Déclaration sur les voyages internationaux relativement à la COVID-19

Dernière mise à jour du contenu : 2 juin 2022

Une déclaration du comité consultatif (DCC)
Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV)

Table des matières

Préambule

Le Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV) donne à l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) des conseils courants et à jour de nature médicale, scientifique et de santé publique concernant les maladies tropicales infectieuses et les risques pour la santé associés aux voyages internationaux. L'ASPC reconnaît que les conseils et les recommandations figurant dans cette déclaration reposent sur la pratique médicale et les connaissances scientifiques les plus récentes au moment d'écrire ces lignes et les diffuse dans le but d'informer les professionnels de la santé qui sont appelés à prodiguer des soins aux voyageurs.

Les personnes qui administrent ou utilisent des médicaments, des vaccins ou d'autres produits devraient bien connaître la monographie des produits ainsi que toute autre norme ou instruction approuvée concernant leur usage. Les recommandations relatives à l'usage des produits et les autres renseignements présentés ici peuvent différer de ceux figurant dans les monographies ou dans toute autre norme ou instruction approuvée pertinente qui a été établie par les fabricants autorisés. Rappelons que l'approbation demandée par les fabricants pour leurs produits, avec démonstration de leur innocuité et de leur efficacité à l'appui, ne s'applique qu'aux utilisations conformes à la monographie ou à une norme ou un mode d'emploi autre ayant été approuvé.

Principaux points et messages

Objectifs

Le présent énoncé a pour but d'orienter les fournisseurs de soins de santé qui offrent un avis aux patients souhaitant voyager dans le contexte de la pandémie de COVID-19.

Les recommandations formulées dans les présentes lignes directrices le sont dans le but particulier de protéger la santé des voyageurs. Les aspects de l'intervention face à la COVID-19 relatifs aux politiques et à la réglementation, tels que les exigences en matière de passeport vaccinal et de quarantaine, débordent le cadre du présent énoncé. Les voyageurs doivent être informés du fait que des facteurs extérieurs à leur santé pourraient avoir une incidence considérable sur leurs projets et que les exigences sont appelées à changer, parfois dans un court préavis. Les conseillers en voyage et leurs clients devraient, entre autres, régulièrement vérifier les exigences en vigueur relativement aux voyages au lieu de destination et en prévision du retour au Canada.

Méthodologie

Cette déclaration a été élaborée par les membres d'un groupe de travail du CCMTMV, dont aucun n'a déclaré un conflit d'intérêts pertinent. Le groupe de travail et l'ensemble du comité ont choisi de mettre au point les conseils que contiennent les présentes lignes directrices en fonction d'une revue narrative, c'est-à-dire non systématique, des données probantesNote de bas de page 1, notamment en raison de la nécessité de les produire en temps opportun et du fait que les données liées à la prévention de la transmission de SRAS-CoV-2 évoluent rapidement. La déclaration finale et les recommandations ont été approuvées par le CCMTMV.

Épidémiologie

La maladie à coronavirus 2019 (la COVID-19) est causée par un nouveau coronavirus, le coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2 (SRAS-CoV-2), d'abord identifié à Wuhan, en Chine, en décembre 2019. L'épidémiologie de la COVID-19 continue d'évoluer, ce qui est en partie attribuable à l'apparition de variants préoccupants et de variants d'intérêt de SRAS-CoV-2. On s'attend à ce que des variants continuent d'être détectés au fil du temps. Comprendre l'incidence de ces variants sur la transmissibilité de la COVID-19, sa gravité et l'efficacité des diagnostics, des traitements et des vaccins mis au point est actuellement crucial et continuera de l'être.

L'Organisation mondiale de la Santé (l'OMS) met à disposition des renseignements à jour sur la situation épidémiologique mondialeNote de bas de page 2. La mise à jour hebdomadaire sur l'épidémiologie de la COVID-19 produite par l'OMS (en anglais seulement) offre notamment un aperçu de la situation, ainsi que les données confirmées et les nouvelles données sur les variants préoccupants et les variants d'intérêt.

Manifestations cliniques

Le tableau clinique de la COVID-19 varie grandement et est adéquatement décrit ailleurs.

Les infections asymptomatiques et paucisymptomatiques sont courantes et ont un rôle important dans la transmission. Cependant, les discussions et les recherches se poursuivent quant à la fréquence de telles infections, et les résultats des études à ce sujet varient grandementNote de bas de page 3 et pour différents variants viraux. De façon générale, les personnes d'un certain âge sont particulièrement susceptibles de présenter des signes cliniques de la maladie; en effet, dans de nombreux cas, l'infection chez les personnes plutôt jeunes est occulte ou associée à une maladie bénigne. Fait important, la transmission est aussi très courante dans les jours qui précèdent les premiers symptômes, quelle que soit, ultimement, leur intensité.

Les manifestations de la COVID-19 au-delà de la phase aiguë constituent un aspect au sujet duquel l'incertitude et l'intérêt sont considérables. Nous songeons aux personnes, notamment celles dont la maladie est bénigne au moment de l'infection primaire, chez qui des symptômes ou un tableau clinique apparaissent ou se maintiennent au-delà de la phase aiguë. Les données scientifiques sur les séquelles au-delà de la phase aiguë sont actuellement limitées, et les recherches visant une meilleure compréhension des effets à long terme de l'infection et des possibles facteurs de risque se poursuiventNote de bas de page 4,Note de bas de page 5.

Transmission

L'incubation de la COVID-19 (l'intervalle entre l'exposition à SRAS-CoV-2 et les premiers symptômes) s'étend sur une période médiane de 5 à 6 jours, mais peut se faire en un jour ou nécessiter 14 joursNote de bas de page 6,Note de bas de page 7. Les périodes d'incubation semblent être légèrement plus courtes pour les variantes récentes; par exemple, les infections Omicron ont tendance à avoir une période d'incubation moyenne de 3 à 4 jours. La transmission de SRAS-CoV-2 se fait principalement par la voie respiratoireNote de bas de page 7,Note de bas de page 8,Note de bas de page 9,Note de bas de page 10. Le fait, par exemple, de respirer, de parler, de tousser, d'éternuer, de chanter ou de crier entraîne le dégagement de gouttelettes chargées de virus. Une transmission aérienne peut alors se produire, en particulier dans les milieux mal ventilés et très contaminés, même sur une distance assez grande. Néanmoins, la proximité demeure un important facteur de risque de transmission. La contribution des contacts avec des vecteurs passifs (c'est-à-dire avec des surfaces contaminées) à une transmission soutenue (et donc à la pandémie) est jugée peu importanteNote de bas de page 11. Cette conclusion découle en grande partie des effets favorables des interventions, qui ont été axées sur la prévention de l'inhalation de particules malgré la capacité avérée du virus de rester infectieux dans l'environnement. Il demeure, quoi qu'il en soit, possible de grandement réduire la transmission associée aux vecteurs passifs par l'application de mesures d'assainissement de routine, telles que le fait de bien se laver les mains et de régulièrement nettoyer les surfaces. Ces méthodes sont d'ailleurs jugées utiles à la réduction pour les voyageurs des autres risques d'infection, en particulier ceux causés par les agents pathogènes se transmettant par voie féco-orale, responsables de maladies entériques.

Évaluation du risque que représente SRAS-CoV-2 pour la personne en cas de voyage

Une multitude d'éléments pourraient influer sur le choix de voyager (ou de ne pas le faire) en cette période de pandémie. Quantité d'entre eux sont d'ordre structurel, par exemple la réglementation relative aux voyages et aux frontières, les exigences quant à la vaccination et le dépistage avant le départ. La présente section ne tient pas compte de ces éléments, pas plus qu'elle ne tient compte des effets indirects, mais combien importants, des voyages individuels sur les autres, par exemple dans la situation où un voyageur en santé sert de vecteur de transmission de SRAS-CoV-2 à une personne vulnérable ou risque de rapporter avec lui un variant préoccupant.

La présente partie est plutôt axée sur l'évaluation du risque que représentent pour la personne SRAS-CoV-2 et ses conséquences, en particulier les évolutions aiguës et graves de la COVID-19, menant à l'hospitalisation et/ou à la mort.

Le CCMTMV sait qu'il existe une foule d'autres évolutions potentiellement préoccupantes, dont entre autres les séquelles longtemps après l'infection. Celles-ci ont été signalées chez des enfants et adolescents comme chez des adultes, et tant chez des personnes ayant été très malades de la COVID-19 que chez d'autres l'ayant peu été. Malheureusement, les connaissances et les données probantes au sujet de tels troubles persistants demeurent contradictoires et plutôt parcellaires, bien que cela tende à changer et que l'intérêt des chercheurs s'intensifie. Il est donc important pour les cliniciens et les voyageurs de garder à l'esprit que, même si les présentes lignes directrices portent plutôt sur les évolutions graves et aiguës, l'infection s'accompagne d'autres risques. De plus, bien que les présentes lignes directrices soient axées sur le risque individuel du voyageur, l'analyse générale des éventuels effets et risques pour la santé qu'occasionnent les voyages devrait inclure une réflexion sur ce qu'est un voyage responsable et tenir compte des risques que l'on peut représenter pour les pays de destination, pour le Canada (par exemple si l'on introduit un variant) et pour les personnes vulnérables que l'on côtoie.

Le CCMTMV suggère d'intégrer à l'évaluation du risque une évaluation de l'exposition propre au voyageur et une évaluation de l'hôte qu'est le voyageur. Ensemble, ces critères permettent d'obtenir une estimation du risque, représentée ci-dessous dans une matrice de risque intégrée (tableau 1). Cette méthode est globalement en accord avec celles qu'a utilisées le CCMTMV dans d'autres de ses recommandationsNote de bas de page 12,Note de bas de page 13.

Tableau 1. Matrice de risque pour les voyages à l'étranger dans le contexte de la pandémie de COVID-19
Évaluation de l'exposition Évaluation de l'hôte
Risque faible Risque modéré Risque élevé Risque très élevé
Risque faible Risque faible Risque modéré Risque modéré Risque modéré
Risque modéré Risque modéré Risque modéré Risque élevé Risque élevé
Risque élevé Risque modéré Risque élevé Risque élevé Risque très élevé
Risque très élevé Risque élevé Risque élevé Risque très élevé Risque très élevé

Dans la tableau 1, on voit que différents facteurs contribuent au degré de risque auquel s'exposerait la personne. En ce qui concerne les évaluations de l'exposition possible, les conseillers en santé devraient d'abord considérer le risque d'exposition propre aux pays de destination, puis, au besoin, augmenter le niveau de risque d'exposition (c'est-à-dire passer à la ligne inférieure du tableau) ou le diminuer (c'est-à-dire passer à la ligne supérieure) en fonction des activités prévues et des autres facteurs pertinents. L'évaluation de l'hôte tient d'abord compte de l'âge du voyageur, puis est adaptée en fonction de ses autres facteurs de risque individuels. Par exemple, un voyageur diabétique verrait son niveau de risque augmenter d'une case vers la droite à partir du niveau obtenu en fonction de son âge (ce qui indiquerait pour lui un risque accru de préjudices graves en cas d'infection à SRAS-CoV-2). Disons de façon très approximative que l'augmentation d'un niveau (c'est-à-dire le passage à une case inférieure ou vers la droite du tableau) représente une multiplication du risque par deux à quatre. Une protection vaccinale adéquate (voir la définition de l'encadré 2) amènerait généralement un déplacement du niveau d'une case vers la gauche (indiquant une baisse du risque de préjudices graves en cas d'infection à SRAS-CoV-2). Le tableau 6 résume les facteurs de risque et la façon d'adapter les niveaux de risque de l'hôte et de l'exposition en fonction de ceux-ci.

La matrice de risque et les recommandations qui l'accompagnent ne visent pas à remplacer les exigences sanitaires et relatives aux voyages à l'étranger imposées à l'échelle locale, régionale, nationale ou internationale. Elles constituent plutôt un complément aux exigences, qui peut être employé par les conseillers en soins de santé se chargeant d'offrir un avis aux patients au sujet des voyages pendant la pandémie.

Les niveaux de risque de la matrice sont expressément liées aux recommandations (tableau 7). Soyons clairs : il ne s'agit pas de recommandations fondées sur l'approche GRADE, mais de recommandations qui représentent l'opinion d'experts, formée à partir des connaissances actuelles au sujet de SRAS-CoV-2.

Enfin, la matrice ne tient compte ni des valeurs ni des préférences du voyageur. Étant donné que la tolérance au risque que représente la COVID-19 varie en fonction du voyageur, l'application des recommandations de voyage variera aussi. C'est dans cette fenêtre décisionnelle que se prendront les décisions relatives aux voyages et que les fournisseurs de soins de santé pourront aider les voyageurs à faire des choix éclairés.

Évaluation du niveau de risque d'exposition

Le niveau de risque d'exposition possible désigne la probabilité qu'un voyageur soit exposé à SRAS-CoV-2 (sans nécessairement être infecté). Un examen rigoureux de l'itinéraire prévu est nécessaire à l'évaluation de cette probabilité. Le point de départ de l'évaluation devrait être établi en fonction du niveau estimatif de transmission dans le lieu de destination (faible, modéré, élevé ou très élevé/inconnu; voir le tableau 2).

Tableau 2. Niveau de risque d'exposition - point de départ établi en fonction du niveau estimatif de transmission de SRAS-CoV-2 dans le lieu de destination, voir l'annexe pour plus de détails et de résultats.
Niveau de risque d'exposition Niveau estimatif de transmission de SRAS-CoV-2 dans le lieu de destination
Risque faible Niveau de transmission de SRAS-CoV-2 faible
Risque modéré Niveau de transmission de SRAS-CoV-2 modéré
Risque élevé Niveau de transmission de SRAS-CoV-2 élevé
Très élevé Niveau très élevé ou inconnu de transmission du SRAS-CoV-2

Niveau estimatif de transmission dans le lieu de destination

Le secrétariat du CCMTMV a fourni un soutien technique à la mise au point d'une méthode provisoire d'estimation du niveau de transmission de SRAS-CoV-2 à la destination. La méthode tient compte d'un ensemble d'indicateurs quant à la situation épidémiologique à la destination évaluée (par exemple les taux d'incidence, les taux de dépistage, les pourcentages de positivité, les tendances) et de ce que l'on sait par ailleurs de la situation sur place (pour plus de détails et de résultats, voir l'annexe). Le résultat de l'évaluation est le classement du niveau estimatif de transmission du SRAS-CoV-2 dans le lieu de destination selon la cote faible, modéré, élevé, très élevé ou inconnu. Le CCMTMV recommande l'utilisation du niveau estimatif de transmission à la destination comme point de départ à l'évaluation de l'exposition possible.

Si plusieurs pays doivent être visités, alors l'évaluation de l'exposition et les recommandations qui en découlent doivent tenir compte de l'ensemble de l'itinéraire prévu. Différentes recommandations pourraient être associées aux différents segments du voyage. Dans le cas des croisières, le CCMTMV recommande d'employer comme risque d'exposition de référence le niveau estimatif de la transmission qui s'effectue dans le pays d'où part la croisière. Bien qu'il soit impossible d'établir avec exactitude le niveau de transmission dans un tel contexte, le risque d'exposition le plus représentatif est celui du pays de départ. Si les voyageurs débarquent dans d'autres pays pendant de longues périodes ou s'ils participent à des activités où la probabilité d'exposition au SRAS-CoV-2 est plus élevée au cours d'une croisière, envisagez d'appliquer les mêmes conseils que ci-dessus concernant les segments d'itinéraires multiples. Des ajustements supplémentaires à l'évaluation de l'exposition en fonction des activités sont suggérés ci-dessous pour les voyages en croisière.

Il sera alors possible d'adapter le risque d'exposition de référence obtenu de l'évaluation fondée sur la destination (c'est-à-dire de le déplacer d'une ligne vers le haut ou vers le bas dans la matrice) en fonction des facteurs indiqués ci-dessous.

Transmission estimative dans les régions qui seront visitées

Il arrive que la transmission estimative varie en fonction des régions d'un pays. Cette variabilité est par exemple bien suivie au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni, pays pour lesquels des données sont aisément accessibles. Il est ainsi possible d'utiliser les données de suivi, au besoin, pour mieux évaluer l'exposition potentielle. Dans le cas où il s'avère que la situation épidémiologique dans une région donnée est pire que la situation de transmission à l'échelle nationale, les fournisseurs de soins peuvent envisager d'augmenter le niveau de risque d'exposition d'un échelon. De façon générale, par mesure de prudence, le CCMTMV recommande de ne pas procéder à l'inverse; autrement dit, le niveau de risque d'exposition ne devrait pas être réduit en cas de transmission inférieure dans une région donnée par rapport au reste du pays.

Durée du voyage

Toutes proportions gardées, un long voyage sera associé à une probabilité d'exposition cumulative accrue.

Tendances épidémiologiques

Si des informations laissent à penser que la situation épidémiologique dans un endroit est en train de changer de façon importante, par exemple en raison d'un accroissement de la propagation d'un variant préoccupant, il est recommandé de relever le niveau de risque d'exposition d'un cran. Au contraire, de façon générale, le CCMTMV déconseille actuellement d'abaisser le niveau de risque d'exposition, par rapport à une évaluation initiale, exclusivement d'après des données prometteuses.

Types d'activités

Les types d'activités et de mesures prises par les personnes influent également sur la probabilité d'exposition à SRAS-CoV-2. En général, la probabilité d'exposition augmente avec la multiplication des contacts, l'augmentation de la durée des contacts, la proximité des personnes et une faible ventilation (dans les environnements intérieurs). Une ventilation adéquate nécessite le remplacement de l'air intérieur par de l'air extérieur, ce qui contribue à réduire la concentration de particules virales, ou le recyclage de l'air au moyen d'un filtre à particules à haute efficacité (HEPA)Note de bas de page 14,Note de bas de page 15.

Par exemple, la participation à des rassemblements de masse à l'intérieur serait associée à un plus grand risque d'exposition au virus que la randonnée avec un petit groupe de compagnons de voyage. De même, si des activités propices à une vaste propagation du virus (p. ex. chanter, crier, encourager, faire de l'exercice) avaient lieu lors d'un rassemblement à l'intérieur (ou à l'extérieur), le risque d'exposition serait plus élevé en comparaison avec des activités qui ne sont pas propices à la propagation (p. ex. lire le journal, faire la queue tranquillement, faire ses courses dans un supermarché).

Le tableau 3 présente une liste non exhaustive d'activités caractérisées par leur niveau attendu d'exposition. Dans la mesure du possible, il convient d'examiner l'ensemble des activités que le voyageur envisage de réaliser. Si la plupart ou la totalité de ces activités sont associées à une probabilité faible d'exposition, il convient d'envisager de réduire d'un échelon le niveau d'exposition par rapport au niveau d'exposition initial basé sur la destination. En revanche, l'inverse s'applique si certaines ou plusieurs des activités sont susceptibles de placer le voyageur dans une situation de risque d'exposition relativement élevé (c.-à-d. qu'il faut augmenter le niveau d'exposition d'un échelon).

Tableau 3. Types d'activités correspondant à une probabilité relativement faible ou élevée d'exposition à SRAS-CoV-2
Probabilité faible Probabilité modérée Probabilité élevée

Espace extérieur de faible densité. Distanciation possible.

Exemples : Faire une randonnée d'aventure dans une région sauvage, jouer au golf, faire de l'exercice individuel en plein air, marcher dans des zones peu fréquentées.

Effet : Si la plupart des activités sont associées à une exposition de ce type, envisager de réduire le niveau estimé d'exposition d'un échelon par rapport au risque d'exposition établi en fonction de la destination (p. ex. d'élevé à modéré). [Remarque : les activités individuelles présentant un potentiel d'exposition « élevé » permettent d'éviter cette situation, voir ci-contre.]

Activités dans un espace intérieur de faible densité. Distanciation possible, bonne ventilation, selon le cas (peut inclure des moyens de transport).

Exemples : Faire des emplettes dans un centre commercial, assister à un cours de langue en petit groupe, visiter un immeuble de bureaux, faire ses courses, voyager à bord d'un avion moderne ou appartenant à compagnie aérienne réputée, voyager dans un taxi non bondé dont les fenêtres sont ouvertes, faire une excursion dans un autobus sans toit avec peu de passagers.

Activités de plein air dans un espace de forte densité. Distanciation potentiellement limitée.

Exemples : Assister à une fête ou à un concert en plein air, se rendre sur une plage bondée, nager dans une piscine publique, faire une excursion en autobus sans toit avec beaucoup de passagers, faire des achats dans un marché en plein air bondé, se promener dans un environnement urbain animé.

Effet : Si la plupart des activités sont associées à une exposition de ce type, n'apporter aucun changement au niveau estimé d'exposition. [Remarque : les activités individuelles associées à un potentiel d'exposition « élevé » ont la priorité; voir la colonne de droite.]

Activités dans un espace intérieur de forte densité. Distanciation souvent limitée, nombreuses personnes, ventilation limitée (peut inclure des moyens de transport), activités propices à la propagation de virus (p. ex. chanter, crier, encourager, parler fort, faire de l'exercice).

Exemples : Voyager sur un navire de croisière, manger dans un restaurant de type buffet, assister à une conférence avec un grand nombre de personnes, assister à un concert de musique en salle avec un grand nombre de spectateurs, assister à un événement sportif dans un stade couvert, assister à une cérémonie en salle avec un grand nombre de personnes, se rendre dans un bar ou un restaurant intérieur très fréquenté, assister à un cours de conditionnement physique en salle ou aller dans une salle de sport bondée, voyager dans un moyen de transport bondé et fermé ou mal ventilé (p. ex. autobus ou minibus local).

Effet : Si la possibilité d'exposition de ce type est importante (même dans le cadre d'une seule activité, comme assister à un mariage en intérieur avec beaucoup d'autres personnes), envisager d'augmenter le niveau estimé d'exposition d'un échelon par rapport au risque d'exposition établi en fonction de la destination (p. ex. de modéré à élevé).

Moyens de transport

Les preuves de la probabilité et de l'étendue de la transmission du SRAS-CoV-2 sur les moyens de transport sont généralement limitées. La plupart des recherches disponibles portent sur les voyages aériens et la transmission à bord des avions. Les données actuelles semblent indiquer que le risque de transmission du SRAS-CoV-2 dans les avions est généralement faibleNote de bas de page 16. Toutefois, on a constaté une grande hétérogénéité dans la conception des études et une faible qualité des preuves dans de nombreuses études publiées. En outre, l'attribution de la transmission en vol est compliquée par la possibilité d'autres occasions d'exposition, y compris celles liées au voyage aérien, mais pas à bord de l'avion (par exemple, les espaces d'attente tels que les points de contrôle de sécurité et les portes d'embarquement).

Les croisières sont un autre moyen de transport qui pose un problème de santé publique potentiellement important. Certaines caractéristiques associées aux voyages en croisière se prêtent à une transmission accrue ou à des épidémies de maladiesNote de bas de page 17,Note de bas de page 18 infectieuses respiratoires et diarrhéiques. Des épidémies de SRAS-CoV-2 sur des navires de croisière ont été documentées tout au long de la pandémie, mais les plus étudiées restent les épidémies survenues sur les croisières Diamond Princess et Grand Princess au début de février 2020Note de bas de page 17,Note de bas de page 19,Note de bas de page 20. L'environnement généralement fermé des navires de croisière, associé à des contacts étroits entre la population à bord et des systèmes de ventilation potentiellement sous-optimaux, crée des conditions favorables à la transmission du SRAS-CoV-2. En outre, les installations et services médicaux sur les navires de croisière peuvent varier considérablement. Les réponses aux épidémies sur les navires de croisière peuvent entraîner des retards dans le débarquement et le transfert vers des services médicaux adéquats si nécessaire. Les conseillers médicaux doivent veiller à ce que les voyageurs soient informés de ces risques supplémentaires. De plus, les conseillers médicaux devraient envisager d'augmenter d'un niveau l'évaluation de l'exposition par rapport au risque d'exposition basé sur la destination pour les voyages en croisière.

Des grappes et des épidémies ont également été documentées en association avec d'autres formes de transport (par exemple, des bus bondés et non ventilés ont été associés à des épidémies), bien que les preuves soient limitéesNote de bas de page 21,Note de bas de page 22. Néanmoins, les facteurs susceptibles d'exacerber le risque de transmission dans les espaces intérieurs peuvent également être appliqués au contexte des moyens de transport. Les caractéristiques de l'environnement, et la façon dont les individus interagissent dans cet environnement, peuvent influencer les possibilités d'exposition (par exemple, la densité des contacts, la durée passée sur le moyen de transport, la taille/la disposition de l'espace, l'utilisation de mesures de santé publique telles que le masquage, et la qualité de la ventilation). Les mesures visant à réduire les possibilités d'exposition, lorsqu'elles peuvent être mises en œuvre, peuvent se concentrer sur ces facteurs.

Jugement

Le CCMTMV reconnaît que si le fondement de l'évaluation de l'exposition repose sur des estimations quantitatives du niveau de transmission, l'évaluation est ensuite ajustée en fonction de divers facteurs qualitatifs et doit toujours être effectuée en tenant compte du contexte particulier. Le jugement, le bon sens et la souplesse sont nécessaires. Par exemple, un voyage dans une région où la transmission de SRAS-CoV-2 est pratiquement nulle ne devrait normalement pas nécessiter d'ajustements supplémentaires de l'évaluation de l'exposition en fonction de l'activité. En revanche, la participation à des activités présentant une probabilité faible d'exposition à SRAS-CoV-2 ne devrait pas nécessairement entraîner une diminution de l'évaluation du risque d'exposition si le voyage a lieu dans une région où la transmission est en forte hausse. Dans cette situation, le conseiller en soins de santé pourrait même envisager d'augmenter d'un niveau l'évaluation de l'exposition en fonction de l'évolution du portrait épidémiologique. L'encadré 1 donne des exemples d'évaluations de l'exposition.

Encadré 1. Exemples d'évaluations de l'exposition

Réduction de la probabilité d'exposition par rapport à l'évaluation initiale de l'exposition en fonction de la destination

Un couple se rend dans le pays A par avion pour une randonnée d'aventure de deux semaines. Ils comptent rester dans la capitale populeuse du pays pendant plusieurs jours, après quoi ils rejoindront un groupe de voyageurs (venant d'un pays où la transmission du virus est faible) et resteront ensemble pour la randonnée. Ils ne partageront pas leur logement avec les autres membres du groupe de voyageurs, mais il leur arrivera peut-être de prendre des repas ensemble à l'intérieur.

Dans cet exemple, le pays est considéré comme ayant un niveau élevé de transmission du SRAS-CoV-2. Les activités prévues impliquent des actions qui pourraient inclure une probabilité élevée d'exposition, en particulier pour les autres participants au voyage. Le groupe de voyageurs se compose en réalité d'une cohorte imparfaite (des contacts avec les populations locales sont prévus dans une certaine mesure). Cependant, une grande partie du voyage se déroulera à l'extérieur, dans un environnement de « faible densité ».

Un voyage à bord d'un avion commercial moderne n'est pas considéré comme une activité présentant une probabilité élevée d'exposition.

Envisagez de diminuer l'évaluation de l'exposition d'un niveau, à savoir modéré, si la grande majorité de l'exposition se fera avec d'autres personnes de la cohorte de voyageurs à faible risque, dans un environnement à faible densité et s'il n'y a pas d'activités planifiées présentant une probabilité d'exposition plus élevée. (voir le tableau 3).

Augmentation de la probabilité d'exposition par rapport à l'évaluation initiale de l'exposition en fonction de la destination

Une famille se rend dans le pays B pour rendre visite à des proches. Ils comptent assister à des événements sportifs en salle et profiter de la réouverture de l'économie pour s'amuser dans des lieux publics, comme des restaurants et des parcs d'attractions.

Dans cet exemple, le pays est considéré comme ayant un niveau modéré de transmission du SRAS-CoV-2. Les activités prévues impliquent des actions qui pourraient inclure une probabilité d'exposition accrue.

Il convient d'envisager d'augmenter le niveau d'exposition d'un échelon pour le faire passer à « élevé ».

Évaluation du niveau de risque de l'hôte

Le niveau de risque de l'hôte renvoie à la probabilité qu'un voyageur subisse des préjudices importants en cas d'infection à SRAS-CoV-2.

Statut vaccinal

Si l'on met de côté les prédispositions de l'hôte à subir de graves préjudices en cas d'infection, le facteur de risque modifiable le plus important concernant la protection contre la COVID-19 est la vaccination. À cet égard, les données probantes actuelles semblent indiquer que les vaccins contre la COVID-19 approuvés et utilisés au Canada assurent un degré de protection de niveaux modéré à élevé contre les formes graves de la maladieNote de bas de page 23. La protection contre l'infection symptomatique a également été démontrée, mais le degré et la durée de la protection semblent être plus variables, potentiellement influencés par des facteurs tels que l'âge, le moment des intervalles de dosage et dans le contexte des variants préoccupantsNote de bas de page 23.

Pour la plupart des personnes considérées comme adéquatement immunisées (voir la définition de l'encadré 2), le CCMTMV suggère de réduire le niveau de risque d'un échelon (déplacement d'une colonne vers la gauche) à partir du niveau de référence déterminé en fonction de l'âge (voir tableau 4).

Cela signifierait, par exemple, qu'une personne considérée comme ayant une probabilité élevée de subir d'importants préjudices liés à une infection à SRAS-CoV-2, d'après l'évaluation de l'hôte, serait considérée comme ayant une probabilité modérée si elle était adéquatement immunisée.

Encadré 2. Définition de la protection adéquate, aux fins de l'évaluation des risques liés au voyage

Aux fins de l'évaluation des risques, un individu peut être adéquatement protégé par un vaccin si :

  • Ils ont reçu une série complète de vaccins COVID-19, conformément aux calendriers recommandés, ainsi que toute dose supplémentaire/de rappel (si admissible).

Par vaccin COVID-19, le CCMTMV fait référence à tout produit vaccinal COVID-19 dont l'utilisation est autorisée au Canada selon les calendriers recommandésNote de bas de page 24 ou à un vaccin non autorisé par Santé Canada (une ou deux doses) suivi de l'administration de toute dose supplémentaire de vaccin à ARNm (ou d'un autre vaccin acceptable autorisé par Santé Canada), conformément aux recommandations de l'ASPCNote de bas de page 25. Les conseillers médicaux devraient se tenir au courant des dernières directives du CCNI et de l'ASPC, car les considérations relatives à une protection adéquate peuvent évoluer avec le temps.

L'expression " adéquatement protégé par un vaccin " utilisée dans le présent document aux fins de l'évaluation des risques liés aux voyages peut ne pas correspondre entièrement aux exigences de vaccination en vigueur dans d'autres pays, ni aux exigences d'exemption des mesures frontalières telles que la quarantaine au retour au Canada. Lorsqu'ils conseillent leurs patients sur les voyages, les fournisseurs devraient informer les voyageurs de cette distinction et du fait qu'ils devront surveiller les exigences en matière de vaccination à leur(s) destination(s) et à leur retour au Canada.

Le CCMTMV recommande, que les membres de la population, notamment les voyageurs, suivent les directives du CCNI sur l'utilisation des vaccins contre la COVID-19. Il existe toutefois des circonstances particulières liées aux voyages et à la vaccination. Celles-ci sont prises en compte dans les sections ci-dessous.

En plus de la protection contre la maladie, la vaccination peut agir pour réduire la transmission, à la fois en empêchant complètement l'infection et en réduisant la transmission en cas d'infection post-vaccinaleNote de bas de page 26. Cela reste un domaine d'intérêt actif pour la recherche, avec une plus grande incertitude à la lumière des variants préoccupants tels qu'Omicron, pour lesquels les vaccins COVID-19 semblent avoir une efficacité vaccinale sensiblement inférieure contre l'infection symptomatique. Néanmoins, les lettres d'exemption de vaccination sont déconseillées, non seulement pour la sécurité des voyageurs et des personnes qui les accompagnent, mais également parce que cela pose un risque que le virus soit importé dans le pays de destination.

Variants préoccupants

Au moment de la rédaction, bien que la performance des vaccins contre les variants préoccupants comporte de nombreuses inconnues, les données probantes semblent indiquer qu'une série complète de vaccins contre la COVID-19 autorisé par Santé Canada assure un degré élevé de protection clinique contre les formes graves de la maladie associées à la plupart des variants préoccupants. Étant donné que ce domaine de recherche est en constante évolution, les directives du CCNI sur l'utilisation des vaccins contre la COVID-19 devraient continuer de faire l'objet d'un suivi au fur et à mesure que la situation épidémiologique et les données probantes relatives aux variants préoccupants et aux vaccins contre la COVID-19 évoluentNote de bas de page 23,Note de bas de page 24.

Série partielle ou complète

Le CCMTMV reconnaît qu'une série partielle d'un vaccin assure une protection considérable contre les souches précédentes de SRAS-CoV-2, telles que la souche ancestrale, de même que le variant Alpha (anciennement appelé B.1.1.7). Cependant, la protection contre les variants préoccupants tels que Delta et Omicron s'est avérée nettement moins fiable, notamment en ce qui concerne la maladie symptomatique et l'infection asymptomatique, ainsi que la capacité à prévenir la transmission en cas d'infectionNote de bas de page 23. C'est pourquoi, par souci de simplicité et compte tenu du fait que le cadre politique probable pour beaucoup/toutes les juridictions sera basé sur la réception d'une série complète de vaccins, le CCMTMV suggère que l'évaluation du niveau de risque de l'hôte ne considère les personnes comme étant adéquatement immunisées que si elles répondent aux critères énoncés dans l'encadré 2

Comment conseiller les voyageurs chez qui une infection antérieure à SRAS-CoV-2 a été confirmée?

Les données actuelles semblent indiquer que les personnes dont on sait qu'elles ont déjà été infectées par SRAS-CoV-2 sont susceptibles de bénéficier d'une protection au moins modérément durable, pendant six mois ou plus, contre le variant de SRAS-CoV-2 associé à l'infection initialeNote de bas de page 27,Note de bas de page 28. En revanche, la protection contre les variants préoccupants est moins certaine. Pour les variants préoccupants antérieurs à Omicron, certaines données suggèrent qu'une infection passée offre une bonne protection contre la réinfection, bien que celle-ci diminue avec le temps. En outre, cette protection est renforcée par la vaccinationNote de bas de page 23. L'infection antérieure seule semble offrir un degré de protection plus faible contre une infection ultérieure par Omicron; lorsqu'elle est associée à la vaccination, cette protection semble être quelque peu renforcéeNote de bas de page 23,Note de bas de page 29.

Le CCNI continue de recommander que les vaccins COVID-19 soient proposés aux personnes ayant déjà été infectées par le SRAS-CoV-2 et ne présentant aucune contre-indication au vaccinNote de bas de page 23,Note de bas de page 29. Le CCMTMV approuve cette recommandation et suggère en outre que ces personnes ne soient pas considérées comme adéquatement immunisées aux fins de l'évaluation de l'hôte sur la preuve d'une infection antérieure. Le calendrier de vaccination pour les personnes ayant déjà été infectées par le SRAS-CoV-2 doit être conforme aux recommandations du CCNI.

Aux fins de l'évaluation du risque de voyage, le CCMTMV ne considère pas les personnes ayant déjà été infectées par le SRAS-CoV-2 et qui n'ont reçu qu'une série partielle du vaccin COVID-19 autorisé par Santé Canada comme étant adéquatement protégées dans l'évaluation de l'hôte. En d'autres termes, les conseillers ne diminueraient pas l'évaluation de l'hôte (c'est-à-dire qu'ils ne la déplaceraient pas vers la gauche dans la matrice des risques) d'un niveau pour ces personnes. Il faut continuer à conseiller aux personnes ayant été infectées antérieurement et ayant reçu une série partielle de vaccins de compléter leur série de vaccins COVID-19, selon les calendriers recommandéNote de bas de page 29 avant de voyager.

L'évaluation de l'immunité chez les voyageurs qui ne sont pas vaccinés selon les calendriers recommandés ou qui ont pu être infectés auparavant est complexe et difficile à l'heure actuelle. Le risque de maladie grave en cas d'infection se situe vraisemblablement entre le fait d'être à jour dans sa vaccination (c'est-à-dire selon les calendriers recommandés) et le fait de ne pas être vacciné sans avoir été infecté auparavant. La décision de considérer ces personnes comme n'étant pas protégées de manière adéquate dans l'évaluation de l'hôte reflète ces incertitudes.

Ces directives continueront d'évoluer en fonction des preuves de protection clinique. À l'heure actuelle, il n'existe pas de données comparatives sur l'efficacité des vaccins entre ces groupes (une dose chez les personnes ayant déjà été infectées par rapport à une série complète chez les personnes n'ayant jamais été infectées), et la protection contre la plupart des variants préoccupants est incertaineNote de bas de page 23.

Exigences relatives à la vaccination, à la quarantaine et aux tests de dépistage au Canada

La définition de « personne adéquatement immunisée » adoptée aux fins des présentes lignes directrices pourrait différer de la définition utilisée dans le cadre des politiques sur les voyages, des exigences en matière de quarantaine et des autres mesures aux frontières applicables aux voyageurs vaccinés qui quittent le Canada ou qui y reviennent. Les voyageurs devraient être informés des exigences actuellement en vigueur au Canada, y compris les lois, les règlements et les politiques pertinents pris à l'échelle provinciale, territoriale ou locale, ainsi que du fait que ces exigences pourraient changer pendant leur voyage.

Facteurs de « risque » de l'hôte

Âge

L'âge est le facteur de risque qui a les répercussions les plus importantes sur la probabilité de développer les complications les plus graves de la COVID-19 (p. ex. hospitalisation aux soins intensifs, décès). Il importe cependant de souligner que des facteurs de confusion liés à la présence concomitante d'autres éléments de risque, comme le diabète, l'obésité et les maladies cardiovasculaires, réduisent les effets indépendants de l'âge dans les analyses corrigéesNote de bas de page 30,Note de bas de page 31,Note de bas de page 32. Néanmoins, les autorités de la santé publique (y compris les autorités canadiennes fédérales, provinciales et territoriales) utilisent l'âge comme donnée de référence fondamentale pour évaluer la vulnérabilité de l'hôte à la COVID-19 et déterminer les recommandations qui en découlent en matière de prévention; le CCMTMV a également adopté cette approche (voir tableau 4).

Bien que l'âge soit présenté selon des intervalles fermés dans le tableau d'évaluation du niveau de risque de l'hôte, il existe également des variations du risque de présenter une forme grave de la maladie au sein des groupes d'âge, le risque de complications graves étant généralement supérieur chez les personnes les plus âgées du groupe, par rapport aux plus jeunes (par exemple, le risque de présenter une forme grave de la maladie est considérablement plus faible chez les personnes en santé de 30 ans, comparativement aux personnes en santé de 59 ans). En raison de l'évolution des données concernant le risque de complications graves associées à la COVID-19 chez les nourrissons de moins d'un an, cette population pédiatrique devrait être exclue de l'évaluation du risque en fonction de l'âge. Les professionnels de la santé devraient tenir compte de ces limites lorsqu'ils conseillent les personnes voyageant avec des enfants de moins d'un an et prendre soin de leur rappeler que les voyages avec des nourrissons peuvent présenter un risque plus élevé en raison de nombreux facteurs, y compris d'un développement et d'une exposition plus faibles du système immunitaire au sein de cette population, de même que d'un accès restreint aux soins et aux traitements appropriés en cas de maladie (COVID-19 ou autre).

Tableau 4. Évaluation du niveau de risque de l'hôte; niveau de référence déterminé en fonction de l'âge (en années) au début du voyage
Évaluation de l'hôte
Risque faible Risque modéré Risque élevé Risque très élevé
Âge (en années) au début du voyage 1-29 30-59 60-79 80+

En général, si une personne est considérée comme adéquatement immunisée (voir l'encadré 2), le CCMTMV suggère de réduire le niveau de risque d'un échelon à partir du niveau de référence déterminé en fonction de l'âge (se déplacer d'une colonne vers la gauche). Pour les personnes présentant des facteurs de risque identifiés (voir tableau 5), augmentez l'évaluation de l'hôte (déplacement vers la droite) d'au moins un niveau par rapport au niveau basé sur l'âge et la vaccination.

Enfants de moins de 5 ans

Au moment de la rédaction, aucun des vaccins contre la COVID-19 actuellement autorisés au Canada n'est indiqué pour les enfants de moins de 5 ans. Sous réserve de problèmes de santé préexistants, ce groupe est considéré comme ayant un risque faible de présenter des complications graves associées à la COVID-19Note de bas de page 33,Note de bas de page 34,Note de bas de page 35. Cependant, malgré le fait que les enfants risquent peu de développer des complications graves, et ce, même s'ils ne sont pas vaccinés, ils peuvent servir de réservoirs au virus et contribuer à sa transmission. En outre, le risque de persistance de symptômes après l'infection (« COVID de longue durée ») est pour le moment mal quantifié chez l'enfant. Il importe donc d'user de prudence afin de protéger les enfants et leur entourage contre l'infection, et ce, en appliquant de manière assidue les mesures de prévention individuelles, en particulier dans les situations présentant un risque élevé de transmission, par exemple dans les endroits achalandés ou mal ventilés. En l'absence de vaccination, les recommandations présentées au tableau 7 continuent de s'appliquer, et ce, autant pour les enfants que pour les adultes. Lorsque des personnes d'âges mixtes voyagent ensemble, la vaccination des personnes admissibles constitue une mesure complémentaire importante pour assurer une certaine protection indirecte aux jeunes enfants ainsi qu'à toute autre personne qui ne peut pas être vaccinée ou qui ne tirera pas le même degré de protection individuelle de la vaccination.

Bien que de nombreuses lacunes subsistent dans la compréhension du COVID-19 chez les enfants, les données actuelles suggèrent que les facteurs de risque d'une maladie grave comprennent des conditions médicales sous-jacentes telles que le diabète de type 1, des conditions neurologiques, des maladies pulmonaires chroniques autres que l'asthme, des anomalies congénitales cardiaques et circulatoires, l'obésité et la dysrégulation immunitaire associée au syndrome de Down et à d'autres conditions d'immunodépressionNote de bas de page 36; dont certains sont similaires aux facteurs de risque observés chez les adultes (voir tableau 5). Par conséquent, la CCMTMV recommande que la même approche (augmenter le niveau d'évaluation de l'hôte à partir de l'évaluation initiale basée sur l'âge en fonction de la présence d'autres facteurs de risque) soit appliquée lors de l'évaluation des enfants.

En plus des considérations de santé précédemment mentionnées, les familles voyageant avec des enfants doivent également savoir que des exigences différentes peuvent s'appliquer aux enfants de moins de 5 ans d'un pays à l'autre, et que, dans certains cas, les exigences relatives à l'entrée, à la quarantaine et aux tests de dépistage applicables aux voyageurs non vaccinés pourraient également s'appliquer aux enfants.

Autres facteurs de risque

Les effets d'autres facteurs de risque sur les complications les plus graves de la COVID-19 font actuellement l'objet de nombreuses études, et il existe à ce sujet une multitude de données examinées par les pairs ou préalables à l'examen par les pairs. Une liste des conditions médicales sous-jacentes associées à une maladie COVID-19 plus sévère est disponible dans Signes, symptômes et gravité de la COVID-19 : Guide du clinicien, produit par l'Agence de la santé publique du Canada. En général, le risque de maladie plus grave augmente avec le nombre de conditions médicales.

Tableau 5. Conditions médicales sous-jacentes associés à un risque accru de complication sévère attribuable à la COVID-19 (extrait de Signes, symptômes et gravité de la COVID-19 : Guide à l'intention des cliniciens de l'ASPC)
Risque accru des complications sévères attribuables à la COVID-19 (hospitalisations/décès)

Conditions médicalesNote de bas de page a :

  • asthme (modéré à sévère)
  • cancer
  • maladie rénale chronique et maladie en phase terminale
  • maladies pulmonaires chroniques
  • mucoviscidose
  • démence ou autres problèmes neurologiques
  • diabète (type 1 ou type 2)
  • syndrome de Down
  • épilepsie
  • problèmes cardiaques
    • comme une insuffisance cardiaque, une coronaropathie, des cardiomyopathies ou une hypertension
  • infection au VIH
  • immunosuppression
  • pneumopathie interstitielle
  • maladie hépatique
  • maladies du motoneurones
  • surpoids et obésitéNote de bas de page b
  • grossesse
  • hypertension pulmonaire
  • drépanocytose ou thalassémie
  • tabagisme, actuel ou antérieur
  • greffe d'organe pleins ou de cellules souches sanguines
  • accident vasculaire cérébral ou maladie cérébrovasculaire
  • troubles liés à la consommation d'une substance
Note de bas de page a

Les conditions fournies ici peuvent ne pas refléter les directives les plus récentes. Pour obtenir la liste la plus récente des conditions, les conseillers en soins de santé devraient également se référer à Signes, symptômes et gravité de la COVID-19 : Guide à l'intention des cliniciens.

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Note de bas de page b

Surpoids = indice de masse corporelle (IMC) > 25 kg/m2 mais < 30 kg/m2), obésité (IMC ≥30 kg/m2 mais < 40 kg/m2) ou obésité sévère (IMC de ≥40 kg/m2).

Retour à la référence de la note de bas de page b

Le CCMTMV propose que les facteurs de risque présentés dans les recommandations de l'ASPC soient utilisés pour déterminer le niveau de risque de l'hôte selon les principes établis pour l'évaluation du risque d'exposition. Cependant, en ce qui concerne le niveau de risque de l'hôte, l'ajustement sera effectué de manière unidirectionnelle (c'est-à-dire uniquement vers un niveau de risque supérieur). De manière générale, le CCMTMV recommande d'accroître le niveau de risque de l'hôte d'au moins un échelon (une colonne vers la droite) si le voyageur présente l'une des affections sous-jacentes suivantes identifiées au tableau 5. Une telle approche est réputée prudente, car une partie ou la totalité du risque associé aux autres facteurs de risque individuels identifiés est probablement déjà prise en compte dans l'évaluation fondée sur l'âge.

Dans les cas où le conseiller en santé jugera qu'un voyageur est particulièrement vulnérable à la COVID-19 (quel que soit son âge), par exemple en présence de nombreux facteurs de risque ou de problèmes de santé particulièrement graves, il conviendra d'envisager la possibilité d'accroître le niveau de risque de l'hôte de deux échelons (afin de dénoter une augmentation plus importante du risque de complications graves associées à l'infection par SRAS-CoV-2). L'encadré 3 fournit des exemples d'évaluations du niveau de risque de l'hôte. De plus, une liste des conditions dans lesquelles les personnes seraient considérées comme modérément ou gravement immunodéprimées se trouve dans le chapitre sur le vaccin COVID-19 du Guide canadien d'immunisation.

En raison du manque de données probantes sur la capacité de la vaccination à prévenir avec efficacité et efficience l'apparition de complications graves de la COVID-19 chez les populations immunodéprimées, le CCMTMV recommande que la matrice de risque soit utilisée avec prudence auprès de ces populations. La plupart des personnes immunodéprimées, voire la totalité d'entre elles, tireront une certaine protection de la vaccination. Il est fortement recommandé que les lignes directrices du CCNI sur l'utilisation des vaccins contre la COVID-19 continuent d'être appliquées auprès de cette population et qu'un suivi étroit soit assuré au fil de l'évolution des données probantes sur la façon d'optimiser la protection dans cette population diversifiéeNote de bas de page 23,Note de bas de page 38.

Si le voyageur présente l'une des conditions dans lesquelles les personnes sont considérées comme modérément ou gravement immunodéprimées, selon le Guide canadien d'immunisation, le CCMTMV maintient sa recommandation d'accroître le niveau de risque de l'hôte d'au moins un échelon (vers la droite). Les états d'immunodépression ainsi que la prise de médicaments immunosuppresseurs sont associés à des répercussions cliniques qui peuvent grandement varier d'un voyageur à l'autre, ce qui commande le recours aux évaluations individuelles ainsi qu'au jugement clinique. En outre, l'efficacité des vaccins contre la COVID-19 demeure mal comprise et pourrait être réduite chez cette population. Comme les voyageurs immunodéprimés pourraient ainsi être exposés à un risque accru à la fois en raison de leur état sous-jacent et d'une protection vaccinale réduite, le professionnel de la santé pourra déterminer au cours de l'évaluation individuelle s'il convient d'accroître le niveau de risque de l'hôte de plus d'un échelon (vers la droite). Dans certains cas et après consultation d'un expert médical, il pourra être approprié de faire preuve de prudence et de considérer ces personnes comme non adéquatement immunisées aux fins de l'évaluation du niveau de risque de l'hôte, et ce, quel que soit leur statut vaccinal réel. Bien que celle-ci ne porte pas expressément sur les vaccins contre la COVID-19, les professionnels de la santé peuvent aussi consulter la section sur l'immunisation des personnes immunodéprimées du Guide canadien d'immunisation : Partie 3 - Vaccination de populations particulières pour en savoir davantage sur l'immunisation des personnes immunodéprimées.

Encadré 3. Exemples d'évaluations de l'hôte

Probabilité réduite de présenter une forme grave de la maladie, par rapport au niveau de risque initialement déterminé en fonction de l'âge de l'hôte

Une personne de 70 ans en santé ne présentant aucun facteur de risque précis prévoit voyager. Cette personne a reçu une série complète de vaccins contre la COVID-19 autorisés au Canada et est donc considérée comme adéquatement immunisée (voir l'encadré 2).

En raison de son âge, la personne présente un risque accru de développer une forme grave de la COVID-19 en cas d'infection. Elle devrait faire l'objet d'une recherche d'antécédents minutieuse quant aux autres facteurs de risque précédemment mentionnés. En l'absence de facteurs de risque, compte tenu du statut vaccinal de la personne, il conviendra d'envisager la possibilité de réduire le niveau de risque d'un échelon à partir du niveau de référence déterminé en fonction de l'âge (du risque élevé au risque modéré).

Probabilité accrue de présenter une forme grave de la maladie, par rapport au niveau de risque initialement déterminé en fonction de l'âge de l'hôte

Une personne de 40 ans atteinte du syndrome de Down prévoit voyager. Cette personne est également diabétique, et elle est considérée comme adéquatement immunisée (voir la définition présentée à l'encadré 2).

Ce patient présente un risque accru de COVID-19 sévère en cas d'infection en raison de deux conditions médicales sous-jacentes identifiées. Compte tenu de ce facteur, il conviendra d'envisager la possibilité d'ajuster le niveau de risque de l'hôte de deux échelons en fonction des facteurs de risque. Toutefois, comme la personne est adéquatement immunisée (ce qui peut réduire le risque d'un échelon), l'ajustement complet entraînera une augmentation d'un seul échelon, du risque modéré au risque élevé.

Accès à des soins médicaux adéquats

On recommande aux voyageurs, plus particulièrement aux personnes qui présenteraient un risque modéré ou élevé de complications graves, mais qui doivent voyager, de tenir compte de la disponibilité des services médicaux appropriés dans le pays de destination et des coûts possiblement élevés pour les obtenir si elles contractaient l'infection et nécessitaient des soins d'urgence. Les voyageurs peuvent aussi avoir de la difficulté à trouver un moyen de transport qui les emmènerait dans un établissement où elles recevraient les soins appropriés. Les frais de transport et de traitement pourraient aussi ne pas être couverts par leur assurance voyage.

De plus, les voyageurs infectés par le virus pendant leur voyage pourraient devoir retarder leur retour au Canada, ce qui entraînerait des coûts importants. Dans le cas d'un accès difficile ou limité à des services médicaux, les professionnels de la santé qui en avisent les voyageurs peuvent leur donner des recommandations d'une catégorie de risque supérieure, s'il y a lieu.

Évaluation intégrée du risque

On obtient une matrice d'évaluation du risque (voir tableau 1. Matrice de risque pour les voyages à l'étranger dans le contexte de la pandémie de COVID-19) en combinant les évaluations de l'exposition et de l'hôte. Les évaluations de l'hôte et de l'exposition tiennent compte de divers facteurs (voir plus haut), et les niveaux de risque peuvent être revus (à la hausse ou à la baisse) en fonction des caractéristiques propres au voyageur et de ses plans de voyage (par exemple, statut vaccinal, facteurs de risque de contracter la maladie grave et exposition à des milieux propices à la transmission de l'infection). Le tableau 6 expose ces facteurs de risque et la façon dont les niveaux d'évaluation de l'exposition et de l'hôte peuvent être ajustés en conséquence.

Tableau 6. Sommaire des caractéristiques des voyageurs (hôtes) et des plans de voyage (exposition), ainsi que de leur application dans la matrice de risque
Évaluation de l'expositionNote de bas de page a,Note de bas de page b,Note de bas de page c Évaluation de l'hôteNote de bas de page e,Note de bas de page f

Envisager d'augmenter le niveau d'exposition d'au moins un échelon si :

  • L'on sait que le contexte épidémiologique d'une sous-région est pire que le contexte national quant au niveau de transmission.
  • Le contexte épidémiologique changeant pourrait accroître le risque d'exposition à SRAS-CoV-2 (p. ex. propagation accrue d'un variant préoccupant).
  • Quelques activités ou de nombreuses activités prévues à l'itinéraire du voyageur exposent celui-ci à un risque relativement plus élevé (voir le tableau 3).

Envisager d'augmenter le niveau de risque de l'hôte d'au moins un échelon si :

  • Le voyageur est atteint de l'un des troubles médicaux listés dans le tableau 5 ou, selon l'évaluation réalisée par un professionnel de la santé, présente un risque accru de souffrir de complications graves (p. ex. attribuables à d'autres états immunosuppresseurs)Note de bas de page f.
  • Le voyageur est exposé à un risque modéré ou élevé de souffrir de complications graves et aura un accès difficile ou limité à des services de soins de santé au lieu de destination.

Envisager de diminuer le niveau d'exposition d'un échelon si :

  • La plupart des activités ou toutes les activités prévues à l'itinéraire du voyageur exposent celui-ci à un risque plus faible (voir le tableau 3).

Envisager de diminuer le niveau de risque de l'hôte d'un échelon si :

Note de bas de page a

Le niveau d'évaluation de l'exposition désigne le degré de probabilité qu'un voyageur soit exposé à SRAS-CoV-2 (sans qu'il soit nécessairement infecté par celui-ci).

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Note de bas de page b

Les valeurs de référence servant à évaluer le niveau d'exposition reposeront sur les degrés de transmission prévus aux lieux de destination.

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Note de bas de page c

Le niveau d'évaluation de l'exposition, bien qu'il repose sur des estimations quantitatives du degré de transmission, est une valeur qualitative et doit toujours être appliquée en fonction du contexte particulier. Il importe de faire preuve de jugement, de bon sens et de souplesse.

Retour à la référence de la note de bas de page c

Note de bas de page d

Le niveau d'évaluation du risque de l'hôte s'entend de la probabilité qu'un voyageur subisse des préjudices importants de SRAS-CoV-2.

Retour à la référence de la note de bas de page d

Note de bas de page e

Les valeurs de référence servant à évaluer le risque que présente l'hôte reposent sur l'âge (en années) de celui-ci au début du voyage (voir tableau 4).

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Note de bas de page f

Si l'on juge que le voyageur est particulièrement vulnérable à la COVID-19 (sans égard à son âge), par exemple en raison de plusieurs facteurs de risque ou de facteurs de risque particulièrement défavorables, songer à accroître le niveau d'évaluation de l'hôte (vers la droite dans la matrice) de deux échelons. Une liste des conditions dans lesquelles les personnes seraient considérées comme modérément ou gravement immunodéprimées se trouve dans le chapitre sur le vaccin COVID-19 du Guide canadien d'immunisation.

Retour à la référence de la note de bas de page f

Note de bas de page g

L'efficacité des vaccins actuels chez certaines personnes immunodéprimées est actuellement inconnue et pourrait être sous-optimale. Pour tenir compte de l'incertitude quant à l'efficacité des vaccins actuels chez ces voyageurs, dans certains cas et après consultation auprès d'un expert médical, il peut être indiqué de faire preuve d'une plus grande prudence et d'indiquer dans l'évaluation de l'hôte que ces personnes ne sont pas adéquatement protégées par le vaccin, quel que soit leur statut vaccinal réel.

Retour à la référence de la note de bas de page g

Note de bas de page h

L'efficacité des vaccins actuels chez certaines personnes immunodéprimées est actuellement inconnue et pourrait être sous-optimale. Pour tenir compte de l'incertitude quant à l'efficacité des vaccins actuels chez ces voyageurs, dans certains cas et après consultation auprès d'un expert médical, il peut être indiqué de faire preuve d'une plus grande prudence et d'indiquer dans l'évaluation de l'hôte que ces personnes ne sont pas adéquatement protégées par le vaccin, quel que soit leur statut vaccinal réel.

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Autres considérations

Vaccination à l'extérieur du Canada

En général, le CCMVT déconseille l'obtention de vaccins non autorisés au Canada ou offerts à l'étranger dans des établissements où les normes d'entreposage et de manutention ne cadrent pas avec celles du Canada. Il convient plutôt de mettre l'accent sur la réception d'une série complète avec un ou plusieurs vaccins dont l'utilisation est autorisé au Canada avant de quitter le pays. Cette recommandation reflète, entre autres : l'incertitude quant à l'efficacité ou à l'innocuité des produits dont l'utilisation n'est pas autorisée au Canada; l'incertitude quant à la rigueur des protocoles de vaccination (y compris la surveillance après la vaccination et la prise en charge des événements indésirables graves); la facilité de vaccination au Canada. De plus, compte tenu du temps requis pour produire une réponse immunitaire entre les doses et de l'intervalle recommandé entre les doses pour optimiser la réponse immunitaire conférée par le vaccinNote de bas de page 23, les avantages de la vaccination pour bon nombre de voyageurs ne se feront sentir qu'une fois le voyage terminé.

Pour certains voyageurs, par exemple ceux qui resteront à l'extérieur du Canada pendant une période plus longue (plus d'un mois) et qui ne peuvent pas compléter une série vaccinale avant leur départ, il faut envisager de recevoir le vaccin à l'extérieur du Canada. Il peut s'agir d'enfants qui deviennent admissibles à la vaccination pendant leur séjour à l'étranger et qui resteront à l'extérieur du Canada pendant plusieurs mois. Il s'agit de l'option la moins privilégiée, par rapport à l'option de vaccination complète avant le départ.

Si la vaccination devait se faire à l'extérieur du Canada, les facteurs mentionnés ci-dessus devraient être pris en compte dans le cadre de l'analyse des risques-avantages. Si le voyageur décide de se faire vacciner à l'extérieur du Canada, il faut lui conseiller d'opter pour un produit vaccinal dont l'utilisation est autorisée par Santé Canada et de suivre les directives du CCNI. Si cette option n'est pas possible, il faut alors privilégier les vaccins qui ont rempli les critères d'innocuité et d'efficacité de l'OMSNote de bas de page 39. Outre les vaccins dont l'utilisation est autorisée au Canada, d'autres produits vaccinaux contre la COVID-19 ont été autorisés par l'OMS pour une utilisation d'urgence. Toutefois, ces produits ne répondront pas forcément tous aux mêmes normes d'efficacité que celles auxquelles sont soumis les produits homologués au Canada, qui ont démontré leur efficacité, ni aux exigences réglementaires relatives à l'entrée dans un pays, à la modification des exigences de mise en quarantaine, etc. Les voyageurs qui reçoivent un produit de vaccination contre la COVID-19 dont l'utilisation n'est pas actuellement autorisée au Canada doivent également savoir que des doses supplémentaires de vaccin à ARNm peuvent être offertes à leur retour au Canada, conformément aux directives actuelles de l'Agence de la santé publique du Canada, afin d'optimiser la protection.

Tests sérologiques

Les tests sérologiques ne sont pas couramment recommandés pour les voyageurs. Par contre, l'offre de tests commerciaux, généralement de deux types, est de plus en plus accessible. Les anticorps dirigés contre la protéine de la nucléocapside de SRAS-CoV-2 apparaissent à un degré variable au cours de l'infection naturelle et après la vaccination au moyen de certains vaccins utilisant le virus entier comme antigèneNote de bas de page 32. Les anticorps dirigés contre la protéine S sont présents après une infection et la vaccination. En général, des titres élevés d'anticorps neutralisants sont plutôt révélateurs d'une protection contre une souche donnée du virus, mais aucun corrélat précis de la protection n'a été déterminé. L'immunité à médiation cellulaire semble également un facteur important dans la protection vaccinale, mais ces tests ne sont pas normalisés ni disponibles sur le marché. Les trousses sérologiques commerciales ont été d'une précision très variable et ne permettent qu'une corrélation partielle avec les tests d'anticorps neutralisants. Aussi, un test donné pourrait ne pas révéler une protection contre un variant viral donné. Par conséquent, s'il est vrai que l'absence d'anticorps dirigés contre la protéine S chez un individu récemment vacciné peut susciter des inquiétudes quant à la réponse et à la protection vaccinales, les problèmes de sensibilité et de spécificité, ainsi que l'absence de validation en tant que bons corrélats de la protection, rendent les tests peu utiles en pratique chez le voyageur.

Indépendamment de l'utilité des tests sérologiques, les voyageurs doivent savoir que les pays peuvent toujours choisir de les utiliser dans le cadre des exigences réglementaires d'entrée ou pour déterminer les exemptions à d'autres mesures frontalières comme la quarantaine.

Recommandations

Il convient de préciser aux personnes qui prévoient voyager à l'extérieur du Canada qu'elles peuvent augmenter leur risque de contracter la COVID-19 en voyageant, et ce, même en prenant les précautions recommandées. Ce point doit être pris en compte dans les discussions entre les médecins praticiens et leurs patients lorsque ces derniers envisagent de voyager. Les recommandations fondées sur l'évaluation intégrée du risque sont présentées dans le tableau 7. Toutefois, les conseils généraux suivants s'appliquent à toutes les personnes qui ont l'intention de voyager à l'extérieur du Canada :

Tableau 7. Recommandations pour les voyageurs fondées sur l'évaluation intégrée du risque
Évaluation intégrée du risque Recommandations
Risque faible Respect de toute la réglementation locale à l'égard de la COVID-19 et des principes d'hygiène de base applicables à toutes les situations.
Risque modéré Recommandations en fonction du faible risque ainsi que mesures de santé publique non médicales (port du masque, distanciation physique), si elles n'ont pas déjà été précisées par les réglementations locales à la (aux) destination(s).
Risque élevé Recommandations en fonction du risque modéré et réduction au minimum de la durée d'exposition, dans la mesure la plus raisonnable possible / sélection d'autres activités dans la mesure du possible.
Risque très élevé Recommandations en fonction du risque élevé et envisager de reporter complètement les projets de voyage. Si le voyage doit avoir lieu, il est recommandé de se soumettre à des tests pendant le voyage en cas de contacts ou de symptômes, et de réduire l'exposition aux environnements à forte densité et aux contacts à haut risque après le retour au Canada. Dans un contexte de groupe avec un risque accru de transmission, envisagez l'utilisation d'un test rapide.

Remerciements

La présente déclaration du CCMTMV a été préparée par les membres du Groupe de travail sur la COVID-19 - Libman M. (président), Lagacé-Wiens P., Boggild A., Vaughan S., Lee J., Bui Y., Schofield S., Rossi C., Tunis M. et Jensen C. (secrétariat du Comité consultatif national de l'immunisation), ainsi que Farmanara N. (secrétariat du CCMTMV) - et a été approuvée par le CCMTMV.

Le CCMTMV souhaite remercier les équipes de soutien technique et administratif du Centre des services de santé des voyageurs et aux frontières de l'Agence de la santé publique du Canada pour la rédaction de la présente déclaration.

Les membres du CCMTMV : Libman M. (président), Lagacé-Wiens P., Boggild A., Bui Y., Vaughan S., Greenaway C., Acharya A., Lee J., Bogoch I. et Plewes K.

Les membres de liaison : Angelo K. (Centers for Disease Control and Prevention), Pernica J. (Association pour la microbiologie médicale et l'infectiologie Canada) et Viel-Thériault I. (Société canadienne de pédiatrie).

Membres d'office : Marion D. (Centre des Services de santé des Forces canadiennes, ministère de la Défense nationale), Plamondon M. et Kerr P. (Direction des médicaments biologiques et radiopharmaceutiques, Santé Canada), Rossi C. (Renseignement médical, ministère de la Défense nationale) et Schofield S. (Entomologie et lutte antiparasitaire, ministère de la Défense nationale).

Conflit d'intérêts

Aucun conflit d'intérêts n'a été déclaré.

Annexe : Niveaux estimatifs de transmission de SRAS-CoV-2 par destination

Description

La présente annexe résume les niveaux estimatifs de transmission de SRAS-CoV-2 pour une destination donnée. Les destinations sont classées comme ayant un niveau faible, modéré, élevé, très élevé ou inconnu de transmission en fonction de plusieurs indicateurs. Les indicateurs suivants sont notamment pris en compte dans le processus d'évaluation :

Si aucune donnée n'est disponible ou si les données sont insuffisantes pour estimer le niveau de transmission de SRAS-CoV-2 pour une destination particulière, cette dernière doit être inscrite dans la catégorie « transmission inconnue ». D'un point de vue fonctionnel, il convient de classer les destinations de cette catégorie dans la catégorie « transmission très élevée » lors de l'évaluation du risque d'exposition.

Facteurs à considérer

Bien que cette annexe soit mise à jour régulièrement, il est possible qu'elle ne reflète pas les données les plus récentes sur le niveau de transmission de SRAS-CoV-2 dans une destination particulière. En outre, même si des ajustements sont apportés dans la mesure du possible, cette approche repose sur les données relatives aux cas de COVID-19 déclarés. Les limites des données, telles que la sous-déclaration des cas, peuvent entraîner une sous-estimation des niveaux de transmission pour une destination particulière. Les résultats sont présentés par pays ou par destination et, en tant que tels, ne tiennent pas compte des variations infranationales de la transmission.

Annexe : Niveaux estimatifs de transmission de SRAS-CoV-2 par destination
Date de l'évaluation : Le 29 août 2022
Niveaux estimatifs de transmission de SRAS-CoV-2 Pays/destinations
Niveau faible de transmission de SRAS-CoV-2
  • Antarctique
  • Arabie saoudite
  • Cabo Verde
  • Chine
  • Guinée équatoriale
  • Érythrée
  • Kiribati
  • Macao
  • Mauritanie
  • Niue
  • Rwanda
  • Îles Falkland
  • Îles Salomon
  • Îles Vierges britanniques
  • Saint-Kitts-et-Nevis
  • Tokelau
  • Tuvalu
  • Vanuatu
Niveau modéré de transmission de SRAS-CoV-2
  • Fidji
  • Guinée
  • Kenya
  • Madagascar
  • Oman
  • Sao Tomé-et-Principe
  • Ouganda
  • Zimbabwe
 
Niveau élevé de transmission de SRAS-CoV-2
  • Afrique du Sud
  • Anguilla
  • Arménie
  • Bahamas
  • Bangladesh
  • Belize
  • Bonaire
  • Bosnie-Herzégovine
  • Brésil
  • Bulgarie
  • Cambodge
  • Côte d'Ivoire
  • Cuba
  • Équateur
  • Espagne
  • Eswatini
  • Éthiopie
  • Émirats arabes unis
  • Gabon
  • Guatemala
  • Îles Cook
  • Îles Mariannes du Nord
  • Inde
  • Indonésie
  • Irlande
  • Kazakhstan
  • Koweït
  • Liechtenstein
  • Malaisie
  • Malawi
  • Malte
  • Monaco
  • Montserrat
  • Pakistan
  • Palaos
  • Paraguay
  • Pays-Bas
  • Pologne
  • République démocratique du Congo (Kinshasa)
  • République centrafricaine
  • Samoa
  • Saint-Barthélemy
  • Sainte-Lucie
  • Seychelles
  • Sint Maarten
  • Slovaquie
  • Suède
  • Timor-Leste (Timor oriental)
  • Togo
Niveau très élevé de transmission de SRAS-CoV-2
  • Afghanistan
  • Albanie
  • Açores
  • Allemagne
  • Andorre
  • Argentine
  • Aruba
  • Australie
  • Autriche
  • Bahreïn
  • Barbade
  • Belgique
  • Bermudes
  • Bolivie
  • Brunéi
  • Chili
  • Chypre
  • Colombie
  • Corée du Sud
  • Costa Rica
  • Croatie
  • Danemark
  • Estonie
  • États-Unis
  • Finlande
  • France
  • Géorgie
  • Ghana
  • Grèce
  • Grenade
  • Guadeloupe
  • Guam
  • Guyana
  • Guyane française
  • Honduras
  • Hong Kong
  • Hongrie
  • Île Maurice
  • Îles Caïmans
  • Îles Marshall
  • Îles Turks et Caicos
  • Îles Vierges (américaines)
  • Islande
  • Israël
  • Italie
  • Jamaïque
  • Japon
  • Kosovo
  • Qatar
  • La Réunion
  • Lettonie
  • Liban
  • Lituanie
  • Luxembourg
  • Macédoine du Nord
  • Martinique
  • Mexique
  • Micronésie (EFM)
  • Moldova
  • Mongolie
  • Monténégro
  • Mozambique
  • Nauru
  • Népal
  • Nouvelle-Calédonie
  • Nouvelle-Zélande
  • Panama
  • Pérou
  • Polynésie française
  • Porto Rico
  • Portugal
  • Philippines
  • République dominicaine
  • République tchèque
  • Roumanie
  • Russie
  • Royaume-Uni
  • Saint-Marin
  • Saint-Martin
  • Saint-Vincent-et-Grenadines
  • Samoa américaines
  • Serbie
  • Singapour
  • Slovénie
  • Somalie
  • Suisse
  • Suriname
  • Taïwan
  • Tonga
  • Trinité-et-Tobago
  • Tunisie
  • Türkiye
Niveau inconnu de transmission de SRAS-CoV-2
  • Algérie
  • Angola
  • Antigua-et-Barbuda
  • Azerbaïdjan
  • Biélorussie
  • Bénin
  • Bhoutan
  • Botswana
  • Burkina Faso
  • Burundi
  • Cameroun
  • Comores
  • Corée du Nord
  • Curaçao
  • Djibouti
  • Dominique
  • Égypte
  • Gambie
  • Gibraltar
  • Guinée-Bissau
  • Groenland
  • Haïti
  • Îles Canaries
  • Iran
  • Iraq
  • Jordanie
  • Kirghizistan
  • Laos
  • Lesotho
  • Libéria
  • Libye
  • Maldives
  • Mali
  • Maroc
  • Mayotte
  • Myanmar
  • Namibie
  • Nicaragua
  • Niger
  • Nigéria
  • Norvège
  • Ouzbékistan
  • Papouasie-Nouvelle-Guinée
  • République du Congo (Brazzaville)
  • Saint-Pierre-et-Miquelon
  • Salvador
  • Sénégal
  • Sierra Leone
  • Soudan
  • Soudan du sud
  • Sri Lanka
  • Syrie
  • Tadjikistan
  • Tanzanie
  • Tchad
  • Thaïlande
  • Turkménistan
  • Ukraine
  • Uruguay
  • Venezuela
  • Vietnam
  • Yémen
  • Zambie

Références

Note de bas de page 1

Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV). Processus fondé sur les preuves pour l'élaboration de lignes directrices et de recommandations liées à la médecine de voyage et à la médecine tropicale, 2017, document accessible à l'adresse : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/maladies-et-affections/processus-fondee-preuves-elaboration-lignes-directrices-recommandations-medecine-voyage-medicine-tropicale.html (consulté le 5 juillet 2021).

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Boggild AK, Libman M, Greenaway C, McCarthy AE, au nom du Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV). « Déclaration sur la strongyloïdose disséminée : lignes directrices en matière de prévention, d'évaluation et de prise en charge du CCMTMV », Relevé des maladies transmissibles au Canada, 2016;42:14-22, doi : https://doi.org/10.14745/ccdr.v42i01a03f.

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Note de bas de page 28

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Note de bas de page 29

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Note de bas de page 38

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Note de bas de page 40

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