Chapitre 1 : Le Rapport de l'administrateur en chef de la santé publique sur l'état de la santé publique au Canada 2011 – Introduction


Chapitre 1 : Introduction

Ce rapport annuel est le quatrième que produit l'administrateur en chef de la santé publique du Canada. Il dresse un bilan de l'état de santé et de bien-être des jeunes et des jeunes adultes au Canada et examine les principales transitions qui marquent leur parcours de vie. Il aborde en outre les problèmes de santé qui persistent ou qui s'aggravent chez les jeunes et les jeunes adultes et présente les défis et les succès qui en résultent. Le rapport met également en lumière les domaines où il y aurait lieu d'intervenir en priorité afin de continuer d'aider les jeunes au Canada à devenir des adultes productifs et en santé.

Pourquoi un rapport sur l'état de la santé publique au Canada?

En vertu de la loi, l'administrateur en chef de la santé publique du Canada est tenu de présenter, chaque année, au ministre de la Santé et au Parlement un rapport sur l'état de la santé publique au CanadaNote de bas de page 1. L'Agence de la santé publique du Canada et le poste d'administrateur en chef de la santé publique du Canada ont été créés en 2004 afin de protéger et d'améliorer la santé et la sécurité de la population canadienneNote de bas de page 1, Note de bas de page 2. En décembre 2006, la Loi sur l'Agence de la santé publique du Canada a conféré à l'Agence le statut d'entité juridique et a défini son rôle et celui de l'administrateur en chef de la santé publique du Canada (voir les encadrés intitulés « Rôle de l'administrateur en chef de la santé publique du Canada » et « Rôle de l'Agence de la santé publique du Canada »)Note de bas de page 1, Note de bas de page 3.

But du rapport

Le rapport annuel de l'administrateur en chef de la santé publique vise à mettre en évidence des questions de santé publique qui, selon l'administrateur en chef de la santé publique, méritent d'être examinées plus en profondeur et de faire l'objet d'interventions plus poussées. Il vise également à renseigner les Canadiens sur les différents facteurs qui contribuent à une bonne santé. Cela dit, le rapport ne représente pas la politique du gouvernement du Canada en matière de santé et ne se limite pas aux activités fédérales, provinciales ou territoriales. Il ne constitue pas non plus un cadre stratégique, mais sert plutôt à présenter le point de vue étayé de l'administrateur en chef de la santé publique sur l'état de la santé publique au Canada. Le rapport examine en outre les facteurs qui influent sur la santé et le bien-être des jeunes et des jeunes adultes au Canada. Il présente des activités, des interventions, des politiques et des programmes éprouvés ou prometteurs pouvant servir de modèles et donner lieu à une collaboration ou une intervention des gouvernements, des administrations, des organisations, des collectivités et des citoyens. Enfin, il met en lumière les domaines auxquels le Canada devrait s'attaquer en priorité afin d'instaurer les conditions les plus propices à la santé et au développement des jeunes et des jeunes adultes.

Qu'est-ce que la santé publique?

La santé publique mise sur la prévention des maladies et sur le maintien d'un niveau de santé optimal. Elle s'intéresse principalement à la promotion de la santé, et non au traitement des maladies comme telles. En aidant la population à garder la santé, le système de santé publique contribue à réduire, dans une certaine mesure, les pressions exercées sur le système de soins hospitaliers et de soins de courte duréeNote de bas de page 4-6.

Les responsabilités suivantes relèvent également de la santé publique :

  • assurer la qualité des aliments, de l'eau et de l'air (p. ex., les services d'inspection sanitaire);
  • promouvoir des mesures et des comportements bénéfiques pour la santé (p. ex., les programmes d'abandon du tabagisme, la saine alimentation ainsi que la prévention et le traitement de l'alcoolisme et de la toxicomanie);
  • assurer l'accès à des services d'assainissement élémentaires (p. ex., l'épuration des eaux usées);
  • prévenir les blessures et les maladies (p. ex., la vaccination);
  • assurer la surveillance, l'analyse, le diagnostic et la reddition de comptes quant aux risques et aux facteurs de risque (p. ex., surveiller l'évolution de maladies telles que la grippe pour en détecter les éclosions et déterminer les facteurs de risque au sein de la population);
  • déterminer et modifier les conditions communautaires néfastes et promouvoir des collectivités saines (p. ex., éxaminer les repercussions que peut avoir sur la santé le manque d'aires récréatives, de logements sécuritaires, de services d'éducation et de services de garde)Note de bas de page 5-8.

La santé publique se rapporte aux efforts organisés déployés par une société dans le but de prévenir les blessures, les maladies et les décès prématurés et d'aider la population à se maintenir en bonne santé. La santé publique regroupe des politiques, des programmes et des services conçus pour promouvoir et assurer la santé des CanadiensNote de bas de page 7.

La santé publique intervient également sur plusieurs facteurs qui relèvent ou non du système de santé et qui influencent ou déterminent l'état de santé de la population canadienne. Le revenu et le statut social, les réseaux de soutien social, le niveau de scolarité et l'alphabétisme, le développement de la petite enfance et la santé en milieu de travail en sont quelques exemplesNote de bas de page 9-14. Elle s'assure ainsi d'offrir à tous un accès équitable aux conditions essentielles à une bonne santé, que ces conditions relèvent ou non du système de santé publique.

De qui est-il question dans ce rapport?

Même si le rapport porte principalement sur la santé et le bien-être des jeunes de 12 à 19 ans et des jeunes adultes de 20 à 29 ans, il s'adresse à tous les Canadiens. En effet, chacun a un rôle à jouer et peut bénéficier d'un environnement sain. L'adolescence et le début de l'âge adulte sont bien souvent synonymes de santé et de mieux-être. Toutefois, cette période est aussi marquée par une importante transition sur les plans biologique, psychologique, économique et social. En effet, c'est généralement à ce moment que les gens adoptent des attitudes et des comportements qu'ils garderont toute leur vie et qui détermineront leur état de santé et de bien-être futur. Les mesures et les interventions qui s'adressent aux jeunes et aux jeunes adultes peuvent avoir un effet durable sur leur santé, leur indépendance et leur capacité à trouver un emploi gratifiant et productif.

Le terme Autochtones désigne les premiers peuples d'Amérique du Nord ainsi que leurs descendants. La Loi constitutionnelle de 1982 reconnaît trois groupes de peuples autochtones : les Indiens, les Inuit et les Métis, chacun se distinguant des autres par son patrimoine, sa langue, ses pratiques culturelles et ses croyances spirituellesNote de bas de page 15, Note de bas de page 16. Le terme Premières nations, plus récent, désigne les Indiens inscrits et non inscritsNote de bas de page 15.

Le terme immigrant s'applique à toute personne née à l'étranger qui a obtenu le droit de s'établir en permanence au Canada. Ce terme peut également désigner toute personne née au Canada de parents ressortissants étrangers ou encore tout Canadien de naissance né à l'étranger de parents canadiensNote de bas de page 17.

Le terme minorité sexuelle désigne tout groupe dont l'identité, l'orientation, les pratiques ou les désirs sexuels diffèrent de ceux de la société en général. Ce terme s'applique également aux membres d'un groupe dont l'identité de genre ne correspond pas à la perception traditionnelle de l'homme et de la femme, comme les personnes transgenresNote de bas de page 18-21. Comportant de nombreux synonymes, ce groupe est souvent désigné par l'acronyme LGBTQ, qui signifie « lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres et en questionnementNote de bas de page 22 ».

Les jeunes de la rue se définissent de bien des façons, mais une constante demeure : leurs conditions de vie précaires. Ils répondent à certains critères de pauvreté, comme un logement inadéquat, une alimentation déficiente ou insuffisante, une sécurité personnelle fragile et une vulnérabilité émotionnelle et psychologiqueNote de bas de page 23-25.


Rôle de l'administrateur en chef de la santé publique du Canada

L'administrateur en chef de la santé publique :

  • est l'administrateur général de l'Agence de la santé publique du Canada; il rend compte au ministre de la Santé;
  • est le premier professionnel de la santé publique du gouvernement fédéral; il offre au ministre de la Santé et au gouvernement du Canada des conseils en la matière;
  • gère les activités quotidiennes de l'Agence de la santé publique du Canada;
  • collabore avec d'autres gouvernements, compétences, organismes, organisations et pays sur des dossiers reliés à la santé;
  • s'adresse à la population canadienne, aux professionnels de la santé, aux intervenants et au public sur des sujets reliés à la santé de la population;
  • est tenu par la loi de soumettre au gouvernement du Canada des rapports annuels sur l'état de la santé publique au Canada;
  • rend compte de tout enjeu de santé, au besoinNote de bas de page 3.

En cas d'urgence de santé publique, telle qu'une éclosion de maladie infectieuse ou une catastrophe naturelle, l'administrateur en chef de la santé publique :

  • informe et conseille la ministre canadienne de la Santé et d'autres intervenants, s'il y a lieu;
  • collabore avec les homologues d'autres ministères, autorités ou pays, ainsi qu'avec des experts et des représentants élus, à la diffusion d'information à l'intention des Canadiens;
  • dirige le personnel de l'Agence de la santé publique du Canada dans son travail de planification et d'intervention en situation d'urgence;
  • coordonne l'échange d'information et la planification des interventions avec les scientifiques et les experts du gouvernement fédéral ainsi qu'avec les médecins hygiénistes en chef des provinces et des territoires du CanadaNote de bas de page 3.

Le terme Canadien désigne toute personne qui réside dans les limites géographiques du Canada. Lorsque des données concernant certains groupes en particulier sont disponibles, des termes précis sont alors utilisés par souci de clarté. Par exemple, le terme Autochtones se réfère précisément aux Inuit, aux Métis et aux membres des Premières nationsNote de bas de page 16. Le rapport contient également des termes génériques, tels que jeunes et jeunes adultes. Bien qu'il n'existe aucune définition universelle pour ces deux termes, le rapport s'appuie sur un ensemble de données, de mesures de santé publique et de questions de santé qui concernent justement ces groupes d'âge. Par conséquent, aux fins du présent rapport, le terme jeunes désigne les adolescentes et les adolescents âgés de 12 à 19 ans, alors que le terme jeunes adultes fait référence aux jeunes femmes et aux jeune hommes âgés de 20 à 29 ans. Lorsque les données pour ces deux groupes d'âge en particulier ne sont pas disponibles, le rapport en fait mention dans le but de marquer les différences et d'éliminer ainsi les ambiguïtés.

De quoi le rapport traite-t-il?

Le rapport se divise en plusieurs chapitres, dont le contenu est résumé ci-dessous.

Les conditions propices à une saine transition – Histoire de la santé publique
Le chapitre 2 aborde le concept de trajectoire de vie et de déterminants de la santé chez les jeunes et les jeunes adultes en période de transition. Il met également en lumière les changements qui ont été apportés, entre autres, dans les secteurs de la santé publique, de l'éducation et de l'emploi.

La santé et le bien-être des jeunes et des jeunes adultes au Canada
Le chapitre 3 dresse le profil démographique des jeunes et des jeunes adultes au Canada et s'intéresse à leur état de santé physique et mentale. Il examine les déterminants socioéconomiques de la santé et leur incidence sur la santé et le bien-être des jeunes et des jeunes adultes. Il aborde en outre les risques auxquels ceux-ci s'exposent, notamment par leurs comportements sexuels ou par leur consommation et leur abus de substances nocives.

Créer des transitions saines
Le chapitre 4 met en évidence les mesures qui peuvent être prises pour maintenir ou améliorer les conditions de vie des jeunes et des jeunes adultes au Canada. Il cite en exemple des interventions, des politiques et des programmes qui semblent prometteurs ou qui ont fait leurs preuves au Canada ou à l'étranger. Il présente également une série de mesures qui ont été mises de l'avant dans le but de s'attaquer aux problèmes des jeunes et des jeunes adultes au pays, notamment les blessures, les comportements sexuels à risque, les problèmes de santé mentale ainsi que la consommation et l'abus de substances nocives.

Aller de l'avant – Mesures prioritaires
Le chapitre 5 offre un résumé des chapitres précédents et suggère des stratégies à adopter. Il présente les principales sphères d'intervention et propose une série de recommandations et d'engagements de nature à favoriser une saine transition vers l'âge adulte.




Rôle de l'Agence de la santé publique du Canada

L'Agence de la santé publique du Canada a pour objectif premier de promouvoir et d'améliorer la santé de la population canadienne et d'aider à réduire les pressions exercées sur le système de santé. Les principales responsabilités de l'Agence de la santé publique du Canada sont les suivantes :

  • promouvoir la santé;
  • prévenir et contrôler les maladies chroniques et les blessures;
  • prévenir et contrôler les maladies infectieuses;
  • se préparer et intervenir en cas d'urgence en santé publique;
  • être une plaque tournante favorisant la diffusion du savoir-faire canadien dan le reste du monde;
  • appliquer aux programmes de santé publique du Canada les résultats des travaux internationaux de recherche et de développement;
  • renforcer la collaboration intergouvernementale dans le domaine de la santé publique et faciliter l'adoption d'approches nationales en matière d'élaboration de plans et de politiques en santé publique.

L'Agence collabore avec des représentants de divers ordres de gouvernement, des intervenants en santé et d'autres secteurs dans le but de promouvoir des choix de vie sains et de prémunir la population canadienne contre d'éventuels risques pour la santé Note de bas de page 26, Note de bas de page 27.


Unis pour Agir

Cette année, l'Agence de la santé publique du Canada a eu l'occasion de participer à la 13e conférence annuelle « Unis pour Agir ». Axée sur l'engagement des jeunes, cette conférence est menée en partenariat avec les Centres des Jeunes Canada et la Commission des étudiants, sous la direction du Centre d'excellence pour l'engagement des jeunes. La conférence de cette année a réuni près de 400 jeunes de différents milieux culturels et socioéconomiques, tant urbains que ruraux, venus discuter des principaux problèmes auxquels se heurtent les jeunes canadiens d'aujourd'hui.

La conférence portait principalement sur l'itinérance, l'engagement communautaire, les stratégies pour attirer et garder les jeunes dans les collectivités, la consommation et l'abus de substances nocives, les mesures d'intervention et de prévention du suicide, l'intimidation et le point de vue des jeunes autochtones.

La conférence incluait, en outre, une séance de discussion sur le présent rapport. Un exposé a d'abord été présenté aux participants afin de leur fournir des renseignements de base et des faits marquants concernant la santé des jeunes, en particulier la santé physique et mentale, les maladies mentales et les comportements à risque. Les jeunes participants se sont ensuite réunis en petits groupes pour discuter des faits exposés et exprimer leurs commentaires et leurs idées à propos des principaux sujets traités dans le rapport de 2011.

Il était important de faire participer les jeunes à l'élaboration du présent rapport, étant donné l'énorme contribution qu'ils apportent à leur collectivité. C'était aussi une façon de leur donner plus de pouvoir et de leur permettre de participer de manière constructive aux décisions qui ont une incidence directe sur leur vie.

Le dernier jour de la conférence, les participants ont présenté leurs recommandations et leurs réflexions. Entre autres choses, ils ont discuté de l'influence déterminante que les parents exercent sur leurs enfants ainsi que de l'importance des compétences parentales et du soutien des parents. Ils ont également échangé sur le fait que les peuples autochtones et les peuples non autochtones parviendraient à mieux comprendre leur culture réciproque si les discussions se déroulaient sous le signe du respect, de la compréhension et de la communication. De plus, les participants jugeaient important que les activités d'éducation et de sensibilisation à l'abus de substances nocives soient objectives, « honnêtes », pragmatiques et exemptes de toute forme de stigmatisation et qu'elles soient offertes aux jeunes et aux parents par des personnes qui ont elles-mêmes vécu l'expérience.

Ces recommandations, de même que les thèmes de la conférence, ont permis de recueillir des renseignements précieux pour l'élaboration du rapport de 2011. La conférence a confirmé l'importance de favoriser une bonne résilience et une bonne santé dès les premières années de vie afin d'assurer une saine transition vers l'âge adulte. Pour que le Canada progresse en tant que société, il faut que des liens se créent entre les jeunes et les adultes, notamment en favorisant la communication et le respect et en étant à l'écoute des jeunesNote de bas de page 29.


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