ARCHIVÉE - Leçons à retenir : Réponse de l’Agence de la santé publique du Canada et de Santé Canada à la pandémie de grippe H1N1 de 2009

 

3. Constatations

3.1 Surveillance, science et recherche

Contexte

L’Agence de la santé publique du Canada et Santé Canada sont reconnus comme des organismes à vocation scientifique. En plus d’utiliser une science éprouvée et établie, les deux organismes dirigent et appuient la recherche visant à améliorer les connaissances sur une gamme de sujets concernant la santé. Pour comprendre les menaces à la santé qui nécessitent l’intervention du gouvernement fédéral, ces organismes s’appuient sur leur personnel spécialisé, des experts externes et des systèmes de surveillance mondiaux et nationaux pour se tenir au courant de la propagation de maladies infectieuses nouvelles ou existantes qui pourraient avoir un impact sur la santé des Canadiens. Lors de phénomènes importants en santé publique, comme une pandémie de grippe, la collecte de données sur le comportement d’un virus et le développement des connaissances scientifiques sur la prévention et le contrôle de l’infection sont des facteurs clés qui aident à la prise de décisionsNote de bas de page 26.

Ce qui a bien fonctionné

Grâce à la surveillance, les autorités sanitaires partout dans le monde ont réalisé à la mi-avril 2009 qu’un virus de la grippe H1N1 avait le potentiel de déclencher une pandémie. La situation signalée à Mexico indiquait qu’une source non reconnue d’infection touchait des groupes de la population locale, que les symptômes étaient ceux d’une maladie respiratoire grave, et que la contagion se propageait rapidement par contact avec une personne malade. Munis de ces renseignements, l’Agence de la santé publique du Canada et Santé Canada ont déclenché une série d’activités scientifiques de surveillance et de recherche à l’échelle internationale, nationale, provinciale, territoriale et locale.

Dès ce moment, les activités scientifiques ont visé à identifier le virus, à étudier son évolution pour déceler des mutations possibles et à analyser comment la transmission se produisait. De plus, les chercheurs ont continué à travailler pour déterminer les facteurs qui rendaient certains groupes plus vulnérables à l’infection et pour évaluer la documentation axée sur la recherche et l’opinion d’experts concernant les meilleures démarches de prévention et de traitement clinique. L’objectif était de guider l’intervention du gouvernement pour :

  • mesurer la souche du virus de la grippe H1N1
  • évaluer la réaction du virus aux antiviraux et aux vaccins existants
  • comprendre comment évoluait la pandémie
  • soutenir l’élaboration des directives concernant la prévention et le traitement
  • déterminer et financer les secteurs de la recherche.

Les connaissances, l’expertise et l’expérience des employés de l’Agence de la santé publique du Canada et de Santé Canada se sont avérées essentielles à l’intervention internationale contre la pandémie.

Les réseaux, les systèmes et les outils existants ont facilité l’échange rapide d’information sur la science, la surveillance et la recherche

L’Agence de la santé publique du Canada joue un rôle clé dans la détection des éclosions de maladies en reliant l’information entre les cas géographiquement dispersés, mais connexes. Avant l’éclosion de la grippe H1N1, l’Agence de la santé publique du Canada avait travaillé avec les provinces et les territoires pour développer et maintenir des systèmes et des outils pour détecter et signaler les maladies respiratoires. Par exemple, Surveillance de l’influenza, le système canadien de surveillance nationale de la grippe a fourni un protocole de surveillance et un formulaire de déclaration des cas pour une détection et un signalement rapides des maladies respiratoires graves d’origine inconnue. En réponse au fonctionnement de la grippe H1N1 et aux taux accrus de maladie grave, l’Agence de la santé publique du Canada a pu rapidement étendre les activités de Surveillance de l’influenza pour intégrer les données épidémiologiques recueillies sur les hospitalisations, les admissions aux services de soins intensifs et les décès reliés à la grippe H1N1.

En prévision de la pandémie de grippe H1N1, l’Agence de la santé publique du Canada avait aussi mis en place des systèmes électroniques d’information pour soutenir l’examen, la surveillance et le signalement des phénomènes de santé publique dans tout le pays. Par exemple, le Réseau canadien de renseignements sur la santé publique est un système en ligne sûr employé par les autorités sanitaires locales, les provinces et les territoires et par l’Agence de la santé publique du Canada pour communiquer entre eux, y compris pour afficher des avertissements de santé publique à propos de phénomènes de santé publique qui sont nouveaux ou en évolution. Pour faire le suivi des cas confirmés de grippe H1N1, le Laboratoire national de microbiologie de l’Agence de la santé publique du Canada a institué une base de données nationale qui utilise la plateforme du Réseau canadien de renseignements sur la santé publique. L’Agence de la santé publique du Canada a aussi utilisé le Système canadien de surveillance des effets secondaires suivant l’immunisation. Ce système est soutenu par les professionnels de la santé qui signalent les effets secondaires aux bureaux provinciaux ou territoriaux de santé publique, effets qui sont ensuite transmis à l’Agence de la santé publique du Canada.

Lors de la pandémie de grippe H1N1, l’Agence de la santé publique du Canada a vérifié l’information provenant de sources internationales non officielles, telles que les médias et les agences de presse, pour détecter le virus H1N1 et d’autres problèmes de santé dans d’autres pays qui pourraient affecter la santé des Canadiens. À l’appui de cette fonction, l’Agence de la santé publique du Canada maintient le Réseau canadien de renseignements sur la santé publique pour recueillir des comptes rendus préliminaires d’éclosions de maladie ou d’autres phénomènes préoccupants en santé publique de par le monde, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et dans sept langues : l’arabe, le chinois simplifié et traditionnel, l’anglais, le français, le russe et l’espagnolNote de bas de page 27. L’Agence de la santé publique du Canada assure ensuite la liaison avec l’Organisation mondiale de la Santé et les autorités sanitaires d’autres pays pour vérifier cette information non officielle afin d’évaluer le risque pour le Canada. Au printemps 2009, le Réseau canadien de renseignements sur la santé publique a joué un rôle crucial en détectant et en communiquant l’éclosion du virus H1N1 alors qu’il n’était qu’une maladie respiratoire inconnue.

L’Agence de la santé publique du Canada a travaillé avec les provinces et les territoires pour faciliter l’utilisation la plus efficiente et efficace des ressources de laboratoire lors de l’éclosion de la grippe H1N1. Le Laboratoire national de microbiologie a appuyé les laboratoires provinciaux par l’intermédiaire du Réseau des laboratoires de la santé publique du Canada pour accroître l’état de préparation du Canada à détecter l’arrivée et la propagation du virus de la grippe pandémique H1N1. En partenariat avec ce réseau, la plupart des provinces disposent maintenant de laboratoires qui peuvent détecter les nouvelles souches de la grippe en utilisant la technologie moléculaire normalisée.

L’Agence de la santé publique du Canada a aidé à détecter, à comprendre et à surveiller le virus H1N1

Dès le début de la pandémie, le Laboratoire national de microbiologie de l’Agence de la santé publique du Canada, qui est reconnue internationalement comme un établissement de pointe, était un chef de file et a aidé à mobiliser l’intervention mondiale. Le laboratoire a été invité à Mexico pour aider à tester des échantillons de personnes, qui présentaient des symptômes d’une maladie respiratoire grave. Pendant six semaines, cinq scientifiques de l’Agence de la santé publique ont participé aux opérations d’analyse à Mexico. Après avoir détecté le virus à la mi-avril, le Laboratoire national de microbiologie a développé et soutenu la mise en œuvre d’un test qui a permis aux chercheurs et aux laboratoires provinciaux et territoriaux de déterminer si la souche testée de la grippe était le virus de la grippe H1N1. Le Laboratoire national de microbiologie a séquencé les souches mexicaines et canadiennes pour mieux comprendre le virus et son impact sur les populations du monde entier. En raison des travaux du Laboratoire national de microbiologie, le Canada a été le premier pays à caractériser la séquence complète du génome du virus de la grippe pandémique H1N1. Ce fut une contribution importante à la compréhension scientifique internationale de cette nouvelle souche.

L’examen de Santé Canada sur l’innocuité du vaccin antigrippal contre la souche H1N1 a été effectué rapidement

L’examen effectué par la Direction des produits biologiques et des thérapies génétiques de Santé Canada respectait les normes les plus élevées pour une approbation accélérée d’un vaccin au Canada, et aucun raccourci n’a été utilisé pour examiner les preuves disponibles. Les avantages de la collaboration internationale ont été démontrés dans le processus d’examen du vaccin par les nombreuses discussions qui ont eu lieu avec les autorités internationales de réglementation pour analyser les préoccupations concernant certaines composantes du vaccin. Des détails supplémentaires sur l’examen des vaccins se trouvent dans la section 3.8 (Vaccin) du rapport.

L’Agence de la santé publique du Canada et Santé Canada ont été des leaders en matière de réponse internationale à la grippe H1N1

Le Laboratoire national de microbiologie du Canada a joué le rôle d’un chef de file en appuyant les efforts nationaux et internationaux pour détecter, mieux comprendre et surveiller le nouveau virus de la grippe H1N1. Le succès de l’intervention du Canada à l’échelle internationale face à la grippe H1N1 est dû en partie aux rapports solides préexistants avec des partenaires internationaux importants au niveau des politiques, des spécialistes et des hauts fonctionnaires. Par exemple, la nécessité d’un réseau de liens solides entre le Canada, les États-Unis et le Mexique pour une intervention en cas de pandémie a été prévue et planifiée avant le début de la pandémie.

Pendant la pandémie, l’Agence de la santé publique du Canada et Santé Canada ont animé et participé pleinement aux consultations et aux échanges internationaux, qui comprenaient une participation de cadres supérieurs à des conférences et téléconférences scientifiques de l’Organisation mondiale de la Santé et des échanges avec les partenaires principaux du Canada. En plus du réseau mondial d’information en santé publique Note de bas de page 28, plusieurs supports de communication et d’échange ont été utilisés pendant cette période, y compris :

  • le Réseau des autorités de réglementation des vaccins de l’Organisation mondiale de la Santé qui a été mis sur pied avant la pandémie et qui regroupe Santé Canada et d’autres partenaires internationaux de réglementation, effectuait deux téléconférences par semaine pendant la pandémie pour discuter en temps réel des questions de réglementation et pour partager des données cliniques et de sécurité sur la grippe H1N1
  • l’Initiative de sécurité sanitaire mondiale, un réseau de pays qui se sont réunis peu après le 11 septembre 2001 pour assurer l’échange et la coordination des pratiques visant à faire face aux nouveaux risques tels que la pandémie de grippe, a facilité la capacité du Canada de recevoir de l’information sur l’épidémiologie de la grippe H1N1 à l’échelle mondiale et sur les stratégies d’atténuation employées par d’autres pays; l’information a contribué à orienter l’intervention nationale du Canada
  • un groupe trilatéral d’organismes de réglementation formé par Santé Canada, la Food and Drug Administration des États-Unis et l’Agence européenne des médicaments, qui a coordonné le plan de développement clinique et le plan de pharmacovigilance des vaccins contre la grippe H1N1
  • l’échange pilote d’agents de liaison en santé publique entre le Département américain de la santé et des services à la personne et l’Agence de la santé publique du Canada, ce qui a facilité l’échange de renseignements entre les deux pays.

En septembre 2009, l’Agence de la santé publique du Canada a tenu la conférence « Cas graves de grippe H1N1 : prévenir les cas et réduire la mortalité ». L’objectif de cette conférence était de réunir les experts nationaux et internationaux de soins intensifs et de santé publique pour discuter des soins cliniques et de la gestion des cas graves de la grippe H1N1, ainsi que pour se préparer à une vague pandémique prévue pour l’automne.

La conférence a donné l’occasion aux responsables de la santé publique et aux spécialistes des soins intensifs :

  • d’obtenir des éclaircissements sur l’épidémiologie des cas graves de la grippe H1N1
  • de discuter des stratégies de prévention et de détection précoce des cas graves
  • de partager les meilleures pratiques pour les soins cliniques, pour la gestion de la maladie et pour l’utilisation des ressources.

Un des principaux résultats de la conférence était de créer un document d’orientation sur l’épidémiologie et la gestion clinique des cas graves de grippe H1N1 afin d’aider les médecins ainsi que les spécialistes en soins intensifs et en soins d’urgence à se préparer pour la vague pandémique prévue à l’automne.

Ce qui mérite d’être amélioré

En général, la surveillance, la science et les activités de recherche ont soutenu efficacement l’Agence de la santé publique du Canada et Santé Canada dans leur réponse à la pandémie de grippe H1N1. Il y a, toutefois, des domaines à améliorer pour accroître l’état de préparation à un phénomène de santé publique ultérieur.

Une surveillance efficace et opportune est essentielle à la capacité du gouvernement et des provinces et des territoires de suivre les cas et de préparer la planification et l’intervention. Le renforcement de la capacité nationale de surveillance a toujours été reconnu comme un défi pour l’Agence de la santé publique du Canada. Un rapport du Comité consultatif national sur le SRAS et la Santé publique (Rapport Naylor) a déterminé les mesures nécessaires pour renforcer la surveillance. Plus récemment, le Chapitre 5 du Rapport 2008 du vérificateur général du Canada, intitulé Surveillance des maladies infectieuses – l’Agence de la santé publique du Canada, a demandé la mise en place d’un système national de surveillance intégré ayant la capacité de soutenir efficacement à l’avenir des efforts d’intervention tant de routine que d’urgence. Depuis la présentation du Budget de 2006, l’Agence de la santé publique du Canada a reçu des fonds pour élaborer une vaste stratégie d’intervention nationale contre la grippe dans le cadre de son Programme de préparation à la grippe aviaire et à une pandémie de grippe.

Au cours de la pandémie de grippe H1N1, l’Agence de la santé publique du Canada a connu des difficultés par rapport à sa capacité de surveillance, y compris à la fois un manque de données en temps réel sur les principales variables épidémiologiques et de ressources épidémiologiques pour examiner les données de surveillance.

Au début de la pandémie de grippe H1N1, l’absence d’un système global de surveillance de la santé publique était particulièrement évidente dans les communautés des Premières nations et représentait un défi complexe pour le portefeuille de la Santé. Cette situation a eu pour résultat un portrait national incomplet et incohérent et n’a donc pas appuyé la prise de décisions en temps voulu. Pour corriger ce problème, Santé Canada a élaboré et mis en œuvre un système de surveillance régional ad hoc pour suivre l’activité de la grippe H1N1 dans les communautés des Premières nations, ainsi que des mécanismes de surveillance pour les rapports sur la couverture vaccinale.

Mettre au point les accords sur le partage de l’information sur la surveillance entre les secteurs de compétence

Tel qu’il est indiqué dans le Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé, la responsabilité de la surveillance est partagée entre les administrations fédérale, provinciales, territoriales et localesNote de bas de page 29. Bien qu’il fournisse un cadre pour ce genre d’échange d’information, le Plan n’inclut pas les détails opérationnels essentiels à un système de surveillance efficace entre les secteurs de compétence.

Les provinces et les territoires partagent des données avec le gouvernement fédéral dans le cadre des activités de surveillance de routine et de surveillance continue de la santé. Pendant la pandémie, un accord a été élaboré comprenant une annexe sur le partage des données de surveillance (données épidémiologiques et données de laboratoire). Cette annexe a été approuvée par la plupart des secteurs de compétence. Cependant, il n’existe actuellement aucun engagement à partager l’information dans le cas d’une autre pandémie.

Les défis de surveillance éprouvés pendant la grippe H1N1 soulignent l’importance d’infrastructures et de démarches nationales efficaces de signalement et d’échange d’information. La surveillance intégrée pour l’immunisation est traité à la section 3.8 (Vaccin). Une meilleure coordination nationale des activités de surveillance permettrait également aux intervenants fédéraux et provinciaux de mieux exploiter la capacité et l’expertise actuelles des organismes de santé publique et des autres centres fédéraux et provinciaux.

Étudier des options qui permettraient de mettre en place des mécanismes adéquats pour accélérer la recherche en situation de crise

Les expériences associées à la pandémie de grippe H1N1 ont accentué le fait que les mécanismes actuels ne sont pas suffisamment souples pour lancer rapidement la planification stratégique, le financement et la coordination d’une stratégie de recherche nationale répondant aux menaces de santé publique nouvelles et urgentes, telles qu’un virus de grippe pandémique. En particulier, l’Agence de la santé publique du Canada a fait face aux défis suivants :

  • absence d’un processus normalisé pour établir rapidement des priorités de recherche pendant une pandémie et pour évaluer de façon critique les propositions de financement de la recherche par rapport aux priorités
  • manque de fonds de prévoyance disponibles pour lancer des projets de recherche rapide
  • manque de capacité de ressources humaines pour coordonner et administrer des projets de recherche rapide
  • absence d’un mécanisme pour fournir rapidement le financement des propositions de projets (dans des situations d’urgence, les délais liés aux achats habituels, ainsi que les subventions et les contributions, les processus ne permettent pas une capacité de réaction adaptée aux besoins).

Il est suggéré que l’Agence de la santé publique du Canada, en collaboration avec les Instituts de recherche en santé du Canada, envisage des options pour l’élaboration de mécanismes normalisés qui faciliteraient l’exécution rapide d’une recherche en situation de crise et permettraient à l’Agence de la santé publique du Canada d’obtenir l’information nécessaire pour prendre des décisions lors d’un phénomène de santé publique. Cette suggestion pourrait être envisagée dans le contexte du plan stratégique de la science et de la recherche de l’Agence de la santé publique du Canada. Les éléments suivants devraient être pris en considération dans l’établissement des options :

  • des processus normalisés pour déterminer rapidement les possibilités de recherche, établir les priorités de recherche et faire un examen critique des propositions internes et externes de financement
  • des fonds de prévoyance pour lancer des projets de recherche rapide
  • les ressources humaines nécessaires pour coordonner et administrer des projets de recherche rapide
  • des mécanismes pour fournir rapidement le financement.
Raffiner les approches pour traduire les connaissances scientifiques en information utile à la planification, à la prise de décisions et aux communications

En cas de crise, la disponibilité des connaissances scientifiques est essentielle. Mais il est également important que les fonctionnaires chargés des politiques et de la communication, les cadres supérieurs et les organismes centraux puissent utiliser cette information pour la planification et la prise de décisions, ainsi que pour la communication avec les intervenants et les Canadiens. Il est indispensable d’améliorer la capacité du portefeuille de la

Santé à transmettre des informations scientifiques complexes. On trouve plus de détails sur ce sujet à la section 4 (Synthèse et recommandations) du rapport (voir la recommandation 3).

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