Page 7 : Évaluation du Programme d’aide préscolaire aux Autochtones dans les collectivités urbaines et nordiques de l’Agence de santé publique du Canada

4. Conclusions et recommandations

4.1 Conclusions

Pertinence

Le Programme d’aide préscolaire aux Autochtones dans les collectivités urbaines et nordiques (PAPACUN) a non seulement toujours sa raison d’être, mais il est de plus en plus nécessaire. Au Canada, on compte environ 47 910 enfants autochtones âgés de trois à cinq ans. Le PAPACUN touche habituellement chaque année 4 640 enfants âgés de zéro à six ans (86 p. cent de ces enfants sont âgés de trois à cinq ans). Le taux de croissance de la population est plus élevé chez les Autochtones que dans la population canadienne générale, et le fait que les Autochtones sont de plus en plus nombreux à s’installer en région urbaine augmente le besoin de mettre en œuvre des programmes de développement de la petite enfance à l’extérieur des réserves.

L’exécution du PAPACUN s’inscrit bien dans le rôle du gouvernement fédéral et de l’Agence de santé publique. Même si les provinces et les territoires sont les principaux responsables du développement de la petite enfance, le gouvernement du Canada y joue un rôle de soutien et peut investir dans un domaine de compétence partagé, s’il existe un problème national à régler ou un écart à combler concernant une population vulnérable, ou encore, pour compléter l’orientation de la province ou du territoire. Le PAPACUN satisfait à tous ces critères.

Rendement

Le Programme est très respecté et apprécié par tous les groupes qui participent à son exécution (collectivités, enfants, parents, personnel du projet et de l’Agence de santé publique à tous les niveaux). Le Programme a fait preuve d’une grande stabilité au cours des quinze dernières années. Il a une incidence positive sur la maturité scolaire des enfants, et particulièrement sur l’amélioration de leurs aptitudes langagières, sociales et motrices et de leurs compétences scolaires. Les résultats concernant le rendement révèlent aussi l’amélioration efficace de la littératie culturelle et une plus grande exposition à la culture et aux langues autochtones. Le Programme a également eu des effets positifs sur l’accès à des activités physiques quotidiennes et sur les déterminants de la santé, notamment l’accès à des services de santé. Même si les résultats du Programme pour les parents et les collectivités n’ont pas été évalués systématiquement, on constate que des centres participant au projet sont devenus des « noyaux » dans leur collectivité, créant ainsi un sentiment d’appartenance chez les enfants autochtones et leurs familles.

Toutefois, il y a des points à améliorer. Il existe des lacunes quant à l’enrichissement et à l’échange de connaissances, et il faut accroître la coordination et la collaboration avec d’autres organismes fédéraux, les provinces, les territoires et d’autres intervenants. De plus, le Programme pourrait atteindre plus d’enfants.

L’évaluation a révélé que la conception et l’exécution du Programme n’ont jamais fait l’objet d’un examen exhaustif. De plus, diverses sources ont indiqué qu’il est temps de revoir la fonction consultative qui appuie la mise en œuvre et la gouvernance du Programme puisqu’elle n’a jamais été évaluée depuis son lancement. Le Programme pourrait tirer profit de cette fonction renouvelée au moment d’aborder son orientation stratégique.

De nombreuses personnes dévouées se sont consacrées au Programme. Même si les résultats des entrevues permettent de constater que le roulement de personnel constitue un problème dans de nombreux centres, plusieurs intervenants clés travaillent pour le Programme depuis ses débuts et constituent des piliers de sa mise en œuvre.

4.2 Recommandations

Le Programme existe depuis plus de quinze ans. Il est donc temps de se pencher sur son orientation future et d’élaborer des stratégies pouvant permettre l’amélioration de son rendement. Les constatations et les conclusions ont mené aux six recommandations énoncées ci-dessous.

Portée

Il semble que le PAPACUN bénéficierait de l’examen systématique de l’emplacement de ses centres. Alors que certains centres ont des listes d’attente pour les inscriptions, d’autres ne fonctionnent pas toujours à pleine capacité; on peut donc conclure que la portée du Programme pourrait être améliorée.

Divers modèles d’exécution sont actuellement utilisés au pays dans le cadre du PAPACUN, et certains d’entre eux semblent faciliter l’établissement de partenariats et l’utilisation des ressources et permettre de mieux atteindre la population. Il est possible d’accroître le nombre de partenariats et de mieux tirer profit des ressources grâce à certains de ces modèles.

Recommandation 1
À la lumière des changements démographiques dans les populations autochtones, évaluer les modèles d’exécution, l'emplacement des centres et les partenariats afin de déterminer si la portée peut être étendue.

Coordination et collaboration

Le portrait des investissements fédéraux, provinciaux et territoriaux dans les programmes de développement de la petite enfance et la recherche connexe a changé considérablement depuis le début du PAPACUN. L’évaluation a fait ressortir le besoin d’accroître la coordination et la collaboration à l’échelle nationale pour s’adapter à ce contexte en évolution, tirer profit des progrès en matière de savoir et transmettre les connaissances du PAPACUN dans le but d’influencer d’autres programmes.

La coordination nationale des intervenants en éducation de la petite enfance auprès des Autochtones présente des lacunes sur le plan stratégique. Le fait de combler ces lacunes pourrait aider le Programme à réaliser plusieurs résultats souhaités et, fait encore plus important, faciliter la transition des enfants autochtones vers le système d’éducation de la population générale.

Les résultats du Programme liés à l’enrichissement et à l’échange de connaissances, au soutien des parents et des familles et à la collaboration avec les programmes de développement de la petite enfance n’ont pas été évalués systématiquement. Il faut examiner les conditions qui favorisent la réalisation des résultats souhaités (p. ex. quels contextes et facteurs favorisent la participation des parents et quels en sont les effets sur l’enfant et sa famille). Par conséquent, nous savons peu de choses sur ce qui fonctionne bien pour qui et dans quelles conditions, connaissances qui nous aideraient à mieux comprendre le plein potentiel du Programme et ses conséquences.

Recommandation 2
Améliorer la coordination et la collaboration avec les autres ministères fédéraux, les gouvernements provinciaux et territoriaux ainsi que les principaux intervenants.

Résultats à long terme pour les enfants

La mesure des résultats à long terme pour les enfants fait l’objet de projets pilotes réalisés dans certaines provinces, mais il n’y a eu aucune étude nationale. Afin que l’on puisse éclairer le processus d’amélioration de programme et les évaluations subséquentes, des données sur les résultats à long terme des enfants seraient utiles. Cependant, puisque les études longitudinales exigent la mobilisation d’un grand nombre de ressources, il faut tenir compte de la faisabilité d’une telle approche.

Recommendation 3
Examiner la nécessité et la possibilité d’assurer le suivi des résultats à long terme des enfants, par exemple au moyen d’une étude de cohorte longitudinale ou d’une recherche interventionnelle.

Mesure du rendement

Il faut élaborer une méthode de mesure du rendement qui tient compte de tous les résultats attendus du Programme à moyen et long terme afin que l’on puisse simplifier la collecte de données et effectuer des études périodiques en vue de mieux comprendre le plein potentiel du Programme.

Des évaluations du rendement ont été effectuées dans le cadre du PAPACUN, et elles ont permis de constater que celui-ci a un impact positif sur les compétences scolaires, les aptitudes sociales, motrices et langagières et la littératie culturelle des enfants visés.

Des données précises sur le rendement ont également été recueillies en ce qui a trait aux activités et aux processus communautaires et à la portée du Programme dans les collectivités, mais cette information n’est pas communiquée en temps opportun aux intervenants et n’est pas toujours recueillie selon un cadre commun.

Recommandation 4
Faire en sorte que la méthode de mesure du rendement à l’échelle du Programme soit complète tout en étant intégrée et simplifiée.

Fonction consultative pour appuyer la structure de gouvernance

Le Conseil national du Programme d’aide préscolaire aux Autochtones a d’abord été formé pour conseiller l’Agence de santé publique, mais des personnes interrogées à l’interne et à l’externe avaient des inquiétudes concernant le rôle actuel du Conseil. De plus, la composition actuelle du Conseil cause des préoccupations en raison de conflits d’intérêts potentiels, car ses membres bénéficient directement des fonds du Programme. Même si aucun conflit d’intérêts n’a été observé, rien n’indique qu’il existe des mesures correctives à cet égard.

Recommandation 5
Revoir la structure de gouvernance du Programme, notamment sa fonction consultative, afin que l’Agence de santé publique puisse bénéficier de conseils équilibrés, stratégiques et opportuns.

Fonds stratégique national

La mise en œuvre du fonds stratégique national a été difficile au cours des cinq dernières années. L’évaluation a révélé que sa conception ne favorise pas nécessairement la sélection d’initiatives novatrices nationales pour l’amélioration des projets à l’intention des familles et des enfants visés par le PAPACUN. Le fonds a une échéance déterminée et a été renouvelé récemment pour les cinq prochaines années, jusqu’en 2014-15.

Recommandation 6
Examiner les objectifs et les critères d’admissibilité du fonds stratégique national et évaluer l'approche actuelle en matière de gestion du fonds.
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