page 60. Cinq des documents mentionnaient une limite de température où des répercussions négatives sur la santé ont été observées. Les principales limites de ces six études seront abordées plus loin dans cette section.

A3.1 Mortalité

En 2010, Klenk et ses collèguesNote de bas de page 62 ont réalisé une analyse de séries chronologiques sur les effets des températures modérées et élevées sur la mortalité toutes causes confondues dans une grande cohorte de 74 753 résidents de maisons de soins âgés de 65 ans et plus en Bade-Wurtemberg, en Allemagne. En utilisant des données exhaustives provenant du plus grand assureur santé légal du pays, l'étude a assuré une couverture vaste et inclusive pour réduire au minimum le préjugé de sélection. Les résultats ont montré qu'au-dessus de 26 °C, l'augmentation des températures ambiantes était associée à une hausse des taux de mortalité dans les maisons de soins. La relation entre la température ambiante maximale et la mortalité était indépendante du sexe, de l'âge ou des besoins en matière de soins. Même si la susceptibilité était similaire entre les groupes d'âge, les résidents exigeant moins de soins étaient moins susceptibles à la chaleur que ceux ayant des besoins de soins élevés; ce qui est cohérent avec les études précédentes. Trois mois après un événement de chaleur connu, la mortalité excessive est restée, avec 356 décès supplémentaires attribués à l'événement. Ces résultats soulignent la nécessité de mesures préventives solides dans les maisons de soins.

A3.2 Morbidité

Une étude de 2010 menée par Schellen et ses collèguesNote de bas de page 66 a examiné le confort thermique, les réponses physiologiques et la réalisation de tâches administratives chez huit jeunes (âgés de 22 à 25 ans) et huit personnes âgées (entre 67 et 73 ans) dans deux conditions : une température constante de 21,5 °C et des conditions de variation de température, le tout sur une période de huit heures. L'étude a révélé que les changements de température de ±2 K/h dans une plage de 17 °C à 25 °C ne causaient pas d'inconfort thermique dans les deux groupes d'âge. On a également constaté que le confort thermique pour les deux conditions était associé à la température de la peau. Même si cette étude a porté sur le confort thermique plutôt que sur la sécurité thermique, elle a déterminé des plages de température précises liées aux effets observés; ce qui a justifié son inclusion dans l'élaboration des présentes directives.

En 2012, Kim et ses collèguesNote de bas de page 61 ont étudié les effets à court terme de la contrainte thermique sur la température corporelle et la pression artérielle chez les personnes âgées de 65 ans et plus, vivant dans des « dosshouses ». Ce sont de petites unités, sans fenêtre, dans des bidonvilles, souvent occupées par des personnes vivant dans des situations vulnérables et dépourvues de climatisation ou de ventilation. Vingt participants âgés ont été recrutés par échantillonnage de commodité dans un dosshouse à Séoul (Corée du Sud). Pendant deux semaines, les chercheurs ont mesuré les températures extérieures et intérieures, l'humidité, ainsi que les températures corporelles des participants et leurs pressions artérielles. Les résultats ont montré que les résidents ont connu des températures intérieures entre 4 °C et 5 °C plus élevées que la limite estivale recommandée entre 26 °C et 28 °C fixée par le gouvernement de la Corée du SudNote de bas de page 61. Les températures des salles dépassaient constamment 30 °C pendant toute la journée. La température corporelle a augmenté de 0,21 °C pour chaque hausse de 1 °C des températures ambiantes, et la pression artérielle des participants avait tendance à diminuer à mesure que les températures intérieures et extérieures augmentaientNote de bas de page 61. En raison d'une thermorégulation altérée, les participants ont montré d'importantes augmentations de la température corporelle lors des journées chaudes, certains présentant de légères fièvres. Beaucoup ont également signalé des symptômes comme des douleurs musculaires, des maux de tête, des troubles du mouvement et des difficultés respiratoiresNote de bas de page 61.

En 2017, Fink et ses collèguesNote de bas de page 60 ont élaboré des indices pour suivre les réactions symptomatiques aux conditions thermiques intérieures, y compris la température et l'humidité, ainsi qu'à la qualité de l'air, en vue d'aider les travailleurs de la santé à détecter les signes précoces de maladies liées à la chaleur en Slovénie. Les symptômes surveillés comprenaient des douleurs thoraciques, une fréquence cardiaque réduite, des nausées, de la fatigue, un essoufflement, des extrémités froides, un gonflement des chevilles, des acouphènes, un épuisement à cause d'un effort minimal, et un malaise généralisé. L'étude a recruté deux cohortes : 50 personnes de 65 ans et plus ayant des maladies cardiovasculaires (MCV; 54 % de femmes), et 27 personnes sans diagnostic de MCV (52 % de femmes)Note de bas de page 60. La fréquence et la gravité des symptômes étaient considérablement plus élevées dans le groupe de MCV, avec d'importantes différences en matière de sensibilité à la chaleur et à la mauvaise qualité de l'air. Les résultats ont suggéré que le maintien d'un Humidex en dessous de 29 et des niveaux de CO2 inférieurs à 600 ppm est crucial pour prévenir les symptômes liés à la chaleur à l'intérieur.Note de bas de page ii Faisant référence au tableau de conversion le plus récent d'Environnement et Changement climatique CanadaNote de bas de page 74 pour évaluer son respect de la limite de température supérieure de 26 °C proposée dans les présentes directives, une température de l'air de 26 °C à 45 % d'humidité relative correspond à une valeur Humidex de 29. Sur l'échelle de l'Humidex, la valeur de 29 représenterait la limite supérieure pour « peu d'inconfort »Note de bas de page 74.

En 2017, Lindemann et ses collèguesNote de bas de page 63 ont examiné l'incidence de la température intérieure sur la performance physique des personnes âgées. Ils ont recruté un échantillon de commodité de 81 personnes âgées autonomes (âge moyen de 80,9 ans, 84 % de femmes) dans dix établissements de refuge à Stuttgart, l'une des régions les plus chaudes de l'Allemagne. Les évaluations ont été réalisées toutes les quatre semaines entre mai 2015 et octobre 2015. Cette période comprenait deux vagues de chaleur, permettant des comparaisons entre les vagues de chaleur et les autres conditions. La performance physique a été mesurée à l'aide de trois tests courants : 1) test d'équilibre statique modifié pour prévenir les effets de plancher et de plafond, où les résultats se regroupent à l'extrémité inférieure ou supérieure de l'échelle de mesure; 2) un test du lever de chaise, où les participants se levaient et s'asseyaient cinq fois aussi rapidement que possible sans utiliser les accoudoirs; et 3) une vitesse de marche habituelle, mesurée sur quatre mètres, qui a également été utilisée comme substitut de la fragilité, sur la base d'études précédentes. Les participants ont été classés en fonction de la vitesse de marche initiale dans un groupe « plus fragile » (35 adultes) et un groupe « moins fragile » (46 adultes). Que ce soit dans des conditions de vague de chaleur ou en l'absence de vague de chaleur, à mesure que les températures augmentaient, la vitesse de marche habituelle et la performance au lever de chaise diminuaient dans les deux groupes, mais l'équilibre demeurait le même. La diminution de la vitesse de marche était la plus prononcée dans le groupe moins fragile, baissant à des températures inférieures à 22 °C et au-dessus de 27,9 °C. L'étude a suggéré que les températures intérieures élevées ont une incidence négative sur la capacité physique des personnes âgées et était parmi les premières à étudier ce lien.

En 2017, Tartarini et ses collèguesNote de bas de page 64 ont étudié comment la température de l'air intérieur influe sur l'agitation chez les patients atteints de démence âgés de 65 ans et plus vivant dans une maison de soins. À l'aide d'outils d'évaluation normalisés, ils ont constaté que l'agitation augmentait avec une exposition prolongée à des températures supérieures à 26 °C ou inférieures à 20 °C.

Une étude longitudinale de 2022 menée par Teyton et ses collèguesNote de bas de page 65 a examiné les effets des températures intérieures élevées chroniques et aiguës et les répercussions immédiates sur la santé liées à la chaleur chez les adultes de 60 ans et plus vivant dans des bâtiments non climatisés en Montérégie (Québec), pendant les mois d'été 2017–2018. Les données ont été recueillies sur trois périodes de trois jours : une pendant des températures plus fraîches (T1 = 18–22 °C), et deux dans des plages plus chaudes (T2 = 28–30 °C et T3 = 30–33 °C). Les chercheurs ont suivi 13 symptômes possibles liés à la chaleur, y compris l'anxiété, la sécheresse de la bouche, les crampes, les symptômes dépressifs, l'étourdissement, la fatigue, les nausées, les maux de tête, la perte de conscience, l'augmentation de la soif (comme un indicateur de déshydratation), la diminution des urines, les troubles du sommeil, et l'urine foncée. Le risque d'apparition de ces symptômes augmentait avec la hausse des températures. Le T3 a montré un risque relatif plus élevé que le T2 par rapport à la période de référence T1, suggérant une relation exposition-réponse. Les résultats de cette étude indiquent que l'augmentation des températures intérieures était associée à l'apparition de nombreux symptômes. Cette étude était l'une des premières à examiner le lien entre les températures intérieures et de multiples symptômes liés à la chaleur au cours de plusieurs saisons estivales chez les personnes âgées sans accès à la climatisationNote de bas de page 65.

Enfin, une série récente de rapports publiés sur une cohorte de 16 participants dans une étude environnementale d'exposition contrôléeNote de bas de page 25Note de bas de page 26Note de bas de page 30 a examiné les effets des températures intérieures sur les personnes âgées. Dix hommes et six femmes (âges de 66 à 78 ans) ont participé à quatre simulations d'exposition randomisées de huit heures à diverses températures intérieures. Ces participants n'étaient pas fumeurs et n'avaient pas reçu de diagnostic de problèmes de santé cliniques (par exemple, diabète de type 2, maladies cardiaques), ni ne prenaient des médicaments connus pour affecter la régulation de la température corporelle ou cardiovasculaire (par exemple, des anticholinergiques, des bêta-bloquants)Note de bas de page 25Note de bas de page 26Note de bas de page 30. Pour l'étude, les conditions de température imitaient une salle climatisée (22 °C), la limite supérieure recommandée par l'OMS (26 °C)Note de bas de page 35Note de bas de page 36, des températures intérieures typiques lors d'une journée d'été chaude (31 °C), et des températures intérieures maximales pendant des vagues de chaleur extrême sans refroidissement (36 °C). Dans tous les cas, l'humidité relative était maintenue à 45 %.

Ensemble, ces études ont révélé que chez les personnes âgées, il y avait des changements minimes de la température corporelle et de la tension cardiovasculaire à 22 °C et 26 °C, mais des augmentations progressives des deux paramètres à des températures plus élevées (31 °C et 36 °C)Note de bas de page 25Note de bas de page 26Note de bas de page 30. Il y avait des augmentations des marqueurs de stress cellulaire lors d'une exposition prolongée au-dessus de 26 °C; ce qui pourrait être indicatif d'une tension physiologique croissante chez les participants âgésNote de bas de page 25. De plus, il y avait une perturbation de la couche protectrice du tube digestif à des températures supérieures à 26 °C en analysant les marqueurs de dommages intestinaux, d'activation immunitaire et d'inflammation à partir d'échantillons de sangNote de bas de page 26 qui peuvent déclencher une inflammation et finalement une réponse évocatrice d'une septicémie et des dommages aux organesNote de bas de page 75Note de bas de page 76.

A3.3 Limites

Les études contrôlées déclarées ici ont des limites, y compris la petite taille des échantillons et l'évaluation de participants exclusivement en bonne santé; ce qui peut ne pas représenter la population plus vaste des personnes âgées. Même si l'étude de l'Université d'OttawaNote de bas de page 25Note de bas de page 26Note de bas de page 30 a eu une représentation des sexes plus équilibrée que l'étude de SchellenNote de bas de page 66, les hommes étaient tout de même surreprésentés dans l'ensemble; ce qui pourrait limiter l'applicabilité des résultats aux femmes âgées. De plus, les principaux facteurs de contrainte thermique, comme le flux d'air, l'humidité et la chaleur rayonnante n'ont pas été examinés; ce qui limite les perspectives sur la manière dont plusieurs facteurs interagissent pour influer sur le confort thermique, la sécurité et la performance. Par conséquent, ces résultats peuvent ne pas refléter pleinement les conditions réelles, où plusieurs facteurs interagissent pour influer sur les réponses humaines à l'environnement thermique.

De plus, dans l'étude de SchellenNote de bas de page 66, même si des données physiologiques ont été recueillies, les conclusions étaient largement fondées sur les évaluations subjectives des participants concernant le confort thermique; ce qui pourrait limiter leur pertinence en matière de sécurité thermique.

Tous les documents ont signalé des limites dans la sélection des participants, la mesure de la température, ou d'autres variables d'intérêt, comme la surveillance de la pression artérielleNote de bas de page 61. De nombreux rapports ont désigné la taille de l'échantillon et les méthodes de sélection des sujets comme des contraintes, plusieurs utilisant un échantillonnage de commodité pour le recrutement. De plus, la répartition démographique variait selon les documents, souvent biaisée par le sexe, ce qui limitait la généralisabilité. D'autres facteurs de confusion potentiels dans l'interprétation des résultats comprenaient l'utilisation de médicaments inconnue, le fonctionnement physique et de mobilité global, et le fonctionnement cognitif des participants à l'étude.

Même si peu d'études indiquent précisément 26 °C comme une limite supérieure de température intérieure, en particulier en combinaison avec une population adulte plus âgée, les données probantes examinées montrent que les effets sur la santé augmentent au-delà de ce seuil. Les présentes directives s'appuient sur des études qui concernent des personnes âgées et recommandent des plages de température intérieures en fonction de leurs résultats. En raison de la recherche limitée, une étude utilisant les températures extérieures pour évaluer les résultats en matière de santé à l'intérieur a également été incluseNote de bas de page 62. Malgré les limites, les données probantes montrent que les risques pour la santé augmentent à 26 °C ou au-dessus, un seuil qui est également tenu en compte dans les politiques de plusieurs administrations (voir Annexe B).

A3.4 Mot de la fin

Malgré leurs limites, les études d'exposition contrôlée dans ce résumé fournissent un soutien scientifique pour une limite maximale de 26 °C de la température intérieure afin de protéger la santé des personnes âgées. Les six documents épidémiologiques décrits ci-dessus montrent un lien entre l'exposition excessive à la chaleur et le stress physique et mental. Cinq études ont précisément associé les températures supérieures à 26 °C à de moins bons résultats en matière de santéNote de bas de page 61Note de bas de page 62Note de bas de page 63Note de bas de page 64Note de bas de page 65. Les températures extérieures augmentent chaque année, et de plus en plus de données probantes montrent que cette chaleur affecte de plus en plus les conditions intérieures, en particulier dans les maisons sans refroidissement mécanique, posant des risques pour la santé des résidents.

La recherche citée dans les présentes directives démontre que les risques pour la santé liés à la chaleur augmentent avec la température, en particulier à des températures supérieures à 26 °C. L'ensemble de données probantes, y compris les études d'exposition contrôlée, les recherches d'observation et les politiques et règlements existants (voir l'annexe B), liant la chaleur extrême à un risque accru de décès et de maladie chez les personnes âgées en bonne santé, appuie la proposition de Santé Canada d'une limite de température intérieure de 26 °C pour protéger la santé des personnes âgées vivant au Canada.

A4.0 Prochaines étapes

Vous trouverez ci-dessous une liste non exhaustive de considérations de recherche futures sur les conditions thermiques intérieures. Elle s'appuie sur les limites trouvées dans les documents examinés par les pairs et les commentaires des évaluateurs du présent document d'orientation.

Les futures recherches sur les conditions thermiques intérieures devraient étudier comment des facteurs comme la santé, les médicaments, la condition physique, le statut socioéconomique et l'acclimatation influent sur le risque, en particulier chez les personnes âgées. Elles devraient préciser la relation entre la chaleur intérieure et la chaleur extérieure, et évaluer comment la circulation de l'air, la chaleur rayonnante, l'humidité et la qualité de l'air affectent la santé et l'efficacité des présentes directives. Des études sont également nécessaires sur les épisodes de chaleur d'un et de plusieurs jours, le refroidissement nocturne limité, ainsi que sur les effets de l'activité, des vêtements et de la perturbation du sommeil. La recherche devrait également définir la combinaison optimale de température intérieure et d'humidité, et étudier l'incidence combinée de la chaleur et de la pollution dans les zones urbaines susceptibles.

Annexe B : Politiques, règlements, normes et directives

Le tableau 2 décrit les politiques, règlements et autres directives qui définissent 26 °C comme une température intérieure maximale et raisonnable. Cette liste est fournie pour plus de contexte et pour encourager d'autres recherches dans ce domaine. Elle n'est pas exhaustive et représente les renseignements que les examinateurs ont rencontrés lors de l'élaboration du présent document d'orientation (du 19 mars au 8 août 2025) et les renseignements qui ont été fournis par les pairs évaluateurs.

Tableau 2 : Politiques, règlements, normes et directives disponibles.
Source Renseignements clés

Ville de VancouverNote de bas de page 37

La mise à jour de 2022 du règlement et des politiques de la Ville de Vancouver recommande un refroidissement mécanique actif dans les nouveaux bâtiments multifamiliaux de la partie 3 afin de maintenir les températures intérieures à 26 °C ou moins, fenêtres fermées, pour prévenir les risques pour la santé liés à la surchauffe.

Gouvernement de la Colombie-BritanniqueNote de bas de page 8

En 2024, la Direction des normes de construction et de sécurité du gouvernement de la Colombie-Britannique a mis à jour le code du bâtiment provincial pour traiter les risques liés à la surchauffe intérieure. Le code révisé exige que toutes les nouvelles maisons en Colombie-Britannique disposent d'au moins une pièce à température contrôlée pouvant être maintenue en dessous de 26 °C. Des stratégies de refroidissement passif peuvent être utilisées comme solution de rechange ou complément à la climatisation mécanique lorsqu'on peut démontrer que les mesures de conception passive peuvent aider à limiter la température maximale de conception intérieure à 26 °C. Celles-ci comprennent la ventilation naturelle, l'ombrage, l'isolation, et le stockage thermique pour modérer les températures de l'air intérieur. Chaque unité d'habitation exige son propre espace de vie capable de maintenir une température de conception intérieure ne dépassant pas 26 °C.

Centre de collaboration nationale en santé environnementaleNote de bas de page 77

Le Centre de collaboration nationale en santé environnementale, au Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique, a publié une liste de contrôle de la santé en 2022 pour les épisodes de chaleur extrême. Il est indiqué que les températures intérieures jusqu'à 26 °C sont généralement sûres; le risque de maladies liées à la chaleur commence à augmenter au-dessus de 26 °C pour les personnes susceptibles; et des températures intérieures supérieures à 31 °C prolongées augmentent considérablement le risque pour les personnes susceptibles.

Ville de TorontoNote de bas de page 38Note de bas de page 78Note de bas de page 79

Le rapport de 2015 de la Ville de Toronto, « Reducing Health Risk from Extreme Heat in Apartment Buildings », indique que lorsque des systèmes de climatisation sont fournis, ils doivent être utilisés pour maintenir une température maximale de 26 °C pendant l'été (du 2 juin au 14 septembre) (conformément à l'article 629-38, F du règlement)Note de bas de page 38. Ces normes de température sont basées sur le confort.

Les travaux récents de la Ville de Toronto étaient axés sur la lutte contre les températures intérieures excessives dans les logements locatifs sans climatisation fournie par le propriétaire. Les principaux efforts comprennent :

Establishing a Framework to Address Excessive Indoor Temperatures in Leased Residential Premises (décembre 2024)Note de bas de page 78

Towards Implementing a Maximum Indoor Temperature Requirement for Rental Units and Cooling Rooms (décembre 2025)Note de bas de page 79

Ville de MississaugaNote de bas de page 39

Selon le Règlement sur la température adéquate, tout propriétaire d'un logement loué ou en location doit fournir et maintenir un refroidissement adéquat et approprié dans le logement afin de garantir que la température ne dépasse pas 26 °C. Il existe des exceptions. Le règlement ne s'applique pas dans les cas suivants :

  1. l'unité d'habitation louée ou en location n'est ni équipée ni meublée avec un système de climatisation ou une unité de climatisation;
  2. un propriétaire et un locataire ont expressément convenu que l'unité d'habitation louée ou en location ne sera pas climatisée par le propriétaire ni à ses frais;
  3. un locataire peut directement régler la température de manière à ce qu'un refroidissement approprié puisse être offert et maintenu, et le propriétaire a rendu ce réglage possible, au besoin.

Gouvernement de l'OntarioNote de bas de page 40Note de bas de page 41

Conformément à un règlement de l'Ontario (« Fixing Long-Term Care Act, 2021 »)Note de bas de page 40, le titulaire de permis d'un foyer de soins de longue durée veille à ce que la climatisation soit installée, opérationnelle et en bon état dans chacune des aires visées au paragraphe suivant :

  1. chaque jour où la température extérieure prévue par Environnement et Changement climatique Canada pour la zone où se trouve le foyer est de 26 degrés Celsius ou plus à un moment quelconque de la journée;
  2. chaque fois que la température dans une aire du foyer, telle que la mesure le titulaire de permis conformément aux paragraphes 24 (2) et (3), atteint 26 degrés Celsius ou plus, pour le reste de la journée et le lendemain.

La mise à jour d'avril 2025 du gouvernement de l'Ontario concernant la chaleur extrêmeNote de bas de page 41 conseille à toute personne éprouvant des symptômes de maladies liées à la chaleur de se déplacer immédiatement vers un espace frais. Ils ont défini un espace frais comme un environnement intérieur qui est plus frais que 26 °C.

Comité canadien de l'harmonisation des codes de constructionNote de bas de page 80

Le Comité canadien de l'harmonisation des codes de construction examine actuellement la modification proposée 2061, qui recommande que les nouveaux logements situés à des emplacements où la température extérieure de calcul d'été dépasse 26 °C soient munis d'une installation de refroidissement mécanique. Il propose également qu'il ne soit pas obligatoire que les logements soient pourvus d'une installation de refroidissement s'il peut être démontré, selon les règles de l'art, que la température intérieure maximale de 26 °C ne dépasse pas celle prescrite lorsque le logement est soumis à la température extérieure de calcul d'été pour l'emplacement du bâtiment.

Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travailNote de bas de page 81

Le Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail a rassemblé les lignes directrices provinciales et territoriales les plus récentes sur les températures intérieures sécuritaires au travail. Même si ces limites varient selon les régions, les limites supérieures varient de 24 °C à 29 °C.

Agence de la santé publique du CanadaNote de bas de page 82

Le Rapport de l'administratrice en chef de la santé publique sur l'état de la santé publique au Canada 2022 indique qu'une limite de température intérieure de 26 °C a été proposée pour protéger la plupart des occupants des blessures liées à la chaleur et des décès, y compris ceux qui sont susceptibles en raison de leur âge ou de problèmes de santé.

AustralieNote de bas de page 83

Le rapport 2023 de WorkSafe Victoria offre des conseils sur la conformité en matière de sécurité au travail selon les lois australiennes sur la santé et la sécurité au travail. Il est recommandé de maintenir les températures du lieu de travail entre 20 °C et 24 °C pour les travaux sédentaires ou liés au bureau, en fonction de la saison et des vêtements portés.

SuèdeNote de bas de page 84

Les directives nationales publiées par l'l'Agence de santé publique de la Suède stipulent que les températures intérieures opérationnelles ne doivent pas être inférieures à 18 °C pour la population générale et 20 °C pour les populations susceptibles. De plus, on y indique que pendant l'automne, l'hiver et le printemps, la température intérieure maximale recommandée est de 24 °C, tandis qu'en été, celle-ci passe à 26 °C.

Veuillez noter que le document publié n'est disponible qu'en suédois, et des outils de traduction en ligne ont permis de regrouper ces renseignements.

Organisation internationale de normalisationNote de bas de page 85

L'annexe A de la norme ISO 7730:2025 indique que la plage de confort thermique pour les températures intérieures est 20 °C à 26 °C sur la base des indices « vote moyen prévu » et « pourcentage prévu d'insatisfaits », ainsi que des critères locaux de confort thermique.

Corée du SudNote de bas de page 61

En Corée du Sud, la température de refroidissement intérieure recommandée pendant l'été, dans des conditions uniformes par rapport aux conditions extérieures, varie de 26 °C à 28 °C.

Royaume-UniNote de bas de page 86

Le plan de canicule d'août 2022 pour l'Angleterre conseille aux maisons de retraite et aux hôpitaux de maintenir des zones fraîches en dessous de 26 °C.

Royaume-UniNote de bas de page 87

Le Guide A sur la conception environnementale de la Chartered Institution of Building Services Engineers recommande que les températures intérieures diurnes restent en dessous de 26 °C dans les chambres et 28 °C dans les autres espaces de vie.

États-UnisNote de bas de page 88

La norme ANSI/ASHRAE 55 définit le confort thermique dans les environnements intérieurs en utilisant une échelle d'indice PMV (Predicted Mean Vote) allant de -3 (froid) à +3 (chaud). Le confort est assuré dans une plage de -0,5 à 0,5, avec un refroidissement supplémentaire nécessaire au-dessus de 0,5 pour maintenir la neutralité. La plage de température optimale varie selon la région, en tenant compte du climat, de la température, du rayonnement thermique, de l'humidité, de la vitesse du vent, des niveaux d'activité et des vêtements. La norme établit ensuite des seuils d'acceptabilité de 80 % et de 90 %.

Par exemple dans un contexte canadien, Oetomo et ses collèguesNote de bas de page 89 ont étudié les températures intérieures dans les ménages du Québec en utilisant les données des thermostats intelligents Ecobee pendant les vagues de chaleur et les conditions autres. En appliquant les calculs de la norme ANSI/ASHRAE de 55, ils ont fixé une limite maximale de température intérieure de 26 °C pour leur étude.

États-UnisNote de bas de page 90

Dans son « 2025 Report to the Legislature » (rapport de 2025 à l'Assemblée législative), le Department of Housing and Community Development de la Californie a recommandé un maximum général de température de l'air intérieur sécuritaire de 82 °F (27,8 °C) pour les unités résidentielles. Ils notent que cette ligne directrice est destinée à protéger la plupart des personnes, y compris les personnes âgées et d'autres personnes qui sont plus susceptibles aux risques pour la santé liés à la chaleur. Toutefois, puisqu'il n'y a pas assez de données pour déterminer les limites de température sécuritaires pour des problèmes de santé précis, ils recommandent que la politique de l'État veille à ce que ceux ayant besoin de températures plus basses puissent prendre des mesures d'adaptation nécessaires sans restrictions.

Organisation mondiale de la Santé

Note de bas de page 35Note de bas de page 36

Les recherches de l'OMS de 2018 ont indiqué que les températures de l'air entre 18 °C et 24 °C ne posent aucun risque pour la santé des personnes sédentairesNote de bas de page 35.

Les recherches de l'OMS de 2021 ont compilé les données disponibles provenant d'études européennes concernant la température intérieure. Leur travail a indiqué que les données sur la température intérieure et leurs liens avec les effets sur la santé liés à la chaleur sont limités. Toutefois, en fonction des renseignements disponibles, ils ont constaté que de nombreux organismes recommandaient des limites de température supérieures entre 24 °C et 28 °CNote de bas de page 36.

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2026-06-22