N'attendez-pas, vaccinez!

L'allaitement et une bonne alimentation n'empêcheront-ils pas les maladies évitables par la vaccination durant l'enfance?

L'allaitement maternel ne remplace pas la vaccination des nourrissons mais il procure une certaine protection contre de nombreuses infections par la présence d'anticorps dans le lait maternel. Les bébés allaités au sein sont, règle générale, moins vulnérables à de nombreuses infections (par exemple les infections respiratoires d'origine virale, les infections de l'oreille (les otites) et la diarrhée) que les bébés qui ne le sont pas. Cependant, la protection fournie par le lait maternel n'est pas complète et même deviendra insuffisante si le bébé est exposé à une grande quantité de germes. De plus, cette protection disparaît rapidement dès la fin de l'allaitement.

Une alimentation saine contribue au bon fonctionnement des mécanismes de défense de l'organisme contre l'infection. Les infections sont plus graves chez les personnes qui ont une alimentation déficiente. En effet, des cellules immunitaires spéciales, les lymphocytes, se détériorent facilement lorsque le régime alimentaire ne renferme pas assez de protéines. Pour cette raison, les enfants mal alimentés risquent beaucoup plus de mourir d'infections comme la rougeole ou la coqueluche que les enfants bien alimentés. D'ailleurs, un manque de vitamine A augmente énormément le risque de maladies graves.

Est-ce seulement les enfants souffrant de malnutrition ou de problèmes du système immunitaire qui meurent de ces infections?

Quoiqu'un enfant mal nourri ou souffrant de problème du système immunitaire soit plus à risque de mourir d'infections telles que la rougeole et la coqueluche, ces dernières peuvent aussi affecter des enfants en bonne santé et bien nourris. La malnutrition n'a pas contribué au décès d'enfants victimes de la coqueluche dans les années 1990 aux Etats-Unis.

Les vaccins fonctionnent-ils vraiment?

Oui!

Les maladies pouvant être prévenues par un vaccin ont diminué de manière appréciable dans les pays dotés de programmes de vaccination bien établis. Là où le taux de vaccination est élevé, le taux de maladies est faible. Par contre, lorsque le taux de vaccination diminue (soit par crainte non fondée que des risques puissent être associés aux vaccins), les maladies et la mortalité qui y est parfois reliée deviennent plus fréquentes.

La variole est la première maladie à avoir disparu grâce à la vaccination. On n'a relevé aucuns cas de variole dans le monde depuis 1979!

La polio paralytique a été supprimée de la plupart des pays grâce à la vaccination. Un programme de vaccination mondial devrait permettre d'éliminer la maladie d'ici cinq ans.

Existe-t-il un risque d'attraper la maladie du vaccin même?

Les vaccins inactivés (comme les vaccins inactivés contre la polio et l'influenza) et les vaccins purifiés (comme les anatoxines de la diphtérie et du tétanos et les vaccins contre le Hib, la coqueluche acellulaire, le pneumocoque, le méningocoque, l'hépatite B, l'hépatite A et le papillomavirus) ne contiennent aucun germe vivant. Ces vaccins stimulent le système immunitaire mais ils ne peuvent pas provoquer d'infection.

Les vaccins vivants atténués (comme le vaccin contre la rougeole, la rubéole, les oreillons et la varicelle) pénètrent les cellules et se multiplient dans l'organisme. Les virus des vaccins sont toutefois suffisamment atténués (affaiblis) en laboratoire pour stimuler l'immunité sans provoquer d'infection. Les virus des vaccins contre la rougeole, la rubéole et les oreillons ne se transmettent pas d'un enfant vacciné à quelqu'un d'autre. Le vaccin contre la varicelle est aussi un vaccin vivant atténué. Il se peut que le virus de ce vaccin soit transmis après son administration à des enfants en santé, mais c'est extrêmement rare. Cependant, le virus du vaccin peut parfois être transmis d'une enfant vacciné qui a la leucémie à d'autres enfants.

Pourquoi certains enfants contractent-ils la rougeole même après avoir été vaccinés?

Les opposants à la vaccination s'empressent de souligner que de nombreux cas de rougeole se déclarent chez les enfants vaccinés. D'après eux, ce phénomène prouve l'inefficacité du vaccin. Au cours des éclosions de rougeole au Canada et aux Etats-Unis dans les années 1990, il est vrai que plus de la moitié des cas se déclaraient chez des enfants d'âge scolaire, vaccinés contre le virus de la rougeole. Toutefois, il est inexact de conclure que le vaccin ne fonctionne pas. Cet argument, trop simpliste, fait appel à une logique erronée.

Nous savons qu'une dose du vaccin contre la rougeole n'est pas totalement efficace. Environ 5% à 10% des enfants ne sont pas complètement protégés après une seule dose du vaccin.

Exemple

Dans une école de 1000 élèves, supposons que 95% des enfants sont vaccinés. Ainsi, on y retrouve donc 950 enfants vaccinés et 50 enfants non vaccinés. Il y aura donc 145 enfants vulnérables à la rougeole, soit 50 enfants non vaccinés et 10% des 950 enfants vaccinés (95 enfants).

Un enfant a la rougeole au retour d'un congé. Cette maladie est tellement contagieuse qu'elle se répand dans l'école comme une traînée de poudre. La moitié des 145 enfants vulnérables contracte la rougeole, c'est-à-dire la moitié des enfants non vaccinés (25) et la moitié des enfants chez qui le vaccin n'a pas fonctionné (47). Au total, il y a 72 cas de rougeole dans l'école.

Les 25 cas de rougeole parmi le groupe non vacciné provenaient d'un total de 50 enfants. Le taux d'infection s'établi donc à 50% dans ce groupe. Toutefois, les 47 enfants vaccinés chez qui le vaccin n'avait pas fonctionné provenait d'un total de 950 enfants, ce qui signifie un taux d'infection de seulement 4,9%.

Ces chiffres nous révèlent que les enfants non vaccinés risquaient dix fois plus de contracter la rougeole ! Le vaccin garantit une efficacité de 90% lorsqu'une seule dose est administrée. Lorsque les enfants reçoivent systématiquement deux doses, le vaccin devient presque parfaitement efficace, et on cesse d'observer des éclosions parmi les enfants vaccinés.

Si la première dose du vaccin contre la rougeole ne protège pas, la deuxième dose protègerait-elle mieux?

La principale raison pour laquelle les nourrissons ne réagissent pas au vaccin contre la rougeole, c'est qu'ils reçoivent des anticorps de leur mère pendant la grossesse. Il faut très peu d'anticorps pour tuer le vaccin contre la rougeole. Si le système immunitaire tue le virus du vaccin, le vaccin ne stimulera pas l'immunité contre le virus naturel de la rougeole. Environ 5% des nourrissons d'un an disposent d'assez d'anticorps contre la rougeole pour réussir à tuer le virus contenu dans le vaccin.

Les études menées sur des enfants qui n'avaient pas réagi à la première dose du vaccin entre 12 et 15 mois démontrent que plus de 99% d'entre eux ont réagi normalement à la seconde dose. Les études portant sur les éclosions dans les écoles confirment que la rougeole est une maladie très rare chez les enfants ayant reçu deux doses du vaccin.

Comment l'immunité qui découle de la vaccination peut-elle être aussi valable que l'immunité qui résulte d'une infection naturelle?

Les opposants à la vaccination soutiennent souvent que l'immunité naturelle provenant d'une infection est plus efficace que l'immunité qui provient d'un vaccin. L'immunité que stimulent la plupart des vaccins est tout aussi efficace que celle qui découle de la maladie. De plus, chaque maladie évitable par la vaccination comporte un grand risque pour la santé. En fait, le risque est démontré que les dommages et les décès attribuables à la maladie est bien plus grand que le soi-disant « bienfait » d'être immunisé par la maladie.

Pour comprendre que les deux modes d'immunisation sont tout aussi efficaces, vous devez d'abord comprendre le fonctionnement du système immunitaire. Un aperçu est présenté ci-dessous,

Le fonctionnement du système immunitaire

Le système immunitaire assure deux fonctions : la réaction immédiate et la réaction à long terme. La réaction immédiate permet de tuer les germes et favorise la guérison. Par ailleurs, la réaction à long terme maintient l'immunité afin de protéger la personne si elle est de nouveau exposée à l'infection plus tard.

La réaction immédiate

Les anticorps et les lymphocytes sont les parties du système immunitaire qui participent à la destruction des mauvais germes. Les anticorps sont des protéines fabriquées par les cellules immunitaires. Ils se fixent à la surface du germe, qu'ils détruisent en l'endommageant directement ou en permettant à des globules blancs de le tuer. Les lymphocytes, une sorte de globules blancs, peuvent attaquer directement certain germes, mais d'ordinaire, ils effectuent plutôt un travail indirect en tuant des cellules infectées par le germe.

Il faut du temps pour que l'organisme développe une réponse immunitaire immédiate. En cas d'infection naturelle, il arrive que l'infection cause de graves lésions ou tue la personne qui en est atteinte avant que la réponse immunitaire ne soit déclenchée.

Les vaccins servent à stimuler les anticorps et les lymphocytes pour qu'ils soient présents dans l'organisme avant l'exposition à certains agents infectieux. Après la vaccination, le système immunitaire réagit comme si une infection s'était produite. Il se peut que le nombre d'anticorps fabriqués par le système immunitaire après l'apparition d'une infection diffère de celui qu'il produit après le vaccin, mais ce sont bien les mêmes types d'anticorps et de cellules immunitaires qui sont fabriqués. Les anticorps et les lymphocytes produits dans les deux cas visent les mêmes éléments présents à la surface du germe infectieux.

La réaction à long terme

Le système immunitaire a une deuxième fonction, celle d'établir une mémoire immunitaire. Lorsqu'on dit qu'une personne est immunisée contre une maladie donnée, c'est que la mémoire immunitaire contre cette infection est établie. Des lymphocytes spéciaux, les cellules mémoires, sont stimulées à la fois par l'infection et par le vaccin. Ces cellules mémoires vivent, ou demeurent actives très longtemps, peut-être même pendant la vie entière. Si une personne immunisée contre une infection est de nouveau exposée à cette infection, les cellules mémoires s'activent et réagissent rapidement en signalant à la fois aux cellules qui fabriquent les anticorps et aux cellules qui s'attaquent aux germes de se mettre au travail.

Il est important cependant, de souligner qu'un ensemble distinct d'anticorps et de lymphocytes attaque chaque type de germe infectieux. Par conséquent, l'immunité contre une infection ne « crée » pas d'immunité contre une autre infection. Les anticorps et les lymphocytes fabriqués en réaction soit à l'infection de la rougeole ou au vaccin de la rougeole ne réagissent qu'au virus de la rougeole. Les cellules mémoires de l'infection par la rubéole n'activeront donc pas les anticorps de la diphtérie.

Bref, l'immunité assurée par les vaccins est tout aussi efficace que celle assurée par la maladie, sans pour autant, entraîner les risques de la maladie.

L'immunité diminue-t-elle avec le temps?

Le taux d'anticorps contenus dans le sang diminue au fil du temps, que ce soit après une infection naturelle ou après un vaccin. Toutefois, même si les anticorps diminuent, la mémoire immunitaire persiste. La plupart des vaccins produisent une mémoire immunitaire qui subsiste très longtemps, sinon toute la vie.

Certains vaccins comme ceux de l'anatoxine diphtérique ou tétanique et du vaccin contre la coqueluche par exemple, il faut répéter l'administration du vaccin pour maintenir la protection. On appelle ces répétitions d'injection des « doses de rappel ». Lorsqu'on administre une dose de rappel à une personne qui possède déjà une mémoire immunitaire (soit par une dose de rappel précédente), la réponse immunitaire qui crée un anticorps (nécessaire pour combattre l'infection) se fait plus rapide et puissante, que si la dose de rappel était administrée à une personne dépourvue de mémoire immunitaire.

Autrement dit, le processus de développement de l'immunité est plus long chez une personne qui n'a jamais été exposée à l'infection auparavant. Pendant la période nécessaire pour que le système immunitaire établisse une immunité contre un germe en particulier, ce germe peut causer de sérieux dommages.

Les adultes risquent-ils de contracter ces infections si leur immunité disparaît?

Des infections comme la rougeole, la rubéole, les oreillons et la varicelle sont beaucoup plus graves chez les adultes que chez les enfants. On se demande donc si les adultes ne seront pas vulnérables lorsque l'immunité obtenue grâce au vaccin administré pendant l'enfance aura disparu. Les infections naturelles par la rougeole et la rubéole favorisent une immunité permanente. Les récentes éclosions de rougeole et d'oreillons au Royaume-Uni ont été causées par la non-vaccination, mais une éclosion d'oreillons s'est produite aux États-Unis en 2006 chez des étudiants du collège et semble avoir été provoquée par une disparition de l'immunité au fil des années.

La vaccination assure aussi une immunité durable. D'ailleurs, la mémoire immunitaire résultant de la vaccination semble persister même si l'on ne décèle plus d'anticorps dans le sang. Les taux de rougeole, de rubéole et de varicelle chez les premières personnes vaccinées, n'ont pas changé malgré le passage du temps. Cependant, l'immunité assurée par le vaccin contre les oreillons peut disparaître au bout de 15 à 20 ans, comme on l'a souligné plus haut.

Le système de surveillance médicale au Canada permet de maintenir une veille sur l'apparition de nombreuses maladies infectieuses. Ce réseau de déclaration complexe permet de déceler les modifications de fréquence des infections qui se déclenchent au sein de la population de l'Amérique du Nord. Si des infections commencent à apparaitre chez des adultes qui ont été vaccinés pendant l'enfance, le réseau réagira en rajustant le programme de vaccination en conséquence par exemple, en ajoutant des doses de rappel du vaccin.

Les doses de rappel sont-elles nécessaires?

Bien que la diphtérie et le tétanos soient également des maladies graves chez les adultes, elles diffèrent quelque peu de la plupart des autres infections en raison de la manière dont elles déclenchent la maladie. Ces deux maladies agissent en produisant une toxine ou poison. La protection contre ces maladies exige la présence de véritables anticorps dans le sang au moment-même où la personne est exposée à la toxine.

Même si la mémoire immunitaire pour ces deux agents infectieux subsiste plus de 40 ans après la vaccination, les taux d'anticorps diminuent au fil du temps. Les toxines infectieuses sont tellement puissantes que la maladie peut se manifester avant même que le système immunitaire ait eu le temps de réagir. Les adultes doivent recevoir des doses de rappel tous les dix ans pour demeurer protégés contre la diphtérie et le tétanos.

La maladie causée par l'anatoxine tétanique n'engendre e pas l'immunité. La toxine produite par le germe du tétanos est tellement puissante que d'infimes quantités provoquent la maladie sans stimuler de réponse immunitaire. Les personnes qui contractent le tétanos doivent donc, elles aussi, se faire vacciner et recevoir les doses de rappel.

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