Foire aux questions : Initiative canadienne de vaccin contre le VIH

Nota : Certains renseignements sont fournis par l'International AIDS Vaccine Initiative (en anglais seulement).

Généralités

Pourquoi avons-nous besoin d'un vaccin contre le VIH?

Le VIH/sida est une maladie dont les proportions mondiales et les conséquences sur les humains et la situation socio-économique sont graves. 30 millions de personnes ont succombé au VIH/sida et l'épidémie continue de progresser dans toutes les régions du monde. L'ONUSIDA et l'Organisation mondiale de la Santé estiment que 2,7 millions de personnes ont été infectées par le VIH en 2010, dont environ 390 000 enfants par jour. On estime que 34 millions de personnes dans le monde sont porteuses du VIH/sida. La majorité d'entre elles vivent dans des pays où l'accès aux soins, les traitements et le soutien sont inadéquats ou inexistants.

Un vaccin de prévention du VIH sûr, abordable et accessible à l'échelle mondiale est la solution la plus prometteuse pour ce qui est de réduire les taux mondiaux d'infection au VIH et de lutter contre les conséquences sociales et économiques dévastatrices, sans parler des inégalités en matière de développement qu'exacerbe le VIH/sida. Depuis leur apparition, les vaccins ont été parmi les interventions de santé publique les plus efficaces pour prévenir la propagation des maladies infectieuses compte tenu des coûts. Plus de 30 maladies infectieuses communes sont maintenant contrôlées grâce à des vaccins, notamment la polio, la rougeole, les oreillons et la coqueluche. Un vaccin contre le VIH permettrait de contrer l'épidémie de sida, de prévenir des souffrances, de sauver des millions de vies et d'épargner des milliards de dollars en soins de santé et en coûts connexes.

Combien de temps faudra-t-il pour que le monde puisse bénéficier d'un vaccin contre le VIH?

Il faudra peut-être encore dix ans avant qu'un vaccin sûr et efficace contre le VIH soit développé. Au Canada comme ailleurs, on fait de nombreuses recherches dans ce domaine, mais aucun vaccin n'a donné de preuves concluantes de son efficacité. Bien qu'une validation de principe ait été démontrée dans un récent essai clinique mené en Thaïlande, de nombreux obstacles scientifiques importants s'opposent toujours à la mise au point et à l'administration des vaccins contre le VIH. Pour surmonter ces obstacles, il faut absolument une action ciblée de longue durée et coordonnée à l'échelle internationale.

De nombreux scientifiques sont d'avis que, même lorsqu'on aura un vaccin sûr approuvé mondialement, celui-ci pourrait ne pas constituer une protection complète contre le VIH. La « première génération » de vaccins contre le VIH pourrait seulement faire ralentir la progression de la maladie chez les personnes vaccinées, mais celles-ci pourraient toujours être infectées au VIH plus tard. Néanmoins, un tel vaccin pourrait freiner la progression du VIH et fournir les preuves scientifiques dont on a besoin pour soutenir le développement d'autres vaccins plus efficaces.

Quel sera le coût d'un vaccin contre le VIH, à l'échelle mondiale?

Les nombreux défis scientifiques que posent le développement et l'administration d'un vaccin en font une entreprise très coûteuse. En 2009, le monde a investi environ 868 millions de dollars pour développer des vaccins et les tester, ainsi que pour mener l'action stratégique et le travail d'information nécessaires pour préparer leur développement et leur introduction sur le marché (HIV Vaccines and Microbicides Resource Tracking Working Group) (en englais seulement). Il faudra des investissements mondiaux continus et importants au cours des prochaines années pour atteindre nos objectifs, et les coûts pourraient être plus élevés que pour d'autres vaccins.

Pourquoi est-il important de procéder à des essais cliniques dans les PFR-PRI et auprès de divers groupes démographiques?

Le VIH/sida est une maladie qui ne connaît pas de frontière, qu'elle soit géographique, socio-économique, ou liée au sexe, à l'âge ou à autre chose. Les PFR-PRI sont les pays les plus touchés par ce fléau, surtout en Afrique subsaharienne, dans les Antilles, en Extrême-Orient, en Europe de l'Est et en Asie centrale. Le VIH sévit plus particulièrement chez les groupes vulnérables de la société, comme les itinérants, les Autochtones, les consommateurs de drogues injectables, les personnes atteintes de maladie mentale ou ayant une autre incapacité, les travailleurs de l'industrie du sexe, les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes, les prisonniers et les autres détenus, les travailleurs migrants - des personnes isolées de leur famille ou de leurs réseaux de soutien - et les personnes dont le sexe, l'orientation sexuelle, la culture ou la situation personnelle les rendent vulnérables ou dépendantes d'autres personnes. Dans de nombreux pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, en particulier en Afrique subsaharienne, les femmes et les filles continuent d'être touchées d'une façon disproportionnée par le VIH : les femmes représentent environ 60 % des nouveaux cas d'infection par le VIH dans cette région.

La participation des populations vulnérables aux essais cliniques est la manière la plus sûre d'évaluer si un vaccin est efficace et acceptable pour les différents groupes démographiques. Il y a différentes souches du VIH et on ne sait pas encore si un vaccin efficace contre une souche peut l'être aussi contre une autre. C'est pourquoi les essais cliniques ne doivent pas seulement être réalisés dans les pays en développement (plus de 90 % des personnes porteuses du VIH vivent dans ces pays), mais aussi dans d'autres parties du monde auprès de personnes de race, de culture et de sexe différents. La participation des populations vulnérables aux essais cliniques permet aussi de leur apporter des bénéfices connexes, comme la consultation pour la réduction des méfaits et d'autres services.

L'ICVV représente la contribution appréciable du Canada aux efforts mondiaux pour arriver à développer un vaccin efficace contre le VIH, un vaccin qui sera accessible à des prix abordables et en quantité suffisante pour ceux qui en ont le plus besoin mais peuvent le moins se le payer. Ainsi, les besoins des pays en développement sont au cœur de l'ICVV.

Pourquoi la participation communautaire est-elle si importante dans la mise au point d'un vaccin contre le VIH?

La participation communautaire est essentielle au développement de vaccins contre le VIH. Les membres des collectivités vulnérables participent aux essais cliniques, mais ils jouent aussi un rôle clé dans la conception des essais pour qu'ils soient acceptables dans leurs collectivités. La participation des collectivités accorde une crédibilité à l'étude et encourage le public et les gouvernements à soutenir la recherche sur les vaccins. Elle permet aussi de faire accepter les vaccins dans ces collectivités quand ils sont découverts.

Qu'est-ce que l'Entreprise mondiale pour un vaccin contre le VIH?

L'Entreprise mondiale pour un vaccin contre le VIH (disponible en anglais seulement) est une alliance d'organisations indépendantes du monde entier qui appuient l'accélération de la mise au point de vaccins contre le VIH par la mise en œuvre d'un Plan stratégique scientifique commun (PSS). Le PSS s'appuie sur un plan stratégique de recherche qui couvre la découverte du vaccin, son développement et sa production et les essais cliniques. Le PSS prévoit une augmentation des ressources, par la recherche de nouvelles sources de financement, une intensification de la collaboration par la promotion de moyens plus efficaces et plus rapides pour les chercheurs de partager leurs réussites et leurs échecs pour éviter le chevauchement des efforts.

L'Initiative canadienne de vaccin contre le VIH renouvelée

Qu'est-ce que l'Initiative canadienne de vaccin contre le VIH renouvelée?

En juillet 2010, lors de la XVIIIe Conférence internationale sur le sida tenue à Vienne, en Autriche, le gouvernement du Canada et la Fondation Bill et Melinda Gates ont renouvelé leur engagement pouvant aller jusqu'à 139 millions de dollars pour la mise en œuvre de l'Initiative canadienne de vaccin contre le VIH. Le gouvernement du Canada et la Fondation Bill et Melinda Gates collaborent à mise en place d'une nouvelle Alliance de recherche et de développement de l'ICVV. L'Alliance est la pierre angulaire de l'ICVV renouvelée et permettra au Canada d'être un contributeur chef de file aux efforts mondiaux pour la mise au point d'un vaccin contre le VIH sûr, efficace, abordable et accessible partout au monde. L'Alliance facilitera l'avancement des connaissances scientifiques qui nous mèneront vers le but ultime : un vaccin contre le VIH.

L'ICVV s'articulera autour d'une collaboration ouverte et mondiale à laquelle participeront des pays développés et en développement, des chercheurs, des organisations non gouvernementales, le secteur privé et les gouvernements.

Comment les fonds de l'ICVV renouvelée sont-ils répartis?

Le gouvernement du Canada et la Fondation Bill et Melinda Gates ont renouvelé leur engagement pouvant aller jusqu'à 139 millions de dollars pour la mise en œuvre de l'Initiative canadienne de vaccin contre le VIH. Le financement se poursuivra jusqu'en 2017.

Depuis la mise en place de l'ICVV, 51 millions de dollars ont été affectés au soutien de la recherche à l'échelle nationale et internationale, à l'amélioration de la collaboration entre les chercheurs au Canada et partout au monde et au renforcement des capacités d'essais de vaccins, d'élaboration de politiques, des organismes de réglementation nationaux et de mobilisation communautaire.

De plus, un montant de 55 millions de dollars a été affecté afin de faire progresser les connaissances scientifiques fondamentales, d'appliquer la recherche dans des essais cliniques et de déterminer les conditions qui favorisent la mise au point des vaccins contre le VIH. Un montant de 30 millions de dollars est destiné à la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant et un montant de 3 millions de dollars a été affecté afin d'appuyer une approche coordonnée dans le cadre de l'Initiative canadienne de vaccin contre le VIH renouvelée

Pourquoi le Canada investit-il dans la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant?

À l'échelle mondiale, le nombre des nouveaux cas d'infection par le VIH continue de dépasser le nombre des personnes qui reçoivent un traitement : pour deux personnes qui entreprennent un traitement, cinq autres sont infectées par le virus. Même si l'incidence des infections par le VIH continue de décroître au rythme actuel, il y aura quand même plus de 22 millions de nouveaux cas d'infection d'ici à 2015 (ONUSIDA, 2009). Il est essentiel pour enrayer l'épidémie d'élargir à court et à moyen terme les efforts de prévention actuels qui fonctionnent pour atteindre les populations vulnérables, en particulier les femmes et les enfants. 

À l'échelle mondiale, la couverture des services de prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant est passée de 10 % en 2004 à 45 % en 2008 (Organisation mondiale de la Santé, Fonds des Nations Unies pour l'enfance, ONUSIDA, 2009), et la diminution du nombre de nouvelles infections au VIH chez les enfants en 2008 indique que ces efforts permettent de sauver des vies. Néanmoins, on estime que 430 000 enfants sont nés avec le VIH en 2008 (ONUSIDA, 2009). Le gouvernement du Canada, qui reconnaît qu'il est possible de ralentir la propagation du VIH en renforçant l'intervention de prévention existante qui fonctionne tandis que l'on cherche à mettre au point un vaccin contre le VIH, investit dans la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, dans le cadre d'une approche exhaustive à la prévention de l'infection par le VIH. Des stratégies de mise en œuvre novatrices et efficaces et des solutions de programme visant à améliorer l'efficacité des interventions disponibles et à surmonter les obstacles existants et les goulots d'étranglement seront utilisées pour améliorer la prestation des services de PTME.

Quel est le but de l'Alliance de recherche et de développement de l'ICVV? Comment fonctionnera-t-elle?

L'investissement du gouvernement du Canada pour l'Alliance de recherche et de développement de l'ICVV complète nos efforts de lutte contre la propagation du VIH et du sida au Canada et au monde. L'Alliance de recherche et de développement de l'ICVV est un réseau canadien qui réunit des chercheurs de pointe des secteurs public et privé, ainsi que la communauté internationale, pour trouver des solutions novatrices aux défis associés à la mise au point d'un vaccin contre le VIH.

L'Alliance servira de point central pour la recherche canadienne, le développement de produits et l'expertise technique liés aux vaccins contre le VIH. L'Alliance collaborera avec des partenaires dans les PFR-PRI, notamment en Afrique, afin de tirer profit de l'expertise et des connaissances locales, d'exploiter les projets de recherche concertés et les initiatives stratégiques et de renforcer les capacités nécessaires à l'échelle locale.

Comment l'Alliance sera-t-elle gérée?

Un conseil consultatif de l'Alliance s'occupera de la gouvernance et de la supervision de l'Alliance. Le rôle du conseil consultatif est de fournir aux ministres responsables de l'ICVV et à la Fondation Bill et Melinda Gates des recommandations quant aux projets à financer et de superviser la mise en œuvre de l'Alliance.

Comment l'Initiative canadienne de vaccin contre le VIH cadre-t-elle avec les autres activités du gouvernement du Canada en matière de lutte contre le VIH/sida?

L'ICVV est conçue pour tirer profit des principales forces et des investissements du gouvernement du Canada et pour mobiliser les partenaires et l'expertise nécessaires au Canada et dans les PFR-PRI. L'ICVV accroît l'investissement global du gouvernement du Canada dans la lutte contre le VIH/sida et renforce la recherche de vaccins contre le VIH au Canada et dans les PFR-PRI grâce au partenariat avec la Fondation Bill et Melinda Gates.

L'ICVV est étroitement liée aux objectifs de l'Initiative fédérale de lutte contre le VIH/sida au Canada, qui englobent la prévention de l'infection à VIH et de la transmission du VIH au Canada et une contribution aux efforts mondiaux de contrôle de la propagation du VIH et d'atténuation des conséquences de la maladie. L'ICVV complète les activités entreprises et appuyées par l'ASPC, les Instituts de recherche en santé du Canada, Santé Canada et le Service correctionnel du Canada dans le cadre de l'Initiative fédérale, y compris la recherche d'un vaccin contre le VIH et l'élaboration du Plan canadien en matière de vaccins anti-VIH.

L'ICVV complète aussi le soutien de l'Agence canadienne de développement international au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, au Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et à une gamme de projets et d'initiatives qui font progresser une approche exhaustive à long terme à une prévention efficace et fondée sur des données probantes de l'infection par le VIH tout en renforçant les systèmes de santé pour assurer un accès équitable à des soins, un traitement et un soutien essentiels à tous ceux qui en ont besoin et protéger et soutenir les enfants infectés et touchés par le VIH/sida.

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