ARCHIVÉE - Oxyde de bis(2-chloroéthyle) - LSIP1

Environnement Canada
Santé Canada
1993
ISBN : 0-662-98127-8
No de catalogue : MAS En40-215/9F

Loi canadienne sur la protection de l'environnement

Table des matières

Synopsis

Le phtalate de bis(2-éthylhexyle) [appelé phtalate de bis-(éthyl-2 hexyle) dans la Liste des substances d'intérêt prioritaire], un ester dioctylique ramifié de l'acide phtalique, est le plastifiant de type phtalate le plus utilisé au Canada. En 1991, la production canadienne globale de phtalate de bis(2-éthylhexyle) a atteint à peu près 5 kt; à cette quantité viennent s'ajouter les importations qui se sont élevées à 5 kt. D'autres quantités de cette substance sont importées au pays à l'intérieur de produits de chloroéthylène homopolymérisé plastifié et d'autres produits plastiques. Même s'il existe peu de données quantitatives à ce sujet, on sait néanmoins que la fabrication du phtalate de bis(2-éthylbexyle) et son utilisation industrielle entraînent des rejets de cette substance dans l'environnement canadien. Les articles en plastique en dégagent aussi de faibles quantités. Le phtalate de bis(2-éthylhexyle) est éliminé rapidement de l'atmosphère par photo-oxydation, sa demi-vie étant de plusieurs heures. On ne s'attend pas à ce que le phtalate de bis(2-éthylhexyle) soit persistant en conditions aérobies, sa demi-vie de disparition des eaux de surface étant au maximum de quelques semaines. Le phtalate de bis(2-éthylhexyle) persiste davantage en conditions anaérobies, car sa demi-vie est alors d'au moins un an.

On possède très peu de données sur les concentrations de phtalate de bis(2-éthylhexyle) présentes au Canada dans l'atmosphère, les eaux de surface, les effluents industriels et les boues d'égout. En outre, aucune donnée n'a été trouvée sur les emplacements situés près des installations canadiennes connues de production de phtalate de bis(2-éthylhexyle). Aucune donnée toxicologique canadienne n'a été trouvée sur les organismes vivants existant dans des sédiments. Il n'existe pas suffisamment de renseignements récents sur les concentrations de phtalate de bis(2-éthylhexyle) présentes dans les organismes vivants pour évaluer l'exposition de la faune terrestre à cette substance.

D'après des estimations, les concentrations de phtalate de bis(2-éthylhexyle) présentes dans l'atmosphère seraient faibles et cette substance aurait une demi-vie courte dans ce milieu. On ne s'attend pas à ce qu'elle contribue comme telle ni à la formation d'ozone au niveau du sol, ni au réchauffement planétaire, ni à la destruction de l'ozone stratosphérique.

On a évalué, d'après la quantité limitée de données disponibles sur les concentrations de phtalate de bis(2-éthylhexyle) présentes dans les aliments, l'air ambiant, l'air intérieur, l'eau potable, le sol et les produits pour enfants, les doses journalières moyennes totales de phtalate de bis(2-éthylhexyle) reçues par divers groupes d'âge de la population en général. Au Canada, ces estimations peuvent être légèrement supérieures, pour certains groupes d'âge, à la dose journalière admissible calculée en fonction des résultats des études faites sur les animaux de laboratoire. La dose journalière admissible est la dose à laquelle on croit qu'une personne peut être exposée pendant toute sa vie sans ressentir d'effets nocifs.

À la lumière des données disponibles, il n'existe pas suffisamment de renseignements pour conclure si le phtalate de bis(2-éthylhexyle) pénètre ou peut pénétrer dans l'environnement canadien en quantité ou en concentration ou dans des conditions qui ont un effet nocif pour l'environnement. On a cependant conclu que cette substance ne pénètre pas dans l'environnement ni en quantité, ni en concentration, ni dans des conditions qui constituent un danger pour l'environnement essentiel pour la vie humaine. On a également conclu que le phtalate de bis(2-éthylhexyle) peut pénétrer dans l'environnement en quantité ou en concentration ou dans des conditions susceptibles de constituer un danger pour la santé humaine au Canada.

1.0 Introduction

La Loi canadienne sur la protection de l'environnement (LCPE) exige que le ministre de l'Environnement et le ministre de la Santé nationale et du Bien-être social du Canada établissent et publient la Liste des substances d'intérêt prioritaire, qui énumère des substances (produits chimiques, groupes de produits chimiques, effluents et déchets) qui peuvent être nocives pour l'environnement ou constituer un danger pour la santé humaine. En outre, la Loi exige que les deux ministres évaluent ces substances et déterminent si elles sont toxiques au sens de l'article 11 de la Loi, qui prévoit ce qui suit :

[...] est toxique toute substance qui pénètre ou peut pénétrer dans l'environnement en une quantité ou une concentration ou dans des conditions de nature à :

  1. avoir, immédiaternent ou à long terme, un effet nocif sur l'environnement;
  2. mettre en danger l'environnement essentiel pour la vie humaine;
  3. constituer un danger au Canada pour la vie ou la santé humaine.

Les substances jugées toxiques au sens de l'article 11 peuvent être inscrites à l'annexe I de la Loi. On peut ensuite envisager d'élaborer des règlements, des directives ou des codes de pratiques en vue de contrôler tous les aspects de leur cycle de vie, depuis la recherche et le développement jusqu'à l'élimination finale, en passant par la fabrication, l'utilisation, le stockage et le transport.

Pour déterminer si l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) est toxique au sens de la LCPE, on a déterminé si cette substance pénètre ou peut pénétrer dans l'environnement au Canada en une concentration ou une quantité ou dans des conditions qui pourraient entraîner l'exposition des humains ou d'autres organismes vivants à des concentrations susceptibles de causer des effets nocifs.

Les données requises pour évaluer la toxicité de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle), au sens de la LCPE, sont tirées de rapports de synthèse (ATSDR, 1989; Durkin et al., 1975; Clement Associates Inc., 1989; Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis, 1980, 1987a, 1987b, 1990), ainsi que de documents de référence et articles retracés dans des bases de données électroniques, lors de recherches faites d'avril à novembre 1991. Ces bases de données incluaient : AQUIRE, AQUALINE, AQUAREF, BIOSIS Previews, CAS ONLINE, CAB, CCINFO, Chemical Evaluation Search and Retrieval System (CESARS), Chemical Hazards Response Information System (CHRIS), Cooperative Documents Projects (CODOC), le catalogue de la bibliothèque ministérielle d'Environnement Canada (ELIAS), ENVIROLINE, le Federal Register des États-Unis, Hazardous Substances Data Bank(HSDB), Integrated Risk Information System(IRIS), MICROLOG, Pollution Abstracts, Registry of Toxic Effects of Chemical Substances (RTECS), TOXLINE, TOXLIT, TRI (TOXNET). L'examen des informations sur le devenir et les effets environnementaux de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) a été effectué, dans le cadre d'un contrat, par Monenco Consultants Ltd.; Cambridge Environmental Inc. a fait de même pour les effets de cette substance sur la santé humaine (Croy et al, 1991). En outre, on a demandé à des responsables des gouvernements fédéral et provinciaux de fournir toutes les données de contrôle (non publiées) disponibles sur les concentrations de ce composé organique dans l'environnement au Canada, y compris l'eau potable. Le présent rapport ne tient pas compte des données relatives à ses effets sur la santé humaine et sur l'environnement obtenues après le février et juin 1992, respectivement.

En outre, on a consulté des rapports de synthèse au besoin. Cependant, toutes les études originales qui ont servi à déterminer si l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) est toxique au sens de la LCPE ont été soumises à un examen critique par les employés suivants d'Environnement Canada (en ce qui concerne la pénétration dans 1'environnement, l'exposition de l'environnement et les effets sur l'environnement) et de Santé et Bien-être social Canada (en ce qui concerne l'exposition des humains et les effets sur la santé humaine) :

Environnement Canada

  • D. Boersma
  • C. Fortin
  • S. Walker

Santé et Bien-être social Canada

  • R.G. Liteplo
  • M.E. Meek

Le présent rapport contient un sommaire concernant l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) qui sera publié dans la Gazette du Canada. La section 2.0 offre un sommaire detaillé des données techniques essentielles pour l'évaluation, qui sont exposées en plus grand détail dans un document à l'appui distinct. C'est à la section 3.0 qu'on établit si l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) est toxique au sens de la LCPE.

Dans le cadre des mécanismes d'examen et d'approbation établis par Environnement Canada, les sections du rapport traitant de l'environnement ont été révisées par des pairs, en l'occurrence, M.M. Derek Muir, Ph.D. (Pêches et Oceans Canada, Winnipeg, Manitoba) et Keith Solomon, Ph.D. (Centre for Toxicology, Guelph, Ontario). Les sections traitant des effets sur la santé humaine ont été approuvées par le Comité de décision sur les normes et les recommandations du Bureau des dangers des produits chimiques de Santé et Bien-être social Canada. Le rapport d'évaluation intégral a été revisé et approuvé par le Comité de gestion de la LCPE d'Environnement Canada et de Santé et Bien-être social Canada.

Pour obtenir des exemplaires du présent rapport d'évaluation et du document à l'appui non publié, on peut communiquer avec l'un ou l'autre des bureaux suivants:

Direction des produits chimiques commerciaux
Environnement Canada
14e étage, Place Vincent-Massey
351, boul. Saint-Joseph
Hull (Québec)
K1A 0H3

Centre d'hygiène du milieu Santé et Bien-être social Canada
Pièce 104
Parc Tunney
Ottawa (Ontario)
K1A 0L2

2.0 Sommaire des données critiques pour l'évaluation de la toxicité

2.1 Identité, propriétés, production et utilisations

L'oxyde de bis(2-chloroéthyle) (appelé oxyde di-(chloro-2 éthylique) dans la Liste des substances d'intérêt prioritaire) est un oxyde b-chloroalkylique (EPA, 1980) qui porte le numéro de registre 111-44-4 du CAS (Chemical Abstracts Service). Sa formule moléculaire est C4H8C120, et sa formule développée est (ClCH2CH2)2O. Il est aussi connu par d'autres noms, dont oxyde de bis(chloro-2 éthyle), éther dichloro-2,2' éthylique et éther beta-beta dichloroéthylique (AFNOR, 1987) ainsi que BCEE (d'après l'appellation anglaise bis(2-chloroethyl ether). L'oxyde de bis(2-chloroéthyle) est un liquide incolore et volatil dégageant une odeur de « solvant chloré » (Sittig, 1981). Aux températures ambiantes, ce composé organique possède une tension de vapeur de 0,095 kPa (Verschueren,1983), son coefficient de partage n-octanol/eau faible (valeur logarithmique Koe) varie de 1,0 (Sittig, 1981) à 1,58 (Hawley, 1981), et il a une grande solubilité dans l'eau, qui est comprise entre 10 200 (Verschueren, 1983) et 17 400 mg/L (Hake et Rowe, 1963). Les valeurs publiées du logarithme du coefficient de partage carbone organique/eau (Kco) varient de 0,80 (Ellington et al., 1991) à 1,14 (Mabey et al., 1982). Pour doser cette substance dans l'environnement, on utilise couramment comme méthode analytique la chromatographie gazeuse avec spectrométrie de masse et la chromatographie gazeuse avec capture d'électrons (Dressman et al., 1977; Quaghebeur et al., 1986).

Les informations fournies en réponse à un avis publié en vertu du paragraphe 16(1) de la LCPE indiquaient qu'il n'y a eu aucune activité commerciale ayant mis en cause plus de un kilogramme d'oxyde de bis(2-chloroéthyle) au Canada en 1990 ou 1991 (Environnement Canada, 1992). Toutefois, on a indiqué que ce composé aurait été utilisé au Canada entre 1984 et 1986 sous forme de fragrance, de parfum, de désodorisant ou d'agent parfumant (Gazette du Canada, 1991).

Aux États-Unis, selon les informations publiées, l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) est utilisé comme réactif intermédiaire dans la synthèse de l'acide méthyldithiocarbamique, un fongicide connu sous le nom de métam-sodium. On suppose que l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) est présent en quantités traces dans le produit final. Le métam-sodium est homologué au Canada, en vertu de la Loi sur les produits antiparasitaires. Ce fongicide est importé au Canada aux fins d'utilisation, mais il n'est pas fabriqué au Canada.

2.2 Pénétration dans l'environnement

On ne retrouve pas 1'oxyde de bis(2-chloroéthyle) à l'état naturel. Toute quantité détectée dans l'environnement est donc d'origine anthropique (EPA, 1980).

Ce composé organique pénètre dans l'environnement canadien sous forme de sous-produit de la chloration de déchets contenant de l'éthylène ou du propène. Dans le cadre de la Strategie municipale et industrielle de dépollution (SMID) du ministère de l'Environnement de l'Ontario (MEO), on a détecté de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) dans les effluents internes d'une usine de produits chimiques organiques dans le sud de l'Ontario (MEO, 1991a). Toujours dans le cadre de la SMID, on a détecté ce composé dans des échantillons prélevés dans une aciérie dans le sud de l'Ontario (MEO, 1991b). On n'a pas encore expliqué le mécanisme exact de production de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) dans cette aciérie.

Comme il est mentionné à la sous-section 2.1, l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) peut être présent sous forme de contaminant dans un fongicide importé au Canada. Toutefois, on a estimé, d'après les quantités importées et le niveau connu de contamination, que cette source en aurait rejeté moins de 100 grammes dans l'environnement canadien en 1990 (Agriculture Canada -Environnement Canada, 1992).

Par ailleurs, parmi les 275 échantillons prélevés dans des eaux d'égout brutes à Toronto, Ontario, on a également détecté de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) dans deux de ceux-ci et dans un échantillon d'effluents secondaires. L'oxyde de bis(2-chloroéthyle) était en concentrations supérieures à la limite de détection (15 mg/L), mais on n'a pu les doser précisément, en raison de limites associées au contrôle de la qualité analytique (MEO, 1988). On n'a pas detecté de cette substance dans des effluents primaires et tertiaires.

Aux États-Unis, on a estimé que 2 700 kg d'oxyde de bis(2-chloroéthyle) ont été rejetés dans l'environnement en 1989. De cette quantité, 70 % a été rejeté dans 1' air, tandis que le reste (30 %) l'a été dans l'eau (EPA, 1990; Toxic Release Inventory).

2.3 Informations sur l'exposition

2.3.1 Devenir

L'EPA (1992) a estimé que la demi-vie de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) en réaction avec les radicaux hydroxyle présents dans 1'atmosphère est d'environ 2,8 jours. On a fait état d'une demi-vie de 13,44 h pour ce composé en phase gazeuse soumis à la photolyse indirecte (EPA, 1987a). Vu sa grande solubilité dans l'eau, cette substance serait probablement lavée de l'atmosphère par les pluies (Durkin et al, 1975).

On a estimé une demi-vie de 20 à 22 ans pour l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) sous l'effet de l'hydrolyse à une température de 20°C (Mabey et al., 1982; Milano et al., 1989). Avec une constante de la loi de Henry de faible à moyenne (1,3 Pa·m3/mole), cette substance aurait tendance à demeurer dans l'eau. En utilisant la méthode de Mackay et Wolkoff (1973), Durkin et al. (1975) ont calculé, pour 1'oxyde de bis(2-chloroéthyle), une demi-vie de 5,78 jours à 25°C dans le cas de la volatilisation à partir d'une masse d'eau. Pareillement, l'EPA (1987a) a calculé une demi-vie de 3,4 jours (à partir de l'eau). Par conséquent, ce composé présent dans les eaux de surface sera probablement éliminé en deçà d'une semaine, bien qu'il puisse persister dans les eaux de fond.

On n'a pas encore saisi les mécanismes de biodégradation de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) dans les systèmes aquatiques. Dans la seule étude repérée sur ce sujet, Tabak et al. (1981) ont indiqué que ce composé était complètement biodégradé en sept jours dans un milieu aqueux dans lequel on avait introduit des boues d'égout.

D'après sa valeur Kco et sa solubilité dans l'eau, 1'oxyde de bis(2-chloroéthyle) ne devrait pas s'adsorber sur les sols ou les sédiments, et on le juge donc mobile dans ces milieux (EPA, 1987a). Wilson et al. (1981) ont fait état du lessivage rapide de cette substance dans les sols sableux.

On ne comprend pas bien la biodégradation de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle), bien que ce mécanisme puisse jouer un certain rôle dans le devenir de cette substance dans les sols. Kincannon et Lin (1986) ont indiqué une demi-vie d'environ 16,7 jours pour ce composé organique dans les sols, d'après les résultats d'une étude de 97 jours sur une colonne de sols, étude dans laquelle on a quantifié la dégradation de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) mélangé à de 1'hexachloroéthane (sous forme de composant de boues de déchets dangereux). Selon l'EPA (1987a), cette substance devrait, en raison de sa tension de vapeur, se volatiliser assez rapidement à partir des surfaces sèches. Dans la seule étude trouvée sur la volatilisation à partir du sol, soit une étude en microcosme d'une durée de sept jours effectuée par Pinowi et al. (1986), on a gardé le sol humide et on a calculé qu'une quantité assez faible (3 %) d'oxyde de bis(2-chloroéthyle) appliqué s'était volatilisée.

En ce qui concerne le biote, Barrows et al. (1978) ont publié un facteur de bioconcentration (FBC) de 11 et une demi-vie biologique entre quatre et sept jours pour le crapet arlequin (Lepomis macrochirus), d'après les resultats d'une étude dans laquelle les poissons avaient été exposés à l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) pendant 14 jours à une concentration moyenne de 10 mg/L dans l'eau, dans des conditions d'écoulement continu.

2.3.2 Concentrations

On n'a trouvé aucune information sur la concentration d'oxyde de bis(2-chloroéthyle) dans l'environnement canadien ou dans la nourriture. On n'a pas détecté cette substance dans 50 échantillons d'eau potable prélevés à Toronto, ni dans huit échantillons d'eau de source embouteillée, en 1990 (limites de détection de 0,000 03 et 0,001 mg/L, respectivement) (Kendall, 1990). En Alberta, on n'en a pas mesuré dans l'eau potable (limite de détection de 1 mg/L) depuis 1986, bien que l'on en ait détecté des quantités traces dans un échantillon prélevé en 1989 (ministère de l'Environnement de l'Alberta, 1991).

Le ministère de l'Environnement de l'Ontario a signalé, dans le cadre de la SMID, la présence de ce composé organique (en 1989 et 1990) dans les effluents internes d'une usine produisant du méthyloxiane à Sarnia, Ontario, (limite de détection de 4,4 mg/L); la concentration moyenne d'oxyde de bis(2-chloroéthyle) était de 375 mg/L, les valeurs obtenues allant de 6,1 à 1 057  mg/L (MEO, 1991a). La concentration moyenne de ce composé dans les effluents internes de l'usine en 1991 était de 46 mg/L, les valeurs obtenues allant de 15 à 376 mg/L. Ces effluents sont dilués avec de l'eau de refroidissement avant d'être rejetés dans l'environnement et, bien que les concentrations d'oxyde de bis(2-chloroéthyle) à la sortie des tuyaux n'aient pas été mesurées, elles étaient probablement inférieures à la limite de détection. Dans une autre usine en Alberta où se déroule une activité industrielle similaire, les concentrations de cette substance au point de rejet dans l'environnement étaient inférieures à la limite de détection de 10  mg/L (NAQUADAT, 1991).

On a également décelé de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) dans cinq des 12 échantillons mensuels d'effluents internes d'une aciérie du sud de 1'Ontario, dans le cadre de la SMID. Dans quatre de ces échantillons, la concentration de ce composé était de 18 mg/L, et le cinquième échantillon en contenait 9 mg/L (limite de détection de 4,4 mg/L) (MEO, 1991b).

La plus forte concentration d'oxyde de bis(2-chloroéthyle) trouvée aux États-Unis l'a été dans des effluents industriels (8 à 170 mg) et les lixiviats provenant d'une décharge (12 400 mg/L) (DeWalle et Chian, 1981). La plus forte concentration trouvée dans certaines caux de surface était de 1,4 mg/L (Pellizzari et al., 1979). Toujours aux États-Unis, on a trouvé de cette substance dans certains échantillons d'eau potable municipale, à des concentrations atteignant 0,6 mg/L (moyenne estimée inférieure à 0,1  mg/L) (Manwaring et al., 1977). Aucune de ces études n'a mentionné les limites de détection en cause.

2.4 Information sur les effets

2.4.1 Animaux de laboratoire et in vitro

La toxicité aiguë de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) est élevée après son absorption par les voies respiratoire, orale ou cutanée. Carpenter et al. (1949) ont calculé' des CL50 (concentrations létales 50) de 1 000 ppm (5 850 mg/m3) et de 20 ppm (117 mg/m3) après avoir exposé des rats à de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) pendant 0,75 et 4 heures, respectivement (Smyth et Carpenter, 1948; Carpenter et al., 1949). La DL50 (dose létale 50) obtenue par administration orale de cette substance à des animaux de laboratoire varie de 75 à 136 mg/kg (Smyth et Carpenter, 1948; Spector, 1956, cité dans Durkin et al., 1975).

Les donnéees sur la toxicité à court terme consistent essentiellement en résultats provenant de deux études (limitées) dans lesquelles on a cherché à trouver les plages de toxicité chez des souris. Dans une étude, on a utilisé une voie d'exposition qui ne correspond pas aux voies d'exposition habituelles des humains dans l'environnement général (Theiss et al., 1977; Innes et al., 1969). Dans une étude de toxicité subchronique inédite, on avait exposé, par voie respiratoire seulement, les animaux à une dose unique d'oxyde de bis(2-chloroéthyle) (Dow Chemical, 1958, cité dans Durkin et al., 1975, et dans ATSDR, 1989).

Les seules études trouvées sur les effets chroniques de l'exposit ion à l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) portent sur la cancérogenèse. On a étudié son pouvoir cancérogène dans deux essais biologiques effectués sur des animaux de laboratoire auxquels on avait administré la substance par voie orale (Innes et al., 1969; Weisburger et al., 1981). Dans l'une de ces études (Innes et al., 1969), on a observé des indications d'une incidence accrue des tumeurs hépatiques chez la souris. Toutefois, ces études étaient restreintes par plusieurs facteurs : petitesse des groupes étudiés (Innes et al., 1969; Weisburger et al., 1981); utilisation de doses uniques d'oxyde de bis(2-chloroéthyle) (Innes et al., 1969); présentation inadéquate de la pathologie tumorale (Innes et al., 1969; Weisburger et al., 1981) ou de l'incidence des tumeurs (Weisburger et al., 1981); brèves périodes d'exposition (Innes et al., 1969); évaluation inadéquate des effets autres que l'action tumorigène (Innes et al., 1969; Weisburger et al., 1981).

Dans l'étude de Weisburger et al. (1981), on a administré (par gavage) à de petits groupes de rats Charles River CD males et femelles de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) à raison de 25 ou 50 mg/kg, deux fois par semaine pendant 78 semaines, après quoi le traitement a été interrompu et les animaux sont demeurés sous observation pendant une période additionnelle de 26 semaines. Ces auteurs ont fait état (sans données quantitatives à l'appui, toutefois) d'une «différence substantielle» entre le poids moyen des femelles exposées à l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) et les témoins correspondants, et une «réduction» du poids moyen des rats males exposés à la dose élevée.

D'autres études sur la cancérogénicité de cette substance ont consisté en essais biologiques limités portant sur le pouvoir tumorigène au niveau des poumons chez des souris ayant reçu le composé par voie intrapéritonéale (Theiss et al., 1977), sur 1' action tumorigène au point d'injection (sous-cutanée) (Van Duuren et al., 1972) et sur le pouvoir tumorigène sur la peau des souris (Van Duuren et al., 1972). Les résultats de ces études limitées ont été en grande partie négatifs (c.-à-d. qu'on n'a pas observé d'augmentation de l'incidence des tumeurs).

La génotoxicité de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) a fait l'objet de quelques études (surtout sur la mutagenicité, par des essais biologiques sur des bactéries) dont les résultats sont équivoques : certaines analyses sur des bactéries ont indiqué que ce composé est mutagène, alors que d'autres analyses ont eu des résultats opposés. Jorgenson et al. (1977) ont effectué des analyses de translocation héréditaire sur des souris exposées à cette substance (par gavage) et ont conclu que l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) n'est probablement pas mutagène, bien qu'ils n'aient pas fourni les details de l'expérience.

On n'a trouvé aucune information sur la toxicité de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) sur les systèmes reproductif, neurologique, immunologique ou de croissance.

2.4.2 Humains

Les informations relatives aux effets de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) sur les humains proviennent de seulement quelques études de cas et d'une étude clinique. Schrenk et al. (1933) ont indiqué qu'une « brève » exposition par inhalation (durée non précisée) de volontaires mâles à ce composé, à des concentrations comprises entre 550 et 1 000 ppm (3 218 à 5 850 mg/m3) causait une irritation extrême des yeux (larmoiement) et des voies nasales, et qu'une telle exposition était jugée intolérable. On n'a pas trouvé de données épidémiologiques sur les effets de l'exposition chronique à l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) sur la santé humaine.

2.4.3 Écotoxicologie

On a fait état d'une CL50 - 7 jours chez le guppy (Poecilia reticulata) de 56,9 mg/L (Konemann, 1981). Buccafusco et al. (1981) ont indiqué une CL50 - 96 h de 600 mg/L pour le crapet arlequin (Lepomis macrochirus). LeBlanc (1980) a fait état d'une CL50 -48 h de 240 mg/L chez Daphnia magna. Dans ces trois études, on avait exposé des organismes à des doses nominales d'oxyde de bis(2-chloroéthyle) dans des contenants fermés, dans des conditions statiques ou dans des conditions statiques avec renouvellement de l'eau.

Pour ce qui est des microbes, l'activité microbienne anaérobie n'était pas inhibée par l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) présent à des concentrations jusqu'à 100 mg/L dans une solution tampon de nutriment (Johnson et Young, 1983). Cho et al. (1989) ont publié une CL50 et une CL10 de 2 160 et de 600 mg/L respectivement, chez des microbes indigènes dans des étangs de stabilisation des déchets industriels et qui ont besoin d'un apport de matières organiques comme nourriture.

On n'a pas trouvé d'information pertinente sur la toxicité de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) pour la faune.

On n'a trouvé aucune information relativement à ses effets sur la couche d'ozone ou sur le réchauffement de la Terre. Toutefois, vu sa demi-vie relativement courte dans l'atmosphèrc, on ne s'attend pas à ce que cette substance ait des effets sur ces paramètres.

3.0 Évaluation de la «toxicité» au sens de la LCPE

3.1 Effets sur l'environnement (alinéa 11a)

Au Canada, en 1990-1991, il n'y a pas eu d'activité commerciale ayant mis en cause plus de un kilogramme d'oxyde de bis(2-chloroéthyle). On n'a trouvé aucune information au sujet des concentrations d'oxyde de bis(2-chloroéthyle) dans l'environnemcnt canadien. Toutefois, l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) peut être un sous-produit de certains procédés industriels, et il peut se retrouver dans des effluents industriels. On n'a pas mesuré les concentrations de ce composé dans les effluents rejetés par ces procédés dans l'environnement, mais on estime qu'elles sont inférieures à la limite de détection (4,4 mg/L), en raison des dilutions en usine.

L'oxyde de bis(2-chloroéthyle) est très soluble dans l'eau et il a tendance à y demeurer, bien qu'il puisse y avoir une certaine volatilisation de ce composé dans l'atmosphère à partir des sols et de l'eau. Comme ce composé organique ne s'adsorbe pas aux sols, il est mobile dans ceux-ci, notamment dans les sols qui ont une faible teneur en carbone organique, et il peut donc filtrer jusque dans les eaux souterraines. Il n'y a ni bioaccumulation, ni bioamplification de cette substance de façon importante. L'exposition des organismes terrestres à l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) est jugée négligeable en raison des rejets extrêmement faibles de ce composé et de sa brève persistance dans l'atmosphère.

On a fait état d'une CL50 - 7 jours chez le guppy (Poecilia reticulata) de 56,9 mg/L (concentration minimale). La plus faible CL50 signalée pour la toxicité aiguë (48 h) était de 240 mg/L (concentration nominale) chez Daphnia magna. L'oxyde de bis(2-chloroéthyle) est fabriqué et utilisé aux États-Unis, et la plus forte concentration trouvée dans les eaux de surface dans ce pays est de 1,4 mg/L, valeur que l'on a utilisée comme pire scénario pour l'environnement canadien.

Cette concentration est environ 40 000 fois plus faible que la CL50 - 7 jours observée chez le guppy (Poecilia reticulata).

Par conséquent, à la lumiére des données disponibles, l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) n'est pas jugé toxique au sens de l'alinéa 11a) de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement.

3.2 Effets sur l'environnement essentiel pour la vie humaine (alinéa 11b)

Vu la faible persistance de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) dans l'atmosphère et ses rejets extrêmement faibles, cette substance ne contribue pas à l'appauvrissement de la couche d'ozone, au réchauffement de la planète ou à la formation de smog photochimique.

Par conséquent, à la lumière des données disponibles, l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) n'est pas jugé toxique au sens de l'alinéa 11b) de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement.

3.3 Effets sur la vie ou la santé humaine (alinéa 11c)

Vu 1'absence d'information sur la concentration d'oxyde de bis(2-chloroéthyle) dans plusieurs des milieux auxquels les humains sont exposés, il n'est pas possible d'estimer quantitativement l'absorption journalière totale de cette substance par la population canadienne en général. Il n'est pas possible non plus d'estimer l'absorption en se basant sur une modélisation de la fugacité, car aucune activité commerciale n'a été signalée pour ce composé.

Les données disponibles sur la toxicité de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) pour les humains sont extrêmement limitées. Aucune des études à long terme (toxicité subchronique ou chronique, cancérogénicité) effectuées sur des animaux de laboratoire n'est jugée de qualité suffisante pour pouvoir donner des informations utiles sur le pouvoir cancérogène de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle), ou sur les effets toxiques associés à une exposition de longue durée à cette substance. En outre, on n'a pas trouvé d'information concernant ses effets sur la croissance et la reproduction des animaux de laboratoire.

Par conséquent, les données sont insuffisantes pour déterminer si l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) est toxique au sens de l'alinéa 11c) de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement.

3.4 Conclusion

À la lumière des données disponibles, l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) n'est pas jugé toxique au sens des alinéas 11a) et 11b) de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement. De plus, on estime que les données sont insuffisantes pour déterminer si l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) est toxique au sens de l'alinéa 11c) de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement.

4.0 Recommandations pour la recherche

Afin de mieux évaluer les effets de l'oxyde de bis(2-chloroéthyle) sur la santé humaine et l'environnement, les informations suivantes seraient nécessaires:

  1. les concentrations d'oxyde de bis(2-chloroéthyle) dans l'air, l'eau (afin de caractériser le rejet et les charges d'oxyde de bis(2-chloroéthyle) dans les effluents industriels) et la nourriture;
  2. des données toxicologiques provenant d'études de toxicité subchronique et chronique bien conçues et des informations relatives à ses effets toxiques sur la croissance et la reproduction des mammifères;
  3. des données pertinentes sur sa toxicité pour les organismes aquatiques et terrestres présents dans l'environnement canadien.

Toutefois, compte tenu de la quantité minime (voire nulle) d'oxyde de bis(2-chloroéthyle) qui pénètre au Canada, la priorité accordée à cette recherche est faible pour le moment.

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