Chapitre 3 : Le Rapport de l'administrateur en chef de la santé publique sur l'état de la santé publique au Canada 2011 – La santé et le bien-être des jeunes et des jeunes adultes au Canada

Chapitre 3 : La santé et le bien-être des jeunes et des jeunes adultes au Canada

Le présent chapitre dresse le portrait démographique des jeunes et des jeunes adultes au Canada et examine l'état actuel de leur santé physique et mentale. Il contient de l'information détaillée sur les comportements à risque pour la santé, notamment les comportements sexuels à risque ainsi que la consommation et l'abus de substances nocives. Il s'attarde également aux déterminants socioéconomiques de la santé et à leur incidence sur la santé et le bien-être.

Dans bien des cas, l'état de santé des jeunes de 12 à 19 ans diffère de celui des jeunes adultes de 20 à 29 ans. On note également des différences entre l'état de santé des jeunes hommes et celui des jeunes femmes. C'est pourquoi le rapport établit des comparaisons entre les sexes et les groupes d'âge lorsqu'il est pertinent de le faire et lorsque des données sont disponibles.

Démographie sociale de la population des jeunes et des jeunes adultes

Au cours des 35 dernières années, la proportion de Canadiens âgés de 12 à 29 ans a diminué. Selon le Recensement de 2006, le Canada comptait au total 31,6 millions de personnes, dont 7,5 millions (24 %) étaient âgés de 12 à 29 ans, une diminution par rapport aux 33 % enregistrés en 1971Note de bas de page 179, Note de bas de page 180. De ce nombre, 46 % étaient des jeunes et 54 % étaient des jeunes adultes (voir le tableau 3.1)Note de bas de page 180. Le groupe des jeunes et des jeunes adultes comptait alors 13 % d'immigrants (11 % de tous les jeunes et 16 % de tous les jeunes adultes) et 5 % d'Autochtones (6 % de tous les jeunes et 4 % de tous les jeunes adultes) (voir la figure 3.1)Note de bas de page 181.

Figure 3.1 Répartition de la population selon le groupe d'âge, Canada, 2006Note de bas de page 180, Note de bas de page 181

Figure 3.1 Répartition de la population selon le groupe d'âge, Canada, 2006

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données du Recensement de 2006, Statistique Canada.

[Figure 3.1, texte équivalent]

Résumé : Les enfants âgés de 0 à 11 ans constituaient 14 % de la population totale. Les jeunes âgés de 12 à 19 ans représentaient 11 % de la population totale. Les jeunes adultes âgés de 20 à 29 ans constituaient 13 % de la population totale. Les adultes âgés de 30 à 64 ans comptaient 49 % de la population totale. Les personnes âgées de 65 ans et plus constituaient 14 % de la population totale.

Dans la population des jeunes, 84 % étaient des non Autochtones nés au Canada, 6 % étaient des Autochtones nés au Canada et 11 % étaient des immigrants. Dans la population des jeunes adultes, 80 % étaient des non Autochtones nés au Canada, 4 % étaient des Autochtones nés au Canada et 16 % étaient des immigrants.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données du Recensement de 2006, Statistique Canada.

En 2006, la proportion de jeunes et de jeunes adultes était beaucoup plus élevée au sein de la population autochtone. En effet, le groupe des 12 à 29 ans constituait près d'un tiers (31 %) de cette population, alors qu'il comptait pour 23 % dans la population non autochtoneNote de bas de page 181, Note de bas de page 182. Quant à la population inuite, elle se composait à 40 % de jeunes et de jeunes adultes de 10 à 29 ans, tandis que ce groupe d'âge ne représentait que 26 % de la population non autochtoneNote de bas de page 183.

Tableau 3.1 Données démographiques sur les jeunes et les jeunes adultes au Canada
Données démographiques

Remarque : Pour plus de détails, voir l'Annexe C : Définitions et sources de données des indicateurs.
Source : Statistique Canada.

Population âgée de 12 à 19 ans, 2006 (en milliers de personnes)
Population 3 410,1
Autochtones 193,6
Premières nations (réponse unique) 118,5
Inuit (réponse unique) 9,6
Métis (réponse unique) 60,9
Immigrants 360,2
Population urbaine 2 658,9
Population âgée de 20 à 29 ans, 2006 (en milliers de personnes)
Population 4 066,0
Autochtones 175,2
Premières nations (réponse unique) 101,5
Inuit (réponse unique) 8,2
Métis (réponse unique) 60,6
Immigrants 636,1
Population urbaine 3 432,0

Résidence

En 2006, la plupart des Canadiens âgés de 15 à 19 ans (93 %) habitaient avec leur familleNote de bas de page 184. De ce groupe, plus des trois quarts (77 %) vivaient au sein d'un ménage formé d'un couple marié ou en union de fait, tandis que les autres (23 %) vivaient dans des ménages monoparentaux dirigés principalement par des femmes (78 %)Note de bas de page 185. Les 7 % restants vivaient de façon indépendante, seuls (4 %), en couple marié ou en union de fait (2 %) ou en tant que chefs de famille monoparentale (1 %)Note de bas de page 184.

En ce qui concerne les jeunes adultes, bon nombre d'entre eux changent de situation familiale pendant cette période de leur vie. Certains quittent le domicile parental pour fonder leur propre famille. En 2006, plus d'un tiers des jeunes adultes étaient mariés (15 %), vivaient en union de fait (18 %) ou étaient chefs de famille monoparentale (3 %)Note de bas de page 184. En outre, 22 % vivaient seuls ou avec d'autres personnes non apparentéesNote de bas de page 184. Le nombre de jeunes adultes qui habitent chez leurs parents semble toutefois en hausse. En effet, en 2001, 39 % des jeunes adultes vivaient chez leurs parents, comparativement à 42 % en 2006Note de bas de page 184, Note de bas de page 186.

En 2006, 78 % des jeunes vivaient en milieu urbain, une légère hausse par rapport aux 75 % enregistrés dix ans plus tôt.Note de bas de page 181, Note de bas de page 187. Nombreux sont ceux qui, une fois devenus de jeunes adultes, partent s'installer en région urbaine pour poursuivre des études postsecondaires et la possibilité de se trouver un emploiNote de bas de page 188. En 2006, 85 % de tous les jeunes adultes habitaient en région urbaineNote de bas de page 181. Par ailleurs, la répartition de certaines populations était bien différente entre le milieu urbain et le milieu rural. En effet, chez les immigrants, la plupart des jeunes (96 %) et des jeunes adultes (97 %) vivaient en région urbaine, tandis que, chez les Autochtones, c'était le cas de seulement 53 % des jeunes et 61 % des jeunes adultesNote de bas de page 181.

Éducation, emploi et revenu

Comme il est précisé au chapitre 2, l'éducation et le revenu constituent des déterminants clés de la santé tout au long de la vieNote de bas de page 11, Note de bas de page 41, Note de bas de page 189. Le tableau 3.2 présente les indicateurs de ces déterminants pour les jeunes et les jeunes adultes. Le niveau de scolarité des parents ou des tuteurs et celui des jeunes et des jeunes adultes peuvent avoir des répercussions sur la santé. La plupart des jeunes vont à l'école et, bien que certains aient un revenu, le niveau de revenu de leurs parents ou d'autres adultes salariés du ménage constitue le principal déterminant économique de leur état de santé. Chez les jeunes adultes, le niveau de revenu personnel augmente, en particulier lorsqu'ils décrochent un emploi à temps plein après leurs études. Le niveau de revenu lié à l'occupation d'un emploi à temps plein dépend largement du niveau de scolarité et du sexeNote de bas de page 190, Note de bas de page 191.

Tableau 3.2 Statut social et économique des jeunes et des jeunes adultes au Canada
Statut social et économique

Remarque : Pour plus de détails, voir l'Annexe C : Définitions et sources de données des indicateurs.
Source : Statistique Canada.

Niveau de scolarité, population âgée de 20 à 29 ans, 2009 (pourcentage)
Diplôme d'études secondaires 90,7
Études postsecondaires partielles 69,1
Diplôme d'études postsecondaires 52,9
Population active, population âgée de 15 à 29 ans, 2008
Emploi rémunéré (pourcentage de la population) 66,9
Emploi à temps plein (pourcentage de la population active) 68,6
Emploi à temps partiel (pourcentage de la population active) 31,4
Revenu, 2008
Revenu annuel moyen après impôt (population âgée de 16 à 19 ans) 6 200 $
Revenu annuel moyen après impôt (population âgée de 20 à 29 ans) 23 000 $
Éducation

En 2009, neuf jeunes adultes canadiens sur dix avaient au moins un diplôme d'études secondairesNote de bas de page 192. De plus, le taux de décrocheurs (c'est-à-dire les jeunes de 20 à 24 ans qui ne fréquentent plus l'école et n'ont pas de diplôme d'études secondaires) est diminué de 16,6 % à 8,5 % entre les années scolaires 1990-1991 et 2009-2010Note de bas de page 193. Cependant, le taux de décrochages était constamment plus élevé chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes (voir la figure 3.2)Note de bas de page 193.

Entre les années scolaires 1990-1991 et 2004-2005, le pourcentage de décrocheurs qui sont retournés à l'école a augmenté tant chez les jeunes hommes (de 10 % à 16 %) que chez les jeunes femmes (de 12 % à 22 %)Note de bas de page 194. Cependant, le raccrochage scolaire ne mène pas toujours à l'obtention d'un diplôme, et ce, autant pour les deux sexesNote de bas de page 194. Chez les décrocheurs de 18 à 20 ans qui sont retournés à l'école en 2000 et 2001, presque 40 % ont de nouveau abandonné leurs études avant la fin de cette période de deux ansNote de bas de page 194.

Figure 3.2 Taux de décrocheurs* au secondaire selon l'année scolaire, de 1990-1991 à 2009-2010Note de bas de page 193

Figure 3.2 Taux de décrocheurs* au secondaire selon l'année scolaire, de 1990-1991 à 2009-2010

* Personnes de 20 à 24 ans qui ne fréquentent plus l'école et n'ont pas de diplôme d'études secondaires.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête sur la population active, Statistique Canada.

[Figure 3.2, texte équivalent]

Résumé : Entre les années scolaires de 1990-1991 à 2009-2010, le taux de décrochage au secondaire a diminué de façon constante, passant de 19,2 % à 10,3 % chez les jeunes hommes, et de 14,0 % à 6,6 % chez les jeunes femmes.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête sur la population active, Statistique Canada.

1990-1991 2009-2010
Jeunes hommes 19,2 % 10,3 %
Jeunes femmes 14,0 % 6,6 %

Note en bas de page


  1. Personnes de 20 à 24 qui ne fréquentant plus l'école et n'ont pas de diplôme d'études secondaires.

Le taux de décrochage chez les immigrants et les Autochtones âgés de 20 à 24 ans diffère de celui de la population canadienne. Au cours de l'année scolaire 2009-2010, le taux de décrochage chez les immigrants était de 6 %, donc inférieur à celui de l'ensemble de la population canadienneNote de bas de page 193. Cette différence pourrait en partie s'expliquer par le fait que les immigrants vivent principalement dans les grandes villes, où le taux de décrochage tend à être plus faible et que de nombreuses familles immigrantes attachent une très grande importance aux étudesNote de bas de page 193. À l'opposé, pendant les années scolaires 2007-2008 à 2009-2010, les Autochtones hors réserve avaient le taux le plus élevé de décrochage (23 % en moyenne), soit plus du double de celui de la population canadienneNote de bas de page 193. Bien que les raisons du décrochage scolaire chez les Autochtones demeurent inconnues, on note qu'une plus grande proportion de ces décrocheurs occupaient un emploi (75 %), alors que c'était le cas de seulement 48 % des décrocheurs non autochtones, ce qui laisse croire que les facteurs socioéconomiques y contribuent grandementNote de bas de page 195.

Au Canada, les jeunes adultes sont de plus en plus nombreux à poursuivre des études postsecondaires, et leur taux de réussite a également augmenté, tant au Canada que dans le reste du monde (voir la figure 3.3)Note de bas de page 114, Note de bas de page 196, Note de bas de page 197. En 2008, 56 % des Canadiens âgés de 25 à 34 ans avaient terminé des études postsecondaires, ce qui plaçait le Canada au deuxième rang mondial, derrière la Corée; c'est 21 % de plus que la moyenne de 35 % observée dans les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Pendant cette même année, 40 % des Canadiens âgés de 55 à 64 ans ont déclaré avoir terminé des études postsecondaires au cours de leur vieNote de bas de page 197. Dans l'hypothèse où les individus de la cohorte plus âgée ont terminé leurs études postsecondaires au moins 30 ans plus tôt (au moment où ils faisaient partie du groupe des 25 à 34 ans), cela signifie que la proportion de Canadiens âgés de 25 à 34 ans qui possèdent un diplôme d'études postsecondaire est passée de 40 % à 56 % entre 1978 et 2008, soit une augmentation de 16 %Note de bas de page 197.

Figure 3.3 Réussite des études postsecondaires selon certains groupes d'âge et certains pays de l'OCDE, 2008Note de bas de page 197

Figure 3.3 Réussite des études postsecondaires selon certains groupes d'âge et certains pays de l'OCDE, 2008

* Année de référence est 2002 au lieu de 2008.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de Regards sur l'éducation, Organisation de coopération et de développement économiques.

[Figure 3.3, texte équivalent]

Résumé : En 2008, 56 % des Canadiens âgés de 25 à 34 ans avaient terminé des études postsecondaires, comparé à 40 % des Canadiens âgés de 55 à 64 ans. Les taux de réussite des études postsecondaires chez les adultes âgés de 25 à 34 ans dans les autres pays s'établissaient : 58 % en Corée, 55 % en Russie1, 55 % au Japon, 48 % en Nouvelle-Zélande, 46 % en Norvège, 42 % en Australie, 42 % aux états-Unis, 41 % en Suède, 38 % au Royaume-Uni, 38 % en Finlande, 33 % en Islande, 24 % en Allemagne et 20 % en Italie. Le taux de réussite moyen établi pour les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) se chiffrait à 35 %.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de Regards sur l'éducation, Organisation de coopération et de développement économiques.

Pays de l'OCDE De 25 à 34 ans De 55 à 64 ans
Corée 58 % 12 %
Canada 56 % 40 %
Russie1 55 % 44 %
Japon 55 % 26 %
Nouvelle-Zélande 48 % 34 %
Norvège 46 % 28 %
Australie 42 % 28 %
États-Unis 42 % 40 %
Suède 41 % 26 %
Royaume-Uni 38 % 27 %
Finlande 38 % 29 %
Moyenne de l'OCDE 35 % 20 %
Islande 33 % 24 %
Allemagne 24 % 24 %
Italie 20 % 10 %

Note en bas de page


  1. Année de référence est 2002 au lieu de 2008.

La proportion de Canadiens ayant terminé leurs études secondaires diffère légèrement en fonction du sexe. Par contre, cet écart est beaucoup plus grand en ce qui concerne les études postsecondaires. En 2009, trois quarts des jeunes femmes (74 %) avaient fait des études postsecondaires partielles, contre deux tiers des jeunes hommes (65 %)Note de bas de page 192. De même, 58 % des jeunes femmes avaient terminé des études postsecondaires, contre 48 % des jeunes hommesNote de bas de page 192.

La participation à des études postsecondaires varie également selon l'emplacement géographique. L'Enquête auprès des jeunes en transition (EJET) a permis de suivre pendant une période de huit ans une cohorte de Canadiens âgés de 18 à 20 ans. Au cours de cette période, 66 % des jeunes de milieux urbains avaient terminé des études postsecondaires, contre seulement 57 % des jeunes de milieux rurauxNote de bas de page 190. De plus, l'Enquête a révélé que moins de 10 % des jeunes adultes autochtones vivant hors réserve décrochaient un diplôme d'études universitaires entre 26 et 28 ans (soit à la fin de la période de huit ans), contre plus de 30 % des jeunes adultes non autochtonesNote de bas de page 190.

Pendant l'année scolaire 2009-2010, 40 % des jeunes adultes de 18 à 24 ans poursuivaient des études collégiales (15 %) ou universitaires (25 %)Note de bas de page 198. Chez les jeunes adultes de 25 à 29 ans, seulement 12 % d'entre eux poursuivaient des études collégiales (4 %) ou universitaires (8 %)Note de bas de page 198. De tels pourcentages peuvent s'expliquer par le fait que ceux qui avaient entrepris des études postsecondaires les avaient déjà terminéesNote de bas de page 198. Ces proportions ont toutefois augmenté par rapport à 1995-1996, alors que 34 % des 18 à 24 ans et seulement 9 % des 25 à 29 ans étaient inscrits à des études collégiales ou universitairesNote de bas de page 198.

Selon le Recensement de 2006, les quatre principaux domaines dans lesquels les jeunes hommes de 20 à 24 ans obtenaient un diplôme d'études postsecondaires étaient : l'architecture, le génie et les services connexes (35 %); le commerce, la gestion et l'administration publique (15 %); les services personnels, de protection et de transport (8 %); les mathématiques, l'informatique et les sciences de l'information (8 %)Note de bas de page 199. Les jeunes femmes du même groupe d'âge obtenaient principalement leur diplôme dans les domaines suivants : le commerce, la gestion et l'administration publique (21 %); la santé, les parcs, la récréation et le conditionnement physique (18 %); les sciences sociales et de comportement et le droit (17 %); les sciences humaines (10 %)Note de bas de page 199.

Emploi

En 2008, plus des deux tiers (67 %) des Canadiens âgés de 15 à 29 ans – soit près de la moitié (47 %) de tous les jeunes âgés de 15 à 19 ans et les trois quarts (76 %) des jeunes adultes – occupaient un emploi et constituaient, de ce fait, 26 % des travailleurs au CanadaNote de bas de page 192, Note de bas de page 200. Parmi les jeunes qui avaient un emploi, 70 % travaillaient à temps partiel et représentaient près d'un quart des travailleurs à temps partiel. Quant aux 30 % qui occupaient un emploi à temps plein, ils ne constituaient que 2 % des travailleurs à temps pleinNote de bas de page 192, Note de bas de page 200. En ce qui concerne les jeunes adultes, la situation était plutôt inverse. En effet, 80 % des jeunes adultes avaient un emploi à temps plein, soit 20 % des travailleurs à temps plein, et 20 % occupaient un emploi à temps partiel, soit 21 % des travailleurs à temps partielNote de bas de page 192, Note de bas de page 200. Dans l'ensemble, les proportions de jeunes et de jeunes adultes actifs sur le marché du travail variaient peu selon le sexe. Cependant, les emplois à temps partiel étaient principalement occupés par des adolescentes ou des jeunes femmes, tandis qu'une plus grande proportion des adolescents et des jeunes hommes travaillaient à temps pleinNote de bas de page 192.

En 2006, les emplois occupés par les jeunes (de 15 à 19 ans) et les jeunes adultes au Canada appartenaient principalement aux secteurs suivants : les ventes et les services (62 % des jeunes et 30 % des jeunes adultes); les métiers, le transport et la machinerie (respectivement 8 % et 14 %); les affaires, la finance et l'administration (respectivement 8 % et 17 %)Note de bas de page 201.

Les jeunes occupaient le plus souvent des emplois dans le secteur des ventes et des services, tant chez les adolescents que chez les adolescentes (respectivement 52 % et 72 %), suivis du secteur des métiers, du transport et de la machinerie pour les adolescents (16 %) et du secteur des affaires, de la finance et de l'administration pour les adolescentes (9 %) (voir la figure 3.4)Note de bas de page 201.

Chez les jeunes adultes, les emplois dans le secteur des ventes et des services étaient plus souvent occupés par les jeunes femmes (37 %), suivi du secteur des affaires, de la finance et de l'administration (24 %)Note de bas de page 201. Par contre, les jeunes hommes se dirigeaient plus fréquemment vers les métiers, le transport et la machinerie (25 %), suivis de près par le secteur des ventes et des services (24 %) (voir la figure 3.4)Note de bas de page 201.

Figure 3.4 Emplois occupés par les jeunes et les jeunes adultes selon le sexe, Canada, 2006Note de bas de page 201

Figure 3.4 Emplois occupés par les jeunes et les jeunes adultes selon le sexe, Canada, 2006 Les ventes et les services

Les ventes et les services, comme le service au comptoir, le service aux caisses, la vente au détail, le travail de commis d'épicerie, les services de protection et les services de nettoyage; les métiers, le transport, la machinerie et les emplois connexes, comme la construction, la mécanique et le débardage; les affaires, la finance et l'administration, comme le travail de bureau, la finance, les assurances, le service à la clientèle, la réception et le travail de standardiste; le secteur primaire, comme l'agriculture, l'aménagement paysager et l'entretien de terrains; les sciences sociales, l'enseignement, l'administration publique et la religion, comme l'enseignement, les techniques juridiques, le travail social ainsi que les programmes et les politiques; les autres emplois, comme la gestion, les sciences naturelles et appliquées, la santé, les arts, la culture, les sports, les loisirs, la transformation, la fabrication et les services d'utilité publique.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données du Recensement de 2006, Statistique Canada.

[Figure 3.4, texte équivalent]

Résumé : En 2006, les emplois les plus courants chez les adolescents employés âgés de 15 à 19 ans étaient les suivants : les ventes et les services (52 % des adolescents et 72 % des adolescentes); les métiers, le transport, la machinerie et les emplois connexes (16 % des adolescents et 1 % des adolescentes); les affaires, la finance et l'administration (6 % des adolescents et 9 % des adolescentes); le secteur primaire (9 % des adolescents et 3 % des adolescentes) et les autres emplois (17 % des adolescents et 15 % des adolescentes). Les emplois les plus courants chez les jeunes adultes employés âgés de 20 à 29 ans étaient les suivants : les ventes et les services (24 % des jeunes hommes et 37 % des jeunes femmes); les métiers, le transport, la machinerie et les emplois connexes (25 % des jeunes hommes et 2 % des jeunes femmes); les affaires, la finance et l'administration (11 % des jeunes hommes et 24 % des jeunes femmes); les sciences sociales, l'enseignement, l'administration publique et la religion (4 % des jeunes hommes et 10 % des jeunes femmes) et les autres emplois (36 % des jeunes hommes et 27 % des jeunes femmes).

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données du Recensement de 2006, Statistique Canada.

Note en bas de page

Les ventes et les services, comme le service au comptoir, le service aux caisses, la vente au détail, le travail de commis d'épicerie, les services de protection et les services de nettoyage; les métiers, le transport, la machinerie et les emplois connexes, comme la construction, la mécanique et le débardage; les affaires, la finance et l'administration, comme le travail de bureau, la finances, les assurances, le service à la clientèle, la réception et le travail de standardistes; le secteur primaire, comme l'agriculture, l'aménagement paysager et l'entretien de terrains; les sciences sociales, l'enseignement, l'administration publique et la religion, comme l'enseignement, les techniques juridiques, le travail social ainsi que les programmes et les politiques; les autres emplois, comme la gestion, les sciences naturelles et appliquées, la santé, les arts, la culture, les sports, les loisirs, la transformation, la fabrication et les services d'utilité publique.

Lorsqu'ils terminent leurs études, les jeunes adultes délaissent graduellement les emplois à temps partiel pour travailler à temps pleinNote de bas de page 190. Selon l'EJET, seulement 15 % des jeunes adultes âgés de 26 à 28 ans poursuivaient des études, tandis que près de 70 % travaillaient à temps pleinNote de bas de page 190. Dans ce groupe d'âge, une proportion plus élevée d'hommes que de femmes occupaient un emploi à temps pleinNote de bas de page 190.

Cependant, même s'ils souhaitent travailler, de nombreux jeunes et jeunes adultes ne parviennent pas à obtenir un emploi. Entre 1990 et 2009, le taux de chômage pour les jeunes de 15 à 19 ans au Canada est passé de 14 % à 20 %Note de bas de page 192. Toutefois, après une hausse initiale entre 1990 et 1993, le taux de chômage a fluctué sans que l'on note de croissance marquée au cours des 16 années subséquentes (voir la figure 3.5)Note de bas de page 192. Chez les jeunes adultes, on observe une tendance constante à la baisse du taux de chômage, qui est passé de 14 % à 7 % entre 1993 et 2008Note de bas de page 192. Le taux de chômage était plus élevé chez les jeunes adultes ayant moins d'années d'éducation officielle (voir la figure 3.5)Note de bas de page 192. Et globalement, en 2009, le taux de chômage était plus faible chez les femmes que chez les hommes, tous les niveaux de scolarité confondusNote de bas de page 192.

Comme c'était le cas pendant les récessions des années 1980 et 1990, plus de la moitié des 400 000 emplois nets perdus au Canada lors du ralentissement économique d'octobre 2008 à octobre 2009 étaient occupés par des jeunes de 15 à 24 ansNote de bas de page 73. Cependant, après la reprise économique, le taux de chômage n'a pas diminué pour ce groupe d'âge et se maintenait encore à 14,3 % en février 2011Note de bas de page 202.

Figure 3.5 Taux de chômage chez les jeunes et les jeunes adultes selon le niveau de scolarité, Canada, de 1990 à 2009Note de bas de page 192

Figure 3.5 Taux de chômage chez les jeunes et les jeunes adultes selon le niveau de scolarité, Canada,  de 1990 à 2009

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête sur la population active, Statistique Canada.

[Figure 3.5, texte équivalent]

Résumé : De 1990 à 2009, le taux de chômage chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans a augmenté, passant de 15,5 % à 23,7 % chez ceux qui avaient des études secondaires partielles, de 11,9 % à 16,1 % chez ceux qui avaient terminé leurs études secondaires, et de 9,9 % à 15,0 % chez ceux qui avaient fait des études postsecondaires (avec ou sans diplôme).

De 1993 à 2009, le taux de chômage des jeunes adultes âgés de 20 à 29 ans a diminué, passant de 25,9 % à 19,9 % chez ceux qui avaient des études secondaires partielles, de 15,2 % à 12,4 % chez ceux qui avaient terminé leurs études secondaires, et de 11,1 % à 8,3 % chez ceux qui avaient fait des études postsecondaires (avec ou sans diplôme).

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête sur la population active, Statistique Canada.

Niveau de scolarité Jeunes (15 à 19 ans) Jeunes adultes (20 à 29 ans)
1990 2009 1993 2009
Études secondaires partielles 15,5 % 23,7 % 25,9 % 19,9 %
Études secondaires terminées 11,9 % 16,1 % 15,2 % 12,4 %
Étude postsecondaires (avec ou sans diplôme) 9,9 % 15,0 % 11,1 % 8,3 %

Revenu

La pauvreté n'est pas seulement une question de revenu. En effet, elle est aussi le résultat d'autres facteurs, comme le manque d'occasions et l'incapacité de participer pleinement à la sociétéNote de bas de page 203, Note de bas de page 204. Toutefois, en l'absence d'indicateurs normalisés permettant de mesurer l'ensemble très complexe des facteurs qui définissent la pauvreté, on utilise souvent le revenu pour une approximation de la pauvreté. Le seuil de faible revenu (SFR) est l'indicateur le plus couramment utilisé au Canada. Il sert à évaluer la portion de revenu qu'une famille consacre au logement ainsi qu'à l'achat d'aliments, de vêtements et de chaussures, en comparaison avec d'autres familles de la même taille habitant dans le même secteur géographiqueNote de bas de page 205.

Selon le SFR, au Canada, environ 6 % des jeunes et 5 % des jeunes adultes vivaient dans un ménage à faible revenu en 2008, une amélioration par rapport à 1996, période pendant laquelle les taux étaient estimés à 14 % pour les jeunes et 8 % pour les jeunes adultes (voir la figure 3.6)Note de bas de page 206.

En ce qui concerne les jeunes, leur niveau de revenu dépend largement de celui de leurs parents ou du ménage dans lequel ils vivent. Cette situation change pour les jeunes adultes au moment où ils effectuent la transition entre le statut d'étudiant et celui de travailleur à temps plein pour acquérir leur pleine indépendance. Leur revenu personnel est en partie influencé par leur niveau de scolarité, leur sexe et même leur statut d'immigrantNote de bas de page 190, Note de bas de page 191. En 2008, le revenu moyen net chez les jeunes de 16 à 19 ans équivalait à 6 200 $, tandis que, chez les jeunes adultes de 20 à 29 ans, il se situait autour de 23 000 $Note de bas de page 207.

En moyenne, les répondants à l'EJET qui avaient terminé leurs études postsecondaires gagnaient un revenu plus élevé que ceux qui possédaient, tout au plus, un diplôme d'études secondaires. Cette différence était encore plus marquée dans le groupe des jeunes femmes que celui des jeunes hommesNote de bas de page 190. Les jeunes femmes qui occupaient un emploi à temps plein et qui possédaient un diplôme d'études universitaires gagnaient en moyenne 18 000 $ de plus que celles dont le niveau de scolarité était le plus faibleNote de bas de page 190. Quant aux jeunes hommes qui occupaient un emploi à temps plein et qui avaient terminé des études universitaires, ils gagnaient en moyenne 13 000 $ de plus que ceux ayant le plus faible niveau de scolaritéNote de bas de page 190. Peu importe le niveau de scolarité, le revenu moyen des jeunes hommes occupant un emploi à temps plein restait toujours plus élevé que celui des jeunes femmes, même pour un niveau de scolarité équivalentNote de bas de page 190.

Figure 3.6 Pourcentage des jeunes et des jeunes adultes vivant dans une ménage à faible revenu, après impôt, Canada, de 1976 à 2008Note de bas de page 206

Figure 3.6 Pourcentage des jeunes et des jeunes adultes vivant dans une ménage à faible revenu,  après impôt, Canada, de 1976 à 2008

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête sur la dynamique du travail et du revenu, Statistique Canada.

[Figure 3.6, texte équivalent]

Résumé : De 1976 à 2008, le pourcentage des jeunes canadiens vivant dans des ménages à faibles revenus a suivi des tendances similaires pour les jeunes et les jeunes adultes, mais le pourcentage des jeunes était constamment plus élevé que celui des jeunes adultes. De 1976 à 1996, le pourcentage de jeunes Canadiens vivant dans des ménages à faibles revenus a fluctué, mais a augmenté passant de 12,1 % à 14,1 % chez les jeunes âgés de 12 à 19 ans, et de 4,9 % à 7,9 % chez les jeunes adultes âgés de 20 à 29 ans. De 1996 à 2008, le pourcentage de jeunes Canadiens vivant dans des ménages à faibles revenus avait baissé de manière régulière, à 6,3 % chez les jeunes, et à 5,2 % chez les jeunes adultes.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête sur la dynamique du travail et du revenu, Statistique Canada.

1976 1996 2008
Jeunes (de 12 à 19 ans) 12,1 % 14,1 % 6,3 %
Jeunes adultes (de 20 à 29 ans) 4,9 % 7,9 % 5,2 %

Lorsqu'ils entrent sur le marché de travail, bon nombre de jeunes adultes ont déjà des dettes d'études postsecondaires. En 2009, près de 45 % des étudiants de niveau collégial et 60 % des étudiants de niveau universitaire avaient accumulé des dettes à la fin de leurs études. Si l'on tient compte de toutes les sources d'emprunt, notamment la famille ainsi que les prêts gouvernementaux et non gouvernementaux, les étudiants de niveau collégial terminent leurs études avec une dette moyenne de 13 600 $, et les étudiants de niveau universitaire, avec une dette moyenne deux fois supérieure, soit de 26 680 $Note de bas de page 208, Note de bas de page 209. Il est donc plus difficile pour ces jeunes adultes qui doivent rembourser leurs dettes de profiter pleinement de leur augmentation de revenu. Cet endettement peut également retarder ou même atténuer les effets bénéfiques qui, sur le plan de la santé, sont généralement attribuables à des revenus supérieurs.

État de santé actuel des jeunes et des jeunes adultes au Canada

Les données présentées dans ce chapitre proviennent bien souvent d'enquêtes. Malgré les limites inhérentes aux données autodéclarées, comme la subjectivité des réponses et l'exclusion des personnes vivant dans des établissements ou des réserves, ces données fournissent de l'information qui ne pourrait être obtenue autrement.

La section qui suit examine l'état de santé actuel des jeunes et des jeunes adultes, ce qui inclut la santé physique, la santé mentale et les comportements en matière de santé. On y présente également les facteurs de risque liés à la santé et les groupes les plus susceptibles d'être en mauvaise santé ou d'adopter des mauvais comportements.

Santé mentale et maladie mentale

La santé mentale représente un aspect important de la santé et du bien-être général des jeunes et des jeunes adultes au Canada. Habituellement, les maladies mentales commencent à se manifester à l'adolescence et au début de l'âge adulteNote de bas de page 210. Les maladies mentales, tout comme la santé mentale, ont une influence sur la vie de nombreux jeunes et jeunes adultes tout au long de leur vie. Une bonne santé mentale réduit les risques de décrochage et favorise l'atteinte d'un plus haut niveau de scolarité. Elle débouche aussi sur la possibilité de revenus supérieurs et permet d'accroître la résilienceNote de bas de page 211. La maladie mentale, quant à elle, peut augmenter le risque de certains problèmes de santé physique, comme les troubles chroniques de l'appareil respiratoire et les cardiopathiesNote de bas de page 212. De plus, les taux de pauvreté et de chômage sont souvent plus élevés chez les personnes atteintes de maladie mentaleNote de bas de page 212.

La santé mentale est la capacité qu'a chacun d'entre nous de ressentir, de penser et d'agir de manière à améliorer notre aptitude à jouir de la vie et à relever les défis auxquels nous sommes confrontés. Il s'agit d'un sentiment positif de bien-être émotionnel et spirituel qui respecte l'importance de la culture, de l'équité, de la justice sociale, des interactions et de la dignité personnelleNote de bas de page 210.

Les maladies mentales sont caractérisées par des altérations de la pensée, de l'humeur ou du comportement (ou une combinaison des trois) associées à un état de détresse et à un dysfonctionnement marqués. La maladie mentale peut prendre diverses formes, entre autre : les troubles de l'humeur, schizophrénie, troubles anxieux, troubles de la personnalité, troubles de l'alimentation et dépendances telles que les toxicomanies et le jeu pathologiqueNote de bas de page 210.

De nombreuses études scientifiques soutiennent l'idée que la santé mentale et la maladie mentale ne représentent pas les deux extrêmes d'un spectre unique selon lequel la santé mentale augmenterait à mesure que diminue la maladie mentaleNote de bas de page 210. On pose plutôt comme hypothèse que la santé mentale et la maladie mentale sont deux réalités différentes, mais étroitement liées. Par conséquent, la santé mentale serait plus que l'absence de maladie mentaleNote de bas de page 215. En effet, la bonne santé mentale comporte de nombreuses caractéristiques, comme les objectifs de vie que se fixe une personne, la qualité des relations qu'elle entretient avec les autres, son épanouissement personnel, l'acceptation sociale dont elle jouit, la cohésion sociale et sa contribution à la sociétéNote de bas de page 215. Il est donc possible pour une personne de bénéficier d'une très bonne santé mentale qui lui permet de mener une vie gratifiante et productive même si, par ailleurs, elle est atteinte d'une maladie mentale ou d'un trouble de santé mentaleNote de bas de page 215-217.

Bon nombre des troubles de santé mentale et des maladies mentales qui touchent les jeunes et les jeunes adultes ne sont pas différents de ceux observés chez les Canadiens de tous âges. Par contre, il existe un certain nombre de problèmes de santé mentale qui sont propres aux jeunes et aux jeunes adultes, notamment les troubles de l'alimentation et les comportements suicidaires.

Il est difficile de déterminer avec précision l'état de santé mentale ou le taux de maladie mentale chez les Canadiens, car les données sont limitées. Toutefois, les données obtenues au moyen d'enquêtes, d'études et des bases de données permettent de mieux comprendre la santé mentale des jeunes et des jeunes adultes.

Santé mentale

Un certain nombre de facteurs sont généralement utilisés pour mesurer la santé mentale. Ces facteurs prennent en compte l'autoévaluation que les personnes font de leur santé mentale, de leur satisfaction de la vie, de l'impression qu'elles ont de pouvoir diriger leur vie, du sentiment d'appartenance qui les motive et des relations qu'elles entretiennent avec les autresNote de bas de page 218. En 2009, plus des trois quarts (77 %) des jeunes et des jeunes adultes au Canada ont déclaré jouir d'une excellente ou d'une très bonne santé mentaleNote de bas de page 219. Cette proportion était plus élevée encore chez les jeunes et les jeunes adultes immigrants (80 % et 81 % respectivement), mais était plus faible chez les jeunes et les jeunes adultes autochtones vivant hors réserve (66 % et 71 % respectivement) (voir la figure 3.7)Note de bas de page 219. Selon l'Enquête régionale longitudinale sur la santé des Premières nations (ERS) de 2008-2010, la proportion des jeunes autochtones de 12 à 17 ans vivant hors réserve qui ont déclaré avoir une santé mentale très bonne ou excellente était plus faible (66 %) que celle observée dans la population en généralNote de bas de page 220.

Bien qu'en 2009 la majorité (92 %) des Canadiens de 12 ans et plus se disaient très satisfaits ou satisfaits de leur vie, c'est parmi les populations les plus jeunes que l'on trouvait le taux de satisfaction le plus élevé. En effet, 96 % des jeunes et 94 % des jeunes adultes se déclaraient très satisfaits ou satisfaits de leur vieNote de bas de page 219, Note de bas de page 221. De plus, dans l'ensemble de la population canadienne âgée de 12 à 64 ans, 25 % des personnes estimaient que la plupart de leurs journées étaient assez stressantes ou extrêmement stressantes, tandis que 14 % des jeunes et 24 % des jeunes adultes ressentaient un niveau de stress similaireNote de bas de page 219.

Tableau 3.3 Santé mentale des jeunes et des jeunes adultes au Canada
Santé mentale

* Indique les données autodéclarées.

Remarque : Pour plus de détails, voir l'Annexe C : Définitions et sources de données des indicateurs.
Source : Statistique Canada

Population âgée de 12 à 19 ans, 2009* (pourcentage)
Santé mentale perçue, très bonne ou excellente 76,9
Satisfaction à l'égard de la vie, satisfait(e) ou très satisfait(e) 96,4
Stress perçu dans la vie, assez ou extrême 13,9
Sentiment d'appartenance à la communauté locale, plutôt fort ou très fort 74,7
Population âgée de 20 à 29 ans, 2009* (pourcentage)
Santé mentale perçue, très bonne ou excellente 77,3
Satisfaction à l'égard de la vie, satisfait(e) ou très satisfait(e) 94,4
Stress perçu dans la vie, assez ou extrême 24,1
Sentiment d'appartenance à la communauté locale, plutôt fort ou très fort 56,6

De tous les groupes d'âge, ce sont les jeunes qui se sentent le plus profondément liés à leur communauté (75 %), tandis que c'est parmi les jeunes adultes que l'on trouve le plus faible sentiment d'appartenance communautaire (57 %)Note de bas de page 219. Pour les jeunes, le sentiment d'appartenance scolaire peut s'apparenter au sentiment d'appartenance qu'ils éprouvent à l'égard de leur communauté. Selon l'Enquête sur les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (Health Behaviour in School-aged Children [HBSC]), qui a été menée en 2006 auprès d'élèves canadiens de la 6e à la 10e année (âgés de 11, 13 et 15 ans), les élèves de 6e année étaient les plus nombreux à éprouver un fort sentiment d'appartenance à leur école (71 % des adolescentes et 62 % des adolescents) alors que, dans les classes de 8e année, ce sentiment était le moins répandu (58 % des adolescentes et 48 % des adolescents)Note de bas de page 45.

Figure 3.7 Santé mentale perçue comme excellente ou très bonne chez les jeunes et les jeunes adultes selon l'origine, Canada, 2009Note de bas de page 219

Figure 3.7 Santé mentale perçue comme excellente  ou très bonne chez les jeunes et les jeunes adultes selon l'origine, Canada, 2009

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (2009), Statistique Canada.

[Figure 3.7, texte équivalent]

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (2009), Statistique Canada.

Origine Jeunes (de 12 à 19 ans) Jeunes adultes (de 20 à 29 ans)
Non Autochtone nés au
Canada
77 % 77 %
Autochtones nés au Canada 66 % 71 %
Immigrants 80 % 81 %

Dans le cadre d'une enquête effectuée auprès d'élèves ou d'anciens élèves d'écoles secondaires au Canada, peu de jeunes des minorités sexuelles (ceux qui se désignent comme lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres et en questionnement [LGBTQ]) ont déclaré ressentir un lien d'appartenance à leur école. En effet, 69 % des jeunes transgenres et 45 % des jeunes gais, lesbiennes ou bisexuels étaient en désaccord ou totalement en désaccord avec l'énoncé « j'ai réellement le sentiment de faire partie de mon école », contre seulement 25 % des élèves n'appartenant pas à une minorité sexuelleNote de bas de page 222.

Le niveau de confiance en soi peut également servir à mesurer la santé mentale. L'enquête HBSC de 2006 a révélé que la confiance en soi varie selon l'année scolaire et le sexe. Près de la moitié (47 %) des adolescents de 6e année ont déclaré avoir confiance en eux, mais en 9e et 10e année, moins du quart (24 %) des adolescents ont tenu ces propos. Chez les adolescentes, les proportions étaient moindres. En effet, seulement 36 % des adolescentes de 6e année et 14 % de celles de 10e année ont déclaré avoir confiance en ellesNote de bas de page 45.

Les jeunes et les jeunes adultes vivant dans un ménage à faible revenu pourraient être plus à risque de développer des troubles de santé mentale. Selon l'analyse des données d'une enquête longitudinale nationale, les Canadiens qui vivaient dans un ménage à faible revenu étaient plus susceptibles de connaître une grande détresse psychologique au fil des années. Ce risque plus élevé est partiellement lié à la plus grande prévalence, dans leur vie, de certains facteurs de stress, comme le stress professionnel, les difficultés relationnelles, les problèmes financiers et les événements récents de la vieNote de bas de page 223. Les jeunes et les jeunes adultes autochtones, les immigrants ou les sans-abri sont surreprésentés dans les ménages à faible revenu au Canada et sont, par conséquent, plus exposés à ces facteurs de stressNote de bas de page 224, Note de bas de page 225. Le fait qu'ils sont également plus susceptibles de subir le racisme ou la discrimination peut nuire à leur estime de soi et à leur sentiment d'identité et leur donner l'impression qu'ils n'ont plus le contrôle de leur vie, les rendant ainsi plus vulnérables à des troubles de santé mentaleNote de bas de page 226, Note de bas de page 227. De même, des facteurs de stress comme la stigmatisation, le harcèlement et l'intimidation, ainsi que le manque d'outils appropriés comme l'éducations, les services, les mesures de protection et les politiques, peuvent rendre les jeunes et les jeunes adultes des minorités sexuelles plus vulnérables aux problèmes de santé mentaleNote de bas de page 228, Note de bas de page 229.

Tableau 3.4 Maladie mentale chez les jeunes et les jeunes adultes au Canada
Maladie mentale

* Indique les données autodéclarées.
† Indique les données de 2002.

Remarque : Pour plus de détails, voir l'Annexe C : Définitions et sources de données des indicateurs.
Source : Statistique Canada.

Population âgée de 12 à 19 ans, 2009* (pourcentage)
Trouble de l'humeur 2,7
Trouble d'anxiété 4,0
Pensées suicidaires dans les 12 mois précédant l'enquête† (population âgée de 15 à 19 ans) 6,7
Population âgée de 20 à 29 ans, 2009* (pourcentage)
Trouble de l'humeur 5,2
Trouble d'anxiété 5,8
Pensées suicidaires dans les 12 mois précédant l'enquête† 4,3
Troubles de l'humeur

Les troubles de l'humeur englobent différentes maladies mentales, comme la dépression et le trouble bipolaire, qui induisent des changements d'état d'âme d'une intensité et d'une durée supérieures à la normaleNote de bas de page 230. En 2009, un peu plus de 6,3 % de tous les Canadiens de 12 ans et plus ont déclaré avoir reçu un diagnostic de trouble de l'humeurNote de bas de page 221. Même si le plus faible pourcentage se retrouvait chez les jeunes (2,7 %) (voir le tableau 3.4), on pouvait néanmoins noter une différence entre les sexes, puisque 2,0 % des adolescents ont déclaré avoir reçu un tel diagnostic, contre 3,4 % des adolescentes. En général, les proportions et l'écart entre les sexes augmentaient en fonction de l'âge (voir la figure 3.8)Note de bas de page 219. Chez les jeunes adultes, on a en effet constaté une augmentation des taux de diagnostic, qui s'établissaient à 3,5 % chez les jeunes hommes et à 6,9 % chez les jeunes femmesNote de bas de page 219. Les proportions étaient plus élevées encore chez les Autochtones vivant hors réserve (6,6 % chez les jeunes et 6,1 % chez les jeunes adultes) et, en particulier, chez les adolescentes (9,7 %) et les jeunes femmes (9,3 %)Note de bas de page 219. À l'opposé, les jeunes et les jeunes adultes immigrants sont peu nombreux (respectivement 0,8 % et 2,5 %) à avoir reçu un diagnostic de trouble de l'humeurNote de bas de page 219.

Les troubles de l'humeur se distinguent des variations normales de l'humeur par leur intensité et leur persistance ainsi que par la tendance à perturber l'individu dans son fonctionnement quotidienNote de bas de page 230.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la dépression unipolaire serait la principale cause qui contribue au fardeau total de la maladie (une mesure de l'effet combiné de la mortalité et de la morbidité d'une maladie sur une population) chez les Canadiens âgés de 15 à 59 ansNote de bas de page 231. Dans cette tranche de la population, la dépression unipolaire est la maladie responsable du plus grand nombre d'années perdues pour cause de décès prématuré ou d'incapacitéNote de bas de page 231. Une enquête menée en 2002 révélait que 4,8 % des Canadiens âgés de 15 ans et plus répondaient à tous les critères de diagnostic et, par conséquent, avaient vécu un épisode de dépression majeure dans les 12 derniers moisNote de bas de page 232. Les jeunes adultes affichaient la proportion la plus élevée, puisque plus de 6,5 % d'entre eux satisfaisaient à l'ensemble des critères (4,8 % des jeunes hommes et 8,2 % des jeunes femmes)Note de bas de page 233. Le pourcentage des immigrants de 15 ans et plus qui répondaient à ces critères (3,5 %) était inférieur à celui observé généralement dans ce groupe d'âge. Même chose en ce qui concerne le pourcentage des jeunes adultes immigrants (5,8 %) par rapport à celui de la population totale des jeunes adultesNote de bas de page 233. Pour l'ensemble des Canadiens âgés de 15 ans et plus, le déclenchement d'un premier épisode de dépression survenait en moyenne à l'âge de 28 ansNote de bas de page 234.

Figure 3.8 Trouble de l'humeur chez les jeunes et les jeunes adultes selon le groupe d'âge et le sexe, Canada, 2009Note de bas de page 219

Figure 3.8 Trouble de l'humeur chez les jeunes et les jeunes adultes selon le groupe d'âge et le sexe, Canada, 2009

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (2009), Statistique Canada.

[Figure 3.8, texte équivalent]

Résumé : En 2009, la proportion de jeunes canadiens qui ont déclaré avoir reçu un diagnostic de trouble de l'humeur étaient les suivants : 2,0 % des adolescents; 3,4 % des adolescentes; 3,5 % des jeunes hommes; et 6,9 % des jeunes femmes. Dans l'ensemble de la population âgée de 12 ans et plus, 4,6 % des hommes et 8,3 % des femmes ont déclarés avoir reçu un diagnostic de trouble de l'humeur.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (2009), Statistique Canada.

Groupe d'âge Sexe masculin Sexe féminin
Jeunes (de 12 à 19 ans) 2,0 % 3,4 %
Jeunes adultes (de 20 à 29 ans) 3,5 % 6,9 %
Population totale (12 ans et plus) 4,6 % 8,3 %

Troubles anxieux

En situation de stress, il est normal de ressentir une certaine anxiété. Les troubles anxieux se manifestent lorsque l'anxiété est d'une durée ou d'une intensité excessive et qu'elle empêche un fonctionnement normal au quotidien. Le trouble panique, les phobies et le trouble obsessionnel-compulsif sont des troubles anxieuxNote de bas de page 210. En 2009, 5,0 % des Canadiens âgés de 12 à 29 ans ont déclaré avoir reçu un diagnostic d'un trouble d'anxiétéNote de bas de page 219. La proportion de jeunes adultes ayant reçu un tel diagnostic était supérieure à celle des jeunes (respectivement 5,8 % et 4,0 %) (voir le tableau 3.4) et, dans les deux cas, la proportion des femmes dépassait celle des hommes (voir la figure 3.9)Note de bas de page 219. Chez les Autochtones hors réserve, les proportions étaient encore plus élevées parmi les jeunes (9,1 %) et les jeunes adultes (11,6 %). À l'opposé, elles étaient beaucoup plus faibles parmi les immigrants, qu'ils soient jeunes (1,8 %) ou jeunes adultes (1,9 %)Note de bas de page 219.

Certaines personnes épreuvent un niveau d'anxiété disproportionnée et si intense que même des éléments anodins déclenchent une crise de panique. Le trouble panique se manifeste par des crises inattendues ou répétéesNote de bas de page 235-238. Des Canadiens de tous âges sont atteints de trouble panique. Ce problème est toutefois plus fréquent à l'adolescence et au début de l'âge adulte et commence d'ailleurs à se manifester à cette périodeNote de bas de page 239. En 2002, la prévalence du trouble panique durant la vie chez les Canadiens âgés de 15 à 29 ans était un peu plus de 3 %Note de bas de page 233. Chez tous les Canadiens de 15 ans et plus, la première apparition d'un trouble panique survenait à l'âge moyen de 25 ans. À cet âge de transition, bien des jeunes adultes terminent leurs études, commencent à travailler et nouent des nouvelles relationsNote de bas de page 235. Un trouble panique qui se manifeste à cette étape de la vie peut entraîner des répercussions à long terme. Il peut, par exemple, perturber la vie familiale, professionnelle et sociale et accroître les risques de dépression et de suicideNote de bas de page 189, Note de bas de page 235, Note de bas de page 237, Note de bas de page 239.

Figure 3.9 Trouble d'anxiété chez les jeunes et les jeunes adultes selon le groupe d'âge et le sexe, Canada, 2009Note de bas de page 219

Figure 3.9 Trouble d'anxiété chez les jeunes et les jeunes adultes selon le groupe d'âge et le sexe, Canada, 2009

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (2009), Statistique Canada.

[Figure 3.9, texte équivalent]

Résumé : En 2009, la proportion de jeunes canadiens qui ont déclaré avoir reçu un diagnostic de trouble d'anxiété étaient les suivants : 3,4 % des adolescents; 4,7 % des adolescentes; 3,8 % des jeunes hommes; 7,8 % des jeunes femmes. Dans l'ensemble de la population âgée de 12 ans et plus, 3,8 % des hommes et 6,4 % des femmes ont déclarés avoir reçu un diagnostic de trouble d'anxiété.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (2009), Statistique Canada.

Groupe d'âge Sexe masculin Sexe féminin
Jeunes (de 12 à 19 ans) 3,4 % 4,7 %
Jeunes adultes (de 20 à 29 ans) 3,8 % 7,8 %
Population totale (12 ans et plus) 3,8 % 6,4 %

Troubles de l'alimentation

Les troubles de l'alimentation, comme l'anorexie mentale et la boulimie, se caractérisent par une préoccupation obsessive liée à la nourriture et au poids corporelNote de bas de page 240. Ces troubles entraînent de graves perturbations du comportement alimentaire chez ceux qui en sont atteints et peuvent avoir de sérieuses conséquences, à court et à long terme. L'anorexie et la boulimie peuvent entraîner des problèmes cardiaques et une insuffisance rénale pouvant causer la mort. Les personnes qui sont atteintes de troubles de l'alimentation sont également plus vulnérables à la dépression, à la dépendance à l'alcool et aux troubles anxieuxNote de bas de page 210.

En 2005-2006, le nombre d'hospitalisations pour troubles de l'alimentation chez les adolescentes était 2,5 fois supérieur à celui des jeunes femmes et plus de six fois supérieur à celui de tout autre groupeNote de bas de page 179, Note de bas de page 241. En 2002, 1,5 % des jeunes femmes canadiennes âgées de 15 à 29 ans ont déclaré avoir reçu un diagnostic de trouble de l'alimentationNote de bas de page 233. Un peu plus de 3 % ont également indiqué avoir manifesté des comportements ou éprouvé des symptômes qui laissaient supposer que, au cours des 12 mois précédents, elles étaient à risque de présenter un trouble de l'alimentation, que ce diagnostic ait été posé ou non. En ce qui concerne les adolescents et les jeunes hommes, les pourcentages étaient trop faibles pour en faire rapportNote de bas de page 233.

Bien que les troubles de l'alimentation soient plus fréquents chez les femmes que chez les hommes et qu'ils s'observent principalement chez les adolescentes et les jeunes femmes, cela ne signifie pas que les adolescents et les jeunes hommes soient totalement épargnés. Selon les estimations, de 5 % à 15 % des personnes atteintes d'anorexie et de boulimie sont de sexe masculin. Toutefois, les estimations pourraient être supérieures, car les hommes sont moins susceptibles de recevoir un tel diagnosticNote de bas de page 242. Tout comme leurs homologues féminins, les adolescents et les jeunes hommes qui présentent un trouble de l'alimentation perçoivent une image déformée de leur corps et, bien souvent, font une fixation sur leur musculatureNote de bas de page 242. Préoccupés par le faible développement de leurs muscles, ils sont plus susceptibles d'utiliser des stéroïdes ou d'autres droguesNote de bas de page 242.

Lorsqu'on les a interrogés sur leur image corporelle, 34 % des adolescentes et 24 % des adolescents de la 6e à la 10e année se trouvaient gros. Les pourcentages étaient constants chez les adolescents d'une année scolaire à une autre, mais chez les adolescentes, ils ne cessaient d'augmenter, passant de 25 % en 6e année à 40 % en 10e annéeNote de bas de page 45. Toutefois, seulement 15 % des adolescentes de 10e année présentaient un réel problème d'embonpoint ou d'obésité, compte tenu du poids et de la taille qu'elles avaient déclarésNote de bas de page 45.

Intimidation et agression

L'intimidation peut avoir de graves répercussions à long terme sur la santé émotionnelle des personnes qui en sont victimes. Les actes de violence vécus en bas âge, que ce soit dans la famille, entre pairs ou entre partenaires intimes (relations amoureuses), peuvent avoir des effets néfastes sur la santé, à court et à long terme. Des liens ont été établis entre ces expériences et de nombreux problèmes de santé publique, comme la toxicomanie, les agressions, l'intimidation, la santé mentale et le suicideNote de bas de page 243, Note de bas de page 244. Par ailleurs, certaines études font également un lien entre les comportements précoces d'intimidation et les actes de violence commis à l'âge adulte, dans le cadre de relations amoureuses ou conjugales ou, encore, à l'égard des enfants et des aînésNote de bas de page 45, Note de bas de page 245-247.

Selon l'enquête HBSC de 2006, 36 % des élèves ont déclaré être victimes d'intimidation, 39 % ont admis être des intimidateurs et 20 % ont indiqué être à la fois victimes et intimidateursNote de bas de page 45. Les élèves qui obtiennent de mauvais résultats à l'école, n'apprécient guère le milieu scolaire ou disent ne pas avoir l'entière confiance de leurs parents sont plus susceptibles d'être intimidateurs, victimes d'intimidation ou les deuxNote de bas de page 45.

Les formes d'intimidation les plus communes sont les moqueries et l'intimidation indirecte (l'exclusion ou la propagation de mensonges). Plus des deux tiers des victimes de 6e année (72 % des adolescents et 69 % des adolescentes) et plus de la moitié des victimes de 10e année (64 % des adolescents et 55 % des adolescentes) ont indiqué faire l'objet de moqueries (voir la figure 3.10)Note de bas de page 45. L'intimidation indirecte était un peu moins fréquente chez les adolescents que chez les adolescentes : 71 % et 57 % des adolescents de 6e et de 10e année respectivement, comparativement à 78 % et 71 % des adolescentes de 6e et de 10e annéeNote de bas de page 45. Les adolescentes étaient également les plus visées par la cyberintimidation, par l'entremise de courriels ou par téléphone cellulaireNote de bas de page 45.

Figure 3.10 Formes d'intimidation indirecte subies selon le sexe et le niveau scolaire, Canada, 2006Note de bas de page 45

Figure 3.10 Formes d'intimidation indirecte subies selon le sexe et le niveau scolaire, Canada, 2006

* L'intimidation indirecte comprend l'exclusion et la propagation de mensonges.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'étude intitulée Les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (2006).

[Figure 3.10, texte équivalent]
  Adolescents Adolescentes
Moqueries Intimidation indirecte1 Cyberintimidation Moqueries Intimidation indirecte1 Cyberintimidation
6e année 72 % 71 % 14 % 69 % 78 % 23 %
7e année 73 % 65 % 15 % 71 % 79 % 24 %
8e année 73 % 61 % 13 % 64 % 71 % 20 %
9e année 67 % 54 % 12 % 56 % 72 % 22 %
10e année 64 % 57 % 14 % 55 % 71 % 17 %

Note en bas de page


  1. L'intimidation indirecte comprend l'exclusion ou la propagation de mensonges.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Étude intitulée : Les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (2006).

En ce qui concerne l'intimidation directe, comme l'intimidation physique, un plus grand nombre d'adolescents que d'adolescentes ont déclaré en être victimes, et ce, à tous les niveaux scolaires (voir la figure 3.11)Note de bas de page 45. Chez les adolescents, le taux de harcèlement sexuel diminue au fils des années; par contre, il augmente progressivement chez les adolescentes, doublant presque entre la 6e et la 10e année (de 23 % à 44 %)Note de bas de page 45. Des cas d'intimidation fondée sur la race ou la religion ont également été rapportés, quoique dans une proportion plus faible (jusqu'à 21 % et 16 % respectivement)Note de bas de page 45.

En 2006, beaucoup plus d'adolescents que d'adolescentes disent avoir été impliqués dans des bagarres, mais ce comportement tend à diminuer avec l'âge. Chez les adolescentes, la prévalence des bagarres était plutôt constante d'une année à l'autreNote de bas de page 45. Du côté des adolescents, les bagarres physiques impliquaient le plus souvent un ami ou une connaissance (48 % des cas), tandis que, chez les adolescentes, elles mettaient le plus souvent en cause le frère ou la sœur (47 % des cas)Note de bas de page 45.

Figure 3.11 Formes d'intimidation directe subies selon le sexe et le niveau scolaire, Canada, 2006Note de bas de page 45

Figure 3.11 Formes d'intimidation directe subies selon le sexe et le niveau scolaire, Canada, 2006

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'étude intitulée Les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (2006).

[Figure 3.11, texte équivalent]
Adolescents Adolescentes
Intimidation physique Harcèlement sexuel Intimidation raciale Intimidation fondée sur la religion Intimidation physique Harcèlement sexuel Intimidation raciale Intimidation fondée sur la religion

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Étude intitulée : Les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire (2006).

6e année 44 % 38 % 21 % 16 % 23 % 23 % 15 % 11 %
7e année 46 % 36 % 19 % 13 % 23 % 31 % 16 % 10 %
8e année 39 % 35 % 17 % 13 % 15 % 35 % 10 % 9 %
9e année 34 % 30 % 17 % 14 % 14 % 40 % 9 % 9 %
10e année 27 % 32 % 20 % 13 % 11 % 44 % 9 % 10 %

L'enquête HBSC révèle également qu'une plus grande proportion d'adolescents (17 %) que d'adolescentes (4 %) ont admis avoir apporté une arme à l'école au cours des 30 jours précédents. Parmi ceux-ci, la plupart avaient apporté un couteau (61 % des adolescents et 72 % des adolescentes). Les adolescents (14 %) étaient également plus nombreux que les adolescentes (6 %) à avoir apporté une arme de poing ou un autre type d'arme à feuNote de bas de page 45.

Par ailleurs, les risques de harcèlement, de victimisation et de violence physique et sexuelle, tant à l'école que dans la communauté, sont beaucoup plus grands chez les jeunes appartenant à une minorité sexuelleNote de bas de page 248, Note de bas de page 249. Dans une enquête menée en ligne auprès d'élèves et d'anciens élèves d'écoles secondaires au Canada, 59 % des jeunes LGBTQ ont déclaré avoir été victimes, à l'école, de harcèlement verbal fondé sur leur orientation sexuelle, contre seulement 7 % des jeunes hétérosexuels. De plus, 25 % des jeunes LGBTQ ont déclaré avoir fait l'objet de harcèlement physique, contre seulement 8 % des jeunes hétérosexuelsNote de bas de page 222. Les élèves LGBTQ ont également indiqué avoir été victimes d'intimidation sous la forme de propagation de rumeurs ou de mensonges, aussi bien à l'école (55 %) que par Internet ou par messagerie textuelle (31 %)Note de bas de page 222.

Les données de la police montrent que, chez les jeunes, le risque d'être victimes de violence augmente avec l'âgeNote de bas de page 250. En 2009, 50 % des jeunes qui ont été physiquement agressés l'avaient été par un ami procheNote de bas de page 251. Au cours de la même année, 22 % des victimes d'infractions sexuelles et d'agressions physiques signalées à la police étaient des jeunes de 12 à 19 ansNote de bas de page 251, Note de bas de page 252. Même si ces 1 676 cas pour 100 000 personnes restent une faible proportion par rapport à toutes les infractions et agressions sexuelles déclarées, ils représentent néanmoins plus du double du nombre de cas déclarés chez les adultes de 18 ans et plus, soit 781 cas pour 100 000 personnesNote de bas de page 179, Note de bas de page 251, Note de bas de page 252.

Les données policières indiquent également qu'en 2008 les adultes de 30 à 39 ans étaient le plus souvent victimes de violence dans les relations amoureusesNote de bas de page 253. Cependant, les données autodéclarées révèlent une tout autre réalité. En effet, il semble que les jeunes de 15 à 24 ans sont les plus susceptibles d'être victimes de violence dans leurs relations amoureuses, mais qu'ils ne le signaleraient pas à la policeNote de bas de page 253. Les voies de fait simples constitueraient l'infraction la plus souvent signalée dans les cas de violence conjugale, notamment les poussées, les gifles, les coups et les menaces verbales. Le harcèlement criminel, les menaces et les voies de fait graves au moyen d'une arme ou causant des lésions corporelles sont les trois autres infractions les plus courantesNote de bas de page 253. Selon les rapports de police, on trouve près de dix fois plus de victimes de violence dans les relations amoureuses chez les adolescentes de 15 à 19 ans que chez les adolescents du même âgeNote de bas de page 253.

Même si, dans les relations amoureuses, ce sont généralement les femmes qui déclarent des actes de violence, les hommes en sont également victimes, mais peu d'entre eux le signalent à la police, et ce, pour diverses raisons. Dans une enquête menée en 2008 en Colombie-Britannique, 9 % des élèves et 6 % des élèves féminins de niveau secondaire qui avaient vécu une relation amoureuse dans la dernière année ont déclaré avoir été frappés, giflés ou blessés physiquement et de façon délibérée par leur petit ami ou leur petite amie. Parmi les personnes qui ont déclaré être victimes de violence dans les relations amoureuses, les jeunes gais, lesbiennes et bisexuels étaient trois fois plus susceptibles que leurs pairs hétérosexuelsNote de bas de page 254.

Lésions auto-infligées

Comme on le verra plus loin dans ce chapitre, les blessures accidentelles constituent la principale cause de décès et d'hospitalisation chez les jeunes et les jeunes adultesNote de bas de page 241, Note de bas de page 255. Cependant, les lésions auto-infligées, ce qui inclut les comportements suicidaires et non suicidaires, ont des conséquences néfastes sur la santé et peuvent même entraîner la mortNote de bas de page 256.

L'automutilation non suicidaire peut prendre de nombreuses formes. Les gestes les plus courants consistent à se lacérer ou se brûler la peau, se griffer, se frapper avec des objets ou s'arracher les cheveuxNote de bas de page 256-259. En général, ces comportements sont utilisés pour composer avec des émotions envahissantes ou pour générer des émotions afin de combler un vide émotifNote de bas de page 256, Note de bas de page 257, Note de bas de page 260-263. L'automutilation non suicidaire s'observe aussi bien chez les enfants de 5 ans que chez les personnes de 65 ans. Toutefois, elle est plus fréquente chez les jeunes et les jeunes adultes, les premières expériences survenant habituellement entre 12 et 15 ansNote de bas de page 256, Note de bas de page 264, Note de bas de page 265.

Il est difficile d'évaluer avec précision la prévalence de l'automutilation non suicidaire, étant donné qu'il s'agit habituellement d'un problème cachéNote de bas de page 256, Note de bas de page 264. Des enquêtes réalisées auprès d'élèves du secondaire, d'étudiants universitaires et de jeunes adultes ont permis de réaliser certaines estimations, mais celles-ci ne sont pas suffisantes pour être représentatives de l'ensemble de la population. Selon un sondage mené dans deux écoles canadiennes, 14 % des élèves de la 7e à la 11e année s'étaient déjà automutilés, les lacérations étant la forme d'automutilation la plus répandue (41 %). La plupart de ces élèves (59 %) disent avoir adopté ce comportement en 7e ou 8e annéeNote de bas de page 266. Un autre sondage mené en Colombie-Britannique a révélé que 17 % des jeunes et des jeunes adultes de 14 à 21 ans s'étaient volontairement infligé des blessures, généralement à partir de l'âge de 15 ans, et que la plupart d'entre eux (83 %) s'étaient coupés, griffés ou frappés avec des objetsNote de bas de page 259. Dans deux universités aux États-Unis, 17 % des étudiants interrogés ont déclaré avoir pratiqué l'automutilation, et 7 % l'avaient fait dans les 12 mois précédentsNote de bas de page 267. Enfin, un sondage mené auprès d'étudiants de première année dans une université canadienne a révélé que près de trois étudiants sur dix s'étaient automutilés au moins une foisNote de bas de page 268.

Bien que l'automutilation soit habituellement pratiquée en secret et, de ce fait, reste le plus souvent non déclarée, il arrive qu'elle génère des blessures suffisamment graves pour nécessiter une hospitalisation. C'est à ce moment que certaines données peuvent être recueillies. En 2009-2010, 17 000 hospitalisations chez les Canadiens de 15 ans et plus étaient liées à des lésions auto-infligéesNote de bas de page 269. Le nombre d'hospitalisations pour lésions auto-infligées était plus élevé chez les adolescentes de 15 à 19 ans (plus de 140 hospitalisations pour 100 000 personnes) que chez les adolescents du même groupe d'âge (environ 60 hospitalisations pour 100 000 personnes)Note de bas de page 269.

Même si les lésions auto-infligées se distinguent généralement des tentatives de suicide, les études montrent que les personnes qui s'automutilent sont plus susceptibles de se donner la mort, plus tard au cours de leur vieNote de bas de page 256, Note de bas de page 262. En 2002, 7 % des jeunes de 15 à 19 ans et 4 % des jeunes adultes ont déclaré avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 mois précédents, contre moins de 4 % de tous les Canadiens de 15 ans et plusNote de bas de page 232, Note de bas de page 233. Une proportion plus élevée d'adolescentes que d'adolescents disent avoir déjà songé à s'enlever la vie (respectivement 9 % et 5 %), tandis que, chez les jeunes adultes, cette proportion était identique chez les jeunes hommes et les jeunes femmes (4 %)Note de bas de page 233. Chaque année, un grand nombre de jeunes et de jeunes adultes tentent de se suicider. Si certaines de ces tentatives restent inavouées, en 2005, plus de 5 000 hospitalisations de jeunes et de jeunes adultes au Canada (à l'exception du Québec, où des données comparables ne sont pas disponibles) étaient liées spécifiquement à des tentatives de suicideNote de bas de page 241. Deux tiers des tentatives de suicide (66 %) ont été commises par des femmesNote de bas de page 241.

Malheureusement, certaines tentatives de suicide réussissent. Par conséquent, le suicide est, après les blessures accidentelles, la principale cause de décès chez les jeunes et les jeunes adultes au CanadaNote de bas de page 255. En 2007, près de 800 jeunes et jeunes adultes se sont suicidés au Canada et, de ce nombre, 76 % étaient des jeunes hommesNote de bas de page 255. Le taux le plus élevé de suicide chez les jeunes et les jeunes adultes s'observe chez les jeunes hommes, avec un taux de 20 cas pour 100 000 personnes; ce taux représente plus du double de celui des adolescents et est quatre fois supérieur à celui des jeunes femmes (voir la figure 3.12)Note de bas de page 179,Note de bas de page 255.

En 2000, le taux de suicide chez les jeunes des Premières nations âgés de 10 à 19 ans était de 28 cas pour 100 000 personnes, soit un taux plus de quatre fois supérieur à celui de l'ensemble de la population canadienneNote de bas de page 271. Cependant, ce taux n'est pas représentatif de l'ensemble des jeunes et des jeunes adultes des Premières nations. Une étude sur le suicide menée en Colombie-Britannique a en effet révélé que, même si le taux de suicide chez les jeunes des Premières nations âgés de 15 à 24 ans est largement supérieur à celui des jeunes du reste de la population, des différences existent d'une communauté à une autre. De fait, si le taux de suicide était beaucoup plus élevé dans certaines collectivités, d'autres n'avaient eu à déplorer aucun suicide chez leurs jeunes pendant la période à l'étude. Les faibles taux de suicide étaient associés à un meilleur contrôle exercé au sein de la collectivité, notamment au point de vue de l'autonomie gouvernementale, des revendications territoriales, de l'éducation, des services de santé, des installations culturelles, des services de police et des services de protection contre les incendiesNote de bas de page 58, Note de bas de page 272.

Figure 3.12 Taux de suicide pour 100 000 personnes selon le groupe d'âge et le sexe, Canada, 2007Note de bas de page 179, Note de bas de page 255, Note de bas de page 270

Figure 3.12 Taux de suicide pour 100 000 personnes selon le groupe d'âge et le sexe, Canada, 2007

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des estimations et des projections démographiques et de la Base de données sur les décès, Statistique de l'état civil du Canada, Statistique Canada.

[Figure 3.12, texte équivalent]

Résumé : En 2007, le taux de suicide chez les adolescents était de 8 pour 100 000, par comparaison à 4 pour 100 000 chez les adolescentes. Chez les jeunes hommes, le taux de suicide était de 20 pour 100 000, par comparaison à 5 pour 100 000 chez les jeunes femmes. Dans l'ensemble de la population âgée de 12 ans et plus, le taux de suicide était de 17 pour 100 000 chez les hommes et de 5 pour 100 000 chez les femmes.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des estimations et des projections démographiques et de la Base de données sur les décès, Statistique de l'état civil du Canada, Statistique Canada.

Sexe masculin Sexe féminin
Jeunes (de 12 à 19 ans) 8 4
Jeunes adultes (de 20 à 29 ans) 20 5
Population totale (12 ans et plus) 17 5

Les données sur les jeunes et les jeunes adultes inuits sont également limitées, mais, dans l'ensemble, le taux de suicide dans ces collectivités est beaucoup plus élevé que celui observé dans la population en général. De 1999 à 2003, dans les collectivités inuites, le taux de mortalité normalisé selon l'âge pour les cas de suicide et de lésions auto-infligées tant chez les personnes de sexe masculin que chez les personnes de sexe féminin atteignait 107 décès pour 100 000 personnes. Pendant cette période, ce taux s'établissait à 10 décès pour 100 000 personnes au sein de la population canadienneNote de bas de page 273.

Les jeunes et les jeunes adultes des minorités sexuelles peuvent être plus susceptibles de se suicider que leurs pairs hétérosexuelsNote de bas de page 249. Le Suicide Prevention Resource Centre, aux États-Unis, a examiné de nombreuses études révélant que les jeunes gais, lesbiennes et bisexuels âgés de 15 à 24 ans sont de 1,4 à presque 7 fois plus susceptibles de commettre une tentative de suicide que les hétérosexuels du même groupe d'âge, et jusqu'à 3 fois plus susceptibles d'avoir des pensées suicidairesNote de bas de page 274. En Colombie-Britannique, l'Adolescent Health Survey (AHS) mené en 2008 auprès d'élèves de la 7e à la 12e année a, pour sa part, révélé que 28 % des jeunes gais, lesbiennes et bisexuels ont déjà commis une tentative de suicide, comparativement à 4 % des jeunes hétérosexuelsNote de bas de page 254. Toujours selon l'AHS réalisé cette fois en 2003, les gais et les jeunes bisexuels et lesbiennes seraient, respectivement, de deux à cinq fois plus susceptibles d'avoir des pensées suicidaires que les jeunes hétérosexuelsNote de bas de page 275. Enfin, dans le cadre d'une étude menée en Ontario auprès des jeunes trans (c'est-à-dire les transsexuels, les transgenres et les personnes à genre variable) âgés de 16 à 24 ans, près de la moitié (47 %) ont indiqué avoir eu des pensées suicidaires au cours de l'année précédente, et un cinquième (19 %) ont admis avoir commis une tentative de suicideNote de bas de page 276, Note de bas de page 277.

Santé physique

Selon l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) de 2009, 68 % des jeunes et 70 % des jeunes adultes perçoivent leur santé comme excellente ou très bonneNote de bas de page 219. Bien que les jeunes et les jeunes adultes canadiens présentent un taux de mortalité plus faible et que, comparativement aux populations plus âgées, ils soient moins prédisposés aux maladies chroniques, ils courent davantage de risques de subir des blessures ou de mourir à la suite de blessures (voir le tableau 3.5). Ils affichent également des taux d'obésité croissants, et leurs taux d'infection transmissible sexuellement (ITS) sont les plus élevé (voir le tableau 3.6).

Tableau 3.5 Santé perçue et mortalité chez les jeunes et les jeunes adultes, Canada
Santé physique

* Indique les données autodéclarées.

Remarque : Pour plus de détails, voir l'Annexe C : Définitions et sources de données des indicateurs.
Sources : Statistique Canada et Agence de la santé publique du Canada.

Santé perçue, très bonne ou excellente*, 2009 (pourcentage de la population âgée de 12 à 19 ans) 67,7
Santé perçue, très bonne ou excellente*, 2009 (pourcentage de la population âgée de 20 à 29 ans) 70,0
Mortalité
Taux pour 100 000 personnes âgées de 12 à 19 ans, 2007
Blessures et intoxications 22,1
Accidents de transport 10,0
Lésions auto-infligées 6,1
Autres blessures accidentelles 3,1
Cancers 2,8
Maladies du système nerveux 1,7
Taux pour 100 000 personnes âgées de 20 à 29 ans, 2007
Blessures et intoxications 40,2
Accidents de transport 14,5
Lésions auto-infligées 12,7
Autres blessures accidentelles 7,3
Cancers 4,7
Maladies de l'appareil circulatoire 2,5
Mortalité

Les décès sont inhabituels chez les jeunes et les jeunes adultes. En 2007, ils ne comptaient que pour 7 % de tous les décès chez les personnes âgées de moins de 65 ans au CanadaNote de bas de page 255, Note de bas de page 270. Les blessures et les intoxications (intentionnelles ou accidentelles) constituaient la principale cause de mortalité chez les jeunes et les jeunes adultes (70 %), suivies des cancers (8 %)Note de bas de page 255. En 2007, près des trois quarts (72 %) des décès survenant chez les jeunes et les jeunes adultes touchaient les adolescents et les jeunes hommesNote de bas de page 255.

Toutefois, comme l'indique la figure 3.13, les blessures et les intoxications constituent la principale cause de mortalité chez tous les jeunes et les jeunes adultes; elles représentent une proportion plus grande des décès chez les adolescents et les jeunes hommes (75 %) que chez les adolescentes et les jeunes femmes (56 %)Note de bas de page 255. Les blessures et les intoxications ayant causé la mort chez les jeunes et les jeunes adultes sont généralement attribuables à des accidents de transport (39 %), à des lésions auto-infligées (30 %) et à d'autres blessures accidentelles (17 %), notamment les chutes et les noyadesNote de bas de page 255. Chez les adolescents et les jeunes hommes, près du cinquième (18 %) des accidents de transport ayant causé la mort impliquaient des véhicules tout-terrain, des motocyclettes et des embarcations nautiquesNote de bas de page 255.

En 2008, une centaine de jeunes canadiens âgés de 15 à 29 ans sont morts au travail, ce qui représente près de 10 % de tous les décès au travail qui ont été enregistrés au Canada cette année-làNote de bas de page 278. Il s'agissait pour la plupart de travailleurs de sexe masculin (96 %). Le plus souvent, les décès étaient causés par des collisions routières (27 %), qui survenaient principalement dans le secteur de la construction (37 %)Note de bas de page 279. Dans l'ensemble, le nombre de jeunes et de jeunes adultes qui meurent au travail est demeuré sensiblement le même depuis les cinqs dernières annéesNote de bas de page 279.

Figure 3.13 Principales causes de décès chez les jeunes et les jeunes adultes de 12 à 29 ans selon le sexe, Canada, 2007Note de bas de page 255

Figure 3.13 Principales causes de décès chez les jeunes et les jeunes adultes de 12 à 29 ans selon  le sexe, Canada, 2007

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide de la Base de données sur les décès, Statistique de l'état civil du Canada, Statistique Canada.

[Figure 3.13, texte équivalent]

Résumé : En 2007, la cause de décès la plus courante chez les jeunes et les jeunes adultes âgés de 12 à 29 ans était les blessures et les intoxications, qui comptaient pour 75 % des décès chez les adolescents et les jeunes hommes et 56 % des décès chez les adolescentes et les jeunes femmes. Les autres causes de décès importantes comprenaient les suivantes : cancers, qui comptaient pour 7 % des décès chez les adolescents et les jeunes hommes et pour 13 % des décès chez les adolescentes et les jeunes femmes; les maladies de l'appareil circulatoire, qui comptaient pour 4 % des décès chez les adolescents et les jeunes hommes et pour 6 % des décès chez les adolescentes et les jeunes femmes; les maladies du système nerveux, responsables de 3 % des décès chez les adolescents et les jeunes hommes et de 4 % des décès chez les adolescentes et les jeunes femmes.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide de la Base de données sur les décès, Statistique de l'état civil du Canada, Statistique Canada.

Sexe masculin Sexe féminin
Blessures et intoxications 75 % 56 %
Cancers 7 % 13 %
Maladies de l'appareil circulatoire 4 % 6 %
Maladies du système nerveux 3 % 4 %
Autres 12 % 22 %

Problèmes de santé et maladies

Certains problèmes de santé physique ont des répercussions immédiates sur la santé des jeunes et des jeunes adultes alors que d'autres ont des effets à long terme. Bien qu'ils ne soient pas propres aux jeunes et aux jeunes adultes, ces problèmes demeurent préoccupants en raison de leur importance sur l'état de santé actuel et futur de ce groupe d'âge.

Tableau 3.6 Santé physique des jeunes et des jeunes adultes au Canada
Santé physique

* Indique les données autodéclarées.
‡ Québec non compris.

Remarque : Pour d'autres détails, voir l'Annexe C : Définitions et sources de données des indicateurs.
Sources : Statistique Canada et Agence de la santé publique du Canada.

Problèmes de santé et maladies
Asthme*, 2009 (pourcentage de la population âgée de 12 à 29 ans) 11,1
Embonpoint ou obésité, 2007-2009 (pourcentage de la population âgée de 12 à 19 ans) 29,4
Embonpoint ou obésité, 2007-2009 (pourcentage de la population âgée de 20 à 29 ans) 42,7
Prévalence du diabète, 2004-2005 (pourcentage de la population âgée de 15 à 19 ans) 0,5
Prévalence du diabète, 2004-2005 (pourcentage de la population âgée de 20 à 29 ans) 0,8
Incidence du cancer, 2007 (taux annuel normalisé selon l'âge pour 100 000 personnes par année, population âgée de 15 à 29 ans) 34,8
Population âgée de 12 à 19 ans
Blessures non traitées*, 2009 (pourcentage de la population ayant subi des blessures) 43,9
Hospitalisations pour blessures‡, 2005-2006 (pourcentage d'hospitalisations) 18,1
Population âgée de 20 à 29 ans
Blessures non traitées*, 2009 (pourcentage de la population ayant subi des blessures) 46,5
Hospitalisations pour blessures‡, 2005-2006 (pourcentage d'hospitalisations) 7,7
Infections transmissibles sexuellement, population âgée de 15 à 19 ans, 2009
Chlamydia (taux pour 100 000 personnes) 1 041,7
Gonorrhée (taux pour 100 000 personnes) 102,5
Syphilis infectieuse (taux pour 100 000 personnes) 2,3
VIH (nombre de tests positifs) 49
Infections transmissibles sexuellement, population âgée de 20 à 29 ans, 2009
Chlamydia (taux pour 100 000 personnes) 1 021,2
Gonorrhée (taux pour 100 000 personnes) 116,1
Syphilis infectieuse (taux pour 100 000 personnes) 9,4
VIH (nombre de tests positifs) 533
Maladies de l'appareil respiratoire

L'asthme est l'une des maladies respiratoires les plus fréquemment diagnostiquées chez les jeunes et les jeunes adultes au CanadaNote de bas de page 280. En 2009, 11 % d'entre eux ont indiqué avoir reçu un tel diagnosticNote de bas de page 219. Les jeunes et les jeunes adultes immigrants sont toutefois moins touchés par cette maladie (6 %)Note de bas de page 219. Le faible poids à la naissance, l'exposition à la fumée du tabac et les prédispositions génétiques peuvent provoquer l'apparition précoce de l'asthme, tandis que son apparition tardive a été associée à des prédispositions génétiques, à l'obésité, à une exposition accrue aux allergènes et autres irritants présents dans l'air, tels que la pollutionNote de bas de page 280, Note de bas de page 281.

Le Canada présente un faible taux de tuberculose, et cette maladie n'est plus fréquente dans la population en général. Elle suscite néanmoins des inquiétudes dans les collectivités inuites et des Premières nations et chez les immigrants provenant d'une région où la prévalence de cette maladie demeure élevéeNote de bas de page 282, Note de bas de page 283. Entre 2000 et 2009, 71 % de tous les cas de tuberculose chez les Canadiens âgés de 15 à 29 ans ont été diagnostiqués chez les immigrants, 21 % chez les Autochtones, 8 % chez les non Autochtones nés au Canada et 1 % chez les Canadiens d'origine inconnueNote de bas de page 284. En 2009, le taux d'incidence le plus élevé de tuberculose a été observé chez les peuples autochtones, où l'on a d'ailleurs constaté une importante hausse depuis 2005 (voir la figure 3.14)Note de bas de page 284. Les logements surpeuplés et l'accès limité aux soins de santé dans les régions éloignées pourraient expliquer en partie la prévalence de la tuberculose dans les collectivités autochtonesNote de bas de page 282, Note de bas de page 285, Note de bas de page 286.

Figure 3.14 Taux d'incidence de la tuberculose chez les jeunes et les jeunes adultes âgés de 15 à 29 ans selon l'origine, Canada, de 2001 à 2009Note de bas de page 284

Figure 3.14 Taux d'incidence de la tuberculose chez les jeunes et les jeunes adultes âgés de 15 à 29 ans selon l'origine, Canada, de 2001 à 2009

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données du Système canadien de déclaration des cas de tuberculose.

[Figure 3.14, texte équivalent]

Résumé : De 2001 à 2009, le taux d'incidence de la tuberculose chez les jeunes et les jeunes adultes âgés de 15 à 29 ans, a diminué, passant de 23,9 à 17,6 pour 100 000 Immigrants, et s'est accru de 22,8 à 29,9 pour 100 000 Autochtones nées au Canada, y compris une grande augmentation de 2004 à 2005. Le taux d'incidence de la tuberculose a resté constante et beaucoup plus faible chez les non Autochtones nés au Canada, soit 0,5 pour 100 000 personnes en 2001 et 0,7 pour 100 000 personnes en 2009.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données du Système canadien de déclaration des cas de tuberculose.

Taux d'incidence par 100 000 personnes 2001 2009
Immigrants 23,9 17,6
Autochtones nés au Canada 22,8 29,9
non Autochtones nées au Canada 0,5 0,7

Poids santé

Le niveau d'activité physique, l'accès à des aliments sains, le niveau de scolarité et le niveau de revenu sont autant de facteurs qui peuvent agir sur les risques d'obésité, car ils déterminent les perceptions, les connaissances et les comportements individuels liés au mode de vie sain et au poids santéNote de bas de page 287.

Le taux d'obésité chez les enfants canadiens est plus élevé que par le passé, et cette situation se confirme, sans grande surprise, chez les jeunes et les jeunes adultesNote de bas de page 30. Entre 1978-1979 (Enquête santé Canada) et 2007-2009 (Enquête canadienne sur les mesures de santé), le taux d'obésité réel est passé de 3 % à 11 % chez les jeunes et a plus que doublé chez les jeunes adultes, passant de 6 % à 15 %Note de bas de page 288, Note de bas de page 289. En 2007-2009, les adolescents et les adolescentes présentaient un taux à peu près équivalent d'embonpoint (20 % et 18 % respectivement) et d'obésité (12 % et 9 % respectivement) (voir la figure 3.15)Note de bas de page 289. Chez les jeunes adultes cependant, l'écart entre les sexes était plus important. En effet, les jeunes hommes étaient plus susceptibles d'afficher un excès de poids (34 % comparativement à 21 % des jeunes femmes), alors qu'une plus forte proportion de jeunes femmes étaient considérées comme obèses (18 % comparativement à 13 % des jeunes hommes)Note de bas de page 289.

Figure 3.15 Catégories d'indice de masse corporelle réel selon le groupe d'âge et le sexe, Canada, 2007-2009Note de bas de page 289-291

Figure 3.15 Catégories d'indice de masse corporelle réel selon le groupe d'âge et le sexe, Canada,  2007-2009

Remarque : Pour d'autres détails sur le poids insuffisant, l'embonpoint et l'obésité chez les jeunes, voir l'Annexe C : Définitions et sources de données des indicateurs.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (2007-2009), Statistique Canada.

[Figure 3.15, texte équivalent]

Résumé : Pendant la période de 2007 à 2009, le pourcentage de jeunes canadiens dans chacune des catégories d'indice de masse corporelle (IMC) réel étaient les suivants : chez les adolescents âgés de 12 à 19 ans, 12 % étaient obèses, 20 % étaient atteints d'embonpoint, 63 % présentaient un poids normal et 5 % étaient un poids insuffisant; chez les adolescentes âgées de 12 à 19 ans, 9 % étaient obèses, 18 % étaient atteints d'embonpoint, 67 % présentaient un poids normal, et 6 % étaient un poids insuffisant; chez les jeunes hommes âgés de 20 à 29 ans, 13 % étaient obèses, 34 % étaient atteints d'embonpoint, 52 % présentaient un poids normal, et 1 % étaient un poids insuffisant; chez les jeunes femmes âgées de 20 à 29 ans, 18 % étaient obèses, 21 % étaient atteints d'embonpoint, 53 % présentaient un poids normal, et 8 % étaient un poids insuffisant.

Dans la population totale de 12 ans et plus, le pourcentage dans chaque catégorie d'IMC réel étaient les suivants : chez les hommes, 23 % étaient obèses, 42 % étaient atteint d'embonpoint, 34 % présentaient un poids normal, et 1 % étaient un poids insuffisant ; chez les femmes, 22 % étaient obèses, 28 % étaient atteints d'embonpoint, 47 % présentaient un poids normal, et 3 % étaient un poids insuffisant.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (2007-2009), Statistique Canada.

  Jeunes (de 12 à 19 ans) Jeunes adultes (de 20 à 29 ans) Population totale (12 ans et plus)
Adolescents Adolescentes Jeunes hommes Jeunes femmes Sexe masculin Sexe féminin
Obésité 12 % 9 % 13 % 18 % 23 % 22 %
Embonpoint 20 % 18 % 34 % 21 % 42 % 28 %
Poids Normal 63 % 67 % 52 % 53 % 34 % 47 %
Poids insuffisant 5 % 6 % 1 % 8 % 1 % 3 %

Remarque : Pour d'autres détails sur le poids insuffisant, l'embonpoint et l'obésité chez les jeunes, voir l'Annexe C : Définitions et sources de données des indicateurs.

Chez les immigrants, on a évalué qu'un plus faible pourcentage de jeunes et de jeunes adultes étaient atteints d'embonpoint ou d'obésité. De fait, seulement 17 % des jeunes immigrants présentaient un excès de poids et à peine 5 % étaient considérés comme obèsesNote de bas de page 289. On notait également une différence entre le taux d'embonpoint ou d'obésité chez les adolescents (26 %) et chez les adolescentes (19 %)Note de bas de page 289. Au total, 36 % des jeunes immigrants adultes présentaient un poids excessif alors que 8 % étaient considérés comme obèsesNote de bas de page 289. Comme c'est le cas chez les jeunes, le pourcentage des jeunes hommes immigrants atteints d'embonpoint ou d'obésité (46 %) était plus élevé que celui des jeunes femmes immigrantes (31 %)Note de bas de page 289. Les taux d'embonpoint et d'obésité des immigrants varient en fonction du temps écoulé depuis leur arrivée au pays. En effet, les immigrants qui vivent depuis longtemps au Canada tendent à afficher des taux plus élevésNote de bas de page 293.

Les taux d'embonpoint et d'obésité sont encore plus élevés parmi les jeunes et les jeunes adultes autochtones. Selon l'ESCC de 2009, 20 % des jeunes autochtones vivant hors réserve présentaient un excès de poids et 7 % étaient considérés comme obèsesNote de bas de page 219. Et ces taux étaient à peine plus élevés chez les adolescents (29 %) que chez les adolescentes (25 %)Note de bas de page 219. L'ERS de 2008-2010 a révélé des résultats similaires chez les jeunes des Premières nations âgés de 12 à 17 ans et vivant dans une reserve : 30 % étaient atteints d'embonpoint et 13 % étaient considérés comme obèsesNote de bas de page 220. Quant aux jeunes adultes vivant hors réserve, 30 % présentaient un surplus de poids et 15 % étaient obèsesNote de bas de page 219. Encore une fois, le pourcentage des jeunes hommes atteints d'embonpoint ou d'obésité (50 %) était supérieur à celui des jeunes femmes (40 %)Note de bas de page 219.

L'indice de masse corporelle (IMC) est un rapport entre le poids et la taille, calculé comme suit : IMC = poids (kg) / taille (m2)Note de bas de page 292. Le système de classification du poids utilise six catégories d'IMC*, chacune étant associée à un niveau de risque pour la santéNote de bas de page 292.

Classification Catégorie d'IMC (kg/m2) Niveau de risque pour la santé
Poids insuffisant Moins de 18,5 Risque accru
Poids normal De 18,5 à 24,9 Risque le moins élevé
Embonpoint De 25,0 à 29,9 Risque accru
Obésité 30,0 et plus
Obésité, classe I De 30,0 à 34,9 Risque élevé
Obésité, classe II De 35,0 à 39,9 Risque très élevé
Obésité, classe III 40,0 et plus Risque extrêmement
élevé

* Les seuils de poids insuffisant, d'embonpoint et d'obésité pour les moins de 18 ans se trouvent à l'Annexe C : Définitions et sources de données des indicateurs.

L'activité physique est essentielle à l'atteinte et au maintien d'un poids santé pour tous les Canadiens. L'augmentation des comportements sédentaires (comme regarder la télévision) est directement associée à l'obésitéNote de bas de page 294. Entre 2000-2001 et 2009, le pourcentage des jeunes consacrant en moyenne 15 heures et plus par semaine à des activités sédentaires est passé de 65 % à 76 %Note de bas de page 219, Note de bas de page 295. Un accroissement encore plus marqué a été constaté chez les jeunes adultes, dont le taux de sédentarité est passé de 57 % à 75 % au cours de la même périodeNote de bas de page 219, Note de bas de page 295.

Les habitudes alimentaires jouent également un rôle important dans l'atteinte ou le maintien d'un poids santéNote de bas de page 296. Bonne nouvelle, depuis les dernières années, les jeunes et les jeunes adultes au Canada mangent davantage de fruits et de légumes. Entre 2000-2001 et 2009, le pourcentage de jeunes consommant moins de cinq fruits et légumes par jour est passé de 60 % à 51 %Note de bas de page 219, Note de bas de page 295. Un changement comparable a été constaté chez les jeunes adultes, dont le pourcentage est passé de 65 % à 56 % au cours de la même périodeNote de bas de page 219, Note de bas de page 295. Les mauvais choix alimentaires ne sont cependant pas inhabituels chez les jeunes et les jeunes adultes au Canada. Selon les données de 2004, les jeunes hommes âgés de 19 à 30 ans sont les plus grands consommateurs de restauration rapide. En effet, 39 % d'entre eux ont déclaré avoir mangé dans un restaurant-minute le jour précédant l'enquête, alors que c'était le cas du tiers des adolescents de 14 à 18 ansNote de bas de page 297. Par ailleurs, les jeunes hommes (38 %) étaient moins nombreux que les jeunes femmes (43 %) à déclarer n'avoir mangé que des repas préparés à la maisonNote de bas de page 297.

Le niveau de scolarité et le niveau de revenu sont également des facteurs associés à l'obésitéNote de bas de page 290. Les jeunes dont les parents n'ont pas terminé leurs études secondaires (34 %) affichent des taux d'embonpoint et d'obésité plus élevés que les jeunes dont les parents ont fait des études postsecondaires (29 %)Note de bas de page 298. Chez les jeunes adultes, le portrait que prend l'obésité varie en fonction du revenu. Comme le montre la figure 3.16, à mesure que l'on s'élève dans l'échelle de revenu, les taux d'embonpoint et d'obésité tendent à diminuer chez les jeunes femmes alors que, chez les jeunes hommes, ils tendent à augmenterNote de bas de page 298. Bien qu'il n'existe pas de corrélation claire entre le gain de poids et le revenu élevé chez les hommes, certaines recherches ont démontré que la fréquentation plus assidue des restaurants pouvait expliquer la prévalence de l'embonpoint et de l'obésitéNote de bas de page 299, Note de bas de page 300. En contrepartie, les hommes qui gagnent un revenu plus modeste semblent occuper des emplois plus exigeants physiquement, ce qui pourrait expliquer en partie les taux moins élevés d'embonpoint et d'obésitéNote de bas de page 299, Note de bas de page 301.

Les jeunes atteints d'embonpoint ou d'obésité sont plus susceptibles de développer des maladies chroniques plus tard dans la vieNote de bas de page 292, Note de bas de page 296, Note de bas de page 302. L'excès de poids les expose à des risques accrus de maladies de la vésicule biliaire, de problèmes respiratoires, de maladies cardiovasculaires, d'hypertension, d'arthrose, de certains types de cancer (par exemple, les cancers du sein, de l'endomètre, du côlon, de la prostate et du rein), de problèmes psychosociaux, de limitations fonctionnelles et d'infertilitéNote de bas de page 292, Note de bas de page 296, Note de bas de page 302.

L'embonpoint ou l'obésité, ainsi que le manque d'activité physique, contribuent également au diabète, une maladie de plus en plus diagnostiquée chez les jeunes303-307. En 2004-2005, le Système national de surveillance du diabète (SNSD) a signalé que 0,5 % des jeunes de 15 à 19 ans et 0,9 % des jeunes adultes de 20 à 29 ans étaient atteints de diabèteNote de bas de page 304. Selon l'Enquête auprès des peuples autochtones (EAPA) de 2006, les jeunes métis et les jeunes des Premières nations vivant hors réserve ont déclaré des taux de diabète diagnostiqué comparables à celui des autres jeunes canadiens âgés de 15 à 19 ans (0,8 % et 0,6 % respectivement), quant à elle, un taux presque deux fois plus élevé est déclaré chez les Inuit (1,5 %)Note de bas de page 308. Le taux de diabète diagnostiqué autodéclaré par les Inuit et les Métis âgés de 20 à 34 ans était toutefois comparable à celui de l'ensemble des jeunes adultes au Canada (1,0 % et 1,5 % respectivement). Par contre, ce taux était beaucoup plus élevé chez les jeunes adultes des Premières nations vivant hors réserve (2,8 %)Note de bas de page 308.

Figure 3.16 Taux d'embonpoint et d'obésité réels chez les jeunes adultes selon le sexe et le revenu, Canada, territoires non compris, 2004Note de bas de page 298

Figure 3.16 Taux d'embonpoint et d'obésité réels chez les jeunes adultes selon le sexe et le revenu, Canada, territoires non compris, 2004

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (2004), Statistique Canada.

[Figure 3.16, texte équivalent]

Résumé : En 2004, les pourcentages d'obésité et d'embonpoint mesurés chez les jeunes adultes canadiens âgés de 20 à 29 ans en fonction du revenu étaient les suivants : 45 % des jeunes hommes et 51 % des jeunes femmes ayant le revenu le plus faible; 39 % des jeunes hommes et 48 % des jeunes femmes ayant un revenu intermédiaire inférieur; 48 % des jeunes hommes et 39 % des jeunes femmes ayant un revenu intermédiaire; 52 % des jeunes hommes et 37 % des jeunes femmes ayant un revenu intermédiaire supérieur; 54 % des jeunes hommes et 36 % des jeunes femmes ayant le revenu le plus élevé.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (2004), Statistique Canada.

Niveau de revenu Jeunes hommes (20 à 29 ans) Jeunes femmes (20 à 29 ans)
Faible 45 % 51 %
Intermédiaire inférieur 39 % 48 %
Intermédiaire 48 % 39 %
Intermédiaire supérieur 52 % 37 %
Élevé 54 % 36 %

Cancer

L'incidence du cancer chez les jeunes et les jeunes adultes de 15 à 29 ans est largement inférieure à celle observée dans les populations plus âgéesNote de bas de page 309. Dans l'ensemble, les diagnostics de cancer semblent plus fréquents chez les adolescentes et les jeunes femmes de 15 à 29 ans que chez les adolescents et les jeunes hommes du même groupe d'âgeNote de bas de page 309. En 2007, les cancers les plus souvent diagnostiqués chez les adolescentes et les jeunes femmes étaient le cancer de la thyroïde, le mélanome, le lymphome hodgkinien, le cancer du sein et le cancer du col de l'utérus (voir la figure 3.17)Note de bas de page 179, Note de bas de page 310. Le cancer de la thyroïde a été diagnostiqué deux fois plus souvent chez les jeunes femmes que chez les adolescentes (11 cas sur 100 000 comparativement à 5 cas sur 100 000)Note de bas de page 179, Note de bas de page 310. Les cancers les plus fréquents chez les adolescents et les jeunes hommes sont le cancer du testicule, le lymphome hodgkinien ou non hodgkinien, le cancer de la thyroïde et le cancer du cerveauNote de bas de page 179, Note de bas de page 310. Le cancer du testicule a été diagnostiqué trois fois plus souvent chez les jeunes hommes que chez les adolescents (11 cas sur 100 000 comparativement à 3 cas sur 100 000)Note de bas de page 179, Note de bas de page 310. En fait, entre 1998 et 2007, on a dénombré plus de cas de cancer du testicule chez les jeunes hommes de 25 à 29 ans que dans tout autre groupe d'âgeNote de bas de page 179, Note de bas de page 310.

Les jeunes et les jeunes adultes qui reçoivent un diagnostic de cancer ont de bien meilleures chances de survie que la plupart des Canadiens. La proportion de la survie observée à cinq ans chez les jeunes et les jeunes adultes, pour tous les cancers diagnostiqués, était de 85 % entre 2001 et 2004, alors que le rapport de survie relative à cinq ans est évalué à 62 % dans l'ensemble de la population canadienneNote de bas de page 309. Cela représente une amélioration, puisque la proportion de la survie observée à cinq ans chez les jeunes et les jeunes adultes était de 80 % près d'une décennie plus tôt, et ce, pour tous les cancers diagnostiqués entre 1992 et 1995Note de bas de page 309.

Figure 3.17 Taux d'incidence de certains cancers chez les jeunes et les jeunes adultes de 15 à 29 ans selon le sexe, Canada, 2007Note de bas de page 179, Note de bas de page 310

Figure 3.17 Taux d'incidence de certains cancers chez les jeunes et les jeunes adultes de 15 à 29 ans selon  le sexe, Canada, 2007

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données du Registre canadien du cancer, Agence de la santé publique du Canada, Conseil canadien des registres du cancer et Statistique Canada.

[Figure 3.17, texte équivalent]

Résumé : En 2007, les taux d'incidence de certains cancers chez les adolescents et les jeunes hommes âgés de 15 à 29 ans étaient les suivants : cancer du testicule, 9 pour 100 000; lymphome hodgkinien, 4 pour 100 000; cancer de la thyroïde, 2 pour 100 000; lymphome non hodgkinien, 2 pour 100 000; cancer du cerveau, 2 pour 100 000; tous les autres sièges du cancer, 6 pour 100 000.

Les taux d'incidences de certains cancers chez les adolescentes et les jeunes femmes âgées de 15 à 29 ans étaient les suivants : cancer de la thyroïde, 9 pour 100 000; mélanome, 4 pour 100 000; lymphome hodgkinien, 3 pour 100 000; cancer du sein, 2 pour 100 000; cancer du col de l'utérus, 2 pour 100 000; tous les autres sièges du cancer, 9 pour 100 000.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données du Registre canadien du cancer, Agence de la santé publique du Canada, Conseil canadien des registres du cancer et Statistique Canada.

Sexe masculin Sexe féminin
Cancer Taux d'incidence pour 100 000 personnes Cancer Taux d'incidence pour 100 000 personnes
Cancer du testicule 9 Cancer de la thyroïde 9
Lymphome hodgkinien 4 Mélanome 4
Cancer de la thyroïde 2 Lymphome hodgkinien 3
Lymphome non hodgkinien 2 Cancer du sein 2
Cancer du cerveau 2 Cancer du col de l'utérus 2
Autres sièges du cancer 6 Autres sièges du cancer 9

Blessures

Lorsque, dans le cadre de l'ESCC de 2009, on a interrogé les jeunes de 12 à 19 ans sur la sécurité dans les sports et les loisirs pratiqués au cours de la dernière année, 29 % ont indiqué qu'ils portaient toujours un casque à vélo et 34 %, qu'ils mettaient toujours un casque pour faire du patin à roues alignées. Le port de protège-poignets (11 %), de protège-coudes (10 %) ou de l'équipement protecteur complet (8 %) était, par contre, moins courant. De plus, 62 % des jeunes skieurs ont mentionné qu'ils portaient toujours un casque, comparativement à seulement 55 % des jeunes adeptes de planche à neige. Il faut toutefois préciser que plus des trois quarts (76 %) des jeunes pratiquant à la fois le ski et la planche à neige ont indiqué qu'ils portaient toujours un casque. De plus, une proportion de 16 % des jeunes disent utiliser un protecteur buccal lorsqu'ils jouent au hockeyNote de bas de page 219.

En revanche, lorsqu'on a posé les mêmes questions aux jeunes adultes âgés de 20 à 29 ans concernant les activités sportives pratiquées au cours des 12 mois précédents, 24 % d'entre eux ont répondu qu'ils mettaient toujours un casque à vélo et 16 %, qu'ils portaient toujours un casque pour faire du patin à roues alignées. Le port de protège-poignets (14 %) ou de protège-coudes (6 %) était aussi moins répandu, et seulement 4 % des répondants enfilaient l'équipement protecteur complet. Chez les skieurs, 20 % ont indiqué qu'ils portaient toujours un casque contre 31 % des planchistes. Plus du quart (26 %) des jeunes adultes pratiquant à la fois le ski et la planche à neige disent porter toujours un casque. Enfin, 14 % des jeunes adultes ont mentionné qu'ils jouaient toujours au hockey avec un protecteur buccal (3 % des femmes et 16 % des hommes)Note de bas de page 219.

Les blessures représentent non seulement la principale cause de décès chez les jeunes et les jeunes adultes, mais chaque année des centaines de milliers de jeunes et de jeunes adultes au Canada s'infligent des blessures non mortelles de gravités diversesNote de bas de page 219, Note de bas de page 220, Note de bas de page 241, Note de bas de page 255, Note de bas de page 311, Note de bas de page 312. Beaucoup de ces blessures ne nécessitent pas de soins médicaux, alors que d'autres, plus graves, requièrent souvent une hospitalisationNote de bas de page 219, Note de bas de page 241.

Selon l'ESCC de 2009, 27 % des jeunes (29 % des adolescents et 24 % des adolescentes) et 18 % des jeunes adultes (23 % des jeunes hommes et 12 % des jeunes femmes) ont déclaré avoir subi, dans la dernière année, une blessure qui les a empêchés de mener leurs activités quotidiennes normalesNote de bas de page 219. Moins de la moitié d'entre eux (45 %) ont indiqué ne pas avoir consulté un spécialiste de la santé dans les 48 heures suivant l'incidentNote de bas de page 219. Les blessures non traitées touchaient, le plus souvent, les chevilles et les pieds (34 %), les genoux et le bas de la jambe (15 %) ainsi que les mains (13 %)Note de bas de page 219. Ces blessures survenaient, la plupart du temps, en pratiquant un sport (57 %) ou à la maison (23 %)Note de bas de page 219.

Les blessures plus graves peuvent nécessiter une visite à l'urgence. En 2008, le Système canadien hospitalier d'information et de recherche en prévention des traumatismes (SCHIRPT), qui a été implanté dans les urgences de 15 centres hospitaliers des principales villes du Canada, a compilé plus de 30 000 dossiers médicaux liés à des accidents avec blessures chez les jeunesNote de bas de page 311. Dans l'ensemble, les adolescents (63 %) étaient plus nombreux que les adolescentes (37 %) à se présenter à l'urgenceNote de bas de page 311. Ils étaient généralement traités pour des blessures mineures (37 %) et des fractures (27 %), alors que les adolescentes recevaient des soins pour des blessures mineures (39 %) et des entorses (19 %)Note de bas de page 311.

Les jeunes adultes se présentaient aussi à l'urgence pour faire soigner leur blessures. Selon le Système national d'information sur les soins ambulatoires (SNISA), en 2008, certains services d'urgence ont compilé près de 200 000 visites des jeunes adultes de la Colombie-Britannique, de l'Ontario, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et du Yukon pour des blessures accidentelles (soit 24 % de toutes les visites faites par de jeunes adultes dans les urgences)Note de bas de page 312. Les blessures les plus communes étaient attribuables aux chutes (18 %), aux accidents de transport (12 %) et au surmenage (11 %) (y compris les mouvements épuisants ou répétitifs, comme lever des poids ou des objets lourds, courir un marathon ou ramer)Note de bas de page 312. Dans l'ensemble, la proportion des jeunes hommes ayant reçu des soins (64 %) était supérieure à celle des jeunes femmes (36 %)Note de bas de page 312. Les blessures les plus courantes, aussi bien chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes, touchaient les poignets et les mains (27 % pour les jeunes hommes et 20 % pour les jeunes femmes), la tête (19 % pour les jeunes hommes et 13 % pour les jeunes femmes) ainsi que les chevilles et les pieds (13 % pour les jeunes hommes et 18 % pour les jeunes femmes)Note de bas de page 312.

Selon l'ERS de 2008-2010, 30 % des jeunes des Premières nations âgés de 12 à 17 ans et vivant dans une réserve ont subi des blessures au cours de la dernière annéeNote de bas de page 220. Les blessures les plus souvent signalées chez cette population étaient des coupures mineures, des éraflures et des meurtrissures (43 % des répondants), des entorses et des foulures importantes (34 % des répondants) et des fractures (30 % des répondants)Note de bas de page 220. Les répondants ont déclaré que, la plupart du temps, ces blessures étaient causées par une chute (44 % des répondants), un contact accidentel avec un animal ou une autre personne (17 % des répondants) ou un accident de vélo (15 % des répondants). Plus de la moitié des répondants (59 %) ont subi des blessures liées à la pratique d'un sport ou d'une activité physiqueNote de bas de page 220.

Les blessures graves peuvent exiger l'hospitalisation. En 2005-2006, plus de 35 000 jeunes et jeunes adultes canadiens (à l'exception du Québec, où les données comparables ne sont pas disponibles) ont été hospitalisés pour des blessures (10 % de toutes les hospitalisations de jeunes et de jeunes adultes)Note de bas de page 241. Un peu plus des deux tiers (70 %) de ces hospitalisations étaient attribuables à des blessures accidentelles et 27 %, à des blessures intentionnellesNote de bas de page 241. Les hospitalisations pour blessures survenaient plus souvent chez les hommes (66 % chez les jeunes et 68 % chez les jeunes adultes) que chez les femmes (34 % chez les jeunes et 32 % chez les jeunes adultes)Note de bas de page 241.

Figure 3.18 Hospitalisations pour blessures chez les jeunes et les jeunes adultes de 12 à 29 ans, Canada, Québec non compris, 2005-2006Note de bas de page 241

Figure 3.18 Hospitalisations pour blessures chez les jeunes et les jeunes adultes de 12 à 29 ans, Canada, Québec non compris, 2005-2006

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide de la Base de données sur la morbidité hospitalière, Institut canadien d'information sur la santé.

[Figure 3.18, texte équivalent]

Résumé : En 2005-2006, les causes de blessures exigeant des hospitalisations chez les adolescents et les jeunes adultes âgés de 12 à 29 ans étaient les suivantes : accidents de transport, 26 %; chutes, 18 %; autres blessures accidentelles, 31 %; lésions auto-infligées, 8 %; violence et agressions, 14 %; et cause indéterminée, 2 %.

Les causes de blessures exigeant des hospitalisations chez les adolescentes et les jeunes femmes âgées de 12 à 29 ans étaient les suivantes : accidents de transport, 22 %; chutes, 16 %; autres blessures accidentelles, 22 %; lésions auto-infligées, 31 %; violence et agressions, 5 %; et cause indéterminée, 5 %.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide de la Base de données sur la morbidité hospitalière, Institut canadien d'information sur la santé.

Blessure Sexe masculin Sexe féminin
Accidents de transport 26 % 22 %
Chutes 18 % 16 %
Autres blessures accidentelles 31 % 22 %
Lésions auto-infligées 8 % 31 %
Violence ou agressions 14 % 5 %
Cause indéterminée 2 % 5 %

Aussi bien chez les hommes que chez les femmes, les accidents de transport et les chutes représentaient les deux principales causes de blessures accidentelles ayant conduit à une hospitalisation (voir la figure 3.18)Note de bas de page 241. Par contre, chez les femmes, les blessures intentionnelles étaient responsables de 36 % des hospitalisations pour blessures, y compris les lésions auto-infligées (31 %), alors que ce pourcentage était de 22 % chez les hommesNote de bas de page 241.

Une étude menée en 2004-2005 sur les cas d'hospitalisation nécessitant des soins de courte durée a démontré que, selon les revenus familiaux, les jeunes de 10 à 19 ans ne subissaient pas les mêmes types de blessures. En effet, les jeunes vivant dans des quartiers à faible revenu étaient plus souvent admis pour des coupures ou des intoxications alors que ceux des milieux favorisés recevaient des soins pour des blessures attribuables à une chute ou un coupNote de bas de page 313.

Les données du Programme national de statistiques sur les accidents de travail proviennent des dossiers qu'utilise l'Association des commissions des accidents du travail du Canada pour traiter les réclamations d'indemnités. Ces données servent à compiler les statistiques relatives aux accidents de travail et aux maladies professionnellesNote de bas de page 278.

Les données sont représentatives du nombre de travailleurs protégés par des indemnités. On estime à 80 % la proportion de travailleurs protégés, quoique ce taux varie selon les administrationsNote de bas de page 278.

Étant donné la grande proportion de jeunes et de jeunes adultes sur le marché de l'emploi, les blessures subies au travail suscitent des inquiétudesNote de bas de page 314. Selon les données de l'Association des commissions des accidents du travail du Canada, les jeunes de 15 à 19 ans et les jeunes adultes ont subi près de 80 000 accidents de travail en 2008, soit 25 % de tous les accidents de travail survenus cette année-làNote de bas de page 278, Note de bas de page 279. Les blessures étaient habituellement causées par l'épuisement physique (20 %) et le fait d'être heurté par un objet (18 %)Note de bas de page 279. La moitié de toutes les blessures au travail chez les jeunes et les jeunes adultes survenaient dans les sectuers de la fabrication (18 %), de la construction (16 %) et du commerce du détail (16 %)Note de bas de page 279. Comme c'est le cas des décès en milieu de travail, les blessures étaient beaucoup plus fréquentes (71 %) chez les jeunes hommesNote de bas de page 279.

Infections transmissibles sexuellement

Les infections transmissibles sexuellement (ITS) peuvent se manifester par des changements physiques mineurs, des douleurs ou de l'inconfort. Cependant, dans de nombreux cas, elles ne s'accompagnent d'aucun symptôme et, par conséquent, ne sont souvent pas traitéesNote de bas de page 160, Note de bas de page 315, Note de bas de page 316. Les ITS non traitées, qu'elles soient symptomatiques ou non, peuvent avoir des conséquences à long terme sur la santé. Chez les femmes, les ITS peuvent entraîner une atteinte inflammatoire pelvienne, des grossesses extra-utérines et des avortements spontanés, ou peuvent augmenter les risques de donner naissance à un enfant de faible poidsNote de bas de page 317. Les ITS ont aussi été associées à divers types de cancers, dont le cancer du col de l'utérus, le cancer de l'anus et le cancer du pénisNote de bas de page 317, Note de bas de page 318.

Le Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire permet de faire un suivi des cas déclarés d'infections transmissibles sexuellement (ITS). Cependant, le nombre de cas déclarés (et leurs conséquences) ne tient pas compte de toutes les infections dans la population. Dans de nombreux cas, il est possible qu'une personne infectée, et ne présentant aucun symptôme, n'ait pas été soumise à un testNote de bas de page 160.

La fluctuation des taux doit être interprétée avec prudence parce qu'elle peut résulter de changements ou d'améliorations dans les pratiques de dépistage (comme les tests diagnostiques) et dans les techniques de laboratoire. Les taux sont également plus sujets aux fluctuations dans le temps si le nombre de cas déclarés est minime.

Selon le Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire, les taux déclarés d'ITS ont augmenté au Canada entre 1994 et 2009. On a en effet constaté une augmentation des taux de chlamydia (de 142,0 à 258,5 cas pour 100 000 personnes), de gonorrhée (de 21,2 à 33,1 cas pour 100 000 personnes) et de syphilis infectieuse (de 0,6 à 5,0 cas pour 100 000 personnes)161-163.

Même si, au cours des dix dernières années, on a remarqué une augmentation des cas de chlamydia dans tous les groupes d'âge, c'étaient les Canadiens de moins de 30 ans qui affichaient les taux les plus élevésNote de bas de page 161. En 2009, les jeunes femmes de 20 à 24 ans présentaient le taux le plus élevé (1 871 cas pour 100 000 personnes), soit plus de sept fois le taux national et plus de cinq fois le taux enregistré chez les femmes en général (voir la figure 3.19)Note de bas de page 161. Chez les hommes aussi, c'étaient les jeunes adultes de 20 à 24 ans qui étaient les plus touchés, même si leur taux de 901 cas pour 100 000 personnes équivalait à la moitié de celui observé chez les femmesNote de bas de page 161. En 2000, dans les collectivités des Premières nations, le taux de chlamydia chez les adolescentes et les jeunes femmes était de 6 572 cas pour 100 000 personnes, un taux plus de cinq fois supérieur à celui de l'ensemble des adolescentes de 15 à 19 ans (1 234 cas pour 100 000 personnes) et de l'ensemble des jeunes femmes de 20 à 24 ans (1 176 cas pour 100 000 personnes) cette année-làNote de bas de page 161, Note de bas de page 164.

Figure 3.19 Taux d'infection à la chlamydia selon le groupe d'âge et le sexe, Canada, 2009Note de bas de page 161

Figure 3.19 Taux d'infection à la chlamydia selon  le groupe d'âge et le sexe, Canada, 2009

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de la surveillance et de l'épidémiologie sur les ITS (infections transmissibles sexuellement).

[Figure 3.19, texte équivalent]

Résumé : En 2009, les taux de chlamydia chez les jeunes Canadiens étaient les suivants : chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans, 394 pour 100 000 adolescents et 1 720 pour 100 000 adolescentes; chez les jeunes adultes âgés de 20 à 24 ans, 901 pour 100 000 jeunes hommes et 1 871 pour 100 000 jeunes femmes; chez les jeunes adultes âgés de 25 à 29 ans, 557 pour 100 000 jeunes hommes et 788 pour 100 000 jeunes femmes. Dans l'ensemble de la population âgés de 0 ans et plus, les taux de chlamydia étaient de 175 pour 100 000 hommes et 340 pour 100 000 femmes.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de la surveillance et de l'épidémiologie sur les ITS (infections transmissibles sexuellement).

Taux pour 100 000 personnes Sexe masculin Sexe féminin
De 15 à 19 ans 394 1 720
De 20 à 24 ans 901 1 871
De 25 à 29 ans 557 788

La majorité des cas de gonorrhée déclarés au Canada en 2009 touchaient les Canadiens de moins de 30 ans et plus des deux tiers (70 %) concernaient des jeunes et des jeunes adultes de 15 à 29 ansNote de bas de page 163. On trouvait les plus hauts taux d'infection à déclaration obligatoire, comme la chlamydia, chez les jeunes hommes et les jeunes femmes de 20 à 24 ans, qui affichaient respectivement des taux de 141 et 149 cas pour 100 000 personnes (voir la figure 3.20)Note de bas de page 163. Dans le groupe des 15 à 19 ans, le taux d'infection était au moins deux fois plus élevé chez les adolescentes que chez les adolescents, alors que, chez les 25 à 29 ans, c'étaient les jeunes hommes qui étaient plus touchés que les jeunes femmesNote de bas de page 163.

Même si les taux déclarés de syphilis infectieuse ont augmenté depuis 1996, une hausse prononcée s'est amorcée en 2000, en particulier chez les jeunes hommes de 25 à 29 ans, dont le taux d'infection est passé de 1,7 cas à 17,6 cas pour 100 000 personnes entre 1994 et 2009Note de bas de page 162. Contrairement à la chlamydia et à la gonorrhée, le taux de syphilis infectieuse était beaucoup plus élevé chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes en 2009, et ce, dans tous les groupes d'âge (voir la figure 3.21)Note de bas de page 162. Les taux d'infections à la syphilis infectieuse chez les femmes étaient beaucoup plus bas en 2009 quand leur taux le plus élevé enregistré étant de 3,4 cas pour 100 000 personnes, aussi bien chez les jeunes femmes âgées de 20 à 24 ans que chez celles de 25 à 29 ansNote de bas de page 162.

Figure 3.20 Taux d'infection à la gonorrhée selon le groupe d'âge et le sexe, Canada, 2009Note de bas de page 163

Figure 3.20 Taux d'infection à la gonorrhée selon  le groupe d'âge et le sexe, Canada, 2009

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de la surveillance et de l'épidémiologie sur les ITS (infections transmissibles sexuellement).

[Figure 3.20, texte équivalent]

Résumé : En 2009, les taux de gonorrhée chez les jeunes Canadiens étaient les suivants : chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans, 61 pour 100 000 adolescents et 146 pour 100 000 adolescentes; chez les jeunes adultes âgés de 20 à 24 ans, 141 pour 100 000 jeunes hommes et 149 pour 100 000 jeunes femmes; chez les 25 à 29 ans, 103 par 100 000 jeunes hommes et 71 par 100 000 jeunes femmes. Dans l'ensemble de la population âgées de 0 ans et plus, les taux de gonorrhée étaient 37 pour 100 000 hommes et à 30 pour 100 000 femmes.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de la surveillance et de l'épidémiologie sur les ITS (infections transmissibles sexuellement).

Taux pour 100 000 personnes Sexe masculin Sexe féminin
De 15 à 19 ans 61 146
De 20 à 24 ans 141 149
De 25 à 29 ans 103 71
0 ans et plus 37 30

En 2009, au Canada, plus d'un cinquième (22 %) des tests positifs du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) concernaient les jeunes adultes âgés de 20 à 29 ansNote de bas de page 319. La proportion des tests positifs pour les jeunes âgés de 15 à 19 ans et les jeunes adultes était plus élevée chez les femmes que chez les hommesNote de bas de page 319. On comptait près d'un cas sur vingt (4,5 %) chez les femmes dans le groupe d'âge de 15 à 19 ans, contre 1,2 % chez les hommes. De plus, on comptait 25 % des cas chez les femmes parmi les jeunes adultes, contre 21,1 % chez les hommes.Note de bas de page 319. Parmi les jeunes et les jeunes adultes de 15 à 29 ans qui ont été déclarés séropositifs en 2009, la catégorie d'exposition le plus souvent signalée a été les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (32 %), suivis le contact hétérosexuel (15 %) et l'utilisation de drogues par injection (15 %)Note de bas de page 319.

Les jeunes de la rue courent aussi un risque plus élevé de contracter des ITS. Selon une enquête canadienne menée en 2006 auprès des jeunes de la rue âgés de 15 à 24 ans, 10 % de ces jeunes avaient contracté la chlamydia (9 % des hommes et 11 % des femmes), comparativement à 1 % chez tous les jeunes et les jeunes adultes de ce groupe d'âge. La même enquête a aussi permis de constater que le taux de gonorrhée chez les jeunes de la rue (1 %) était 10 fois supérieur à celui de la population générale des jeunes âgés de 15 à 24 ansNote de bas de page 320.

Figure 3.21 Taux d'infection à la syphilis infectieuse selon le groupe d'âge et le sexe, Canada, 2009Note de bas de page 162

Figure 3.21 Taux d'infection à la syphilis infectieuse selon le groupe d'âge et le sexe, Canada, 2009

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de la surveillance et de l'épidémiologie sur les ITS (infections transmissibles sexuellement).

[Figure 3.21, texte équivalent]

Résumé : En 2009, les taux de syphilis chez les jeunes Canadiens étaient les suivants : chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans, 3,4 pour 100 000 adolescents et 1,2 par 100 000 adolescentes; chez les jeunes adultes âgés de 20 à 24 ans, 13,0 pour 100 000 jeunes hommes et 3,4 pour 100 000 jeunes femmes; chez les 25 à 29 ans, 17,6 par 100 000 jeunes hommes et 3,4 pour 100 000 jeunes femmes. Dans l'ensemble de la population âgée de 0 ans et plus, les taux de syphilis étaient de 9,0 pour 100 000 hommes et 1,1 par 100 000 femmes.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de la surveillance et de l'épidémiologie sur les ITS (infections transmissibles sexuellement).

Taux pour 100 000 personnes Sexe masculin Sexe féminin
De 15 à 19 ans 3,4 1,2
De 20 à 24 ans 13,0 3,4
De 25 à 29 ans 17,6 3,4
0 ans et plus 9,0 1,1

Même si le virus du papillome humain (VPH) n'est pas une ITS à déclaration obligatoire, c'est néanmoins l'une des plus courantes. On estime que la majorité des Canadiens sexuellement actifs (plus de 70 %) contracteront ce type d'infection à un moment dans leur vieNote de bas de page 318. Même si la plupart des cas seront asymptomatiques et ne nécessiteront aucun traitement, les infections persistantes de certaines souches du VPH représentent la principale cause du cancer du col de l'utérus. De plus, les données suggèrent que ces infections pourraient être, après le tabagisme, la principale cause du cancer du poumonNote de bas de page 318, Note de bas de page 321. D'autres types de VPH ont aussi été associés aux verrues génitales, au cancer du pénis et au cancer de l'anusNote de bas de page 318.

Comportements à risque pour la santé

Il est normal pour les jeunes et les jeunes adultes d'adopter des comportements à risques. Cette fonction est liée à l'une des étapes essentielles au développement de leur cerveau et répond à leur besoin de se sentir indépendants et responsables de leurs actesNote de bas de page 322. Bien sûr, tous les risques ne sont pas équivalents. Certains jeunes et jeunes adultes au Canada adoptent des comportements susceptibles de nuire à leur santé, comme le tabagisme, la consommation d'alcool et de drogues et les comportements sexuels à risque (voir le tableau 3.7). Certains jeunes canadiens révèlent aussi des comportements qui les exposent à des risques au volant, comme parler au cellulaire, envoyer des messages textes, manger, boire ou utiliser un système de positionnement par satellite (GPS). Il faut toutefois noter qu'entre 2000 et 2007 le nombre de collisions provoquées par la conduite inattentive des jeunes âgés de 16 à 19 ans a chuté de 3 100 à 2 500Note de bas de page 100. Pour la même période, le nombre de collisions provoquées par des conducteurs inattentifs âgés de 20 à 29 ans est demeuré stable, soit environ 5 000 par annéeNote de bas de page 100.

Tableau 3.7 Comportements liés à la santé chez les jeunes et les jeunes adultes, Canada
Comportements liés à la santé

* Indique les données autodéclarées.

Remarque : Pour plus de détails, voir l'Annexe C : Définitions et sources de données des indicateurs.
Sources : Statistique Canada et Santé Canada.

Santé sexuelle, 2008
Taux de grossesse chez les adolescentes (pour 1 000 adolescentes âgées de 15 à 19 ans) 14,3
Toxicomanie, population âgée de 15 à 19 ans, 2009 (pourcentage)
Abus d'alcool* (cinq verres ou plus en une même occasion, au moins une fois par mois dans la dernière année) 31,7
Consommation de cannabis au cours des 12 derniers mois* 27,1
Consommation de drogues illicites au cours des 12 derniers mois, à l'exception du cannabis* 6,6
Fumeur actuellement* 13,0
Toxicomanie, population âgée de 20 à 29 ans, 2009 (pourcentage)
Abus d'alcool* (cinq verres ou plus en une même occasion, au moins une fois par mois dans la dernière année) 39,7
Consommation de cannabis au cours des 12 derniers mois* 24,0
Consommation de drogues illicites au cours des 12 derniers mois, à l'exception du cannabis* 7,6
Fumeur* 22,5

De nombreuses études démontrent que, comparativement aux adolescentes et aux jeunes femmes, les adolescents et les jeunes hommes sont davantage portés à prendre des risques, que ce soit par leur conduite automobile, leurs comportements sexuels, leur consommation de drogues, leur comportement en situation de conflits ou encore dans la pratique d'activités de plein airNote de bas de page 323-330. Ils sont également plus susceptibles de prendre des risques en présence de leurs pairsNote de bas de page 331. Cette tendance au risque peut, en partie, expliquer leurs taux plus élevés de blessures et de décès accidentelsNote de bas de page 332. En effet, les hommes conducteurs sont plus souvent en cause dans les collisions automobiles avec décès et blessures que les femmes conductrices. De même, les conducteurs de 20 à 29 ans sont impliqués dans un plus grand nombre de collisions que les conducteurs âgés de 16 à 19 ans, ce qui peut toutefois se justifier par le fait qu'il y a plus de jeunes adultes que de jeunes au volant d'un véhiculeNote de bas de page 100.

Les jeunes qui participent à des activités parascolaires et communautaires sont moins susceptibles d'adopter des comportements à risque. De même, les jeunes qui entretiennent des relations harmonieuses avec leurs parents et qui vivent des expériences positives à l'école, y compris dans les relations qu'ils entretiennent avec leurs enseignants et leurs pairs, sont également moins portés vers les comportements à risqueNote de bas de page 47, Note de bas de page 53. À l'inverse, les jeunes qui éprouvent des problèmes d'intégration ont tendance à prendre beaucoup plus de risquesNote de bas de page 333.

Comportements sexuels à risque

La sexualité fait naturellement partie de la vie, mais elle peut comporter certains risques. Par exemple, les jeunes et les jeunes adultes sexuellement actifs adoptent parfois des comportements sexuels qui peuvent conduire à une grossesse imprévue ou entraîner des problèmes de santé, comme des ITS et les conséquences qui en résultentNote de bas de page 334, Note de bas de page 335.

L'activité sexuelle précoce peut accroître le risque d'autres comportements sexuels dangereuxNote de bas de page 334, Note de bas de page 335. En effet, les jeunes adolescents sexuellement actifs manquent parfois de maturité et de connaissances sur les conséquences que peuvent avoir leurs comportements. De plus, ils n'ont pas toujours un accès facile à des moyens de contraception pour prévenir les ITS ou les grossesses imprévuesNote de bas de page 334, Note de bas de page 335. En 2009, les jeunes âgés de 15 à 19 ans et les jeunes adultes ont déclaré avoir eu leur première relation sexuelle entre 16 et 17 ans en moyenne, bien qu'une proportion de 27 % aient indiqué avoir eu leur première expérience sexuelle avant l'âge de 16 ansNote de bas de page 219. Par comparaison, en 2006, l'âge moyen de la première relation sexuelle déclaré chez les jeunes de la rue était de 14 ansNote de bas de page 320.

Bien que ce ne soit pas tous les jeunes qui sont sexuellement actifs à un âge aussi précoce, en 2009, près de la moitié (46 %) des jeunes âgés de 15 à 19 ans et neuf jeunes adultes sur dix ont déclaré avoir eu des relations sexuelles au moins une fois dans leur vie. Ces proportions augmentent toutefois avec l'âge. En effet, les pourcentages varient de 15 % chez les jeunes de 15 ans à 97 % chez les jeunes adultes de 27 ansNote de bas de page 219. La situation se compare à celle observée il y a plus de dix ans (voir la figure 3.22)Note de bas de page 336. De fait, en 1996-1997, 47 % des jeunes âgés de 15 à 19 ans et 91 % des jeunes adultes ont indiqué avoir eu des relations sexuelles au moins une fois dans leur vie. Les pourcentages variaient de 18 % chez les jeunes de 15 ans à 97 % chez les jeunes adultes de 27 ans. Dans tous les cas, on constate une différence, quoique légère, entre les sexes (voir la figure 3.22)Note de bas de page 219, Note de bas de page 336.

Les partenaires multiples et les relations sexuelles non protégées font partie des comportements sexuels à risque. Parmi les jeunes et les jeunes adultes qui étaient sexuellement actifs au cours de la dernière année, plus du tiers (37 %) des jeunes de 15 à 19 ans et presque un quart (24 %) des jeunes adultes ont indiqué avoir eu plus d'un partenaire sexuelNote de bas de page 219. Par contre, la majorité (75 %) des jeunes qui n'étaient pas dans un mariage monogame ou en union de fait monogame ont déclaré avoir utilisé un condom lors de leur dernière relation sexuelle, alors que ce pourcentage n'était que de 58 % chez les jeunes adultesNote de bas de page 219. Les relations avec plus d'un partenaire sexuel étaient moins fréquentes en 1996-1997, aussi bien chez les jeunes (29 %) que chez les jeunes adultes (18 %)Note de bas de page 336.

Des études démontrent que les jeunes des minorités sexuelles sont plus susceptibles que les jeunes hétérosexuels d'adopter des comportements sexuels à risque. De façon générale, ils vivent leur première expérience sexuelle à un âge plus précoce (avant 13 ou 14 ans), ont davantage de relations sexuelles non protégées ou avec plus d'un partenaire, s'adonnent à des activités sexuelles de survie et font une utilisation moins fréquente du condomNote de bas de page 337. Les jeunes de la rue prennent, eux aussi, de plus grands risques dans leurs comportements sexuels. En 2006, 94 % de ces jeunes ont déclaré avoir eu des relations sexuelles avec plus d'un partenaire au cours de leur vie, et 43 % d'entre eux au cours des trois mois précédentsNote de bas de page 320. Bien que l'usage du condom ne varie pas en fonction de l'âge, l'utilisation ou non d'une méthode de contraception quelconque (condom, condom féminin ou digue dentaire) lors des plus récentes relations sexuelles diffère selon le sexe du partenaire du répondant. Bien que 59 % des hommes disent avoir utilisé un moyen de contraception avec une partenaire de sexe féminin, seulement 23 % des femmes ont déclaré s'être protégées avec une partenaire de sexe féminin. Par contre, le taux de contraception était presque équivalent chez les hommes (55 %) et les femmes (47 %) ayant un partenaire de sexe masculinNote de bas de page 320.

Figure 3.22 Pourcentage des jeunes et des jeunes adultes de 15 à 29 ans ayant eu des relations sexuelles selon l'âge et le sexe, Canada, 1996-1997 et 2009Note de bas de page 219, Note de bas de page 336

Figure 3.22 Pourcentage des jeunes et des jeunes adultes de 15 à 29 ans ayant eu des relations sexuelles selon l'âge et le sexe, Canada, 1996-1997 et 2009

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête nationale sur la santé de la population (1996-1997) et de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (2009), Statistique Canada.

[Figure 3.22, texte équivalent]

Résumé : En 1996-1997, 16,9 % des adolescents et 19,3 % des adolescentes âgés de 15 ans avaient eu des relations sexuelles, par comparaison à 13,7 % des adolescents et à 16,6 % des adolescentes âgés de 15 ans en 2009.

En 1996-1997, 98,5 % des jeunes hommes et 96,3 % des jeunes femmes âgés de 29 ans avaient eu des relations sexuelles, par comparaison à 95,7 % des jeunes hommes et à 95,3 % des jeunes femmes âgés de 29 ans en 2009.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête nationale sur la santé de la population (1996-1997), et de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (2009), Statistique Canada.

Sexe masculin Sexe féminin
Âge 1996-1997 2009 1996-1997 2009
15 16.9 % 13.7 % 19.3 % 16.6 %
16 23.2 % 33.9 % 44.3 % 26.7 %
17 44.2 % 50.9 % 42.8 % 45.7 %
18 57.8 % 65.0 % 68.8 % 62.6 %
19 77.6 % 75.7 % 72.6 % 64.4 %
20 85.9 % 85.4 % 78.1 % 78.5 %
21 82.3 % 84.9 % 81.7 % 79.1 %
22 90.4 % 83.5 % 87.3 % 83.0 %
23 90.6 % 88.8 % 89.5 % 89.3 %
24 93.3 % 92.4 % 84.4 % 93.3 %
25 92.9 % 86.6 % 94.2 % 86.1 %
26 89.9 % 89.3 % 93.7 % 89.4 %
27 96.0 % 97.2 % 97.9 % 97.3 %
28 95.8 % 97.1 % 98.0 % 96.7 %
29 98.5 % 95.7 % 96.3 % 95.6 %

Une des conséquences possibles des comportements sexuels à risque, comme les relations sexuelles non protégées, est de conduire à une grossesse imprévue. En trente ans, soit entre 1975 et 2005, les taux de grossesse et de naissance chez les adolescentes ont diminué de façon constante (voir la figure 3.23)Note de bas de page 107. Malgré une légère remontée au début des années 1990, ces taux sont passés de 54 grossesses et 36 naissances à 29 grossesses et 13 naissances pour 1 000 adolescentes âgées de 15 à 19 ans de 1975 à 2005Note de bas de page 107.

Quand les jeunes et les jeunes adultes n'ont pas les connaissances nécessaires pour faire des choix sécuritaires, ils sont plus susceptibles d'adopter des comportements à risque. S'ils ne comprennent pas bien les conséquences de leurs actes, ils sont moins portés à prendre les précautions qui s'imposent pour éviter les répercussions négativesNote de bas de page 334, Note de bas de page 335, Note de bas de page 338. En 2002, dans le cadre de l'Étude sur les jeunes, la santé sexuelle, le VIH et le sida au Canada, des élèves de 7e, 9e et 11e année (âgés d'environ 12, 14 et 16 ans) ont été questionnés au sujet de leur santé et de leurs comportements sexuels. Bien que la majorité ait répondu correctement aux questions concernant les modes de transmission du VIH, près des deux tiers (64 %) des élèves de 9e année, près de la moitié (49 %) des adolescents de 11e année et plus du tiers (37 %) des adolescentes de 11e année croyaient qu'il existait des vaccins pour prévenir le VIH et le sidaNote de bas de page 339. De plus, environ deux tiers (67 %) des élèves de 7e année, la moitié (52 %) des élèves de 9e année et le tiers (36 %) des élèves de 11e année croyaient que les personnes atteintes du VIH ou du sida pouvaient guérir si la maladie était traitée assez tôtNote de bas de page 339. Les élèves ont aussi montré un manque de connaissances sur les complications associées à d'autres ITS. Environ les deux tiers (64 %) des élèves de 9e année et la moitié (54 %) des élèves de 11e année ignoraient que la chlamydia pouvait entraîner de graves complications, et seulement 6 % des élèves de 9e année, 6 % des adolescentes de 11e année et 8 % des adolescents de 11e année savaient que les complications d'une ITS n'étaient pas de même gravité pour les hommes que pour les femmesNote de bas de page 339.

Figure 3.23 Taux de grossesse* et de naissance vivante chez les adolescentes, Canada, de 1975 à 2005Note de bas de page 107

Figure 3.23 Taux de grossesse* et de naissance vivante chez les adolescentes, Canada, de 1975 à 2005

* Par grossesse on entend les naissances vivantes, les avortements provoqués et les morts fœtales.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide de la Base de données sur les naissances, Statistique de l'état civil du Canada, Statistique Canada.

[Figure 3.23, texte équivalent]

Résumé : De 1975 à 2005, chez les adolescentes âgées de 15 à 19 ans, le taux de grossesses a diminué de façon constante de 53,8 à 29,2 grossesses par 1 000 adolescentes, et le taux de naissances vivantes est passé de 35,6 à 13,4 par 1 000 adolescentes.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide de la Base de données sur les naissances, Statistiques de l'état civil du Canada, Statistique Canada.

Taux pour 1 000 personnes 1975 2005
Grossesse 53,8 29,2
Naissance vivante 35,6 13,4

Note en bas de page


  1. Par grossesse on entend les naissances vivantes, les avortements provoqués et les morts fœtales.

Toxicomanie

Selon des sondages récents menés au Canada, le tabac, l'alcool et le cannabis sont les substances nocives les plus fréquemment consommées par les jeunes et les jeunes adultesNote de bas de page 254, Note de bas de page 340-343. Pour certains jeunes, l'expérimentation fait partie du passage à la vie d'adulte, mais, pour d'autres, elle peut marquer le début de problèmes de toxicomanieNote de bas de page 344, Note de bas de page 345.

Certains groupes de jeunes et de jeunes adultes présentent un risque plus élevé de consommation et d'abus de substances nocives. Les problèmes de toxicomanie varient selon le sexe, et les hommes sont généralement plus susceptibles de prendre des substances nocives et d'en consommer de grandes quantitésNote de bas de page 343. Des sondages récents semblent toutefois indiquer que l'écart entre les sexes tend à se resserrer, les jeunes femmes devenant tout aussi susceptibles que les jeunes hommes de consommer de l'alcool, de boire de façon excessive, de se soûler, de fumer et de prendre des drogues illicitesNote de bas de page 346-348.

La consommation de substances nocives est une réponse fréquente à la violence sexuelle subie pendant l'enfance ou à l'adolescenceNote de bas de page 349. Les jeunes victimes de violence sexuelle, qui vivent en état de stress post-traumatique, sont déprimés ou ont des pensées suicidaires peuvent tenter d'apaiser leur mal de vivre par la consommation de droguesNote de bas de page 343, Note de bas de page 350. Beaucoup de jeunes placés sous tutelle ont aussi déclaré avoir reçu un diagnostic de toxicomanie ou de trouble de dépendance, et certains d'entre eux disent avoir vécu dans la rue ou avoir été sans abriNote de bas de page 351.

Les jeunes en fugue, sans abri ou qui vivent dans la rue peuvent recourir à la drogue comme méthode de survie. D'ailleurs, les taux d'abus de substances nocives (et autres conséquences négatives) sont systématiquement plus élevés chez ces jeunes que chez ceux qui fréquentent l'écoleNote de bas de page 23, Note de bas de page 352, Note de bas de page 353. Comparativement à leurs pairs, les jeunes des minorités sexuelles sont plus susceptibles de fumer, de boire de l'alcool, de consommer du cannabis et d'abuser de substances nocivesNote de bas de page 343. Comparativement aux jeunes qui fréquentent l'école, une plus forte proportion de jeunes de la rue sont gais, lesbiennes ou bisexuels. Les jeunes de la rue qui appartiennent à une minorité sexuelle semblent également présenter un risque plus élevé de violence et de toxicomanie que les jeunes hétérosexuels sans abriNote de bas de page 343. Quant aux jeunes des collectivités inuites, métisses et des Premières nations, ils sont aussi plus à risque de développer des problèmes d'abus étant donné qu'ils sont plus souvent victimes de traumatismes, de violence, de discrimination et de harcèlement à l'école et qu'ils sont également surreprésentés parmi les jeunes de la rue et les jeunes sous tutelleNote de bas de page 343, Note de bas de page 354.

Tabagisme

La plupart des fumeurs font l'expérience de la cigarette à l'adolescence. En 2009, 22 % des fumeurs âgés de plus de 25 ans ont déclaré avoir fumé leur première cigarette avant l'âge de 12 ans, 59 % avant l'âge de 15 ans et 87 % avant la fin de l'adolescenceNote de bas de page 355. Parmi tous les groupes d'âge, ce sont les jeunes adultes qui affichent le taux de tabagisme le plus élevé au Canada. En 2009, leur taux de tabagisme était de 23 %, alors qu'il se chiffrait à 13 % chez les jeunes âgés de 15 à 19 ansNote de bas de page 355. Ces taux ont diminué graduellement dans les dix dernières années; en effet, en 1999, ils s'établissaient à 28 % chez les jeunes de 15 à 19 ans et à 34 % chez les jeunes adultes (voir la figure 3.24)Note de bas de page 355, Note de bas de page 356.

Figure 3.24 Pourcentage de fumeurs chez les jeunes et les jeunes adultes selon le sexe, Canada, territoires non compris, 1999 et 2009Note de bas de page 355, Note de bas de page 356

Figure 3.24 Pourcentage de fumeurs chez les jeunes  et les jeunes adultes selon le sexe, Canada, territoires non compris, 1999 et 2009

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête de surveillance de l'usage du tabac au Canada, Santé Canada.

[Figure 3.24, texte équivalent]

Résumé : De 1999 à 2009, le pourcentage de jeunes et de jeunes adultes qui fumaient a diminué comme suit : adolescents de 15 à 19 ans, de 27 % à 15 %; adolescentes de 15 à 19 ans, de 29 % à 11 %; jeunes hommes de 20 à 29 ans, de 37 % à 24 %; jeunes femmes de 20 à 29 ans, de 32 % à 21 %. Dans l'ensemble de la population de 15 ans et plus, le pourcentage de fumeurs a diminué de 27 % à 19 % chez les hommes, et de 23 % à 16 % chez les femmes.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête de surveillance de l'usage du tabac au Canada, Santé Canada.

  1999 2009
Jeunes (de 15 à 19 ans) Sexe masculin 27 % 15 %
Sexe féminin 29 % 11 %
Jeunes adultes (de 20 à 29 ans) Sexe masculin 37 % 24 %
Sexe féminin 32 % 21 %
Population totale (15 ans et plus) Sexe masculin 27 % 19 %
Sexe féminin 23 % 16 %

Comparativement à la moyenne canadienne, les taux de tabagisme sont toutefois plus élevés dans certains groupes de population. Par exemple, en 2006, 15 % de tous les jeunes canadiens âgés de 15 à 19 ans étaient considérés comme des fumeurs quotidiens ou occasionnels, alors que ce taux s'établissait à 30 % chez les Métis, 38 % chez les membres des Premières nations vivant hors réserve et 68 % chez les Inuit du même groupe d'âgeNote de bas de page 308, Note de bas de page 357. Parmi les jeunes populations autochtones, ce sont les adolescentes inuites qui présentent la plus forte prévalence de tabagisme, soit 76 %Note de bas de page 308. En 2008-2010, 33 % des jeunes des Premières nations âgés de 12 à 17 ans et vivant dans une réserve ont déclaré être des fumeurs quotidiens ou occasionnelsNote de bas de page 220. Chez les jeunes adultes de 20 à 34 ans, c'est aussi dans les populations autochtones que l'on observe les taux de tabagisme les plus élevés. En 2006, 25 % de tous les jeunes adultes au Canada étaient considérés comme des fumeurs quotidiens ou occasionnels, comparativement à 43 % des jeunes adultes métis, 51 % des jeunes adultes des Premières nations vivant hors réserve et 75 % des jeunes adultes inuitsNote de bas de page 308, Note de bas de page 357. En 2006, 79 % des jeunes de la rue fumaient chaque jour, et ce, peu importe le sexeNote de bas de page 320.

Puisque la vente de produits du tabac est interdite aux moins de 18 ou 19 ans (selon la province ou le territoire), les jeunes doivent trouver des façons de s'approvisionner. Selon l'Enquête sur le tabagisme chez les jeunes (ETJ) de 2008-2009, 60 % des fumeurs âgés de 12 à 17 ans ont déclaré qu'ils se procuraient leurs cigarettes auprès d'un proche (par exemple, un ami ou un membre de la famille), qu'ils les achetaient d'une autre personne ou encore qu'ils demandaient à quelqu'un de les acheter pour euxNote de bas de page 358.

Les jeunes non fumeurs subissent eux aussi les méfaits du tabac sur la santé, car ils font partie du groupe d'âge le plus susceptible d'être exposé à la fumée secondaire. Contrairement à la population plus âgée, les jeunes sont moins portés à limiter leur exposition à la fumée secondaire, ce qui les rend plus vulnérables aux problèmes de santéNote de bas de page 359. Selon l'Enquête de surveillance de l'usage du tabac au Canada de 2009, 10 % des jeunes âgés de 12 à 17 ans étaient régulièrement exposés à la fumée secondaire à la maison, une baisse importante par rapport aux 31 % enregistrés en 2000Note de bas de page 360, Note de bas de page 361.

Le tabagisme pendant la grossesse peut augmenter le risque de croissance et de développement malsains du fœtus. En 2009, parmi les femmes qui avaient vécu une grossesse dans les cinq dernières années, 21 % de celles âgées de 20 à 24 ans ont déclaré avoir fumé régulièrement au cours de leur dernière grossesse, alors que c'était le cas de seulement 7 % des femmes âgées de 25 à 44 ansNote de bas de page 362. Selon l'Enquête sur l'expérience de la maternité (EEM) de 2006-2007, 29 % des adolescentes de 15 à 19 ans et 24 % des jeunes femmes de 20 à 24 ans disent avoir fumé, quotidiennement ou occasionnellement, pendant les trois derniers mois de leur grossesse. Ce taux représente plus du double de celui observé dans tous les autres groupes d'âgeNote de bas de page 363. Une proportion encore plus élevée de femmes ont déclaré avoir vécu avec un fumeur pendant leur grossesse, soit 62 % des adolescentes de 15 à 19 ans, 43 % des jeunes femmes de 20 à 24 ans et 23 % des jeunes femmes de 25 à 29 ansNote de bas de page 363.

Consommation d'alcool

L'alcool est la substance nocive la plus consommée par les jeunes et les jeunes adultes au CanadaNote de bas de page 343. En moyenne, les jeunes commencent à boire de l'alcool vers 16 ans, soit deux ou trois ans avant l'âge légal fixé dans les provinces et les territoires du CanadaNote de bas de page 364.

Selon l'ESCC de 2009, plus des deux tiers (70 %) des jeunes âgés de 15 à 19 ans avaient consommé de l'alcool dans la dernière année et près de la moitié (48 %) en buvaient régulièrement (au moins deux ou trois fois par mois)Note de bas de page 219. En général, près du tiers (32 %) des jeunes en avaient consommé de façon excessive (en moyenne cinq verres ou plus, au moins une fois par mois)Note de bas de page 219. En outre, 14 % des adolescents et 7 % des adolescentes ont déclaré prendre cinq consommations ou plus, au moins une fois par semaineNote de bas de page 219. Près de la moitié (47 %) des jeunes immigrants disent avoir pris de l'alcool dans la dernière année et un tiers d'entre eux étaient considérés comme des buveurs réguliersNote de bas de page 219. Comme c'est le cas dans la population en général, 30 % des jeunes immigrants ont déclaré avoir consommé de l'alcool de façon excessiveNote de bas de page 219.

Par ailleurs, l'EAPA de 2006 indique que les deux tiers des jeunes (âgés de 15 à 19 ans) des Premières nations hors réserve (66 %), les trois quarts des Métis (76 %) et plus de la moitié des Inuit (53 %), disent avoir consommé de l'alcool au cours des 12 derniers mois. En moyenne, 42 % étaient des consommateurs réguliers (41 % des membres des Premières nations vivant hors réserve, 46 % des Métis et 30 % des Inuit)Note de bas de page 308. En général, le tiers des jeunes disent avoir bu de l'alcool de façon excessive, soit 35 % des jeunes des Premières nations vivant hors réserve, 32 % des Métis et 38 % des InuitNote de bas de page 308. Selon l'ERS de 2008-2010, environ 40 % des jeunes des Premières nations âgés de 12 à 17 ans et vivant dans une réserve ont déclaré avoir bu de l'alcool dans la dernière année et plus de la moitié d'entre eux (51 %) disent avoir pris cinq verres ou plus à une même occasion, au moins une fois par moisNote de bas de page 220.

Les jeunes adultes ont l'âge légal de consommer de l'alcool dans toutes les provinces et dans tous les territoires du Canada; la grande majorité d'entre eux ont déclaré, en 2009, avoir consommé de l'alcool, que ce soit occasionnellement (72 %) ou régulièrement (15 %)Note de bas de page 219. Dans ce groupe, 15 % ont indiqué avoir pris, en moyenne, cinq verres ou plus, une ou plusieurs fois par semaineNote de bas de page 219. En général, la consommation d'alcool était plus fréquente chez les jeunes hommes (90 %) que chez les jeunes femmes (84 %)Note de bas de page 219. En comparaison, les deux tiers des jeunes immigrants adultes disent avoir pris de l'alcool au cours des 12 derniers mois et près de la moitié d'entre eux (49 %) étaient considérés comme des buveurs réguliersNote de bas de page 219.

Selon l'EAPA de 2006, 88 % des jeunes adultes autochtones âgés de 20 à 34 ans (86 % des membres des Premières nations vivant hors réserve, 89 % des Métis et 79 % des Inuit) ont déclaré avoir bu de l'alcool au cours des 12 derniers mois et 65 % d'entre eux en avaient consommé de façon régulière (61 % des membres des Premières nations vivant hors réserve, 67 % des Métis et 57 % des Inuit)Note de bas de page 308. Dans l'ensemble, plus du tiers (35 %) des jeunes adultes, soit 37 % des membres des Premières nations vivant hors réserve, 35 % des Métis et 53 % des Inuit, ont déclaré avoir bu de manière excessiveNote de bas de page 308.

La consommation régulière de grandes quantités d'alcool peut nuire au développement du cerveau pendant l'adolescence et occasionner des problèmes de mémoire et d'autres troubles cognitifsNote de bas de page 343. Des données indiquent également que l'alcool représente un facteur de risque pour certaines maladies chroniques, comme l'hypertension artérielle, les accidents vasculaires cérébraux et certains types de cancerNote de bas de page 365, Note de bas de page 366. La consommation excessive d'alcool au cours de l'adolescence pourrait, à l'âge adulte, conduire à la dépression, à l'anxiété et à d'autres troubles de l'humeurNote de bas de page 367.

La consommation d'alcool pendant la grossesse peut provoquer chez le nouveau-né l'ensemble des troubles causés par l'alcoolisation fœtale (ETCAF)Note de bas de page 368. Selon l'EEM de 2006-2007, 4,2 % des adolescentes enceintes âgées de 15 à 19 ans ont déclaré avoir consommé de l'alcool pendant leur grossesse. Cette proportion grimpe à 6,3 % chez les jeunes femmes enceintes âgées de 20 à 24 ans et à 8,8 % chez celles âgées de 25 à 29 ansNote de bas de page 363.

L'intoxication par l'alcool favorise aussi les comportements à risque, comme l'alcool au volant et les relations sexuelles non protégéesNote de bas de page 343. En 2009, 18 % des consommateurs d'alcool âgés de 15 à 29 ans ont déclaré que, à au moins une occasion, leur consommation excessive d'alcool leur avait causé au moins un effet néfaste au cours de la dernière année. C'était le plus souvent le cas des adolescentes âgées de 15 à 19 ans (29 %)Note de bas de page 369. Leur consommation excessive d'alcool avait eu des répercussions négatives sur leur santé physique, leurs amitiés, leurs relations sociales, leur situation financière, leur vie familiale ou conjugale, leurs études, leur travail ou leurs possibilités d'emploi. Elle était aussi associée à des problèmes judiciaires, des problèmes de logement et des difficultés d'apprentissageNote de bas de page 364. La plupart des blessures physiques subies après avoir consommé de l'alcool étaient accidentelles. Les blessures causées par la violence étaient le plus souvent rapportées par les adolescents (23 %), tandis que, sous l'effet de l'alcool, les adolescentes étaient plus susceptibles de s'adonner à des actes d'automutilation (14 %)Note de bas de page 370.

Figure 3.25 Consommation d'alcool chez les étudiants fumeurs et non-fumeurs de la 7 à la 9e e année et de la 10e à la 12e année, Canada, territoires non compris, 2009Note de bas de page 358

 

Figure 3.25 Consommation d'alcool chez les étudiants fumeurs et non-fumeurs de la 7 à la 9 année et de la 10 à la 12 année, Canada, territoires non compris, 2009

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête sur le tabagisme chez les jeunes, Santé Canada.

[Figure 3.25, texte équivalent]

Résumé : En 2009, la consommation d'alcool en fonction de l'usage du tabac chez les élèves de la 7e à la 9e année était comme suit : 10 % des fumeurs et 45 % des non-fumeurs ne consommaient pas d'alcool; 18 % des fumeurs et 38 % des non-fumeurs en consommaient moins d'une fois par mois; 29 % des fumeurs et 12 % des non-fumeurs en consommaient quelques fois par mois; 43 % des fumeurs et 6 % des non-fumeurs en consommaient au moins une fois par semaine.

La consommation d'alcool en fonction de l'usage du tabac chez les élèves de la 10e à la 12e année étaient comme suit : 5 % des fumeurs et 19 % des non-fumeurs ne consommaient pas d'alcool; 11 % des fumeurs et 31 % des non-fumeurs en consommaient moins d'une fois par mois; 31 % des fumeurs et 30 % des non-fumeurs en consommaient quelques fois par mois; 53 % des fumeurs et 20 % des non-fumeurs en consommaient au moins une fois par semaine.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête sur le tabagisme chez les jeunes, Santé Canada.

Consommation d'alcool Fumeurs Non-fumeurs
7e, 8e et 9e année Jamais 10 % 45 %
Moins d'une fois par mois 18 % 38 %
Quelques fois par mois 29 % 12 %
Au moins une fois par semaine 43 % 6 %
10e, 11e et 12e année Jamais 5 % 19 %
Moins d'une fois par mois 11 % 31 %
Quelques fois par mois 31 % 30 %
Au moins une fois par semaine 53 % 20 %

Les conducteurs de sexe masculin sont impliqués dans une plus grande proportion de collisions automobiles liées à la consommation d'alcool ou de drogues. En 2007, 41 % de toutes les collisions liées à l'alcool ou aux drogues mettaient en cause des conducteurs âgés de 16 à 19 ans (10 %) et de 20 à 29 ans (31 %)Note de bas de page 100. Chez les conductrices, la proportion de collisions liées à l'alcool ou aux drogues était de 10 % au total dans ces deux groupes d'âgeNote de bas de page 100.

Les données de l'ETJ de 2008-2009 révèlent que la consommation d'alcool était plus fréquente chez les élèves qui fumaient. En effet, 90 % des élèves fumeurs de la 7e à la 9e année et 95 % des élèves fumeurs de la 10e à la 12e année disent avoir consommé de l'alcool au cours des 12 derniers mois, alors que, pour ces mêmes groupes scolaires, c'était le cas de seulement 54 % et 81 % des élèves non-fumeurs (voir la figure 3.25)Note de bas de page 358. Dans la dernière année, la consommation excessive d'alcool (au moins une fois par semaine) était aussi plus fréquente chez les fumeurs (36 % des élèves de la 7e à la 9e année et 45 % des élèves de la 10e à la 12e année) que chez les non-fumeurs (8 % des élèves de la 7e à la 9e année et 16 % des élèves de la 10e à la 12e année)Note de bas de page 358.

Consommation de drogues

En 2009, le cannabis était la drogue la plus consommée chez les jeunes de 15 à 19 ans et chez les jeunes adultes. Plus du quart (27 %) des jeunes ont déclaré avoir consommé du cannabis dans la dernière année, alors que, cinq ans auparavant, ce pourcentage s'établissait à 38 %Note de bas de page 369, Note de bas de page 371. Une plus forte proportion d'adolescents (30 %) que d'adolescentes (23 %) disent avoir consommé du cannabis et, parmi ceux-ci, 30 % l'avaient fait avant l'âge de 16 ansNote de bas de page 369. Comme c'est le cas chez les jeunes, le pourcentage des jeunes adultes ayant consommé du cannabis dans la dernière année a diminué de 31 % à 24 % entre 2004 et 2009. L'usage du cannabis est, en outre, plus répandu chez les jeunes hommes (31 %) que chez les jeunes femmes (17 %)Note de bas de page 369, Note de bas de page 371.

La consommation de cannabis est aussi plus fréquente chez les fumeurs (74 %) que chez les non-fumeurs (24 %)Note de bas de page 369. Par ailleurs, le fait d'habiter avec ses deux parents et d'avoir une confiance et une bonne communication avec eux est considéré comme un facteur de protection contre la consommation de cannabis, tout comme le fait d'avoir de bons résultats scolairesNote de bas de page 45.

Figure 3.26 Consommation de drogues illicites chez les jeunes et les jeunes adultes selon le sexe, Canada, territoires non compris, 2009Note de bas de page 369

Figure 3.26 Consommation de drogues illicites chez les jeunes et les jeunes adultes selon le sexe, Canada, territoires non compris, 2009

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête de surveillance canadienne de la consommation d'alcool et de drogues, Santé Canada.

[Figure 3.26, texte équivalent]

Résumé : En 2009, l'usage de drogues illicites chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans était comme suit : 30 % des adolescents et 23 % des adolescentes consommaient du cannabis; 5 % des adolescents et 2 % des adolescentes consommaient de l'ecstasy; 4 % des adolescents et 3 % des adolescentes consommaient des hallucinogènes; et 4 % des adolescents et 2 % des adolescentes consommaient de la cocaïne.

L'usage de drogues illicites chez les jeunes adultes âgés de 20 à 29 ans était comme suit : 31 % des jeunes hommes et 17 % des jeunes femmes consommaient du cannabis; 4 % des jeunes hommes et 3 % des jeunes femmes consommaient de l'ecstasy; 2 % des jeunes hommes et 3 % des jeunes femmes consommaient des hallucinogènes; et 5 % des jeunes hommes et 4 % des jeunes femmes consommaient de la cocaïne.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l'aide des données de l'Enquête de surveillance canadienne de la consommation d'alcool et de drogues, Santé Canada.

  Cannabis Ecstasy Hallucinogènes Cocaïne
Jeunes (de 15 à 19 ans) Adolescents 30 % 5 % 4 % 4 %
Adolescentes 23 % 2 % 3 % 2 %
Jeunes adultes (de 20 à 29 ans) Jeunes hommes 31 % 4 % 2 % 5 %
Jeunes femmes 17 % 3 % 3 % 4 %

Mis à part le cannabis, l'ecstasy (4 % des jeunes et 3 % des jeunes adultes), les hallucinogènes (4 % des jeunes et 2 % des jeunes adultes) et la cocaïne (3 % des jeunes et 5 % des jeunes adultes) étaient les autres drogues illicites les plus consommées en 2009 (voir la figure 3.26)Note de bas de page 369.

La consommation de drogues est un problème qui touche tout particulièrement les jeunes de la rue. En 2006, 94 % de ces jeunes âgés de 15 à 24 ans ont déclaré avoir consommé des drogues non injectables (du cannabis dans la majorité des cas). Plus de un sur cinq (23 %) a indiqué avoir déjà consommé des drogues injectables, le plus souvent de la cocaïne (29 %) et de la morphine (28 %)Note de bas de page 320. Les jeunes de la rue qui consommaient des drogues injectables étaient aussi davantage portés à s'adonner à des pratiques sexuelles à haut risque, comparativement à ceux qui ne consommaient pas de drogues injectables. Ils étaient, en outre, plus susceptibles d'avoir contracté une ITS, d'avoir eu des relations sexuelles non désirées ou par obligation, d'avoir des relations sexuelles en échange de faveurs et d'avoir eu de nombreux partenaires sexuels au cours des trois derniers mois. Par ailleurs, l'échange de matériel d'injection contribue au taux élevé d'infection à l'hépatite C, qui est sept fois plus élevé chez les jeunes de la rue qui consomment des drogues injectables que chez ceux qui n'en ont jamais consomméNote de bas de page 320.

La consommation de substances volatiles – à l'aide d'un contenant (sniffing), d'un linge imbibé (huffing) ou d'un sac (bagging) – commence et se poursuit habituellement à l'adolescence. Selon l'Enquête sur les toxicomanies au Canada de 2004, 67 % de ceux qui ont déclaré avoir fait l'expérience des substances volatiles l'ont fait pour la première fois entre 12 et 16 ans et 13 % disent avoir été initiés plus jeunesNote de bas de page 372. Selon une étude torontoise menée en 2004, 10 % des jeunes de la rue disent avoir inhalé des solvants au cours du dernier moisNote de bas de page 372, Note de bas de page 373. Des études américaines et canadiennes ont également démontré que les taux d'abus de substances volatiles sont beaucoup plus élevés (60 % ou plus) chez certains jeunes inuits et des Premières nations et, en particulier, chez ceux qui vivent dans des collectivités rurales ou éloignéesNote de bas de page 372, Note de bas de page 374, Note de bas de page 375.

Les effets à court et à long terme de la consommation de drogues illicites varient. Par exemple, le cannabis peut causer une augmentation de la fréquence cardiaque et une baisse de la tension artérielleNote de bas de page 376. Il peut aussi diminuer la concentration, la perception tridimensionnelle et le temps de réaction, ce qui peut nuire à la réussite scolaire et rendre la conduite automobile dangereuseNote de bas de page 376. La consommation de cannabis à long terme peut conduire à la détresse respiratoire, accroître les risques de cancer du poumon et causer des troubles de mémoire et de fonctionnement cognitifNote de bas de page 376, Note de bas de page 377. D'autres drogues illicites, comme la cocaïne, les hallucinogènes et l'ecstasy, peuvent entraîner à court terme des effets psychiatriques extrêmes, comme des crises de panique, de la paranoïa et des hallucinations. Elles peuvent aussi induire des comportements dangereux ou violents et provoquer des réactions physiques, comme des convulsions et une hausse de la tension artérielle378-380. À long terme, ces substances peuvent causer des psychoses, entraîner des troubles de mémoire et provoquer des dommages aux tissus pulmonaires et nasaux378-380. Leur capacité à induire la dépendance peut aussi influer sur le comportement, nuire à la réussite scolaire ou au rendement au travail, conduire à l'isolement et, dans les cas extrêmes, entraîner la mortNote de bas de page 381, Note de bas de page 382.

Résumé

Dans l'ensemble, les jeunes et les jeunes adultes au Canada mènent une vie saine et ont tout ce qu'il faut pour réussir leur passage à l'âge adulte et devenir des adultes en santé. Les facteurs socioéconomiques constituent des déterminants essentiels à la santé. D'ailleurs, le taux de décrochage n'a jamais été aussi bas et les jeunes n'ont jamais été aussi nombreux à poursuivre des études postsecondaires. La majorité d'entre eux estiment, en outre, jouir d'une excellente ou d'une très bonne santé physique et mentale. Comparativement aux populations plus âgées, ils sont également moins prédisposés aux maladies chroniques. Toutefois, d'autres problèmes inquiétants peuvent nuire à leur santé et à leur développement et peuvent même entraîner des problèmes de santé plus tard dans la vie.

La plupart des maladies mentales, qui durent parfois toute une vie, commencent à se manifester à l'adolescence et au début de l'âge adulte. D'autres problèmes, comme les troubles de l'alimentation et les lésions auto-infligées, inquiètent particulièrement, car ils sont plus fréquents à cette étape de la vie. Le nombre considérable de jeunes et de jeunes adultes qui ont des pensées suicidaires ou qui décident de passer à l'acte suscite également de grandes inquiétudes. Par ailleurs, les blessures accidentelles causent, chaque année, plus de décès chez les jeunes et les jeunes adultes que toute autre cause et conduisent à des milliers d'hospitalisations. Or, ces blessures sont souvent liées à des accidents de transport ou à des chutes et pourraient, la plupart du temps, être évitées. Les jeunes et les jeunes adultes prennent naturellement plus de risques. Toutefois, certains d'entre eux sont davantage portés vers les comportements dangereux, comme la consommation et l'abus de substances nocives ou les comportements sexuels à risque. Ces activités peuvent compromettre leur santé et leur bien-être, à court et à long terme. Certains groupes de jeunes et de jeunes adultes, comme les Autochtones, les immigrants, les jeunes de la rue et les minorités sexuelles, sont plus exposés à des problèmes de santé et à des difficultés socioéconomiques, ce qui peut mettre leur santé en péril et nuire à leur capacité de composer avec les difficultés ou de maintenir un mode de vie sain.

Diverses études indiquent que certains facteurs positifs ou protecteurs peuvent prévenir les problèmes de santé et les comportements à risque chez les jeunes et les jeunes adultes. Les relations harmonieuses avec les parents et les pairs, l'engagement scolaire et la participation à des activités parascolaires figurent parmi ces facteurs. Le chapitre 4 examine comment on peut aider les jeunes et les jeunes adultes à vivre une transition saine et positive vers l'âge adulte en s'attaquant aux divers facteurs et situations qui influent sur leur santé.

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