ARCHIVÉE - Évaluation sommative du programme de contributions pour la sûreté du sang

 

Annexe A : Principales conclusions détaillées

La section suivante présente les principaux résultats pour chaque question d'évaluation.

Nécessité continue du PCSS

Question d'évaluation 1 : Le PCSS est-il toujours nécessaire?

Cette section examine jusqu'à quel point le PCSS répond à un besoin continu, en considération de la pertinence continue des motifs à l'origine du programme, des risques existants couverts par le programme, du rôle de surveillance de l'administration fédérale, et des orientations de la sûreté des transfusions et des transplantations.

Motifs à l'origine du programme

À la suite de la contamination de l'approvisionnement en sang du Canada par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et le virus de l'hépatite C à la fin des années 1970 et au cours des années 1980, la sûreté du sang a été reconnue comme un enjeu majeur. Dans le rapport final de la Commission d'enquête sur l'approvisionnement en sang au Canada (la Commission Krever), publié en novembre 1997, le juge Krever a reconnu l'importance de la surveillance de la sûreté du sang. Le PCSS a été initialement déclenché par la Commission d'enquête sur l'approvisionnement en sang au Canada, la Commission Krever, consécutivement à la découverte de l'absence de mesures de sécurité relatives aux maladies infectieuses dans les analyses de sang et de produits sanguins au cours des années 1980. Le programme a ultimement été approuvé dans le cadre de la réponse du gouvernement aux questions soulevées par le rapport Krever. Le principal motif de la création du PCSS a été la sûreté des personnes qui reçoivent des transfusions sanguines ou des greffes de cellules, de tissus ou d'organes.

Risques permanents

Le Canada compte plus de 800 hôpitaux (de taille variable) au service de 33 millions de Canadiens à travers le pays. Chaque année, plus de 1,2 million d'unités de globules rouges, de plasma et de plaquettes sont distribuées; 2000 organes sont transplantés et plus de 90 000 tissus allogreffes sont distribués pour être greffés. Par conséquent, une surveillance efficace de ces procédures constitue un aspect important de la sécurité en santé publique.

Bien que la sûreté des receveurs de sang, de cellules, de tissus et d'organes semble toujours être le principal motif des efforts de surveillance, le type d'infection virale transmis par une transfusion qui préoccupait la Commission Krever est relativement rare actuellement (Allain, 2003; Luban, 2005). Pour cette raison, les préoccupations du public sont moins pressantes et les motifs de perpétuer les efforts visant à la sûreté du sang sont aujourd'hui d'une nature quelque peu différente du moment où le PCSS a d'abord été conçu. La documentation récente sur la sûreté du sang fournit un aperçu des risques associés aux transfusions qui restent préoccupants au Canada. Ces documents décrivent :

  • Les infections virales nouvelles et émergentes, comme la maladie de Creutzfeldt-Jacob, le virus du Nil occidental, l'hépatite A, l'hépatite G, le parvovirus B19, le cytomégalovirus et la syphilis (Bihl et coll., 2007; Busch, Kleinman et Nemo, 2003; Dodd, Notari et Stramer 2002; Allain, 2003; Kleinman, Chan et Robillard, 2003 Luban, 2005).
  • Les infections parasitaires, qui peuvent être introduites au Canada par des voyageurs internationaux, des immigrants ou des réfugiés (Comité d'experts sur les maladies parasitaires à diffusion hématogène, 2002; Bihl et coll., 2007; Kleinman, Chan et Robillard, 2003).
  • Les infections bactériennes, répandues le plus fréquemment par contamination lors de prélèvements sanguins ou de la manipulation de produits sanguins (Allain, 2003; Bihl et coll., 2007).
  • Les risques inhérents aux écarts ou aux erreurs de procédure durant les analyses (Kleinman, Chan et Robillard, 2003).
  • Les risques inhérents à entreposage inadéquat (Kleinman, Chan et Robillard, 2003).
  • Les risques inhérents aux écarts ou aux erreurs lors de la prescription d'une procédure ou aux erreurs d'étiquetage (Kleinman, Chan et Robillard, 2003).
    • Les caractéristiques des donneurs, par exemple « les anticorps inhabituels non reconnus avant la transfusion qui réagissent avec les antigènes du receveur » (Kleinman, Chan and Robillard, 2003, p. 120), p. ex., le syndrome respiratoire aigu post-transfusionnel (TRALI); ou
    • Les caractéristiques du receveur, par exemple, la « présence d'isoanticorps » (Kleinman, Chan et Robillard, 2003, p. 120) ou l'état sous-jacent du receveur, comme des troubles cardiaques (Kleinman, Chan et Robillard, 2003), p. ex., une surcharge de volume.

Tel qu'illustré par la Figure 4, presque tous les répondants au sondage d'évaluation ont indique que les risques associés aux transfusions et aux transplantations restent pertinents ou très pertinents dans leur province ou territoire. Les risques transfusionnels et les risques d'interaction entre les composants du sang et les receveurs étaient perçus comme les plus pertinents par les répondants au sondage.

 

Figure 4 : Pertinence continue des risques pour la sûreté du sang

(Dans quelle mesure les risques suivants s'appliquent-ils à votre région aujourd'hui?)

Figure 4 : Continued Relevance of Risks to Blood Safety

Il appert donc que malgré l'importante atténuation des préoccupations traditionnelles associées à la sûreté du sang, il demeure d'importants risques qui motive une surveillance continue des effets indésirables et des erreurs reliés aux transfusions au Canada.

La documentation relative au SSCTO a montré un niveau de préoccupation élevé du fait qu'en dépit de la multiplication des éléments attestant les risques d'infection à la suite d'une greffe, le Canada ne dispose toujours pas d'un système efficace d'identification des effets indésirables d'une greffe d'organe et de virtuellement d'aucune méthode systématique d'identification des menaces à la santé publique résultant des greffes de cellules ou de tissus. Il a été mentionné, avec encore plus de fermeté, que le système actuel de « don et de transplantion de cellules, de tissus et d'organes risque de connaître une situation semblable à celle de la crise du virus de l'immunodéficience humaine et de l'hépatite C, qui a affecté le système d'approvisionnement en sang du Canada dans les années 1980 et1990 » (Charte du programme SSTO, 2008, p. 1).

Rôle de l'administration fédérale

Les répondants au sondage ne remettaient nullement en question le rôle crucial de l'administration fédérale en ce qui concerne la surveillance des effets indésirables et des erreurs reliés aux transfusions et aux greffes, et tous les répondants ont indiqué qu'il était soit important ou très important que l'administration exerce une surveillance coordonnée nationalement des effets indésirables reliés aux transfusions et aux transplantations.

Orientations

D'après la documentation et les personnes interviewées, les orientations de la sûreté du sang, en plus de tenir compte des risques associés aux transfusions et aux transplantations décrits ci-dessus, semblent accorder plus d'importance à la coopération internationale et à l'harmonisation des efforts de surveillance. L'ordre du jour de l'hémovigilance internationale comporte des efforts de développement en commun de définitions, d'une terminologie, de rapports normalisés et d'une matrice uniforme (Robillard, 2006) visant à partager et à faire rapport des données d'hémovigilance sur un plan international, ce qui permet de faire des comparaisons des données et des tendances entre les pays. Un sujet interrogé a souligné que l'Organisation mondiale de la santé avait l'intention, en collaboration avec le Centre de la sûreté du sang, d'établir un système de surveillance mondial de la sûreté du sang, un effort auquel l'ASPC et Santé ont été invités à participer. Dans ce sens, le Canada est perçu comme jouant un rôle de direction important à l'avenir (de plus amples renseignements sur le rôle de direction du Canada sont présentés à la Section 2.4.2 ci-dessous).

Sommaire

L'objectif du PCSS est aussi pertinent que jamais. Bien que les risques d'infection virale aient fortement décru au Canada et dans d'autres régions de l'Amérique du Nord et de l'Europe, le risque d'autres types d'infections transfusionnelles, comme les infections bactériennes et les infections parasitaires, persiste. De même, la possibilité d'erreurs, comme la transfusion de sang inadéquat au patient inadéquat, persiste. L'hémovigilance est présente depuis presque deux décennies, mais l'amélioration de la sécurité des patients et du public exige toujours des améliorations et des modifications.

D'après les intervenants, les transfusions et les transplantations comportent toujours des risques importants, et l'administration fédérale a un rôle à jour dans la surveillance des erreurs et des effets indésirables reliés aux transfusions et aux transplantations. En outre, il y a un intérêt grandissant pour une surveillance en coopération internationale, en particulier compte tenu des échanges accrus du sang, des produits sanguins, des cellules, des tissus et des organes outre frontière.

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