Pour les professionnels de la santé : VIH et sida

Obtenez des renseignements détaillés sur le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et le syndrome d'immunodéficience acquise (sida) destinés aux professionnels de la santé.

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Ce que les professionnels de la santé doivent savoir au sujet du VIH et du sida

Le VIH est un virus qui se transmet sexuellement et par le sang. Le sida est une séquelle à long terme de l’infection par le VIH.

Il est recommandé d’offrir le dépistage du VIH et d’en discuter dans le cadre des soins de santé réguliers. En procédant à un diagnostic précoce et en amorçant rapidement le traitement antirétroviral hautement actif, on peut réduire la morbidité et la mortalité associées à :

  • l’infection par le VIH;
  • la progression de l’infection vers le sida.

La connaissance du statut sérologique en temps opportun peut réduire la transmission du VIH en raison de la réduction des comportements à risque. En outre, l'accès au traitement antirétroviral hautement actif réduit l'infectiosité: les personnes qui adhèrent au traitement antirétroviral hautement actif et qui ont une charge virale indétectable présentent un risque négligeable de transmission de l'infection.

Les professionnels de la santé sont fortement encouragés à :

Histoire naturelle et progression de la maladie

Le temps qui s’écoule entre l’infection initiale et la maladie clinique est très variable, tout comme l’est la progression de la maladie.

L’infection par le VIH entraîne une destruction progressive des lymphocytes T CD4 +. Ces globules blancs jouent un rôle primordial dans le bon fonctionnement du système immunitaire.

Par conséquent, les personnes infectées par le VIH qui deviennent immunodéprimées risquent de développer diverses maladies définissant le sida, notamment :

  • des infections opportunistes;
  • une maladie neurologique primaire;
  • le cancer.

Heureusement, grâce aux progrès réalisés dans le traitement de l’infection par le VIH :

  • la progression de la maladie a beaucoup ralenti;
  • l’infection par le VIH est désormais considérée comme une affection chronique maîtrisable.

Manifestations cliniques

Selon le stade de l’infection, les personnes infectées par le VIH peuvent être asymptomatiques ou présenter des symptômes non spécifiques pouvant :

  • ne pas être reconnus comme ceux d’une infection par le VIH;
  • présenter divers signes et symptômes liés à l’immunodéficience (voir les différents stades plus bas pour en savoir plus).

Primo-infection aiguë

Il s’agit de la période entre l’infection initiale et l’apparition du profil sérique complet des anticorps (séroconversion).

Jusqu’à 90 % des patients au stade de l’infection aiguë sont symptomatiques.

Vu le grand risque de transmission à ce stade, les cliniciens doivent maintenir un indice de suspicion élevé devant un patient qui :

  • présente une maladie fébrile non spécifique;
  • a des antécédents de comportements à haut risque .

S’ils sont présents, les symptômes :

  • se manifestent généralement 2 à 6 semaines après l’exposition;
  • sont habituellement spontanément résolutifs;
  • durent généralement 1 ou 2 semaines, bien que certains puissent persister plusieurs mois;
  • sont généralement semblables à ceux de bien d’autres maladies, dont des syndromes viraux tels que :
    • la grippe;
    • la mononucléose.

Les symptômes du syndrome rétroviral aigu sont les suivants :

  • fièvre;
  • myalgie;
  • arthralgie;
  • mal de gorge;
  • céphalées;
  • éruptions cutanées;
  • nausées;
  • diarrhée;
  • vomissements.

Infection chronique asymptomatique

À ce stade :

  • la réplication du virus et la virémie plasmatique sont davantage maîtrisées par le système immunitaire, comme le montre le taux de lymphocytes T CD4+;
  • une adénopathie généralisée est souvent présente;
  • une thrombocytopénie peut être présente;
  • le risque de transmission est plus faible.

De nombreuses personnes infectées par le VIH font partie de cette catégorie.

Infection chronique symptomatique

À ce stade, la maladie se caractérise par :

  • une réplication virale intense;
  • une virémie plasmatique élevée;
  • un risque accru de transmission;
  • une diminution du nombre de lymphocytes T CD4 +;
  • une excrétion du virus par les muqueuses.

La réplication du virus a pour effet de réduire le nombre de lymphocytes T CD4+ jusqu’à causer une immunodépression profonde, ce qui ouvre la voie à des infections opportunistes.

Diagnostic

De nombreux types de tests de dépistage du VIH sont homologués pour utilisation au Canada. Les types de tests et l’accès aux différents tests peuvent varier d’une région à l’autre.

Approche à l’égard du dépistage

Il n’est pas nécessaire de réaliser une évaluation approfondie du risque basée sur les comportements et un counseling pré- et post-test détaillé pour offrir le dépistage du VIH. Il suffit de s’assurer que le client comprend la façon dont le VIH est transmis, qu’il connaît les conséquences du dépistage (avantages et inconvénients) et qu’il peut interpréter les résultats du test.

La détection des anticorps anti-VIH est la méthode diagnostique la plus fréquente.

La fenêtre sérologique est la période au début de l’infection par le VIH pendant laquelle :

  • le sujet est très contagieux, mais;
  • le test de dépistage des anticorps donne un résultat négatif parce que les anticorps ne sont pas immédiatement produits ou détectables.

La durée de la fenêtre sérologique varie selon le test utilisé. Les deux principaux types de tests sont les suivants :

  1. les essais immunoenzymatiques (EIA) de troisième génération :
    • ils détectent les anticorps anti-VIH chez 99 % des sujets infectés 3 mois après l’exposition;
    • ils détectent les anticorps à peine 20 à 30 jours suivant l’exposition chez certaines personnes.
  2. les tests combinés de quatrième génération :
    • ils détectent aussi l’antigène p24 pendant la phase aiguë de l’infection;
    • ils réduisent la fenêtre sérologique, la faisant passer à environ 15 à 20 jours.

L’infection par le VIH peut aussi être diagnostiquée par la détection du virus lui-même :

  • des tests de détection qualitatifs (TAAN) ou quantitatifs (mesure de la charge virale) peuvent être utilisés dans certaines circonstances;
  • le génotypage et le phénotypage sont aussi employés pour la surveillance de la résistance du VIH aux antiviraux.

Traitement

Les progrès dans le traitement de l’infection par le VIH :

  • ont ralenti la progression de la maladie au point où l’infection par le VIH est maintenant considérée comme une affection chronique maîtrisable;
  • permettent à davantage de personnes infectées par le VIH d’avoir une vie saine, longue et active.

En procédant à un diagnostic précoce et en amorçant rapidement le traitement antirétroviral hautement actif, on peut réduire la morbidité et la mortalité associées à l’infection par le VIH et la progression de la maladie.

Le traitement de l’infection par le VIH est un domaine complexe qui évolue rapidement, le traitement optimal étant modifié au fur et à mesure que de nouvelles recherches sont menées et que de nouvelles données probantes deviennent disponibles.

Lorsqu’on envisage un traitement antirétroviral hautement actif, il est recommandé de consulter un collègue expérimenté dans le traitement de l’infection à VIH/sida ou un infectiologue.

Les autorités sanitaires locales possèdent une liste de ces professionnels de la santé.

Il est important de noter qu’un traitement antirétroviral hautement actif et efficace peut être une stratégie de prévention importante. Un traitement efficace réduit l'infectiosité: les personnes qui adhèrent au traitement antirétroviral hautement actif et qui ont une charge virale indétectable présentent un risque négligeable de transmission de l’infection.

Prophylaxie pré-exposition (PPrE)

Les antirétroviraux peuvent être utilisés dans certaines circonstances pour prévenir l’infection par le VIH de type 1 (VIH-1) dans le cadre d’un programme global de réduction du risque. C’est ce qu’on appelle la prophylaxie pré-exposition (PPrE).

  • Consulter le sommaire de décision réglementaire de Santé Canada pour connaître les indications approuvées, les avantages et les risques de la prophylaxie pré-exposition.
  • Les professionnels de la santé sont fortement encouragés à consulter un infectiologue ou un collègue expérimenté dans le traitement de l’infection à VIH pour aider à orienter l’évaluation du patient et à déterminer si ce dernier pourrait bénéficier d’une prophylaxie pré-exposition.

Prophylaxie post-exposition après une exposition récente

La prophylaxie post-exposition doit être amorcée dès que possible, car elle risque d’être moins efficace si elle débute plus de 72 heures après l’exposition.

Si un patient consulte un professionnel de la santé peu après une exposition à haut risque, le professionnel est fortement encouragé à :

  • consulter un infectiologue ou un collègue expérimenté dans le traitement de l’infection à VIH
  • aider à orienter l’évaluation du patient et à déterminer si ce dernier pourrait bénéficier d’une prophylaxie post-exposition.

La décision d’amorcer une prophylaxie post-exposition contre l’infection par le VIH repose sur le jugement clinique et devrait être prise de concert avec la personne exposée.

Surveillance

Les professionnels de la santé du Canada jouent un rôle essentiel pour repérer et déclarer les cas d’infection à VIH/sida. Consulter la page Web sur la surveillance pour obtenir plus de renseignements concernant la surveillance au Canada.

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