Lignes directrices canadiennes sur les infections transmissibles sexuellement

Déclaration supplémentaire concernant la prise en charge et le suivi d'abus sexuel à l'égard d'enfants impubères et prépubères

Octobre 2014

Question principale

Le chapitre Infections gonococciques a été révisé en réponse à l’émergence d’une résistance aux antimicrobiens. Par conséquent, la version imprimée de 2010 et la version en ligne du chapitre Abus sexuel à l’égard d’enfants impubères et prépubères des Lignes directrices canadiennes sur les infections transmissibles sexuellement est en voie d’être mise à jour.

La présente déclaration a pour but de fournir aux cliniciens des lignes directrices provisoires de haut niveau énonçant les principales modifications apportées aux pratiques de dépistage, de prise en charge et de suivi des infections transmissibles sexuellement (ITS) dans les cas présumés ou confirmés d’abus sexuel, jusqu’à ce que des conseils à jour soient disponibles.

L'âge de consentement aux activités sexuelles au Canada

  • Les cliniciens devraient se reporter au site Web du ministère de la Justice pour obtenir des renseignements sur l’âge de consentement au Canada et sur les exceptions prévues.

Exigences en matière de déclaration

  • Toutes les provinces et tous les territoires disposent de lois exigeant le signalement de tout cas de violence infligée aux enfants. Bien que les exigences spécifiques varient selon la province et le territoire, les professionnels de la santé devraient connaître au fait des exigences et des procédures locales en matière de signalement en ce qui concerne la violence infligée aux enfants et tout autre mauvais traitement. S’il y a cause raisonnable de soupçonner que des enfants sont victimes de violence, il faut communiquer promptement avec les services de protection de l’enfance et/ou les autorités policières.

Recommandations relatives à l’évaluation et au suivi

  • L’évaluation et le suivi d’enfants soupçonnés d’être des victimes d’abus sexuel devraient se faire avec la plus grande sensibilité, idéalement avec l’aide d’équipes ou de services expérimentés. Lorsqu’il n’est pas possible d’orienter la victime directement vers un spécialiste (comme c’est le cas dans les régions éloignées), il faut déployer tous les efforts possibles pour consulter un pédiatre et/ou un spécialiste des ITS au sujet des pratiques exemplaires concernant le prélèvement d’échantillons et le traitement prophylactique auprès des victimes d’abus sexuel. Les lignes directrices locales et provinciales ou territoriales devraient être consultées, le cas échéant.
  • Les cliniciens devraient également consulter les autorités provinciales ou territoriales pour savoir s’il existe des centres de référence régionaux pour les enfants impubères ou prépubères.
  • Tous les prélèvements effectués aux fins d’analyse médico–légale devraient être effectués par des professionnels étant expérimentés dans la mise en œuvre de ces interventions, conformément aux protocoles locaux et régionaux établis.

Considérations relatives au prélèvement d’échantillons

  • Les enfants prépubères devraient être soumis à des tests s’il y a raison de croire qu’ils pourraient avoir été victimes d’une agression sexuelle récente ou chronique. Les cliniciens devraient consulter un pédiatre ou un clinicien expérimenté.
  • Les situations suivantes augmentent le risque qu’un enfant ait été exposé à une ITS ou qu’il soit lui‑même infecté :
    • L’enfant présente des symptômes ou des signes d’ITS (p. ex. perte ou douleur vaginale, démangeaisons ou odeurs génitales, symptômes urinaires, ulcérations ou lésions génitales).
    • L’agresseur présumé a une ITS ou présente un risque d’ITS.
    • Un autre enfant ou un adulte au sein du foyer a une ITS.
    • La prévalence des ITS est élevée au sein de la communauté où l’agression sexuelle est survenue.
    • Il y a des preuves physiques de pénétration génitale, orale ou anale.
  • Les cliniciens devraient garder à l’esprit que les analyses d’urine constituent la méthode la moins invasive de dépistage de la gonorrhée et de la chlamydia chez les enfants prébubères.
  • Si un test d’amplification des acides nucléiques (TAAN) positif pourrait servir aux fins d’analyse médico-légale, il devrait être confirmé :
    • en envoyant les échantillons TAAN-positifs à un autre laboratoire où une deuxième série d’amorces seraient utilisées; consulter votre laboratoire local quant à la disponibilité de tels services.
  • Bien qu’aucun TAAN ne soit homologué pour déceler les infections rectales ou oropharyngées au Canada, certains laboratoires peuvent offrir le TAAN après une validation interne. Toutefois, les résultats positifs doivent être confirmés par une culture ou par un deuxième TAAN, utilisant une cible alternative, qui a été validé pour des prélèvements rectaux ou oropharyngés.
  • Veuillez consulter le tableau 1 du chapitre de 2010 pour connaître les autres sites de prélèvement d’échantillons et les tests sérologiques qui peuvent être utilisés dans les cas présumés d’abus sexuel.

Considérations relatives au traitement prophylactique

  • Bien que l’efficacité de la prophylaxie aux antibiotiques à la suite d’un abus sexuel n’ait pas fait l’objet d’études approfondies, elle est généralement recommandée dans les situations où l’abus s’est produit au cours des 48 heures précédentes la consultation médicale ou dans les circonstances où il-y-a un risque accru d’un enfant ayant été exposé ou infecté par un ITS (voir ci‑dessus). La prophylaxie devrait être mise en route en consultation avec un pédiatre ou un clinicien expérimenté.
  • Dans les situations où une prophylaxie post‑exposition est indiquée, les cliniciens devraient se reporter aux recommandations figurant dans le tableau 3 du chapitre de 2010; pour le traitement de la gonorrhée, il est conseillé de consulter le chapitre Infections gonococciques, révisé en 2013. Tous les patients traités contre la gonorrhée devraient recevoir un traitement d’association pour lutter contre la résistance croissante aux antimicrobiens. Ce traitement d’association comprend un traitement efficace contre la chlamydia. Le traitement des enfants de moins de 9 ans dépend du poids corporel; dans le cas des enfants de 9 ans et plus, le traitement est le même que pour un adulte.

Suivi

  • Si un enfant reçoit un diagnostic d’ITS, toutes les personnes suspectes devraient être localisées et soumises à une évaluation clinique.
  • Les cas confirmés d’ITS à déclaration obligatoire devraient être signalés aux autorités provinciales ou territoriales, selon ce qui est approprié.
  • Les cliniciens devraient consulter les chapitres pertinents des lignes directrices pour prendre connaissance des recommandations de prise en charge propres à chaque infection.
  • Les cliniciens devraient consulter la section Suivi du chapitre de 2010 pour obtenir d’autres recommandations relatives au suivi.
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