Lignes directrices provisoires de prévention et de contrôle des infections en cas de variole simienne suspecte, probable ou confirmée dans les établissements de santé – 27 mai 2022

La variole simienne est une maladie infectieuse rare causée par le virus de la variole simienne (genre orthopoxvirus). Le virus de la variole simienne est apparenté aux virus qui causent la variole (virus de la variole) et la variole de la vache, mais distinct de ceux-ci. En général, on trouve des cas de variole simienne en Afrique centrale et occidentale et il est rare de trouver des cas en dehors de cette zone géographique. Il existe deux variantes génétiques distinctes du virus de la variole simienne : la variante génétique de l'Afrique occidentale se manifeste par une transmission interhumaine limitée et un taux de létalité de 1 %, tandis que la variante génétique du bassin du Congo est associée à une transmission interhumaine et à une létalité historiquement rapportée de 10 %.

Le 13 mai 2022, l'OMS a été informée de cas humains de variole simienne confirmés en laboratoire au Royaume-Uni. Le Royaume-Uni a confirmé la présence de la variante génétique de l'Afriqueoccidentale du virus de la variole simienne. On ignore pour l'instant si le virus a muté, ce qui pourrait entraîner une modification des modes de transmission, de la présentation clinique ou de la gravité de la maladie. Le risque de transmission aux travailleurs de santé est considéré comme faible à l'heure actuelle.

Le 19 mai, l'Agence de la santé publique du Canada a confirmé les deux premiers cas humains de variole simienne au Canada. Les deux cas ont été détectés au Québec et d'autres cas suspects sont en cours d'investigation. Des cas confirmés et probables de variole simienne ont maintenant été signalés dans de nombreux pays en dehors de l'Afrique.

La transmission de personne à personne de la variole simienne est peu fréquente. Toutefois, lorsqu'une personne en infecte une autre, la transmission a lieu lors d'un contact étroit avec une personne infectée, notamment par contact direct avec des liquides organiques, des gouttelettes respiratoires ou des lésions infectées par la variole simienne ou encore par l'échange de vêtements, de literie ou d'objets communs qui ont été contaminés par des liquides organiques ou des lésions d'une personne infectée. La transmission sexuelle n'a pas été relevée précédemment comme mode de transmission, bien que les partenaires sexuels aient également des contacts directs étroits. On ne sait pas si la transmission de la variole simienne se fait par voie aérienne, bien que cela ne semble pas être le principal mode de transmission. Cependant, étant donné les preuves de la transmission par voie aérienne de la variole, il est à craindre que la variole simienne puisse également être transmise de cette façon. Pour l'instant, au fur et à mesure que de nouvelles informations sont recueillies, les établissements de santé doivent mettre en place des mesures de précaution contre la transmission par contact et par gouttelettes, en plus des mesures de précaution contre la transmission par voie aérienne, jusqu'à ce que l'on en sache plus sur le potentiel de transmission par aérosols.

À l'heure actuelle, on ne sait pas si une personne peut transmettre l'infection juste avant d'avoir de la fièvre ou une éruption cutanée.

Si un cas est suspecté, informez immédiatement les autorités locales de santé publique.

Transmission

Une personne peut contracter la variole simienne en entrant en contact étroit avec un animal infecté, une personne infectée ou des matériaux contaminés par le virus. Le virus peut pénétrer dans l'organisme par des lésions cutanées, par les voies respiratoires ou par les muqueuses. La transmission peut se faire par contact direct avec les lésions cutanées, la peau non intacte ou les croûtes liées à la variole simienne, par contact indirect avec les vêtements ou le linge utilisés par une personne infectée, ou par contact étroit avec les sécrétions des voies respiratoires d'une personne atteinte de la variole simienne.

Évolution clinique et période d'incubation

Prévention et contrôle des infections

Les mesures de précaution contre la transmission par voie aérienne, par gouttelettes et par contact doivent être utilisées pour tous les cas suspects, probables et confirmés de variole simienne. Des précautions doivent être prises lorsqu'un patient présente de la fièvre et une éruption vésiculaire/pustuleuse (cas suspect). Toute lésion ou sécrétion respiratoire doit être considérée comme une substance infectieuse.

Pratiques de base

Continuez à suivre les pratiques de base, notamment :

Hygiène des mains

Les désinfectants pour les mains à base d'alcool et le savon et l'eau sont les méthodes acceptables pour l'hygiène des mains. Lorsque les mains sont visiblement souillées, le savon et l'eau est la méthode à privilégier. L'hygiène des mains doit toujours être effectuée après le retrait des gants.

Précautions additionnelles

Comme les modes de transmission dans l'éclosion actuelle ne sont pas bien compris, il est recommandé de prendre des précautions contre la transmission par voie aérienne, par gouttelettes et par contact.

Patient :

Travailleur de la santé – Équipement de protection individuelle (EPI) :

Tous les EPI (y compris les respirateurs) doivent être jetés après chaque contact avec le patient et l'hygiène des mains effectuée. Tous les EPI doivent être enfilés avant d'entrer dans la chambre du patient. Tous les EPI doivent être jetés avant de quitter la chambre d'isolement, à l'exception du respirateur, qui doit être retiré, à l'extérieur de la chambre, une fois la porte fermée, et les mains doivent de nouveau être nettoyées.

Sélection des chambres/placement des patients

Le patient doit être placé dans une chambre d'isolement des infections aéroportées, lorsqu'elle est disponible.

Si une chambre d'isolement des infections aéroportées n'est pas disponible, le patient doit être placé dans une chambre privée dont la porte est fermée. Pour les patients hospitalisés, une salle de bain réservée est nécessaire et une chaise d'aisance peut être utilisée si une salle de bain réservée n'est pas disponible.

Les visiteurs doivent être limités aux personnes nécessaires pour les soins ou pour des raisons de compassion.

Nettoyage et désinfection

Équipement

Surfaces environnementales

Toutes les surfaces en contact avec le patient doivent être nettoyées et désinfectées avec des désinfectants pour un usage hospitalier (dotés de numéros d'identification de médicaments [DIN]), selon les recommandations des fabricants.)

Les agents nettoyants et désinfectants de qualité hospitalière (dotés de numéros d'identification de médicaments [DIN]) sont suffisants pour le nettoyage de l'environnement pour la variole simienne.

Nettoyez et désinfectez toutes les surfaces qui ont pu être touchées, y compris les chaises de la zone et les toilettes publiques. Il faut accorder une attention particulière aux surfaces fréquemment touchées, comme les boutons de porte, les cordons de sonnettes d'appel, les robinets et les surfaces murales qui pourraient être fréquemment touchées par le patient.

Utilisez les protocoles de nettoyage et de désinfection normalisés de l'entretien ménager.

Linge (par exemple, linges, serviettes, vêtements, literie)

Confinement et élimination des déchets contaminés

Nettoyage et désinfection de l'environnement après le congé du patient

Transport des patients suspectés d'être atteints de la variole simienne

Si un patient atteint de variole simienne suspecte, probable ou confirmée doit être transporté, il ne doit pas utiliser les transports publics. Le patient doit être masqué et les lésions doivent être couvertes pendant le transport. Si on y a recours, les services de transport du patient doivent être informés que le patient a une variole simienne suspecte, probable ou confirmée. L'établissement de santé d'accueil doit être informé, avant l'arrivée du patient, du diagnostic et de la nécessité de prendre des précautions contre la contamination par voie aérienne, par gouttelettes et par contact.

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