Section 1 : Lignes directrices canadiennes sur les infections transmissibles sexuellement – Préface

Section 1 - Préface

Introduction

Ces lignes directrices visent à servir de ressource aux cliniciens et aux professionnels de la santé publique, en particulier le personnel infirmier et les médecins, en matière de prévention et de prise en charge des ITS auprès de diverse populations de patients, notamment les nouveau-nés, les enfants, adolescents et les adultes.

Il est impossible d'aborder la prévention et contrôle des ITS sans avoir un minimum d'ouverture d'esprit. La prise en charge médicale appropriée des cas d'ITS ne représente qu'une partie du casse-tête. En effet, des activités de prévention primaire et secondaire sont primordiales pour réduire l'incidence (infections nouvellement acquises) et la prévalence (nombre de cas) des ITS. La prévention primaire vise à prévenir l'exposition en identifiant les personnes à risque, en procédant à des évaluations approfondies et en offrant de l'éducation et du counselling axé sur le patient Note de bas de page 1. La prévention secondaire a pour but de réduire la prévalence des ITS en détectant les infections chez les populations à risque, en offrant le counselling, en assurant la notification aux partenaires et en traitant les personnes infectées et leurs partenaires rapidement; il s'agit ainsi de prévenir ou de limiter la propagation subséquente de l'infection"Note de bas de page 1.

Le fardeau de la maladie et les complications éventuelles associées aux ITS, et les impact psychologiques (par example la stigmatisation) sont des aspects importants dont les professionnels de la santé et les décideurs doivent tenir compte. La présence d'une infection aiguë peut augmenter le risque de coinfection : par exemple, tout ulcère dû à une infection telle que la syphilis peut augmenter significativement le risque d'acquérir et de transmettre une infection au VIH.

Depuis la publication des Lignes directrices canadiennes sur les infections transmissibles sexuellement, édition 2006, le Groupe de travail d'experts (GTE) sur ces lignes directrices, composé de spécialistes en matière des infections transmissibles sexuellement (ITS) dans les domaines de la médecine, des sciences infirmières, des laboratoires, de la santé publique et de la recherche, a bénévolement offert son temps et consacré ses efforts, à titre d'auteur et d'examinateur, afin de rédiger des recommandations actualisées et fondées sur des données probantes relatives à la prévention, au diagnostic, au traitement et à la gestion des ITS au Canada.

Considérations importantes à l'intention des usagers des Lignes directrices

Bien que ces lignes directrices se fondent sur les données probantes et la pratique clinique courantes, la prévention, le diagnostic, le traitement et la prise en charge des ITS sont en constante évolution. L' Agence de la santé publique du Canada reconnaissent que les conseils et recommandations du présent document sont basés sur les meilleures connaissances scientifiques et pratiques médicales actuellement disponibles; ils le diffusent à titre de document d'information pour les professionnels cliniques et de la santé publique.

Les lignes directrices ne visent pas à remplacer les lois, les règlements, les politiques ni les exigences en matière de pratique établis par les provinces et territoires, non plus qu’il ne remplace les guides professionnels qui régissent la pratique des professionnels de la santé dans leur administration respective, qui peuvent varier en fonction du contexte et de l’épidémiologie locale.

Degré et qualité des données probantes concernant les recommandations thérapeutiques

Cette version mise à jour contient les mêmes degrés d'indicateurs de recommandation et de qualité des données probantes que ceux dans les recommandations relatives au traitement de l'édition 2006.

Tableau 1. Degrés de recommandation
(Adaptation de R.P. Harris et coll.Note de bas de page 2)

Recommandation : A

Recommande fortement aux cliniciens de prescrire le traitement aux patients admissibles sur une base systématique. Il existe de bonnes données probantes montrant que le traitement améliore des issues médicales importantes, et que ses bienfaits surpassent considérablement ses risques.

Recommandation: B

Recommande aux cliniciens de prescrire le traitement aux patients admissibles sur une base systématique. Il existe d'assez bonnes données probantes montrant que le traitement améliore des issues médicales importantes, et que ses bienfaits surpassent ses risques.

Recommandation : C

Aucune recommandation pour ou contre la prescription systématique du traitement. Il existe au moins d'assez bonnes données probantes montrant que le traitement peut améliorer les issues médicales, mais ses bienfaits sont trop limités par rapport à ses risques pour justifier une recommandation générale.

Recommandation : D

Recommande de ne pas prescrire de traitement aux patients asymptomatiques. Il existe au moins d'assez bonnes données probantes montrant que le traitement est inefficace ou que ses risques dépassent ses bienfaits.

Recommandation : I

Données probantes insuffisantes pour recommander ou déconseiller un traitement systématique. Les données probantes montrant que le traitement est efficace sont insuffisantes, de qualités médiocres ou contradictoires, et il n'est pas possible d'évaluer les bienfaits du traitement par rapport à ses risques.

Tableau 2. Qualité des données probantes
(Adaptation simplifiée de R.P. Harris et coll.Note de bas de page 2 et de P.A. Gross et coll.Note de bas de page 3)

l

Données probantes s'appuyant sur au moins un essai clinique contrôlé et bien randomisé.

ll

Données probantes s'appuyant sur au moins un essai clinique bien conçu sans randomisation, portant sur des études analytiques de cohortes ou cas témoins (de préférence dans plus d'un centre), sur plusieurs études de séries chronologiques ou sur des résultats substantiels provenant d'expériences non contrôlées.

lll

Données probantes provenant d'opinions d'autorités réputées basées sur des expériences cliniques, des études descriptives ou des rapports de comités d'experts.

Même si le présent document traite des enjeux clés relatifs à la prévention, au diagnostic, au traitement et à la prise en charge de la plupart des ITS fréquentes, les présentes lignes directrices n'ont pas pour but d'offrir des recommandations complètes quant au traitement et à la prise en charge du VIH et de l'hépatite C. Si vos patients sont atteints de ces infections, que celles-ci se présentent sous forme d'infection primaire ou de coinfection, nous vous suggérons de consulter d'autres ressources (les documents ci-dessous), notamment des collègues ayant une expertise dans le domaine :

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