Rapport de L’administrateur en chef de la santé publique sur l’état de la santé publique au Canada 2008 – Message de l’administrateur en chef de la santé publique du Canada


Message de l’administrateur en chef de la santé publique du Canada

L’enfance est une étape critique qui laisse sa marque tout au long de la vie et pendant laquelle toute influence positive peut être déterminante. J’ai choisi la santé et le bien-être des enfants canadiens comme principal thème du présent rapport et je m’attarderai aux secteurs où des mesures s’imposent pour apporter un changement dans la vie des enfants, aujourd’hui et à l’avenir. J’ai examiné les efforts qui ont été faits tout au long de l’histoire de notre pays pour améliorer la santé et le bien-être des enfants et j’ai étudié la situation actuelle qui en a résulté. On trouve dans le présent rapport des méthodes éprouvées et prometteuses, adoptées au Canada et à l’étranger, pour aider les enfants à grandir sainement. Elles comprennent des mesures et des programmes à succès dont nous pouvons tirer des leçons et que nous pouvons adopter. Cependant, j’ai aussi mis en évidence des aspects de la santé des enfants qui ne s’améliorent pas ou qui empirent – des aspects qui ont des conséquences tout au long de la vie et où la prévention est possible.

Aujourd’hui, la majorité des enfants canadiens sont en santé; ils vivent, apprennent et grandissent dans des milieux positifs et sains; leur espérance de vie en général et leur espérance de vie en bonne santé sont parmi les plus élevées du monde. La plupart vivent dans des conditions essentielles à une bonne santé, c’est-à-dire un revenu adéquat, une sécurité alimentaire, un logement décent, un accès à l’éducation préscolaire et primaire et des liens solides avec la famille et la collectivité.

Nous pouvons nous réjouir de la situation qui existe au Canada, mais il reste encore beaucoup à faire.

Dans le présent rapport, j’ai mis l’accent sur six problèmes préoccupants qui ont une influence sur la santé des enfants canadiens dans l’immédiat, mais aussi au fur et à mesure qu’ils grandissent. Ces problèmes sont les suivants : le statut socioéconomique et les possibilités de développement; la violence et la négligence; les risques prénataux; la santé mentale et les troubles mentaux; l’obésité; et les blessures non intentionnelles. Ces problèmes, devenus particulièrement inquiétants au cours des dernières années, se caractérisent par une absence de progrès alors qu’il est possible, dans une certaine mesure, d’en prévenir et d’en atténuer les conséquences. De plus, les études prouvent que d’autres pays réussissent mieux que le Canada à atténuer les conséquences négatives liées à certains de ces problèmes.

La fréquence de ces problèmes chez certains groupes d’enfants est également troublante. Mon premier rapport portait sur les inégalités en santé et sur le fait que les efforts déployés pour améliorer la santé de la population ne profitent pas également à tous les Canadiens. Le présent rapport, mon second en tant qu’administrateur en chef de la santé publique, montre que les inégalités sont évidentes même aux premiers stades de la vie, et c’est particulièrement vrai chez les enfants autochtones, les enfants ayant un handicap ou les enfants de familles à faible revenu.

Je crains que nous manquions peut-être à nos obligations envers ces enfants et je suis préoccupé par le nombre toujours croissant d’entre eux qui tireront de l’arrière si des efforts concertés ne sont pas déployés. Un nombre croissant d’enfants n’auront pas la possibilité de grandir en santé, ce qui pourrait mettre en péril les progrès réalisés par le Canada en ce qui a trait à l’espérance de vie et à la qualité de vie pour tous. Cependant, je crois que, grâce à une vision, une planification et une collaboration à long terme, nous pourrons améliorer davantage la santé et le bien-être de tous les enfants et mieux servir les plus vulnérables.

C’est l’un des rôles de la santé publique de repérer les liens entre l’exposition au risque et le résultat et d’aider ainsi à trouver des solutions collectives pour assurer une bonne santé à l’ensemble de la population. Nous savons que la planification et les investissements à long terme peuvent faire une différence. Les efforts que nous avons déployés lors de l’éclosion du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) ont donné de bons résultats; le plan de lutte contre les pandémies nous a en effet bien préparés à intervenir dans le cas de l’éclosion de la grippe H1N1 au Canada. La planification et les investissements qui ont été effectués par le passé dans d’autres secteurs, notamment le régime d’assurance maladie, ont fait en sorte que les Canadiens, en temps de difficultés économiques, n’ont pas eu à compromettre leur santé en raison d’une incapacité à payer les soins.

Évidemment, prendre des mesures exige du temps, de l’argent et d’autres ressources. Étant donné les contraintes économiques que doivent surmonter de nombreux pays, y compris le Canada, il est parfois difficile d’apprécier le rendement des investissements si le résultat n’est pas immédiat. Parfois, nous devons nous demander où investir nos ressources limitées pour obtenir le meilleur résultat possible. Il est vrai que les différentes étapes de la vie d’une personne sont toutes liées, et il est certainement possible de limiter les expériences négatives et les conséquences qui en résultent à un âge plus avancé. Cependant, les mesures les plus efficaces et les plus rentables, tant pour l’individu que pour la collectivité, sont de créer des milieux positifs et de développer la résilience au moyen d’interventions précoces.

Ce qui nous arrive tôt dans la vie, en fonction de nos expériences et de notre milieu de vie, peut avoir des répercussions immédiates, retardées ou à long terme sur notre santé. Ces répercussions peuvent, au fil du temps, s’ajouter les unes aux autres, être exacerbées par d’autres événements ou même se perpétuer de génération en génération. L’importance d’une approche globale de la santé publique, qui vise tout particulièrement la petite enfance, ne doit donc pas être sous-estimée.

Compte tenu de notre richesse, de nos connaissances et de notre expérience, je crois qu’il y a possibilité d’apporter des changements positifs à des questions prioritaires et ainsi établir une saine trajectoire de vie pour tous les enfants. Le présent rapport cite en exemple de nombreuses approches qui ont fait leurs preuves; il fournit également des données sur des mesures tangibles et à long terme qui permettent d’améliorer la vie des enfants. Je veux profiter de l’occasion pour remercier les auteurs de ces initiatives et de beaucoup d’autres encore pour le travail qu’ils accomplissent au quotidien afin d’améliorer la vie des Canadiens.

Que nous soyons parent, enseignant, fournisseur de soins, professionnel de la santé, décideur ou citoyen, nous avons tous un intérêt – et une responsabilité – dans le développement de la petite enfance afin de faire de ces premières années de vie les meilleures qui soient. Il n’y a pas meilleur investissement.

Dr David Butler-Jones

Le Dr David Butler-Jones est le premier administrateur en chef de la santé publique du Canada. En sa qualité de médecin, il a travaillé au Canada et fourni des avis aux professionnels à l’étranger dans les domaines de la santé publique et de la medicine clinique. Il est professeur à la Faculté de médecine de l’Université du Manitoba et professeur clinicien au Département de santé communautaire et d’épidémiologie de l’Université de la Saskatchewan. Le Dr David Butler-Jones a par ailleurs occupé les fonctions de médecin hygiéniste en chef de la Saskatchewan et a oeuvré pour un certain nombre d’organismes de santé publique, notamment à titre de président de l’Association canadienne de santé publique et vice président de l’American Public Health Association. Il a reçu en 2007 un doctorat honorifique en droit de la Faculté des sciences de la santé de l’Université York en reconnaissance de ses réalisations en santé publique.


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