Page 12 : Recommandations au sujet de la qualité des eaux utilisées à des fins récréatives au Canada – Troisième édition

Partie II : Documentation technique

7.0 Autres dangers biologiques

Recommandations

Aucune recommandation ne peut être prescrite pour les organismes décrits dans la présente section. En règle générale, les zones utilisées aux fins des loisirs aquatiques devraient autant que possible rester exemptes de ces organismes. De plus, il est déconseillé de pratiquer des activités aquatiques récréatives dans des eaux où les autorités responsables estiment que la présence de ces organismes présente un risque pour la santé et la sécurité des usagers.

La présente section fournit des informations sur les autres organismes qui risquent d'influer sur les avantages apportés par les eaux naturelles en nuisant à la santé ou au confort des usagers, ou en faisant obstacle à la jouissance des lieux en rendant ces derniers dangereux, désagréables d'un point de vue esthétique ou autrement inutilisables. Ces organismes sont des espèces libres qui peuvent être présentes naturellement dans les eaux récréatives. Les autorités responsables de la gestion des eaux récréatives et le grand public devraient être tenus au courant des risques possibles que posent ces organismes, ainsi que des mesures qui peuvent être prises pour limiter les risques d'exposition. Cette liste ne se veut pas exhaustive; il revient aux autorités responsables de fournir au besoin des informations sur d'autres organismes importants sur le plan régional ou local.

7.1 Schistosomes à l'origine de la dermatite du baigneur

Description

La dermatite du baigneur (dermatite schistosomiale) est causée chez l'être humain par une réaction à la pénétration cutanée de plathelminthes parasites ou « schistosomes » qui infectent certains oiseaux et rongeurs aquatiques (Manitoba Water Stewardship, 2007). Ces schistosomes appartiennent à la famille des Schistosomatidés, et les espèces responsables de la dermatite du baigneur appartiennent notamment aux genres Austrobilharzia et Trichobilharzia (Lévesque et coll., 2002; CDC, 2004a). Il convient d'établir une distinction entre cette dermatite et la schistosomiase humaine, une infection beaucoup plus grave causée par des espèces du genre Schistosoma qui ne s'observe d'ordinaire que dans les régions tropicales (OMS, 2003a).

Les schistosomes à l'origine de la dermatite du baigneur ont un cycle biologique à deux hôtes : un hôte principal (oiseau ou rongeur aquatique) et un hôte secondaire (certaines espèces d'escargots d'eau). Les parasites adultes vivent dans les vaisseaux sanguins de leurs hôtes principaux (oies, bernaches, cygnes, canards, goélands, rats musqués et castors) et leurs oeufs sont évacués dans les excréments de ces animaux. Les oeufs éclosent dans l'eau, libérant des larves nageuses appelées miracidies. Ces dernières se mettent immédiatement à la recherche d'un escargot adapté à contaminer qui leur servira d'hôte et leur permettra de poursuivre leur cycle biologique. Elles se transforment dans les escargots infectés en un autre type de larve appelé cercaire, qui est libéré dans l'eau quand les conditions sont propices. Les cercaires nageurs se mettent à leur tour à la recherche d'un nouvel hôte - oiseau ou autre animal - pour compléter le cycle. Les humains sont des hôtes accidentels de ces parasites. Les cercaires qui viennent en contact avec des humains pénètrent dans la couche externe de la peau, mais ils meurent rapidement car ils ne peuvent plus continuer à se développer, et le cycle est interrompu. La présence des cercaires sous la peau entraîne l'apparition d'une réaction allergique (c'est-à-dire une dermatite schistosomiale ou prurit des baigneurs) qui explique les symptômes observés chez les baigneurs contaminés.

Effets sur la santé

Les effets de la dermatite du baigneur peuvent se faire sentir peu après la baignade, et même en quelques minutes dans certains cas. Habituellement, les baigneurs ressentent d'abord un picotement, des démangeaisons ou une sensation de brûlure. De petits boutons rougeâtres apparaissent d'ordinaire dans les 12 heures qui suivent l'infection; ces boutons peuvent ensuite se transformer en cloques ou en éruptions cutanées accompagnées d'une sensation de démangeaison encore plus forte. L'infection est autorésolutive et dure habituellement deux à cinq jours; les symptômes peuvent toutefois persister jusqu'à deux semaines. La dermatite du baigneur n'est pas contagieuse. Toutefois, comme elle est causée par une réaction allergique, les personnes atteintes peuvent devenir plus sensibles aux infections subséquentes. Dans ces cas-là, les symptômes deviennent plus intenses et se manifestent plus rapidement (British Columbia Ministry of Health, 2005). La sensibilité peut varier considérablement d'une personne à l'autre; certaines réagissent fortement alors que d'autres ne montrent aucun signe de maladie.

Bien qu'on conseille aux personnes atteintes de consulter un professionnel de la santé, les traitements jugés efficaces pour combattre les démangeaisons comprennent l'application de compresses froides; l'utilisation de médicaments antiprurigineux comme les crèmes à base de corticostéroïdes ou les lotions à la calamine; et la prise d'antihistaminiques oraux ou le recours à des bains de sel d'Epsom, de bicarbonate de soude ou de farine d'avoine colloïdale (British Columbia Ministry of Health, 2005; Manitoba Water Stewardship, 2007). On recommande aux personnes atteintes de ne pas se gratter pour éviter tout risque de surinfection bactérienne (CDC, 2004b).

Présence dans l'environnement

Ces schistosomes peuvent être présents dans les eaux douces et sur les plages côtières partout au Canada et dans le nord des États-Unis. On a en fait signalé des cas de dermatite du baigneur dans presque toutes les provinces canadiennes. On indique par ailleurs que l'introduction accidentelle d'espèces d'escargots pouvant servir d'hôtes aux parasites aurait contribué à sa propagation de la côte est de l'Amérique du Nord jusque dans les eaux côtières de la Colombie-Britannique (Leighton et coll., 2004). Les oiseaux (canards et goélands) ont peut-être également participé à l'expansion géographique des parasites (Verbrugge et coll., 2004). La fréquence des rapports d'incidents semble être à la hausse aux États-Unis et au Canada, ce qui reflète peut-être une augmentation de l'utilisation des étendues d'eau à vocation récréative.

La présence des parasites dans les eaux naturelles dépend d'un certain nombre de facteurs biologiques et environnementaux. Il est donc très difficile de prédire où et quand la dermatite du baigneur risque de devenir un problème. La propagation des parasites nécessite la présence en nombres suffisants des hôtes principaux et secondaires. De plus, les dates des diverses étapes du cycle biologique - infection des hôtes principaux et secondaires et libération dans l'eau - ne coïncident pas nécessairement d'une espèce de parasite à l'autre. Ainsi, les contacts avec des parasites peuvent survenir à des moments divers au cours de la saison des loisirs aquatiques (Michigan Department of Environmental Quality, 2005).

On trouve des cercaires aux endroits où les populations d'escargots sont les plus denses, c'est-à-dire habituellement en eau peu profonde, et plus particulièrement aux endroits où les plantes aquatiques sont nombreuses. On pense également que la température de l'eau pourrait avoir un effet important sur la libération de cercaires matures par les escargots infectés. On estime que les eaux plus chaudes pourraient stimuler la production et accroître la concentration des cercaires (Verbrugge et coll., 2004), ce qui expliquerait en partie pourquoi les cas d'infection sont plus fréquents en été. Les organismes peuvent être transportés sur de grandes distances par le vent et les vagues. Des vents du large persistants peuvent conduire à leur accumulation sur la rive, tandis que les baies abritées les retiendront plutôt dans des zones localisées.

Épidémiologie

La plupart des informations disponibles sur la dermatite du baigneur proviennent de rapports de cas signalés de maladies humaines. Dans la plupart des eaux récréatives du Canada, on considère que le risque de dermatite du baigneur lié aux loisirs aquatiques est plutôt faible. Toutefois, ces infections ne sont souvent pas déclarées puisque les symptômes sont habituellement bénins et que les personnes atteintes ne jugent pas opportun de consulter un médecin.

Lévesque et coll. (2002) ont étudié une épidémie de dermatite du baigneur survenue au lac Beauport, lac de loisirs de la région de Québec, en été 1999. Un formulaire de déclaration a été envoyé à 450 familles pratiquant des activités susceptibles de les mettre en contact avec l'eau du lac. Les escargots ont été décrits et la fréquence des infections par des schistosomes au sein de leurs populations a été étudiée. Au total, 63 épisodes infectieux aux caractéristiques compatibles avec celles d'une dermatite schistosomiale ont été signalés, les symptômes touchant principalement les enfants de moins de dix ans. Soixante-neuf pour cent des personnes atteintes s'étaient baignées à la même plage : le seul endroit du lac où on avait relevé la présence d'une population d'escargots. Les personnes les plus touchées étaient celles qui s'étaient baignées en eau peu profonde, au bord de l'eau. On a constaté la présence d'un grand nombre de canards colverts Anas platyrhynchos dans cette région au cours de l'été 1999. Les concentrations de coliformes fécaux, de streptocoques fécaux et d'autres indicateurs de la qualité bactériologique de l'eau étaient faibles sur les plages. Compte tenu des données disponibles, les auteurs ont confirmé que les cas recensés étaient bel et bien causés par des schistosomes. On a conseillé aux riverains de ne pas nourrir les oiseaux aquatiques et on a enlevé les déchets organiques qui se trouvaient dans le principal habitat des escargots pour en réduire les populations. Ces mesures se sont avérées efficaces, aucun nouveau cas de dermatite schistosomiale n'ayant été signalé à cet endroit l'année suivante.

Dans une autre étude, Leighton et coll. (2004) ont examiné des rapports de cas ainsi que les facteurs biologiques qui ont conduit à deux éclosions de dermatite survenues à Crescent Beach, près de Surrey (Colombie-Britannique). Trente-six cas de dermatite ont été signalés au cours de l'été 2001, et 44 autres ont été rapportés en été 2002. Les signes cliniques étaient conformes à une dermatite du baigneur. On a déterminé que l'agent responsable était un cercaire appartenant à l'espèce Austrobilharzia variglandis, transporté par une espèce d'escargot introduite dans la région, l'Ilyanassa obsoleta. Bon nombre des cas de dermatite signalés semblent avoir résulté d'une exposition au parasite dans les cuvettes de marée peu profondes situées dans la portion supérieure de la plage, où beaucoup de gens aiment patauger et où se trouvent de grandes quantités d'escargots. Une étude des taux d'infection des escargots par les schistosomes a laissé constater la présence d'escargots infectés à la plupart des endroits sur la plage. Les raisons de cette éclosion soudaine restent obscures. On savait, depuis plusieurs années, qu'il y avait à cet endroit des schistosomes et des escargots. Au nombre des facteurs qui auraient pu contribuer à cette éclosion, on peut mentionner la fréquentation accrue de la plage par les baigneurs, certains facteurs environnementaux (température, conditions météorologiques), l'âge de la population d'escargots et la taille de la population d'hôtes.

Verbrugge et coll. (2004) ont réalisé une étude épidémiologique prospective afin d'évaluer la fréquence et la gravité des cas de dermatite du baigneur chez les usagers des eaux récréatives du lac Douglas, au Michigan, en juillet 2000. L'étude a porté sur 301 sujets. Les données recueillies représentaient 1 300 jours d'exposition à l'eau pour les 301 baigneurs, et 89 épisodes de dermatite du baigneur ont été recensés (soit une fréquence de 6,8 % par jour d'exposition). Cinquante-deux personnes (17,3 %) ont été atteintes une (58 %), deux (25 %), ou trois fois ou plus (17 %). Il existait une association hautement significative entre la dermatite du baigneur et l'utilisation d'eaux peu profondes. On a également montré que le risque s'accroissait avec le nombre de jours d'exposition signalés. Des incidences plus élevées ont été observées dans les portions sud et est du lac, et on a supposé que cela était dû, au moins en partie, à la persistance des vents du large et à la présence de baies abritées dans ces zones.

Gestion des risques sanitaires

On considère que les schistosomes responsables de la dermatite du baigneur sont présents à l'état naturel dans les eaux de surface canadiennes. Ils ne sont pas liés à la pollution fécale; leur présence n'est donc pas prise en compte par les analyses standard de la qualité de l'eau pour les indicateurs recommandés de contamination fécale. Les facteurs qui influent sur la gravité du problème dans les eaux récréatives varient constamment. Certaines régions peuvent signaler un problème alors qu'elles en étaient auparavant exemptes. De même, les régions où la dermatite du baigneur a été signalée ne demeureront pas nécessairement un problème.

On recommande, en vue de réduire le risque d'exposition humaine à ces schistosomes dans les eaux récréatives, une stratégie de gestion combinant à la fois des mesures visant à contrôler la gravité du danger pour la qualité de l'eau et des mesures pour limiter l'exposition durant les périodes ou dans les régions dont on pense qu'elles présentent des risques accrus.

Il convient d'afficher des avis dans les zones de loisirs aquatiques où des cas de dermatite du baigneur ont été signalés, informant clairement le public du risque d'exposition. Un avis d'interdiction de baignade pourrait également être émis, à la discrétion de l'autorité responsable. Pour en savoir plus sur l'affichage d'informations dans les zones de loisirs aquatiques, voir la partie I du présent document (Gestion des eaux récréatives).

Parmi les autres barrières utiles pour la réduction du risque, on peut mentionner la distribution de matériel éducatif décrivant les mesures que chacun peut prendre pour éviter tout risque d'exposition ou, le cas échéant, réduire la gravité des symptômes d'une infection. Ces documents d'information peuvent notamment inclure les recommandations suivantes :

  • Les adeptes de loisirs aquatiques devraient éviter les zones où des cas de dermatite du baigneur ont été signalés, et celles où des avis sont affichés pour avertir les usagers des risques possibles d'infection.
  • Dans les endroits où on suspecte l'existence de cas de dermatite du baigneur, les usagers devraient particulièrement éviter les zones où la probabilité de rencontrer des schistosomes est la plus élevée, comme les eaux peu profondes présentant de nombreuses plantes aquatiques.
  • Les usagers devraient s'essuyer rapidement dès qu'ils sortent de l'eau. On leur recommande également de se doucher le plus rapidement possible après leurs activités aquatiques récréatives, afin de réduire le plus possible les risques d'infection.
  • Tout usager se sentant indisposé à la suite d'une activité aquatique récréative devrait consulter un professionnel de la santé et, le cas échéant, alerter les autorités appropriées.
  • On rappelle également aux usagers d'éviter de nourrir les oiseaux aquatiques, puisque ces derniers peuvent devenir les hôtes des parasites responsables de la dermatite du baigneur.

7.2 Plantes vasculaires aquatiques et algues

Description

Les plantes vasculaires aquatiques (macrophytes) et les algues peuvent nuire aux utilisations des eaux récréatives. Il est difficile d'estimer l'ampleur de la nuisance que peuvent causer ces organismes, que ce soit sur le plan de leur degré d'interférence avec les activités récréatives, ou sur le plan des risques potentiels pour la santé des usagers des eaux récréatives.

La présence de ces organismes peut poser un risque pour la sécurité des usagers. Les baigneurs risquent de s'empêtrer dans les feuilles des plantes aquatiques. Les amas végétaux peuvent empêcher les gens de voir le fond de l'eau et les dangers sous-marins, et empêcher les surveillants d'apercevoir les baigneurs en difficulté. Les algues qui s'agrippent aux rochers et aux autres substrats (c'est-à-dire le périphyton) peuvent les rendre glissants et provoquer des immersions non voulues dans l'eau ou des blessures.

La croissance excessive de ces plantes peut également entraîner des problèmes esthétiques dans les zones de loisirs aquatiques. Les macrophytes peuvent atteindre de fortes densités et rendre les zones peu profondes, près des rives, impropres à toute activité récréative (Priyadarshi, 2005). Les amas et tapis végétaux qui se délogent peuvent s'échouer sur les rives, où leur décomposition peut conduire à une pollution des plages. En plus d'être inesthétiques, ces amas peuvent également nuire à la jouissance des lieux en produisant des odeurs désagréables et en limitant l'accès à la rive. On a par ailleurs avancé qu'ils pourraient poser un risque pour la santé en attirant des animaux indésirables et en fournissant un milieu propice à la reproduction de diverses espèces d'insectes et de bactéries (Whitman et coll., 2003). Les organismes les plus nuisibles de ce point de vue sont les espèces d'algues vertes du genre Cladophora (Priyadarshi, 2005). On a recensé un nombre incalculable de cas de plages ou de rivages souillés par des masses pourrissantes et nauséabondes de ces algues. Des recherches récentes ont indiqué que les tapis de Cladophora pourraient servir d'habitat secondaire à des bactéries qui risquent d'altérer la qualité de l'eau dans les zones de baignade touchées (Whitman et coll., 2003; Ishii et coll., 2006b).

L'excès de nutriments peut stimuler la croissance des plantes (macrophytes et algues). Ces nutriments peuvent provenir de sources diverses, y compris les pratiques culturales, les eaux usées domestiques et les effluents industriels, qui contribuent tous à augmenter les quantités de phosphore et d'azote présentes dans les écosystèmes aquatiques. On donne à ce phénomène le nom d'eutrophisation due aux cultures. Il a déjà été démontré que la réduction de la qualité de l'eau découlant de la présence de fortes densités d'algues et de conditions d'eutrophisation pouvait faire obstacle aux activités récréatives (Chambers et coll., 2001). Des recommandations pour la qualité de l'eau au Canada ont été élaborées au sujet des diverses espèces consommatrices de phosphore et d'azote, pour protéger le milieu aquatique contre les nutriments et leurs effets sur les organismes aquatiques (CCME, 1999).

Gestion des risques sanitaires

Il convient d'éviter l'accumulation de quantités excessives de plantes aquatiques et d'algues dans les plages de baignade. De même, il est déconseillé de se livrer à des activités récréatives dans les régions où ces organismes sont présents en quantités telles que les autorités responsables estiment qu'ils présentent un risque potentiel pour la santé ou la sécurité des usagers des eaux récréatives. On recommande de procéder à une enquête relative à la sécurité et à l'hygiène du milieu au début de chaque saison de baignade, afin de déterminer les dangers potentiels pour la sécurité qui pourraient se présenter dans une zone d'eaux récréatives donnée. Une des mesures de sécurité envisageables par la suite pourrait être l'affichage d'avis rappelant au public que ces végétaux peuvent nuire à la visibilité des baigneurs et présenter un risque pour la sécurité des baigneurs qui s'y empêtrent. On trouvera de plus amples informations sur l'affichage de tels avis dans la partie I du présent document (Gestion des eaux récréatives).

Il convient par ailleurs de reconnaître que les plantes aquatiques et les algues peuvent également constituer un habitat important pour les poissons et les autres biotes aquatiques. Les mesures de gestion qui consistent à éliminer des organismes du milieu naturel sont déconseillées, puisqu'elles nuisent à l'environnement aquatique et qu'elles sont en général peu efficaces tant d'un point de vue pratique (les plantes repoussent rapidement) que d'un point de vue économique. Le recours à des produits antiparasitaires n'est pas non plus recommandé, puisque ces produits risquent de devenir un danger pour les usagers des eaux récréatives lorsqu'ils ne sont pas utilisés correctement, et qu'ils peuvent par ailleurs avoir des effets pervers sur le fonctionnement des écosystèmes aquatiques.

Le recours à des méthodes plus efficaces de nettoyage des rives pour éliminer les masses de plantes et d'algues échouées constitue une autre façon de réduire les risques pour les usagers des eaux récréatives. La détermination des principales sources d'apports nutritifs dans le bassin versant et l'élaboration de stratégies de réduction de ces apports constituent par ailleurs des mesures de gestion à plus long terme pouvant servir de barrières pour réduire l'incidence de ces organismes.

7.3 Autres organismes

De nombreux autres organismes peuvent nuire à l'utilisation sûre et agréable des eaux récréatives au Canada. Par exemple, sur certaines plages côtières, les méduses peuvent infliger de douloureuses piqûres aux usagers. Par ailleurs, les zones infestées de sangsues sont à éviter. Enfin, les baigneurs peuvent se blesser en marchant sur des oursins et sur des coquilles de moules. Comme la présence de ces organismes est souvent limitée à des zones ou à des régions particulières, on recommande que, le cas échéant, les autorités responsables fournissent aux usagers des eaux récréatives les renseignements utiles à leur sujet. Il peut par exemple s'agir d'informer les gens sur les risques que peuvent poser ces organismes, ou de mesures permettant de réduire les risques d'exposition.

Résumé
  1. Des activités en eaux récréatives ne devraient pas se dérouler dans les zones où l'on sait que se trouve l'un quelconque des organismes décrits dans cette section, en quantités telles qu'on estime qu'il présente un risque pour la santé ou la sécurité des usagers de ces eaux. Une enquête relative à la sécurité et à l'hygiène du milieu constitue un outil important pour déterminer les dangers liés à la qualité de l'eau susceptibles d'apparaître au sein de la zone de loisirs aquatiques.
  2. Des barrières efficaces, permettant de protéger les usagers des risques pour la sécurité susceptibles de se présenter durant l'exercice d'activités récréatives, peuvent inclure l'affichage d'avis ou la diffusion de matériel éducatif les informant des risques présentés par une qualité d'eau donnée, des mesures visant à réduire les risques de contact, et des mesures qu'il est possible de prendre en cas d'exposition.
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