Rapport de l'administrateur en chef de la santé publique sur l'état de la santé publique au Canada, 2014 – Changements démographiques, vieillissement et santé

Changements démographiques, vieillissement et santé

Points saillants

  • La population canadienne change, et ces changements vont avoir une incidence sur la santé publique dans l'avenir.
    • Les personnes de 65 ans ou plus représentent le groupe d'âge qui connaît la plus forte progression au Canada, et cette tendance devrait se maintenir pendant plusieurs décennies.
    • La croissance enregistrée actuellement par la population canadienne est principalement attribuable à l'immigration, et non à l'accroissement naturel.
  • Les aînés d'aujourd'hui sont aux prises avec divers problèmes de santé chronique, maladies mentales, affections neurologiques et blessures, et l'on observe aussi des tendances inquiétantes chez certaines personnes plus jeunes.
  • Les changements démographiques ont entraîné des changements sociétaux ayant des répercussions sur la santé, notamment en ce qui concerne le travail, la retraite, les pensions, la famille, les soins et les relations intergénérationnelles.
  • Il faudra poursuivre les travaux de recherche et les investissements dans le domaine des pratiques de santé publique pour tenir compte des changements démographiques à venir.

La structure, la composition et la distribution de la population influent sur la santé publique. La population canadienne a changé et elle continue de le faire. Dans la présente section, nous nous intéressons à la population canadienne, et plus particulièrement au vieillissement de la population et aux répercussions qui en découlent sur le plan de la santé. Cette section :

  • présente un examen général des tendances démographiques et des répercussions qu'auront ces tendances sur la santé publique dans l'avenir;
  • examine diverses questions relatives à la santé et à d'autres domaines auxquelles on pourrait s'intéresser ou sur lesquelles on pourrait agir pour que la population vieillisse en meilleure santé.

Une population en changement

On observe des changements constants en ce qui concerne les profils et la croissance de la population canadienne. De la création de la Confédération au début du 20e siècle, la population canadienne a connu une croissance lente, le taux de croissance annuel se situant à 1,3 %, et cette croissance était principalement due au fait qu'il y avait davantage de naissances que de décèsNote de bas de page 4-6. Entre 1941 et 1971, le baby-boom et l'intensification de l'immigration ont fait en sorte que le taux de croissance annuel de la population canadienne a atteint environ 2,1 %Note de bas de page 4. Depuis, le taux de croissance annuel de la population s'est stabilisé à un peu plus de 1 %Note de bas de page 4,Note de bas de page 5,Note de bas de page 7.

Depuis 2001, l'accroissement de la population est principalement attribuable à l'immigrationNote de bas de page 4,Note de bas de page 5. En 2011, les personnes nées à l'étranger représentaient 20,6 % de la population canadienne totale (toutes durées de résidence confondues)Note de bas de page 8. La plupart des nouveaux arrivants (ceux qui ont immigré au cours des cinq dernières années) étaient des adultes en âge de travailler (âge médian de 31,7 ans)Note de bas de page 8. Bien que le nombre d'immigrants soit à la hausse, leur taux de fécondité (naissance d'immigrants de la deuxième génération) est semblable au taux global de fécondité des CanadiensNote de bas de page 4. Le vieillissement général de la population pourrait également avoir une incidence sur les profils migratoires au Canada dans l'avenir.

Par rapport à la population canadienne dans son ensemble, les populations des Premières Nations, des Inuits et des Métis sont plus jeunes et connaissent une croissance plus rapideNote de bas de page 9-11. Cette croissance s'explique par un taux de fécondité accru, une migration régionale et des modifications législativesNote de bas de page 10. On peut aussi attribuer une certaine proportion de la croissance de la population à une modification d'identité ethnique autodéclarée (un phénomène que l'on appelle la mobilité ethnique)Note de bas de page 10-13. Il importe également de souligner qu'il existe des variations importantes au sein des populations, entre les populations et entre les régionsNote de bas de page 9,Note de bas de page 10. Bien que les projections indiquent que les populations des Premières Nations, des Inuits et des Métis continueront de connaître un taux de fécondité et un taux de croissance plus élevés que l'ensemble de la population canadienne dans un avenir rapproché, à long terme, ces taux commenceront à diminuer en raison d'une baisse du taux de fécondité, du phénomène de la mobilité ethnique et du vieillissement de la populationNote de bas de page 11,Note de bas de page 12.

Le taux de fécondité plus élevé que l'on observe chez certaines populations et les taux élevés d'immigration peuvent ralentir le vieillissement de la population, mais ils ne peuvent le prévenirNote de bas de page 14. Les premiers membres de la génération du baby-boom (les personnes nées entre 1946 et 1965) ont atteint l'âge de 65 ans en 2011. Depuis, le nombre de personnes âgées (de 65 ans ou plus) a commencé à dépasser celui des autres groupes d'âge. Le Canada connaîtra une croissance naturelle nulle ou négative lorsque le taux de mortalité commencera à dépasser le taux de natalitéNote de bas de page 4,Note de bas de page 5. Les responsables de la santé publique doivent tenir compte de ces changements démographiques - les conséquences d'une population vieillissante, des répercussions qu'auront ces changements sur la santé à court terme et à long terme, et de la meilleure façon de prévoir et de combler les besoins en matière de santé publique de l'ensemble des populations dans un tel contexte.

La population vieillissante du Canada

La proportion d'aînés au sein de la population canadienne est à la hausse (voir la figure 1)Note de bas de page 15,Note de bas de page 16. Les Canadiens vivent plus longtemps, et l'espérance de vie a augmenté de façon importante tant chez les hommes que chez les femmes (voir l'annexe A)Note de bas de page 17,Note de bas de page 18. En 2013, le nombre d'aînés a atteint un sommet sans précédent de 5,4 millions de personnes, soit 15,3 % de la population totale; d'ici à 2056, on prévoit que le quart de la population (13 millions de personnes) aura 65 ans ou plusNote de bas de page 15,Note de bas de page 16. Par ailleurs, les personnes de 85 ans ou plus forment le groupe d'âge qui connaît la croissance la plus rapide au Canada : alors qu'elles étaient au nombre de 309 000  en 1993, elles étaient 702 000 en 2013, ce qui représente une augmentation de 127 %Note de bas de page 15. D'ici à 2056, ce groupe d'âge devrait compter 2,9 millions de personnesNote de bas de page 16. En 2013, le nombre de centenaires (personnes âgées de 100 ans et plus) était d'environ 7 000, soit presque le double du nombre de centenaires enregistré en 2001Note de bas de page 15. D'ici à 2056, on prévoit que cette population comptera 64 000 personnes (voir la figure 2)Note de bas de page 16.

Figure 1 Population canadienne selon le groupe d'âge, 1971, 2013 et 2056 Note de bas de page 15,Note de bas de page 16

* Projection basée sur un scénario de croissance moyenne (M1).

Équivalent textuel - Figure 1
Figure 1 Population canadienne selon le groupe d’âge, 1971, 2013 et 2056 Groupe d’âge 1971 2013 2056*
*Projection basée sur un scénario de croissance moyenne (M1).
0 à 4 ans 5 à 9 ans 10 à 14 ans 15 à 19 ans 20 à 24 ans 25 à 29 ans 30 à 34 ans 35 à 39 ans 40 à 44 ans 45 à 49 ans 50 à 54 ans 55 à 59 ans 60 à 64 ans 65 à 69 ans 70 à 74 ans 75 à 79 ans 80 à 84 ans 85 à 89 ans 90 ans et plus

Figure 2 Nombre de centenaires, Canada, 2001 à 2056 Note de bas de page 15,Note de bas de page 16

* Projection basée sur un scénario de croissance moyenne (M1).

Équivalent textuel - Figure 2
Figure 2 Nombre de centenaires, Canada, 2001 à 2056 Année Observé Projeté*
*Projection basée sur un scénario de croissance moyenne (M1).
2001 2006 2011 2013 2016 2021 2026 2031 2036 2041 2046 2051 2056

Le vieillissement à l'échelle mondiale : orientations en santé publique

Le Canada n'est pas le seul pays qui se prépare au vieillissement de sa populationNote de bas de page 19. Tant les pays développés que ceux en voie de développement connaissent une augmentation du nombre de personnes de 60 ans ou plusNote de bas de page 20-22. Selon l'Organisation des Nations Unies (ONU), le nombre de personnes de plus de 60 ans dans le monde passera de 765 millions, en 2010, à 2 milliards d'ici 2050, et il y aura près de 400 millions de personnes de plus de 80 ans d'ici 2050Note de bas de page 23. Ce changement amène les responsables de la santé publique à se préparer au vieillissement de la population à l'échelle mondiale (voir l'encadré intitulé « Pour un programme mondial sur le vieillissement »)Note de bas de page 19.

Pour un programme mondial sur le vieillissement

Les universitaires et les responsables de l'élaboration des politiques se sont intéressés pour la première fois au vieillissement de la population mondiale il y a plus de 30 ansNote de bas de page 19,Note de bas de page 21,Note de bas de page 24. Le Plan international d'action de Vienne sur le vieillissement, présenté par l'ONU, a été adopté lors de la première Assemblée mondiale sur le vieillissement en 1982Note de bas de page 24. Le Plan a sensibilisé le public à la question de la longévité à l'échelle mondiale et a offert des lignes directrices et des principes généraux pour nous aider à relever les défis posés par le vieillissement progressif des sociétésNote de bas de page 24. Dans le Plan, l'accent est mis sur la dépendance et la protection des personnes âgéesNote de bas de page 25.

En 2002, on a adopté une tout autre approche dans le cadre de la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement, en mettant l'accent sur le fait que les aînés pouvaient contribuer au développement de la sociétéNote de bas de page 19,Note de bas de page 25,Note de bas de page 26. S'articulant autour de trois secteurs stratégiques, le Plan d'action international de Madrid sur le vieillissement a préconisé que l'on modifie les attitudes, les politiques et les programmes dans les domaines suivants : i) les personnes âgées et le développement, ii) la santé et le bien-être des personnes âgées et iii) la création de conditions favorables et de soutienNote de bas de page 26. Le Plan demandait également l'intégration du vieillissement dans les processus et les programmes existants, ainsi que l'assurance de la participation des aînés dans l'élaboration, la mise en œuvre et l'évaluation de politiquesNote de bas de page 19,Note de bas de page 26,Note de bas de page 27.

En 2012, on a demandé aux États membres d'évaluer leur progrès en ce qui concerne la mise en œuvre du Plan. Dans le rapport déposé par le Canada, il est indiqué que de nombreux programmes et politiques visant à soutenir les personnes âgées ont été lancés, mais que certaines difficultés subsistaient, notamment la demande croissante en matière de soins, la pression subie par le système de santé et les régimes de retraite, le taux de pauvreté chez les personnes âgées et les questions entourant le logement abordableNote de bas de page 28.

Santé publique et population vieillissante

On ignore en grande partie quelles seront les répercussions à long terme du vieillissement de la population sur la société, mais les professionnels de la santé publique doivent prévoir les difficultés auxquelles faire face étant donné le vieillissement de la population et la hausse prévue de la demande en ce qui concerne les programmes et les pratiques. La santé publique a divers rôles à jouer, notamment :

  • l'optimisation de la santé et du bien-être des personnes de tous âges, en contribuant à réduire les répercussions des maladies et des blessures grâce à des activités axées sur la prévention et la promotion de la santé tout au long de la vie;
  • l'intervention sur le plan des facteurs de risque et des déterminants de la santé, en favorisant des changements pour s'attaquer à la cause des maladies et aux inégalités observées entre les populations en matière de santé;
  • la prise en considération des problèmes de santé complexes à l'étape de la planification, en tenant compte des personnes qui sont aux prises avec de multiples problèmes de santé (maladies concomitantes), et en élaborant des politiques générales et des interventions ciblant les individus et les populations pour s'attaquer à ces problèmes de santé;
  • la création d'une société pour les personnes de tous âges, en tenant compte des besoins de l'ensemble des populations et des questions intergénérationnelles, en encourageant l'adoption de comportements sains tout au long de la vie et en favorisant la création d'environnements accessibles à tous et adaptés aux personnes âgées.

Questions de santé et vieillissement de la population

Une population vieillissante est un signe que la société a satisfait à bon nombre des exigences requises pour vivre plus longtemps et en meilleure santéNote de bas de page 29,Note de bas de page 30. Cependant, plusieurs des tendances et des problèmes préoccupants touchent des personnes moins âgées, ce qui signifie qu'il est possible d'en faire davantage pour que ces personnes moins âgées vieillissent en santé. De même, bien des personnes âgées vivent avec une ou plusieurs maladies chroniques, ont des difficultés sur le plan de la mobilité ou vivent avec un problème de santé mentaleNote de bas de page 29-31. Les principaux problèmes de santé dont il est question dans le rapport ont été choisis parce qu'ils représentent :

  • des tendances observées chez des sujets plus jeunes et qui peuvent avoir une incidence négative sur leur santé à long terme;
  • un important fardeau pour les personnes âgées, parce que les nombres de cas sont inquiétants ou à la hausse et que les coûts connexes auront une incidence soutenue sur les individus et les sociétés.

Problèmes de santé chroniques

Les répercussions des problèmes de santé chroniques que l'on peut éprouver au cours des dernières années de vie dépendent en partie des expériences et des problèmes de santé que l'on a vécus plus tôt dans la vieNote de bas de page 32. Ceux-ci comprennent l'obésité ou l'embonpoint, les problèmes d'alimentation ou d'activité physique, les problèmes de santé mentale ou les blessuresNote de bas de page 29,Note de bas de page 33-36. Cependant, hormis une diminution globale du taux de tabagisme, on constate que les groupes d'âge plus jeunes ont des comportements et un poids moins sains que les générations précédentes et qu'ils vivent plus longtemps avec des maladies chroniques et des problèmes de santé mentale que celles-ciNote de bas de page 37-44. Bien que l'on ignore la cause de certaines maladies, on sait que les comportements sains, comme l'activité physique, aident à vieillir en santéNote de bas de page 29,Note de bas de page 45.

La présence de plusieurs problèmes de santé, comme le fait de vivre avec une ou plusieurs maladies chroniques, d'être atteint d'une maladie aiguë ou d'éprouver une perte de faculté cognitive ou de mobilité, peut avoir une incidence négative sur la qualité de vie. La présence d'affections concomitantes augmente également la pression exercée sur le système de santéNote de bas de page 30,Note de bas de page 46,Note de bas de page 47. En 2012, 85 % des personnes âgées de 65 à 79 ans et 90 % des personnes âgées de plus de 80 ans disaient vivre avec au moins un problème de santé chroniqueNote de bas de page 38,Note de bas de page 48. Environ 24 % des personnes âgées vivent avec trois maladies chroniques ou plus, ce qui représente 40 % de l'utilisation du système de santé faite par l'ensemble des personnes âgéesNote de bas de page 30. Actuellement, les personnes de 85 ans ou plus qui ne présentent aucune maladie chronique utilisent les services de santé deux fois moins que les personnes de 65 à 74 ans qui sont aux prises avec trois maladies chroniques ou plusNote de bas de page 30. Les mesures de santé publique peuvent contribuer à améliorer cette situation si elles sont axées sur les années qui précèdent le troisième âge et sur les efforts déployés en amont pour protéger les Canadiens moins âgés contre les maladies et les blessures et pour favoriser l'adoption de saines habitudes de vie.

Le fait de vivre avec des problèmes de santé chroniques peut également affaiblir le système immunitaire et accroître le risque de complications découlant d'interactions médicamenteuses. Cette vulnérabilité peut accroître la sensibilité à des maladies infectieuses, comme la grippe saisonnière, les infections d'origine alimentaire et d'origine hydrique, de même que les infections liées aux soins de santéNote de bas de page 49,Note de bas de page 50.

Environ 76 % des aînés canadiens vivant dans une résidence privée ont indiqué avoir pris au moins un médicament (sur ordonnance ou en vente libre) pour traiter une maladie chronique, soulager la douleur ou accroître les fonctions physiologiques, et 13 % ont indiqué en avoir pris cinq ou plus dans les deux derniers joursNote de bas de page 51. Les proportions sont encore plus élevées chez ceux qui vivent en établissement : 97 % d'entre eux ont pris un médicament et 53 %, au moins cinqNote de bas de page 51. L'utilisation de multiples médicaments ou la prise fréquente de médicaments peuvent entraîner une diminution de l'efficacité médicamenteuse, un accroissement des effets indésirables ou de la dépendance et un risque accru de chuteNote de bas de page 51,Note de bas de page 52. On estime qu'environ 50 % des médicaments sur ordonnance prescrits aux personnes âgées ne sont pas pris correctement et qu'environ 20 % des hospitalisations de personnes de 50 ans ou plus résultent de problèmes associés aux médicamentsNote de bas de page 52.

L'utilisation de médicaments (et les dépenses connexes) vont continuer d'augmenter si l'on se fie à la hausse prévue de l'utilisation de médicaments par les personnes âgées et à l'utilisation actuelle qui est faite des médicaments par les personnes moins âgéesNote de bas de page 53. Dans certains cas, ces médicaments sont pris en raison d'une mauvaise communication entre le médecin et le patient, de l'inaccessibilité à d'autres traitements, de la non-réévaluation de la médication ou de la consultation de plusieurs pharmaciens ou médecinsNote de bas de page 54. En raison du vieillissement de la génération du baby-boom, on prévoit une augmentation substantielle des cas de mauvais usage de médicaments, car ces personnes prennent davantage de médicaments que les générations précédentesNote de bas de page 55. Pour lutter contre ce problème, Santé Canada, par l'intermédiaire du Fonds des initiatives communautaires de la Stratégie antidrogue (FICSA), a fait un appel d'offres pour améliorer la formation des prescripteurs grâce à la création de lignes directrices, d'ateliers et d'outilsNote de bas de page 56,Note de bas de page 57.

Vieillissement des populations des Premières Nations, des Inuits et des Métis et problèmes de santé chroniques

Par rapport à l'ensemble de la population, les populations des Premières Nations, des Inuits et des Métis sont généralement plus jeunes et sont davantage touchées par certains problèmes de santé, notamment le diabète, les maladies cardiaques, la tuberculose et l'infection par le VIH et de sidaNote de bas de page 9,Note de bas de page 39,Note de bas de page 58-61. Le vieillissement n'a pas été l'élément central des mesures de santé publique qui visaient les Premières Nations, les Inuits et les Métis, étant donné que le taux de mortalité infantile était plus élevé dans ces groupes que dans la population générale et que leur espérance de vie était également plus faibleNote de bas de page 9,Note de bas de page 62. Cependant, étant donné que la taille relative de la population de personnes âgées est à la hausse et que les maladies chroniques se déclarent généralement à un plus jeune âge chez les Premières Nations, les Inuits et les Métis que chez les non-Autochtones, il faut accorder une attention aux problèmes de santé des personnes âgéesNote de bas de page 59. En 2008/2010, environ 90 % des membres des Premières Nations de 60 ans ou plus vivant dans une réserve disaient vivre avec une ou plusieurs maladies chroniques, et environ 47 % disaient vivre avec quatre problèmes de santé chroniques ou plusNote de bas de page 63,Note de bas de page 64.

Certains déterminants de la santé, comme le fait de vivre dans la pauvreté ou dans un logement inadéquat, d'être victime de discrimination et d'éprouver certaines difficultés en raison de différences linguistiques et culturelles, contribuent à augmenter les besoins en matière de santé des personnes âgées des Premières Nations, des Inuits et des MétisNote de bas de page 59,Note de bas de page 65. Les personnes âgées de ces populations sont également plus susceptibles que les générations moins âgées de vivre en milieu rural et dans des régions éloignées, où l'accès à des soins de santé, à des soins à domicile et à de l'aide en général est limitéNote de bas de page 65. Les études montrent également qu'il tend à y avoir des grappes régionales de personnes âgées vivant avec une ou plusieurs maladies chroniques, ce qui laisse entendre qu'il serait possible d'en faire davantage pour préserver la santé et prévenir les maladies et les blessures dans ces régions, et qu'il faudrait agir plus tôt, avant le troisième âgeNote de bas de page 59.

Selon les chercheurs, les travaux de recherche classiques en santé publique, qui sont axés sur les maladies observées au sein des populations des Premières Nations, des Inuits et des Métis sont limités si l'on ne fait que décrire les problèmes plutôt que de proposer des solutionsNote de bas de page 59. Ces travaux de recherche sont davantage axés sur la maladie et l'invalidité que sur les déterminants de la santé sous-jacentsNote de bas de page 59. Les professionnels de la santé publique ont la possibilité de créer des pratiques collaboratives et des réseaux mondiaux de recherche sur les personnes autochtones pour s'attaquer aux difficultés spécifiques observées chez ces populations et pour trouver des solutions qui tirent parti des forces des populations autochtonesNote de bas de page 66.

Santé mentale tout au long de la vie

Les problèmes de santé mentale et la maladie mentale peuvent survenir à tout momentNote de bas de page 67,Note de bas de page 68. La santé mentale actuelle des générations moins âgées est un indicateur important en ce qui concerne leur vieillissement. Les personnes qui ont une mauvaise santé mentale ou qui vivent avec une maladie mentale ont un risque accru d'éprouver des problèmes physiques et des problèmes de santé mentale plus tard au cours de leur vie. Par exemple, la dépression augmente le risque de maladie cardiaque et d'accident vasculaire cérébral et réduit la longévitéNote de bas de page 34,Note de bas de page 69.

Certains facteurs de risque associés à une mauvaise santé mentale ont tendance à augmenter avec l'âgeNote de bas de page 22,Note de bas de page 67. Ces facteurs de risque sont notamment les maladies mentales récurrentes ou chroniques ayant été traitées de façon inefficace, les maladies d'apparition tardive, les maladies chroniques pouvant avoir une incidence sur la santé mentale (p. ex. les maladies cérébrovasculaires, la maladie pulmonaire obstructive chronique et la maladie de Parkinson), ainsi que les symptômes cognitifs, comportementaux et psychologiques associés à la démence ou à d'autres affections neurologiquesNote de bas de page 67. De plus, il a été établi que les personnes âgées ayant vécu un traumatisme ou une détresse plus tôt dans la vie, comme les aînés des Premières Nations, des Inuits et des Métis qui fréquentaient un pensionnat, ont une moins bonne santé mentale plus tard dans la vieNote de bas de page 70.

Un aîné canadien sur quatre a présenté un problème de santé mentale ou une maladie mentale au cours de sa vieNote de bas de page 71. Les problèmes de santé mentale les plus fréquents étaient des troubles de l'humeur, des troubles anxieux, des troubles cognitifs et mentaux associés à un problème de santé (notamment la démence et le délire), une mauvaise utilisation de substances (notamment des médicaments d'ordonnance et de l'alcool) et des troubles psychotiquesNote de bas de page 67. Entre 2008 et 2009, 44 % des aînés canadiens vivant dans un centre de soins de longue durée avaient reçu un diagnostic de dépression ou présentaient des symptômes de dépressionNote de bas de page 72. Par ailleurs, c'est chez les personnes âgées que le taux déclaré de symptômes associés à un trouble anxieux est le plus élevé, ce type de trouble étant observé chez environ 5 % à 10 % des personnes de 65 ans ou plusNote de bas de page 67,Note de bas de page 73.

Les personnes âgées peuvent être aux prises avec de graves problèmes de santé mentale traités de façon inadéquate. Dans bien des cas, le diagnostic d'un problème de santé lié à l'âge est axé sur le déclin des fonctions cognitives et ne tient pas compte des problèmes de santé mentale potentielsNote de bas de page 67. Il est également possible que des problèmes de santé ou que le traitement de ces problèmes masquent des symptômes de maladie mentaleNote de bas de page 67. Changer les orientations, changer des vies : Stratégie en matière de santé mentale pour le Canada (2012) présente un certain nombre de recommandations pour améliorer la santé mentale des personnes âgées, notamment les suivantes : contrer les effets sur la santé mentale des aînés qui découlent de la discrimination fondée sur l'âge, favoriser la participation des aînés à des activités valorisantes, les encourager à entretenir des liens avec autrui et les aider à maintenir une bonne santé physique et faire en sorte que les aînés et ceux qui les aident soient davantage en mesure de déceler les maladies mentales, la démence, la violence à l'égard des aînés et le risque de suicide et qu'ils sachent qu'il est important d'intervenir dès l'apparition des premiers signesNote de bas de page 74. Il est possible d'agir en amont, en créant des programmes de dépistage et d'intervention précocesNote de bas de page 67. Les interventions telles que l'Outil d'évaluation des politiques en matière de santé mentale des aînés visent à promouvoir et à soutenir la santé mentale des aînésNote de bas de page 75.

Démence et autres affections neurologiques

Dans l'avenir, les cas d'affection neurologique devraient augmenter, tout comme les coûts qui en découlent pour les patients, les familles, le système de santé et la sociétéNote de bas de page 76. Cependant, certaines difficultés quant au diagnostic et quant à l'exactitude et à la saisie des données (en particulier dans les établissements) créent des lacunes sur le plan des données, ce qui complique les prévisions en ce qui concerne la prévalence, la durée et les répercussions potentielles de ces maladies dans l'avenirNote de bas de page 76. Ces difficultés ne diminuent toutefois pas l'importance de ces questions.

À l'échelle mondiale, le fardeau important associé à la démence (un terme générique qui désigne une série de troubles du fonctionnement du cerveau, notamment la maladie d'Alzheimer) qui pèse sur les familles, les sociétés et les systèmes de santé devrait augmenter de façon considérableNote de bas de page 22,Note de bas de page 77,Note de bas de page 78. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, environ 35,6 millions de personnes ont souffert de démence à l'échelle mondiale en 2010, et ce nombre devrait doubler d'ici 2030 et plus que tripler d'ici 2050Note de bas de page 79. Bien que le risque d'être atteint de démence augmente avec l'âge, cette maladie ne fait pas partie du processus normal de vieillissement. En 2011, le nombre de Canadiens de 40 ans ou plus atteint de la maladie d'Alzheimer et autres démences était estimé à 340 200 (2 %), et l'on s'attend à ce que ce nombre double d'ici 20 ansNote de bas de page 76. On s'attend également à une augmentation du rythme auquel on décèle de nouveaux cas de la maladie d'Alzheimer et d'autres formes de démence. En 2011, le taux d'incidence chez les Canadiens de 40 ans ou plus était de 3,6 cas pour 1 000, et il devrait atteindre 5,3 cas pour 1 000 d'ici 2031Note de bas de page 76. Étant donné le vieillissement de la population canadienne, les professionnels de la santé publique devront également s'attaquer à l'augmentation du nombre de cas d'autres maladies neurologiques touchant davantage les personnes âgées, comme la maladie de Parkinson. Ce sont 84 700 Canadiens qui étaient atteints de cette maladie en 2011, et, comme dans le cas des démences, ce nombre devrait doubler d'ici 2031Note de bas de page 76.

L'augmentation du nombre de personnes vivant avec une atteinte neurologique ou une affection connexe ou ayant reçu un diagnostic d'atteinte neurologique ou d'affection connexe aura une incidence sur les coûts directs (p. ex. soins de santé) et indirects (p. ex. perte de revenus) au CanadaNote de bas de page 76. La plupart des personnes atteintes de démence devront recevoir un certain niveau de soins, allant de l'assistance dans le cadre de la vie quotidienne à la prestation de soins infirmiers en résidenceNote de bas de page 79. Au Canada, on s'attend à ce que, dans 30 ans, les besoins en matière de soins de longue durée en établissement soient 10 fois plus élevés qu'aujourd'hui, et ce, en se fondant uniquement sur l'augmentation des besoins associés à la démence et sur la diminution du nombre d'aidantsNote de bas de page 80. Le coût estimatif associé à ces besoins ne tient pas compte du fardeau social et mental qui pèse sur les patients et leur famille, car il est impossible de mesurer ce fardeau de façon adéquate en se fondant uniquement sur l'argent ou sur le tempsNote de bas de page 31,Note de bas de page 80. Le temps consacré à prodiguer des soins non professionnels aux personnes atteintes de démence s'élève actuellement à 19 millions d'heures non payées par semaine, et, selon les projections, on devrait franchir le cap des 39 millions d'heures non payées par semaine au cours des 20 prochaines annéesNote de bas de page 81.

Pour se préparer à cette augmentation de la demande en ce qui concerne les soins prodigués aux personnes atteintes de démence, il faudra mener davantage de travaux de recherche sur ces maladies et établir des pratiques exemplaires pour combler les besoins de ces personnes, ce qui comprend notamment la mise sur pied d'interventions visant à aider les personnes atteintes de démence de même que ceux qui les soignentNote de bas de page 22,Note de bas de page 30,Note de bas de page 80. Un nouveau centre de recherche, le Consortium canadien en neurodégénérescence et vieillissement, vise à réunir des chercheurs dans le but d'améliorer la qualité de vie des personnes qui vivent avec les effets des maladies neurodégénératives et de leurs aidants, de même que la qualité des services offerts à ces personnesNote de bas de page 82.

En 2010, les coûts directs et indirects associés à la démence à l'échelle mondiale étaient d'environ 604 milliards de dollars USNote de bas de page 79. En 2013, le sommet du G8 Action mondiale contre la démence était axé sur la recherche et sur les répercussions croissantes de la démence sur la santé publique et l'économie (voir l'encadré intitulé « Action mondiale contre la démence »)Note de bas de page 83. Le Canada a signé la déclaration adoptée lors de ce sommet et, conformément aux 12 engagements qui y sont formulés, codirige l'une des quatre rencontres de suivi qui visent à tirer parti des synergies entre l'industrie et le milieu universitaireNote de bas de page 83,Note de bas de page 84.

Action mondiale contre la démence

Le 11 décembre 2013, le Royaume-Uni a accueilli le sommet du G8 sur les démences, Action mondiale contre la démence, qui visait à mieux connaître le fardeau que de nombreux pays devront supporter et à tirer parti des travaux de recherche menés sur le sujet. Les participants du sommet se sont engagés à aborder la question ensemble et ont plaidé pour la réalisation davantage de travaux de recherche et d'innovations, afin que l'on puisse déterminer comment améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de démence et de leurs aidants. Les membres ont été encouragés à investir dans la recherche et dans la réalisation de travaux visant à mettre au point un traitement qui pourrait améliorer le sort de ces personnes (et, ultimement, les guérir) d'ici 2025. En échangeant l'information et les données recueillies dans le cadre d'études sur la démence, les pays participants pourront maximiser les retombées des investissements qu'ils auront consentis en rechercheNote de bas de page 83. Dans la foulée des efforts déployés à l'échelle internationale, on a créé le Conseil mondial de la démence, qui offrira une direction indépendante et non gouvernementale en matière de recherche et de développement, d'innovation et de prestation de soinsNote de bas de page 85.

L'un des moyens d'atténuer les répercussions de la démence est d'accroître la sensibilisation du public à l'égard des maladies et des facteurs de risqueNote de bas de page 77. Les données laissent entendre que l'adoption de comportements sains (en particulier en ce qui concerne l'alimentation et l'activité physique) et la diminution du nombre de maladies concomitantes peuvent réduire le risque de démence, en retarder l'apparition et en atténuer les conséquencesNote de bas de page 77,Note de bas de page 80,Note de bas de page 86,Note de bas de page 87. Par ailleurs, certaines maladies chroniques et certains problèmes de santé chroniques, comme le diabète de type 2, l'hypertension et l'obésité, ont une incidence sur le risque d'être atteint de la maladie d'Alzheimer ou d'une autre forme de démence. Il est donc important de mettre l'accent sur la prévention et sur le traitement des maladies chroniquesNote de bas de page 77,Note de bas de page 80,Note de bas de page 86,Note de bas de page 88.

Prévention des blessures et des chutes

Les blessures sont une cause importante d'invalidité et de mortalité dans tous les groupes d'âge, et forment l'une des principales causes d'hospitalisation au CanadaNote de bas de page 89,Note de bas de page 90. Les conséquences à long terme des blessures subies plus tôt dans la vie et les blessures subies pendant le troisième âge peuvent avoir une incidence importante sur le vieillissement, la mobilité et l'indépendanceNote de bas de page 89,Note de bas de page 91. Chez les personnes âgées, les blessures par chute sont particulièrement préoccupantesNote de bas de page 92. Elles vont demeurer un problème de santé publique au Canada dans l'avenirNote de bas de page 89.

Au cours d'une année, entre 20 % et 30 % des aînés canadiens subissent une chuteNote de bas de page 89. Près de la moitié de ces chutes entraînent une blessure mineure et de 5 % à 25 % des chutes causent une blessure sérieuseNote de bas de page 92. En se fondant sur le taux actuel de chutes et sur la croissance projetée de la population, il pourrait y avoir entre 2,1 et 3,1 millions de chutes chez les personnes âgées au Canada en 2036Note de bas de page 16,Note de bas de page 89.

Chez les personnes âgées, les chutes peuvent causer une blessure aiguë, un traumatisme cérébral, des douleurs chroniques, une diminution de la qualité de vie, et même la mort, et elles peuvent hâter le moment où des soins de longue durée deviennent nécessairesNote de bas de page 89,Note de bas de page 91-93. La plupart des chutes, bien qu'elles soient évitables, sont dues à divers facteurs (notamment des facteurs biologiques, comportementaux, environnementaux et socioéconomiques)Note de bas de page 89. Ces facteurs peuvent interagir et influer sur la capacité d'une personne à retrouver ou à maintenir l'équilibre.Note de bas de page 89 Les problèmes de santé et les invalidités sous-jacentes peuvent augmenter le risque de blessures en cas de chuteNote de bas de page 89,Note de bas de page 93. Les chutes peuvent provoquer des fractures douloureuses, pour lesquelles il faut souvent recourir à la chirurgie et dont les répercussions sur la santé peuvent être de longue durée, comme une vulnérabilité accrue à d'autres problèmes de santéNote de bas de page 89,Note de bas de page 94. Le processus de rétablissement après une chute ne requiert pas uniquement une guérison physique, mais également un ajustement psychologiqueNote de bas de page 91-93. Les longues périodes d'immobilité peuvent rendre les patients encore plus frêles et augmenter leur perte d'autonomie. Qui plus est, le syndrome postchute peut engendrer de la peur et de l'anxiété à l'idée de subir d'autres chutes, de perdre son indépendance et de devoir demeurer immobileNote de bas de page 89,Note de bas de page 91. Outre le fait que les chutes chez les aînés soient un sujet préoccupant, la progression des problèmes de santé chroniques chez les personnes moins âgées et l'adoption de comportements moins sains par ces personnes peuvent aussi avoir une incidence sur la mobilité ultérieure de ces personnes et accroître leur risque de chute au troisième âgeNote de bas de page 93-95.

On mène davantage de travaux de recherche sur la prévention des chutes depuis 10 ans, et on a découvert de nombreux moyens de réduire les risques de chutesNote de bas de page 89. Les interventions axées sur la population en général, comme l'élaboration de programmes d'éducation, de programmes de sensibilisation et de lignes directrices générales en matière de prévention des chutes, se sont traduites par une diminution du nombre de chutesNote de bas de page 89,Note de bas de page 96. Par ailleurs, l'évaluation individuelle des risques s'est également révélée efficaceNote de bas de page 89. La création d'environnements accessibles et accueillants peut également faire une différenceNote de bas de page 26,Note de bas de page 97,Note de bas de page 98. Bien des personnes âgées vivent dans un environnement qui ne répond pas à leurs besoins sociaux ou à leurs besoins en matière de transport ou de santé physique et mentaleNote de bas de page 29,Note de bas de page 31,Note de bas de page 99. Pour pallier cette situation, un mouvement international ami des aînés a vu le jour et cherche à cerner les facteurs de la collectivité qui peuvent améliorer la santé des personnes âgées, comme la planification territoriale et l'aménagement urbainNote de bas de page 97,Note de bas de page 98. Le but de cette approche dite amie des aînés est de faire en sorte que les personnes âgées participent à la prise de décisions à l'échelle de la collectivité relativement à la mise en œuvre de programmes et de politiques visant à favoriser l'autonomie et le vieillissement dans l'endroit de son choixNote de bas de page 97,Note de bas de page 98. En s'assurant que les infrastructures, les logements, les services et les technologies soient universellement accessibles, on peut créer un environnement sûr pour les personnes de tous âgesNote de bas de page 26,Note de bas de page 100. En appliquant les principes de conception universelle (c.-à-d. la création d'environnements et de produits qui sont accessibles au plus grand nombre de personnes possible sans avoir à être modifiés), il est possible de subvenir aux besoins de l'ensemble des CanadiensNote de bas de page 29,Note de bas de page 99-101.

Changements démographiques, vieillissement et société

Au fur et à mesure que la population change, l'organisation des sociétés et les relations entre les membres de ces sociétés changent. Étant donné le vieillissement de la population, il faut s'attendre à certaines difficultés en ce qui concerne l'offre et la demande de certains services, comme les services de santéNote de bas de page 22,Note de bas de page 29,Note de bas de page 30. Les répercussions de ces changements touchent également les relations entre les personnes, dans les familles et dans la société.

Changement de point de vue sur le vieillissement

Lorsque la population change, la structure des divers éléments de la société, comme la famille, le travail et les divers réseaux sociaux, évolue également. Ces éléments sont d'importants déterminants de la santé, et la façon dont ils changent et interagissent à l'échelle individuelle et à l'échelle populationnelle a une incidence sur l'état de santé futur de la population. La planification des changements démographiques demande que l'on remette en question certaines attitudes et certaines conceptions au sujet du vieillissement et du rôle joué par les aînés, les familles et les organismes sociaux (voir l'encadré intitulé « Mythes associés à une population vieillissante »)Note de bas de page 102,Note de bas de page 103.

Mythes associés à une population vieillissante

Plusieurs mythes sont associés à une population vieillissante, notamment les suivants :

  • une détérioration mentale et physique est à prévoir;
  • les soins de santé sont un problème important au troisième âge;
  • l'investissement dans les soins et les services pour personnes âgées constitue un gaspillage de ressources;
  • les travailleurs âgés prennent la place des jeunes sur le marché du travail;
  • toutes les personnes âgées ont des besoins semblablesNote de bas de page 102,Note de bas de page 103.

Pour valoriser le vieillissement, il faut remettre en question ces mythes et changer les attitudesNote de bas de page 29,Note de bas de page 31,Note de bas de page 104. Comme la plupart des transitions qui surviennent dans la vie, le vieillissement est associé à certains changements, mais ils ne sont pas tous négatifs. Qui plus est, la possibilité d'être atteint d'une maladie ne dépend pas uniquement de l'âge d'une personne. Les soins de santé sont importants pour toutes les populations et, bien que les personnes âgées puissent faire davantage appel au système de santé que d'autres populations, il faut mettre davantage l'accent sur l'activité physique et l'autonomieNote de bas de page 102. Par ailleurs, les données montrent que le fait d'investir dans des initiatives visant à favoriser un vieillissement en bonne santé peut réduire les coûts en matière de soins et les coûts connexesNote de bas de page 29,Note de bas de page 105.

La lutte contre l'âgisme est une priorité mondiale, et de nombreux efforts ont été entrepris pour amener les gens à voir le vieillissement de façon positiveNote de bas de page 31,Note de bas de page 106. L'un des volets de ces efforts consiste à permettre aux aînés de participer pleinement et efficacement à la vie économique, politique et sociale de leur collectivité par des contributions productrices de revenus ou bénévolesNote de bas de page 26,Note de bas de page 29,Note de bas de page 104. En 2009, les ministres provinciaux, territoriaux et fédéral responsables des aînés ont rédigé le document Le guide sur les politiques relatives aux aînés : Un guide pour l'élaboration et l'évaluation des politiques et des programmes à l'intention des aînés pour aider les responsables des politiques à tenir compte de la perspective des aînés, de leur diversité et des difficultés auxquelles ils sont confrontés aujourd'hui et seront confrontés demainNote de bas de page 107. Nous avons encore du travail à faire pour créer des programmes nationaux qui visent à lutter contre l'âgisme et pour promouvoir une société inclusive des personnes de tous âges.

Pour assurer l'avenir

Étant donné l'augmentation du nombre de personnes âgées de 65 ans ou plus, la possibilité que les besoins fondamentaux des personnes âgées ne soient pas comblés constitue une préoccupation sur le plan de la santé publiqueNote de bas de page 29,Note de bas de page 108. Si les besoins fondamentaux des aînés - l'alimentation, le logement, la sécurité et des soins de santé adéquats - ne sont pas comblés, la santé de ces personnes pourrait être en périlNote de bas de page 96. Au cours des 20 dernières années, le Canada a réussi à réduire la pauvreté globale chez les personnes de 65 ans ou plusNote de bas de page 109. Cependant, 5,2 % des aînés vivent toujours dans un ménage à faible revenu après impôt (voir l'annexe A)Note de bas de page 109. De plus, étant donné la proportion croissante de personnes âgées dans la population, on s'interroge au sujet de la sécurité économique de ces personnes et de l'état des régimes de retraite dans les années qui viennent. Même si les débats sur ce sujet se poursuivent dans tous les ordres de gouvernement, des efforts sont faits afin de garantir que le système de revenus de retraite du Canada soit durable, qu'il reflète les changements démographiques et qu'il continue de répondre aux besoins des aînésNote de bas de page 110. Par exemple, l'âge d'admissibilité au Programme de la sécurité de la vieillesse passera de 65 à 67 ans en 2023, et les Canadiens peuvent déjà reporter volontairement la réception de leur pension jusqu'à un maximum de cinq ans afin de recevoir une pension plus importanteNote de bas de page 110. On a également apporté certains changements au Régime de pensions du Canada pour en accroître la souplesse et la pérennité. De même, on a haussé le Supplément de revenu garanti de façon à aider les aînés à faible revenuNote de bas de page 110-114. On prévoit également d'autres allégements fiscaux ciblés, en augmentant notamment le crédit en raison de l'âge et le crédit pour revenu de pension, en haussant l'âge limite pour cotiser à un régime enregistré d'épargne-retraite et en introduisant le fractionnement du revenu de pensionNote de bas de page 115.

Notre capacité à répondre aux besoins économiques futurs dépendra de la composition de la population des personnes âgées. Cette population demeurera diverse, et les segments les plus vulnérables de cette population, à savoir les personnes très âgées, les personnes âgées seules, les personnes âgées autochtones et les personnes handicapées, devront faire l'objet d'une attention particulière. Étant donné la composition démographique actuelle et les changements prévus, il est clair que les personnes nées à l'étranger constitueront un jour une proportion importante de la population des personnes âgéesNote de bas de page 4,Note de bas de page 8. Bien qu'il existe certaines exceptions, le taux de personnes à faible revenu chez les immigrants âgés a connu une baisse et a diminué de moitié entre 1980 et 2005Note de bas de page 116. Plus les immigrants âgés sont établis au Canada depuis longtemps, plus leur situation économique correspond à celle de l'ensemble de la populationNote de bas de page 117-119. Certaines situations peuvent également ne pas être décelées étant donné que les immigrants âgés arrivés au pays récemment ont tendance à vivre avec des membres de leur famille élargie, à agir en tant que parents ou grands-parents aidant, ou à faire appel à un réseau de soutienNote de bas de page 117.

L'accès à l'aide économique et aux avantages auxquels les personnes âgées ont normalement droit est souvent conditionnel au fait d'avoir travaillé, d'avoir touché des gains ouvrant droit à pension et d'avoir contribué à des programmes de pension sur une longue période. Cela n'est souvent pas le cas des personnes âgées d'immigration récenteNote de bas de page 117,Note de bas de page 119. Le Canada a conclu plus de 50 accords internationaux en matière de sécurité sociale avec d'autres pays afin de venir en aide aux immigrants âgés, mais d'autres difficultés sont toutefois à prévoir en ce qui concerne cette questionNote de bas de page 117,Note de bas de page 120. Il faudra se pencher davantage sur le bien-être de cette population pour réussir à élaborer des politiques concernant la santé publique et d'autres domaines, et pour déterminer quels seront les besoins en matière de santé de cette population dans l'avenirNote de bas de page 117.

Familles, relations de couple et société

Les changements démographiques ont contribué à créer des familles et des collectivités complexes, multigénérationnelles et diversesNote de bas de page 121. Les changements en ce qui concerne les relations de couple, le nombre d'enfants et la participation sociale des aînés ont modifié le rôle des personnes âgées dans les familles canadiennes et les relations de coupleNote de bas de page 104,Note de bas de page 121.

En 2011, la plupart des aînés canadiens (92 %) vivaient dans une résidence privée, et un certain nombre d'entre eux (8 %) vivaient dans un logement collectif. Toutefois, en ce qui concerne les personnes vivant dans un logement collectif, près de la moitié avait 85 ans ou plusNote de bas de page 122. Le nombre de personnes âgées vivant avec un conjoint a augmenté entre 1981 et 2011Note de bas de page 122,Note de bas de page 123. Étant donné la convergence observée entre l'espérance de vie des hommes et celle des femmes, le nombre d'années passées en couple et dans une résidence privée a augmenté. Il est à noter, toutefois, que de nombreuses personnes âgées, soit 35 % de femmes et 17 % d'hommes, vivent seulesNote de bas de page 123. Vivre seul ne signifie pas nécessairement vivre en isolement, cependant, le degré d'engagement social et la marginalisation peuvent dépendre de l'accès ou non à des services communautaires et au transport, à l'existence d'activités abordables et au fait de jouer un rôle important ou non au sein de la communautéNote de bas de page 29,Note de bas de page 96,Note de bas de page 98,Note de bas de page 124.

Les changements démographiques ont également eu une incidence sur les relations intergénérationnellesNote de bas de page 31,Note de bas de page 121. D'une part, les relations et les obligations familiales ont changé, et la distance entre les membres d'une même famille a augmentéNote de bas de page 121. D'autre part, on a observé certains changements sociétaux en ce qui concerne les attitudes à l'égard du rôle important joué par certains facteurs externes, comme les soins primaires, les soins en établissement et l'aide pour les activités de la vie quotidienneNote de bas de page 104,Note de bas de page 121. Malgré ces changements, la génération intermédiaire, que l'on appelle couramment la « génération sandwich », qui doit s'occuper à la fois d'enfants et de parents vieillissants, fait état d'un stress croissantNote de bas de page 125,Note de bas de page 126.

Les tensions intergénérationnelles sont souvent considérées comme un risque découlant des changements démographiques. Dans une société, lorsque diverses générations doivent se partager les mêmes ressources, on en vient à se demander qui doit payer, quand et combienNote de bas de page 22,Note de bas de page 105. Lorsqu'un groupe d'âge compte davantage de membres qu'un autre, on est appelé à déterminer si les investissements publics doivent favoriser un segment de la population au détriment d'un autre. Les responsables des politiques devront parvenir à créer un équilibre intergénérationnel sans polariser les générations ou les populationsNote de bas de page 22. Pour focaliser les efforts sur le vieillissement en santé, il faudra s'intéresser aux jeunes populations, aux personnes nées à l'étranger et à ceux qui vivent dans des collectivités éloignées.

Mettre l'accent sur les soins

Les aidants doivent effectuer un certain nombre de tâches, dont les suivantes : transport, entretien ménager, travaux ménagers et paysagers, prise et coordination de rendez-vous, gestion des finances, aide à suivre les traitements médicaux, aide avec les soins d'hygiène personnelsNote de bas de page 125,Note de bas de page 127.

Étant donné que l'on s'attend à ce que les demandes de services d'aide professionnels et non professionnels doublent au cours des 30 prochaines années, la question que l'on doit se poser en santé publique est celle de savoir quels seraient les meilleurs moyens de répondre aux besoins actuels et futurs des aînés canadiens et des aidantsNote de bas de page 125,Note de bas de page 128. Les soins à prodiguer à une personne âgée peuvent être complexes et ils peuvent être offerts dans un contexte professionnel (professionnels de la santé, soins à domicile, soins de longue durée) ou dans un contexte non professionnel (sans rémunération, souvent des membres de la famille)Note de bas de page 129. Bien qu'il faille accorder une attention particulière à de nombreux types de soins, la présente section concerne uniquement les soins prodigués dans un contexte non professionnel.

À un certain moment au cours de leur vie, près de la moitié des Canadiens auront prodigué des soins à une personne ayant des besoins de longue durée en raison d'un problème de santé, d'une invalidité ou de l'âgeNote de bas de page 125. Les conjoints sont ceux qui passent le plus de temps à offrir des soins (14 heures par semaine), suivis des enfants prenant soin d'un parent (10 heures par semaine)Note de bas de page 125. En 2012, près de la moitié de ceux qui avaient pris soin d'une personne au cours des 12 mois précédents l'avaient fait pour un parent ou un beau-parentNote de bas de page 125. Lorsqu'on leur a demandé pourquoi ils prodiguaient de tels soins, les principales raisons mentionnées par ces aidants étaient l'âge et un certain nombre de maladies (cancer, maladies cardiovasculaires, maladie mentale, maladie d'Alzheimer, démence)Note de bas de page 125,Note de bas de page 127.

À mesure que la population vieillit et que sa structure change, il est possible que la disponibilité d'aidants parents-enfants diminueNote de bas de page 128,Note de bas de page 130. Pour répondre aux besoins futurs, il faudra tenir compte des besoins des prochaines générations et de l'offre d'aidantsNote de bas de page 131. Les facteurs qui peuvent influer sur l'offre d'aidants sont la présence de conjoints et l'augmentation du nombre d'aînés faisant du bénévolat, car la grande majorité des aidants sont des personnes âgéesNote de bas de page 128,Note de bas de page 132,Note de bas de page 133. De même, la diminution de la natalité et du nombre d'enfants survivants (en particulier chez les personnes très âgées) signifie qu'il y aura moins d'enfants pour prendre soin de leurs parentsNote de bas de page 132. Dans bien des collectivités, et en particulier celles qui se trouvent dans des régions éloignées ou rurales, la surdépendance à un nombre restreint d'aidants de la localité (principalement des femmes) et l'exode des jeunes et des bénévoles peuvent contribuer à créer une pénurie de ressources, alors que dans les régions l'offre de soins professionnels est parfois plus rare ou moins adéquateNote de bas de page 134. Étant donné ces changements, le Canada pourrait devoir se tourner davantage vers un système de soins professionnels, pour lequel ce seraient les individus ou la société qui paieraientNote de bas de page 128,Note de bas de page 131.

Malgré les demandes associées à la prestation de soins, un bon nombre d'aidants qui occupent un emploi (73 %) se disent satisfaits de l'équilibre qu'ils ont pu atteindre entre le travail et la vie familialeNote de bas de page 125. Malgré cela, les aidants se disent également fatigués, stressés, inquiets ou anxieuxNote de bas de page 125. Le nombre de sentiments négatifs augmente en fonction du nombre d'heures consacrées à la prestation de soins par semaineNote de bas de page 125,Note de bas de page 135. Au-delà des effets sur les individus, le fait de prendre soin d'un proche a d'importantes répercussions sur le marché du travail, sur les gouvernements et sur l'économieNote de bas de page 136. On estime que le roulement de personnel et les journées de travail rémunéré manquées qui sont attribuables à l'obligation de prendre soin d'un proche ont coûté 1,28 milliard de dollars aux employeurs canadiens en perte de productivité en 2007Note de bas de page 137. Au cours de la même année, les coûts associés au remplacement d'aidants non rémunérés étaient d'environ 24 milliards de dollarsNote de bas de page 138. Pour faire face à cette situation, le Gouvernement du Canada a annoncé son intention de développer et de lancer un Plan de soutien des employeurs aux aidants naturels, afin de trouver, avec les employeurs, des solutions rentables qui permettront de maximiser la participation des aidants naturels au marché du travail. Ce plan comprendra la mise sur pied d'un groupe d'employeurs chargé de repérer des pratiques en milieu de travail qui procurent un soutien aux aidants naturelsNote de bas de page 115.

À court terme, un éventail de politiques pourrait appuyer les aidants prenant soin d'un parent ou d'un ami âgé, notamment les suivantes : pratiques de travail flexibles, sécurité du revenu, soins à domicile ou continus, promotion de la santé, éducation et formation des aidantsNote de bas de page 128. Des conditions de travail flexibles permettraient aux aidants de continuer à travailler tout en réduisant les conséquences négatives associées aux interruptions de travail, aux pertes de revenu et à la diminution de la pension de retraite des aidants. À long terme, la diminution de la disponibilité des aidants pourrait entraîner une augmentation du recours au système de santéNote de bas de page 128,Note de bas de page 131. Par conséquent, il faudra davantage recourir à la prestation de soins diversifiés à domicile, à une participation accrue de la communauté, et au secteur privé (pour les soins payés par les individus). De telles pratiques entraînent une augmentation de dépenses pour les individus et le recours à des services privésNote de bas de page 128. Les soins privés ne sont toutefois pas accessibles ou abordables pour toutes les personnes qui pourraient en avoir besoinNote de bas de page 131. Il faudra adopter des approches sociales de grande envergure pour améliorer les salaires et les avantages sociaux, les normes en matière de formation, la disponibilité des services dans les régions éloignées, ainsi que le recrutement et le maintien en poste de ces travailleurs essentielsNote de bas de page 131.

Participation à la collectivité et au travail

Les changements démographiques ont soulevé certaines inquiétudes quant à la possibilité qu'il y ait une répartition inéquitable du fardeau associé au travail et à la participation communautaire entre les groupes formant la populationNote de bas de page 22. Du début des années 1920 jusqu'au milieu des années 1960, environ 60 % des Canadiens étaient en âge de travailler, et cette proportion a presque atteint 70 % après le baby-boomNote de bas de page 14. Dans les années qui viendront, on s'attend à ce que cette proportion diminue rapidement, le nombre de Canadiens en âge de travailler passant d'environ 5 par personne âgée en 2012 à environ 2,7 par personne âgée d'ici 2030Note de bas de page 14. Les opinions au sujet de la retraite sont en train d'évoluer, car, de nos jours, les gens ont tendance à être en meilleure santé et à être plus actifs que les générations précédentes lorsqu'ils atteignent l'âge de la retraiteNote de bas de page 29. Certaines personnes âgées pourraient vouloir continuer à travailler pour entreprendre une nouvelle carrière, tandis que d'autres choisiraient de continuer à travailler pour réussir à joindre les deux boutsNote de bas de page 22,Note de bas de page 139. Vu l'augmentation du nombre de personnes âgées qui travaillent plus longtemps pour des raisons financières, pour participer à la société et pour demeurer actifs, l'âge moyen de la retraite est à la hausseNote de bas de page 139,Note de bas de page 140. Au Canada, l'obligation de prendre sa retraite à un certain âge n'existe plusNote de bas de page 113.

La participation des aînés à la main-d'œuvre a plus que doublé depuis 2000, passant de 6 % en 2000 à 13 % en 2013Note de bas de page 141. En particulier chez les personnes de 65 à 69 ans, le taux de participation a plus que doublé entre 2000 et 2012, passant de 11,4 % à 25,5 %Note de bas de page 141. La participation des aînés à la main-d'œuvre atténue certaines des répercussions qui découlent d'une diminution du bassin de travailleurs, rentabilise les investissements qui ont été faits dans les programmes de développement des connaissances et des habiletés chez les personnes âgées et permet aux aînés canadiens de demeurer engagés et de cultiver leurs liens sociauxNote de bas de page 22,Note de bas de page 31,Note de bas de page 142.

Cependant, ce ne sont pas tous les aînés qui continuent de travailler. Chez les travailleurs âgés, les problèmes de santé sont la principale raison pour laquelle ils sont exclus de façon prématurée de la population activeNote de bas de page 143. Parmi les 35 % de travailleurs qui ont quitté leur emploi avant l'âge prévu de la retraite, environ 24 % affirmaient être atteints de trois problèmes de santé chroniquesNote de bas de page 143. Selon les travailleurs âgés, la possibilité de changer de régime de travail (par exemple de travailler à temps partiel ou d'avoir un horaire variable), de changer de carrière ou de travailler dans un milieu plus accessible et ami des aînés leur permettrait de travailler plus longtempsNote de bas de page 144. Un rapport de l'ONU soulignait que les employeurs qui offraient un soutien aux travailleurs âgés le faisaient en leur permettant d'avoir un horaire variable et en faisant la promotion de programmes de développement personnel, afin que ces personnes demeurent actives en participant à des activités physiques et intellectuellesNote de bas de page 145. Les employeurs offraient également des horaires variables aux travailleurs qui devaient prendre soin de personnes âgées et permettaient davantage aux aînés de travailler à temps partielNote de bas de page 142,Note de bas de page 144. De tels changements au travail ont un effet positif sur l'ensemble de la société et, pour y parvenir, il faudra favoriser la collaboration entre les employeurs et les divers ordres de gouvernementNote de bas de page 142,Note de bas de page 144.

Les retraités vivent en bonne santé de plus en plus longtemps, ce qui leur permet de participer davantage à la vie familiale et communautaire. Bien que le groupe des personnes âgées soit celui qui effectue le plus grand nombre d'heures de bénévolat en moyenne, les aînés ont tendance à faire moins de bénévolat et à participer moins à la vie communautaire à mesure qu'ils vieillissentNote de bas de page 146. Les programmes ciblant les aînés dépendent de la participation de bénévoles, et une proportion importante des soins non professionnels sont prodigués par des personnes âgéesNote de bas de page 104. Les acteurs de tous les secteurs peuvent contribuer à ce qu'il y ait davantage de bénévoles au Canada en encourageant les gens à faire du bénévolat. Ceux qui font du bénévolat lorsqu'ils sont jeunes sont plus susceptibles de continuer à en faire plus tard au cours de leur vieNote de bas de page 104,Note de bas de page 146,Note de bas de page 147. Étant donné que le secteur de la santé publique pourrait devoir compter sur le travail de bénévoles dans l'avenir, il a tout intérêt à mieux faire connaître les données démontrant que le bénévolat et la participation à la vie communautaire contribuent à préserver la santéNote de bas de page 147,Note de bas de page 148.

Poursuivre la recherche et comprendre les changements dans la population

Pour savoir comment le Canada devra s'adapter aux changements démographiques, il va falloir faire des projections et des prévisions en se fondant sur les données actuelles et connues. On sait quels sont les problèmes de santé qui touchent les personnes âgées aujourd'hui, mais on connaît moins le rôle que joueront ces problèmes de santé dans l'avenir, et la façon dont les facteurs qui influent sur la santé des jeunes Canadiens d'aujourd'hui interagissent et évolueront au fur et à mesure que ceux-ci vieillirontNote de bas de page 22,Note de bas de page 29,Note de bas de page 30. Le Canada a déterminé qu'il fallait mener des travaux de recherche sur le vieillissement et obtenir des données pour faciliter l'amélioration des programmes, des services, des politiques et des soins offerts. Dans ce contexte, il a été décidé de lancer l'Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (voir l'encadré « L'Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement »)Note de bas de page 149.

L'Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement

L'Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement est une étude nationale de longue durée conçue pour nous permettre de mieux comprendre le vieillissementNote de bas de page 149. Les chercheurs qui mènent l'étude suivront environ 50 000 hommes et femmes de 45 à 85 ans pendant au moins 20 ans, et recueilleront de l'information sur les divers facteurs qui peuvent influer sur leur santé (notamment les facteurs liés aux habitudes de vie et les facteurs biologiques, médicaux, psychologiques, sociaux, et économiques)Note de bas de page 149,Note de bas de page 150.

Ces données, recueillies sur une longue période, permettront aux chercheurs, aux professionnels de la santé publique, aux fournisseurs de soins de santé et aux responsables des politiques d'obtenir de l'information sur la façon dont les Canadiens vieillissent. Cette information contribuera à l'élaboration de pratiques visant la prévention des maladies, l'amélioration de la prestation des services de santé, une meilleure compréhension des répercussions des facteurs socioéconomiques ayant une incidence sur le vieillissement tout au long de la vie et la constitution d'un corpus de données nécessaires pour orienter et améliorer l'élaboration des politiques et des programmes liés au vieillissementNote de bas de page 149,Note de bas de page 150.

Cette étude est une initiative stratégique des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), d'Anciens Combattants Canada, des provinces de la Colombie-Britannique, de l'Alberta, du Manitoba, de l'Ontario, du Québec, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve-et-Labrador et elle est financée par les IRSC, la Fondation canadienne pour l'innovation et l'Agence de la santé publique du CanadaNote de bas de page 149,Note de bas de page 151. En outre, divers établissements d'enseignement et de recherche jouent un rôle important et collaborent avec les gouvernements et des organismes de soutien pour mener l'étudeNote de bas de page 149,Note de bas de page 151.

En plus de s'intéresser au vieillissement de la population, il faudra mener des travaux de recherche visant à déterminer comment s'attaquer aux problèmes de santé qui touchent toutes les populations et tous les groupes d'âge, de façon à préserver la santé de la population tout au long de sa vie.

Poursuivre nos efforts

Bien que le Canada ait accompli de grands progrès en ce qui concerne la mise en œuvre d'initiatives en matière de santé publique pour préserver et améliorer la santé des Canadiens à mesure qu'ils vieillissent, d'importantes difficultés demeurent. Les habitudes de vie malsaines et les maladies chroniques ont une incidence défavorable sur la santé des personnes vieillissantes aujourd'hui, et cela demeurera vraisemblablement le cas dans l'avenir. Le secteur de la santé publique peut investir dans la recherche, de même que dans les programmes et les politiques de prévention et de promotion visant les personnes âgées et les Canadiens moins âgés, de façon à réduire le fardeau associé aux maladies et à permettre aux générations suivantes de vieillir en meilleure santé.

Le secteur de la santé publique peut :

  • s'attaquer aux maladies chroniques en amont, en faisant la promotion d'habitudes de vie saines et en mettant l'accent sur la prévention des maladies;
  • s'attaquer au fardeau croissant associé à la démence, en menant davantage de travaux de recherche, en sensibilisant davantage la population et en améliorant la situation des personnes qui vivent avec une forme de démence;
  • créer et préserver des environnements favorables aux personnes de tous âges pour réduire et prévenir les blessures et les chutes;
  • favoriser la collaboration intersectorielle de façon à répondre aux besoins fondamentaux des aînés et à tenir compte de leur diversité dans l'avenir;
  • valoriser le vieillissement et le rôle joué par les aînés dans la société, et créer des liens intergénérationnels en élaborant des politiques, des programmes et des pratiques qui visent à venir en aide aux personnes de tous âges.
Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :