Questions et réponses : L'orientation sexuelle à l'école – Que savons-nous?

Que sait-on de l’orientation sexuelle ?

ORIENTATION SEXUELLE : Affection et attirance ressentie pour autrui sans égard au sexe de la personne.

L’orientation sexuelle est le terme utilisé pour décrire les sentiments d’attirance sexuelle, psychologique et affective éprouvés par un individu envers une autre personne. La sexualité est considérée comme une caractéristique essentielle et naturelle de toute personne; elle commence à se développer dès la petite enfance et cette évolution se poursuit tout au long de sa vieNote de bas de page 5. Bien que les données de recherche soient divisées quant aux mécanismes exacts du développement de l’orientation sexuelle, elles révèlent que celle-ci est déterminée par de nombreux facteurs, entre autres hormonaux, génétiques et environnementauxNote de bas de page 6. Il est important de noter « que la recherche suggère qu’un parentage inadéquat, l’abus sexuel, de même que d’autres événements défavorables de la vie n’influent pas sur l’orientation sexuelle »Note de bas de page 7.

COMING OUT : Signifie « sortir du placard » de l’expression anglaise « coming out of the closet » – qui désigne l’annonce volontaire de son orientation sexuelle ou de son identité sexuelle (à ses amis, à sa famille, à ses collègues).

La recherche actuelle indique que l’orientation sexuelle participe d’un continuum d’attirances affectives et sexuellesNote de bas de page 8. Ce continuum va de personnes qui ne sont attirées que par celles du sexe opposé à celles qui ne sont attirées que par celles du même sexe, et inclut les personnes qui éprouvent à des degrés divers des attirances affectives et/ou physiques pour, à la fois, les personnes de sexe opposé ou de même sexe. De plus, l’orientation sexuelle d’une personne ne correspond pas toujours à son activité ou à son comportement sur le plan sexuel. Des facteurs sociaux, culturels, politiques et religieux ont une incidence sur le degré d’identification d’un individu à une minorité sexuelle, sur l’étendue de sa visibilité (affirmation de son identité) ou de son silence et de sa dissimulation à cet égard (orientation inavouée), et sur la mesure dans laquelle il agit conformément à ses attirances. Les expériences de stigmatisation et de discrimination, ainsi que les préjugés, empêchent souvent les jeunes d’intégrer, de façon positive, leurs émotions d’ordre sexuel et peuvent les retenir de s’identifier publiquement à une minorité sexuelle. Par exemple, certains individus, particulièrement au cours de l’adolescence, peuvent adopter une gamme de comportements sexuels à l’endroit de partenaires de même sexe, sans pour autant affirmer une orientation homosexuelle, ou en se percevant, néanmoins, comme hétérosexuels.

HÉTÉROSEXUEL : Une personne attirée physiquement et affectivement par quelqu'un du sexe opposé. Souvent appelé familièrement « hétéro ».

On confond souvent « orientation sexuelle » et « identité sexuelle », bien qu’il s’agisse de deux notions très différentes. L’orientation sexuelle renvoie à l’attirance affective et sexuelle soit pour les personnes du même ou de l’autre sexe, soit pour les deux. L’identité sexuelle renvoie au sentiment qu’a un individu d’être un homme ou une femme, de se situer entre les deux ou de n’appartenir à aucune de ces catégories. Tout autant que lorsqu’il s’agit d’hétérosexuels, il arrive que des personnes gaies, lesbiennes ou bisexuelles soient incertaines quant à leur identité sexuelle ce document ne s’attarde pas à cette question précisément et ne traite que de l’orientation sexuelle. C’est dans un autre document intitulé « Questions & réponses : l’identité sexuelle à l’école » que sont explorées plus avant ces questionsNote de bas de page 9

IDENTITÉ SEXUELLE : L’impression ou le sentiment d’être un homme ou une femme, lesquels peuvent ou non correspondre à son sexe biologique.

Il n’y pas de jeunes appartenant à une minorité sexuelle dans mon école. Pourquoi soulever ces questions ?

Il y a des jeunes de minorité sexuelle dans les écoles canadiennes, qu’ils se présentent ou non comme tels au personnel et aux administrateurs de l’école, ou à leurs pairs. Il y a aussi des élèves fréquentant des écoles canadiennes qui ont des frères, des soeurs, des parents, des personnes responsables, d’autres membres de la parenté, ou encore des amis faisant partie d’une minorité sexuelle.

GAI : Une personne attirée physiquement et affectivement par quelqu’un du même sexe. Le mot peut renvoyer tant aux hommes qu’aux femmes, mais il est habituellement utilisé en référence aux hommes seulement.

LESBIENNE : Une femme attirée physiquement et affectivement par d’autres femmes.

BISEXUEL : Une personne attirée physiquement et affectivement à la fois par les hommes et les femmes.

Les jeunes de minorité sexuelle demeurent invisibles pour plusieurs raisons. Tout d’abord, en tenant pour acquis qu’il n’y a pas de jeunes de minorité sexuelle dans l’école, le personnel et les administrateurs ne reconnaîtront pas que ces étudiants existent. Deuxièmement, à cause de leur expérience de l’intimidation, de la discrimination et de la stigmatisation, les jeunes de minorité sexuelle forment souvent une population invisible dans les écoles, et ils peuvent choisir de le demeurer par souci de sécurité. Les jeunes de minorité sexuelle qui affirment leur identité ou ont recours à des services accueillants et qui les soutiennent dans leur identité sexuelle risquent d’être plus vulnérables en raison même de ces démarches. Plutôt que de tenir pour acquis qu’il n’y a pas d’étudiants de minorité sexuelle dans votre école, n’est-il pas plus important de se demander pourquoi ils ne sont pas visibles. Le milieu est-il favorable aux jeunes de minorité sexuelle ? Est-ce qu’il ne contribue pas plutôt à perpétuer leur invisibilité ?

Actuellement, les résultats de la recherche indiquent qu’entre 2 % et 10 % des individus sont non hétérosexuels dans la société nord-américaineNote de bas de page 10. Au Canada, une enquête démographique menée récemment auprès de 105 000 étudiants de l’école secondaire du Toronto District School Board a conclu que 8 % des étudiants des neuvième, dixième, onzième et douzième années s’identifiaient comme étant non hétérosexuels ou en questionnementNote de bas de page 11. Les études de recherche sur la santé des adolescents révèlent, de plus, que l’âge moyen de l’affirmation de son identité sexuelle est maintenant 15 ou 16 ansNote de bas de page 12. Les conclusions de ces recherches montrent que les questions relatives à l’orientation sexuelle et à l’identité sexuelle ont leur place dans l’école d’aujourd’hui.

TRANSGENRE (Trans) : Personne dont l’identité sexuelle, l’apparence, l’expression ou l’anatomie ne correspondent pas à ce que décrètent les conventions sociales pour l’homme et la femme.

Quelles sont, aujourd’hui, les préoccupations des étudiants de minorité sexuelle en matière de santé, de sécurité et d’éducation dans nos écoles ?

Homophobie et harcèlement

Les étudiants peuvent être harcelés soi-disant parce qu’ils sont « gais », en fonction de leur orientation sexuelle présumée ou parce qu’ils ne sont pas conformes aux attentes à l’égard de leur sexe, et ce, même si les harceleurs ne savent rien de l’orientation sexuelle réelle de leurs victimes. Les étudiants qui en sont victimes peuvent être eux-mêmes incertains de leur orientation sexuelle. Beaucoup d’étudiants peuvent se sentir « différents » et vulnérables d’une manière ou d’une autre, mais survivent en « faisant le mort ». Ils préfèrent peut-être ne pas attirer sur eux une attention réprobatrice et n’affirmer leur orientation sexuelle que plus tard dans un milieu plus favorable. « Cela fait tellement homosexuel » fait maintenant partie intégrante de la culture des jeunes comme un terme dénigrant et équivalant à « stupide », ou comme le contraire de « cool »Note de bas de page 13. De nombreux étudiants utilisent des mots comme « fif » et « homo » sans trop comprendre comment ils peuvent blesser leurs camarades. Souvent tolérés dans les écoles, ces mots ne sont qu’un aspect d’une intimidation homophobe et, en l’absence d’une intervention, ils renforcent davantage l’hostilité, l’intolérance et les perceptions négatives des minorités sexuelles.

HOMOPHOBIE INTÉRIORISÉE : Diminution de l’estime de soi ou du sentiment de sa valeur ressentie par un individu en présence de l’homophobie réelle ou présumée d’autrui.

La recherche indique que les expériences de discrimination, de stigmatisation, de violence, et les conséquences négatives sur la santé mentale qui leur sont associées ont un impact disproportionné sur la vie physique et affective et sur la scolarisation des jeunes de minorité sexuelle. Une étude menée auprès de 1 598 adolescents de cinq écoles secondaires de l’Ontario a montré que « les adolescents de minorité sexuelle se plaignent dans des proportions beaucoup plus élevées d’intimidation et de harcèlement sexuel que les adolescents hétérosexuels », et que tant les étudiants qui s’identifient comme LGB que les « adolescents qui se questionnent sur leur orientation sexuelle rapportent des difficultés d’ajustement similaires, des expériences de victimisation, et la perception qu’ils manquent de soutien social »Note de bas de page 14. Au Canada, une enquête menée en 2008 par le Centre de toxicomanie et de santé mentale a permis de constater qu’un tiers des garçons de neuvième et de onzième années ont signalé avoir été victimes d’insultes homophobes, tandis qu’un nombre à peu près égal de garçons ont révélé avoir été les auteurs de telles insultes. Un nombre légèrement plus faible de filles de neuvième année, soit le quart, ont signalé être victimes et auteures d’insultes homophobes; le nombre de filles de onzième année qui ont signalé avoir été victimes ou auteures d’insultes homophones chute considérablementNote de bas de page 15.

Santé mentale

La stigmatisation, les préjugés et la discrimination peuvent créer un milieu social hostile et stressant pour les jeunes de minorité sexuelle. Cela peut mener les jeunes à s’attendre à être rejetés, à intérioriser l’homophobie, à cacher leur orientation sexuelle, à avoir honte et à développer des stratégies de dissimulationNote de bas de page 16.

L’état actuel de la recherche qui explore les principaux facteurs de stress vécus par les jeunes de minorité sexuelle indique que ces jeunes subissent en plus grand nombre des facteurs de risque plus graves, comme de l'intimidation et de la victimisation homophobe et présentent plus de cas de dépression et de toxicomanie que leurs pairs hétérosexuelsNote de bas de page 17. Plus précisément, les jeunes de minorité sexuelle qui sont autochtones, membres de minorités ethnoculturelles ou sans abri, qui sont sous la garde ou qui relèvent du système correctionnel, sont peut-être plus à risque de subir des conséquences néfastes pour leur santé.

Suicide

HARSAH : Un acronyme qui désigne les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. On se sert de cet acronyme pour refléter la complexité de l’orientation sexuelle, et, plus particulièrement, pour souligner que certains hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes ne se considèrent pas comme gais.

FARSAF : Un acronyme qui désigne les femmes ayant des relations sexuelles avec d’autres femmes. On se sert de cet acronyme pour refléter la complexité de l’orientation sexuelle, et, plus particulièrement, pour souligner que certaines femmes qui ont des relations sexuelles avec d’autres femmes ne se considèrent pas comme des lesbiennes.

Les études sur la santé des adolescents indiquent constamment que le suicide est l’une des principales causes de mortalité chez les jeunes aujourd’huiNote de bas de page 18. Chez les jeunes de minorité sexuelle, le suicide est la première cause de mortalitéNote de bas de page 19. Les études montrent que les jeunes de minorité sexuelle sont de 1,5 à 7 fois plus susceptibles de faire une tentative de suicide que leurs pairs hétérosexuelsNote de bas de page 20. Parmi les principaux facteurs de risque de suicide chez les adolescents, en général, signalons le sentiment de désespoir, des antécédents de famille dysfonctionnelle, les abus sexuels, la toxicomanie et le suicide récent ou la tentative de suicide d’un membre de la famille ou d’un ami procheNote de bas de page 21. Outre ce qui précède, les jeunes de minorité sexuelle ont d'autres facteurs de risque dont l’affirmation de l’orientation sexuelle plus jeuneNote de bas de page 22, le fait que la famille ne les accepte pas et des conflits interpersonnels (comme l’intimidation) plus fréquents touchant leur sexualitéNote de bas de page 23.

Une étude canadienne a montré que, comparés à leurs pairs hétérosexuels, les lesbiennes, les gais et les bisexuels étaient plus susceptibles :

  • d’avoir eu des pensées suicidaires et d’avoir fait des tentatives de suicide;
  • de subir plus d’abus physiques et sexuels;
  • de subir des taux plus élevés de harcèlement à l’école et de discrimination au sein de la collectivité;
  • de s'être enfui de la maison une fois ou plus au cours de l’année écoulée;
  • d'avoir une plus grande expérience sexuelle et d’avoir été enceintes ou d’avoir mis quelqu’un enceinte;
  • d'être des fumeurs, d'avoir consommé de l’alcool ou de consommer d’autres drogues;
  • de signaler plus fréquemment éprouver une détresse affective;
  • de participer moins souvent à des activités sportives ou physiques;
  • de signaler des taux plus élevés d’utilisation de l’ordinateur ou de temps passé devant l’ordinateur;
  • de moins sentir que leurs parents ou les personnes responsables s’occupaient d’eux et de se sentir moins liés à leurs famillesNote de bas de page 24.

Autres risques pour la santé

L’absence, au sein du système scolaire, d’une information sur l’orientation sexuelle exacte, sans jugement de valeur et adaptée selon l’âge, non seulement est préoccupant sous l’angle de la sécurité et de l’éducation, mais pose également un problème de santé publique important. Les Nations Unies et le Center for Disease Control (CDC) des États-Unis indiquent que les jeunes hommes gais et bisexuels et les jeunes hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH) sont très nettement plus à risque d’être infectés par le VIHNote de bas de page 25. Ce risque est peut-être attribuable à de multiples formes de discrimination, à une absence d’accès à une éducation santé-sexualité inclusive, à un sentiment de désespoir et à des tendances suicidairesNote de bas de page 26. Il est par conséquent primordial que l’éducation générale en matière de santé sexuelle réponde aux besoins et préoccupations des personnes les plus vulnérables de notre société. Tous les éducateurs, les professionnels de la santé et les décideurs ont un devoir de diligence et une responsabilité professionnelle de favoriser une éducation intégrée en matière de santé sexuelle, de façon à soutenir la santé et le mieux-être de tous les jeunes Canadiens.

Que dois-je faire si un étudiant me communique son orientation sexuelle ?

Si un étudiant vous communique son orientation sexuelle, vous devriez respecter cette divulgation ainsi que le droit de l’étudiant à la confidentialitéNote de bas de page 27. La confidentialité est une préoccupation majeure pour nombre de jeunes qui se questionnent sur leur orientation sexuelle, sont inquiets pour leur sécurité, ou craignent la réaction éventuelle de leurs parents ou celle des personnes responsables à cette révélation. La décision que prend un étudiant d’affirmer son orientation sexuelle est grandement influencée par les questions de sécurité, par sa vulnérabilité, par son assurance personnelle, et par sa perception du niveau de soutien et d’acceptation auquel il peut s’attendre de la part des personnes qui jouent un rôle important dans sa vie. Si un étudiant vous communique son orientation sexuelle, il vous fait confiance et il pense que vous allez recevoir cette information d’une façon positive et encourageante. Si l’on manque à son devoir de confidentialité à l’égard d’un étudiant et que son orientation sexuelle est révélée à sa famille, ses amis, ses professeurs, ses accompagnateurs ou ses responsables religieux avant qu’il n’y soit prêt et consentant, cet étudiant court des risques importants.

HOMOPHOBIE : Peur ou haine de l’homosexualité chez les autres, qui se traduit souvent par des préjugés, de la discrimination, de l’intimidation ou des actes de violence. De la même façon, la « transphobie » désigne la peur des personnes transgenres ou une aversion envers celles-ci qui se traduit par des préjugés, de la discrimination, de l’intimidation ou des actes de violence. La « biphobie » désigne la peur des personnes bisexuelles ou une aversion envers celles-ci qui se traduit par des préjugés, de la discrimination, de l’intimidation ou des actes de violence.

Les chercheurs sont d’avis que les processus de l’affirmation et de l’acceptation de son orientation sexuelle exercent une influence sur la santé mentale et le bien-être affectif des jeunes de minorité sexuelleNote de bas de page 28. Si les jeunes de minorité sexuelle perçoivent leur milieu scolaire comme menaçant ou hostile, ils peuvent connaître un profond sentiment d’isolement et d’aliénation et craindre que leur identité ne soit exposée au grand jour, ce qui peut se répercuter sur leur estime d’eux-mêmes, leur réussite scolaire et leur sentiment d’appartenance au système scolaire. L’expérience de l’affirmation de son identité constitue seulement le point de départ d’un processus plus complexe, au cours duquel se succèdent l’apprentissage, la compréhension, la négociation et l’acceptation, et auquel doivent prendre part l’individu qui révèle son identité non hétérosexuelle, tout autant que les personnes tenant un rôle majeur dans sa vie à qui il se confie (par exemple ses parents ou les personnes responsables).

Il est possible de soutenir ces étudiants en créant un espace sécuritaire où les jeunes peuvent explorer et exprimer leur diversité sexuelle. On peut commencer par être attentif aux manifestations d’homophobie et intervenir le cas échéant, et faire montre d’une attitude d’acceptation envers les jeunes de minorité sexuelle. Lorsqu’on est témoin d’actes d’homophobie ou que de tels actes sont rapportés, il est du devoir des éducateurs et des administrateurs de réagir immédiatement et de créer un milieu où aucun comportement irrespectueux, quel qu’il soit, ne sera ignoré, tout en sensibilisant l’ensemble des étudiants aux torts que peuvent causer à autrui aussi bien certaines paroles que certaines actionsNote de bas de page 29. Les éducateurs peuvent intervenir dans des situations d’homophobie à l’école de nombreuses façons, dontNote de bas de page 30 :

  • s’attaquer au préjugé voulant que l’appartenance à une minorité sexuelle soit une mauvaise chose, et insister sur le fait que tout le monde à l’école mérite le respect;
  • aborder les stéréotypes et la désinformation qui se cachent derrière les insultes et la violence; et
  • explorer avec les étudiants des façons de réagir aux insultes excluant le recours à la violence physique ou à l’insulte en retour.

Les éducateurs peuvent également prendre d’autres initiatives dans le cadre du milieu scolaire en vue d’aider les jeunes appartenant à une minorité sexuelle. Tout d’abord, ils peuvent se renseigner à propos des difficultés que doivent affronter, à l’école, les jeunes appartenant à une minorité sexuelleNote de bas de page 31. Ils peuvent ensuite donner leur appui à la formation d’une alliance entre étudiants gais et hétérosexuels. Ils peuvent, en outre, soutenir les jeunes appartenant à une minorité sexuelle en s’informant sur la prestation de programmes de santé sexuelle intégrés, grâce auxquels les étudiants ont accès à une information adaptée à leur âge sur des questions liées directement à leur vie.

L’orientation sexuelle d’un étudiant n’est pas un choix de « style de vie », et un étudiant ne devrait en aucun cas se voir conseiller de changer ou de tenter de « réparer » son orientation sexuelle. L’American Psychological AssociationNote de bas de page 32 et de nombreuses associations d’enseignants du Canada ont critiqué et déconseillé ces formes de « conversions » ou de thérapies « de réparation »Note de bas de page 33. La recherche clinique a démontré que ces approches sont largement inefficaces, qu’elles ignorent l’impact de la stigmatisation sociale sur la santé mentale et, dans certains cas, qu’elles peuvent être extrêmement dangereuses, particulièrement pour les jeunes qui présentent des vulnérabilitésNote de bas de page 34. Au lieu de tenter de changer l’orientation sexuelle d’un étudiant, les éducateurs, administrateurs et professionnels de la santé devraient concentrer leurs efforts sur l’aide à apporter aux jeunes et à leur famille afin qu’ils développent des mécanismes actifs d’adaptation, ce qui leur permettra de lutter contre l’homophobie intériorisée, la stigmatisation, les préjugés et la discrimination.

S’ils ont accès à une information adaptée à leur âge et sans jugement de valeur, les étudiants pourront intégrer sereinement l’acceptation de l’orientation sexuelle à la connaissance de soi.

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