Rapport de l’administrateur en chef de la santé publique sur l’état de la santé publique au Canada, 2013 – l'immunisation et les maladies évitables par la vaccination – une protection continue :

L'immunisation et les maladies évitables par la vaccination : Une protection continue

Points saillants

  • Les maladies évitables par la vaccination demeurent une préoccupation pour la santé publique partout dans le monde.
  • Tant que ces maladies n’auront pas été éradiquées à l’échelle mondiale, les Canadiens seront à risque.
  • L’immunisation est une mesure de protection efficace contre les maladies évitables par la vaccination.

La prévention des maladies est une fonction essentielle en santé publique. L’immunisation s’est révélée une protection efficace contre de nombreuses maladies infectieuses et a permis d’obtenir des résultats remarquables. Il est maintenant possible de prévenir par la vaccination des maladies infectieuses courantes qui, autrefois, étaient une importante cause de morbidité et de mortalité au Canada, en particulier chez les enfants. Toutefois, les maladies évitables par la vaccination demeurent une préoccupation pour la santé publique, d’où la nécessité de poursuivre les activités de prévention. L’immunisation est essentielle à la protection de tous les Canadiens contre les maladies évitables par la vaccination.

L’immunisation : une protection collective

Les vaccins offrent une protection contre les maladies infectieuses qu’ils ciblent directement. La protection ne se limite pas aux personnes immunisées, elle peut aussi être bénéfique aux autres membres de la populationNote de bas de page 1-Note de bas de page 4. La vaccination est un processus qui « consiste à immuniser une personne contre une maladie infectieuse, généralement en lui administrant un vaccinNote de bas de page 3 ».

Les vaccins entraînent une réaction immunitaire qui confère une protection contre l’infectionNote de bas de page 5, Note de bas de page 6. Le système immunitaire de l’organisme fabrique des anticorps dans deux situations : en réaction à une infection ou en réaction à un vaccinNote de bas de page 5, Note de bas de page 7. La vaccination est le moyen le plus sûr de stimuler la production d’anticorps, car la personne immunisée n’a pas à subir la maladie ni ses possibles complications (p. ex. le risque d’incapacité ou de décès)Note de bas de page 5, Note de bas de page 7. Après avoir été vacciné, l’organisme instaure son propre système de défense en produisant des anticorps qui gardent en mémoire comment attaquer la bactérie ou le virus en causeNote de bas de page 5, Note de bas de page 7. Lorsque ce micro-organisme qui cause la maladie pénètre dans l’organisme, le système de défense sait comment le combattreNote de bas de page 5, Note de bas de page 7.

Généralement, le système immunitaire se souvient à vie de la façon d’attaquer une bactérie ou un virusNote de bas de page 5, Note de bas de page 7, mais il arrive qu’il ait besoin d’un rappel (p. ex. tous les 10 ans dans le cas de la diphtérie et du tétanos)Note de bas de page 6, Note de bas de page 7. Certains vaccins, comme ceux utilisés pour prévenir la grippe, doivent être administrés annuellement chez l’adulte et chez l’enfant, car le virus responsable de la maladie se transforme continuellement. De nouveaux vaccins contre les nouvelles souches sont donc nécessaires chaque annéeNote de bas de page 7.

À mesure que le nombre de personnes immunisées augmente, le risque de transmission des maladies infectieuses diminue. La collectivité devient plus résistante à la maladie et offre une protection aux personnes qui ne peuvent être immunisées pour des raisons de santé (p. ex. une maladie, une allergie ou l’âge). C’est ce qu’on appelle l’immunité collectiveNote de bas de page 2, Note de bas de page 7-Note de bas de page 9. Cependant, la proportion de la population devant être immunisée pour que l’on atteigne le seuil d’immunité collective varie en fonction de la maladie infectieuse et des caractéristiques de sa transmission. En principe, il est préférable d’obtenir la plus grande couverture possible dans le cas d’une maladie évitable par la vaccinationNote de bas de page 7, Note de bas de page 8. En effet, un taux de couverture vaccinale élevé dans une région ou un pays donné peut s’avérer bénéfique à d’autres régions ou pays, et cela est d’autant plus important que les maladies infectieuses peuvent facilement se propager au-delà des frontières en raison du commerce international, de la migration et des voyages à l’étrangerNote en bas de page 2.

L’efficacité des vaccins et les programmes d’immunisation

Il a été prouvé que l’immunisation est rentable, car elle augmente la longévité, améliore la qualité de vie et sauve des viesNote de bas de page 2, Note de bas de page 4, Note de bas de page 10, Note de bas de page 11. Elle peut aussi contribuer à diminuer la pression exercée sur le système de santé (p. ex. en réduisant le recours aux antibiotiques et le nombre d’hospitalisations et d’incapacités à long terme)Note de bas de page 4, Note de bas de page 10-Note de bas de page 12. En plus de prévenir les maladies, de réduire la mortalité et de limiter les coûts directs liés aux soins de santé, l’immunisation peut entraîner des retombées économiques dans d’autres domaines, par exemple en éducation (les enfants en bonne santé réussissent généralement mieux à l’école) et au travail (en réduisant la perte de revenu et de productivité attribuable à la maladie)Note de bas de page 2, Note de bas de page 4, Note de bas de page 11, Note de bas de page 12.

En général, les programmes d’immunisation se comparent avantageusement aux autres interventions en santé publique pour ce qui est des coûts par année de vie sauvée. Par conséquent, il est assez évident que les vaccins peu coûteux contre des maladies courantes (p. ex. la rougeole, la rubéole et les oreillons) devraient être intégrés aux programmes d’immunisation financés par les fonds publicsNote de bas de page 1, Note de bas de page 4, Note de bas de page 11, Note de bas de page 13. Cela dit, certains nouveaux vaccins relativement coûteux (comme le vaccin contre la méningite) sont bénéfiques pour la santé, mais leur coût net par cas évité n’est pas toujours avantageuxNote de bas de page 1, Note de bas de page 13, Note de bas de page 14. La décision d’inclure ces vaccins dans les programmes d’immunisation financés par l’État repose donc sur l’assentiment de la population et la volonté générale de payer pour en retirer les bienfaitsNote de bas de page 1.

Le Comité consultatif national de l’immunisation est un organisme scientifique et technique constitué d’experts dans les domaines de la pédiatrie, de l’infectiologie, de l’immunologie et de la santé publique. Le Comité fournit en permanence des conseils médicaux, scientifiques et en santé publique sur les vaccins autorisés au Canada, y compris le calendrier vaccinal des personnes qui présentent un risque particulier attribuable à leur profession, leurs déplacements, leurs maladies sous‑jacentes, leur mode de vie ou leur âgeNote de bas de page 15, Note de bas de page 16.

Les comités d’examen et les comités d’experts en vaccination, comme le Comité consultatif national de l’immunisation, doivent tenir compte de nombreux facteurs lorsqu’ils formulent des recommandations. Ils doivent discuter des nouveaux vaccins à recommander, du type de couverture (toute la population ou seulement les groupes à risque), des combinaisons de vaccins ainsi que des schémas et des méthodes d’administration. Il est important que les nouveaux vaccins et les nouveaux programmes soient soigneusement évalués et que les chercheurs et les responsables de l’élaboration des politiques collaborent afin de cerner les programmes qui apportent le plus d’avantages à moindre coûtNote de bas de page 1, Note de bas de page 13.

Le vaccin idéal offrirait une protection à vie contre une maladie après l’administration d’une seule dose. Il ne présenterait aucun effet indésirable et serait efficace chez toutes les personnes immunisées, y compris les nourrissons et les personnes âgées. Il serait peu coûteux, facile à administrer et stable pendant le transport et la conservation. Les chercheurs et les fabricants de vaccins travaillent sans relâche à améliorer l’efficacité des vaccins; entre‑temps, les vaccins qui existent actuellement sauvent des vies. L’innocuité des vaccins et l’efficacité des programmes d’immunisation doivent être sans cesse évaluées afin d’en tirer les plus grands bienfaitsNote de bas de page 1, Note de bas de page 17.

L’immunisation en santé publique : d’hier à aujourd’hui

La santé publique se définit comme étant les efforts organisés d’une société pour maintenir les gens en bonne santé et prévenir les blessures, les maladies et les décès prématurés. Il s’agit d’un ensemble de programmes, de services et de politiques conçus pour protéger et promouvoir la santéNote de bas de page 18, Note de bas de page 19. L’amélioration des pratiques d’hygiène et d’assainissement, l’accès à des aliments plus nutritifs et plus salubres, la hausse du niveau de vie, la mise au point de nouveaux antibiotiques et la réalisation d’autres progrès dans le domaine médical sont autant de facteurs qui ont aidé les Canadiens à améliorer leur santéNote de bas de page 20. Les vaccins y ont également contribué en réduisant et, bien souvent, en stoppant la propagation de maladies infectieusesNote de bas de page 21.

La réduction des cas de maladies évitables par la vaccination

L’incidence de diverses maladies infectieuses a chuté de façon spectaculaire après que l’usage des vaccins s’est répandu au Canada (voir le tableau 1)Note de bas de page 1, Note de bas de page 21-Note de bas de page 28. Grâce à des outils novateurs, à l’éducation, à la formation ainsi qu’à des stratégies efficaces d’administration de vaccins, le nombre de cas de maladies infectieuses courantes qui, autrefois, étaient une cause importante de maladie et de mortalité, en particulier chez les enfants, a diminué considérablementNote de bas de page 1, Note de bas de page 29.

La prévention des maladies est une fonction essentielle en santé publique. L’immunisation s’est révélée une protection efficace contre de nombreuses maladies infectieuses et a permis d’obtenir des résultats remarquables. Il est maintenant possible de prévenir par la vaccination des maladies infectieuses courantes qui, autrefois, étaient une importante cause de morbidité et de mortalité au Canada, en particulier chez les enfants. Toutefois, les maladies évitables par la vaccination demeurent une préoccupation pour la santé publique, d’où la nécessité de poursuivre les activités de prévention. L’immunisation est essentielle à la protection de tous les Canadiens contre les maladies évitables par la vaccination.

L’immunisation : une protection collective

Les vaccins offrent une protection contre les maladies infectieuses qu’ils ciblent directement. La protection ne se limite pas aux personnes immunisées, elle peut aussi être bénéfique aux autres membres de la populationNote de bas de page 1-Note de bas de page 4. La vaccination est un processus qui « consiste à immuniser une personne contre une maladie infectieuse, généralement en lui administrant un vaccinNote de bas de page 3 ».

Les vaccins entraînent une réaction immunitaire qui confère une protection contre l’infectionNote de bas de page 5, Note de bas de page 6. Le système immunitaire de l’organisme fabrique des anticorps dans deux situations : en réaction à une infection ou en réaction à un vaccinNote de bas de page 5, Note de bas de page 7. La vaccination est le moyen le plus sûr de stimuler la production d’anticorps, car la personne immunisée n’a pas à subir la maladie ni ses possibles complications (p. ex. le risque d’incapacité ou de décès)Note de bas de page 5, Note de bas de page 7. Après avoir été vacciné, l’organisme instaure son propre système de défense en produisant des anticorps qui gardent en mémoire comment attaquer la bactérie ou le virus en causeNote de bas de page 5, Note de bas de page 7. Lorsque ce micro-organisme qui cause la maladie pénètre dans l’organisme, le système de défense sait comment le combattreNote de bas de page 5, Note de bas de page 7.

Généralement, le système immunitaire se souvient à vie de la façon d’attaquer une bactérie ou un virusNote de bas de page 5, Note de bas de page 7, mais il arrive qu’il ait besoin d’un rappel (p. ex. tous les 10 ans dans le cas de la diphtérie et du tétanos)Note de bas de page 6, Note de bas de page 7. Certains vaccins, comme ceux utilisés pour prévenir la grippe, doivent être administrés annuellement chez l’adulte et chez l’enfant, car le virus responsable de la maladie se transforme continuellement. De nouveaux vaccins contre les nouvelles souches sont donc nécessaires chaque annéeNote de bas de page 7.

À mesure que le nombre de personnes immunisées augmente, le risque de transmission des maladies infectieuses diminue. La collectivité devient plus résistante à la maladie et offre une protection aux personnes qui ne peuvent être immunisées pour des raisons de santé (p. ex. une maladie, une allergie ou l’âge). C’est ce qu’on appelle l’immunité collectiveNote de bas de page 2, Note de bas de page 7-Note de bas de page 9. Cependant, la proportion de la population devant être immunisée pour que l’on atteigne le seuil d’immunité collective varie en fonction de la maladie infectieuse et des caractéristiques de sa transmission. En principe, il est préférable d’obtenir la plus grande couverture possible dans le cas d’une maladie évitable par la vaccinationNote de bas de page 7, Note de bas de page 8. En effet, un taux de couverture vaccinale élevé dans une région ou un pays donné peut s’avérer bénéfique à d’autres régions ou pays, et cela est d’autant plus important que les maladies infectieuses peuvent facilement se propager au-delà des frontières en raison du commerce international, de la migration et des voyages à l’étrangerNote en bas de page 2.

L’efficacité des vaccins et les programmes d’immunisation

Il a été prouvé que l’immunisation est rentable, car elle augmente la longévité, améliore la qualité de vie et sauve des viesNote de bas de page 2, Note de bas de page 4, Note de bas de page 10, Note de bas de page 11. Elle peut aussi contribuer à diminuer la pression exercée sur le système de santé (p. ex. en réduisant le recours aux antibiotiques et le nombre d’hospitalisations et d’incapacités à long terme)Note de bas de page 4, Note de bas de page 10-Note de bas de page 12. En plus de prévenir les maladies, de réduire la mortalité et de limiter les coûts directs liés aux soins de santé, l’immunisation peut entraîner des retombées économiques dans d’autres domaines, par exemple en éducation (les enfants en bonne santé réussissent généralement mieux à l’école) et au travail (en réduisant la perte de revenu et de productivité attribuable à la maladie)Note de bas de page 2, Note de bas de page 4, Note de bas de page 11, Note de bas de page 12.

En général, les programmes d’immunisation se comparent avantageusement aux autres interventions en santé publique pour ce qui est des coûts par année de vie sauvée. Par conséquent, il est assez évident que les vaccins peu coûteux contre des maladies courantes (p. ex. la rougeole, la rubéole et les oreillons) devraient être intégrés aux programmes d’immunisation financés par les fonds publicsNote de bas de page 1, Note de bas de page 4, Note de bas de page 11, Note de bas de page 13. Cela dit, certains nouveaux vaccins relativement coûteux (comme le vaccin contre la méningite) sont bénéfiques pour la santé, mais leur coût net par cas évité n’est pas toujours avantageuxNote de bas de page 1, Note de bas de page 13, Note de bas de page 14. La décision d’inclure ces vaccins dans les programmes d’immunisation financés par l’État repose donc sur l’assentiment de la population et la volonté générale de payer pour en retirer les bienfaitsNote de bas de page 1.

Les comités d’examen et les comités d’experts en vaccination, comme le Comité consultatif national de l’immunisation, doivent tenir compte de nombreux facteurs lorsqu’ils formulent des recommandations. Ils doivent discuter des nouveaux vaccins à recommander, du type de couverture (toute la population ou seulement les groupes à risque), des combinaisons de vaccins ainsi que des schémas et des méthodes d’administration. Il est important que les nouveaux vaccins et les nouveaux programmes soient soigneusement évalués et que les chercheurs et les responsables de l’élaboration des politiques collaborent afin de cerner les programmes qui apportent le plus d’avantages à moindre coûtNote de bas de page 1, Note de bas de page 13.

Le Comité consultatif national de l’immunisation est un organisme scientifique et technique constitué d’experts dans les domaines de la pédiatrie, de l’infectiologie, de l’immunologie et de la santé publique. Le Comité fournit en permanence des conseils médicaux, scientifiques et en santé publique sur les vaccins autorisés au Canada, y compris le calendrier vaccinal des personnes qui présentent un risque particulier attribuable à leur profession, leurs déplacements, leurs maladies sous‑jacentes, leur mode de vie ou leur âgeNote de bas de page 15, Note de bas de page 16.

Le vaccin idéal offrirait une protection à vie contre une maladie après l’administration d’une seule dose. Il ne présenterait aucun effet indésirable et serait efficace chez toutes les personnes immunisées, y compris les nourrissons et les personnes âgées. Il serait peu coûteux, facile à administrer et stable pendant le transport et la conservation. Les chercheurs et les fabricants de vaccins travaillent sans relâche à améliorer l’efficacité des vaccins; entre‑temps, les vaccins qui existent actuellement sauvent des vies. L’innocuité des vaccins et l’efficacité des programmes d’immunisation doivent être sans cesse évaluées afin d’en tirer les plus grands bienfaitsNote de bas de page 1, Note de bas de page 17.

L’immunisation en santé publique : d’hier à aujourd’hui

La santé publique se définit comme étant les efforts organisés d’une société pour maintenir les gens en bonne santé et prévenir les blessures, les maladies et les décès prématurés. Il s’agit d’un ensemble de programmes, de services et de politiques conçus pour protéger et promouvoir la santéNote de bas de page 18, Note de bas de page 19. L’amélioration des pratiques d’hygiène et d’assainissement, l’accès à des aliments plus nutritifs et plus salubres, la hausse du niveau de vie, la mise au point de nouveaux antibiotiques et la réalisation d’autres progrès dans le domaine médical sont autant de facteurs qui ont aidé les Canadiens à améliorer leur santéNote de bas de page 20. Les vaccins y ont également contribué en réduisant et, bien souvent, en stoppant la propagation de maladies infectieusesNote de bas de page 21.

La réduction des cas de maladies évitables par la vaccination

L’incidence de diverses maladies infectieuses a chuté de façon spectaculaire après que l’usage des vaccins s’est répandu au Canada (voir le tableau 1)Note de bas de page 1, Note de bas de page 21-Note de bas de page 28. Grâce à des outils novateurs, à l’éducation, à la formation ainsi qu’à des stratégies efficaces d’administration de vaccins, le nombre de cas de maladies infectieuses courantes qui, autrefois, étaient une cause importante de maladie et de mortalité, en particulier chez les enfants, a diminué considérablementNote de bas de page 1, Note de bas de page 29.

Tableau 1 Incidence de certaines maladies évitables par la vaccination au Canada, période précédant l’arrivée du vaccin et période s’étalant de 2007 à 2011 Note de bas de page 1, Note de bas de page 22-Note de bas de page 28, Note de bas de page 30, Note de bas de page 31
Maladie Avant l’arrivée du vaccinTableau 1 - Note *
Nombre maximal de cas par année
2007-2011
Nombre maximal de cas par année
*Cinq ans avant l’arrivée du vaccin.
Coqueluche 19 878
(1938-1942)
1 967
Diphtérie 9 010
(1925-1929)
4
Embryopathie rubéolique 29
(1979-1983)
0
Infection à Hæmophilus influenzæ de type B
(enfants de moins de cinq ans)
526
(1986-1990)
12
Oreillons 43 671
(1950-1954)
1 110
Poliomyélite 1 584
(1950-1954)
0
Rougeole 61 370
(1950-1954)
750
Rubéole 37 917
(1950-1954)
12
Tétanos 19
(1957-1961)
6

Comme l’incidence des maladies évitables par la vaccination diminue après la mise en œuvre de programmes d’immunisation efficaces, les Canadiens pourraient relâcher leur vigilance et remettre en question le rôle des vaccins dans les soins de santé préventifs. Cette attitude pourrait entraîner une diminution de la couverture vaccinale et la résurgence des maladiesNote de bas de page 1, Note de bas de page 7, Note de bas de page 10, Note de bas de page 32-Note de bas de page 34. Les virus et les bactéries à l’origine de ces maladies sont encore répandus et circulent au Canada et ailleurs dans le monde, ce qui signifie que les personnes non immunisées courent le risque d’être infectéesNote de bas de page 7, Note de bas de page 35.

Les récentes éclosions de rougeole survenues au Canada illustrent l’importance de demeurer vigilantNote de bas de page 24. Le virus de la rougeole est extrêmement contagieux, et les complications de la maladie sont parfois très graves; elles peuvent nécessiter une hospitalisation et peuvent même causer la mortNote de bas de page 24, Note de bas de page 36. Avant 1963, année de l’introduction du vaccin au Canada, la rougeole était répandue, et on assistait à de grandes épidémies tous les deux ou trois ansNote de bas de page 24, Note de bas de page 31, Note de bas de page 36. L’immunisation a entraîné une baisse considérable du taux d’incidence de la rougeole (voir la figure 1)Note de bas de page 24, Note de bas de page 36-Note de bas de page 38. Cependant, depuis 2005, on a constaté plusieurs éclosions de rougeole, dont neuf d’importance (voir l’encadré intitulé « Rougeole : un appel à la vigilance »)Note de bas de page 24. Tant que la rougeole et d’autres maladies évitables par la vaccination n’auront pas été éradiquées à l’échelle mondiale, les Canadiens seront à risque. L’immunisation représente une protection sûre contre l’apparition ou la réapparition de maladies infectieusesNote de bas de page 24.

Rougeole : un appel à la vigilance

Le Canada a beaucoup progressé dans la prévention et le contrôle de la rougeole. Ce succès est largement attribuable à l’interruption de la transmission de la rougeole, rendue possible grâce aux programmes d’immunisation systématique des nourrissons et des enfants qui ont permis une plus grande couverture vaccinaleNote de bas de page 1, Note de bas de page 24. Néanmoins, on assiste périodiquement à des éclosions de rougeole au CanadaNote de bas de page 24. Par exemple, dans les dernières années, le Québec, la Colombie‑Britannique et l’Ontario ont connu des éclosions en 2011, 2010 et 2008, respectivementNote de bas de page 24. Dans l’ensemble, de 2005 à 2011, 1 046 cas confirmés de rougeole ont été signalés au CanadaNote de bas de page 24. En mars 2012, plus de 776 cas avaient été enregistrés au QuébecNote de bas de page 39. Il s’agit de la plus importante éclosion de rougeole en Amérique depuis 2002Note de bas de page 40.

À l’échelle mondiale, la rougeole demeure une des principales causes de mortalité chez les enfantsNote de bas de page 10, Note de bas de page 24. L’Organisation mondiale de la Santé s’était donné pour objectif de réduire, à l’échelle planétaire, le taux de mortalité associée à la rougeole de 90 % en 2010 (comparativement au taux de 2000)Note de bas de page 10, Note de bas de page 24. Cet objectif n’a pas été atteint, mais le nombre de décès attribuables à la rougeole a diminué de 74 %, passant de 535 300 décès en 2000 à 139 300 décès en 2010Note de bas de page 24. Tant que les gens voyageront à l’étranger, la rougeole continuera de circuler et d’être importée au Canada. Par conséquent, la meilleure protection demeure l’immunisationNote de bas de page 1, Note de bas de page 24.

Figure 1 Taux d’incidence de la rougeole (pour 1 000 000 habitants), par année, de 1924 à 2011 et année de l’introduction du vaccin au CanadaNote de bas de page 24, Note de bas de page 31, Note de bas de page 37, Note de bas de page 38

Figure 1
Équivalent textuel - Figure 1

Avant l’introduction du vaccin contre la rougeole, en 1963-1964, l’incidence de cette maladie présentait un profil cyclique, caractérisé par un pic tous les 2 ou 3 ans. Depuis l’introduction du vaccin, l’incidence de la rougeole a diminué considérablement. D’autres diminutions ont également été observées, soit après l’introduction de la vaccination systématique en une dose par le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons en 1983 et après l’introduction de la vaccination systématique en deux doses par ce même vaccin en 1996-1997 dans les provinces et les territoires. Le taux d’incidence est passé de 3 800 cas pour 1 000 000 d’habitants entre 1924 et 1958 à 68 cas pour 1 000 000 d’habitants entre 1984 et 2011. Note : La rougeole n’était pas une maladie à déclaration obligatoire à l’échelle nationale entre 1959 et 1968.

* Le Canada a approuvé l’utilisation du vaccin à virus vivant en 1963, puis celle du vaccin à virus tué en 1964. En raison de son accès limité, le vaccin à virus tué a été abandonné à la fin des années 1970. Au début des années 1970, les provinces et les territoires ont intégré à leurs programmes d’immunisation systématique le schéma à une dose du vaccin à virus vivant et, en 1983, celui du vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO).

Remarque : La rougeole n’était pas une maladie à déclaration obligatoire au pays de 1959 à 1968.

L’augmentation et le maintien de la couverture vaccinale

La vaccination systématique des enfants est une pratique courante communément acceptée au CanadaNote de bas de page 1, Note de bas de page 15. Une immunisation adéquate et en temps opportun est nécessaire pour protéger les nourrissons et les enfants contre les maladies évitables par la vaccinationNote de bas de page 1, Note de bas de page 41-Note de bas de page 43. Les nouveau‑nés sont protégés contre de nombreuses maladies en raison des anticorps transmis par leur mère, mais cette immunité disparaît dans la première année de vieNote de bas de page 1, Note de bas de page 42. Il est important pour les parents et les fournisseurs de soins de s’assurer que le carnet de vaccination des enfants est maintenu à jour. C’est également une bonne occasion pour les parents de vérifier leur propre calendrier vaccinalNote de bas de page 1, Note de bas de page 41.

La prévention des maladies par l’immunisation est un processus qui dure toute la vieNote de bas de page 1. La proportion de personnes âgées de 65 ans et plus augmente plus rapidement que celle de tous les autres groupes d’âge et, si les prévisions démographiques se maintiennent, le nombre d’aînés dépassera celui des enfants au Canada d’ici à 2015Note de bas de page 44. Pour prévenir les infections et endiguer la propagation des maladies, les Canadiens doivent être informés de l’existence des programmes d’immunisation au-delà de l’enfance et être encouragés à y prendre partNote de bas de page 1, Note de bas de page 45. Les mesures d’immunisation devraient cibler tout particulièrement les groupes à risque élevé au Canada, par exemple les fournisseurs de soins de santé, les nouveaux arrivants, les voyageurs internationaux et certaines populations qui, en raison de la faible couverture vaccinale, sont susceptibles de contracter une maladie évitable par la vaccinationNote de bas de page 1, Note de bas de page 46-Note de bas de page 48.

Plusieurs vaccins (rappels ou doses annuelles) sont recommandés chez les personnes âgées de 15 ans et plus. Sans ces vaccins, les Canadiens sont vulnérables aux maladies infectieuses, comme les infections pneumococciques, la coqueluche et la grippe. À titre d’exemple, les adultes ont besoin de se faire vacciner contre le tétanos tous les 10 ans pour demeurer protégésNote de bas de page 1, Note de bas de page 49. De 2000 à 2011, 97 % des cas de tétanos déclarés au Canada concernaient des personnes âgées de 20 ans et plusNote de bas de page 30. Pour atteindre et maintenir une couverture vaccinale adéquate, il est donc nécessaire d’améliorer la coordination des programmes d’immunisation chez l’adulte, d’instaurer des stratégies d’administration et de cerner les obstacles à l’acceptation des vaccinsNote de bas de page 1, Note de bas de page 29, Note de bas de page 45.

Les taux d’immunisation contre la grippe saisonnière sont relativement faibles au Canada, même dans les groupes à risque élevéNote de bas de page 50. On estime que, en 2011, 30 % des Canadiens âgés de 12 ans et plus avaient reçu le vaccin contre la grippe dans l’année précédenteNote de bas de page 51. On encourage tous les Canadiens à se faire vacciner chaque année contre la grippe, en particulier s’ils présentent un risque élevé de complications liées à la grippe, s’ils sont susceptibles de transmettre le virus à des personnes à risque ou s’ils offrent des services essentiels à la collectivitéNote de bas de page 52. Chez les nourrissons, les personnes âgées et les personnes atteintes d’une affection médicale sous‑jacente, la grippe peut s’aggraver et entraîner la mortNote de bas de page 52-Note de bas de page 55. Même les personnes jeunes et en bonne santé sont à risqueNote de bas de page 52, Note de bas de page 54. Certains Canadiens croient peut‑être que le vaccin est facultatif ou qu’il n’est pas aussi indispensable que les autres vaccinsNote de bas de page 56. Cependant, la vaccination annuelle est la meilleure protection contre la grippe, et plus le nombre de Canadiens vaccinés sera élevé, mieux la collectivité sera protégéeNote de bas de page 52, Note de bas de page 54. Afin d’accroître la couverture vaccinale et la maintenir à un taux élevé, il faut accorder une plus grande attention à l’éducation et à la sensibilisation de la populationNote de bas de page 56, Note de bas de page 57.

Il est crucial de connaître les raisons pour lesquelles les Canadiens acceptent ou refusent la prise de vaccins afin de savoir comment élaborer des stratégies d’immunisation efficaces et comment les évaluer et les promouvoirNote de bas de page 56. La réticence à la vaccination peut s’expliquer par plusieurs raisons, notamment les croyances, les valeurs, les opinions, les choix quant au mode de vie et les points de vue personnels concernant les soins de santé parallèles. Elle peut aussi être attribuable à des préoccupations au sujet de l’innocuité des vaccins, à la perception d’un faible risque de maladie et à la crainte d’une surcharge immunogène chez l’enfantNote de bas de page 33, Note de bas de page 34, Note de bas de page 56, Note de bas de page 58-Note de bas de page 61. Des stratégies permettant de cerner et de surmonter les obstacles à l'immunisation complète sont nécessairesNote de bas de page 1, Note de bas de page 33, Note de bas de page 57. Il pourrait être avantageux de combiner plus d’une approche, par exemple de présenter les recommandations de professionnels de la santé (c’est-à-dire des médecins, des infirmiers, des pharmaciens), de mieux faire connaître les risques et les avantages de la vaccination, de diffuser des messages ciblés à l’intention de certains groupes, de multiplier les occasions de vaccination, de coordonner les programmes d’immunisation à l’échelle du Canada et d’avoir accès à des dossiers de vaccination, des bases de données et des systèmes d’information qui soient à jourNote de bas de page 1, Note de bas de page 60.

L’immunisation : une responsabilité partagée

Stratégie nationale d’immunisation du Canada

En 2003, le Canada a lancé la Stratégie nationale d’immunisation, fruit d’une collaboration entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, afin d’instaurer des approches cohérentes et exhaustives pour la planification de l’immunisation, la mise en œuvre de la vaccination, l’achat de vaccins et l’éducationNote de bas de page 62-Note de bas de page 64. Au cours des 10 dernières années, la Stratégie a permis de bâtir de solides partenariats entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux et d’autres intervenants clés, contribuant ainsi à améliorer l’accès aux vaccins aux quatre coins du pays ainsi que l’efficacité et la capacité de rendement des programmes d’immunisationNote de bas de page 63-Note de bas de page 65.

Dans l’ensemble, au Canada, l’immunisation est un grand succès de santé publique. Cependant, l’avenir réserve de nouveaux défis et des occasions d’améliorer la situation. La perpétuation de cette réussite dépend des efforts concertés de tous les ordres de gouvernement, de chercheurs, de professionnels de la santé et de la population.

Le maintien de l’efficacité et de l’innocuité des vaccins

La préoccupation première des intervenants qui œuvrent dans le domaine de la vaccination est l’efficacité et l’innocuité des vaccinsNote de bas de page 66. Comme l’incidence des maladies évitables par la vaccination est à la baisse, c’est l’innocuité des vaccins qui retient actuellement l’intérêt de la population et des médias de masseNote de bas de page 60. Les risques perçus liés à la vaccination peuvent capter autant l’attention, sinon plus, que les véritables risques. Cette impression peut être difficile à dissiper malgré des preuves scientifiques crédibles et peut susciter, au sein de la population, une réticence à se faire vacciner et une perte de confiance dans la vaccinationNote de bas de page 1. Ces éléments, à leur tour, sont susceptibles de saper la réussite continue des programmes d’immunisationNote de bas de page 1, Note de bas de page 32, Note de bas de page 67.

Au Canada, beaucoup de vaccins ont été utilisés pendant des décennies sans preuve d’effets indésirables à long termeNote de bas de page 1, Note de bas de page 66, Note de bas de page 68, Note de bas de page 69. Même s’il est généralement reconnu qu’aucun vaccin n’est efficace ni sûr à 100 %, les vaccins présentent beaucoup moins de risques que les maladies qu’ils préviennent. Pour la majorité des Canadiens, les vaccins offrent une protection efficace et sécuritaire contre les maladies évitables par la vaccinationNote de bas de page 1, Note de bas de page 9, Note de bas de page 66, Note de bas de page 70, Note de bas de page 71. Les effets indésirables les plus fréquents à court terme sont l’érythème, l’œdème et la douleur au point d’injection. Les réactions graves se manifestant après l’immunisation sont toutefois raresNote de bas de page 1, Note de bas de page 72.

Les vaccins sont mis au point dans le respect des normes les plus élevées, et leur innocuité fait l’objet de surveillance continue au Canada et ailleurs dans le mondeNote de bas de page 1, Note de bas de page 66. En moyenne, il peut s’écouler 10 ans avant qu’un vaccin soit autorisé au Canada, cette période étant nécessaire pour la collecte de données et de preuvesNote de bas de page 71. Après l’approbation d’un vaccin par Santé Canada, au terme d’un processus réglementaire, divers organes de surveillance entrent en jeu et en vérifient l’innocuité. Parmi ceux-ci, citons le Système canadien de surveillance des effets secondaires suivant l’immunisation et le Programme canadien de surveillance active de l’immunisation, qui regroupe des hôpitaux pédiatriquesNote de bas de page 1, Note de bas de page 66, Note de bas de page 71, Note de bas de page 75-Note de bas de page 77.

Démythifier les vaccins

Les résultats de récents travaux de recherche faisant appel à des méthodes scientifiques exhaustives et l’examen d’études menées aux quatre coins du monde ont permis de briser certains mythes concernant la vaccination, notamment en confirmant ce qui suitNote de bas de page 1, Note de bas de page 68, Note de bas de page 69, Note de bas de page 73, Note de bas de page 74 :

  • le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons NE cause PAS l’autisme;
  • le vaccin contre l’hépatite B NE cause NI la sclérose en plaques NI une rechute chez les personnes atteintes de cette maladie;
  • le vaccin contre la coqueluche (DCaT, dcaT) N’entraîne PAS de lésions au cerveau;
  • le vaccin antigrippal NE donne PAS la grippe saisonnière;
  • les vaccins administrés aux enfants N’augmentent PAS le risque d’asthme;
  • la vaccination NE cause PAS le syndrome de mort subite du nourrisson.

Bien que les vaccins utilisés actuellement au Canada soient efficaces, nous devons poursuivre nos efforts afin de mettre au point des vaccins encore meilleurs. Il est également essentiel d’explorer sans cesse de nouvelles façons d’optimiser les systèmes de surveillance afin d’être en mesure d’intervenir plus efficacement en cas d’événements indésirables. Une communication efficace à propos de l’innocuité des vaccins et des activités de surveillance aiderait à améliorer et maintenir la confiance des professionnels et de la population.

La confiance, l’éducation et la sensibilisation de la population

Les médias sociaux permettent d’échanger de l’information en continu, mais la fiabilité de leur contenu n’est pas toujours assurée. Certains médias détournent l’attention portée à l’efficacité de l’immunisation vers d’autres sujets, comme la réticence accrue à la vaccination ou l’augmentation des soupçons à propos des effets indésirables qui peuvent en résulter. Ce type d’approche peut avoir des répercussions sur la perception que la population se fait des vaccins et sur la confiance qu’elle leur accordeNote de bas de page 1, Note de bas de page 34, Note de bas de page 57.

L’éducation et la communication efficace sont des éléments de première importance. Il est en effet essentiel de trouver de nouvelles façons de renseigner les Canadiens sur les maladies évitables par la vaccination, les programmes d’immunisation et l’efficacité des vaccins afin de contrer les conséquences possibles d’une désinformation ou d’une perte de confianceNote de bas de page 1, Note de bas de page 57. Pour que le message passe, les renseignements doivent être actuels, visibles et faciles à comprendre et ils doivent s’appuyer sur des données probantesNote de bas de page 57.

Un rendez‑vous de santé au cours duquel une personne admissible à la vaccination n’est pas vaccinée est considéré comme une occasion ratée. Ce manque d’opportunisme empêche l’atteinte d’une couverture vaccinale optimaleNote de bas de page 59. Il faut également disposer de ressources éducatives standardisées et de grande qualité pour aider les professionnels de la santé à renseigner efficacement la population au sujet de l’immunisation. La transparence à l’égard des risques et des avantages de l’immunisation et la diffusion de messages clairs et ciblés à l’intention de certains groupes sont essentielles pour informer les Canadiens et préserver le lien de confianceNote de bas de page 1, Note de bas de page 57. Ces ressources pourraient être utilisées par les professionnels de la santé pour présenter à la population de l’information sur l’efficacité et l’innocuité des vaccins fondée sur des données probantesNote de bas de page 1. De même, les fournisseurs de soins de santé pourraient expliquer aux patients que rien ne peut remplacer l’immunisation et que, même si d’autres traitements existaient, ils ne sauraient être aussi efficaces.

Fausse controverse à propos du vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons

En 1998, la revue médicale britannique The Lancet a publié une étude du Dr Andrew Wakefield qui prétendait établir un lien entre le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons et l’autisme. L’étude a été discréditée, et les responsables de la revue ont retiré l’article du Dr Wakefield en 2010. Cependant, après la parution de l’article en question, les taux de vaccination ont chuté en Grande‑Bretagne, et les maladies que le vaccin contribuait à prévenir ont connu une forte recrudescence. Les répercussions sur les taux d’immunisation se sont fait sentir partout dans le mondeNote de bas de page 1, Note de bas de page 32, Note de bas de page 67.

Les chercheurs en médecine et les scientifiques du monde entier ont conclu qu’il n’existe aucune preuve d’un lien quelconque entre le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons et l’autisme. Les vaccins utilisés pour protéger les enfants de la rougeole, de la rubéole et des oreillons sont efficaces et sûrsNote de bas de page 1, Note de bas de page 66, Note de bas de page 67, Note de bas de page 69, Note de bas de page 73.

Une meilleure coordination des programmes d’immunisation

Au Canada, les recommandations concernant les vaccins sont formulées par le Comité consultatif national de l’immunisationNote de bas de page 16. Les provinces et les territoires demeurent responsables des décisions qui concernent les programmes d’immunisation en se fondant sur les évaluations et les recommandations des comités consultatifs scientifiques ou des responsables de l’immunisation qu’ils ont mandatés. Les programmes d’immunisation qu’ils mettent en œuvre tiennent compte de leurs objectifs, leurs politiques et leurs stratégies ainsi que du contexte épidémiologique et financierNote de bas de page 61, Note de bas de page 65.

Les programmes d’immunisation provinciaux ou territoriaux déterminent quels vaccins recommandés sont fournis sans frais directs aux CanadiensNote de bas de page 61, Note de bas de page 63, Note de bas de page 78. Les calendriers de vaccination sont à peu près cohérents entre les provinces et les territoires, mais les produits utilisés, la combinaison de vaccins, l’âge d’administration, le nombre de rappels, par exemple, peuvent varierNote de bas de page 1, Note de bas de page 79. Selon leur état de santé, leur profession, leurs activités ou leurs déplacements, certains Canadiens pourraient également se voir recommander d’autres vaccins, qui ne sont pas nécessairement financés par l’ÉtatNote de bas de page 1. Il est ainsi difficile d’obtenir une couverture vaccinale complète partout au pays, étant donné que, selon la province ou le territoire, certains vaccins administrés de façon systématique ou de façon ponctuelle peuvent être, ou ne pas être, financés à partir des fonds publicsNote de bas de page 61, Note de bas de page 62.

Ces dernières années, on a vu au Canada une augmentation du coût des vaccins et du nombre de nouveaux vaccins mis sur le marchéNote de bas de page 11, Note de bas de page 13. Par conséquent, les calendriers de vaccination à l’échelle du pays comportent des divergences, les provinces et les territoires devant choisir les interventions les plus appropriées aux besoins de leur populationNote de bas de page 1, Note de bas de page 79. Or, cette divergence impose un fardeau qui pourrait être évité aux systèmes de santé et aux familles et peut entraîner, selon la province, le territoire ou le groupe de population, un accès inéquitable aux vaccins. Une telle iniquité risque de semer la confusion parmi la population quant à la nécessité, l’utilité et l’innocuité de certains vaccinsNote de bas de page 1, Note de bas de page 57, Note de bas de page 63.

Une meilleure coordination des calendriers de vaccination et des programmes d’immunisation au Canada favoriserait un accès équitable aux vaccins nécessaires à tous les Canadiens. En outre, cette égalité d’accès assurerait aux Canadiens qui déménagent dans une autre province ou un autre territoire les meilleures couverture et protection possible. Les Canadiens qui restent dans leur province ou leur territoire seraient également protégés (ils sont actuellement vulnérables en raison des calendriers et des programmes de vaccination variables)Note de bas de page 57, Note de bas de page 61-Note de bas de page 63, Note de bas de page 78, Note de bas de page 79.

Des registres d’immunisation complets et compatibles

Pour obtenir des indications sur le degré de protection d’une population contre certaines maladies évitables par la vaccination, il est important d’avoir accès à des renseignements exacts et en temps opportun sur les personnes ayant été immunisées et sur le taux de couverture vaccinale de certaines régions ou de certains groupes de la population. Ces données aident à cibler les régions et les populations devant être immunisées de façon prioritaire lorsque survient une éclosion et à éviter une revaccination inutile et coûteuse. Elles permettent également de recenser tous les événements indésirables consécutifs à l’immunisationNote de bas de page 57, Note de bas de page 61, Note de bas de page 62, Note de bas de page 78, Note de bas de page 80, Note de bas de page 81.

Actuellement, six provinces et territoires disposent d’un quelconque registre d’immunisationNote de bas de page 81, Note de bas de page 82. La mise en réseau de registres complets, compatibles et accessibles entre les provinces et les territoires faciliterait le suivi des dossiers d’immunisation des personnes appelées à déménager dans une autre province ou un autre territoire. Les professionnels de la santé et les patients pourraient facilement établir quels vaccins n’ont pas été administrés, quelles doses de rappel sont nécessaires et quels nouveaux vaccins sont offertsNote de bas de page 57, Note de bas de page 81, Note de bas de page 82.

Si le Canada pouvait suivre de façon efficace le taux d’acceptation de vaccins et améliorer les données de surveillance à l’aide de registres d’immunisation compatibles et accessibles, il aurait tous les atouts en main pour examiner et évaluer les vaccins et les programmes d’immunisation. Cette nouvelle information assurerait une meilleure évaluation des programmes et donnerait l’occasion de définir de façon plus stratégique les besoins en matière d’immunisationNote de bas de page 57, Note de bas de page 81.

Pour réussir

Les maladies infectieuses peuvent avoir des conséquences sur la santé et la longévité de la population. Il est important que les Canadiens demeurent protégés, car des éclosions de maladies évitables par la vaccination peuvent survenir et surviennent effectivement au Canada. L’immunisation est une bonne mesure de prévention contre ces maladies évitables par la vaccination. Il est donc crucial de continuer à participer aux programmes d’immunisation. Chacun a un rôle à jouer à cet égard.

  • Des renseignements exacts et accessibles sur les maladies évitables par la vaccination aident les Canadiens à demeurer protégés.
  • Les professionnels de la santé et ceux qui prennent soin des personnes présentant un risque élevé de maladie doivent promouvoir l’immunisation et être immunisés afin de réduire la transmission de maladies.
  • Les professionnels de la santé doivent s’engager davantage à promouvoir la vaccination, à cerner les obstacles à l’immunisation et à trouver des façons d’y remédier.
  • Le Canada peut continuer d’améliorer ses stratégies afin de renforcer et maintenir la confiance de la population envers l’immunisation.
  • Au Canada, la coordination des calendriers de vaccination systématique et des programmes d’immunisation est une responsabilité partagée.
  • Des registres d’immunisation compatibles faciliteraient l’échange de données de surveillance au pays.
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