Archivée : Évaluation rapide du risque : Éclosion d'hantavirus (virus des Andes) à bord d'un paquebot de croisière international
Évaluation finalisée le : 8 mai 2026 (sur la base des informations disponibles au 7 mai 2026)
La situation liée à l’éclosion du hantavirus (virus Andes) associée au navire de croisière MV Hondius continue d’évoluer. Veuillez consulter le Communiqué de presse du 17 mai 2026 sur la situation relative au hantavirus Andes obtenir les dernières informations sur l’événement et la réponse du Canada.
L’Agence de la santé publique du Canada surveille de près la situation et examinera les données actuelles afin de réévaluer les estimations de risque spécifiques et les incertitudes. Le risque global pour la population générale de contracter le virus ANDV lié à l’éclosion actuelle sur le navire de croisière demeure faible dans cette situation, car on ne prévoit pas de propagation importante au Canada.
Le Canada continuera de mettre en œuvre les protocoles de santé publique appropriés pour prévenir toute propagation continue liée à cette éclosion. Nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires internationaux ainsi qu’avec les provinces et territoires pour orienter notre réponse et protéger la santé de la population canadienne.
Sur cette page
- Motif de l'évaluation
- Question sur le risque
- Déclaration portant sur le risque
- Synthèse de l'événement (situation au 7 mai 2026)
- Facteurs à prendre en compte dans le cas d'agents pathogènes à potentiel pandémique
- Détails de l'évaluation des risques
- Limites, manques de connaissance et incertitudes
- Mesures proposées
- Nouvelle évaluation
- Méthodes
- Notes de bas de page
- Références
Motif de l'évaluation
Des voyageurs canadiens ont été identifiés parmi les passagers du navire de croisière MV Hondius, où une éclosion du virus des Andes (ANDV), une souche particulière du hantavirus, est en cours, ainsi que sur des vols transportant des passagers infectés par ce même virus (voir Synthèse de l'événement). Il s'agit de la première éclosion d'ANDV documentée à bord d'un navire de croisière.Note de bas de page 1 Il importe de définir et de communiquer les mesures de santé publique appropriées, notamment les mesures aux frontières, la recherche des contacts et la communication des risques. L'ANDV n'est pas endémique au Canada et se distingue sur le plan épidémiologique de la souche de hantavirus endémique au Canada (le virus Sin Nombre).Note de bas de page 2
Question sur le risque
Quelle est la probabilité et quelle serait l'incidence si un voyageur infecté par le virus ANDV, en lien avec l'éclosion survenue à bord du navire de croisière MV HondiusNote de bas de page a, entrait au Canada au cours des deux prochaines semaines ?
Déclaration portant sur le risque
Dans l'ensemble, le risque de contracter le virus ANDV pour la population générale en lien avec l'éclosion en cours sur un bateau de croisière est faible (incertitude modérée), puisqu'on ne prévoit pas de propagation au Canada, même si une personne infectée venait à arriver sur le territoire.
Le risque d'importation du virus ANDV au Canada au cours des deux prochaines semaines est modéré (incertitude modérée). Six résidents canadiens se trouvaient à bord du navire lors de son départ d'Argentine et quatre d'entre eux sont toujours à bord. De plus, quelques résidents canadiens se trouvaient à bord de vols avec des personnes symptomatiques et ont peut-être été en contact étroit avec des personnes infectées parmi ces dernières. Les conséquences pour les personnes infectées risquent d'être majeures (incertitude modérée), car l'ANDV exige souvent une hospitalisation et peut entraîner le décès. En cas d'importation au Canada, l'impact de l'ANDV sur la population générale canadienne serait mineur (faible incertitude), étant donné que la transmission interhumaine de l'ANDV passe par des contacts étroits et prolongés, ce qui rend une propagation ultérieure peu probable. Toutefois, le risque d'exposition est plus élevé pour les contacts étroits des cas confirmés et pour le personnel de santé qui n'utilise pas un équipement de protection personnelle (EPP) adéquat.
Ces niveaux de risque pourraient évoluer si des données venaient à indiquer que la transmission interhumaine se produit au-delà des contacts étroits.
Synthèse de l'événement (situation au 7 mai 2026)
Un foyer d'infections par le virus des Andes (ANDV) a été signalé parmi les passagers du navire de croisière MV Hondius. On dénombre huit cas, dont trois décès et trois hospitalisations. Cinq de ces huit cas ont été confirmés comme étant des infections à hantavirus, et on soupçonne que les trois autres le soient également. Le MV Hondius transportait 147 passagers et membres d'équipage, dont six seraient de nationalité canadienne. À ce jour, tous les résidents canadiens ayant voyagé à bord du MV Hondius sont asymptomatiques. Les deux passagers canadiens identifiés à bord du navire et la personne ayant été en contact avec un individu symptomatique à bord d'un avion sont rentrés chez eux; ils ont reçu des consignes de mise en quarantaine et font l'objet d'un suivi par les autorités locales. De plus, un cas confirmé a débarqué du MV Hondius et s'est rendu de l'île de Sainte-Hélène à Johannesburg, en Afrique du Sud, à bord d'un avion commercial, pour ensuite effectuer un court trajet sur un vol à destination des Pays-Bas; six Canadiens se trouvaient à bord de l'un ou l'autre de ces vols.
Facteurs à prendre en compte dans le cas d' agents pathogènes à potentiel pandémique
Pour l'instant, l'ANDV n'est pas considéré comme un agent pathogène susceptible de provoquer une pandémie. Si des cas de transmission interhumaine de l'ANDV ont été signalés par le passé, celle-ci a jusqu'à présent été principalement associée à des contacts étroits et prolongés et n'a pas démontré de capacité à se propager de manière généralisée et durable.Note de bas de page 3 De plus, des études de passage in vivo démontrent que l'ANDV présente une grande stabilité génomique et ne mute pas facilement.Note de bas de page 4
Détails de l'évaluation des risques
| Composante du risque : Estimation [Incertitude] | Justification |
|---|---|
Probabilité d'importation au Canada : |
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Impact chez les personnes infectées : |
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Impact à l'échelle de la population au Canada : |
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Limites, manque de connaissances et incertitudes
Dans l'ensemble, le degré d'incertitude de cette évaluation est modéré, pour les raisons suivantes :
- L'historique d'exposition précis (moment, durée et proximité de tout contact) de certaines personnes qui seront rapatriées au Canada au cours des deux prochaines semaines, en lien avec cet événement.
- Par exemple, le nombre de résidents canadiens ayant été en contact avec des personnes symptomatiques à bord de ces vols, ainsi que leur proximité avec ces personnes symptomatiques pendant le vol.
- Les preuves de transmission interhumaine au cours de cet événement, fondées sur une analyse épidémiologique de celui-ci, et, le cas échéant, la facilité avec laquelle le virus se transmet (par exemple, le risque de transmission à différents stades de l'évolution de l'infection, y compris pendant la période prodromique, en fonction de la proximité, du type et de la durée de l'exposition, des caractéristiques des cas et des contacts, ainsi que les estimations du taux de reproduction de base associé à cette épidémie).
- Si le virus ANDV actuel diffère de celui qui circule dans les zones endémiques depuis peu.
Parmi les facteurs susceptibles de réduire ce risque, citons les évaluations en cours à bord du navire ainsi que celles prévues par les autorités espagnoles à l'arrivée à Tenerife; la mise en œuvre adéquate de mesures de lutte contre l'infection et de santé publique, y compris des mesures de quarantaine visant à prévenir efficacement toute propagation ultérieure à bord; le respect par les passagers des protocoles de santé publique lors de leur débarquement ainsi que pendant leur voyage de retour vers le Canada; et enfin, l'autoquarantaine pendant toute la durée de la période d'incubation potentielle à leur arrivée au Canada.
Mesures proposées
- À l'heure actuelle, le principe de précaution doit prévaloir : il faut supposer que l'ANDV se transmet d'une personne à l'autre, ce qui représente un risque pour les contacts des personnes infectées. L'ANDV doit être traité comme une maladie transmissible, conformément à la Loi sur la quarantaine. Veuillez respecter tous les protocoles établis en matière de suivi des cas et des contacts, ainsi que les directives de prévention et de contrôle des infections émises par les autorités provinciales, territoriales et locales, y compris celles qui s'appliquent aux établissements de santé et aux professionnels de la santé.
- Les personnes ayant été en contact avec le cas doivent faire l'objet d'une surveillance conformément aux directives de l'OMS et, si des symptômes concordants apparaissent, être rapidement transférées vers des établissements de santé appropriés, en veillant à ce que des mesures de prévention d'infection soient mises en place pendant et après leur transfert.
- Poursuivre une communication coordonnée et en temps opportun sur les risques afin d'informer la population canadienne de l'éclosion d'ANDV, du niveau de risque et des mesures prises par les autorités de santé publique, puis proposer des mesures concrètes pour se protéger contre les hantavirus en général (non seulement l'ANDV).
- Améliorer la communication ciblée à l'intention des professionnels de la santé afin de les sensibiliser et de les préparer dans les régions concernées, en vue de faciliter la détection précoce, le diagnostic et le dépistage, la prise en charge, ainsi que la notification des autorités de santé publique conformément à leurs protocoles.
Nouvelle évaluation
Cette situation évolue rapidement. L'équipe responsable de l'évaluation du risque se réunira à nouveau pour examiner les nouvelles données et déterminer s'il y a lieu de procéder à une nouvelle évaluation, au cas où de nouvelles données viendraient modifier notre compréhension de la transmission interhumaine du virus ANDV ou si la situation venait à s'aggraver.
Méthodes
Cette évaluation a été réalisée par l'Agence de la santé publique du Canada. La méthodologie d'évaluation rapide des risques (ERR) s'appuie sur l'outil d'ERR mis au point par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à l'intention de ses États membres.Note de bas de page 7 La probabilité, l'impact et le risque global ont été estimés à l'aide des échelles et de la matrice de risque décrites précédemment (voir la page sur les méthodes d'évaluation des risques), et la capacité de réponse a été estimée à l'aide de l'outil de l'OMS.Note de bas de page 7 Le niveau de risque global pour la population générale a été obtenu à partir de l'estimation de l'impact global sur la population, car celle-ci contient la composante déterminante du risque pour la population générale, c.-à-d. l'impact dans l'hypothèse où aucune propagation ultérieure au sein du Canada n'est prévue.
Notes de bas de page
- Note de bas de page a
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Dans le cadre de cette évaluation du risque, les contacts liés à l'éclosion en cours sur le MV Hondius englobent tous les passagers et membres d'équipage qui se trouvaient à bord du navire au moment de son départ d'Ushuaia, en Argentine, ainsi que toute personne ayant été en contact étroit avec un passager ou un membre d'équipage du navire par la suite (par exemple, les personnes exposées lors d'un voyage en avion).
Références
- Note de bas de page 1
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Organisation mondiale de la santé. Médiathèque de l'OMS. 2026. Consulté le 7 mai 2026. https://who.canto.global/s/VUV00?viewIndex=0
- Note de bas de page 2
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Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses. Hantavirus. 11 août 2021. Consulté le 7 mai 2026. https://nccid.ca/debrief/hantavirus/
- Note de bas de page 3
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Martínez VP, Di Paola N, Alonso DO, et al. "Super-Spreaders" and Person-to-Person Transmission of Andes Virus in Argentina. N Engl J Med. 2020;383(23):2230-2241. doi:10.1056/NEJMoa2009040 (en anglais seulement)
- Note de bas de page 4
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Warner BM, Prévost J, Tailor N, et al. High genomic stability of Andes virus following successive passage in vivo in Syrian hamsters. Schwemmle M, ed. J Virol. 2025;99(8):e00512-25. doi:10.1128/jvi.00512-25 (en anglais seulement)
- Note de bas de page 5
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Agence de la santé publique du Canada. Pour les professionnels de la santé : infection à hantavirus. 27 janvier 2015. Consulté le 7 mai 2026. https://www.canada.ca/en/public-health/services/diseases/hantaviruses/health-professionals-treating-hantavirus-infection.html
- Note de bas de page 6
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Agence de la santé publique du Canada. Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Hantavirus spp. 19 août 2011. Consulté le 7 mai 2026. https://www.canada.ca/en/public-health/services/laboratory-biosafety-biosecurity/pathogen-safety-data-sheets-risk-assessment/hantavirus.html
- Note de bas de page 7
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Organisation mondiale de la santé. User manual for the Member State Rapid Risk Assessment (MS-RRA) tool. 25 février 2026. Consulté le 7 mai 2026. https://www.who.int/southeastasia/internal-publications-detail/WHE2602262 (en anglais seulement)