Chapitre 4 : Rapport de L’administrateur en chef de la santé publique sur l’état de la santé publique au Canada 2008 – Comportements liés à la santé

Facteurs socioéconomiques qui influent sur notre état de santé et qui contribuent aux inégalités sur le plan de la santé

Comportements liés à la santé

Certains comportements individuels, comme faire de l’activité physique et manger sainement, peuvent favoriser une bonne santé. Par contre, le tabagisme, l’abus d’alcool et l’usage de drogues illicites peuvent avoir des effets néfastes sur la santé. Essentiellement, il appartient aux gens d’adopter des comportements sains. Toutefois, il faut retenir que les milieux social et économique où les personnes travaillent, vivent et apprennent influent également sur ces comportements7, 9.

Tabagisme

Bien que le taux global de tabagisme soit à la baisse au Canada, 19 % des Canadiens (de 15 ans et plus) déclarent fumer (femmes : 17 %; hommes : 20 %)353. Le tabagisme est responsable d’un grand nombre de maladies et de décès. Il s’agit d’un facteur de risque associé au cancer du poumon, aux cancers de la gorge, du cou et de la tête, aux maladies cardiaques, aux accidents vasculaires cérébraux, aux maladies respiratoires chroniques et à d’autres affections354. On estime que 16,6 % des décès au Canada sont attribuables au tabagisme. Le coût du tabagisme au Canada – calculé en fonction de services comme les soins de santé ainsi que de la perte de productivité au travail ou à la maison en raison d’un décès prématuré ou d’une incapacité – est estimé à 17 milliards de dollars par année355. 

La grande majorité des fumeurs canadiens (90 %) indiquent avoir commencé à fumer à l’adolescence356. Toutefois, la plupart abandonnent le tabagisme à un âge plus avancé. Parmi tous les Canadiens qui ont déjà fumé, 59 % ont abandonné. Chez les fumeurs au début de la vingtaine (de 20 à 25 ans), seulement 25 % déclarent avoir cessé de fumer, alors que chez les 45 ans et plus, ce pourcentage est de 71 %353.

Un gradient socio-économique indique que, de façon générale, plus le revenu et le niveau de scolarité diminuent, plus le nombre de fumeurs quotidiens augmente357. Les taux de tabagisme les plus élevés sont observés chez les Canadiens qui ont un faible revenu, les peuples autochtones et les habitants du Nord du Canada, ce qui explique probablement les taux accrus de maladies cardiovasculaires et respiratoires au sein de ces populations357, 358, 359. La figure 4,5 présente les taux de fumeurs quotidiens (à l’exception des personnes qui utilisent le tabac uniquement à des fins traditionnelles) chez les peuples autochtones par rapport au taux de la population générale en 2001360

Figure 4,5 Usage quotidien du tabac, selon le statut d’Autochtone, Canada, 2001

 

Figure 4,5 Usage quotidien du tabac, selon le statut d’Autochtone, Canada, 2001

Source : Agence de la santé publique du Canada, données tirées à l’aide du Système d’analyse et d’information des données (DAIS) de Santé Canada; Enquête auprès des peuples autochtones, 2001; Enquête de surveillance de l'usage du tabac au Canada, Santé Canada, 2001.


 

Dans la figure 4,6, malgré que les taux de tabagisme aient diminué pour tous les niveaux de scolarité, il existe encore un écart de taille entre le pourcentage de fumeurs chez les personnes qui ont obtenu un diplôme universitaire et celui chez les personnes qui ont un niveau de scolarisation inférieur361

Figure 4,6 Tabagisme et niveaux de scolarité, population âgée
de 15 ans et plus, Canada, 1999-2006

Figure 4,6 Tabagisme et niveaux de scolarité, population âgée de 15 ans et plus, Canada, 1999-2006

Source : Agence de la santé publique du Canada, Enquête de surveillance
de l'usage du tabac au Canada, Santé Canada, 1999-2006.


 

Certaines personnes ne choisissent pas d’être exposée à la fumée. Environ 9 % des enfants de moins de douze ans et 15 % de l’ensemble des ménages canadiens sont exposés régulièrement à de la fumée de tabac ambiante – appelée souvent « fumée secondaire »80. Parmi les enfants touchés, 51 % vivent dans des foyers situés dans le quintile inférieur de revenu, alors que ce pourcentage est de 18 % dans les foyers situés dans le quintile supérieur de revenu362. Des mesures ont été prises récemment pour protéger les enfants de la fumée secondaire. Par exemple, une loi a été adoptée en Nouvelle-Écosse qui interdit de fumer dans les véhicules transportant des enfants. D’autres provinces songent à emboîter le pas, notamment la Colombie Britannique, le Manitoba, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick363. Pour ce qui est des enfants à naître, les taux de tabagisme pendant la grossesse – un facteur de risque connu qui peut nuire à la croissance et au développement du fœtus – continuent de diminuer au Canada. Toutefois, 9,8 % des femmes qui ont été enceintes dans les cinq dernières années indiquent avoir fumé pendant leur grossesse353


Activité physique  

Selon certaines recherches, le lien entre l’activité physique et la santé est si linéaire que les personnes les plus actives physiquement sont celles qui risquent le moins de présenter un mauvais bilan de santé. L’inactivité physique est un facteur de risque modifiable pour une vaste gamme de maladies chroniques, y compris les maladies cardiovasculaires, le diabète sucré, le cancer et la dépression364. Si on les compare aux personnes actives physiquement, celles qui se disent inactives sont également celles qui sont les plus susceptibles de déclarer une santé mentale acceptable ou médiocre. On estime que 2,6 % de l’ensemble des coûts directs liés aux soins de santé au Canada, soit 5,3 milliards de dollars, sont attribuables à l’inactivité physique365.

En 2005, seulement un peu plus de la moitié (52 %) des Canadiens de douze ans et plus ont déclaré être actifs physiquement ou modérément actifs durant leurs loisirs. Toutefois, environ 70 % de ceux qui se disaient inactifs pendant leurs loisirs ont déclaré un certain niveau d’activité physique à d’autres moments. Pendant leurs activités normales quotidiennes, 8 % des personnes transportaient ou soulevaient de lourdes charges, 25 % transportaient fréquemment des charges légères et prenaient l’escalier, 42 % marchaient ou se tenaient debout fréquemment et 24 % passaient six heures ou plus par semaine à faire du vélo ou de la marche pour se déplacer366.  

L’activité physique durant les loisirs varie selon les populations et le revenu, ce qui pourrait s’expliquer par la quantité de temps disponible pour les loisirs. Le plus haut niveau d’activité physique durant les loisirs est observé chez les personnes au sommet de l’échelle du revenu (voir la figure 4,7). Environ 62 % des Canadiens âgés de 12 ans et plus se situant dans le quintile de revenu le plus élevé disent être actifs, alors que ce pourcentage est de 44 % chez ceux se situant dans le quintile de revenu le moins élevé366

Figure 4,7 Niveau d’activité physique durant les loisirs, population à domicile âgée de 12 ans et plus, selon le revenu, Canada, 2005

Figure 4,7 Niveau d’activité physique durant les loisirs, population à domicile âgée de 12 ans et plus, selon le revenu, Canada, 2005

Source : Statistique Canada, Les Canadiens physiquement actifs.


 

En général, le niveau d’activité physique durant les loisirs chez les femmes de tous les groupes de revenu est de 5 % à 10 % plus bas que celui chez les hommes. De plus, l’écart entre les femmes qui ont un revenu élevé et celles qui ont un faible revenu est plus important que celui chez les hommes. Partout au Canada, les taux d’activité physique varient d’une région à une autre et un gradient clair est observé d’est en ouest. Il y a plus de personnes dont le taux d’activité physique durant les loisirs est élevé ou modérément élevé dans les provinces de l’Ouest (p. ex. 59 % en Colombie-Britannique) que dans les provinces de l’Est (p. ex. 44 % à l’île-du-Prince-Édouard). Dans l’ensemble, les taux d’activité physique durant les loisirs dans les grandes villes canadiennes (plus de deux millions d’habitants) sont inférieurs à la moyenne nationale366

 

Encourager de saines habitudes de vie

ActNow BC

ActNow BC est une campagne pluriannuelle de promotion de la santé et du bien-être lancée par le gouvernement de la Colombie-Britannique (C.-B.) en mars 2005. Les programmes et les initiatives menés dans le cadre de cette campagne visent à promouvoir la saine alimentation, l’activité physique, le renoncement au tabagisme ainsi que les choix judicieux en matière de santé pendant la grossesse367. Grâce à de nombreux partenariats, la campagne ActNow BC est menée dans les écoles, les milieux de travail et les communautés à l’échelle de la province. Depuis sa création, plus de 130 localités, villes et communautés des Premières nations se sont inscrites en tant que « collectivités actives » et la totalité des districts scolaires, soit plus de 1 300 écoles primaires et intermédiaires réunissant plus de 360 000 élèves, offrent maintenant des activités physiques additionnelles tout au long des journées scolaires grâce à l’initiative Action Schools! BC. En outre, le ministère de la Santé de la province met à l’essai une initiative de mieux-être en milieu de travail permettant d’élargir la campagne à tous les lieux de travail à l’échelle de la province368, 369, 370

ActNow BC a aussi établi un partenariat avec le Centre de collaboration nationale de la santé Autochtone, le conseil de la santé des Premières nations, le Conseil provincial métis de la Colombie-Britannique et l’Association des centres d’accueil de la C.-B. afin de mettre en œuvre l’approche de vie saine dans les communautés autochtones de la province. Le but est de « combler l’écart sur le plan de la santé » qui existe entre les Autochtones et l’ensemble de la population de la Colombie-Britannique371. Bien que le processus en soit à ses débuts, l’enthousiasme suscité par ActNow BC est très prometteur. Comme l’a déjà souligné le Conseil canadien de la santé (en décembre 2007), ce projet a toutes les chances d’influer positivement sur le nombre de cas de diabète et d’autres maladies chroniques dans la province372

 

Saine alimentation

Le type et la quantité d’aliments consommés ainsi que leur qualité influent sur la santé. Il n’y a pas que la valeur nutritive qui compte, la disponibilité et l’accessibilité des aliments nutritifs et les choix alimentaires sont également importants. Une mauvaise alimentation, combinée à un manque d’activité physique, peut mener augmentation du poids corporel. Chez les adultes, l’obésité constitue un facteur de risque pour de nombreuses maladies chroniques comme l’hypertension, le diabète de type 2, les maladies vésiculaires, les maladies coronariennes, l’arthrose et certains types de cancer14. On estime à 6,6 milliards de dollars le fardeau économique annuel de la mauvaise alimentation au Canada, y compris les coûts directs liés aux soins de santé qui sont évalués à 1,3 milliard de dollars373. Parmi les Canadiens de douze ans et plus, seulement 41,2 % déclarent consommer des fruits et des légumes au moins cinq fois par jour374

Pour manger des aliments sains – comme des fruits et des légumes frais ainsi que des aliments riches en fibres et faibles en gras – il faut que ceux-ci soient accessibles et abordables. Dans les communautés nordiques et éloignées, il n’y a pas autant de variété qu’ailleurs et les aliments sains sont souvent plus coûteux que dans les régions plus peuplées. Un autre obstacle à la saine alimentation est la disponibilité de mets rapides ainsi que d’aliments à bon marché et à faible valeur nutritive. Selon une étude réalisée par l’Université de l’Alberta, il y a un plus grand nombre de restaurants rapides dans les secteurs d’Edmonton où les résidants ont un revenu et un niveau de scolarité plus faibles et où la plupart des gens sont locataires plutôt que propriétaires que dans les autres secteurs de la ville264.

Les pratiques adoptées par les parents, comme l’allaitement maternel, peuvent favoriser un bon départ dans la vie pour les nourrissons. Les taux d’initiation à l’allaitement maternel au Canada ont monté en flèche dans les quatre dernières décennies (25 % des mères s’initiaient à l’allaitement en 1965 comparativement à 87 % en 2003)375. Les taux d’initiation à l’allaitement maternel varient d’une population à une autre et sont généralement moins élevés chez les jeunes mères (76 % des mères de 15 à 19 ans), les mères monoparentales (78 %), les mères autochtones hors réserve (82 %) et les mères membres des Premières nations vivant dans les réserves (63 %). Ces taux sont toutefois plus élevés chez les mères immigrantes (92 %) (voir la zone de texte encadré)376. Bien qu’un plus grand nombre de mères s’initient à l’allaitement maternel au Canada, plusieurs abandonnent après un certain temps. La Société canadienne de pédiatrie recommande (2005) que les bébés soient nourris exclusivement au sein pendant les six premiers mois. Par contre, seulement 39 % des mères canadiennes disent allaiter exclusivement pendant les quatre premiers mois et 17 % pendant six mois ou plus377, 378, 379. Dans l’ensemble, 48 % des mères canadiennes allaitent pendant six mois ou plus (allaitement exclusif ou non), soit un pourcentage moins élevé que dans d’autres pays comme la Suède (70,6 % en 2003)380, 381.

 

Promouvoir la saine alimentation

Programme canadien de nutrition prénatale

Depuis plus de dix ans, le Programme canadien de nutrition prénatale (PCNP) accorde un financement à long terme à des groupes communautaires pour leur permettre d’élaborer ou d’améliorer des programmes destinés aux femmes enceintes à risque ainsi qu’à leurs enfants. L’administration du PCNP est assurée par deux organisations distinctes, soit la Direction générale de la santé de Premières nations et des Inuits (DGSPNI) de Santé Canada et l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Le PCNP vise à améliorer l’état de santé des mères et des nourrissons, à réduire le nombre de nouveau-nés ayant un poids insuffisant à la naissance, à promouvoir et à encourager l’allaitement maternel, à établir des partenariats et à renforcer le soutien des communautés à l’égard des femmes enceintes382. Pour ce faire, les responsables du PCNP travaillent en étroite collaboration avec d’autres programmes et organismes afin de s’assurer du maintien d’une chaîne de services de soutien communautaire pour les femmes, les enfants et les familles383. Le PCNP offre notamment des suppléments alimentaires, des conseils en nutrition, des vitamines prénatales, des aliments et des coupons alimentaires, des services de counseling en santé prénatale et en mode de vie (y compris le renoncement au tabagisme), des renseignements et un soutien pour l’allaitement, de la formation sur la préparation des aliments, des conseils sur les soins aux nourrissons et sur le développement de l’enfant et des services d’aiguillage vers d’autres organismes et services382. Le volet du PCNP à l’ASPC sert annuellement environ 50 000 femmes par l’intermédiaire de plus de 330 projets dans plus de 2 000 communautés partout au Canada384 . En outre, plus de 9 000 femmes participent chaque année au volet du programme à la DGSPNI382. Selon les résultats de la première évaluation du programme, si on compare avec d’autres populations à risque semblables, les poids obtenus à la naissance étaient plus élevés chez les participantes du PCNP, et le taux de participation au programme et le taux d’allaitement étaient plus élevés que ceux de la population en général382, 385. Selon les participantes, les programmes favorisent l’accès à des services et à des renseignements permettant de faire de meilleurs choix alimentaires, d’acquérir de plus grandes aptitudes parentales, de diminuer l’isolement et le stress et d’accroître la confiance en soi382.

 

Consommation d’alcool  

La majorité des Canadiens de 15 ans et plus boivent de l’alcool (77 %)386. Selon certaines données épidémiologiques, une consommation modérée d’alcool peut avoir des effets protecteurs sur la santé, en particulier en ce qui a trait aux maladies du système circulatoire355. Toutefois, un excès d’alcool peut nuire à la santé, à court et à long terme386. L’abus d’alcool est aussi associé à d’importants coûts économiques et sociaux. Le nombre d’hospitalisations de courte durée liées à l’alcool s’élevait à 1,6 million de jours en 2002. La même année, il y a eu 4 258 décès attribuables à l’alcool, dont 1 246 cirrhoses, 909 accidents de véhicules automobiles et 603 suicides355.  

Le nombre de décès liés à la dépendance à l’alcool diminue au fil du temps, mais il demeure plus élevé chez les hommes à faible revenu (voir la figure 4,8). Il existe des écarts entre les niveaux de revenu des hommes et des femmes, mais ces écarts sont plus importants chez les hommes. Dans l’ensemble, les taux de mortalité consécutifs à la dépendance à l’alcool normalisés selon l’âge ont diminué dans tous les groupes. Ce taux a diminué de façon plus marquée chez les hommes à faible revenu144

Environ 641 000 Canadiens, soit près de 3 % de l’ensemble de la population, sont considérés comme ayant une dépendance à l’alcool. En 2005, près de 21 % des Canadiens adultes de plus de 19 ans ont déclaré abuser de l’alcool (cinq verres ou plus à une même occasion, 12 fois ou plus par année)386, 387.

Une proportion plus élevée de personnes se situant dans le quintile du revenu le plus faible (environ 5 %) disent avoir des comportements liés à la dépendance à l’alcool386. Étant donné que l’abus d’alcool est une affection chronique dont les effets sur la santé peuvent prendre de nombreuses années avant de se manifester sous forme de maladies mortelles, et puisque la capacité de gain financier d’un alcoolique peut diminuer en raison de sa condition, certains des écarts observés dans les taux de mortalité selon le revenu s’expliquent peut-être par une « causalité inversée », c’est-à-dire que la maladie peut mener à une réduction du revenu avant de provoquer le décès.  

Figure 4,8 Taux de mortalité consécutifs à la dépendance à l’alcool normalisés selon l’âge, par sexe et par quintile de revenu, dans les régions métropolitains du Canada, 1971-2001

Figure 4,8 Taux de mortalité consécutifs à la dépendance à l’alcool normalisés selon l’âge, par sexe et par quintile de revenu, dans les régions métropolitains du Canada, 1971-2001

TMNA - Taux de mortalité normalisé selon l'âge
Q - Population divisée en quintiles en fonction du pourcentage de la
population de leur quartier sous les seuils de faible revenu.
Source : Wilkins et al., 2007, Statistique Canada.


 

Chez les Premières nations, les taux de consommation d’alcool sont moins élevés (65,6 %) que ceux de la population générale, mais les taux d’abus d’alcool sont plus élevés. Plus de 42 % des adolescents des Premières nations vivant dans les réserves disent consommer de l’alcool et, de ce nombre, 27 % disent abuser de l’alcool au moins une fois par mois. En outre, environ 64 % des membres des Premières nations déclarent qu’aucun progrès n’a été réalisé dans leur communauté en ce qui a trait à la réduction de la consommation fréquente d’alcool et de drogue161.   

Consommer de l’alcool pendant la grossesse peut occasionner de graves problèmes de santé et de développement chez les enfants en raison de l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale (TCAF), dont les effets incapacitants durent toute la vie, mais peuvent être évités. On estime qu’environ 1 % des enfants nés au Canada sont atteints de TCAF388

Usage de drogues illicites 

En 2002, 12,6 % des Canadiens de plus de 15 ans ont déclaré avoir pris des drogues illicites dans les douze derniers mois (9,4 % des femmes et 15,9 % des hommes). Environ 1 % des Canadiens ont déclaré avoir des comportements liés à une dépendance aux drogues illicites, la proportion étant plus élevée chez les personnes qui ont les revenus les plus faibles (3 %). Toutefois, comme c’est le cas pour la dépendance à l’alcool, la dépendance aux drogues illicites chez les Canadiens à faible revenu pourrait être liée à une causalité inversée386. En effet, malgré qu’il y ait moins de décès directement liés à des taux supérieurs de consommation dans le cas des drogues illicites comparativement à l’alcool et au tabac, ces décès se produisent habituellement à un jeune âge, ce qui augmente le nombre d’années de vie perdues en raison d’un décès prématuré (62 110 années en 2002). Ces décès sont principalement dus à une surdose, à un suicide attribuable à la drogue ou à des maladies infectieuses (hépatite C et infections au VIH) attribuables à des activités liées à la consommation de drogue355

Santé sexuelle

Les pratiques sexuelles non sécuritaires, y compris l’initiation précoce, l’utilisation peu fréquente du condom et les partenaires multiples, augmentent le risque d’infections transmises sexuellement (ITS) et de grossesses non prévues122. Les adolescents et les jeunes adultes ont les plus haut taux d’ITS au Canada, surtout les jeunes de la rue, dont les taux sont de 10 à 12 fois supérieurs à ceux des autres jeunes de la population en général. Les jeunes de la rue sont également plus susceptibles d’être infectés par le virus de l’hépatite B (contre lequel 40 % d’entre eux ne sont pas vaccinés)204, 286.

Généralement, les jeunes Canadiens d’aujourd’hui deviennent sexuellement actifs plus tôt que les jeunes des générations précédentes389. Dans le cadre d’une étude, environ 90 % des jeunes de 14 à 17 ans ont déclaré être bien informés en matière de santé sexuelle. Toutefois, le quart des élèves de 9e et de 10e années qui ont déclaré être actifs sexuellement ont aussi indiqué ne pas utiliser de contraceptifs337, 390. Dans le cadre d’une autre étude menée à l’échelle du Canada, les deux tiers des élèves de 9e année croyaient à tort qu’il existait un vaccin contre le VIH/sida390.

L’augmentation récente des taux officiels d’ITS peut ainsi être expliquée en partie par les grandes idées fausses véhiculées au sujet de ces maladies. Malgré l’utilisation irrégulière de méthodes de contraception et l’augmentation des ITS, les taux de grossesse chez les adolescentes (y compris les naissances vivantes, les pertes fœtales et les avortements provoqués) sont à la baisse391.

 

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