Décision d’homologation RD2026-14, Étofenprox, RF2129 EC et pulvérisateur pour espaces intérieurs II-M en aérosol de qualité supérieure RF2220
Santé Canada
Direction générale de la santé environnementale et de la sécurité des consommateurs
Direction de la réglementation des pesticides
Le 4 juin 2026
ISSN : 1925-0924 (version PDF)
Numéro de catalogue : H113-25/2026-14F-PDF (version PDF)
Table des matières
- Énoncé de décision d’homologation concernant l’étofenprox, RF2129 EC et le pulvérisateur pour espaces intérieurs II-M en aérosol de qualité supérieure RF2220
- Observations et réponses
- Autres renseignements
- Approche de l’évaluation
En vertu de la Loi sur les produits antiparasitaires, Santé Canada doit évaluer chaque pesticide avant que sa vente ou son utilisation soient autorisées au Canada, afin de déterminer s’il ne présente pas de risques inacceptables pour les humains ou l’environnement, et s’il a une valeur lorsqu’il est utilisé conformément au mode d’emploi sur l’étiquette. L’évaluation préalable à la commercialisation prend en considération les données et les renseignementsNote de bas de page 1 de titulaires de pesticides, de rapports scientifiques publiés, d’autres gouvernements et d’organismes de réglementation étrangers, ainsi que les observations reçues par écrit durant la consultation publique directement liées au projet de décision et à l’évaluation scientifique. Santé Canada fait appel à des méthodes internationales d’évaluation des risques et à des approches et politiques de gestion des risques. Des précisions sur les exigences législatives, l’évaluation des risques et la démarche de gestion des risques se trouvent dans la section du présent document portant sur l’approche de l’évaluation.
Énoncé de décisionNote de bas de page 2 d’homologation concernant l’étofenprox, RF2129 EC et le pulvérisateur pour espaces intérieurs II-M en aérosol de qualité supérieure RF2220
En vertu du paragraphe 8(1) de la Loi sur les produits antiparasitaires, Santé Canada accorde l’homologation à des fins de vente et d’utilisation d’Étofenprox Technique, de RF2129 EC et du pulvérisateur pour espaces intérieurs II-M en aérosol de qualité supérieure RF2220, contenant de l’étofenprox comme principe actif de qualité technique, pour la lutte contre les arthropodes nuisibles à l’intérieur et à la surface de différentes structures, notamment les bâtiments, les moyens de transport, les chenils et la literie pour animaux de compagnie, dans le cadre d’un traitement généralisé, d’un traitement localisé, d’un traitement des fissures et des crevasses, d’un traitement de périmètre, d’un traitement des cavités ou d’un traitement des meubles.
Le Projet de décision d’homologation PRD2026-04, Étofenprox, RF2129 EC et pulvérisateur pour espaces intérieurs II-M en aérosol de qualité supérieure RF2220, qui contient l’évaluation détaillée des renseignements présentés à l’appui de l’homologation, a fait l’objet d’une consultation de 30 jours s’étant terminée le 11 avril 2026. L’évaluation révèle que, dans les conditions d’utilisation approuvées, les risques sanitaires et environnementaux ainsi que la valeur des produits antiparasitaires sont acceptables. Santé Canada a reçu des observations écrites concernant les évaluations sanitaire et environnementale pendant la consultation publique menée au titre de l’article 28 de la Loi sur les produits antiparasitaires. Il a également reçu d’autres observations qui ne se rapportaient pas directement au projet de décision.
Observations et réponses
Santé Canada a reçu des observations de membres du public concernant les évaluations sanitaire et environnementale de l’étofenprox, de RF2129 EC et du pulvérisateur pour espaces intérieurs II-M en aérosol de qualité supérieure RF2220.
1) Observation sur les effets de l’étofenprox sur la thyroïde
L’auteur de l’observation a souligné que l’étofenprox affecte la thyroïde.
Réponse de Santé Canada
Santé Canada convient qu’il y a des effets sur la thyroïde relevés dans la base de données toxicologiques chez les mammifères qui a été consultée pour l’étofenprox. L’étofenprox a causé des tumeurs thyroïdiennes chez le rat et une augmentation du nombre de microfollicules, des changements dans les hormones thyroïdiennes et le poids de l’organe après des doses répétées. À la suite d’une exposition de longue durée par le régime alimentaire chez le rat, des follicules kystiques dans la thyroïde ont été observés. L’évaluation des risques liés à l’étofenprox confère une protection contre les effets thyroïdiens en faisant en sorte que les doses auxquelles les humains peuvent être exposés soient bien inférieures à la dose la plus faible ayant provoqué ces effets chez les animaux soumis aux essais.
2) Observation sur la perturbation du système endocrinien et les effets intergénérationnels de l’étofenprox
L’auteur de l’observation a mentionné que de nouvelles études évaluées par des pairs indiquent que les pyréthroïdes ont des propriétés perturbatrices du système endocrinien et avancent qu’il y a un potentiel d’effets intergénérationnels sur les enfants.
Réponse de Santé Canada
L’étofenprox est considéré comme un composé de type pyréthroïde. Aucune étude sur cette substance et sa capacité à perturber le système endocrinien n’a été présentée par l’auteur de l’observation. Cependant, Santé Canada a examiné les études requises permettant d’évaluer les conséquences en aval sur des animaux. Or, la base de données contient : une étude de toxicité pour la reproduction sur deux générations chez le rat; trois études spéciales de toxicité pour le développement et la reproduction chez le rat exposé à l’étofenprox avant l’accouplement, pendant la gestation et pendant la lactation; une étude de toxicité pour le développement prénatal chez le rat; deux études de toxicité pour le développement prénatal chez le lapin; et une étude de neurotoxicité pour le développement chez le rat. Ensemble, ces études évaluent tout effet néfaste de la période précédant la conception à la gestation, à la lactation, puis au développement et à la croissance après la naissance. Les effets sur le développement des jeunes, y compris ceux sur le système nerveux, les malformations et les variations chez les petits, ainsi que les effets liés à la reproduction des parents tels que l’infertilité, la performance de reproduction et les tissus reproducteurs, ont tous été pris en compte dans l’évaluation des dangers. L’évaluation des risques liés à l’étofenprox confère une protection contre tout effet potentiel sur le système endocrinien en faisant en sorte que les doses auxquelles les humains peuvent être exposés soient bien inférieures à la dose la plus faible ayant provoqué ces effets chez les animaux soumis aux essais susmentionnés.
3) Observation sur les effets cumulatifs sur les humains et les animaux de compagnie
L’auteur de l’observation a affirmé que l’évaluation des effets cumulatifs de l’étofenprox sur la santé est inadéquate.
Réponse de Santé Canada
Comme l’indique le PRD2026-04, Étofenprox, RF2129 EC et pulvérisateur pour espaces intérieurs II-M en aérosol de qualité supérieure RF2220, l’évaluation des risques cumulatifs pour la santé humaine liés aux pyréthroïdes en est actuellement à l’étape initiale de planification; cette évaluation prendra la forme d’une évaluation quantitative indépendante complexe. Dans le cadre de cette évaluation quantitative, on déterminera si l’étofenprox présente un mécanisme de toxicité chez les mammifères en commun avec d’autres pyréthroïdes et, le cas échéant, on effectuera une évaluation de l’exposition cumulative à l’étofenprox et aux pyréthroïdes pertinents.
4) Observation sur les effets sur les humains et les animaux de compagnie
L’auteur de l’observation a indiqué que ce produit a un potentiel d’effets délétères sur les humains et les animaux de compagnie.
Réponse de Santé Canada
L’évaluation des risques confère une protection contre les effets potentiels en faisant en sorte que l’exposition des humains soit largement inférieure à la dose la plus faible ayant provoqué ces effets chez les animaux soumis aux essais. Des énoncés figurent aussi sur l’étiquette du produit RF2129 EC et du pulvérisateur pour espaces intérieurs II-M en aérosol de qualité supérieure RF2220, conformément au Document d’orientation de l’ARLA, Mises à jour des étiquettes des produits antiparasitaires de traitement des structures, avec des restrictions d’application et de réentrée après l’application afin de limiter l’exposition des humains et des animaux de compagnie. Ces énoncés indiquent au préposé à l’application de ne pas appliquer le produit en présence d’humains ou d’animaux de compagnie, sinon de les tenir à l’écart jusqu’à ce que le produit ait séché. Les utilisateurs sont invités à ventiler les pièces fermées, pour réduire au minimum l’exposition par inhalation pendant et après l’application, et à ne laisser aucune goutte ni aucun jet atteindre des surfaces non ciblées, pour ainsi réduire l’exposition cutanée après l’application.
5) Observation sur les risques pour les espèces non ciblées (la faune et les pollinisateurs), y compris les effets cumulatifs sur la vie aquatique et les populations de pollinisateurs.
L’auteur de l’observation a affirmé que l’utilisation de l’étofenprox dans l’environnement ne peut pas protéger la faune, les espèces non ciblées, et encore moins les pollinisateurs, et que ses effets cumulatifs sur la vie aquatique et les populations de pollinisateurs sont tout à fait inappropriés.
Réponse de Santé Canada
Comme l’indique le PRD2026-04, Étofenprox, RF2129 EC et pulvérisateur pour espaces intérieurs II-M en aérosol de qualité supérieure RF2220, l’utilisation de l’étofenprox à l’extérieur est limitée, et Santé Canada a déterminé que les rejets de la substance dans l’environnement devraient être minimes. Il ne devrait pas y avoir de risques pour les organismes terrestres (y compris les pollinisateurs) et aquatiques non ciblés lorsque le produit d’étofenprox est utilisé conformément au mode d’emploi figurant sur l’étiquette.
6) Observation sur la dérive de pulvérisation et les zones tampons de pulvérisation
L’auteur de l’observation a affirmé que la dérive de pulvérisation cause certains dommages imprévisibles à la vie aquatique. Il a suggéré d’imposer une zone tampon de 100 m pour protéger les gens et d’interdire l’utilisation du produit sur les propriétés riveraines afin de protéger les bassins versants. De plus, il a suggéré l’ajout d’une exigence relative au consentement éclairé pour quiconque se trouve à l’intérieur de la zone tampon de 100 m.
Réponse de Santé Canada
Comme l’indique le PRD2026-04, Étofenprox, RF2129 EC et pulvérisateur pour espaces intérieurs II-M en aérosol de qualité supérieure RF2220, l’étofenprox est appliqué directement sur les organismes nuisibles ciblés à l’aide d’un pulvérisateur à basse pression ou d’un injecteur pour cavités, ou encore d’un pulvérisateur en aérosol. Santé Canada a déterminé que le risque pour les organismes aquatiques non ciblés liés à la dérive de pulvérisation devrait être négligeable et que des zones tampons de pulvérisation pour protéger l’environnement ne sont pas requises.
Par ailleurs, des énoncés figurent sur l’étiquette des produits, conformément aux Mises à jour des étiquettes des produits antiparasitaires de traitement des structures , qui fournissent des restrictions d’application et de réentrée après l’application afin de limiter l’exposition des humains et des animaux de compagnie. Ainsi, Santé Canada a déterminé que l’exposition des humains à la dérive de pulvérisation sera négligeable.
Autres renseignements
Consultation des données d’essai confidentielles
Les données d’essai confidentielles pertinentes (telles que citées dans le PRD2026-04) sur lesquelles la décision est fondée peuvent être consultées, sur demande, dans la salle de lecture de la Direction de la réglementation des pesticides. Pour des précisions, communiquez avec le Service de renseignements sur les pesticides de Santé Canada.
Avis d’opposition
Quiconque peut déposer un avis d’oppositionNote de bas de page 3 à l’égard de la présente décision d’homologation par l’entremise du Portail de participation du public (Formulaires du Portail de participation du public – Avis d’opposition ) dans les 60 jours suivant la date de publication. La demande de réexamen doit comprendre le formulaire d’avis d’opposition, le fondement scientifique sur lequel repose l’opposition, et les preuves scientifiques à l’appui dont dispose le demandeur mais pas Santé Canada, ou citer les documents (en format électronique) précis de Santé Canada comme preuves à l’appui (p. ex. des rapports scientifiques). Chaque référence fournie ou citée doit être clairement associée à l’opposition à laquelle elle se rapporte. Si le dossier est incomplet, l’avis d’opposition pourrait être jugé inadmissible en vue d’un examen plus approfondi par Santé Canada.
Pour en savoir davantage sur les motifs d’un tel avis (l’opposition doit reposer sur un fondement scientifique), consultez la section Pesticides et lutte antiparasitaire du site Web Canada.ca ou communiquez avec le Service de renseignements sur les pesticides de Santé Canada.
Effort proportionnel
Les principes actifs homologués au Canada sont classés selon les critères du document Politique de l’effort proportionnel (EP) de Santé Canada afin d’éclairer l’affectation de ses ressources aux examens de pesticide en fonction du niveau d’effort réglementaire requis. L’étofenprox est classé dans la catégorie de l’EP faible, selon les critères relatifs à la santé humaine et à l’environnement. Les conclusions de l’évaluation du risque qui étayent la classification se trouvent dans le Projet de décision d’homologation PRD2026-04, Étofenprox, RF2129 EC et pulvérisateur pour espaces intérieurs II-M en aérosol de qualité supérieure RF2220. La catégorisation de l’EP servira à déterminer la portée et le niveau de l’effort requis pour les examens futurs.
Surveillance continue
La Politique sur la surveillance continue des pesticides de Santé Canada et la note d’information connexe exposent le processus par lequel le Ministère surveille la littérature scientifique publiée relativement aux principes actifs homologués au Canada et les critères qui servent à établir les principes actifs qui feront l’objet d’une surveillance continue au terme d’une décision réglementaire finale. Cela dit, puisque les critères dans la note d’information ont été remplis, la littérature scientifique et les renseignements réglementaires relatifs à ce principe actif seront surveillés selon la politique de la surveillance continue. Les renseignements que Santé Canada recensera grâce à la surveillance continue lui permettront de suivre l’évolution de la science, de relever les risques émergents et de prendre rapidement les mesures réglementaires qui s’imposent.
Approche de l’évaluation
Cadre législatif
Selon le paragraphe 4(1) de la Loi sur les produits antiparasitaires, le ministre de la Santé a comme objectif premier de prévenir les risques inacceptables pour les individus et l’environnement que présente l’utilisation des produits antiparasitaires.
Comme le mentionne le préambule de la Loi, il est dans l’intérêt du Canada de continuer à poursuivre les objectifs du système fédéral de réglementation, par l’instauration d’un système d’homologation national reposant sur une base scientifique et abordant la question des risques sanitaires et environnementaux et de la valeur avant et après l’homologation, tout en réglementant les produits antiparasitaires au Canada; et d’homologuer pour utilisation seulement les produits antiparasitaires de risque et de valeur acceptables lorsqu’il est démontré que leur utilisation est efficace et que les risques pour la santé humaine et l’environnement sont acceptables, en tenant compte des conditions d’homologation.
Pour l’application de la Loi au sens du paragraphe 2(2), les risques sanitaires ou environnementaux d’un produit antiparasitaire sont acceptables, s’il existe une certitude raisonnable qu’aucun dommage à la santé humaine, aux générations futures ou à l’environnement ne résultera de l’exposition au produit ou de l’utilisation de celui-ci, compte tenu des conditions d’homologation.
Le risque sanitaire, le risque environnemental et la valeur sont définis ainsi au paragraphe 2(1) de la Loi :
- Risque sanitaire : Risque pour la santé humaine résultant de l’exposition au produit antiparasitaire ou de l’utilisation de celui-ci, compte tenu des conditions d’homologation proposées ou fixées.
- Risque environnemental : Risque de dommage à l’environnement, notamment à sa diversité biologique, résultant de l’exposition au produit antiparasitaire ou de l’utilisation de celui-ci, compte tenu des conditions d’homologation proposées ou fixées.
- Valeur : L’apport réel ou potentiel d’un produit dans la lutte antiparasitaire, compte tenu des conditions d’homologation proposées ou fixées, notamment en fonction : a) de son efficacité; b) des conséquences de son utilisation sur l’hôte du parasite sur lequel le produit est destiné à être utilisé; c) des conséquences de son utilisation sur l’économie et la société de même que de ses avantages pour la santé, la sécurité et l’environnement.
Lors de l’évaluation des risques sanitaires et environnementaux d’un pesticide et de la détermination de leur acceptabilité, le paragraphe 19(2) de la Loi sur les produits antiparasitaires prévoit que Santé Canada adopte une approche qui s’appuie sur une base scientifique. Cette approche tient compte de la toxicité et du degré d’exposition pour une caractérisation complète du risque.
Les évaluations préalables à la commercialisation sont fondées sur un ensemble prescrit de données scientifiques que le demandeur de l’homologation d’un pesticide doit fournir. Des renseignements supplémentairesNote de bas de page 4 provenant de rapports scientifiques publiés, d’autres ministères et d’organismes de réglementation internationaux sont également pris en considération.
Cadre d’évaluation des risques et de la valeur
Santé Canada applique un vaste ensemble de méthodes scientifiques modernes et utilise des données probantes pour déterminer la nature et l’ampleur des risques que peuvent poser les pesticides. Cette approche permet de protéger la santé humaine et l’environnement par l’application de stratégies de gestion des risques adéquates et efficaces, qui concordent avec les objectifs relatifs au préambule décrits ci-dessus.
L’approche de Santé Canada en matière d’évaluation des risques et de la valeur est énoncée dans le Cadre d’évaluation et de gestion des risques liés aux produits antiparasitairesNote de bas de page 5. En voici les grandes lignes :
i) Évaluation des risques potentiels pour la santé
Pour évaluer et gérer les risques sanitaires potentiels, Santé Canada suit un processus structuré, prévisible et compatible avec les méthodes internationales et le Cadre décisionnel de Santé Canada pour la détermination, l’évaluation et la gestion des risques pour la santéNote de bas de page 6.
L’évaluation des risques potentiels pour la santé commence par un examen du profil toxicologique d’un pesticide afin de calculer les doses de référence auxquelles aucun effet nocif n’est attendu, puis de s’en servir pour évaluer l’exposition prévue. Le cas échéant, on utilise des facteurs d’incertitude pour apporter une protection supplémentaire qui tient compte de la variation de sensibilité observée dans la population humaine et de l’incertitude associée à l’extrapolation aux humains des résultats d’études menées sur des animaux. Dans certaines conditions, la Loi sur les produits antiparasitaires exige l’utilisation d’un autre facteur pour conférer une protection supplémentaire aux femmes enceintes, aux nourrissons et aux enfants. Certains cas particuliers nécessitent d’autres facteurs d’incertitude, pour tenir compte par exemple des lacunes de la base de données. Pour des précisions sur l’application des facteurs d’incertitude, consulter le document SPN2008-01Note de bas de page 7.
Les évaluations servent à estimer les risques potentiels pour la santé de populations définiesNote de bas de page 8 dans des conditions d’exposition précises. Elles sont effectuées dans le contexte des scénarios d’utilisation proposés ou homologués, par exemple l’utilisation d’un pesticide sur une grande culture donnée, à une dose d’application déterminée, et avec des méthodes et des équipements conformes. Les scénarios d’exposition possibles tiennent compte de l’exposition pendant et après l’application de pesticides en milieu professionnel ou résidentiel, de l’exposition par les aliments et l’eau potable, ou encore de l’exposition découlant d’interactions avec des animaux de compagnie traités. La durée d’exposition (de courte, moyenne ou longue durée) et les voies d’exposition (voie orale, inhalation, contact cutané) prévues sont également prises en considération. L’évaluation des risques pour la santé tient également compte des renseignements disponibles sur l’exposition globale et les effets cumulatifs.
ii) Évaluation des risques pour l’environnement
Au moment d’évaluer les risques environnementaux, Santé Canada adopte une méthode structurée par niveau pour établir la probabilité qu’une exposition à un pesticide cause des effets néfastes à l’échelle de l’individu, de la population ou de l’écosystème. On commence par une évaluation préliminaire faisant appel à des méthodes simples, à des scénarios d’exposition prudents et à des paramètres d’effet toxicologique traduisant la plus grande sensibilité, puis, le cas échéant, on procède à une évaluation approfondie qui peut inclure des modèles d’exposition, des données de surveillance, des résultats d’études menées sur le terrain ou en mésocosme, ainsi que des méthodes probabilistes d’évaluation des risques.
L’évaluation environnementale tient compte à la fois de l’exposition (les propriétés chimiques, le devenir et le comportement dans l’environnement, ainsi que les doses et les méthodes d’application) et du danger (les effets toxiques sur les organismes) associés à un pesticide. L’évaluation de l’exposition permet d’examiner le déplacement du pesticide dans le sol, l’eau, les sédiments et l’air, ainsi que son absorption possible par des plantes ou des animaux et son transfert par le réseau trophique. Elle permet également d’examiner la possibilité que le pesticide migre vers des compartiments environnementaux sensibles, par exemple les eaux souterraines, les lacs et les cours d’eau, ainsi que la possibilité qu’il soit entraîné dans l’air. L’évaluation du danger consiste à examiner les effets sur un grand nombre d’espèces indicatrices végétales et animales reconnues à l’échelle internationale (les organismes terrestres comprennent des invertébrés, comme les abeilles, les arthropodes utiles et les lombrics, des oiseaux, des mammifères et des plantes; les organismes aquatiques comprennent des invertébrés, des amphibiens, des poissons, des plantes et des algues), ce qui suppose de tenir compte des effets sur la biodiversité et la chaîne alimentaire. Les critères d’effet pour une exposition aiguë ou chronique sont tirés d’études en laboratoire et d’études sur le terrain qui permettent de caractériser la réponse toxique et de déterminer la relation dose-effet d’un pesticide.
La caractérisation des risques pour l’environnement nécessite l’intégration de l’information sur l’exposition du milieu et les effets environnementaux pour cerner les organismes ou les compartiments environnementaux à risque, le cas échéant, ainsi que les incertitudes liées à la caractérisation des risques.
iii) Évaluation de la valeur
Les évaluations de la valeur comportent deux éléments : l’évaluation du rendement du produit antiparasitaire et de ses avantages.
L’évaluation du rendement comporte une évaluation de l’efficacité du pesticide dans la lutte contre l’organisme ciblé et de la possibilité qu’il endommage les cultures hôtes ou les sites sur lesquels il est utilisé. Si l’efficacité d’un pesticide est acceptable, l’évaluation sert à établir les allégations et les instructions appropriées figurant sur l’étiquette ainsi qu’une dose (ou une gamme de doses) d’application efficace, sans être excessive, et qui ne cause pas de dommages inacceptables au site d’utilisation ou à l’organisme/la culture hôte (ni aux hôtes et aux cultures subséquents) dans des conditions normales d’utilisation.
Bien souvent, l’établissement du rendement permet à lui seul de déterminer la valeur du pesticide, de sorte qu’il ne soit plus nécessaire de procéder à une évaluation approfondie ou générale des avantages. Dans certains cas, cependant, l’évaluation approfondie peut être indiquée pour préciser la valeur du produit ou élaborer des options de gestion des risques.
Gestion des risques
Les stratégies de gestion des risques reposent sur les résultats de l’évaluation des risques pour la santé humaine et l’environnement et les résultats de l’évaluation de la valeur. Ces stratégies prévoient des mesures appropriées d’atténuation des risques et sont indispensables pour décider si les risques sanitaires et environnementaux sont acceptables. L’élaboration de telles stratégies se fait selon les conditions d’homologation du pesticide. Les conditions peuvent être liées, entre autres, à l’utilisation (p. ex. les doses, la période, la fréquence et la méthode d’application), à l’équipement de protection individuelle, aux délais d’attente avant la récolte, aux délais de sécurité, aux zones tampons, aux mesures d’atténuation de la dérive de pulvérisation et du ruissellement, de même qu’à la manipulation, la fabrication, le stockage ou la distribution d’un pesticide. Si, pour un pesticide donné, il est impossible d’établir des conditions d’utilisation réalisables avec un risque et une valeur acceptables, l’utilisation du pesticide ne sera pas admissible à l’homologation.
La stratégie de gestion des risques sélectionnée est ensuite mise en œuvre dans le cadre de la décision d’homologation. Les conditions d’homologation d’un pesticide comprennent l’inscription d’un mode d’emploi juridiquement contraignant sur l’étiquette. Toute utilisation qui n’est pas conforme au mode d’emploi de l’étiquette ou aux autres conditions précisées constitue une infraction à la Loi sur les produits antiparasitaires.
Après la prise d’une décision, il existe des outils essentiels pour assurer l’acceptabilité continue des risques et de la valeur des pesticides homologués, notamment des activités de contrôle continu comme les évaluations postérieures à la commercialisation, et des activités de suivi et de surveillance, comme la déclaration d’incident.
Notes de bas de page
- Note de bas de page 1
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Note d’information – Détermination de l’acceptabilité des études pour les évaluations des risques liés aux pesticides
- Note de bas de page 2
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« Énoncé de décision », conformément au paragraphe 28(5) de la Loi sur les produits antiparasitaires
- Note de bas de page 3
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Conformément au paragraphe 35(1) de la Loi sur les produits antiparasitaires
- Note de bas de page 4
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Note d’information – Détermination de l’acceptabilité des études pour les évaluations des risques liés aux pesticides
- Note de bas de page 5
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Document d’orientation, Cadre d’évaluation et de gestion des risques liés aux produits antiparasitaires
- Note de bas de page 6
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Cadre décisionnel de Santé Canada pour la détermination, l’évaluation et la gestion des risques pour la santé – Le 1er août 2000
- Note de bas de page 7
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Document de principes : Utilisation de facteurs d’incertitude et du facteur issu de la Loi sur les produits antiparasitaires dans l’évaluation des risques des pesticides pour la santé humaine
- Note de bas de page 8
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Prise en compte du genre et du sexe dans l’évaluation des risques des pesticides