Chapitre 2 : Rapport de L’administrateur en chef de la santé publique sur l’état de la santé publique au Canada 2008 – Une évolution constante

Santé publique au Canada

Une évolution constante

Le Canada a fait des pas de géant dans la mise en œuvre de politiques de santé publique pour maintenir et améliorer la santé des Canadiens. Cependant, il demeure toujours des défis considérables puisqu’on a vu, au cours des dernières décennies, l’émergence de nouvelles maladies ainsi que la persistance de vieux problèmes de santé qui menacent toujours la santé de la population.

Par exemple, 2 923 Canadiens ont perdu la vie sur les routes du Canada en 2005, et ce, en dépit d’améliorations à la sécurité au cours des années110. Bien que ce nombre décline en raison de meilleures routes et d’automobiles plus sécuritaires, la vitesse, la conduite dangereuse et la conduite avec facultés affaiblies constituent toujours des risques graves.

L’environnement physique peut aussi avoir des effets indésirables pour la santé. Les conditions associées aux changements climatiques, comme l’augmentation des températures et des phénomènes météorologiques extrêmes, et aux espèces et maladies migratoires, comme le virus du Nil occidental, peuvent entraîner des maladies et le décès de personnes dans les populations vulnérables111. La qualité de l’air est aussi une grande préoccupation, puisque le nombre de jours où il y a du smog augmente dans les villes canadiennes. Ses répercussions sur la santé des enfants, des personnes âgées et des personnes atteintes de maladies déjà existantes telles que les maladies cardiovasculaires et respiratoires, sont considérables112.

La nécessité d’une eau saine et d’infrastructures fiables s’est fait encore plus sentir en raison de la contamination par la bactérie E.Coli de l’approvisionnement en eau de la communauté de Walkerton, en Ontario, en 2000, où l’infection propagée par l’eau a fait sept victimes et rendu malade presque la moitié de la population de la municipalité113. L’année suivante, l’approvisionnement en eau de la communauté de North Battleford, en Saskatchewan, a été contaminée par le cryptosporidium, ce qui a rendu malades de 5 800 à 7 100 personnes114.

Les styles de vie sédentaires et l’augmentation constante des taux d’obésité constituent des facteurs de risque de maladies évitables, comme le diabète de type 2, ce qui réduit la qualité de vie des Canadiens et met leur vie en jeu12, 14. Chaque année au Canada, environ les trois quarts de tous les décès résultent des maladies du système circulatoire, des cancers, du diabète et des maladies respiratoires115. De plus, en 2001, 51 % des années perdues à cause d’une mort prématurée l’ont été à cause du cancer, des maladies du système circulatoire et des maladies respiratoires116.

Des défis importants pour la santé, comme le stress, les maladies mentales et le suicide demeurent toujours de graves problèmes. Un participant sur cinq à l’enquête de 2002 sur la santé mentale et le bien être a indiqué qu’il avait souffert d’un épisode de maladie mentale (comme les troubles d’anxiété, la dépression et la dépendance à une substance) à un moment ou l’autre de sa vie. Les maladies mentales touchent les gens de toutes les professions, de tous les niveaux de scolarité, de toutes les conditions socioéconomiques et de toutes les cultures. Et, en dépit du fait que la plupart des Canadiens seront touchés par la maladie mentale eux-mêmes ou qu’un proche, un ami ou un collègue en sera atteint, la stigmatisation liée à la maladie mentale continue d’être le plus grand obstacle aux traitements et aux soins117, 118.

On remarque aussi une répartition inégale de la santé au Canada. La pauvreté, qui est souvent associée à une faible scolarité et à de faibles niveaux d’emploi, est aussi associée à un moins bon état de santé en moyenne. Des recherches ont montré que les personnes ayant de faibles revenus sont plus susceptibles de tomber malades et d’utiliser le système de santé, et que celles qui sont malades sont souvent aussi les personnes qui risquent le plus de se retrouver défavorisées sur le plan économique119, 120, 121. Des recherches montrent aussi que d’autres facteurs comme le niveau de scolarité, le développement des jeunes enfants et le soutien social peuvent aggraver ou atténuer ces inégalités7, 122. La pauvreté n’est alors plus seulement une question de manque d’argent, c’est un ensemble de désavantages dont le manque d’argent est un facteur prépondérant; ce thème sera abordé plus en détail aux chapitres 3 et 4. 

Malgré tous les progrès enregistrés jusqu’à maintenant, il est clair qu’il y a encore beaucoup à faire. Toutefois, ces défis permanents n’enlèvent rien aux progrès extraordinaires dans l’histoire de la santé publique au Canada. Au cours du siècle dernier, l’espérance de vie à la naissance des femmes est passée de 50 à 83 ans et celle des hommes, de 47 à 78 ans123, 124. L’amélioration de l’hygiène publique, des conditions de vie, ainsi que des mesures de développement communautaire et des innovations comme l’immunisation se sont avérées hautement efficaces pour prévenir la mort prématurée et améliorer la santé et la qualité de vie des Canadiens. Il faudra des améliorations continues des mesures de santé publique au XXIe siècle pour que ce portrait impressionnant se maintienne.

 

Chapitre 2 : Santé publique au Canada

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