Introduction : Rapport de l’administrateur en chef de la santé publique sur l’état de la santé publique au Canada, 2013

Introduction

L’Agence de la santé publique du Canada a été mise sur pied en septembre 2004 dans le but de renforcer la capacité du Canada à protéger et promouvoir la santé de sa populationNote de bas de page 1-Note de bas de page 3. En 2006, la Loi sur l’Agence de la santé publique du Canada confirmait l’existence de l’Agence à titre d’entité juridique et la nomination d’un administrateur en chef de la santé publique (ACSP) (voir l’encadré intitulé « Rôle de l’administrateur en chef de la santé publique du Canada »)Note de bas de page 1. La Loi exige de l’ACSP qu’il présente un rapport annuel sur l’état de la santé publique au CanadaNote de bas de page 1.

L’objet du rapport

Chaque rapport annuel vise à mettre en évidence des questions de santé publique qui, de l’avis de l’ACSP, méritent d’être examinées en profondeur et de faire l’objet d’interventions plus poussées au Canada.

Le présent rapport traite de divers facteurs qui contribuent à une bonne santé et des moyens que peuvent prendre les Canadiens, tant individuellement que collectivement, pour améliorer la santé publique. En plus d’être un outil de sensibilisation, le rapport a pour but d’inciter à l’action, de mettre à profit les initiatives et programmes de santé existants et de générer de nouvelles solutions pour promouvoir, assurer et maintenir une santé et un bien-être optimaux au Canada.

Rôle de l’administrateur en chef de la santé publique du CanadaNote de bas de page 3

L’administrateur en chef de la santé publique :

  • est l’administrateur général de l’Agence de la santé publique du Canada; il relève de la ministre de la Santé;
  • est le premier professionnel de la santé publique du gouvernement fédéral; il offre à la ministre de la Santé et au gouvernement du Canada des conseils en la matière;
  • gère les activités quotidiennes de l’Agence de la santé publique du Canada;
  • collabore avec d’autres ordres de gouvernement, agences, organisations et pays sur des questions liées à la santé publique;
  • s’adresse à la population canadienne, aux professionnels de la santé, aux intervenants et au public sur des questions liées à la santé de la population;
  • est tenu par la loi de présenter au gouvernement du Canada un rapport annuel sur l’état de la santé publique au Canada;
  • peut rendre compte de toute question de santé publique, s’il y a lieu.

Dans une situation d’urgence menaçant la santé publique, telle qu’une éclosion de maladie infectieuse ou une catastrophe naturelle, l’administrateur en chef de la santé publique :

  • informe et conseille la ministre de la Santé du Canada et d’autres intervenants, au besoin;
  • collabore avec ses homologues d’autres ministères, ordres de gouvernement ou pays, ainsi qu’avec des experts et des représentants élus, afin d’informer les Canadiens des mesures à prendre pour se protéger et protéger leurs familles;
  • transmet de l’information sur la santé publique à la population canadienne en employant différents moyens tels que des apparitions médiatiques, des déclarations publiques, des mises à jour sur le site Web de l’Agence de la santé publique du Canada ainsi que des articles et des annonces dans des quotidiens et des journaux communautaires;
  • donne des directives au personnel de l’Agence de la santé publique du Canada, notamment aux professionnels médicaux, aux scientifiques et aux épidémiologistes, lorsqu’ils établissent des plans et interviennent en situation d’urgence;
  • dirige les téléconférences nationales organisées quotidiennement, selon les besoins, avec les scientifiques et les experts du gouvernement fédéral dans le but d’échanger de l’information et de planifier les interventions en cas d’éclosion;
  • assure la coordination auprès des autres ordres de gouvernement en tenant régulièrement des téléconférences avec les médecins-hygiénistes en chef des provinces et des territoires du Canada ainsi qu’avec d’autres intervenants.

Les sujets abordés

Le présent rapport sur l’état de la santé publique au Canada est le sixième à être produit par l’ACSP. Il traite de la façon dont les maladies infectieuses influent sur la santé publique et l’état de santé des Canadiens. Il vise également à souligner les succès remportés par le Canada et les défis qui subsistent pour mieux prévenir, contrôler et prendre en charge les maladies infectieuses.

Le rapport ne peut pas aborder toutes les questions que soulèvent les maladies infectieuses au Canada. C’est pourquoi il se limite à quelques sujets d’intérêt liés aux maladies infectieuses et à la santé publique qui, selon l’ACSP, méritent qu’on s’y attarde et exigent que des mesures soient prises. Tous les sujets sont traités de façon indépendante et sont présentés de façon à pouvoir être lus séparément. Idéalement, l’examen de ces sujets se traduira par une plus grande prise de conscience et suscitera des discussions, un engagement et une participation soutenue de la part de tous les ordres de gouvernement, des professionnels de la santé, des éducateurs, des chercheurs et des Canadiens.

Voici un résumé des sujets et aspects abordés dans le rapport.

L’immunisation et les maladies évitables par la vaccination : une protection continue

  • L’important rôle de l’immunisation dans la prévention des maladies infectieuses au Canada
  • Comment augmenter et maintenir la couverture vaccinale
  • Comment continuer d’éduquer les Canadiens au sujet des bienfaits des vaccins et accroître leur confiance dans la vaccination
  • Des stratégies pour améliorer les programmes d’immunisation au Canada

Les infections associées aux soins de santé : une diligence raisonnable

  • Comment se transmettent les infections dans les milieux de soins de santé
  • Certaines infections courantes et leurs effets
  • Comment réduire les risques d’infection et de transmission

La résistance aux antimicrobiens : une responsabilité partagée

  • Un bref historique des antimicrobiens et de la résistance à ces produits
  • Les facteurs qui ont contribué à accélérer la résistance aux antimicrobiens
  • Les modes de transmission courants des micro-organismes résistants aux antimicrobiens et les options thérapeutiques
  • Comment gérer la résistance aux antimicrobiens et en réduire au minimum les répercussions sur la population

La tuberculose : d’hier à aujourd’hui

  • La tuberculose au Canada et à l’étranger, en particulier, dans les populations vulnérables
  • Les stratégies courantes de prévention et de traitement et la prise en considération de la pharmacorésistance et des co-infections

Les infections transmises par les aliments ou l’eau : des menaces invisibles

  • Les causes courantes d’infections transmises par les aliments ou l’eau au Canada
  • Les modes de transmission des infections par les aliments ou l’eau
  • Les stratégies pour gérer et réduire au minimum la contamination des aliments et de l’eau

Les infections transmissibles sexuellement : une préoccupation constante pour la santé publique

  • Les infections transmissibles sexuellement (ITS) courantes au Canada
  • Les conséquences à court et à long terme des ITS sur la santé, y compris celles associées à une maladie chronique
  • Les stratégies et les mesures pour réduire la transmission des infections et favoriser la prise en charge de la maladie tout au long de la vie

Conclusion : poursuivre nos efforts

  • La nécessité de demeurer vigilant devant les menaces de maladies infectieuses nouvelles ou connues
  • Les thèmes communs aux six sections du rapport
  • La prévention et le contrôle des maladies infectieuses : une responsabilité qui incombe à l’industrie, au gouvernement, au système de santé et à la population
  • La nécessité d’une stratégie à long terme de lutte contre les maladies infectieuses qui s’attaque aux déterminants sociaux de la santé

Annexes A à C

  • Des données démographiques sur la population canadienne, dont l’espérance de vie et les tendances observées en matière de mauvaise santé, d’incapacité et de mortalité
  • Les déterminants qui influent sur la santé : le revenu, l’emploi, la scolarité et les comportements en matière de santé
  • Les définitions et les sources des données

Les maladies infectieuses au Canada

Le Canada a fait de grands progrès en matière de prévention et de contrôle des maladies infectieuses grâce à l’amélioration généralisée des mesures d’hygiène et d’assainissement, à la mise en place de réseaux de traitement des eaux, à l’augmentation de la salubrité des aliments, à la recherche et la mise au point de nouveaux médicaments et à l’immunisation contre les maladies évitables par la vaccinationNote de bas de page 4-Note de bas de page 6. Cependant, malgré tous ces progrès, les maladies infectieuses demeurent très préoccupantes sur le plan de la santé individuelle et de la santé publique. Chaque année, de nombreux Canadiens contractent au moins une infection. En général, ces infections sont mineures et ne sont pas signalées; par contre, certaines peuvent être graves et la plupart sont évitablesNote de bas de page 7-Note de bas de page 11. Si l’on veut préserver la santé des Canadiens et prévenir les problèmes de santé et les décès prématurés, il faudra maintenir notre engagement à réduire l’incidence et la prévalence des maladies infectieuses.

Au sujet des maladies infectieuses

Figure 1 Triangle épidémiologique des causes de maladiesNote de bas de page 12, Note de bas de page 13

Figure 1
Équivalent textuel - Figure 1

Figure 1 Triangle épidémiologique des causes de maladies

La triade épidémiologique consiste en un agent externe (virus, bactérie, champignon, parasite), un hôte vulnérable (humain, animal) et un environnement (climat, logement, milieu de soins de santé, voyages).

Les maladies infectieuses découlent d’interactions complexes entre l’agent, l’environnement et l’hôte (voir la figure 1). L’agent est un micro-organisme infectieux : un virus, une bactérie, un champignon ou un parasite. Lorsque ce micro-organisme déjoue les défenses naturelles d’un hôte (humain ou animal), il peut se multiplier et causer des problèmes de santé. Dans certains cas, un seul système ou organe du corps est atteint; dans d’autres, l’infection touche tout l’organismeNote de bas de page 14, Note de bas de page 15.

Les micro-organismes infectieux peuvent se transmettre par l’air, l’eau ou les aliments; par contact direct ou indirect avec une surface ou un objet contaminé; par un insecte ou un animal; ou par une autre personneNote de bas de page 12, Note de bas de page 16, Note de bas de page 17. Le temps pendant lequel un micro-organisme demeure contagieux et la distance qu’il parcourt dépendent de sa nature et du milieu dans lequel il est présentNote de bas de page 17.

De nombreux facteurs environnementaux peuvent favoriser la croissance et la propagation des maladies infectieuses (p. ex. les voyages à l’étranger, l’urbanisation et l’immigration; le logement; les pratiques de soins de santé et l’infrastructure de santé publique; la production et la préparation des aliments; l’usage ou le mauvais usage d’antibiotiques et l’adaptation microbienne; les comportements humains). La diversité des micro-organismes et leur capacité à évoluer et à s’adapter à des populations, des pratiques, des techniques et des milieux changeants font en sorte qu’ils menacent en permanence notre santé et minent continuellement nos efforts de prévention et de contrôle des maladies infectieusesNote de bas de page 14, Note de bas de page 18.

Pourquoi cette question est importante

Les maladies infectieuses sont préoccupantes pour la santé publique. Les inquiétudes qu’elles soulèvent (résistance des bactéries aux antibiotiques, infections associées aux soins de santé, maladies transmises par les aliments et l’eau, risques d’éclosions de maladies infectieuses ou de pandémies) exigent une attention particulière et nécessitent la prise de mesuresNote de bas de page 18. Il est essentiel de s’y attaquer dès maintenant avant que les risques et les conséquences ne prennent davantage d’ampleur. Par conséquent, le Canada doit améliorer sa capacité à prévenir les maladies infectieuses connues et à reconnaître et combattre les menaces nouvelles ou peu courantes afin de réduire le fardeau des maladies et de maintenir et améliorer la santé des CanadiensNote de bas de page 19, Note de bas de page 20.

Cette question dépasse les frontières du Canada; en effet, les maladies infectieuses sont une préoccupation planétaire. La mondialisation et son cortège de changements rapides favorisent l’apparition ou la réapparition de maladies infectieuses. Par contre, tous ces bouleversements ont aussi permis d’améliorer sensiblement les efforts de prévention et de contrôleNote de bas de page 18, Note de bas de page 19. Le Canada comprend mieux comment les infections surviennent, persistent, deviennent résistantes et causent la maladie. Il importe de réévaluer continuellement les stratégies de prévention et de contrôle des maladies infectieuses et d’exploiter de nouveaux moyens de les combattre afin de préserver et d’améliorer la santé des CanadiensNote de bas de page 19-Note de bas de page 21.

La lutte contre les maladies infectieuses comporte aussi un volet de prise en charge de la maladie et de ses conséquences après la survenue de l’infection. Certaines maladies infectieuses entraînent des conséquences à long terme lorsque, avec l’âge, elles évoluent vers la chronicitéNote de bas de page 22. Autrement dit, elles se présentent d’abord comme une maladie infectieuse et deviennent chroniques plus tard au cours de la vie (p. ex. l’infection au virus du papillome humain [VPH], l’hépatite B et l’hépatite C). Elles peuvent avoir des répercussions à long terme sur la santé et rendre les personnes qui en sont atteintes plus vulnérables à d’autres maladies ou affections telles que la grippe, le cancer ou les troubles de santé mentaleNote de bas de page 22. Notre compréhension grandissante des liens qui existent entre les maladies infectieuses et les maladies chroniques guidera les futures stratégies de prévention et de traitement.

Les maladies infectieuses et les déterminants de la santé

Pour prévenir, contrôler et prendre en charge les maladies, nous devons élargir notre façon d’aborder les interventions en santé afin de tenir compte des influences qui s’exercent tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du système de santé. En d’autres mots, il faut connaître les facteurs susceptibles d’augmenter les risques d’infection et de complications pour les Canadiens. Les facteurs sociaux et économiques, le milieu physique et les comportements individuels jouent tous un rôle à cet égard, car ils interagissent et influent sur la santé et le bien‑être des collectivités et des individus (voir l’encadré intitulé « Déterminants de la santé »)Note de bas de page 23, Note de bas de page 24.

Déterminants de la santéNote de bas de page 23

  • Revenu et statut social
  • Réseaux de soutien social (p. ex. famille, pairs)
  • Scolarité et alphabétisme
  • Emploi et conditions de travail
  • Milieux sociaux (p. ex. collectivité, milieu de travail)
  • Milieux physiques (p. ex. logement, infrastructure communautaire)
  • Comportements en matière de santé et capacités d’adaptation personnelles
  • Développement sain de l’enfant (y compris pendant la grossesse)
  • Patrimoine biologique et génétique (p. ex. sexe)
  • Services de santé
  • Genre
  • Culture

Les déterminants de la santé contribuent à l’état de santé général d’une personne, lequel peut influer à son tour sur les risques individuels d’infection et de maladie. Les déterminants jouent aussi un rôle dans la résistance à l’infection et dans la progression, le traitement et la prise en charge de la maladie après le diagnosticNote de bas de page 25-Note de bas de page 28. La tuberculose est un bon exemple du lien qui existe entre la maladie infectieuse et les déterminants de la santéNote de bas de page 29-Note de bas de page 31. Le fait de vivre dans un ménage à faible revenu ou dans un logement mal ventilé et surpeuplé, le fait d’être sans abri, mal nourri ou exposé à d’autres conditions socioéconomiques difficiles constituent certains facteurs connus qui augmentent le risque d’infection tuberculeuseNote de bas de page 31-Note de bas de page 33. Par conséquent, pour prévenir et prendre en charge les maladies infectieuses telles que la tuberculose, il faut d’abord s’attaquer aux facteurs de risque, puis mettre à profit et renforcer le soutien économique et social existantNote de bas de page 25-Note de bas de page 27, Note de bas de page 29-Note de bas de page 31.

En améliorant les déterminants de la santé et en y consacrant des investissements, nous augmentons nos chances d’influer positivement sur l’état de santé global des Canadiens. Les personnes qui ont accès à des services de santé et des services sociaux adéquats s’en tirent mieux sur le plan de la santé et sont moins susceptibles de contracter une maladie ou de présenter des problèmes de santéNote de bas de page 24-Note de bas de page 28. Pour réaliser des progrès, il nous faut cerner et réduire les risques et les vulnérabilités et accroître nos efforts pour nous assurer que les Canadiens disposent du soutien et des ressources nécessaires pour satisfaire à leurs besoins fondamentauxNote de bas de page 23-Note de bas de page 28. Autrement dit, toute stratégie à long terme de lutte contre les maladies infectieuses doit s’attaquer aux déterminants de la santéNote de bas de page 24, Note de bas de page 25, Note de bas de page 27, Note de bas de page 28.

Les maladies infectieuses : comment s’y préparer

Les maladies peuvent se propager partout et toucher toutes les populations du monde. La prise de mesures pour s’assurer que les Canadiens sont moins vulnérables aux répercussions des maladies infectieuses représente un défi constant. Le Canada a fait des pas de géant en vue de protéger sa population et de réagir aux menaces existantes ou émergentesNote de bas de page 19, Note de bas de page 34. Les expériences récentes liées au syndrome respiratoire aigu sévère et au virus H1N1 nous ont fourni de précieux conseils sur la façon de procéder, mais elles ont aussi mis en lumière les faiblesses qui demeurentNote de bas de page 19-Note de bas de page 21. La meilleure approche consiste à planifier et à être prêts à intervenir. Le Canada ne peut se permettre de devenir complaisant. Grâce à une planification contre tous les types de menaces et à d’autres mesures fondamentales en matière de surveillance, d’infrastructure et de capacité, il sera à même de réagir aux situations d’urgenceNote de bas de page 20, Note de bas de page 34.

Références

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