Projet de décision de réévaluation PRVD2017-18, Perméthrine et préparations commerciales apparentées

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Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire
Le 19 octobre 2017
ISSN : 1925-0983 (version PDF)
Numéro de catalogue : H113-27/2017-18F-PDF (version PDF)

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Si vous avez besoin de renseignements supplémentaires, n’hésitez pas à communiquer avec le Service de renseignements sur la lutte antiparasitaire.

Au Canada, les pesticides sont réglementés par la Loi sur les produits antiparasitaires, qui est administrée par l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada. Les pesticides ne sont homologués (c’est-à-dire approuvés) que si une évaluation rigoureuse indique que les risques pour la santé et l’environnement sont acceptables et que les produits ont une valeur. La Loi sur les produits antiparasitaires prévoit également des évaluations postcommercialisation des pesticides homologués, notamment des examens de réévaluation et des examens spéciaux, afin de déterminer s’ils sont toujours conformes aux normes de Santé Canada en matière de santé et d’environnement, et s’ils peuvent continuer d’être utilisés au Canada.

Dans le cadre du processus menant à toutes les décisions importantes telles que les nouvelles homologations et les examens spéciaux, l’ARLA consulte le public et les autres parties intéressées avant de rendre une décision finale. L’ARLA encourage le public et tous les intervenants à participer au processus de consultation publique. Les projets de décision sont basés sur les renseignements disponibles au moment de l’évaluation, et l’ARLA examine les commentaires et les renseignements reçus pendant la consultation avant de rendre une décision finale fondée sur une approche scientifique. La décision finale sera ensuite publiée dans la section Pesticides et lutte antiparasitaire du site Canada.ca, accompagnée d’un résumé des commentaires reçus lors de la consultation et de la réponse de l’ARLA à ces commentaires.

Les projets de décision de réévaluation ou d’examen spécial n’ont pas d’incidence sur l’état d’homologation et les conditions d’utilisation des produits antiparasitaires sur le marché. Seules les décisions finales peuvent avoir des conséquences sur ceux-ci. Toutefois, la Loi sur les produits antiparasitaires autorise l’ARLA à annuler ou à modifier l’homologation d’un produit antiparasitaire à tout moment pendant la réévaluation ou l’examen spécial de ce produit, s’il y a des motifs raisonnables de croire que ces mesures sont nécessaire pour régler une situation qui présente un danger pour la santé ou la sécurité des humains ou pour l’environnement.

Projet de décision de réévaluation concernant la perméthrine

Après l’évaluation des renseignements scientifiques à sa disposition, l’ARLA juge que, dans les conditions d’utilisation proposées, les risques pour la santé humaine et pour l’environnement associés à la plupart des utilisations de la perméthrine répondent aux normes actuelles. Pour que soit maintenue l’homologation de la perméthrine, l’Agence propose de nouvelles mesures de réduction des risques qui s’appliqueront à certaines préparations à usage commercial homologuées au Canada. De plus, l’ARLA propose d’abandonner les utilisations suivantes compte tenu du manque de données pour évaluer leurs risques pour la santé humaine :

  • utilisation dans les champignonnières;
  • application au moyen d’un pulvérisateur/nébulisateur manuel;
  • application des produits à usage domestique à l’aide d’un brumisateur ou d’un pulvérisateur/nébulisateur manuel.

L’examen de toutes les données et des renseignements soumis pendant la période de consultation pour approfondir l’évaluation des risques sanitaires sera effectué et pourrait entraîner ou non la modification de la présente proposition.

Ce projet de décision de réévaluation (PRVD2017-18) est un document de consultation qui résume l’évaluation scientifique de la perméthrine et expose les motifs du projet de décision.

Ce document de consultation (Projet de décision de réévaluation PRVD2017-18, Perméthrine et préparations commerciales apparentées) comprend deux parties. La section Aperçu décrit le processus réglementaire et les principaux points de l’évaluation, tandis que la section Évaluation scientifique contient des renseignements techniques détaillés au sujet de l’évaluation de la perméthrine.

L’ARLA acceptera les commentaires écrits au sujet du projet de décision pendant une période de 90 jours à compter de la date de publication du PRVD2017-18. Veuillez faire parvenir tout commentaire aux Publications.

Fondements de la décision de réévaluation de Santé Canada

Dans le cadre de son programme de réévaluation des pesticides, l’ARLA évalue les risques que peuvent présenter les produits antiparasitaires ainsi que leur valeur afin de s’assurer qu’ils sont conformes aux normes en vigueur, établies dans le but de protéger la santé humaine et l’environnement. La Directive d’homologation DIR2016-04, Politique sur la gestion de la réévaluation des pesticides, présente les détails de l’approche de réévaluation actuelle.

Afin d’obtenir des précisions sur les renseignements exposés dans ce résumé, veuillez consulter la section Évaluation scientifique du PRVD2017-18.

Qu’est-ce que la perméthrine?

La perméthrine est un insecticide pyréthroïde synthétique à large spectre. Elle est homologuée pour une utilisation sur une large gamme de cultures, dont les céréales et les oléagineux, les légumineuses, les cultures horticoles, le ginseng, le tabac et les plantes ornementales de serre et de plein champ, ainsi que dans les champignonnières. Elle est également homologuée pour les utilisations suivantes : animaux d’élevage, animaux de compagnie, forêts, terres à bois, parcs d’engraissement, traitement antitermites, lieux occupés par les animaux de compagnie, chenils, intérieur et extérieur des maisons, bâtiments agricoles, commerciaux et publics, vêtements militaires, moustiquaires et sol autour des ruches d’abeilles domestiques.

Les préparations commerciales de perméthrine sont appliquées sur les cultures par des agriculteurs, des travailleurs agricoles et des préposés à l’application à l’aide d’un équipement classique d’application au sol ou par voie aérienne ainsi que sur les animaux d’élevage sous forme de traitement à verser, d’étiquette d’oreille ou de gratte-dos insecticide. Les préparations commerciales contenant de la perméthrine sont aussi appliquées par des spécialistes de la lutte antiparasitaire à l’aide du matériel d’application habituel; par des particuliers sous forme de traitement localisé, de colliers traités, de pulvérisation, de poudre ou de shampoing sur les animaux de compagnie; et sous forme de produits prêts à l’emploi ou de bombes aérosol sous pression pour les utilisations à l’intérieur et à l’extérieur. L’ARLA prévoit publier éventuellement un document qui fournira un examen plus approfondi des produits de traitement localisé pour les animaux de compagnie.

Considérations relatives à la santé

Les utilisations approuvées de la perméthrine peuvent-elles nuire à la santé humaine?

Des mesures additionnelles de réduction des risques sont requises sur l’étiquette des produits contenant de la perméthrine. Il est peu probable que ces produits nuisent à la santé humaine s’ils sont utilisés conformément au mode d’emploi figurant sur l’étiquette proposée.

Une personne peut être exposée à la perméthrine par le régime alimentaire (aliments et eau potable), par la manipulation ou l’application de préparations commerciales contenant de la perméthrine, ou par contact avec un site traité (y compris l’entrée dans un tel site). Au moment d’évaluer les risques pour la santé, deux facteurs importants sont pris en considération :

  • la dose n’ayant eu aucun effet sur la santé lors des essais sur les animaux, et
  • la dose à laquelle les gens sont susceptibles d’être exposés.

Les doses utilisées pour évaluer les risques sont établies de façon à protéger les sous-populations humaines les plus sensibles (c’est-à-dire les enfants et les mères qui allaitent). Pour cette raison, le sexe et le genre sont pris en compte dans l’évaluation des risques. Seules les utilisations entraînant une exposition à des doses bien inférieures à celles n’ayant eu aucun effet nocif chez les animaux de laboratoire sont considérées comme acceptables à des fins d’homologation.

Les études toxicologiques effectuées sur des animaux de laboratoire permettent de décrire les effets sur la santé qui pourraient découler de divers degrés d’exposition à un produit chimique donné et de déterminer la dose à laquelle aucun effet n’est observé. Les effets constatés chez les animaux se produisent à des doses plus de 100 fois supérieures (et souvent beaucoup plus) aux doses auxquelles les humains sont normalement exposés lorsque les produits antiparasitaires sont utilisés conformément au mode d’emploi figurant sur leur étiquette.

Chez les animaux de laboratoire, le principe actif de qualité technique perméthrine présentait une toxicité aiguë élevée par voie orale. Elle présentait une toxicité aiguë faible par voie cutanée et par inhalation, et elle était minimalement irritante pour les yeux et faiblement irritante pour la peau. Dans l’une des deux études sur les animaux examinées, la perméthrine a causé une réaction allergique cutanée. Des effets temporaires tels que des démangeaisons, une sensation de brûlure, des picotements ou un engourdissement de la peau ont été signalés chez des humains exposés à la perméthrine par voie cutanée.

Les résultats des tests de toxicité à court et à long terme (durée de vie) chez les animaux fournis par les titulaires et les renseignements provenant des publications scientifiques ont été évalués pour établir le potentiel de neurotoxicité et d’immunotoxicité de la perméthrine, ainsi que sa capacité à causer une toxicité chronique, le cancer, une toxicité pour la reproduction et le développement, et divers autres effets. Les critères d’effet les plus sensibles pour l’évaluation des risques étaient des effets sur le système nerveux, le foie et le poids corporel. Après l’administration de perméthrine sur une longue durée, des tumeurs bénignes du poumon ont été constatées chez les souris, et des tumeurs du foie et de la thyroïde ont été constatées chez les rats. Des signes de sensibilité ont été observés chez les jeunes exposés directement à la perméthrine. L’évaluation des risques protège contre les effets toxiques de la perméthrine en faisant en sorte que l’exposition humaine demeure bien inférieure à la dose la plus faible à laquelle ces effets toxiques surviennent chez les animaux de laboratoire.

Résidus de pesticides dans les aliments et l’eau potable

Les risques liés à la consommation d’aliments et d’eau potable ne sont pas préoccupants lorsque les produits contenant de la perméthrine sont utilisés conformément au mode d’emploi proposé sur l’étiquette.

Les doses de référence sont les doses auxquelles une personne peut être exposée pendant une seule journée (exposition aiguë) ou toute sa vie (exposition chronique) sans qu’on s’attende à des effets nocifs sur sa santé. En général, l’exposition alimentaire par l’ingestion d’eau et d’aliments est acceptable si elle est inférieure à 100 % de la dose aiguë de référence ou de la dose chronique de référence (dose journalière admissible). La dose journalière admissible est une évaluation du degré d’exposition quotidienne à des résidus de pesticide que l’on estime ne pas causer d’effets nocifs importants au cours d’une vie entière. En ce qui a trait à l’évaluation des risques de cancer, un risque de cancer à vie inférieur à un pour un million (1 × 10-6) est généralement considéré comme acceptable pour la population générale, lorsque les personnes sont exposées aux résidus de pesticides présents sur ou dans les aliments et l’eau potable, ou exposées accidentellement d’une autre façon.

L’évaluation de l’exposition à la perméthrine par le régime alimentaire comprenait l’exposition potentielle aux résidus de perméthrine dans les cultures et les denrées d’origine animale traitées (y compris celles qui sont importées) et dans l’eau potable, pour la population générale et différents sous‑groupes de la population, dont les enfants et les femmes en âge de procréer. Les estimations des risques de toxicité aiguë, de toxicité chronique et de cancer liés à l’exposition par le régime alimentaire étaient principalement basées sur des données de surveillance et sur des facteurs de transformation expérimentaux, le cas échéant. L’ARLA a également utilisé des données d’essai au champ et des limites maximales de résidus (LMR) pour les denrées lorsqu’elle ne disposait d’aucune donnée de surveillance. En outre, les statistiques sur la production nationale et les importations ainsi que les renseignements sur le pourcentage de cultures traitées ont été utilisés pour l’évaluation des risques chroniques et de cancer, lorsque ces données étaient disponibles. Les concentrations estimées dans l’environnement dans l’eau potable étaient basées sur la modélisation des résidus de perméthrine dans les eaux de surface et les eaux souterraines, d’après les doses d’application sur les tomates, puisque c’est pour cette culture que la dose d’application annuelle est la plus élevée partout au Canada.

Les estimations de l’exposition aiguë par le régime alimentaire (aliments et eau potable) au 95e centile étaient égales ou inférieures à 16 % de la dose aiguë de référence pour tous les sous‑groupes de la population, les enfants d’un à deux ans étant le sous-groupe le plus exposé. Les estimations des risques autres que le cancer liés à une exposition chronique à la perméthrine par les aliments et l’eau potable étaient inférieures à 2 % de la dose journalière admissible pour tous les sous-groupes de la population, les nourrissons (< 1 an) constituant le sous-groupe le plus exposé. L’évaluation du risque de cancer lié à l’exposition à la perméthrine par le régime alimentaire, selon le profil d’emploi actuel, a mis en évidence un risque potentiellement préoccupant.

Cependant, lorsque des mesures de réduction des risques sont appliquées aux utilisations actuelles (il est proposé de réduire à cinq le nombre d’applications sur les tomates, qui est actuellement de six), le risque de cancer lié à l’exposition par les aliments et l’eau potable est estimé au seuil d’acceptabilité (1 × 10-6) pour la population générale, et par conséquent, il n’est pas préoccupant.

La Loi sur les aliments et drogues interdit la vente d’aliments falsifiés, c’est-à-dire d’aliments qui contiennent des résidus d’un pesticide à une concentration supérieure à la LMR. Les limites maximales de résidus de pesticides sont fixées, aux fins de la Loi sur les aliments et drogues, par l’évaluation des données scientifiques requises en vertu de la Loi sur les produits antiparasitaires. Chaque LMR correspond à la concentration maximale de pesticide, en parties par million, permise dans ou sur certains aliments lorsque ce pesticide est utilisé conformément au mode d’emploi sur l’étiquette; il s’agit d’une norme relative à la salubrité des aliments. L’Agence canadienne d’inspection des aliments a la responsabilité de surveiller la présence de résidus de pesticides dans l’approvisionnement alimentaire canadien et de déterminer la conformité des produits aux LMR fixées par Santé Canada.

Des LMR concernant la perméthrine sont présentement en vigueur au Canada pour une vaste gamme de denrées alimentaires. Les résidus présents dans tous les autres produits agricoles, notamment ceux dont le traitement est approuvé au Canada, mais pour lesquels aucune LMR propre n’a été établie, sont assujettis aux dispositions du paragraphe B.15.002 (1) du Règlement sur les aliments et drogues, selon lesquelles la concentration des résidus ne doit pas dépasser 0,1 ppm. La liste complète des LMR en vigueur au Canada se trouve dans la base de données de l’ARLA sur les LMR, un outil en ligne qui permet aux utilisateurs de chercher des LMR réglementées par la Loi sur les produits antiparasitaires pour les pesticides et les produits alimentaires.

Risques liés à l’exposition à la perméthrine en milieu résidentiel et autres milieux non professionnels

Pour la plupart des utilisations de la perméthrine, les risques pour les particuliers qui manipulent le produit ne sont pas préoccupants lorsque celui-ci est utilisé conformément au mode d’emploi sur l’étiquette.

Une exposition en milieu résidentiel peut découler de l’application de produits à usage domestique contenant de la perméthrine sur les pelouses résidentielles, dans les jardins, sur les arbres, dans les espaces intérieurs et extérieurs, et sur les animaux de compagnie. Ces produits peuvent être appliqués à l’aide d’un pulvérisateur manuel à compression manuelle, d’une bombe aérosol ou d’une bouteille de pulvérisation à gâchette, ou sous forme de traitement localisé (animaux de compagnie).

Aucun risque préoccupant n’a été relevé dans la plupart des scénarios d’application des produits à usage domestique contenant de la perméthrine par des particuliers. Cependant, aucune donnée permettant d’évaluer l’exposition associée à l’utilisation de pulvérisateurs/nébulisateurs manuel et de brumisateurs n’était disponible. Par conséquent, il est proposé d’annuler tous les produits qui ne peuvent être appliqués qu’au moyen de cet équipement, et de modifier le mode d’emploi qui figure sur l’étiquette des produits qui peuvent actuellement être appliqués par ces moyens, de manière à interdire l’application avec ce type d’équipement.

Pour la plupart des utilisations de la perméthrine, les risques non professionnels liés à une exposition après un traitement en milieu résidentiel ne sont pas préoccupants si le produit est utilisé conformément au mode d’emploi indiqué sur l’étiquette.

Une exposition après un traitement en milieu résidentiel est possible pour les personnes qui effectuent des activités dans un site traité. Les sites traités comprennent les sites traités par des particuliers et ceux qui sont traités par des spécialistes de la lutte antiparasitaire. L’exposition se fait principalement par voie cutanée et par inhalation. Les jeunes enfants qui jouent dans les sites traités ou qui sont en contact avec des animaux de compagnie traités peuvent également être exposés de manière accidentelle.

La plupart des activités suivant une application en milieu résidentiel ne posent pas de risques préoccupants pour les différentes populations si des mesures de réduction des risques, telles qu’une réduction des doses d’application, sont mises en œuvre. L’évaluation a révélé des risques préoccupants liés à l’exposition suivant les applications effectuées à l’intérieur à l’aide d’un brumisateur à particules solides, et les applications généralisées à l’intérieur. Comme aucune mesure de réduction des risques n’est jugée possible, l’ARLA propose l’abandon de ces utilisations. En ce qui concerne l’exposition accidentelle par voie orale, l’évaluation n’a révélé aucun risque préoccupant pour les jeunes enfants.

Les scénarios d’exposition par voie orale accidentelle, par voie cutanée et par inhalation, le cas échéant, ont été combinés à l’exposition de fond (chronique) par le régime alimentaire (aliments et eau potable). Le risque de cancer global a été déterminé à l’aide de données de biosurveillance. Le risque de cancer calculé dépassait légèrement le seuil d’acceptabilité. Cependant, compte tenu des mesures de réduction des risques proposées, des incertitudes associées à l’utilisation de données de biosurveillance et de l’approche prudente utilisée, ainsi que de la mesure dans laquelle le seuil d’acceptation relatif au risque de cancer était dépassé, le risque de cancer global a été jugé non préoccupant. 

Risques professionnels liés à la perméthrine

Les risques pour les personnes qui manipulent la perméthrine dans le cadre de leur travail ne sont pas préoccupants, pour la plupart des utilisations, si le mode d’emploi proposé sur l’étiquette est respecté.

Les évaluations des risques professionnels tiennent compte de l’exposition des travailleurs qui appliquent de la perméthrine dans des sites agricoles, commerciaux et résidentiels, et sur les vêtements militaires. Dans la plupart des scénarios d’application dans des sites agricoles, commerciaux et résidentiels ou sur les vêtements militaires, aucun risque préoccupant n’a été relevé pour les spécialistes de la lutte antiparasitaire portant un équipement de protection individuelle de base. Par conséquent, aucune mesure d’atténuation n’est requise pour ces scénarios. Des mesures d’atténuation des risques, telles que le port d’un équipement de protection individuelle supplémentaire, sont proposées pour les préposés à l’application qui utilisent un pulvérisateur manuel à compression mécanique ou un pulvérisateur pneumatique. Aucune donnée permettant d’évaluer l’exposition associée à l’utilisation de brumisateurs et de nébulisateurs manuels n’était disponible. Il est donc proposé d’ajouter à l’étiquette des produits un énoncé interdisant l’utilisation de ces types de matériel.

Les risques pour les spécialistes de la lutte antiparasitaire qui utilisent un produit à application localisée sur des animaux de compagnie sont présumés similaires ou inférieurs aux risques liés à une application en milieu résidentiel dans le même scénario d’utilisation. Aucun risque préoccupant n’a été relevé en ce qui concerne l’application en milieu résidentiel de traitements localisés.

Aucun risque préoccupant n’a été relevé pour le traitement industriel du bois au moyen d’un système linéaire.

Pour la plupart des utilisations de la perméthrine, les risques professionnels pour les travailleurs exposés après le traitement ne sont pas préoccupants si le produit est utilisé conformément au mode d’emploi indiqué sur l’étiquette.

Les évaluations des risques professionnels après le traitement portent sur l’exposition des travailleurs qui retournent dans des sites agricoles et résidentiels traités, et du personnel militaire qui porte des uniformes traités. D’après le profil d’emploi actuel de la perméthrine, les risques pour les travailleurs qui effectuent des activités agricoles telles que l’éclaircissage, la taille manuelle et la récolte des cultures, répondent aux normes en vigueur et ne sont pas préoccupants pour la plupart des scénarios si des mesures de réduction des risques, telles que des délais de sécurité, sont mises en place. Les délais de sécurité nécessaires pour réduire les risques pour les travailleurs agricoles après l’application vont de 0,5 à 15 jours. L’évaluation n’a révélé aucun risque préoccupant pour le personnel militaire qui porte des uniformes traités.

L’exposition professionnelle suivant le traitement des animaux d’élevage devrait être minime. L’exposition suivant l’application dans les parcs d’engraissement devrait être faible étant donné que les travailleurs n’y effectueront pas d’activités les mettant en contact avec les surfaces traitées.

Il existe un risque d’exposition après un traitement dans les champignonnières. L’ARLA ne dispose actuellement d’aucune donnée permettant d’estimer l’exposition des travailleurs qui entrent dans une champignonnière traitée. Il n’y a pas non plus de données permettant de déterminer la quantité de résidus transférables de perméthrine sur les surfaces traitées ni les concentrations dans l’air après l’application. Par conséquent, il n’a pas été possible d’évaluer l’exposition après un traitement dans les champignonnières. Il est proposé d’abandonner cette utilisation.

Les risques pour les travailleurs après un traitement en milieu résidentiel ont été présumés similaires ou inférieurs aux risques pour les particuliers après un traitement en milieu résidentiel pour le même scénario d’utilisation. Aucun risque préoccupant n’a été relevé pour les scénarios d’exposition après un traitement en milieu résidentiel, pourvu que les mesures requises pour réduire les risques d’exposition après le traitement soient mises en œuvre.

Considérations relatives à l’environnement

Qu’arrive-t-il lorsque la perméthrine est introduite dans l’environnement?

La perméthrine ne devrait pas poser de risques préoccupants si elle est utilisée conformément au mode d’emploi figurant sur l’étiquette. La perméthrine peut présenter un risque pour les organismes aquatiques, les abeilles, les insectes utiles et les oiseaux; des mesures préventives sont donc proposées pour réduire les risques pour ces organismes. Les risques sont jugés acceptables lorsque le mode d’emploi figurant sur l’étiquette proposée est respecté.

Lorsque la perméthrine pénètre dans l’environnement, elle peut atteindre le sol et les eaux de surface et y persister dans certaines conditions. Comme la perméthrine se lie fortement aux particules du sol, il est peu probable qu’elle atteigne les eaux souterraines. Dans les milieux aquatiques, la perméthrine se dépose rapidement dans les sédiments, où elle peut persister. Il est peu probable qu’elle persiste dans l’air ou qu’elle soit portée par voie aérienne vers des endroits éloignés, comme l’Arctique. Il est peu probable qu’elle s’accumule à un niveau préoccupant dans les tissus des organismes tels que les poissons.

Dans les milieux terrestres, la perméthrine peut présenter un risque pour les abeilles et d’autres insectes pollinisateurs, ainsi que pour les insectes utiles et les oiseaux, s’ils sont exposés à des concentrations suffisamment élevées de ce pesticide. Il est possible de réduire les risques pour les abeilles en limitant ou en interdisant l’application de perméthrine pendant la période de floraison des plantes. Il est possible d’atténuer les risques pour les insectes utiles qui vivent dans les habitats adjacents au site d’application en réduisant au minimum la dérive de pulvérisation. Des mises en garde prévenant les utilisateurs des risques possibles pour les abeilles, les insectes utiles et les oiseaux, et indiquant les mesures de réduction des risques à prendre, sont proposées sur les étiquettes des produits contenant de la perméthrine.

Les résultats de modélisation des eaux indiquent que dans les milieux aquatiques, la perméthrine peut être présente à des concentrations qui posent un risque préoccupant pour les invertébrés aquatiques, les poissons et les amphibiens. Les données canadiennes de surveillance de l’eau confirment que, bien qu’elle soit rarement détectée, la perméthrine peut être présente dans les milieux aquatiques à des concentrations fortement susceptibles de poser des risques pour les invertébrés aquatiques, les poissons et les amphibiens. Des zones tampons sont donc proposées pour protéger les organismes aquatiques de la dérive de pulvérisation. Afin de réduire les risques que la perméthrine soit transportée jusqu’aux milieux aquatiques avec les eaux de ruissellement, il est proposé d’ajouter à l’étiquette, en plus des mises en garde, un énoncé exigeant l’aménagement et l’entretien d’une bande végétative filtrante de 10 mètres entre le site d’application et les plans d’eau.

Considérations relatives à la valeur

Quelle est la valeur de la perméthrine ?

La perméthrine est l’un des pyréthroïdes synthétiques qui présentent les plus larges profils d’emploi. Elle contribue à la gestion de la résistance en aidant à retarder l’acquisition d’une résistance lorsqu’elle est utilisée en rotation avec d’autres insecticides présentant un mode d’action différent. La perméthrine joue un rôle dans la lutte intégrée contre les organismes nuisibles dans les structures. Elle est utilisée par les spécialistes de la lutte antiparasitaire professionnels pour combattre les punaises des lits et les puces en milieu résidentiel. Les produits à usage domestique contenant de la perméthrine sont homologués pour une utilisation contre une large gamme d’organismes nuisibles tels que les fourmis, les blattes et les puces. Ces produits offrent des avantages aux particuliers qui les utilisent avec d’autres méthodes de lutte, comme les traitements préventifs et non chimiques, pour combattre les insectes nuisibles à l’intérieur et autour des résidences. Divers types de produits à usage domestique contenant de la perméthrine sont utilisés pour lutter contre les puces, les tiques, les moustiques et les poux sur les chiens.

Mesures de réduction des risques proposées

Les étiquettes des contenants de produits antiparasitaires homologués précisent le mode d’emploi de ces produits. On y trouve notamment des mesures de réduction des risques visant à protéger la santé humaine et l’environnement. Les utilisateurs sont tenus par la loi de s’y conformer. Au terme de la réévaluation de la perméthrine, l’ARLA propose d’ajouter à l’étiquette des produits les mesures de réduction des risques suivantes.

Santé humaine

  • Abandon de l’utilisation dans les champignonnières compte tenu du manque de données pour évaluer cette utilisation.
  • Abandon de certains types d’application (brumisateur, nébulisateur manuel/pulvérisateur pneumatique, traitement généralisé à l’intérieur et brumisateur à éjection totale) compte tenu du manqué de données pour les évaluer, et abandon d’autres types d’application (applications effectuées à l’intérieur à l’aide d’un brumisateur à particules solides et applications généralisées à l’intérieur).
  • Ajout d’un délai avant la plantation de 60 jours pour toutes les cultures destinées à l’alimentation humaine ou à l’alimentation animale pour lesquelles le produit n’est pas homologué.
  • Dans le cas des utilisations agricoles, ajout d’un délai de sécurité de 12 heures pour la plupart des cultures et des activités, et d’un délai plus long pour certaines cultures et certaines activités (par exemple, la récolte manuelle des raisins et du maïs sucré).
  • Diminution de six à cinq du nombre d’applications par année sur les tomates.
  • Ajout des exigences relatives au port de l’équipement de protection individuelle sur l’étiquette de tous les produits à usage agricole ainsi que pendant l’utilisation d’un pulvérisateur manuel à compression mécanique, d’un nébulisateur et d’un pulvérisateur pneumatique montés sur camion pour la lutte contre les moustiques et pendant le traitement du bois dans un système linéaire fermé.
  • Restriction proposée de la dose d’application sur les pelouses et les surfaces gazonnées à la plus faible dose homologuée, soit 0,123 g p.a./m2.
  • Ajout d’énoncés sur l’étiquette afin de réduire au minimum l’exposition humaine par la dérive de pulvérisation ou par les résidus de pulvérisation découlant de l’utilisation des produits à usage domestique ou commercial dans les milieux résidentiels.

Environnement

  • Ajout d’énoncés sur les dangers pour l’environnement concernant les abeilles, les insectes utiles, les oiseaux et les organismes aquatiques.
  • Afin de réduire les risques pour les insectes pollinisateurs, l’application devra être restreinte ou interdite pendant la période de floraison des plantes.
  • Ajout d’un libellé de mode d’emploi pour réduire au minimum la dérive de pulvérisation et diminuer les risques pour les insectes utiles qui vivent dans les habitats adjacents au site de traitement.
  • Ajout de zones tampons pour protéger les habitats aquatiques non ciblés.
  • Ajout d’énoncés de mises en garde concernant l’utilisation de la perméthrine dans les sites propices au ruissellement et lorsque de fortes pluies sont prévues, afin de réduire le risque potentiel de contamination des habitats aquatiques adjacents par ruissellement.
  • Ajout de l’aménagement obligatoire d’une bande végétative filtrante entre le site traité et le bord des plans d’eau pour réduire le ruissellement de la perméthrine vers les milieux aquatiques.

Renseignements scientifiques supplémentaires exigés

Aucune donnée scientifique additionnelle n’est requise.

Prochaines étapes

Au cours de la période de consultation, les titulaires et les organisations intéressées peuvent présenter d’autres données que l’Agence pourrait utiliser afin d’approfondir l’évaluation des risques (renseignements sur l’exposition ou l’utilisation). Ces données pourraient entraîner la modification des mesures de réduction des risques. Les parties intéressées qui envisagent de présenter ce type d’information sont invitées à contacter l’ARLA dès le début de la période de consultation, afin de savoir quelles études ou quels renseignements pourraient être fournis afin d’aider à approfondir les évaluations des risques pertinentes.

Avant de rendre une décision de réévaluation finale au sujet de la perméthrine, l’ARLA examinera tous les commentaires reçus du public en réponse au PRVD2017-18. L’Agence publiera ensuite un document de décision de réévaluation dans lequel seront exposés sa décision, les raisons qui la justifient, un résumé des commentaires reçus au sujet de la décision proposée et ses réponses à ces commentaires.

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