ARCHIVÉE - Évaluation du programme C-EnterNet

 

Conclusions de l’évaluation

Cette section présente les conclusions de l’évaluation, structurées selon quatre grands éléments de l’évaluation : la pertinence, la conception et l’exécution, la réussite du programme ainsi que la rentabilité et les solutions de rechange.

3.1 Pertinence

3.1.1 Besoins continus

Observations : Les données probantes indiquent que le programme C-EnterNet doit poursuivre ses opérations en raison de la prévalence des maladies entériques et des coûts afférents pour la société canadienne. De plus, les maladies d’origine alimentaire et hydrique sont un grave problème de santé publique. Le programme C-EnterNet est en harmonie avec les priorités nationales liées à la salubrité des aliments et de l’eau et avec des initiatives de surveillance internationales. Toutes les composantes du programme C‑EnterNet sont considérées comme étant pertinentes et l’expansion du programme est fortement encouragée.

Importance des maladies entériques infectieuses au Canada

Les maladies entériques infectieuses sont une vaste catégorie de maladies comprenant de nombreuses maladies entériques bactériennes, virales et parasitaires. Parmi celles-ci se trouvent la salmonellose, la campylobactériose et la lambliase ainsi que l’E. coli producteur de vérotoxine, la dysenterie bacillaire, la yersiniose, l’hépatite A, la cryptosporidiose et bien d’autres. Les symptômes de ces maladies sont généralement légers, mais elles peuvent causer des vomissements, de la diarrhée, des maladies chroniques graves et même la mort.

Les maladies entériques infectieuses sont fréquentes au Canada. Selon les estimations, il y aurait 1,3 épisode de maladie gastro-intestinale aiguë par personne par année au Canada1. Ces maladies sont souvent transmises par le biais des aliments ou de l’eau. L’ASPC a estimé qu’il y a au moins 13 millions de cas de maladies d’origine alimentaire par année au Canada2 et qu’il existe plus de 250 types de maladies d’origine alimentaire3.

En raison de leur prévalence, les coûts associés aux maladies entériques sont impressionnants. Une étude de 2006 estimait le coût associé aux maladies entériques à 115 $ par Canadien par année et les coûts par cas à 1 089 $; ce qui représente des coûts annuels approximatifs de 3,7 G$4. Ces coûts comprennent la valeur des journées de travail manquées, les coûts pour le système de santé et les frais médicaux. Selon une récente étude britannique, environ 4 % des cas de maladies entériques au pays entraînent une hospitalisation5. Comme les coûts les plus élevés associés aux maladies entériques sont associés aux personnes âgées de plus de 65 ans, ces coûts devraient augmenter avec le vieillissement de la population6.

Selon les intervenants interrogés, les récents événements comme la crise de la maladie de la vache folle (ESB), les décès liés à la présence d’un agent pathogène dans l’eau à Walkerton en Ontario et les épidémies de maladies d’origine alimentaires (y compris la listériose) ont fait que les maladies d’origine alimentaire et hydrique sont demeurées un problème majeur en matière de santé publique au Canada. Comme les maladies entériques sont évitables, les Canadiens s’attendent à ce que les gouvernements tentent d’améliorer la prévention et la détection.

Tendances relatives aux conséquences des maladies d’origine alimentaire et hydrique au Canada

Les coûts sur le plan de la santé et de l’économie documentés associés aux maladies entériques infectieuses ont augmenté dans beaucoup de pays. Les pays qui ont mis en œuvre des systèmes de surveillance ont remarqué une augmentation marquée de l’incidence des maladies d’origine alimentaire au cours des deux dernières décennies7. Selon un récent rapport dans le cadre de l'enquête indépendante sur la listériose, les maladies d’origine alimentaire sont la catégorie de maladies infectieuses émergentes ayant la croissance la plus marquée au Canada et il existerait plus de 250 types de maladies d’origine alimentaire8.

Selon les données disponibles, le nombre de cas déclarés de maladies entériques au Canada a augmenté, est demeuré relativement stable ou a connu une faible baisse au cours des dernières années selon le type de maladie9. La figure 1 montre les tendances pour quelques types de maladies entériques. Cependant, ces chiffres sont fondés sur les cas déclarés par l’entremise des systèmes de surveillance passive provinciaux seulement et une sous-déclaration du nombre de cas est donc probable.

Figure 1. Tendances liées aux maladies entériques sélectionnées, au Canada, 1994‑2004

Figure 1. Tendances liées aux maladies entériques sélectionnées, au Canada,  1994‑2004

Il est important de noter qu’après 1999, ce ne sont pas toutes les provinces qui ont déclaré toutes les maladies pour tous les exercices. En outre, il manque tous les rapports de certaines provinces et de certains territoires pour quelques exercices et les données présentées n’ont pas été ajustées en fonction de cette situation.

Source : Données primaires de la base de données nationale de surveillance des maladies à déclaration obligatoire (SMDO) et de la base de données du Programme national de surveillance des maladies entériques lorsque les données sur les MDO ne sont pas disponibles. 

Équivalent texte

ARCHIVÉ - Figure 1. Tendances des maladies entériques sélectionnées, Canada, 1994-2004(Taux d’incidence pour 100 000 habitants)

  Campylobactériose Cryptosporidiose Salmonellose E. coli producteur de vérotoxine Yersiniose
1994 54,1   22,2 4,1  
1995 46,6   21,8 5,1  
1996 43,1   22,2 4,2  
1997 45,1   20,1 4,2  
1998 37,7   18,4 4,9  
1999 37,8 0,3 18,5 4,9 2,3
2000 40,2 2,6 18,4 9,8 2,1
2001 38,3 7,5 19,5 4,3 2,5
2002 36,7 2,4 19,1 3,9 1,9
2003 30,9 2,5 15,6 3,2 1,7
2004 28,9 1,8 15,3 3,2 1,5

Veuillez noter que, après 1999, les provinces n’ont pas toutes déclaré toutes les maladies pour chaque année. De plus, toutes les déclarations de certaines provinces et de certains territoires pour certaines années sont manquantes; pour cette raison, les données n’ont pas été corrigées.

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Selon l’ASPC, certaines données probantes indiquent que la population canadienne pourrait devenir plus vulnérable aux maladies entériques, ce qui découlera probablement de l’augmentation de l’occurrence et de la gravité des maladies entériques dans le futur. Cette situation est surtout attribuable au vieillissement de la population canadienne. De plus, une urbanisation accrue entraîne une réduction de la population en contact direct avec le secteur agroalimentaire, qui est reconnu pour conférer une immunité naturelle. Les tendances indiquent que la population immunodéficiente représentera une plus grande partie de la population dans le futur10

Les intervenants interrogés dans le cadre de cette évaluation ont indiqué que de nombreux facteurs influençaient la prévalence des maladies entériques. La mondialisation accrue a entraîné une augmentation des voyages ainsi que de la distribution des aliments et les habitudes de consommation se sont complexifiées. En même temps, la production alimentaire est devenue plus industrialisée. Un seul établissement de transformation alimentaire distribuant ses produits à des millions de consommateurs peut maintenant propager des maladies d’origine alimentaire à l’échelle internationale. D’autres personnes ont fait remarquer que les changements climatiques continueront d’influencer la prévalence des maladies entériques puisque les changements environnementaux (comme la modification des concentrations d’agents pathogènes dans les cours d’eau) sont de plus en plus prononcés.

Preuves que C-EnterNet comble d’importantes lacunes liées à la lutte contre les maladies entériques

Des activités et des politiques bien documentées en matière de santé publique peuvent prévenir et limiter les éclosions en plus de réduire le fardeau des maladies infectieuses. Le système de surveillance passive compte sur les médecins, les laboratoires et d’autres professionnels pour soumettre les renseignements concernant les cas par le biais de réseaux de renseignements provinciaux et nationaux. Cette méthode a entraîné une sous-déclaration des maladies entériques au Canada : un rapport récent a conclu que 1 cas de maladie entérique sur 313 était déclaré en Ontario11.

C-EnterNet a été conçu pour combler la nécessité d’obtenir des données plus complètes sur les maladies entériques infectieuses en ce qui a trait à la surveillance de l’exposition aux agents pathogènes entériques par le biais d’animaux, d’aliments et d’eau afin de pouvoir établir l’attribution de source. Une meilleure surveillance devrait fournir des données fiables sur les tendances avec le temps pour les cas humains et les formes d’exposition. L’information sur les sources de maladies entériques n’est pas recueillie ni disponible au Canada en ce moment.

Les renseignements générés par le programme C-EnterNet ont pour but de documenter l’élaboration et l’évaluation des politiques et des pratiques liées à la salubrité des aliments et de l’eau. Cette façon de faire est conforme aux recommandations en matière de santé publique indiquées dans plusieurs rapports récents, notamment : le rapport de Haines en 2004 sur la salubrité de la viande (Rapport d'examen de la réglementation et de l'inspection des viandes); les rapports d’O’Connor en 2002 sur la salubrité de l’eau rédigés à la suite des décès résultant d’une maladie d’origine hydrique à Walkerton en Ontario; le rapport de Naylor en 2003, « Renouvellement de la santé publique au Canada »; et les rapports du vérificateur général de 1999, 2002 et 2005, qui soulignaient la nécessité d’améliorer les activités de surveillance de la maladie au Canada.

De plus, le récent rapport du Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire à la Chambre des communes de juin 2009 « Au-delà de la crise de la listériose : renforcer le système de salubrité des aliments » recommandait « que le gouvernement améliore le système national de surveillance des maladies d’origine alimentaire en établissant des programmes de collecte de données épidémiologiques sur les maladies d’origine alimentaire au Canada et entame des pourparlers avec les provinces dans le but d’inscrire d’autres maladies d’origine alimentaire pertinentes sur la liste des maladies à déclaration obligatoire à l'échelle nationale » 12.

Le programme C-EnterNet est harmonisé aux initiatives en la matière à l’échelle internationale. En 2000, la 53e Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution reconnaissant le rôle de la salubrité des aliments en santé publique et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a encouragé ses États membres à concevoir des programmes de surveillance des maladies d’origine alimentaire13. Des programmes de surveillance active des aliments sont exécutés aux États‑Unis (le Foodborne Diseases Active Surveillance Network des CDC (FoodNet)) et en Australie (OzFoodNet). En 2006, le Department of Food Safety and Zoonoses de l’OMS a lancé, dans le cadre d’une consultation internationale, une initiative visant à estimer le fardeau mondial des maladies d’origine alimentaire découlant de toutes les causes importantes, y compris les produits chimiques et les zoonoses14.

Les intervenants interrogés pour l’évaluation étaient, à quelques exceptions près, d’avis que C-EnterNet aide à s’attaquer au problème des maladies entériques infectieuses. Voici les raisons qui ont été données :

  • C-EnterNet, grâce à l’examen de la source des maladies entériques, permet de déterminer l’importance relative des différentes sources de maladies et donne donc une idée des domaines qui ont besoin de ressources afin de réduire les risques. C-EnterNet peut donc avoir une incidence sur les pratiques liées à la source des maladies.
  • C-EnterNet peut agir comme outil pour évaluer l’efficacité des programmes et des interventions en examinant les tendances au fil du temps et en établissant davantage de sites sentinelles dans les différentes régions.
  • C-EnterNet est un programme unique et les données provenant des sites sentinelles sont rigoureuses, complètes et de grande qualité.
  • C-EnterNet a permis d’accroître la capacité dans le domaine des maladies entériques infectieuses. Cet effet a été constaté non seulement par les services de santé publique, qui ont profité d’une meilleure formation et d’un soutien à la recherche, mais aussi au niveau des réseaux et des collaborations découlant du programme en général.

Les bénéficiaires de produits d’information de C‑EnterNet interrogés étaient aussi positifs quant à la mesure dans laquelle le programme permet de combler des lacunes importantes en matière de renseignements. La grande majorité (82 %) des bénéficiaires de l’information provenant de C‑EnterNet étaient d’avis que le programme aide à combler les lacunes en ce qui a trait aux renseignements concernant les maladies entériques et les formes d’exposition (44 % étaient fortement d’accord et 38 % d’accord). Seulement 4 % des répondants n’étaient pas d’accord avec le fait que le programme aide à combler les lacunes (les autres répondants (14 %) ont indiqué qu’ils ne le savaient pas).

Opinions sur la pertinence des volets du programme

Les différents volets du programme sont perçus comme étant utiles par les bénéficiaires de l’information interrogés. Comme le démontre le tableau 6, les renseignements pour chaque volet du programme ont été jugés utiles/très utiles par plus des trois quarts des répondants.

Tableau 6. Utilité perçue des différents volets du programme
Volet du programme Utile/très utile Pas du tout utile/ pas très utile Ne sait pas
Amélioration de l’information sur le suivi des maladies humaines et du sous-typage des agents pathogènes. 77,9 % 7,4 % 14,7 %
Surveillance active des agents pathogènes entériques dans l’eau, en harmonie avec la surveillance chez les humains. 76,8 % 11,6 % 11,6 %
Surveillance active des agents pathogènes entériques dans les fermes/l’agriculture, en harmonie avec la surveillance chez les humains. 85,4 % 5,2 % 9,4 %
Surveillance active des agents pathogènes entériques dans les aliments, en harmonie avec la surveillance chez les humains. 86,0 % 5,0 % 9,0 %
Surveillance intégrée des agents pathogènes entériques (chez l’humain, dans le système agroalimentaire et l’eau) 83,8 % 7,1 % 9,1 %
Travaux et études sur l’attribution des maladies humaines (attribution de source) 80,6 % 6,1 % 13,3 %

Source : Sondage auprès des bénéficiaires de l’information de C-EnterNet
N = 95-100

La surveillance active des agents pathogènes entériques dans les aliments, en harmonie avec la surveillance chez l’humain, est le volet que le plus grand pourcentage de répondants ont trouvé utile avec 86 %, mais d’autres volets ont été jugés de façon semblable. La surveillance de l’eau a été jugée utile moins souvent, même si plus des trois quarts (76,8 %) des répondants ont indiqué que ce volet avait été utile pour eux ou leur organisme. Ces chiffres correspondent à l’opinion des intervenants, qui étaient essentiellement positifs quant à la mesure dans laquelle les volets sur la surveillance intégrée et l’attribution de source étaient pertinents pour le programme C‑EnterNet. Aucune personne interrogée n’a laissé entendre que ces parties du programme n’étaient pas pertinentes.

En ce qui a trait aux avantages de la surveillance intégrée, les personnes interrogées ont indiqué que ce volet avait facilité l’amélioration des données, de la capacité à déterminer les groupes de fréquence et de l’établissement des coûts associés aux maladies. Il a aussi été mentionné qu’une amélioration des données et de la collaboration augmente la capacité globale dans le domaine des maladies entériques. Certains répondants ont souligné que le volet sur l’attribution de source permet de mieux comprendre où les ressources doivent être utilisées pour s’attaquer efficacement aux maladies entériques.

Même si les données probantes indiquent que tous les volets sont pertinents, quelques intervenants interrogés ont fait remarquer que le programme avait besoin d’un cadre conceptuel clair. Un cadre conceptuel illustrerait comment les différents éléments du programme se complètent pour dresser le portrait des maladies entériques et de leurs sources. Plus précisément, il a été mentionné que le programme n’avait publié aucun document explicatif quant aux hypothèses pouvant expliquer la causalité entre le niveau d’agents pathogènes et le nombre de cas de maladie chez l’humain. Par exemple, une des personnes interrogées a laissé entendre qu’il n’était pas clairement indiqué dans quelle mesure le modèle utilisé pour le programme avait pris en compte l’effet du traitement de l’eau ou de la cuisson des aliments sur le niveau d’agents pathogènes auquel sont exposés les êtres humains.

Nécessité d’obtenir des renseignements similaires provenant d’autres régions

La conception d’origine du programme C-EnterNet prévoyait cinq ou six sites sentinelles en activité dans des collectivités partout au Canada. Jusqu’à maintenant, le programme comprend un seul site pilote à Waterloo en Ontario. Les bénéficiaires de l’information de C-EnterNet et les intervenants interrogés favorisaient tous deux grandement l’expansion du programme à d’autres régions du Canada.

Les répondants au sondage étaient essentiellement d’accord (84 %) avec le fait que l’expansion du programme C-EnterNet à d’autres sites sentinelles partout au Canada permettrait d’obtenir de l’information utile afin d’aborder la question des maladies entériques et des formes d’exposition. Seulement 3 % des gens étaient en désaccord et les 13 % restants ne savaient pas.

De même, tous les intervenants interrogés qui ont fait part de leur opinion ont indiqué que le programme devrait être étendu à d’autres sites. La plupart ont souligné que le programme avait été conçu pour être exécuté dans de multiples sites afin d’obtenir des estimations à l’échelle nationale. Quelques personnes interrogées ont aussi indiqué que le fait d’avoir exécuté C‑EnterNet dans un seul site ne permettait pas de déterminer les provinces ou les territoires qui semblent utiliser des pratiques plus efficaces (p. ex. en ce qui a trait à l’agriculture, à l’eau, etc.) selon les niveaux de maladies et d’agents pathogènes mesurés. Les personnes interrogées ont aussi indiqué que l’augmentation du nombre de sites permettrait d’accroître l’efficacité statistique générale et la rigueur associées à des échantillons plus larges.

3.1.2 Harmonisation avec les objectifs ainsi que les priorités du gouvernement du Canada et de l’ASPC et les priorités en santé publique locales

Observations : C-EnterNet est en harmonie avec les priorités du gouvernement du Canada et les objectifs de l’ASPC ainsi qu’avec les priorités sanitaires locales. Les résultats convenus du programme en vertu de son financement actuel sont aussi en harmonie avec les objectifs de l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

Harmonisation avec les objectifs et les priorités du gouvernement du Canada

Le programme C-EnterNet aide l’ASPC à atteindre un des résultats clés du gouvernement du Canada : des Canadiens en santé. Le Rapport sur les plans et les priorités de 2008 de l’ASPC traitait précisément de l’harmonisation avec les résultats du gouvernement du Canada en ce qui a trait à la prévention et au contrôle des maladies infectieuses. Dans l’introduction de ce même rapport, l’ancien ministre de la Santé Tony Clement indiquait que l’ASPC « appuie les priorités du gouvernement grâce à son expertise et à ses réseaux de surveillance de l’état de santé de la population. En mettant en lumière les liens entre l’exposition et la maladie, les efforts de l’Agence nous permettent non seulement de mener des interventions là où elles sont nécessaires, mais également d’en mesurer l’efficacité »15. En outre, les discours du Trône de 2007 et de 2008 considéraient la salubrité des aliments comme une priorité du GC.

Harmonisation avec les objectifs et les priorités de l’ASPC

La théorie du programme C-EnterNet correspond directement aux objectifs et aux priorités de l’ASPC tels qu’ils sont définis dans l’architecture des activités de programmes de l’Agence. L’objectif stratégique primordial visant à assurer « des Canadiens en meilleure santé, une réduction des disparités en matière de santé et un renforcement des capacités en santé publique » comprend l’activité de programme « prévention et contrôle des maladies infectieuses », qui comprend l’activité stratégique « maladies d’origine alimentaire et hydrique et zoonoses ». De plus, C‑EnterNet touche aussi à l’activité de programme « renforcement des capacités en santé publique » y compris l’activité stratégique « établir une capacité en matière de ressources humaines en santé publique ».

Cependant, le programme C-EnterNet n’a jamais été financé principalement par un financement « de base » de l’ASPC. En vertu du financement actuel alloué à son Plan d'action pour assurer la salubrité des aliments, les résultats prévus énoncés pour le programme C-EnterNet sont structurés autour de la salubrité des aliments. Les résultats prévus dans cette présentation sont d’informer les décideurs des risques que représentent les marchandises importées et des tendances liées aux agents pathogènes dans les aliments et aux maladies connexes. Même s’ils touchent à la santé publique, ces résultats semblent respecter étroitement le mandat de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) qui consiste à assurer la salubrité de l’approvisionnement alimentaire au Canada.

Harmonisation avec les priorités des services de santé locaux

Le SSPRW met en œuvre des services de santé, des programmes des services de soutien et recueille de l’information actuelle dans le but de :

  • promouvoir un mode de vie sain;
  • protéger contre les menaces pour la santé;
  • prévenir les maladies et les blessures16.

Le programme C-EnterNet encourage ces trois domaines en se concentrant sur la prévention des maladies et des blessures. Tous les membres du personnel et de la direction du SSPRW interrogés étaient positifs quant à la mesure dans laquelle C-EnterNet est en harmonie avec les priorités de leurs services de santé. Cette harmonisation était évidente dans les activités suivantes du programme C-EnterNet :

  • conception conjointe et mise en œuvre d’un questionnaire de suivi détaillé pour les cas de maladies entériques dans la région;
  • promotion de l’échange systématique d’isolats et de renseignements entre les laboratoires et les services de santé publique;
  • organisation/soutien du personnel grâce à des ateliers de formation et de perfectionnement professionnel;
  • collaboration quant à la préparation et à la publication de manuscrits scientifiques (p. ex. Heywood et coll. Éclosion dans une collectivité d'une épidémie d'hépatite A contractée lors d'un voyage au contact d'un manipulateur d'aliments infecté.Relevé des maladies transmissibles au Canada, 1er novembre 2007, volume 33, numéro 12);
  • promotion des enquêtes sur les éclosions à la demande des services de santé publique locaux;
  • l’équipe de C-EnterNet travaille avec le SSPRW et la section des interventions en cas d’éclosion et de la gestion des questions pour améliorer la gestion des éclosions dans les services de garde d’enfants. Cette initiative a été possible grâce à une analyse collective et à la publication d’un document sur les éclosions d’E. coli dans un service de garde d’enfants17 ainsi que d’une recherche qualitative liée aux protocoles dans les services de garde d’enfants18.

Il a aussi été souligné dans le cadre des entrevues auprès du personnel et des gestionnaires du SSPRW ainsi que du groupe de consultation avec du personnel du SSPRW que la participation au programme C-EnterNet avait rehaussé le profil des services de santé publique et les avait aidés à acquérir une « culture de l’excellence ». L’objectif établi de l’acquisition d’une culture de l’excellence était de mettre l’accent sur l’innovation, la collaboration, l’échange de connaissances et l’excellence des services dans les services de santé. Par conséquent, le programme C‑EnterNet permet de faire progresser l’objectif du SSPRW en la matière.

3.1.3 Pertinence du rôle actuel du gouvernement

Observations : Comme le programme C-EnterNet a une portée nationale et qu’il est lié à la santé publique et à la salubrité des aliments, le rôle actuel du gouvernement fédéral est approprié. Un rôle accru pour de multiples organismes fédéraux et provinciaux touchés par le programme et ses résultats permettraient de garantir son acceptation et sa viabilité et reflèteraient la nature coopérative et multidisciplinaire du projet.

Preuve de la pertinence du rôle

De nature multidisciplinaire, le programme C-EnterNet rassemble différents ordres et domaines gouvernementaux et d’autres organismes. Les sites sentinelles nécessitent l’établissement de partenariats avec des services de santé publique locaux, des laboratoires, secteurs de l'eau et de l'agroalimentaire ainsi qu'avec les autorités provinciale et fédérale de santé publique, de salubrité des aliments et de salubrité de l'eau. La conception d’origine du programme exigeait que ce dernier génère des estimations à l’échelle nationale sur les maladies entériques et les sources. Dans ce contexte, la gestion du programme par le gouvernement fédéral est appropriée : le gouvernement fédéral est le mieux placé pour agir à titre d’organisme de coordination pour de nombreux partenaires au sein du réseau de sites sentinelles et entre ceux-ci.

Le gouvernement fédéral joue un rôle dans le domaine de la salubrité alimentaire, qui est un volet important du programme C-EnterNet. La responsabilité de garantir une bonne salubrité alimentaire est partagée entre les différents ordres de gouvernement, mais la responsabilité du gouvernement fédéral doit être principalement de nature réglementaire. Comme l’indique le rapport du Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire, Au-delà de la crise de la listériose : renforcer le système de salubrité des aliments :« Au niveau fédéral, la Loi sur les aliments et drogues constitue le fondement du système de salubrité des aliments au Canada. Elle tient son autorité du pouvoir fédéral de légiférer en matière de droit pénal et exige notamment que tous les aliments vendus au pays soient propres à la consommation humaine. Un certain nombre de produits […] sont aussi visés par des lois distinctes adoptées en vertu de la compétence fédérale en matière de commerce19. »  

En vertu de leur mandat en matière de santé publique et de commerce, les provinces et les territoires ont aussi un rôle à jouer dans la salubrité alimentaire, y compris la réglementation des détaillants et des services d'alimentation. Dans certaines provinces et certains territoires, ce sont les administrations municipales qui sont chargées de l’application des règlements provinciaux. Un Comité fédéral-provincial-territorial de la salubrité des aliments (CFPTSA), qui regroupe des fonctionnaires des ministères de la Santé et de l’Agriculture d’un bout à l’autre du Canada, coordonne l'élaboration d’un éventail de politiques nationales en matière de salubrité alimentaire, met en œuvre des initiatives liées à la salubrité alimentaire et sert de forum de discussion en ce qui a trait aux questions relatives aux sciences, aux politiques et au programme20.

Opinion sur le transfert possible des volets

Certains intervenants interrogés ont indiqué que d’autres organismes pourraient jouer un plus grand rôle dans le programme C-EnterNet. Étant donné la nature multidisciplinaire du programme et les différents intervenants travaillant dans les domaines de la santé, de la salubrité alimentaire et de l’environnement, bon nombre d’organismes fédéraux agissant comme bailleurs de fonds ont été suggérés pour assumer certaines fonctions. Il a aussi été proposé d’accorder un rôle accru aux organismes provinciaux, y compris à titre d’importants partenaires financiers. Certains intervenants ont affirmé que cela permettrait d’assurer la viabilité du programme et pourrait augmenter l’acceptation de celui-ci. Un risque possible qui a été souligné est qu’en raison des protocoles de partage des données entre les différents ordres de gouvernement, du temps et des efforts supplémentaires pourraient être requis sur le plan administratif si les provinces participent davantage à la collecte des données pour le programme C-EnterNet.

3.1.4 Complémentarité, dédoublement et chevauchement

Observations : C-EnterNet dans son ensemble n’exécute pas en double les travaux des autres programmes ou organismes et il n’y a pas de chevauchement. Des données probantes démontrent que la complémentarité du programme pourrait être améliorée grâce à une collaboration plus étroite avec le Programme intégré canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (PICRA).

Existence de programmes et d’organismes semblables

C-EnterNet est le seul programme au Canada qui recueille, analyse et rapporte des données sur les cas de maladies entériques ainsi que les agents pathogènes en cause et les formes d’exposition.  

La principale source de données sur les cas de maladies entériques partout au Canada est le système national des maladies à déclaration obligatoire (SNMDO). Plus de 50 maladies sont considérées comme étant à déclaration obligatoire et sont sous surveillance à l’échelle nationale, notamment la campylobactériose, la lambliase, la dysenterie bacillaire, la salmonellose, l’ E. coli producteur de vérotoxine, etc. Il est obligatoire pour chaque province de déclarer les cas de maladies entériques aiguës en vertu de ce système. Les nombres de cas sont compilés et répartis au moyen des rapports mensuels et de la base de données en ligne sur les maladies à déclaration obligatoire.

En plus du SNMDO, le Programme national de surveillance des maladies entériques (PNSME), géré par l’ASPC, compile les données des laboratoires de santé publique provinciaux et produit des rapports hebdomadaires sur les résultats. Le PNSME dresse le portrait de l’état des principales maladies entériques infectieuses chez l’humain comme la salmonellose, la campylobactériose, la dysenterie bacillaire, l’E. coli producteur de vérotoxine et, plus récemment, des parasites intestinaux comme la Giardia, le Cryptosporidium, l’Entamoeba et le Cyclospora, de même que des virus entériques comme le norovirus et le rotavirus. Ce système ne rapporte qu’une petite partie de tous les cas, puisqu’il compte sur le fait que les patients cherchent à obtenir un soutien médical, que les médecins demandent une analyse en laboratoire des agents pathogènes entériques, que les laboratoires effectuent l’analyse des agents pathogènes et que les essais permettent de déterminer correctement la nature de l’agent pathogène21

C-EnterNet est un des deux programmes de surveillance canadiens pour lesquels un échantillonnage des sources est associé à un échantillonnage des maladies chez les humains. L’autre programme (PICRA), teste la sensibilité aux antimicrobiens des agents pathogènes entériques et d’autres organismes à différents points de la chaîne alimentaire (à la ferme, à l’abattoir et dans les établissements de vente au détail). Le PICRA a une portée plus limitée que C-EnterNet, puisqu’il examine un plus petit nombre d’agents pathogènes. Il ne fait pas non plus appel à des sites sentinelles. Toutefois, comme C-EnterNet, le PICRA compte sur un échantillonnage des aliments au détail et à la ferme. Le PICRA procède aussi à un échantillonnage dans les abattoirs, ce qui a été suggéré comme source potentielle de données pertinente pour le programme C-EnterNet.

En plus du PICRA, il existe un certain nombre d’autres programmes et organismes qui intègrent des activités liées à la surveillance ou à l’échantillonnage. Les intervenants interrogés ont indiqué que l’ACIA avait commencé à faire des tests sur des produits, des laitues en sac et des laitues en vrac pour des restaurants. Certaines personnes ont affirmé que les tests ne visaient que trois agents pathogènes bactériens et non ceux qui sont les plus intéressants pour les scientifiques de C-EnterNet. Il a aussi été mentionné que l’ACIA procédait à des tests dans les abattoirs. Les intervenants ont également souligné que certains tests étaient effectués par des organismes provinciaux, notamment des tests dans les abattoirs réalisés par le MAAARO.

Il semble que certaines régions sanitaires provinciales et locales aient aussi entrepris leurs propres activités de surveillance, mais à plus petite échelle. Par exemple, un intervenant a indiqué qu’une région sanitaire en Alberta effectue son propre suivi des cas de maladies chez les humains, comme le fait le programme C-EnterNet. De plus, un programme de surveillance de la Salmonella a été lancé en C.‑B.

Des programmes de surveillance des maladies entériques semblables sont en œuvre à l’extérieur du Canada. C-EnterNet a été conçu selon le modèle du programme FoodNet des CDC, mis en application pour réduire l’occurrence et l’incidence des maladies d’origine alimentaire aux États‑Unis. En Australie, OzFoodNet est un autre programme de surveillance des maladies d’origine alimentaire. Toutefois, la portée de C-EnterNet est plus vaste que celle des programmes américain et australien puisqu’il comprend aussi des volets sur l’eau et à la ferme.

Les bénéficiaires de l’information devaient dire s’ils pouvaient obtenir l’information reçue de C‑EnterNet d’une autre source. Un très petit pourcentage de répondants (3 %) ont indiqué que si C-EnterNet n’existait pas, ils pourraient obtenir exactement les mêmes renseignements ailleurs. Plus de la moitié des répondants (52,5 %) ont indiqué qu’ils pourraient obtenir une partie de l’information d’une autre source alors que 15,8 % des gens ont affirmé qu’ils ne pourraient pas obtenir la même information d’une autre source. Plus du quart des répondants (28,7 %) ont indiqué qu’ils ne savaient pas.

Parmi les répondants qui ont indiqué qu’ils pouvaient obtenir une partie des renseignements d’une autre source, 41,5 % ont souligné que l’information offerte par d’autres sources n’était pas aussi utile ou de même qualité que les données de C-EnterNet. Par exemple, les données n’étaient pas aussi précises, recueillies aussi fréquemment, aussi détaillées et aussi pertinentes. Par exemple, un répondant a indiqué : « l’information générale est disponible ailleurs. L’avantage de C-EnterNet est la cueillette de données canadiennes ». En outre, 17 % des répondants ont dit qu’ils ne pouvaient obtenir que certains renseignements similaires auprès de multiples sources de données, ce qui nécessiterait des efforts considérables. Par exemple, un répondant a mentionné que « de l’information partielle recueillie auprès de C‑EnterNet pourrait être obtenue auprès d’autres sources, mais ce ne serait pas aussi facile et ce ne serait pas possible de façon intégrée ».

Enfin, plusieurs personnes ont affirmé qu’elles pourraient obtenir certaines (mais pas toutes) données (concernant les expositions dans le domaine agroalimentaire ou les agents pathogènes présents dans la viande au détail) du PICRA. Un répondant a indiqué : « mon principal centre d’intérêt est la viande. Le PICRA fournit des renseignements semblables, mais moins nombreux en ce qui concerne les agents pathogènes entériques présents dans la viande ».

Niveau de coordination avec des programmes et des organismes similaires

Le programme C-EnterNet a grandement collaboré avec d’autres organismes ou individus. Le grand nombre de partenaires et d’initiatives à l’échelle locale, provinciale, nationale et internationale en sont la preuve. Parmi les partenaires et les programmes se trouvent des laboratoires publics et privés, différents ordres de gouvernement, des établissements scolaires et des groupes de travail nationaux et internationaux. Une partie de la coordination implique des responsabilités importantes. Par exemple, pour la composante sur l’eau, le ministère de l’Environnement de l’Ontario procède à l’échantillonnage de cours d’eau pour le programme C‑EnterNet.

Sauf pour sa participation au Comité consultatif, la collaboration et la coordination officielles avec d’autres programmes et organismes du gouvernement fédéral semblent limitées. Par le passé, le programme C‑EnterNet et le PICRA, qui font tous deux partie de la Direction générale des maladies infectieuses et des mesures d'urgence (DGMIMU) de l’ASPC, se sont seulement offert une aide mutuelle non officielle comme des conseils facilitant l’établissement de C‑EnterNet et le partage de contacts entre les membres des équipes. D’un point de vue méthodologique et opérationnel, il existe des différences importantes entre les deux programmes en ce qui a trait à l’échantillonnage, aux essais et aux analyses. Cependant, plusieurs intervenants interrogés ont indiqué qu’il pourrait y avoir une plus grande collaboration officielle entre C‑EnterNet et le PICRA. Il a été souligné qu’une plus grande collaboration pourrait augmenter la rentabilité et améliorer le partage de données de même que l’intégralité des données disponibles pour chaque programme.

Finalement, l’équipe du programme C-EnterNet a entrepris une importante consultation avec ses pairs à l’échelle internationale. Par exemple, pendant la conception et la mise en œuvre de C‑EnterNet, l’équipe du programme a consulté le siège social de FoodNet des CDC à Atlanta en Géorgie ainsi que les sites de FoodNet au Minnesota et au Connecticut pour tirer profit de leurs expériences en ce qui a trait à la mise en œuvre de leurs programmes de surveillance. Un membre du programme FoodNet est aussi membre du Comité consultatif de C-EnterNet. Une collaboration internationale a aussi été établie relativement à l’élaboration de méthodes d’attribution de source.

3.2 Conception et exécution

3.2.1 Facteurs favorables et défavorables

Observations : Les compétences, les connaissances et la composition de l’équipe de C‑EnterNet ont été ciblées comme étant des forces essentielles du programme, alors que l’existence d’un seul site sentinelle était considérée comme le plus gros obstacle à la réussite du programme.

Les intervenants interrogés se sont vus demander quels facteurs associés à la conception ou à l’exécution du programme avaient favorisé la réussite du programme et quels facteurs constituaient des obstacles.

La composition de l’équipe de C-EnterNet était le facteur cité le plus souvent comme ayant favorisé la réussite du programme. Plus précisément, les personnes interrogées ont mentionné les points suivants :

  • l’équipe possède les compétences nécessaires pour favoriser la collaboration, établir des liens entre les organismes et rassembler les gens;
  • l’inclusion d’une personne-ressource au sein du service de santé publique du site sentinelle (en tant que coordonnateur du site) qui a déjà travaillé dans ce même service a permis une coordination efficace;
  • la nature multidisciplinaire de l’équipe et le fait que ses membres apportent avec eux leur réseau respectif et unique étaient de précieux éléments.

Voici d’autres facteurs de réussite mentionnés moins souvent (chacun a été mentionné par bon nombre de personnes interrogées) :

  • le partenariat avec le SSPRW a été structuré de manière à être avantageux pour les deux parties;
  • la composition du Comité consultatif a permis de rassembler un vaste groupe diversifié dont les membres ont été choisis avec soin;
  • les choix scientifiques imposés lors de la conception du programme, y compris l’échantillonnage, les analyses et la méthodologie en général, ont été examinés et sélectionnés attentivement.

Le fait qu’il s’agisse d’un projet pilote est l’obstacle à la réussite du programme qui a été mentionné le plus souvent. Le fait qu’il n’y ait qu’un site sentinelle a aussi été souligné par plusieurs intervenants comme étant un facteur ayant limité l’utilité des renseignements générés.

Il a aussi été noté qu’au départ, C-EnterNet et la haute direction du SSPRW ne communiquaient pas assez. À cause de cette situation, la haute direction n’était pas suffisamment au courant des activités de C-EnterNet concernant l’utilisation des données recueillies par le biais du service de santé. La création du Comité directeur a résolu ce problème et aidé à mettre en place un processus officiel d’approbation selon les personnes interrogées.

Quelques répondants ont dit que le manque de financement prévisible et durable à long terme nuisait à la réussite du programme. Il a été noté que la présence de multiples partenaires financiers favoriserait la viabilité du programme et en faciliterait l’adoption par d’autres organismes. Il a aussi été noté que les ressources humaines limitées du programme constituaient un obstacle.

3.2.2 Possibilité d’établissement d’un réseau de sites sentinelles partout au Canada

Observations : La structure de conception et d’exécution de C-EnterNet est assez flexible pour être adaptée à différents sites partout au Canada. La distance géographique entre l’équipe de C‑EnterNet et d’autres sites potentiels et le temps requis pour établir des sites sentinelles seront des défis à relever dans le cadre de projets d’expansion. Des processus de gestion et une structure efficaces ainsi que des ressources suffisantes seront essentiels à la réussite de toute initiative d’expansion. La structure actuelle de l’équipe de C-EnterNet serait inappropriée dans le cadre d’une expansion.

La majorité des intervenants interrogés ont fait valoir qu’il serait faisable de reproduire le site pilote dans d’autres sites canadiens, alors que le reste des répondants ont indiqué qu’ils ne savaient pas. Des intervenants ont indiqué que l’exécution du programme comprend un certain degré de flexibilité, puisque les sites sentinelles peuvent, dans une certaine mesure, être adaptés à la capacité et aux besoins des collectivités.

Selon les entrevues réalisées et le groupe de consultation du SSPRW, il semble que le SSPRW soit très satisfait de sa participation au programme C-EnterNet. L’examen de 2007 du programme C-EnterNet révélait également que les partenaires étaient très satisfaits de leur participation au programme, de la charge de travail, du niveau de communication avec l’équipe de C-EnterNet et de la pertinence du programme22.

Pour que l’expérience soit tout aussi réussie dans d’autres sites en cas d’expansion, d’autres régions devront démontrer de l’intérêt pour le programme et avoir la capacité nécessaire à sa mise en œuvre, ce qui demande des efforts de la part de l’équipe de C-EnterNet. Certains intervenants interrogés ont indiqué que d’autres provinces s’étaient déjà montrées très intéressées à accueillir des sites sentinelles, notamment les provinces de l’Ouest. Une d’entre elles a déjà amorcé des travaux initiaux avec l’équipe de C-EnterNet pour mettre sur pied un site sentinelle. Une autre province de l’Ouest qui avait démontré un grand intérêt pour l’établissement d’un site sentinelle n’a pas été en mesure de progresser selon le calendrier prévu en raison d’une restructuration du système de santé publique dans cette province.

Plusieurs personnes interrogées ont remarqué certains obstacles à l’expansion, notamment les éléments suivants :

  • l’établissement d’un site pilote à Waterloo était plus facile en raison de la proximité de l’équipe de C-EnterNet à Guelph. La logistique associée à la gestion d’un programme complexe à partir d’un endroit plus éloigné a été jugée comme étant un obstacle important, mais pas insurmontable. C’est particulièrement vrai compte tenu de l’esprit de collaboration associé à C‑EnterNet, qui nécessite l’établissement et la gestion de relations avec bon nombre d’organismes différents;
  • plusieurs personnes interrogées ont remarqué que le fait de garantir des ressources appropriées à long terme pouvait constituer un obstacle. Cette possibilité a été notée relativement à la variation des ressources disponibles dans les différentes provinces ainsi qu’à l’absence globale de ressources à long terme allouées au programme C-EnterNet. Un autre défi mentionné est la pression associée à la démonstration de résultats significatifs à court terme afin de conserver le financement;
  • la capacité des laboratoires a aussi été mentionnée comme obstacle possible à l’expansion, ce qui correspond aux conclusions de l’examen de C-EnterNet de 2007. 

L’examen de 2007 a aussi conclu que la charge de travail du personnel de C-EnterNet était déjà considérable et que l’énergie ainsi que le dévouement requis de la part de l’équipe pendant la mise en œuvre et le maintien du site pilote ne pourraient pas être applicables à des sites supplémentaires23. Les entrevues réalisées pour la présente évaluation laissent aussi entendre que le fardeau additionnel associé à un plus grand nombre de sites sentinelle reposant sur l’équipe constituerait un obstacle étant donné la structure actuelle et le nombre de membres de l’équipe.

3.2.3 Gestion du programme

Observations : La structure de gestion conjointe et l’absence de procédure de gestion officielle représentent des risques pour le succès continu du programme. Le Comité consultatif et le Comité directeur du SSPRW se sont avérés être des mécanismes efficaces pour partager et valider des renseignements, bien qu’ils aient été moins efficaces pour aider à façonner la planification du programme.

Structure de gestion

La responsabilité de la haute direction pour le programme C-EnterNet repose sur le CMIOAEZ et le LLZOA, qui font tous deux partie de la Direction générale des maladies infectieuses et des mesures d'urgence de l’ASPC.

Les entrevues auprès de personnes-ressources ont révélé des avantages et des inconvénients associés à la structure de gestion conjointe. Le partage de l’expertise et les possibilités d’obtenir de nouvelles sources de financement de l’un ou l’autre des groupes étaient considérés comme des avantages. Toutefois, il a été souligné que la gestion conjointe constitue un risque en ce qui a trait au maintien de la visibilité du programme et à son adoption au sein de l’ASPC. Puisque le programme repose sur les deux centres de l’ASPC, les risques ne reposent réellement sur aucun des deux. Par conséquent, le programme pourrait manquer de hauts dirigeants et d’un « champion » au sein de la haute direction. En outre, la gestion conjointe a entraîné un manque d’harmonisation dans la hiérarchie organisationnelle, puisque les membres de l’équipe de C‑EnterNet du LLZOA doivent rendre des comptes à un directeur de programme du CMIOAEZ.

Structures de planification, de mesure du rendement et de rapport

Il semble que les procédures de gestion de C-EnterNet aient été passablement ad hoc et non systématiques. Un plan de programme annuel officiel aurait été conçu pendant les premières années du programme, mais il n’aurait pas été mis à jour de façon constante au cours des dernières années et les progrès n’auraient pas été répertoriés couramment. Les progrès du programme ont plutôt été surveillés par le biais de réunions internes de l’équipe. L’équipe de C‑EnterNet a reconnu qu’étant donné les nombreuses priorités et le nombre limité d’employés, la planification constante du programme avait été quelque peu ignorée. L’examen de 2007 du programme a permis de remarquer que certains membres du personnel de C-EnterNet souhaitent une gestion plus solide du programme, ce qui à leur avis améliorerait la clarté de C‑EnterNet et ciblerait davantage ses activités24.

Le programme ne dispose pas d’un cadre de mesure du rendement. Des rapports annuels limités sur le rendement ont été réalisés conformément aux exigences liées au financement du CSA, mais ces rapports n’ont pas été utilisés pour documenter les procédures internes liées au programme ou à la planification. En ce qui a trait aux extrants, beaucoup d’activités du programme, par exemple le nombre de réponses aux demandes d’information et les présentations réalisées, sont consignées par l’équipe de projet. Le programme a présenté annuellement des mises à jour concernant ses activités et ses extrants au Comité consultatif. Toutefois, il n’y a eu aucun suivi et aucun rapport relativement aux résultats.

Avant la présente évaluation, le programme a commandé trois examens différents du programme : un examen de la pertinence de la conception de C-EnterNet en ce qui a trait aux pratiques exemplaires ciblées; une évaluation de l’utilité du programme en santé publique et une analyse des pratiques exemplaires qui pourraient être utilisées dans l’établissement d’autres sites sentinelles. Rien n’indique que les recommandations émises dans ces examens aient été systématiquement prises en compte ou mises en application, ce qui a été noté dans la plus récente évaluation25.

Comité consultatif

Un Comité consultatif a été créé par l’équipe de projet de C-EnterNet pour l’aider à orienter le programme. Les objectifs du Comité consultatif, comme ils sont définis dans son mandat, sont les suivants :

  • donner des conseils sur les besoins, les priorités, les objectifs et les stratégies liés aux activités de C-EnterNet en ce qui a trait à la surveillance intégrée et améliorée des maladies entériques dans les sites sentinelles du Canada;
  • avec des collaborateurs issus du milieu universitaire, du gouvernement et du secteur privé, documenter la conception et la mise en œuvre du plan de surveillance national visant à comprendre l’incidence des maladies entériques et les formes d’exposition au Canada.

Parmi les membres du Comité consultatif se trouvent 27 spécialistes représentant différents secteurs pertinents dans le cadre du programme C-EnterNet. Le Comité comprend les personnes suivantes :

  • des représentants d’organismes fédéraux, notamment l’ASPC, Santé Canada, AAC, ACIA et le Laboratoire national de microbiologie;
  • des représentants des ministères provinciaux de la Santé et de l’Agriculture;
  • des membres des instances régionales de la santé (du site sentinelle et d’ailleurs);
  • des chercheurs d’universités et d’autres établissements de recherche;
  • un représentant du programme FoodNet des CDC;
  • d’autres représentants, y compris de laboratoires privés.

Le Comité consultatif a émis des commentaires sur le cadre initial et la structure analytique du programme. Par exemple, le Comité consultatif a déterminé les critères à utiliser pour sélectionner les sites sentinelles. Depuis sa création, il a donné des conseils sur l’analyse des données et des enjeux scientifiques. Jusqu’à maintenant, le Comité consultatif s’est réuni quatre fois en personne et par l’entremise de téléconférences régulières.

Selon les intervenants, le Comité consultatif a fait des commentaires utiles concernant les conclusions, les extrants et les activités du programme et l’équipe de C-EnterNet a agi efficacement en tenant compte des commentaires reçus. L’expertise considérable des membres, représentant un large éventail de domaines différents, a été considérée comme étant une force primordiale du Comité.

Cependant, certains membres du Comité consultatif ont mentionné que le Comité agissait surtout de façon réactive dans le cadre de ses fonctions. Des personnes étaient d’avis que le Comité consultatif n’avait pas assumé un rôle approprié en ce qui a trait à la planification du programme, à l’identification des possibilités de promouvoir le programme et à la diffusion du savoir et qu’il n’avait pas participé suffisamment au financement du programme. Il a été mentionné dans les entrevues avec les intervenants que le Comité consultatif ne comptait peut-être pas assez de membres appartenant à la haute direction de leur organisme.

Comité directeur régional

Le Comité directeur du SSPRW a été créé dans le but de coordonner les activités de C‑EnterNet au sein du site sentinelle pilote. Selon son mandat, le Comité directeur avait la tâche d’offrir une tribune pour discuter et donner des conseils sur les activités de C‑EnterNet. Parmi les membres du Comité directeur se trouvaient le coordonnateur du site et des gestionnaires du SSPRW ainsi que des membres importants de l’équipe de C-EnterNet. À l’origine, le Comité directeur devait se réunir chaque trimestre et le Rapport des réalisations 2006-2007 de C-EnterNet indique qu’il y a eu quatre réunions du Comité directeur pendant cet exercice.

Selon les entrevues avec les intervenants, le Comité directeur du SSPRW a réglé un manque perçu de communication entre C-EnterNet et les gestionnaires du SSPRW. Plus particulièrement, le Comité s’assure qu’une méthode est mise en œuvre pour obtenir les commentaires et l’approbation de la haute direction du SSPRW en ce qui concerne les activités de recherche de C-EnterNet nécessitant des données du service de santé publique. Selon tous les membres interrogés, le Comité directeur avait réglé avec succès le problème initial de communication et avait permis aux gestionnaires du SSPRW de prendre régulièrement connaissance des activités de C-EnterNet.

3.3 Succès du programme

3.3.1 Extrants du programme

Observations : Le programme a conçu une série de produits d’information, y compris des rapports annuels et des articles examinés par les pairs. Les membres du programme ont aussi organisé et participé à de nombreuses présentations et d’autres événements favorisant la diffusion des connaissances.

Le programme C-EnterNet a conçu une série de produits d’information depuis 2006. Parmi les extrants du programme se trouvent des rapports annuels et des rapports des réalisations relatifs aux résultats de C-EnterNet (trois rapports annuels complets, un court rapport annuel et deux rapports des réalisations) et sept bulletins d’information. De plus, un total de douze articles écrits ou coécrits par l’équipe de C-EnterNet ont été publiés dans des revues examinées par des pairs ou acceptés pour publication par celles-ci. Les publications et les rapports sont énumérés dans le tableau 7.

Tableau 7. Articles et rapports produits par le programme C-EnterNet

Articles examinés par des pairs

Grieg, J., Ravel, A., « Analysis of foodborne outbreak data reported internationally for source attribution », International Journal of Food Microbiology 2009 130: 77-87.

Heywood, P., Cutler, C., Komorowski, C., Marshall, B., Burrows, K., Wang H.L., « Éclosion dans une collectivité d'une épidémie d'hépatite A contractée lors d'un voyage au contact d'un manipulateur d'aliments infecté », Relevé des maladies transmissibles au Canada. Novembre 2007; 33 (12).

Hexemer, A.M., Bird, T.M., Garcia, H.P., Pintar, K., Pollari, F., Zentner, S.E., « An Investigation of Bacteriological and Chemical Water Quality and the Barriers to Private Well Water Sampling in a Southwestern Ontario Community,” Journal of Water and Health. 2008; 6 (4): 521-525.

Keegan, V., Majowicz, S., Pearl, D., Marshall, B., Sittler, N., Knowles, L., Wilson, J., « The Epidemiology of Enteric Disease in C-EnterNet’s Pilot Site, Waterloo Region, Ontario, 1990-2004 », Canadian Journal of Infectious Diseases and Medical Microbiology. (Sous presse).

Mattison, K., Shukla, A., Cook, A., Pollari, F., Friendship, R., Kelton, D., Bidawid, S., Farber, J.M., « Human Noroviruses in Swine and Cattle », Emerging Infectious Diseases 2007, 13 (8): 1184-1188.

Nesbitt, A., Majowicz, S., Finley, R., Pollari, F., Pintar, K., Marshall, B., Cook, A., Sargeant, J., Wilson, J., Ribble, C., et Knowles, K., « Food Consumption Patterns in the Waterloo Region, Ontario, Canada: a Cross-Sectional Telephone Survey ».  BMC Public Health. 2008; 8 (370).

Pintar, K.D.M., Waltner-Toews, D., Charron, D.F., Pollari, F., McEwen, S.A., Fazil, A., « Adopting Risk Assessment as a Policy Tool for Informing Water Safety in Canada », 2008. (Soumis).

Pintar, K.D.M., Pollari, F., Waltner-Toews, D., Charron, D.F., McEwen, S.A., Fazil, A., Nesbitt, A., « A Modified Case-Control Study of Cryptosporidiosis (Using Non-Cryptosporidium Infected Enteric Cases as Controls) in a Southwestern, Ontario Community ». Epidemiology and Infection, 2009. (Accepté).

Pintar, K.D.M., Waltner-Toews, D., Charron, D., Pollari, F., Fazil, A., McEwen, S.A., Nesbitt, A., Majowicz, S., « Water Consumption Habits of a Southwestern Ontario community », 2008. (Soumis).

Pintar, K., Cook, A., Pollari, F., Ravel, A., Lee, S., Odumeru, J., « Quantitative Effect of Refrigerated Storage Time on the Enumeration of Campylobacter, Listeria, and Salmonella on Artificially Inoculated Raw Chicken Meat »,  Journal of Food Protection, 2007; 70 (3) : 739-745.

Ravel, A., Grieg, J., Tinga, C., Todd, E., Campbell, G., Cassidy, M., Marshall, B., Pollari, F., « Exploring Historical Canadian Foodborne Outbreak Datasets For Human Illness Attribution Through Food ». Journal of Food Protection, 2009; 72(9): 1963-1976.

Ravel, A., Smolina, E., Sargeant, J.M., Cook, A., Marshall, B., Fleury, M., Pollari, F., « Factors Associated with Seasonality and Human Cases of Salmonellosis ».  (Soumis en septembre 2009).

Thomas, M.K., Majowicz, S.E., Pollari, F., Sockett, P.N., « Le fardeau des maladies gastro-intestinales aiguës au Canada, 1999-2007 : résumé provisoire des activités relatives à l'ENMGA ». Relevé des maladies transmissibles au Canada, 2008; 34 (5) : 8-13.

Rapports annuels et autres rapports

Rapport annuel 2005 de C-EnterNet

Rapport annuel 2006 de C-EnterNet

Rapport annuel 2007 de C-EnterNet

Rapport annuel 2008 de C-EnterNet (actuellement à l’étape finale de la rédaction)

Rapport des réalisations 2005-2006 de C-EnterNet

Rapport des réalisations 2006-2007 de C-EnterNet

C-EnterNet Rapport Sommaire, 2007

C-EnterNet Rapport Sommaire, 2008

Parmi les autres extrants du programme C-EnterNet se trouvait l’organisation de huit ateliers dans le SSPRW. Ces ateliers comprenaient de 21 à 34 participants chacun et traitaient de sujets comme la gestion des éclosions et les interventions ainsi que l’amélioration des techniques d’enquête pour assurer le suivi des cas.

Selon les dossiers du programme, l’équipe de C-EnterNet a entrepris plus de 60 présentations à l’échelle locale, provinciale et internationale de 2005 à 2009, y compris pendant des réunions et des conférences et sous la forme d’affiches.

3.3.2 Pertinence, caractère approprié et opportunité de l’information générée

Observations : Les bénéficiaires de l’information de C-EnterNet ont trouvé l’information utile, pertinente, dans un format approprié et de grande qualité. L’opportunité de l’information semblait constituer un problème et le manque de données pancanadiennes a limité la pertinence des renseignements générés. La plupart des bénéficiaires de l’information l’utilisent et les principaux types de renseignements sont utilisés par un grand pourcentage de bénéficiaires. Le manque de données représentatives à l’échelle nationale est considéré comme une lacune majeure en ce qui a trait à l’information générée par C-EnterNet.

Bénéficiaires de l’information de C-EnterNet

Le programme conserve une base de données sur les intervenants, qui est utilisée pour distribuer les rapports annuels et les bulletins par courriel. Au moment de l’évaluation, cette base de données comprenait 284 noms associés à une adresse courriel valide. Comme le montre le tableau 8, la majeure partie de ces intervenants étaient des fonctionnaires fédéraux (42,6 %), des fonctionnaires provinciaux (20,4 %) et des intervenants du milieu universitaire (16,5 %).

Tableau 8. Bénéficiaires de l’information de C-EnterNet – Selon le groupe d’intervenants
Groupe d’intervenants Nombre Pourcentage
Gouvernement fédéral 121 42,6 %
Gouvernement provincial 58 20,4 %
Milieu universitaire 47 16,5 %
Autre 43 15,1 %
Services de santé régionaux 10 3,5 %
Laboratoires (provinciaux et privés) 5 1,8 %
Total 284 100 %

Source : Base de données sur les bénéficiaires de l’information du programme C-EnterNet

Parmi les bénéficiaires de l’information de C-EnterNet sondés, 58,8 % ont indiqué qu’ils avaient reçu de l’information de C‑EnterNet par l’entremise des rapports annuels, 42,2 % ont indiqué qu’ils avaient reçu des bulletins, 28,4 % ont affirmé avoir demandé des données ou des renseignements précis, 16,7 % ont participé à un atelier ou à une séance de formation de C‑EnterNet, alors que 19,6 % ont indiqué avoir obtenu des renseignements du programme d’une autre façon.

Les conclusions du sondage laissent entendre que l’information de C-EnterNet est généralement communiquée aux intervenants concernés qui peuvent utiliser cette information. Seulement 8,3 % des répondants au sondage ont indiqué que ce n’est pas la bonne personne au sein de leur organisme qui a reçu les renseignements de C-EnterNet. Toutefois, 26 % des gens ont indiqué qu’ils ne savaient pas si la bonne personne avait reçu les renseignements.

Il semble que l’information de C-EnterNet facilite grandement le travail des chercheurs et des personnes participant à la prestation des services et des programmes ainsi que d’un plus petit pourcentage des bénéficiaires de l’information qui sont responsables de concevoir ou de gérer les politiques ou les programmes publics. Environ la moitié (51 %) des répondants au sondage ont décrit leur emploi comme étant « du travail de recherche et/ou de l’enseignement », un tiers (33,3 %) ont indiqué qu’ils participaient principalement à la prestation ou à la gestion de programmes ou de services, 14,7 % ont indiqué qu’ils étaient membres de la haute direction et 2,9 % ont affirmé avoir entrepris une analyse des politiques. En outre, 16,7 % ont indiqué qu’ils faisaient partie d’un « autre » domaine professionnel, par exemple, qu’ils travaillaient pour l’industrie, pour une association industrielle ou pour des organismes sans but lucratif.

Comme le montre la figure 2, les répondants au sondage travaillaient le plus souvent dans les domaines de la santé publique/santé humaine (49,5 %) ou de l’agroalimentaire (32,7 %), alors que les autres ont indiqué qu’ils travaillaient dans le domaine de l’environnement (9,9 %) ou un autre domaine (7,9 %).

Figure 2. Domaines professionnels des bénéficiaires de l’information de C-EnterNet

Figure 2. Domaines professionnels des bénéficiaires de l’information de  C-EnterNet

Source : Sondage auprès des bénéficiaires de l’information de C-EnterNet
N=101

Équivalent texte

ARCHIVÉ - Figure 2. Secteurs professionnels des destinataires liés à l’information de C‑EnterNet

Secteur professionnel Pourcentage
Santé publique/Santé humaine 49,5
Agroalimentaire 32,7
Environnement 9,9
Autre 7,9

[]

Compte tenu du grand nombre d’intervenants provenant du site sentinelle et du gouvernement fédéral, il n’est pas étonnant que les bénéficiaires de l’information habitent surtout en Ontario : 21,8 % provenaient soit de la municipalité régionale de Waterloo ou de la région de la capitale nationale, alors que 37,6 % des gens venaient d’ailleurs en Ontario. De plus, 38,6 % vivaient ailleurs au Canada et deux répondants venaient de l’extérieur du Canada.

Utilité, format, qualité, pertinence et opportunité de l’information

La plupart des répondants au sondage ont indiqué qu’ils ont trouvé l’information reçue de C‑EnterNet utile pour eux-mêmes. Plus des trois quarts (78,2 %) des répondants étaient d’accord pour dire que l’information était utile, 7,3 % n’étaient pas d’accord et 14,6 % ont indiqué qu’ils ne savaient pas. De plus, 71,9 % des répondants étaient d’accord pour dire que l’information avait été utile à leur organisme. Cependant, le pourcentage important de répondants qui ont indiqué « ne sait pas » pour beaucoup de questions du sondage montre qu’il existe des lacunes en ce qui a trait à la compréhension des bénéficiaires et à l’utilisation des produits d’information.

La grande majorité (77,1 %) des répondants au sondage étaient aussi d’accord pour dire que l’information fournie par C-EnterNet était de grande qualité. Seulement 4,2 % ont indiqué que l’information n’était pas de grande qualité et 18,8 % des gens ont affirmé qu’ils ne le savaient pas. L’examen de 2007 du programme C‑EnterNet a aussi conclu, selon son examen d’un échantillon aléatoire des données électroniques et sur papier, la qualité des données de C‑EnterNet était élevée. La plupart des répondants (76 %) étaient aussi d’avis que l’information était fournie dans un format convivial.

En ce qui concerne la pertinence en général, les répondants devaient indiquer à quel point l’information ou les données reçues de C-EnterNet avaient été importantes pour leur organisme. Près des trois quarts (73,4 %) des personnes ont affirmé que l’information avait été importante, 5,3 % qu’elle n’avait pas été très importante et 21,3 % qu’elles ne le savaient pas. Aucun répondant n’a indiqué que l’information n’avait pas du tout été importante.

Même si l’opportunité de l’information semblait satisfaisante pour la plupart des bénéficiaires, elle a obtenu les résultats les plus négatifs de tous les attributs liés à l’information explorés dans ce sondage. Environ 60 % des répondants (60,4 %) ont convenu que l’information était fournie dans un délai opportun, alors que 12,5 % étaient en désaccord et que 27,1 % ne savaient pas. De plus, parmi les répondants au sondage qui ont indiqué que l’information reçue de C-EnterNet n’avait pas été utilisée (que ce soit par eux ou par leur organisme), le tiers (33,3 %) des répondants ont indiqué que cette situation découlait du fait que l’information n’avait pas été fournie assez rapidement pour être utile, ce qui est la raison mentionnée le plus souvent.

Figure 3. Opinion des bénéficiaires de l’information de C-EnterNet quant à l’information

Figure 3. Opinion des bénéficiaires de l’information de C-EnterNet quant à l’information

Source : Sondage auprès des utilisateurs de l’information de C-EnterNet
N=96

Équivalent texte

ARCHIVÉ - Figure 3. Opinions des destinataires de l’information provenant de C-EnterNet sur l’information

Élément du Programme Entièrement en accord/En accord Entièrement en désaccord/En désaccord Ne sait pas
L’information m’a été utile. 78,2 % 7,3 % 14,6 %
L’information est de grande qualité. 77,1 % 4,2 % 18,8 %
L’information est dans un format convivial. 76 % 8,3 % 15,6 %
L’information a été utile à mon organisme. 71,9 % 4,2 % 24 %
L’information a été fournie au moment opportun. 60,4 % 12,5 % 27,1 %

[]

Fréquence de l’utilisation de l’information

La plupart des bénéficiaires sondés ont indiqué qu’ils utilisaient l’information reçue du programme C-EnterNet. Dans l’ensemble, les deux tiers (67 %) des répondants au sondage ont affirmé que l’information avait été utilisée par les répondants eux-mêmes ou par quelqu’un de leur organisme.

Tous les types de renseignements majeurs ont été considérés comme étant utiles par un grand pourcentage des bénéficiaires de l’information. Comme le montre le tableau 9, le type d’information utilisée le plus fréquemment était le nombre total de cas de maladies entériques chez l’humain réparti entre les cas liés aux voyages, les cas liés à une éclosion et les cas endémiques. Les résultats des études épisodiques ont été utilisés le moins souvent, ce qui est probablement dû à leur domaine de recherche plus ciblé (comme les habitudes de consommation des aliments).

Tableau 9. Pourcentage des répondants au sondage qui ont indiqué qu’eux-mêmes ou leur organisme ont utilisé différents types de renseignements
Type d’information Pourcentage des renseignements utilisés
Nombre global de maladies entériques réparties entre les cas liés aux voyages, les cas liés à une éclosion et les cas endémiques. 42,2 %
Détection/nombre d’agents pathogènes dans les échantillons d’aliments au détail et de viande. 40,2 %
Intégration des données de surveillance et des études sur l’attribution des maladies humaines. 37,3 %
Tendances annuelles et saisonnières associées aux maladies entériques humaines. 35,3 %
Cas humains comprenant de l’information microbienne détaillée (données de sous-typage) 35,3 %
Information microbienne détaillée (données de sous-typage) dans les échantillons d’aliments au détail (viande), à la ferme (fumier) et d’eau. 32,4 %
Détection d’agents pathogènes dans les échantillons à la ferme (fumier). 31,4 %
Détection/nombre d’agents pathogènes dans les échantillons d’eau. 30,4 %
Comparaisons de l’information microbienne détaillée entre les isolats humains et les isolats d’aliments, d’animaux destinés à l’alimentation ou d’eau. 30,4 %
Tendances annuelles et saisonnières liées aux sources d’exposition. 29,4 %
Cas endémique chez l’humain comprenant des données sur l’exposition 26,5 %
Nouvelles sur les activités de C-EnterNet 20,6 %
Résultats d’études épisodiques (ciblées) 18,6 %

Source : Sondage auprès des utilisateurs de l’information de C-EnterNet
N=102

Demandes de données

Le programme C-EnterNet a conservé un dossier sur les demandes de données reçues d’organismes de l’extérieur. Entre 2007 et 2009, C-EnterNet a enregistré 31 demandes de données. Ces demandes provenaient d’une gamme d’organismes gouvernementaux fédéraux, provinciaux et municipaux ainsi que du milieu universitaire. Dix demandes de données provenaient de PulseNet, un réseau électronique virtuel de laboratoires provinciaux et fédéraux en santé publique qui répertorie les empreintes génétiques des cas d’E. coli et de Salmonella. Les demandes de données faites au programme étaient généralement traitées rapidement, habituellement en un jour.

Informations insuffisantes

Les intervenants interrogés se sont vu demander s’il y avait des lacunes quant à l’information générée par le programme C-EnterNet. La principale lacune mentionnée était qu’il n’y avait qu’un site sentinelle. Par conséquent, il n’y avait pas suffisamment de données nationales ou de données pouvant être généralisées à grande échelle.

Les personnes interrogées ont remarqué que bon nombre des lacunes en matière d’information dans les premiers temps du programme étaient maintenant réglées, notamment le manque de données sur le contrôle des cas (qui ont été recueillies par le biais d’une étude ciblée réalisée par le programme en 2009) et les données sur les éléments essentiels y compris, plus récemment, les produits importés (pour lesquels des données sont recueillies depuis avril 2009).

Les personnes interrogées ont remarqué moins fréquemment d’autres lacunes liées à l’information, bien qu’aucune tendance majeure ou constante ne se dégage de ces réponses. Parmi ces autres réponses se trouvent les progrès relatifs à l’attribution de source, un cadre conceptuel, des analyses supplémentaires des différents types d’agents pathogènes présents dans les exemples de cas, des analyses de l’eau dans les puits et les installations récréatives ainsi que des essais sur des aliments additionnels (poissons, fruits de mer, produits laitiers, œufs, aliments dans les restaurants et autres).

Il a aussi été noté que les procédures au sein du site sentinelle ne sont pas documentées. Par conséquent, la perte de ressources humaines entraînerait une importante perte de connaissances. Une personne interrogée a aussi affirmé qu’il semblait manquer d’information axée précisément sur les recommandations politiques découlant du programme.

Les réponses au sondage auprès des bénéficiaires de l’information étaient semblables. Environ le tiers (31,4 %) des bénéficiaires de l’information sondés ont indiqué qu’il serait utile que C‑EnterNet fournisse de l’information ou des données supplémentaires sur les maladies entériques et les agents pathogènes. Encore une fois, les répondants ont le plus souvent indiqué que les données devraient être plus représentatives sur le plan géographique grâce à l’établissement d’autres sites sentinelles.

3.3.3 Réseaux de collaboration

Observations : C-EnterNet est parvenu à établir et à élaborer des réseaux de collaboration réunissant de multiples disciplines et des représentants de plusieurs ordres de gouvernement. D’abord locaux, ces réseaux ont aujourd’hui une portée internationale.

Les partenariats, officiels comme non officiels, ont représenté une composante clé du programme C‑EnterNet depuis sa conception. En effet, de nombreuses collaborations avec une multitude d’organismes se sont ajoutées au partenariat central établi avec le SSPRW au sein du premier site sentinelle. En 2008, selon les données administratives de C‑EnterNet, le programme avait établi environ quarante partenariats avec des organismes, destinés à soutenir la collecte d’échantillons et de données ainsi que les tests. Parmi les collaborateurs choisis comptaient des laboratoires nationaux, provinciaux et privés, d’autres ministères fédéraux, des services locaux de santé, un hôpital et des universités. De plus, C‑EnterNet partageait ses données avec au moins soixante‑cinq partenaires, y compris des laboratoires, des ministères provinciaux de la santé et de l’agriculture, des organismes régionaux et municipaux de santé, d’autres sections de l’ASPC, d’autres organismes fédéraux, des universités et des associés de l’étranger (des États-Unis et de l’Australie).

Le programme C‑EnterNet a également fourni des lieux de rencontre pour le réseautage et la collaboration, notamment en organisant des réunions, des consultations, des ateliers et autres événements. Le programme a orchestré six réunions du Comité consultatif et huit ateliers dans la région de Waterloo. Selon les données du programme, ce dernier a également participé à 62 présentations et réunions de 2005 à 2008, bien que certaines d’entre elles n’aient pas été pas organisées par le programme lui-même.

De l’avis de tous les intervenants sondés, C‑EnterNet est parvenu à mettre sur pied des réseaux de collaboration axés sur les maladies entériques. Il a été mentionné à plusieurs reprises que le Comité consultatif avait rassemblé divers professionnels, y compris des membres de différents ordres de gouvernement et des personnes issues de domaines de compétence variés. C‑EnterNet a également permis de renforcer la collaboration entre les praticiens et les laboratoires, notamment grâce à une rencontre organisée en 2007 entre neuf laboratoires visant à discuter des enjeux méthodologiques liés au programme.

Les huit ateliers organisés par le C‑EnterNet et tenus au SSPRW ont permis aux inspecteurs de santé publique et aux autres membres du personnel de créer des liens avec des experts invités. Grâce au soutien de l’équipe de C‑EnterNet, le SSPRW a pu avoir accès aux réseaux d’experts du C‑EnterNet, ce qui a été utile selon plusieurs pour établir des liens avec des épidémiologistes et pour demander conseil auprès d’autres experts. De plus, la participation du SSPRW au programme C‑EnterNet lui a également offert l’occasion d’échanger de l’information et des pratiques exemplaires relativement aux maladies entériques avec des services locaux de santé en Ontario, vu sa position de chef de file provincial en la matière.

Voici d’autres types de réseaux de collaboration mis sur pied par le programme qui ont été cités par les interrogés :

  • le Groupe de travail sur l’attribution de source;
  • l’échange d’information avec des experts en attribution de source du Danemark et des États-Unis ainsi que des contacts réguliers avec le programme FoodNet des CDC américains;
  • des activités de recherche sporadiques ayant mené à une collaboration, y compris le projet recherche ayant réuni C‑EnterNet, le réseau PulseNet, l’hôpital Grand River et d’autres intervenants. 

L’évaluation de 2007 du programme C‑EnterNet est parvenue à une conclusion similaire, affirmant que le programme avait réussi à mettre en place et à faciliter des communications et des collaborations entre divers organismes qui n’auraient autrement pas existé26.

3.3.4 Perfectionnement des méthodologies en matière d’attribution de source

Observations : C‑EnterNet a entrepris des efforts visant à rassembler des scientifiques afin qu’ils améliorent l’attribution de source et qu’ils étudient les méthodologies utilisées en la matière à l’étranger. Le programme a également entrepris des travaux préliminaires visant à adapter différentes approches au contexte canadien.

L'attribution de source représente le processus qui consiste à déterminer la proportion dans laquelle des cas humains de maladies d’origine alimentaire proviennent d'une source donnée. Le terme « source » comprend ici les réservoirs animaux et les vecteurs de transmission (p. ex. des aliments)27. Un des principaux objectifs du programme C‑EnterNet consiste à déterminer la proportion de cas humains de maladies entériques qui peuvent être attribués à l’eau, à l’alimentation et au contact avec des animaux. La détermination des sources de maladies contribue à concevoir et à appuyer des activités de prévention et de contrôle des maladies qui soient efficaces et bien ciblées.

Selon les personnes interrogées, aucun effort d’importance n’avait été entrepris en matière d’attribution de source au Canada avant le programme C‑EnterNet. Ce dernier a mis sur pied un certain nombre d’activités connexes, ce qui a lui a permis de devenir, à l’instar du Danemark, un véritable chef de file international dans ce domaine.

Afin de soutenir le perfectionnement des méthodologies en matière d’attribution de source, le programme C‑EnterNet a rassemblé et dirigé un groupe de travail international sur le sujet. Ce dernier regroupe des scientifiques de l’ASPC, du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario, du Centre d’épidémiologie de la Colombie‑Britannique et de la Michigan State University28. D’autre part, C‑EnterNet a collaboré avec des scientifiques danois et américains qui se consacrent également à ce domaine.

Afin de pouvoir tirer profit des progrès accomplis en la matière, C‑EnterNet a entrepris d’analyser les méthodologies pour l’attribution de source utilisées à l’échelle internationale. Cette analyse a permis au programme de clarifier la terminologie et les concepts du domaine en question et de cerner les éléments qui conviennent au contexte canadien. De l’avis d’un répondant, le Groupe de travail « recherche actuellement des moyens de réaliser la meilleure attribution de source possible avec les données disponibles ». Sept approches méthodologiques ont été relevées et le travail se poursuit pour déterminer la façon d’utiliser plusieurs de ces approches. Parmi les avenues explorées compte l’utilisation d’un modèle de sous-typage des microbes, issu de l’adaptation d’un modèle danois aux données disponibles au Canada.

Au cours d’un examen interne du programme mené au début de 2008, les membres de l’équipe C‑EnterNet et les intervenants questionnés estimaient que le perfectionnement des méthodologies en matière d’attribution de source n’était pas adéquat. Pour expliquer cette situation, certains suggéraient que les priorités et les ressources avaient plutôt été axées sur les activités de surveillance à l’époque, au détriment du volet méthodologie. Des répondants affirmaient également qu’il fallait un temps considérable pour déterminer la meilleure technique disponible pour l’attribution de source. Au cours de la présente évaluation, quelques intervenants ont jugé que les progrès en la matière avaient été relativement lents, tout en reconnaissant la complexité inhérente à cette tâche.

Grâce aux efforts réalisés jusqu’à ce jour dans le domaine de l’attribution de source, cinq articles portant sur le sujet ont été rédigés en collaboration avec des experts externes. Selon les personnes interrogées, trois des cinq articles ont été publiés; les deux autres sont toujours en préparation.

3.3.5 Connaissances accrues sur les maladies entériques et l’exposition

Observations : Dans l’ensemble, C‑EnterNet a eu une incidence positive sur le niveau de connaissance des destinataires de l’information et du personnel du SSPRW concernant les maladies entériques et l’exposition à ces maladies.

Selon les résultats de l’enquête, C‑EnterNet aurait augmenté les niveaux de connaissance des destinataires des produits d’information sur les maladies entériques et leurs sources d’exposition. En effet, interrogés sur leur niveau de connaissance après avoir reçu les documents d’information, la plupart (78,2 %) ont affirmé qu’il avait augmenté; 11,5 % ont toutefois affirmé qu’il n’avait pas augmenté et 10,4 % ont affirmé ne pas savoir s’il avait augmenté ou non. Questionnés cette fois sur le niveau de connaissance de leur organisme en matière de maladies entériques et de leurs sources d’exposition, les répondants ont majoritairement (57,3 %) répondu qu’il avait augmenté; 32,3 % ont répondu ne pas savoir s’il avait augmenté ou non et 10,4 % ont indiqué qu’il n’avait pas augmenté.

Les intervenants interrogés étaient également très positifs quant à la mesure dans laquelle le programme avait augmenté leurs connaissances. Voici quelques exemples cités comme preuves à l’appui :

  • le niveau de connaissance du personnel de première ligne du SSPRW s’est élevé grâce aux formations plus poussées et plus cohérentes offertes par le programme;
  • les conclusions préliminaires présentées dans les livrables du programme étaient prometteuses et représentaient un pas en avant dans le domaine (y compris la découverte selon laquelle environ 30 % des cas de maladies entériques sont liés aux voyages);
  • l’utilisation du Comité consultatif comme forum d’échange d’information a été un succès.

De nombreux sujets interrogés ont toutefois fait remarquer qu’il fallait plus de temps et plus de sites sentinelles pour tirer des données de C‑EnterNet de véritables tendances et des conclusions significatives d’intérêt général.

Les employés du SSPRW ont également cité des exemples illustrant la façon dont C‑EnterNet les a aidés à élever leur niveau de connaissance par rapport aux facteurs de risque des maladies entériques. « De nombreux facteurs de risque ont été confirmés, car nous disposons d’une plus grande quantité de données pour les appuyer, particulièrement en ce qui concerne les tendances saisonnières, la manipulation des aliments et les enjeux entourant l’utilisation des barbecues. Cette information peut maintenant être utilisée dans les campagnes ou les documents de prévention destinés au public », a affirmé un employé. 

Il est raisonnable de croire que la quantité de présentations entreprises par l’équipe de C‑EnterNet et la diversité de leurs thèmes aient contribué à augmenter le niveau de connaissance en la matière. D’autre part, C‑EnterNet a également participé à accroître les connaissances à ce sujet en diffusant les résultats de recherche dans des revues spécialisées. À ce jour, douze articles ont été publiés ou approuvés dans des revues arbitrées.

3.3.6 Renforcement de la capacité en santé publique

Observations : C‑EnterNet a renforcé la capacité en santé publique dans la région de Waterloo et, dans une moindre mesure, à l’extérieur du site sentinelle.

Un des objectifs à moyen terme du programme C‑EnterNet est de renforcer la capacité en santé publique. Selon les résultats de l’évaluation, le programme a atteint cet objectif au sein du SSPRW de plusieurs façons.

En effet, le programme C‑EnterNet a établi un partenariat avec le SSPRW qui profite aux deux parties. Voici quelques-unes des réalisations du SSPRW grâce à sa participation au programme :

  • élaboration d’un nouveau questionnaire de suivi des cas, qui permet aux services de santé publique de recueillir des données de meilleure qualité sur les facteurs de risque et les sources d’exposition parmi les cas établis de maladies entériques dans la région. Bien que le produit en question ne satisfasse pas tous les cadres des services de santé publique et qu’il doive être retravaillé, la plupart croient qu’il a tout de même contribué à augmenter la quantité de données disponibles. Ce résultat a permis au service local de santé de cerner des groupes qui présentent des risques accrus de maladies entériques dans sa région (y compris les membres d’une minorité ethnique qui consommaient du lait non pasteurisé) afin de mieux cibler ses messages de prévention;
  • une formation améliorée pour les inspecteurs en santé publique et autres employés. Les membres du service local de santé ont insisté sur le fait que la formation et les ateliers fournis par le programme avaient augmenté leurs connaissances sur les maladies entériques et leurs sources d’exposition, tant durant les entrevues que dans les discussions du groupe de consultation composé d’employés;
  • élaboration de nouvelles fiches d’information sur les maladies entériques, lesquelles ont été distribuées à ceux qui ont une maladie déclarée ou qui désirent en apprendre davantage sur le sujet.

L’équipe C‑EnterNet a également travaillé avec le SSPRW et la section Réaction en chaîne et gestion des grands dossiers de l’ASPC afin d’améliorer la gestion des épidémies dans les services de garde à l’enfance. Cette initiative s’est traduite par une analyse et une publication collaborative sur une épidémie d’E. coli dans une garderie29 ainsi que par une recherche qualitative portant sur les protocoles des services de garde à l’enfance30.

Les preuves appuyant l’affirmation selon laquelle le programme C‑EnterNet a soutenu le renforcement de la capacité en santé publique à l’extérieur du site sentinelle étaient toutefois plus limitées. Parmi ces preuves comptait le fait que quelques membres du Comité consultatif et certains destinataires des produits d’information du programme travaillent dans le domaine de la santé publique en dehors de la région de Waterloo, voire à l’extérieur de l’Ontario. De plus, un intervenant du ministère ontarien de la Santé et des Soins de longue durée, responsable des enquêtes sur les épidémies, a collaboré avec le programme C‑EnterNet afin de diffuser davantage les conclusions de ce dernier; il avait également utilisé certaines données de C‑EnterNet (y compris de l’enquête sur la consommation des aliments) dans ses analyses et dans ses présentations auprès de ses partenaires (tels que des associations de l’industrie de l’alimentation). 

Certains ont suggéré d’investir plus d’efforts pour informer les autres régions sanitaires de l’Ontario des événements du site sentinelle de C‑EnterNet. Une telle initiative, qui pourrait être gérée par le ministère ontarien de la Santé et des Soins de longue durée, pourrait permettre une adoption plus généralisée des pratiques exemplaires pour le suivi de cas et la collecte de données qui s’y rattache.

Enfin, le renforcement de la capacité en santé publique est également dû aux données supplémentaires et aux occasions de réseautage et de collaboration entre les laboratoires offertes par le programme. Par exemple, le Laboratoire national de microbiologie a eu accès à des isolats qui lui permettent de mener une recherche additionnelle qui va au-delà de celle qui est directement liée aux besoins du C‑EnterNet.

3.3.7 Utilisation de l’information

Observations : L’information produite par C‑EnterNet est largement utilisée comme soutien aux activités de recherche et comme appui à l’élaboration de programmes. 

L’information produite par le programme C‑EnterNet est destinée à appuyer, à créer et à évaluer des programmes, des politiques et des messages relatifs à la santé portant sur les maladies entériques.

Les deux tiers (67,0 %) des répondants ont affirmé que l’information reçue de C‑EnterNet avait été utilisée, soit par eux-mêmes, soit par un autre membre de leur organisme. Plus précisément, les universitaires ont répondu avoir utilisé cette information dans une proportion légèrement supérieure (87,5 %) à celle d’autres groupes, comme celui des travailleurs régionaux de la santé (75,0 %), des employés du gouvernement fédéral (69,6 %) et des gouvernements provinciaux (57,9 %). Une proportion considérable de tous les groupes ont répondu ne pas savoir si l’information avait été utilisée ou non.

Parmi ceux qui avaient affirmé avoir utilisé les renseignements de C‑EnterNet au sein de leur organisme, 70,7 % l’avaient employé comme appui à l’élaboration de programmes; près de la moitié (48,7 %) comme appui à l’élaboration de pratiques et de politiques et 33,3 % comme appui à la préparation de messages relatifs à la santé.

Certains répondants employaient l’information de C‑EnterNet à des fins d’évaluation : 43,6 % ont dit l’utiliser pour soutenir l’évaluation de programmes; 27,8 % pour soutenir l’évaluation des messages relatifs à la santé et 27,0 % pour soutenir l’évaluation de pratiques ou de politiques.

Tableau 10. Fréquence des différents emplois de l’information de C‑EnterNet parmi les répondants ayant affirmé l’avoir utilisée au sein de leur organisme
Type d’emploi % des répondants ayant affirmé avoir utilisé l’information de C‑EnterNet au moins une fois à cette fin
Pour appuyer l’élaboration de programmes 70,7 %
Pour appuyer l’élaboration de pratiques et de politiques 48,7 %
Pour appuyer la préparation de messages relatifs à la santé 33,3 %
Pour soutenir l’évaluation des programmes 43,6 %
Pour soutenir l’évaluation des pratiques et des politiques 27,0 %
Pour soutenir la préparation de messages relatifs à la santé 27,8 %

Source : Enquête auprès des utilisateurs de l’information de C‑EnterNet
N=36-41

Invités à préciser la façon dont l’information avait été utilisée, les répondants ont pour la plupart fourni des exemples pouvant être regroupés en trois catégories : évaluation/analyse des risques et attribution de source; élaboration ou entreprise d’un projet de recherche et soutien à l’enseignement; appui à l’élaboration de programmes. De nombreuses autres utilisations ont également été citées par les répondants, y compris l’élaboration de politiques et la révision des procédures de laboratoire; un répondant a même affirmé avoir employé ces renseignements comme appui à l’intervention contre une épidémie.

Voici quelques-uns des nombreux exemples évoqués par les répondants pour décrire l’utilisation des données de C‑EnterNet :

  • « L’information et les données issues de C‑EnterNet ont été utilisées comme appui aux propositions de recherche que notre groupe a soumises à divers organismes subventionnaires. […] Notre groupe a utilisé ces données pour soutenir la production des rapports de projet (Réseau canadien de l’eau et Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada), des publications dans des revues et des présentations à livrer dans des conférences. Elles ont également servi au cours de la révision des lignes directrices proposées par le gouvernement fédéral en matière d’eau potable. »
  • « J’ai utilisé l’information dans un certain nombre de présentations portant sur la transmission zoonotique que j’ai offertes dans des conférences. »
  • « Utilisation de l’information portant sur les sources de salmonella enteritidis dans diverses viandes par le groupe de travail ontarien sur la salmonella enteritidis. »
  •  « Les données ont été utilisées dans des modèles afin d’établir des cibles en matière de salubrité alimentaire. »
  • « Révéler aux médias le taux d’incidence des intoxications alimentaires d’origine microbienne au Canada. »

Invités à décrire les principales répercussions de l’information de C‑EnterNet, les répondants, une fois de plus, ont presque tous indiqué que le programme avait contribué à soutenir la recherche et à y cerner des lacunes. Certains commentaires connexes ajoutaient que l’information avait soutenu « l’orientation des recherches réalisées à l’avenir » et qu’elle avait permis « de refléter la présence réelle des agents pathogènes au Canada […] dans un établissement de recherche et d’enseignement ».

Les sujets interrogés étaient partagés lorsqu’il leur a été demandé si l’information de C‑EnterNet les avait amenés à modifier leurs programmes, leurs politiques ou leurs pratiques. Certains universitaires ont affirmé que le programme C‑EnterNet ne s’appliquait pas à leur situation de cette façon. D’autres ont mentionné qu’ils avaient besoin de plus de temps pour pouvoir dégager des tendances substantielles à partir des résultats.

Voici quelques exemples fournis par des répondants qui ont déclaré avoir apporté des changements grâce à l’information de C‑EnterNet :

  • les pratiques entourant la formation du personnel se sont améliorées au SSPRW grâce à la formation supplémentaire offerte aux employés par l’équipe de C‑EnterNet;
  • le SSPRW a modifié les messages portant sur la consommation de lait cru en fonction des problèmes relevés dans sa région; 
  • les données de C‑EnterNet ont été utilisées par les employés gouvernementaux d’une autre province dans l’estimation des coûts relatifs aux maladies entériques pour l’administration en question, une estimation qui a été utilisée avec succès dans des activités de lobbying visant à obtenir un financement additionnel dans ce domaine.

Quelques intervenants ont signalé que le programme pourrait tirer profit d’une meilleure stratégie de marketing et qu’il fallait cerner des décideurs clés qui profiteraient de l’information produite. Certains ont également suggéré que les répercussions des résultats de C‑EnterNet sur les pratiques et les politiques n’étaient pas considérées dans leur ensemble, pour l’instant, ni communiquées.

3.3.8 Estimations relatives à l’attribution de source

Observations : Des progrès ont été observés en matière d’estimations de l’attribution de source, mais une attribution de source exhaustive, fondée sur les données intégrées du site sentinelle, n’a pas encore été réalisée jusqu’à ce jour. 

La production des estimations de l’attribution de source repose sur les progrès réalisés dans le perfectionnement des méthodologies dans le domaine. L’analyse des méthodologies menée par C‑EnterNet a permis de répertorier sept approches potentielles. En juin 2009, une mise à jour des activités et des résultats du programme relativement à l’attribution de source décrivait les accomplissements ou les efforts investis dans cinq de ces sept approches, à savoir le sous-typage microbien, les études cas-témoins, l’évaluation quantitative des risques microbiens, l’analyse des données sur les éclosions et la sollicitation d’experts.  

Les premières activités d’attribution de source employant l’information recueillie auprès du site sentinelle de C‑EnterNet ont pris la forme de comparaisons descriptives des données de sous‑typage pour divers agents pathogènes relevés dans des cas humains de maladies et dans des sources potentielles. Ces renseignements ont été présentés dans les rapports annuels du programme. De plus, un modèle danois d’attribution de source de salmonellose, utilisant des données de sous-typage issues de cas humains et de diverses sources potentielles de salmonellose, a été appliqué et adapté en fonction des données canadiennes. Les données utilisées pour ce projet sont issues du programme C‑EnterNet ainsi que d’autres systèmes nationaux de surveillance (PICRA, ACIA).

Les données de C‑EnterNet ont également été utilisées dans les rapports annuels du programme comme appui à l’analyse des risques relatifs à des maladies entériques précises, fondée sur une approche comparative entre les cas individuels et l’ensemble des cas. Une analyse plus officielle de cryptosporidiose a également été menée; ses résultats ont été publiés dans une revue arbitrée. En août 2009 a débuté une analyse spéciale portant sur quatre ans de données de C‑EnterNet et visant à décrire le fardeau des cas de maladies entériques liés à un voyage, soupçonné d’être assez élevé (c.‑à‑d. 28 % des cas non liés à une éclosion).

Une évaluation quantitative des risques microbiens relatifs à la cryptosporidiose dans les eaux utilisées à des fins récréatives et dans l’eau potable a été menée à terme; ses résultats ont été soumis à deux revues arbitrées.

L’équipe C‑EnterNet et le Groupe de travail sur l’attribution de source ont également utilisé d’autres sources de données disponibles afin de produire des estimations préliminaires de l’attribution de source pour le Canada. Deux projets se sont concentrés sur les données relatives aux vagues d’intoxication alimentaire. Le premier s’est servi de trois jeux de données de Santé Canada et de l’ASPC relatives à de telles flambées et recueillies sur trente ans (de 1976 à 2005). Cette étude a révélé les changements qui s’étaient produits dans le domaine de l’attribution de source durant cette période et fourni les estimations canadiennes les plus à jour en la matière qui soient fondées sur les données relatives aux éclosions. Les résultats de cette étude ont récemment été publiés dans le Journal of Food Protection31. La seconde étude, qui s’est intéressée aux données sur les éclosions du monde entier pour la période allant de 1998 à 2007, a permis de révéler quelques variations géographiques en matière d’attribution de source pour certaines maladies.

L’approche fondée sur l’avis des experts a également été utilisée en vue de produire des estimations de l’attribution de source. En 2008, 154 experts en salubrité alimentaire ont été invités, dans le cadre d’un sondage portant sur dix maladies entériques, à estimer le plus précisément possible la proportion de ces maladies qui étaient d’origine alimentaire et associées à douze catégories d’aliments. L’analyse des réponses est en cours et un premier papier portant sur les zones d’incertitude et de désaccord parmi les experts est en préparation.

Dans l’examen de 2007 du programme, il était mentionné que les partenaires de ce dernier étaient impatients de connaître les résultats relatifs à l’attribution de source et que les progrès en matière de surveillance avaient été plutôt lents. L’évaluation concluait que la crédibilité du programme auprès des partenaires et des consultants pourrait souffrir d’un traitement inadéquat de la question de l’attribution de source, vu son importance pour les répondants32. De plus, bien que le Danemark, les Pays‑Bas, le Royaume‑Uni, l’Australie, la Nouvelle‑Zélande et le programme FoodNet des CDC américains aient travaillé sur la question de l’attribution de source durant la dernière décennie, les résultats obtenus sont plutôt limités (sauf en ce qui concerne les projets danois et néerlandais sur la salmonellose) en raison des enjeux méthodologiques et des contraintes liées aux données. 

3.3.9 Contribution à la réduction du fardeau des maladies entériques humaines

Observations : Des données probantes issues de l’évaluation suggèrent qu’avec plus de temps et l’instauration d’autres sites sentinelles, le programme pourrait contribuer à la réduction du fardeau des maladies entériques chez les humains.

L’objectif ultime du programme C‑EnterNet est de contribuer à la réduction du fardeau des maladies entériques chez les humains au Canada. Tel que l’ont mentionné la plupart des sujets interrogés, il n’est pas raisonnable pour le moment de croire que le programme ait eu des répercussions substantielles à cet égard. En effet, la majorité des répondants estimaient qu’il fallait plus de temps et plus d’années de données pour que le programme puisse avoir de réelles répercussions. De nombreux répondants ont également mentionné qu’il faudrait instaurer d’autres sites sentinelles pour que le programme puisse réaliser des progrès considérables.

Les conclusions de l’évaluation suggèrent toutefois que le programme a jeté les bases des prochaines percées vers la satisfaction de cet objectif. En établissant des collaborations et en mettant son approche et sa méthodologie à l'épreuve durant la phase pilote, le programme a permis d’espérer que son expansion future ferait évoluer la science et renforcerait la capacité en santé publique relativement aux maladies entériques. Les résultats obtenus aux différentes questions de l’évaluation suggèrent que la mise en place d’un réseau de sites sentinelle contribuerait à réduire le fardeau des maladies entériques chez les humains.

3.4 Rapport coût-efficacité et options

3.4.1 Autres approches liées à la conception et à l’exécution

Observations : Il semble que la conception et la mise en œuvre du programme ont été développées pour assurer une rentabilité selon la méthodologie choisie. Comme il a été mentionné, il faudrait continuer à examiner la faisabilité d’autres ententes de partage des coûts ou d’économies, par l’entremise departenariats. Jusqu’à maintenant, le programme a profité d’un soutien non financier substantiel, en particulier en ce qui concerne l’élément « eau », et semble être rentable.

Le choix de l’approche par site sentinelle pour le programme C‑EnterNet vise à atteindre un bon équilibre entre les coûts et la rigueur scientifique. La concentration des ressources dans un nombre limité de communautés autorise une collecte de données plus riches et plus détaillées que celles des vastes programmes nationaux de surveillance, pour un coût intéressant vu l’étendue géographique limitée des sites sentinelles. De plus, les économies de coûts potentielles ont été prises en considération au moment de la sélection des sites sentinelles, notamment grâce à la présence d’une capacité locale de collecte d’échantillons et de laboratoire. Sur le plan de l’exécution du programme, l’équipe de C‑EnterNet s’est associée à une vaste gamme de partenaires afin d’en minimiser les coûts.

Les personnes interrogées ont été invitées à formuler des suggestions sur des modifications à apporter à la conception ou à l’exécution du programme pour en améliorer le rapport coût‑efficacité. La majorité des suggestions exigeait du programme qu’il examine la possibilité de collaborer avec d’autres organismes afin de réduire sa participation dans la coordination de l’échantillonnage et des tests. Plusieurs répondants ont proposé une collaboration supérieure avec les ministères provinciaux responsables de l’environnement et de l’agriculture et potentiellement avec d’autres organismes fédéraux, y compris le ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire et l’ACIA.

Certaines personnes interrogées ont toutefois indiqué que le fait de se fier au soutien des organismes gouvernementaux provinciaux dans la collecte de données pourrait gruger beaucoup de temps et les données ainsi obtenues pourraient ne pas être totalement harmonisées avec les besoins de C‑EnterNet. Cela dit, certains ont suggéré que le programme envisage d’augmenter sa collaboration avec d’autres organismes ou programmes, comme le PICRA. D’ailleurs, la documentation entourant le PICRA suggère aussi qu’il y a place à une plus grande collaboration. Par exemple, les données recueillies par le PICRA pourraient servir aux composantes « à la ferme » et « aliments au détail » du programme C‑EnterNet. De plus, le plan d’activités original de ce dernier indiquait que les données du PICRA pourraient être utilisées pour le second des deux volets précédemment mentionnés33

Quelques interrogés ont insisté sur la nécessité, au fur et à mesure qu’augmenteront à l’avenir la puissance et la quantité d’information, d’investir plus d’efforts dans la rédaction de l’analyse et des répercussions sur les politiques tirées des résultats obtenus ainsi que dans la diffusion de l’information aux décideurs. Pour ce faire, certains ont suggéré que C‑EnterNet et le PICRA échangent leur information.

Un plus grand partage des coûts entre les divers organismes a également été proposé, bien qu’une telle mesure puisse ne pas avoir d’incidence sur les coûts totaux du programme. Le programme FoodNet des CDC, dont les coûts sont répartis entre le gouvernement fédéral et les états hôtes des sites sentinelles, a été cité comme un modèle potentiel de financement pour C‑EnterNet. 

3.4.2 Rentabilité

Observations : Le programme C‑EnterNet a été rentable, puisqu’il a tiré profit d’une aide gratuite de certains partenaires et qu’il semble avoir maintenu ses frais indirects à un niveau raisonnable.

L’évaluation comprenait un volet sur l’établissement des coûts du programme à partir des données financières de ce dernier. Les coûts étaient classés en deux catégories : coûts directs et coûts indirects. La première des deux catégories regroupe les coûts directement liés à l’une des quatre composantes du programme (c.-à-d. la surveillance des humains, de l’eau, de la ferme et des aliments au détail), à la rédaction de documents à publier et aux activités du Comité consultatif du programme C‑EnterNet. Ils comprennent les salaires, les avantages sociaux, les dépenses et les contrats. Le tableau 11 fournit la ventilation de ces coûts directs pour une année (selon les données de 2006‑2007).

Tableau 11. Coûts annuels directs du programme C‑EnterNet
Composante du programme Coûts directs* (en dollars)
Salaires Régime d’avantages sociaux Dépenses Contrats Contribution en nature Total
Eau 84 217,20 16 843,44 -- 60 000,00 106 683,38 267 744,02
Humains 138 350,40 27 670,08 -- 188 933,00 -- 354 953,48
À la ferme 44 643,60 8 928,72 32 455,00 68 660,00 4 000,00 158 687,32
Aliments au détail 55 485,60 11 097,12 28 150,00 82 631,00 -- 177 363,72
Publication de l’infolettre   -- 17 737,00     17 737,00
Comité consultatif   -- 11 152,00     11 152,00
Total 322 696,80 64 539,36 89 494,00 400 224,00 110 683.38 987 637,54

* Les dépenses liées au régime d’avantages sociaux sont des frais d’avantages sociaux évaluées à 20 % des dépenses salariales, conformément aux lignes directrices du Conseil du Trésor. Les dépenses regroupent également d’autres éléments utilisés comme soutien aux activités. Des contrats ont été utilisés pour la collecte et l’analyse d’échantillons. Plusieurs partenaires ont contribué gratuitement au fonctionnement du programme; la valeur estimée de ces contributions a été saisie dans la colonne « contribution en nature ». Source : Données financières du programme C‑EnterNet, Enquête sur les coûts

La deuxième catégorie, celle des coûts indirects, regroupe les coûts qui ne sont pas directement liés aux composantes du programme. Ils comprennent les frais de locaux et de bureau, les coûts de gestion (y compris les salaires des gestionnaires et des assistants), et toute autre forme de soutien au programme. Le tableau 12 fournit une ventilation des coûts indirects.

Tableau 12. Coûts annuels indirects du programme C‑EnterNet
Coûts indirects* (en dollars)
Locaux Salaires Régime d’avantages sociaux Dépenses Contrats Contribution en nature Total
68 513,95 204 333,60 40 866,72 102 712,00 12 798,00 1 100,00 430 324,27

* Les frais de locaux sont calculés à un taux standard de 13 % des dépenses salariales, alors que les frais associés au régime d’avantages sociaux représentent 20 % de ces dépenses, conformément aux lignes directrices du Conseil du Trésor. Plusieurs contrats ont été conclus pour le travail exploratoire et des contributions en nature ont été reçues pour le soutien général du programme; ces frais ont été saisis comme dépenses indirectes. Source : Données financières du programme C‑EnterNet, Enquête sur les coûts

Dans l’ensemble, les coûts indirects représentent 31 % de l’ensemble des dépenses du programme. Il s’agit d’une proportion relativement faible qui suggère que le programme fait preuve d’une bonne optimisation des ressources, étant donné que tous les fonds sont utilisés pour soutenir directement les activités du programme.

Le tableau 13 présente la ventilation des coûts totaux par composante du programme. Les coûts indirects totaux ont également été estimés pour chacun des volets.

Tableau 13. Coûts annuels par composante du programme
Composante du programme Coût total (en dollars), contributions en nature des partenaires incluses Proportion des coûts totaux
Humains 539 447,21 38,0 %
Eau 383 102,70 268 %
Aliments au détail 253 366,55 17,7 %
À la ferme 219 839,55 15,4 %
Publication de l’infolettre 17 737,00 1,3 %
Comité consultatif 11 152,00 0,8 %
  1 429 659,81 100%

Source : Données financières du programme C‑EnterNet, Enquête sur les coûts

Tel que l’illustre le tableau, la composante « surveillance accrue des humains » représentait la plus grande proportion des coûts totaux (38,0 %), suivi de la composante « eau » (26,8 %). Les coûts pour la composante « humains » comprenaient un contrat conclu avec le SSPRW pour l’embauche d’un coordinateur de site parmi le personnel du service local de santé et pour des analyses de laboratoire axées sur des cas présumés de maladies entériques.

De nombreux partenaires ayant jugé le programme important ont décidé de fournir une contribution en nature, sans frais, pour soutenir certaines de ses activités. La valeur de telles contributions dépasse les 110 000 $ par année et ces dernières sont principalement destinées à soutenir des activités d’analyse pour la composante « eau ». D’autres partenaires ont également offert de leur temps au programme sous forme de conseils stratégiques et de présentations au cours de conférences. De leur côté, des laboratoires privés ont relevé gratuitement des échantillons pertinents pour le programme. Les cadres et le personnel du SSPRW ont également fourni un temps bénévole considérable.

Les dépenses actuelles ne semblent pas comprendre les activités qui ne participent pas à l’atteinte efficace des résultats escomptés. D’autre part, il est impossible de dire pour l’instant si C‑EnterNet pourrait établir une capacité pour entreprendre le travail actuellement effectué en sous-traitance ou s’il pourrait réaliser ce travail au même coût.


1 Thomas, M.K., et coll., « Le fardeau des maladies gastro-intestinales aiguës au Canada, 1999-2007 : résumé provisoire des activités relatives à l'ENMGA » Relevé des maladies transmissibles au Canada, vol. 34, no 5 (mai 2008). Document consulté en ligne à l’adresse : http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/ccdr-rmtc/08vol34/dr-rm3405b-fra.php

2 Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Rapport à la Chambre des communes : Au-delà de la crise de la listériose - renforcer le système de salubrité des aliments, juin 2009. Page 7.

3 Gouvernement du Canada. Rapport de l'enquêteur indépendant sur l'éclosion de listériose en 2008, juin 2009. Consulté en ligne à l’adresse : http://nouvelles.gc.ca/web/article-fra.do?m=/index&nid=468909 (Lien externe)

4 Majowicz, S.E. et coll. « Burden and Cost of Gastroenteritis in a Canadian Community », Journal of Food Protection, vol. 69, no 3 (2006) : 651-659.

5 Wheeler, J.G. et coll. Study of Infectious Intestinal Disease in England : Rates in the Community, Presenting to General Practice, and Reported to National Surveillance. The Infectious Intestinal Disease Executive. BMJ, 318 (7190) (1999) : 1046-50.

6 Majowicz, S.E. et coll. « Burden and Cost of Gastroenteritis in a Canadian Community », Journal of Food Protection, vol. 69, no 3 (2006): 651-659. Page 658.

7 El Allaki, Farouk.  Evaluation Report for C-EnterNet Based on Health Surveillance Theory, mars 2005. Page 2.

8 Gouvernement du Canada. Rapport de l'enquêteur indépendant sur l'éclosion de listériose en 2008, juin 2009. Consulté en ligne à l’adresse : http://nouvelles.gc.ca/web/article-fra.do?m=/index&nid=468909 (Lien externe)

9 Agence de la santé publique du Canada. Taux nationaux de maladies entériques, 1994-2004.

10 Agence de la santé publique du Canada. Establishing C-EnterNet: A Business Case, 1er novembre 2004.

11 Agence de la santé publique du Canada. Aperçu de C-EnterNet. Page 4.

12 Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Rapport à la Chambre des communes : Au‑delà de la crise de la listériose : renforcer le système de salubrité des aliments, juin 2009. Page 35.

13 El Allaki, Farouk. Evaluation Report for C-EnterNet Based on Health Surveillance Theory, mars 2005. Page 2.

14 Organisation mondiale de la Santé, Consultation to Develop a Strategy to Estimate the Global Burden of Foodborne Diseases, 25-27, septembre 2006. Document consulté en ligne à l’adresse :
http://www.who.int/foodsafety/publications/foodborne_disease/burden_sept06/en (Lien externe) (anglais seulement)

15 Gouvernement du Canada. Rapport sur les plans et les priorités de l’Agence de la santé publique du Canada 2008-2009. Consulté en ligne à l’adresse : http://www.tbs-sct.gc.ca/rpp/2008-2009/inst/ahs/ahs01-fra.asp (Lien externe)

16 Site Web du service de santé publique de la région de Waterloo, consulté à l’adresse :
http://chd.region.waterloo.on.ca/web/health.nsf/DocID
/D908471BF1AF7A7B85256F04005707D9?OpenDocument (Lien externe)
(en anglais seulement)

17 Gilbert, M. et coll., « Screening policies for daycare attendees: lessons learned from an outbreak of E. coli O157:H7 in a daycare in Waterloo, Ontario », Revue canadienne de santé publique (Lien externe) , juillet-août 2008; 99 (4) : 281-5.

18 Taylor, M. et coll., thèse de maîtrise, 2008.

19 Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Rapport à la Chambre des communes : Au‑delà de la crise de la listériose : renforcer le système de salubrité des aliments, juin 2009. Page 3.

20 Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Rapport à la Chambre des communes : Au‑delà de la crise de la listériose : renforcer le système de salubrité des aliments, juin 2009. Page 4.

21 Agence de la santé publique du Canada. Establishing C-EnterNet: A Business Case, 1er novembre 2004. Page 6.

22 Zinszer, Kate. Evaluation of C-EnterNet, le 30 juin 2007.

23 Zinszer, Kate. Evaluation of C-EnterNet, le 30 juin 2007.

24 Zinszer, Kate. Evaluation of C-EnterNet, 30 juin 2007. Page 7.

25 Framst, Gordon.  C-EnterNet Pilot Sentinel Site Evaluation, mars 2008.

26 ZINSER, Kate. Evaluation of C-EnterNet. p. 7 (30 juin 2007).

27 PIRES, S. M. et coll. « Attributing the Human Disease Burden of Foodborne Infections to Specific Sources » Foodborne Pathogens and Disease, vol. 6, p. 417‑424 (2009).

28 AGENCE DE LA SANTÉ PUBLIQUE DU CANADA. Rapport des réalisations de C-EnterNet de 2006‑2007, p. 14.

29 GILBERT, M. et coll. « Screening policies for daycare attendees: lessons learned from an outbreak of E. coli O157:H7 in a daycare in Waterloo, Ontario » Canadian Journal of Public Health, vol. 99, no 4, p. 281‑285 (juillet‑août 2008).

30 TAYLOR, M. et coll. Thèse de maîtrise, 2008.

31 RAVEL, A., J. GREIG et coll.  « Exploring Historical Canadian Foodborne Outbreak Data Sets for Human Illness Attribution » Journal of Food Protection, vol. 72, no 9, p. 1963‑1976 (2009).

32 ZINSER, Kate. Evaluation of C-EnterNet. p. 7 (30 juin 2007).

33 AGENCE DE LA SANTÉ PUBLIQUE DU CANADA. « A Business Plan for Launching the First C-EnterNet Sentinel Site », septembre 2004, p. 9.

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