Projet de décision d’examen spécial PSRD2019-03, Examen spécial du naled et de la préparation commerciale connexe en vertu du paragraphe 17(2) de la Loi sur les produits antiparasitaires

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Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire
Le 25 avril 2019
ISSN : 2561-6277 (version PDF)
Numéro de catalogue : H113-30/2019-3F-PDF (version PDF)

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Résumé du Web

Table des matières

1.0 Introduction

En vertu du paragraphe 17(2) de la Loi sur les produits antiparasitaires, l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada a entrepris un examen spécial du naled (Canada, 2015) sur la base de la décision rendue par la Commission européenne d’interdire l’utilisation du naled (Commission européenne, 2012).

Conformément au paragraphe 18(4) de la Loi sur les produits antiparasitaires, Santé Canada a évalué les aspects préoccupants qui ont suscité l’examen spécial des produits antiparasitaires contenant du naled. Les aspects préoccupants de cet examen spécial mené en vertu du paragraphe 17(2) de la Loi sur les produits antiparasitaires concernent la santé humaine (risques potentiels par le régime alimentaire et en milieu professionnel) et l’environnement (risques potentiels pour les espèces aquatiques et terrestres).

De plus, en 2017, Santé Canada a entrepris un examen spécial du naled (Canada, 2017a) en vertu du paragraphe 17(1) de la Loi sur les produits antiparasitaires, d’après les renseignements toxicologiques présentés aux termes de l’article 12 de la Loi sur les produits antiparasitaires, à la suite de la réévaluation du naled (Canada, 2004 et 2006). L’aspect préoccupant identifié pour l’examen spécial en vertu du paragraphe 17(1) de la Loi sur les produits antiparasitaires est le risque professionnel potentiel. Les résultats de l’évaluation de l’examen spécial du naled mené en vertu du paragraphe 17(1) de la Loi sur les produits antiparasitaires seront publiés séparément (Canada, 2019).

Les sections qui suivent décrivent l’évaluation des aspects préoccupants identifiés pour l’examen spécial du naled mené en vertu du paragraphe 17(2) de la Loi sur les produits antiparasitaires.

2.0 Utilisations du naled au Canada

Le naled (phosphate de 1,2-dibromo-2,2-dichloroéthyle et de diméthyle) est un pesticide organophosphoré utilisé pour lutter contre les insectes dans une grande variété de contextes, notamment : sur des cultures agricoles (destinées à l’alimentation humaine ou animale), sur des plantes ornementales d’extérieur, sur des plantes destinées à l’alimentation humaine et des plantes ornementales cultivées en serre, à l’intérieur ou à proximité de structures ou encore dans des terrains boisés et des pâturages ou à proximité de tels lieux. Le naled ne doit pas être utilisé à l’intérieur ni autour d’habitations ou d’autres zones résidentielles, comme des parcs, des cours d’école et des terrains de jeux. De surcroît, il ne doit pas être utilisé par des particuliers ou par des personnes non certifiées. Tous les produits antiparasitaires actuellement homologués contenant du naled sont visés par cet examen spécial (voir l’annexe I de la version intégrale du Projet de décision d’examen spécial PSRD2019-03, Examen spécial du naled et de la préparation commerciale connexe en vertu du paragraphe 17(2) de la Loi sur les produits antiparasitaires).

3.0 Aspects préoccupants ayant suscité l’examen spécial

Après avoir examiné les renseignements de l’Union européenne (Convention de Rotterdam, 2014; Commission européenne, 2011), l’ARLA a identifié les aspects préoccupants suivants pour mener l’examen spécial du naled en vertu du paragraphe 17(2) de la Loi sur les produits antiparasitaires :

  • Santé humaine
    • Risque potentiel en milieu professionnel
    • Risque potentiel par le régime alimentaire
  • Environnement
    • Risque potentiel pour les espèces aquatiques et terrestres

4.0 Évaluation des aspects préoccupants ayant suscité l’examen spécial

Une fois le processus d’examen spécial enclenché, l’ARLA a demandé des renseignements au sujet des aspects préoccupants à toutes les autorités provinciales ainsi qu’aux ministères et organismes fédéraux concernés, conformément au paragraphe 18(2) de la Loi sur les produits antiparasitaires. Aucun renseignement n’a été reçu.

Afin d’évaluer les aspects préoccupants associés au naled, l’ARLA a examiné les renseignements scientifiques pertinents actuellement disponibles, qui comprennent les renseignements présentés aux termes de l’article 12 de la Loi sur les produits antiparasitaires après la réévaluation du naled, d’autres données toxicologiques dont celles tirées d’essais de la cholinestérase, les renseignements sur les utilisations ayant été présentés par la suite ainsi que les renseignements pris en considération dans la réévaluation du naled (Canada, 2004 et 2006) et ceux de l’Union européenne.

4.1  Risques potentiels en milieu professionnel

Compte tenu du profil d’emploi actuel du naled, il existe un risque d’exposition pour les travailleurs qui mélangent, chargent et appliquent le produit antiparasitaire contenant du naled et pour les travailleurs qui entrent dans des sites traités pour effectuer des activités qui entraînent un contact foliaire après traitement (par exemple, taille, éclaircissage, récolte, dépistage d’organismes nuisibles).

Pour estimer les risques associés aux expositions, on calcule la marge d’exposition (ME) en comparant les estimations de l’exposition au critère d’effet le plus pertinent tiré des études toxicologiques. Cette ME est comparée à une ME cible qui intègre des facteurs d’incertitude destinés à protéger la sous-population la plus sensible. Si la ME calculée est inférieure à la ME cible, cela ne signifie pas nécessairement que l’exposition entraînera des effets néfastes, mais plutôt que des mesures d’atténuation seraient requises pour réduire les risques.

Le présent examen spécial porte sur les risques qui sont associés à l’exposition des travailleurs par voie cutanée et par inhalation découlant de l’utilisation de naled. Bien qu’aucune révision de la valeur de référence associée à l’exposition par inhalation n’ait été relevée, ce type d’exposition entraîne une inhibition de la cholinestérase cérébrale aux doses les plus élevées et peut donc contribuer à l’effet global du naled. Par conséquent, les risques associés à une exposition au naled par voie cutanée et par inhalation ont été pris en compte dans le cadre de cet examen spécial. De plus, étant donné que le dichlorvos est un produit de transformation du naled, l’exposition concomitante des travailleurs au naled et au dichlorvos est considérée comme probable. Ces deux organophosphorés partagent un mécanisme de toxicité commun, à savoir l’inhibition de la cholinestérase. Les valeurs toxicologiques de référence relatives au dichlorvos, qui sont fondées sur l’inhibition de la cholinestérase cérébrale (Canada, 2017b), ont donc été jugées pertinentes pour l’évaluation des risques combinés. Les valeurs toxicologiques de référence à utiliser dans l’évaluation des risques pour la santé humaine liés au naled (Canada, 2019) sont présentées à l’annexe II de la version intégrale du document PSRD2019-03.

4.1.1 Exposition des préposés au mélange, au chargement et à l’application

Étant donné que le produit ne doit pas être appliqué plus de deux fois par année et qu’il doit être appliqué à des périodes bien précises lorsqu’il est utilisé à l’extérieur, l’exposition des travailleurs qui appliquent du naled devrait généralement être de courte durée (< 30 jours). Chez les spécialistes de la lutte antiparasitaire travaillant avec des cultures ayant fait l’objet d’applications multiples, l’exposition peut toutefois être de moyenne durée (quelques mois). Enfin, en ce qui concerne les plantes cultivées en serre, dont le traitement peut se faire tout au long de l’année, les travailleurs pourraient subir une exposition de moyenne ou de longue durée. Cependant, étant donné que le nombre d’applications en serre est limité à trois (dont une ayant lieu après la récolte), l’exposition de ces travailleurs sera vraisemblablement de courte ou de moyenne durée.

L’ARLA a évalué l’exposition quotidienne des travailleurs chargés du mélange et du chargement (formulation liquide) du naled et de l’application du produit à l’aide de différents types d’équipements :

  • rampe d’aspersion (agriculteurs et spécialistes de la lutte antiparasitaire);
  • pulvérisateur pneumatique, nébulisateur tracté ou pulvérisateur à ultra bas volume;
  • pulvérisation aérienne;
  • pulvérisateur manuel (pulvérisateur à main à pression manuelle, pulvérisateur à réservoir dorsal, équipement portatif à pression mécanique);
  • brumisateurs et nébulisateurs automatisés;
  • traitement à la vapeur sur tuyaux froids (en serre);
  • nébulisateur portatif et brumisateur portatif.

Exposition au naled, par voie cutanée et par inhalation, des préposés au mélange, au chargement et à l’application

L’ARLA a calculé l’exposition quotidienne à l’aide de données du groupe de travail Agricultural Handler Exposure Task Force (AHETF) (pour les applications en cabine ouverte au moyen d’un pulvérisateur à jet porté) et de la base de données Pesticide Handlers Exposure Database (PHED) (pour les autres scénarios de mélange, de chargement et d’application). Les estimations de l’exposition des préposés au mélange, au chargement et à l’application tiennent compte des conditions d’utilisation actuelles décrites sur l’étiquette des produits antiparasitaires.

L’évaluation des risques selon le mode d’emploi figurant actuellement sur les étiquettes est présentée à l’annexe III de la version intégrale du document PSRD2019-03.

Les meilleures données disponibles ont été utilisées pour les scénarios suivants concernant les préposés au mélange, au chargement et à l’application :

  • Application par brumisation ou par nébulisation : chez les préposés utilisant un brumisateur ou un nébulisateur automatisé (stationnaire), l’exposition au naled lors du mélange ou du chargement a été estimée à l’aide des données de la PHED sur l’exposition survenant lors de telles activités; l’exposition des préposés à l’application a été jugée négligeable. Aucune donnée n’était disponible en ce qui concerne les travailleurs utilisant un brumisateur ou un nébulisateur portatif.
  • Application au moyen d’un nébulisateur tracté ou par pulvérisation à ultra bas volume pour la démoustication : en ce qui concerne les scénarios extérieurs, les données utilisées étaient celles de la PHED pour l’application en cabine fermée au moyen d’un pulvérisateur à jet porté et celles de l’AHETF pour l’application en cabine ouverte au moyen d’un pulvérisateur à jet porté.
  • Application d’un insecticide sur des insectes volants au moyen d’un pulvérisateur manuel : en ce qui concerne l’utilisation d’un pulvérisateur à main à pression manuelle, d’un pulvérisateur à réservoir dorsal ou d’équipement portatif à pression mécanique, les données utilisées étaient celles de la PHED.
  • Traitement à la vapeur (application sur tuyaux froids à l’aide d’une bouteille compressible) : vu l’absence de données dans la PHED ou ailleurs en ce qui concerne ce scénario, les données utilisées sont celles qui sont associées au pulvérisateur à réservoir dorsal.

Les autres hypothèses utilisées pour estimer l’exposition quotidienne des travailleurs qui mélangent, chargent et appliquent du naled étaient les doses d’application indiquées sur l’étiquette (couvrant plusieurs organismes nuisibles), les valeurs par défaut et affinées de la superficie traitée par jour, et un poids corporel de 80 kg.

Les risques d’exposition au naled par voie cutanée et par inhalation ont été évalués à l’aide des valeurs de référence résumées au tableau 1 de l’annexe II de la version intégrale du document PSRD2019-03. Bien que les valeurs de référence concernant l’exposition au naled par voie cutanée et par inhalation n’aient pas le même critère d’effet toxicologique, une inhibition de la cholinestérase été observée dans le cerveau après une exposition par inhalation à une dose élevée (valeur de la limite inférieure de l’intervalle de confiance de la dose repère pour une réponse de 10 % [LICDR10] de 1,254 µg/L ou 0,35 mg/kg p.c./jour, où p.c. correspond au poids corporel, avec une ME cible de 300). Par conséquent, une approche de ME combinées a été jugée appropriée pour l’évaluation des risques combinés résultant d’une exposition par voie cutanée et d’une exposition par inhalation au naled.

L’évaluation des risques pour les préposés au mélange, au chargement et à l’application exposés au naled est présentée aux tableaux 3.1 à 3.5 de l’annexe III de la version intégrale du document PSRD2019-03. Chez ces personnes exposées au naled, les risques associés à l’exposition par voie cutanée étaient plus élevés que les risques associés à l’exposition par inhalation. Les ME calculées pour les expositions survenant par voie cutanée, pour les expositions survenant par inhalation et pour les expositions combinées (survenant à la fois par voie cutanée et par inhalation) n’atteignaient pas la ME cible pour tous les scénarios lorsque l’équipement de protection individuelle figurant sur l’étiquette actuelle était porté. Compte tenu de ce qui précède, les risques liés à l’exposition au naled par voie cutanée et par inhalation chez les préposés au mélange, au chargement et à l’application ne sont pas considérés comme acceptables compte tenu des conditions d’utilisation actuelles.

Les risques pour les préposés au mélange, au chargement et à l’application utilisant un brumisateur ou un nébulisateur portatif n’ont pas été évalués, car les données sur l’exposition associées à ces types d’équipement étaient insuffisantes. Étant donné que l’exposition devrait être importante en raison des caractéristiques du produit pulvérisé, le risque pour les préposés au mélange, au chargement et à l’application qui utilisent ce type d’équipement est jugé inacceptable.

Exposition par inhalation au naled et au dichlorvos pendant l’application

Le naled est considéré comme volatil; par conséquent, l’utilisation des données de l’AHETF et de la PHED, qui sont fondées sur des expositions génériques à des pesticides non volatils, peut entraîner une sous-estimation de l’exposition au naled par inhalation chez les préposés au mélange, au chargement et à l’application. De plus, des études ont montré que le dichlorvos, un produit de dégradation du naled qui est également volatil, est détecté dans l’air pendant l’application, ce qui entraîne une exposition potentielle par inhalation à la fois au naled et au dichlorvos. Par conséquent, l’ARLA a effectué une évaluation complémentaire de l’exposition et des risques pour ces préposés, qui sont exposés à la fois au naled et au dichlorvos par inhalation lors d’applications à l’extérieur, en utilisant les valeurs de référence relatives à l’exposition par inhalation pour évaluer l’exposition combinée au naled et au dichlorvos (voir l’annexe II de la version intégrale du document PSRD2019-03).

Il n’y a pas de données chimiques portant précisément sur le naled ou le dichlorvos dans les bases de données pour qu’il soit possible de déterminer la part d’exposition à ces substances survenant par inhalation pendant l’application. Par conséquent, l’ARLA a tenu compte des études scientifiques publiées, dans lesquelles les concentrations atmosphériques pendant et après l’application de naled ont été mesurées; toutefois, aucune étude n’a mesuré directement l’exposition des travailleurs par inhalation. Les études les plus appropriées ont été menées en Californie dans des vineries et des orangeraies (California Environmental Protection Agency, 1993 et 1995). Dans les deux études, on a mesuré les concentrations de naled et de dichlorvos dans l’air à partir du bord des champs pendant l’application au moyen d’un pulvérisateur à jet porté et jusqu’à environ une heure après l’application. Ces données ne sont pas une représentation fidèle de l’exposition des préposés à l’application puisque les échantillons sont prélevés en bordure des champs et non dans les champs mêmes, ce qui entraîne probablement une sous-estimation de la concentration atmosphérique plus près des sites d’application. Toutefois, en l’absence de meilleures données, les données sur les concentrations mesurées en bordure des champs ont été utilisées pour estimer l’exposition au naled et au dichlorvos par inhalation pendant une application à l’extérieur.

La concentration maximale de naled dans l’air et la concentration concomitante de dichlorvos (6,3 µg/m3 et 0,508 µg/m3, respectivement), tirées de l’étude menée par la California Environmental Protection Agency en 1995, ont été utilisées dans l’évaluation des risques. Les expositions ont été ajustées pour tenir compte d’une journée de travail normale. Il s’agit probablement d’une surestimation de l’exposition puisque les activités de mélange, de chargement et d’application ne nécessitent pas nécessairement une journée de travail complète.

Un indice du risque global (IRG) a été calculé étant donné que la voie d’exposition par inhalation associée au naled et la voie d’exposition par inhalation associée au dichlorvos (résultant de l’utilisation du naled) ont le même critère d’effet toxicologique pour les besoins de l’évaluation combinée, mais des points de départ différents (voir l’annexe II de la version intégrale du document PSRD2019-03). Les IRG supérieurs ou égaux à 1 n’exigent aucune mesure d’atténuation des risques. Si l’IRG est inférieur à 1, cela ne signifie pas nécessairement que l’exposition entraînera des effets nocifs. Toutefois, les IRG inférieurs à 1 nécessitent des mesures pour atténuer (réduire) les risques. Pour les expositions individuelles par inhalation de naled et de dichlorvos, ainsi que pour l’exposition combinée par inhalation des deux substances chimiques, les ME calculées pour les préposés au mélange, au chargement et à l’application travaillant à l’extérieur sont supérieures aux ME cibles et à l’IRG, ce qui indique qu’il n’y a aucune préoccupation en ce qui concerne l’exposition au naled et au dichlorvos par inhalation (voir le tableau 3.6 de l’annexe III de la version intégrale du document PSRD2019-03). Ainsi, pour les préposés à l’application, les risques potentiels découlant de l’exposition au naled et au dichlorvos par inhalation sont jugés acceptables.

Exposition combinée au naled et au dichlorvos par voie cutanée et par inhalation

Comme l’exposition par inhalation et par voie cutanée au naled et au dichlorvos provoque un même effet toxicologique (inhibition de la cholinestérase cérébrale), il faudrait combiner la contribution de toutes les sources pour les travailleurs. Étant donné que les risques combinés (par voie cutanée et par inhalation) pour les préposés au mélange, au chargement et à l’application par suite d’une exposition au naled seul sont jugés inacceptables (voir les tableaux 3.1 à 3.6 de l’annexe III de la version intégrale du document PSRD2019-03), aucune évaluation des risques combinés pour les travailleurs exposés à la fois au naled et au dichlorvos n’a été effectuée à ce stade‑ci.

4.1.2 Exposition des travailleurs après traitement

L’évaluation des risques professionnels après traitement tient compte de l’exposition par voie cutanée et par inhalation des travailleurs qui se rendent sur les sites traités pour effectuer des activités impliquant un contact foliaire après l’application du produit, comme dans le cas des cultures en serre et des cultures de plein champ. L’évaluation après traitement tient compte de l’exposition au naled ainsi qu’au dichlorvos résultant de l’utilisation du naled (lorsque des données sont disponibles).

Pour les travailleurs se rendant sur un site traité, on a calculé des délais de sécurité (DS) afin de déterminer le plus court intervalle de temps devant s’écouler avant que des travailleurs puissent retourner sur les sites traités en toute sécurité après l’application pour effectuer des tâches manuelles. Un DS est le temps qui doit s’écouler pour que les concentrations de résidus diminuent à un point tel qu’elles ne poseraient pas de risque préoccupant pour les travailleurs devant effectuer des tâches après un traitement.

L’exposition des travailleurs par voie cutanée après traitement a été estimée à l’aide de coefficients de transfert à jour propres à l’activité et à l’aide des valeurs à jour obtenues pour les résidus foliaires à faible adhérence.

Résidus foliaires à faible adhérence

Dans le cas des cultures extérieures, l’exposition des travailleurs par voie cutanée après l’application de naled et de dichlorvos est estimée à l’aide de valeurs de résidus foliaires à faible adhérence (RFFA) propres aux substances chimiques (Canada, 2004). Les études qui ont été menées ont mesuré la dissipation du naled et de son métabolite principal, le dichlorvos, après deux applications de 2,1 kg de principe actif (p.a.)/ha (sous forme de Dibrom 8 en concentré émulsifiable) sur des cotonniers, du brocoli et des orangers. Chaque étude a été menée dans deux sites aux États‑Unis, et l’étude portant sur le brocoli comprenait également un site en Ontario. Les trois études ont été évaluées dans le but d’avoir une meilleure compréhension de la dissipation foliaire du naled et du dichlorvos au champ. Dans les études, les RFFA de naled et de dichlorvos ont diminué rapidement et étaient inférieurs à la limite de quantification après 72 heures, sauf en ce qui concerne les agrumes en Californie.

Les RFFA associés au brocoli en Ontario ont été jugés les plus appropriés pour ce qui est de l’évaluation de l’exposition au naled et au dichlorvos après traitement. Les valeurs de RFFA propres aux substances ont été utilisées pour les cultures terrestres suivantes (à l’extérieur) :

  • luzerne, trèfle et vesce;
  • pois, haricots et haricots de Lima;
  • brocoli, choux de Bruxelles, choux et choux-fleurs;
  • laitue d’extérieur;
  • oignons;
  • pommes de terre;
  • fraises;
  • tomates;
  • betteraves à sucre;
  • plantes ornementales d’extérieur;
  • terrains boisés.

Le brocoli n’est pas représentatif de toutes les cultures énumérées ci‑dessus, mais il ne devrait pas y avoir de sous-estimation du risque pour les cultures à feuilles lisses ou poilues, car il s’agit d’une culture à feuilles cireuses. De plus, l’étude a été menée en Ontario, ce qui est représentatif de certaines des conditions géographiques et climatiques figurant dans le profil d’emploi du naled. Cette approche est conforme à celle qui a été adoptée lors de la réévaluation précédente du naled (Canada, 2004 et 2006).

Dans le cas des cultures intérieures, il n’existe pas d’études sur les RFFA propres à la substance chimique. Par conséquent, l’exposition a été estimée à l’aide des valeurs par défaut des RFFA, qui ont été calculées en supposant un dépôt de 25 % de la dose d’application, avec un taux de dissipation de 2,3 % dans le cas des plantes ornementales de serre et un taux de dissipation nul dans le cas des légumes de serre.

Coefficient de transfert

Un coefficient de transfert (CT), habituellement exprimé en cm2 par heure, illustre la relation entre l’exposition des travailleurs par voie cutanée et les résidus à faible adhérence. Les CT sont propres à une culture (et à un stade de culture) et à une combinaison donnée d’activités (par exemple, la récolte manuelle du brocoli), et tiennent compte des vêtements de travail agricole portés habituellement par les travailleurs adultes. Les CT utilisés correspondent aux CT propres à certaines activités déterminés par le groupe de travail Agricultural Re-Entry Task Force (ARTF).

4.1.2.1 Cultures d’extérieur

D’après le profil d’emploi du naled, il existe un risque d’exposition (par voie cutanée et par inhalation) à court ou à moyen terme après l’application de naled et de dichlorvos pour les travailleurs qui se rendent dans les champs traités.

Les travailleurs peuvent être exposés au naled et au dichlorvos par voie cutanée après traitement. L’exposition cutanée a été estimée à l’aide de valeurs de RFFA propres aux substances chimiques (voir ci-dessus), à l’aide de CT standard (ARTF), et en supposant une journée de travail de huit heures, une absorption cutanée de 30 % dans le cas du dichlorvos (Canada, 2017b) et un travailleur dont le poids corporel est de 80 kg. Étant donné que la dose de référence en ce qui concerne l’exposition cutanée au naled était fondée sur une étude ayant fait intervenir un mode d’exposition par voie cutanée, il était inutile d’examiner l’absorption cutanée de naled. Les risques découlant d’une exposition cutanée ont été calculés à l’aide des valeurs de référence associées à l’exposition cutanée au naled et au dichlorvos à court et à moyen terme (voir l’annexe II de la version intégrale du document PSRD2019-03). Les risques combinés découlant d’une exposition au naled et au dichlorvos ont été estimés à l’aide de l’approche de l’IRG.

L’évaluation des risques associés à une exposition par voie cutanée chez les travailleurs qui effectuent des activités après traitement sur des cultures d’extérieur est présentée au tableau 4.1 de l’annexe IV de la version intégrale de la version intégrale du document PSRD2019-03. Les ME et les IRG cibles pour l’exposition par voie cutanée ont été atteintes dans le cas de toutes les cultures et de tous les sites avec le DS de 48 heures précisé sur l’étiquette actuelle, à l’exception de la récolte manuelle des légumes-feuilles du genre Brassica. Dans ce scénario, bien que la ME cible n’ait pas été atteinte pour l’exposition au dichlorvos par voie cutanée, le risque est jugé acceptable puisque les données concernant les RFFA sur le brocoli n’indiquent aucune quantité mesurable de dichlorvos au-delà de 48 heures à aucun endroit. Par conséquent, il est recommandé que le DS soit maintenu à deux jours pour toutes les cultures et pour toutes les activités en fonction de l’exposition cutanée.

Il existe également un risque d’exposition au naled et au dichlorvos par inhalation chez les travailleurs qui effectuent des activités après traitement dans des cultures traitées au naled en raison de la volatilité du naled et du dichlorvos. L’évaluation des risques était fondée sur une étude de l’ARTF (Lamb et al., 1994) mesurant l’exposition au naled et au dichlorvos par voie cutanée et par inhalation chez des travailleurs récoltant des raisins dans des vignobles ayant été traités à trois reprises avec le produit Dibrom 8 en concentré émulsifiable. Bien que les raisins ne soient pas indiqués sur l’étiquette actuelle, l’exposition des travailleurs par inhalation mesurée dans cette étude a été considérée comme représentative de l’exposition des travailleurs qui entrent dans un champ traité pour y mener des activités agricoles usuelles. Dans l’étude, les expositions par inhalation (le jour 1) ont été ajustées en fonction d’une journée de travail normale et d’un poids corporel standard. L’évaluation des travailleurs exposés au naled et au dichlorvos par inhalation après un traitement est présentée au tableau 4.2 de l’annexe IV de la version intégrale du document PSRD2019-03. Les ME cibles en ce qui concerne l’exposition au naled et au dichlorvos par inhalation ont été atteintes. Toutefois, l’IRG combiné pour l’exposition aux deux substances chimiques est inférieur à 1 si l’on suppose que les concentrations dans l’air sont mesurées le jour 1. Compte tenu du fait que le DS actuel figurant sur l’étiquette est de 48 heures, les risques combinés d’exposition par inhalation pour le naled et le dichlorvos sont jugés acceptables.

4.1.2.2 Zones agricoles extérieures

Le naled peut être appliqué à l’intérieur ou à proximité des zones agricoles extérieures telles que les pâturages et les grands pâturages libres, les champs, les parcs d’engraissement, les corrals et les parcs d’attente (où sont notamment gardés les bovins laitiers et les bovins de boucherie). L’exposition cutanée des travailleurs à la suite de telles applications devrait être faible en raison de la nature limitée des contacts directs avec les résidus de naled. Comme il peut y avoir des bovins laitiers pendant la pulvérisation, une certaine exposition des travailleurs est possible.

L’étiquette de la préparation destinée à un usage commercial doit actuellement indiquer un DS de 48 heures, et les travailleurs sont tenus de porter des gants résistant aux substances chimiques s’ils doivent manipuler des animaux dans les 48 heures. Par conséquent, les risques pour les travailleurs découlant d’une exposition au naled par voie cutanée à la suite d’applications effectuées à l’intérieur ou à proximité de zones agricoles extérieures sont jugés acceptables. L’exposition par inhalation pouvant se produire à la suite d’applications effectuées dans des zones agricoles extérieures est considérée comme étant inférieure à l’exposition des travailleurs qui retournent dans des sites traités (cultures extérieures) pour y effectuer des activités. Ainsi, les risques associés à une exposition par inhalation à la suite d’applications effectuées dans des zones agricoles extérieures sont jugés acceptables dans le cas des travailleurs.

4.1.2.3 Sites intérieurs

Cultures en serre

L’exposition cutanée des travailleurs après une application en serre a été estimée à l’aide des CT agricoles et des hypothèses par défaut concernant les RFFA en l’absence de données propres à la substance chimique pour les RFFA en serre. Les risques associés à une exposition par voie cutanée ont été calculés au moyen des valeurs de référence concernant l’exposition à long terme au naled par voie cutanée (voir l’annexe II de la version intégrale du document PSRD2019-03). L’évaluation des risques après traitement pour les travailleurs de serre est présentée au tableau 4.3 de l’annexe IV de la version intégrale du document PSRD2019-03. Les ME cibles associées à une exposition par voie cutanée ne sont pas atteintes le jour de l’application de naled seul, et les DS nécessaires pour l’atteinte de la ME cible ne sont pas considérés comme étant réalisables sur le plan agronomique. Par conséquent, les risques potentiels pour les travailleurs de serre exposés aux résidus de naled après traitement ne sont pas jugés acceptables dans les conditions d’utilisation actuelles. Il convient de noter qu’en l’absence de données propres à la substance chimique, l’évaluation des risques associés à une exposition au naled par voie cutanée repose sur des hypothèses s’appliquant à des pesticides usuels, qui sont considérés comme étant non volatils. Comme le naled est volatil, une plus grande quantité du pesticide devrait se volatiliser par rapport aux pesticides usuels, ce qui devrait réduire les expositions cutanées découlant d’un contact avec le feuillage. Les hypothèses utilisées peuvent donc s’avérer inappropriées et entraîner une surestimation de l’exposition par voie cutanée. Il n’existe toutefois aucune information qui permettrait d’approfondir l’évaluation actuelle des risques pour les travailleurs de serre.

Il existe également un risque d’exposition au naled et au dichlorvos par inhalation chez les travailleurs qui effectuent des activités après traitement dans les cultures en serre, en raison de la volatilité de ces substances. À l’heure actuelle, on ne dispose pas de données sur les concentrations de dichlorvos et de naled dans l’air après une application en serre. Dans tous les scénarios intérieurs, une exposition par inhalation présenterait des risques préoccupants en raison de la volatilité et de la toxicité du naled et du dichlorvos. Une étude sur l’exposition des travailleurs (par exemple, par dosimétrie passive ou biosurveillance) ou une étude sur les concentrations dans l’air pourrait être envisagée pour qu’il soit possible de mieux caractériser les risques liés à une exposition par inhalation après une application en serre.

Autres espaces intérieurs

Il existe un risque d’exposition après traitement pour les travailleurs qui retournent dans des bâtiments (poulaillers, porcheries, cidreries, étables, vineries) traités au naled. Diverses activités peuvent entraîner une exposition après traitement, comme la manipulation du bétail, l’emballage d’articles et le nettoyage. En raison de la limite de deux applications par an, l’exposition devrait être de courte durée.

La principale voie d’exposition devrait être l’inhalation, en raison de la volatilité du naled et du dichlorvos. Bien qu’une exposition cutanée soit possible, les contacts avec des surfaces potentiellement contaminées dans les structures devraient être minimes. Par conséquent, aucune évaluation quantitative des risques associés à une exposition cutanée n’a été effectuée.

À l’heure actuelle, il n’y a pas de données sur les concentrations pouvant être mesurées dans l’air après un traitement intérieur. Toutefois, il y a un risque d’exposition par inhalation en raison de la volatilité du naled et du dichlorvos. Une étude sur l’exposition des travailleurs (par exemple, par dosimétrie passive ou biosurveillance) ou une étude sur les concentrations dans l’air est nécessaire pour l’évaluation des risques liés à une exposition par inhalation après une application à l’intérieur.

4.1.3 Conclusion générale pour les risques professionnels

À la lumière des renseignements disponibles, les résultats de l’évaluation des risques professionnels indiquent :

  • que les risques pour les préposés au mélange, au chargement et à l’application (applications à l’intérieur et à l’extérieur) et pour les personnes travaillant dans un bâtiment après un traitement intérieur au naled ne sont pas considérés comme acceptables dans les conditions d’utilisation actuelles;
  • que les risques pour les personnes travaillant à l’extérieur après traitement sont considérés comme acceptables dans les conditions d’utilisation actuelles.

Par conséquent, il est proposé d’abandonner toutes les utilisations de naled en raison de risques professionnels jugés inacceptables. Un résumé de l’évaluation des risques professionnels est présenté à l’annexe V de la version intégrale du document PSRD2019-03. Étant donné le projet d’abandon de toutes les utilisations du naled, aucune autre modification de l’étiquette n’est proposée pour le moment.

Aucune donnée scientifique supplémentaire n’est demandée. Toutefois, au cours de la période de consultation, les titulaires d’homologation peuvent soumettre d’autres données et des options de gestion des risques concernant le naled si elles peuvent aider à lever les incertitudes associées à l’évaluation et à approfondir l’évaluation des risques. Ces données et renseignements sont décrits à la section 7.0 du présent Projet de décision d’examen spécial.

4.2  Risques potentiels par le régime alimentaire

Dans le cadre de cet examen spécial, l’ARLA a évalué les risques potentiels associés à l’exposition aiguë et chronique par le régime alimentaire aux résidus de naled (aliments et eau potable). Les risques alimentaires possibles découlant de l’exposition au dichlorvos, un produit de la dégradation du naled, de même qu’un métabolite du naled issu du métabolisme des végétaux et des animaux, ont été évalués séparément, puisque le dichlorvos est lui-même homologué comme pesticide organophosphoré (Canada, 2017b). Toutefois, comme le naled se dégrade rapidement en dichlorvos dans les aliments et l’eau, et parce que les deux principes actifs ont les mêmes effets sur le plan toxicologique (c’est-à-dire inhibition de la cholinestérase), dans le cadre de cet examen spécial, l’ARLA a estimé un risque potentiel combiné associé à une exposition par le régime alimentaire à la fois au naled et au dichlorvos en utilisant l’approche de l’IRG. Les valeurs de référence servant à évaluer l’exposition par le régime alimentaire et les risques connexes dans le cadre de cet examen spécial sont résumées à l’annexe II de la version intégrale du document PSRD2019-03.

Les évaluations de l’exposition aiguë et chronique par le régime alimentaire (nourriture et eau potable) ont été réalisées à l’aide du logiciel Dietary Exposure Evaluation Model - Food Commodity Intake Database™ (DEEM-FCID™, version 4.02), qui renferme des données sur la consommation d’aliments tirées de l’enquête National Health and Nutrition Examination Survey, What We Eat in America pour les années 2005-2010, disponible auprès du National Center for Health Statistics des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis. Les évaluations de l’exposition par le régime alimentaire tiennent compte de l’âge des personnes et des différences dans les habitudes alimentaires de la population à divers stades de vie (nourrissons, enfants, adolescents, adultes et aînés). Par exemple, elles prennent en considération les différences relatives aux habitudes alimentaires des enfants, comme leurs préférences alimentaires et le fait qu’en fonction de leur poids corporel, les enfants consomment davantage d’aliments que les adultes.

L’évaluation de l’exposition au naled par le régime alimentaire a été réalisée à l’aide des données de surveillance des résidus provenant de l’Agence canadienne d’inspection des aliments et du Pesticide Data Program des États-Unis pour la plupart des denrées; dans le cas de certains produits pour lesquels il n’y avait aucune donnée de surveillance, on a utilisé les quantités de résidus attendus d’après les essais au champ menés aux États-Unis ou les limites maximales de résidus (LMR) ou seuils de tolérance maximale. Les politiques de l’ARLA et de l’Environmental Protection Agency des États-Unis ont été employées pour déterminer quelles données de substitution pouvaient être utilisées pour certaines denrées, le cas échéant. De plus, les intrants suivants ont été utilisés au besoin : renseignements disponibles sur le pourcentage de cultures traitées au Canada; 100 % des cultures traitées dans le cas des denrées pour lesquelles le pourcentage de cultures traitées était inconnu; renseignements disponibles sur la production nationale et les importations; et facteurs de transformation expérimentaux. Les facteurs de transformation par défaut du modèle DEEM‑FCID ont été utilisés lorsqu’aucun facteur de transformation expérimental n’était disponible. Aucune LMR n’a été fixée au Canada pour les denrées d’origine animale. Il n’est pas nécessaire de fixer des LMR canadiennes pour la viande, le lait, la volaille et les œufs étant donné que la consommation de produits agricoles bruts ne devrait pas entraîner de résidus mesurables. En outre, les seuils de tolérance américains précédemment établis dans les tissus animaux, le lait et les œufs ont été révoqués. Se basant sur la charge alimentaire calculée pour les animaux, l’Environmental Protection Agency des États‑Unis a conclu qu’on ne s’attendait pas, en toute vraisemblance, à ce que des résidus soient présents dans la viande, le lait, la volaille et les œufs en raison de la consommation des cultures traitées. De plus, la contribution des résidus issus des utilisations dans les installations d’animaux d’élevage ne devrait pas être importante. Ainsi, la contribution des résidus provenant des denrées d’origine animale à l’exposition humaine par le régime alimentaire est tenue pour négligeable et est, par conséquent, exclue de l’évaluation.

Les concentrations estimées dans l’environnement (CEE) de naled dans les sources potentielles d’eau potable ont été calculées à l’aide du modèle Pesticide in Water Calculator pour les eaux souterraines et les eaux de surface. D’après la modélisation, le naled ne devrait pas atteindre les eaux souterraines par lessivage. Les CEE aiguë (90e centile des concentrations annuelles maximales) et chronique (90e centile des concentrations annuelles moyennes) de naled attribuables au lessivage étaient évaluées à 0,065 et 0,00025 partie par million, respectivement. Ces valeurs sont considérées comme les limites supérieures dans les eaux de surface. Pour l’évaluation de l’exposition aiguë, la répartition complète des concentrations de pointe sur une période de 50 ans dans les eaux de surface a été utilisée dans l’évaluation probabiliste de l’exposition par le régime alimentaire. Pour l’évaluation de l’exposition chronique, l’estimation ponctuelle de la CEE a été intégrée directement à l’évaluation de l’exposition par le régime alimentaire (nourriture et eau potable).

Les résultats de l’évaluation de l’exposition au naled par le régime alimentaire et des risques connexes sont présentés au tableau 6.1 de l’annexe VI de la version intégrale du document PSRD2019-03. Les estimations de l’exposition aiguë par la consommation d’aliments uniquement (au 99,9e centile) sont égales ou inférieures à 2 % de la dose aiguë de référence pour la population générale et tous les sous-groupes de la population. Les estimations de l’exposition aiguë par le régime alimentaire (nourriture et eau potable) au 99,9e centile correspondaient à 14 % de la dose aiguë de référence pour la population générale et variaient de 10 à 37 % de la dose aiguë de référence pour tous les sous-groupes de la population; par conséquent, les risques sont jugés acceptables. La sous-population la plus exposée de toutes étant les nourrissons de moins d’un an. Pour ce sous-groupe de la population, le principal facteur d’exposition est l’eau, de façon indirecte, provenant de toutes les sources, soit 94 % de l’exposition totale.

L’estimation de l’exposition chronique au naled par la consommation d’aliments uniquement est égale ou inférieure à environ 1 % de la dose journalière admissible pour la population générale et tous les sous-groupes de la population. L’estimation de l’exposition chronique par la consommation d’aliments et d’eau potable pour la population générale et tous les sous-groupes de la population atteignait 2 % ou moins de la dose journalière admissible. Par conséquent, l’exposition chronique aux résidus de naled par le régime alimentaire (nourriture et eau potable) est jugée acceptable.

Un risque combiné découlant d’une exposition au naled et au dichlorvos a été calculé à l’aide de l’approche de l’IRG. Les IRG calculés de l’exposition concomitante au dichlorvos et au naled sont tous supérieurs à 1 pour une exposition aiguë ou chronique et, par conséquent, les risques sont considérés comme acceptables. Le sous-groupe le plus exposé est celui des nourrissons de moins d’un an pour l’exposition aiguë et les enfants d’un à deux ans pour l’exposition chronique (tableau 6.2 de l’annexe VI de la version intégrale du document PSRD2019-03).

4.2.1 Conclusion générale au sujet des risques potentiels par le régime alimentaire

D’après les résultats de l’évaluation de l’exposition par le régime alimentaire, l’ARLA a conclu que les risques associés à l’exposition au naled par le régime alimentaire et ceux associés à l’exposition concomitante au naled et au dichlorvos par le régime alimentaire sont jugés acceptables.

4.3  Risques potentiels pour les organismes aquatiques et terrestres

L’ARLA a évalué les risques potentiels pour les organismes aquatiques et terrestres non ciblés à la suite d’une application de naled en se servant de l’information à sa disposition (Canada, 2004, 2006 et 2017b). Dans le cadre de l’examen spécial, l’ARLA a tenu compte des caractéristiques liées au devenir du naled dans l’environnement ainsi que de sa toxicité pour les organismes non ciblés.

L’évaluation des risques pour l’environnement intègre les données sur l’exposition environnementale et l’écotoxicité pour estimer le potentiel d’effets nocifs sur les espèces non ciblées. L’intégration de ces données est effectuée en comparant les concentrations d’exposition aux concentrations auxquelles les effets nocifs se produisent. Les concentrations estimées dans l’environnement (CEE) renvoient aux concentrations estimatives du pesticide dans différents milieux de l’environnement, comme les aliments, l’eau, le sol et l’air. Les CEE sont estimées au moyen de modèles normalisés qui tiennent compte de la ou des doses d’application, des caractéristiques chimiques et des propriétés influant sur le devenir du pesticide dans l’environnement, dont la dissipation entre les traitements. Les renseignements d’ordre écotoxicologique comprennent les données sur la toxicité aiguë et la toxicité chronique pour différents organismes et différents groupes d’organismes vivant dans des habitats terrestres et aquatiques; ce sont notamment des invertébrés, des vertébrés et des végétaux. Les critères d’effet toxicologique utilisés dans les évaluations des risques peuvent être ajustés de manière à tenir compte des possibles différences de sensibilité entre les espèces et de la variation des objectifs de protection (c’est-à-dire la protection à l’échelle de la collectivité, de la population ou de l’individu).

En premier lieu, une évaluation préliminaire des risques est effectuée afin de déterminer quels pesticides ou encore quels profils d’emploi précis ne posent aucun risque pour les organismes non ciblés, ainsi que pour déterminer les groupes d’organismes pour lesquels il y a des risques possibles. L’évaluation préliminaire des risques fait appel à des méthodes simples, à des scénarios d’exposition prudents (par exemple, une application directe à une dose d’application maximale cumulative) et à des critères d’effet toxicologique traduisant la plus grande sensibilité. Un quotient de risque (QR) est calculé en divisant l’exposition prévue par une valeur toxicologique appropriée (QR = exposition/toxicité), et ce QR est ensuite comparé au niveau préoccupant (NP). Si le QR déterminé dans l’évaluation préliminaire est inférieur au NP, les risques sont jugés négligeables et aucune autre caractérisation de ceux-ci n’est requise. S’il est égal ou supérieur au NP, on doit effectuer une évaluation plus approfondie des risques afin de mieux les caractériser. À cette étape, on prend en considération des scénarios d’exposition plus réalistes, comme la dérive du brouillard de pulvérisation vers des habitats non ciblés, ces scénarios pouvant tenir compte de différents critères d’effet toxicologique. L’évaluation approfondie peut comprendre une caractérisation accrue des risques obtenue à l’aide d’une modélisation de l’exposition, de données de surveillance, de résultats d’études sur le terrain ou en mésocosmes, ou de méthodes probabilistes d’évaluation des risques. L’évaluation des risques peut devoir se poursuivre jusqu’à ce qu’on obtienne une caractérisation adéquate des risques ou jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible de l’approfondir davantage.

Le naled ne devrait pas persister dans le sol. La biotransformation est une importante voie de transformation du naled dans un sol aussi bien aérobie qu’anaérobie, la demi-vie était inférieure à un jour pour les deux systèmes. Les principaux produits de transformation dans le sol comprennent le dichlorvos, le bromodichloroacétaldéhyde et l’acide dichloroacétique. Dans l’eau, l’hydrolyse et la phototransformation constituent des voies importantes de transformation du naled. Le sol humide et l’eau de surface devraient subir une perte rapide de naled, comme l’indique la constante de la loi d’Henry (9,9 × 10-4 atm × m3 × mole-1).

Le dichlorvos, un produit de transformation du naled, ne devrait pas persister dans le sol et dans l’eau. Dans le cas du dichlorvos, l’hydrolyse et la biotransformation dans les sols et les systèmes eau/sédiments sont considérées comme des voies de transformation importantes (Canada, 2017). Les études de dissipation en milieu terrestre et aquatique indiquent que le naled et son produit de transformation, le dichlorvos, devraient se dissiper rapidement dans l’environnement.

4.3.1 Risques potentiels pour les espèces terrestres

Il existe un risque d’exposition des espèces terrestres non ciblées à la suite de l’application de naled dans diverses aires d’utilisation comme des sites extérieurs et intérieurs.

Utilisations à l’intérieur ou à proximité de structures

L’exposition environnementale découlant de l’application de naled à l’intérieur ou à proximité de structures (par exemple, serres, bâtiments d’élevage, cidreries, vineries) devrait être limitée. Après l’application, on s’attend également à une volatilisation du produit à partir des surfaces et une dégradation subséquente dans l’atmosphère, ce qui réduira au minimum la quantité de résidus qui restera après le traitement. Compte tenu de ce qui précède, le risque pour les espèces terrestres non ciblées que présente le naled après son application à l’intérieur ou à proximité de structures est jugé acceptable dans les conditions d’utilisation actuelles.

Utilisations à l’extérieur

L’ARLA a évalué les risques potentiels pour les espèces terrestres non ciblées à la suite d’applications extérieures de naled sur des cultures destinées à la consommation humaine et animale.

Abeilles : Le naled est très toxique pour les abeilles domestiques d’après l’étude de toxicité aiguë par contact. Selon cette étude (DL50 = 0,54 kg p.a./ha), les QR varient de 2 à 35 lorsque le produit est appliqué sur des cultures en floraison (Canada, 2004). L’étendue du danger résiduel varie en fonction de la dose d’application, des conditions météorologiques et de la formulation du produit qui est appliqué. Afin de réduire le plus possible la probabilité d’exposition des abeilles, on propose d’inclure sur les étiquettes des préparations commerciales des mises en garde habituelles et à jour concernant les abeilles (annexe VIII de la version intégrale du document PSRD2019-03).

Oiseaux : Le naled présente une toxicité modérée à élevée pour les oiseaux (DL50 = 26,75 à 64,9 mg p.a./kg) à la suite d’une exposition aiguë et est légèrement toxique (CL50 > 2 117 mg p.a./kg) par voie alimentaire. Des études de toxicité chronique (reproduction) réalisées sur le canard colvert et le colin de Virginie ont révélé que le canard colvert était le plus sensible des deux espèces, présentant une concentration sans effet nocif observé de 260 mg p.a./kg d’après une réduction du nombre d’œufs (Canada, 2004 et 2006).

Les oiseaux pourraient être exposés au naled par dérive de pulvérisation ou par consommation d’aliments contaminés. Les risques potentiels pour les oiseaux ont été calculés selon les CEE dans diverses sources d’aliments et le critère d’effet toxicologique le plus pertinent pour les oiseaux, soit la dose sans effet observé, qui est de 2 675 mg p.a./kg (Canada, 2004 et 2006). L’évaluation a révélé que les oiseaux devraient consommer des aliments contaminés pendant moins d’un jour (0,04 à 0,7 jour) pour atteindre la dose équivalant à la dose sans effet observé, et de 0,4 à 7 jours pour atteindre la DL50. Compte tenu de ces données, il y a une possibilité de risques aigus pour les oiseaux qui consomment des aliments contaminés par le naled. Les valeurs de QR chronique pour les oiseaux (0,01 à 0,25) sont considérées comme acceptables d’après la concentration sans effet observé de 260 mg p.a./kg tirée de l’étude sur la reproduction aviaire réalisée sur le canard colvert (Canada, 2006).

Un risque aigu potentiel pour les oiseaux a été relevé d’après les CEE modélisées pour un seul type d’aliment. Toutefois, il est peu probable que l’alimentation des oiseaux soit entièrement composée d’un seul type d’aliment. En outre, le naled est volatile (260 mPa à 20 °C) et devrait être rapidement éliminé des surfaces humides, entraînant ainsi des concentrations plus faibles de naled sur les produits alimentaires. Par conséquent, les risques réels d’exposition aiguë et par le régime alimentaire pour les oiseaux devraient être plus faibles que les estimations des risques modélisés. Le risque pour les oiseaux est donc jugé acceptable dans les conditions d’utilisation actuelles. L’ARLA propose l’ajout sur l’étiquette du produit à usage commercial l’énoncé standard « Toxique pour les oiseaux » comme mise en garde environnementale.

Mammifères : Le naled a une toxicité modérée pour les mammifères à la suite d’une exposition aiguë (DL50 = 92 mg p.a./kg). Sur le plan de la toxicité chronique, une étude de reproduction sur deux générations chez le rat a produit des doses sans effet observé de 90 mg/kg chez les parents et les descendants.

Les mammifères sauvages peuvent eux aussi être exposés au naled par ingestion d’aliments contaminés (par exemple, herbes, graines et feuilles). Les risques potentiels pour les mammifères ont été calculés en fonction des CEE dans diverses sources d’aliments et à l’aide du critère d’effet toxicologique pour une exposition aiguë par voie orale (dose sans effet observé = 9,2 mg p.a./kg). Par conséquent, un risque aigu potentiel pour les mammifères par la consommation d’aliments contaminés a été relevé. L’évaluation de la toxicité chronique (reproduction) pour les mammifères a conduit à des QR se situant dans une plage de 0,6 à 10,7. Un risque aigu potentiel a été relevé pour les mammifères sauvages d’après les CEE modélisées pour un seul type d’aliment.

Toutefois, il est peu probable que l’alimentation des mammifères sauvages soit entièrement composée d’un seul type d’aliment, et les résidus de naled sur les produits alimentaires ne devraient pas persister (le naled étant volatile) dans l’environnement. Les risques d’exposition aiguë et chronique pour les mammifères sont donc jugés acceptables dans les conditions d’utilisation actuelles.

4.3.2 Risques potentiels pour les organismes aquatiques

Les organismes aquatiques peuvent être exposés au naled par la dérive de pulvérisation durant les applications extérieures ainsi qu’au naled et au dichlorvos par ruissellement à partir des sites traités. Il existe également un risque d’exposition à la suite d’applications à l’intérieur ou à proximité de structures. Tant le naled que son produit de transformation, le dichlorvos, présentent une toxicité très élevée pour les organismes d’eau douce, les organismes de milieux estuariens et les organismes de milieux marins (tableaux 3 et 4 de l’annexe VII de la version intégrale du document PSRD2019-03).

Utilisations à l’intérieur ou à proximité de structures

La probabilité d’exposition des organismes aquatiques découlant de l’utilisation de naled à l’intérieur ou à proximité de structures devrait être minime. Toutefois, les effluents des serres peuvent être une voie d’exposition potentielle au naled pour les milieux aquatiques. Pour minimiser l’exposition possible découlant du rejet d’effluents contenant des résidus de naled dans les milieux aquatiques par cette utilisation, on propose donc, dans le cadre de cet examen spécial, l’ajout de mises en garde sur l’étiquette pour indiquer que les effluents contenant ce principe actif, provenant de l’utilisation de naled dans les serres ne doivent pas être rejetés dans les plans d’eau.

Utilisations à l’extérieur

La dérive de pulvérisation issue des applications au sol ou par voie aérienne et le ruissellement provenant du site d’application peuvent atteindre des habitats aquatiques non ciblés. À l’étape de l’évaluation préliminaire, on examine le risque potentiel pour les espèces aquatiques non ciblées découlant de la pulvérisation directe dans un plan d’eau (Canada, 2004 et 2006). En outre, une évaluation des risques potentiels pour les organismes aquatiques associés à une exposition au naled et à son produit de transformation, le dichlorvos, issue du ruissellement des champs traités a été réalisée.

Pulvérisation directe

L’ARLA a calculé les CEE pour les eaux de surface en supposant une pulvérisation directe (dépôt de 100 %) de naled dans un plan d’eau. La CEEeau de naled, si on suppose des doses d’application allant de 0,11 à 1,9 kg p.a./ha, variait de 0,073 à 1,27 (profondeur de l’eau de 15 cm) et de 0,037 à 0,63 mg p.a./L (profondeur de l’eau de 30 cm) (Canada, 2004 et 2006).

À l’étape de l’évaluation préliminaire, les QR associés à l’exposition aiguë pour Daphnia magna, la crevette tigrée et le touladi sont respectivement de 120 à 1 750, de 38,7 à 677 et de 0,04 à 0,07; tous dépassent le NP pour les organismes aquatiques. Dans le cas des plantes aquatiques, les QR estimés se situent entre 14,4 et 252 (Navicula pelliculosa), ce qui dépasse le NP pour les plantes aquatiques. Les QR chroniques dépassaient le NP pour les organismes aquatiques.

Comme le NP a été dépassé à l’étape de l’évaluation préliminaire, les risques potentiels liés au ruissellement ont fait l’objet d’une caractérisation approfondie.

Ruissellement

Les CEE dans l’eau ont été calculées à l’aide du modèle Pesticide in Water Calculator pour un champ de 10 hectares adjacent à un plan d’eau de 1 hectare et d’une profondeur de 80 cm pour représenter un plan d’eau permanent, ou de 15 cm pour représenter un plan d’eau saisonnier fréquenté par des amphibiens, si l’on suppose deux applications de 1,9 g p.a./ha à intervalle de 7 jours entre les traitements. Les données de modélisation et les CEE obtenues sont résumées aux tableaux 1 et 2 de l’annexe VII de la version intégrale du document PSRD2019-03.

D’après les CEE et les critères d’effet aigu les plus sensibles pour le naled, les QR aigus étaient de 160 pour les invertébrés d’eau douce et des milieux estuariens et marins, de 4 pour les plantes aquatiques et de 29 pour les amphibiens (tableau 3 de l’annexe VII de la version intégrale du document PSRD2019-03). D’après les critères d’effet aigu les plus sensibles pour le dichlorvos, les QR aigus étaient de 12 à 31 pour les organismes d’eau douce et de 656 pour les amphibiens (tableau 4 de l’annexe VII de la version intégrale du document PSRD2019-03). Compte tenu de ce qui précède, les risques aigus pour les organismes aquatiques associés au ruissellement du naled et du dichlorvos ne sont pas considérés comme acceptables dans les conditions d’utilisation actuelles. Les risques chroniques pour les organismes aquatiques associés à l’exposition au naled et au dichlorvos (tableaux 3 et 4 de l’annexe VII de la version intégrale du document PSRD2019-03) sont considérés comme acceptables dans les conditions d’utilisation actuelles.

Dérive de pulvérisation

Afin de réduire le risque pour les organismes aquatiques non ciblés qui pourrait résulter de la dérive de pulvérisation, l’ARLA propose d’ajouter sur l’étiquette des produits à usage commercial une mise à jour des zones tampons (jusqu’à 35 m et jusqu’à 625 m pour les applications au sol et par voie aérienne, respectivement). L’exposition des organismes aquatiques à la dérive de pulvérisation est jugée acceptable compte tenu des mesures d’atténuation proposées (zones tampons).

4.3.3 Conclusion générale au sujet des risques potentiels pour les organismes terrestres et aquatiques

Les risques potentiels pour les organismes terrestres sont jugés acceptables pour toutes les utilisations si les modifications suivantes proposées à l’étiquette sont apportées :

  • Ajout sur l’étiquette d’un énoncé standard : « Toxique pour les oiseaux. »
  • Mise à jour des mises en garde standard concernant les abeilles.

Les risques potentiels pour les organismes aquatiques découlant d’applications de naled à l’intérieur (à l’intérieur ou à proximité de structures) sont jugés acceptables si la mesure d’atténuation qui est proposée ci-dessous est mise en œuvre :

  • Ajout sur l’étiquette d’un énoncé interdisant le rejet des effluents des serres dans des plans d’eau.

Les risques potentiels pour les organismes aquatiques découlant de la dérive de pulvérisation du naled (suivant une application à l’extérieur) sont jugés acceptables si les zones tampons les plus à jour qui sont proposées sont respectées.

Les risques potentiels pour les organismes aquatiques attribuables au ruissellement (applications extérieures de naled) sont jugés inacceptables dans les conditions d’utilisation actuelles. Par conséquent, il est proposé d’abandonner toutes les utilisations extérieures de naled.

Les modifications proposées aux étiquettes figurent à l’annexe VIII de la version intégrale du document PSRD2019-03.

5.0 Rapports d’incidents

La base de données des rapports d’incidents de l’ARLA a été consultée en vue de trouver d’éventuels rapports d’incidents chez l’humain qui seraient liés aux aspects préoccupants connus du naled. En date du 17 mai 2017, la base de données ne contenait qu’un seul incident mettant en cause un humain.

L’incident signalé s’est produit aux États-Unis et a été classé comme étant majeur. Selon le rapport, une personne a été exposée à une quantité importante d’un produit concentré contenant du naled lorsqu’un tuyau de réservoir d’avion a explosé et que le produit a éclaboussé les yeux et le visage de la victime en passant sous l’écran facial qu’elle portait.

Les premiers symptômes ressentis par la victime étaient une enflure de la langue et un érythème. La victime a été hospitalisée et a reçu des soins énergiques visant à traiter une toxicose due à une substance organophosphorée. L’incident a été considéré comme étant lié à l’exposition signalée au pesticide.

Le rapport d’incident indique que l’exposition était due à une défaillance de l’équipement. Par conséquent, aucun problème de santé n’a été signalé dans les données sur les incidents lorsque le produit est utilisé conformément au mode d’emploi figurant sur l’étiquette.

La base de données sur les déclarations d’incidents de l’ARLA ne fait état d’aucun incident environnemental.

6.0 Projet de décision d’examen spécial concernant le naled

L’évaluation de l’information scientifique pertinente concernant les aspects préoccupants indique que les risques potentiels pour la santé des personnes travaillant à l’extérieur et les risques pour l’environnement (espèces aquatiques) sont jugés inacceptables. Par conséquent, Santé Canada, en vertu de la Loi sur les produits antiparasitaires, propose de révoquer l’homologation actuelle des produits antiparasitaires contenant du naled aux fins de vente et d’utilisation au Canada, conformément au paragraphe 21(1) de cette loi.

L’évaluation de l’information scientifique pertinente et disponible concernant les aspects préoccupants indique que les risques potentiels après traitement pour les travailleurs qui appliquent du naled à l’extérieur sont acceptables dans les conditions d’utilisation actuelles. Cependant, les risques pour les travailleurs qui mélangent, chargent et appliquent du naled (à l’extérieur et à l’intérieur) ainsi que pour les travailleurs qui effectuent des activités après le traitement d’espaces intérieurs sont jugés inacceptables dans les conditions d’utilisation actuelles. Le risque alimentaire potentiel lié à une exposition au naled est quant à lui jugé acceptable.

Les risques potentiels pour les organismes terrestres (associés à toutes les utilisations de naled) et les organismes aquatiques (associés aux applications à l’intérieur) sont considérés comme acceptables si on apporte des modifications à l’étiquette. Toutefois, le risque potentiel pour les organismes aquatiques associé aux applications de naled à l’extérieur n’est pas jugé acceptable dans les conditions d’utilisation actuelles.

Le présent projet de décision d’examen spécial (PSRD2019-03) est un document de consultationNote de bas de page 1. L’ARLA acceptera les commentaires écrits au sujet du projet de décision pendant une période de 45 jours à compter de sa date de publication. Veuillez faire parvenir tout commentaire aux Publications.

7.0 Données supplémentaires pouvant aider à lever les incertitudes et à approfondir les évaluations

Aucune donnée scientifique supplémentaire n’est demandée. Toutefois, au cours de la période de consultation, les titulaires d’homologation et les autres parties intéressées peuvent soumettre les renseignements suivants s’ils peuvent aider à lever les incertitudes associées à la base de données sur le naled et à approfondir l’évaluation des risques. Les intervenants peuvent également fournir de l’information sur les options de gestion des risques concernant le naled (par exemple, pièce pour compléter l’équipement de protection individuelle, contrôle technique).

L’ARLA évaluera les données supplémentaires reçues en fonction de leur mérite scientifique et de leur pertinence par rapport à l’évaluation des risques. Bien que la réception de données supplémentaires permettrait de réduire l’incertitude associée à l’évaluation des risques, le maintien de l’homologation d’une utilisation serait fondé sur l’acceptabilité du risque au terme d’une évaluation réalisée selon une approche scientifique.

Santé humaine

Toutes les études devraient porter à la fois sur le naled et sur le dichlorvos (qui est produit lors de la dégradation du naled). Dans le cas d’études de biosurveillance (code de données 5.5 ou 5.7), des données pharmacocinétiques appropriées concernant l’humain sont requises pour caractériser adéquatement la pharmacocinétique chez l’humain.

Utilisations en serre sur des cultures non destinées à l’alimentation humaine (roses et plantes cultivées en serre pour la vente de fleurs coupées) et sur des cultures destinées à l’alimentation humaine (concombres, tomates, aubergines, poivrons) 

  1. Code de données 5.9 : données sur les RFFA (légumes de serre et plantes ornementales à feuilles lisses);
  2. Code de données 5.10 : échantillons d’air ambiant et données sur la dissipation à la suite d’une application en serre, jusqu’à ce que les concentrations de résidus soient inférieures à la limite de détection (des échantillons prélevés dans la zone respiratoire sont préférables);
  3. Codes de données 5.6 et 5.7 : dosimétrie passive ou biosurveillance après traitement (pourraient remplacer les codes de données 5.9 et 5.10 ci-dessus si l’exposition par voie cutanée et l’exposition par inhalation sont prises en compte);
  4. Codes de données 5.4 et 5.5 : traitement à la vapeur - dosimétrie passive et biosurveillance chez les préposés au mélange, au chargement et à l’application (si cette méthode d’application est nécessaire) (inclure l’exposition par voie cutanée et l’exposition par inhalation).

Autres espaces intérieurs (poulaillers, cidreries, étables, vineries) 

  1. Code de données 5.10 : échantillons d’air ambiant et données sur la dissipation à la suite d’une application à l’intérieur, jusqu’à ce que les concentrations de résidus soient inférieures à la limite de détection (des échantillons prélevés dans la zone respiratoire sont préférables);
  2. Codes de données 5.4 et 5.5 : nébulisateur portatif - dosimétrie passive et biosurveillance chez les préposés au mélange, au chargement et à l’application (si cet équipement doit être utilisé à l’intérieur) (inclure l’exposition par voie cutanée et l’exposition par inhalation).

Cultures d’extérieur 

  1. Codes de données 5.4 et 5.5 : nébulisateur portatif - dosimétrie passive et biosurveillance chez les préposés au mélange, au chargement et à l’application (si cet équipement doit être utilisé à l’extérieur) (inclure l’exposition par voie cutanée et l’exposition par inhalation);
  2. Codes de données 5.4 et 5.5 : dosimétrie passive et biosurveillance chez les préposés au mélange, au chargement et à l’application (pour tous les scénarios d’application requis et pour lesquels il n’a pas été démontré que les risques sont acceptables).

Environnement

Autres données sur le devenir dans l’environnement et la toxicité relativement à l’aspect préoccupant.

8.0 Prochaines étapes

Avant de rendre une décision concernant l’examen spécial du naled, l’ARLA examinera tous les commentaires reçus du public en réponse au document PSRD2019-03. Elle s’appuiera sur une approche scientifique pour rendre une décision finale à l’égard du naled. L’ARLA publiera ensuite un document de décision d’examen spécial dans lequel elle présentera sa décision, les raisons qui la justifient, un résumé des commentaires formulés au sujet de la décision proposée et sa réponse à ces commentaires.

Note de bas de page 1

« Énoncé de consultation », conformément au paragraphe 28(2) de la Loi sur les produits antiparasitaires.

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