Énoncé conjoint sur le sommeil sécuritaire :

Prévenir les décès subits des nourrissons au Canada

Introduction

L'Énoncé conjoint sur le sommeil sécuritaire : Prévenir les décès subits des nourrissons au Canada a été élaboré en collaboration avec des spécialistes nord-américains dans le domaine des décès subits de nourrissons, la Société canadienne de pédiatrie, la Fondation canadienne pour l'étude sur la mortalité infantile, l'Institut canadien de la santé infantile, Santé Canada et l'Agence de la santé publique du Canada, avec la participation d'experts provinciaux/territoriaux et régionaux de par le pays entier dans le domaine de la santé publique.

L'Agence de la santé publique du Canada considère le syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN) et certaines autres causes de décès subits survenant pendant le sommeil comme des préoccupations majeures en matière de santé publique. L'Énoncé conjoint sur le sommeil sécuritaire: Prévenir les décès subits des nourrissons au Canada entre dans le cadre de l'engagement continu du gouvernement du Canada visant à accroître la sensibilisation aux décès subits des nourrissons et aux environnements de sommeil sécuritaires. Le but de cet énoncé est de fournir aux professionnels de la santé des informations fondées sur des données probantes actuelles afin qu'ils puissent à leur tour offrir aux parents et gardiens des informations et du soutien pour prévenir les décès dus au SMSN et les pratiques de sommeil non sécuritaire, au Canada.

Le SMSN est défini comme le décès subit d'un nourrisson de moins d'un an qui demeure inexpliqué même après un examen approfondi du cas, y compris un examen de la scène du décès, une revue des antécédents cliniques et une autopsie complète.Footnote 1 Les données probantes médicales et scientifiques considèrent le SMSN comme un désordre multifactoriel, le résultat d'une combinaison de facteurs génétiques, métaboliques et de l'environnement.Footnote 2 Des expressions telles que 'mort subite inexpliquée du nourrisson' et 'mort subite inattendue du nourrisson' sont utilisées pour tenter de grouper tous les décès qui peuvent être reliés à l'environnement de sommeil. Les définitions de ces expressions ne sont pas suffisamment uniformes pour être universellement acceptées.

La ou les causes exactes du SMSN sont inconnues. En 2004, 5 % de tous les décès des nourrissons (âgés de 0 à 1 an) et 17,2 % des décès postnéonatals (nourrissons âgés de 28 jours à 1 an) étaient attribuables au SMSN.Footnote 3Le SMSN peut survenir n'importe quand au cours de la première année de vie, mais sa fréquence atteint un sommet chez les nourrissons âgés de 2 à 4 mois et diminue après l'âge de 6 mois. Footnote 4,Footnote 5Le taux du SMSN est plus élevé chez les nourrissons de sexe masculin, ceux qui sont nés prématurés ou de faible poids à la naissance, ainsi que chez les nourrissons de familles défavorisées au plan socio-économique ou d'origine autochtone.Footnote 4,Footnote 5,Footnote 6 D'autres recherches devront être effectuées pour mieux comprendre les causes biologiques et les mécanismes qui prédisposent certains nourrissons aux décès subits, alors que d'autres, dans les conditions comparables, ne sont pas touchés.

Les études épidémiologiques à grande échelle menées au cours des deux dernières décennies ont accru notre compréhension du SMSN et ont permis d'identifier certains facteurs de risque qui peuvent être modifiés. Les facteurs de risque modifiables les plus importants sont la position ventrale du nourrisson pendant le sommeil et le tabagisme maternel pendant la grossesse.Footnote 7-16

En 1993, le gouvernement du Canada, de concert avec d'autres organisations internationales, recommandait que les nourrissons soient placés sur le dos pour dormir et en 1999 il renforçait ce message en lançant la campagne Dodo sur le dos. Le taux du SMSN diminue depuis la fin des années 1980, mais l'on a constaté une diminution de 50 % de ce taux au Canada entre 1999 et 2004.Footnote 3 Cette diminution peut être attribuable, en partie, à des changements dans le comportement des parents tels que placer les nourrissons sur le dos pour dormir et réduire le tabagisme maternel pendant la grossesse.Footnote 17

Il peut être difficile de distinguer le SMSN d'autres causes de décès des nourrissons survenant pendant le sommeil. Alors qu'ils étudiaient le SMSN, les chercheurs ont identifié des facteurs de risque additionnels dans l'environnement de sommeil du nourrisson qui peuvent contribuer non seulement au SMSN, mais aussi aux décès par suffocation non intentionnelle (enfant coincé ou recouvert).Footnote 18,Footnote 19 Les facteurs associés à un environnement de sommeil non sécuritaire pour un nourrisson incluent le partage d'une surface de sommeil avec un adulte ou un autre enfant Footnote 7,Footnote 15,Footnote 20et la présence d'accessoires de literie moelleux.Footnote 15,Footnote 21-26

Principes de sommeil sécuritaire et facteurs de risque modifiables

Les nourrissons qui dorment toujours sur le dos ont un risque réduit du SMSN.

Les positions de sommeil ventrale et latérale sont associées à des taux accrus du SMSN, et ce, même chez les nourrissons qui régurgitent.Footnote 7,Footnote 9,Footnote 15,Footnote 20,Footnote 27-29Les nourrissons qui dorment sur le ventre alors qu'ils sont habituellement placés sur le dos pour dormir courent un risque particulièrement élevé.Footnote 27 Ce risque confirme l'importance de toujours placer les nourrissons sur le dos pour dormir que ce soit à la maison, à la garderie ou en voyage. Les dispositifs de positionnement (couvertures roulées ou dispositifs vendus dans le commerce) ne doivent pas être utilisés parce qu'ils présentent un risque de suffocation.Footnote 30Lorsque les nourrissons peuvent se tourner d'eux-mêmes sur le ventre ou sur le côté, il n'est pas nécessaire de les remettre sur le dos.

Il est bon de placer les nourrissons éveillés sur le ventre, sous supervision, plusieurs fois par jour, pour contrer tout effet que dormir sur le dos pourrait avoir sur le développement des muscles et pour également réduire le risque de plagiocéphalie, couramment appelée tête plate.Footnote 31,Footnote 32

Prévenir l'exposition au tabagisme avant et après la naissance réduit le risque du SMSN.

Le tabagisme maternel pendant la grossesse est un facteur de risque important du SMSN.Footnote 5,Footnote 7,Footnote 12,Footnote 20,Footnote 33Plus une femme fume pendant la grossesse, plus le risque du SMSN est élevé.Footnote 7,Footnote 34,Footnote 35 Les femmes qui réduisent le nombre de cigarettes qu'elles fument pendant la grossesse peuvent réduire le risque de mort subite de leur nourrisson et celles qui cessent complètement peuvent le réduite encore plus.Footnote 7,Footnote 8,Footnote 14 On estime que le tiers de tous ces décès pourraient être prévenus si on éliminait le tabagisme maternel.Footnote 36Footnote ,37

Les nourrissons qui sont exposés à la fumée secondaire après la naissance courent aussi un risque plus élevé d'être victimes du SMSN et le risque augmente avec le niveau d'exposition.Footnote 8Footnote 12

Pour un nourrisson, l'endroit le plus sécuritaire pour dormir est un lit d'enfant, un berceau ou un moïse qui sont conformes aux normes canadiennes actuelles.

Lorsque les nourrissons dorment sur des surfaces qui ne sont pas conçues pour eux, tels que des lits d'adulte, des canapés ou des fauteuils rembourrés, ils sont plus susceptibles d'être coincés et de suffoquer, en particulier lorsqu'ils partagent cette surface avec un adulte ou un autre enfant.Footnote 15,Footnote 20,Footnote 26,Footnote 38,Footnote 39 Aucun article autre qu'un matelas ferme et un drap-housse n'est requis dans un lit d'enfant, un berceau ou un moïse. Les articles de literie mous et moelleux tels que les oreillers, les duvets, les douillettes, et les édredons ainsi que les bordures de protection accroissent le risque de suffocation.Footnote 15,Footnote 21-26

Le fait d'avoir trop chaud est un facteur de risque pour le SMSN.Footnote 40Les nourrissons sont plus en sécurité lorsqu'ils portent des vêtements de nuit ajustés d'une seule pièce qui sont confortables à la température de la pièce et dans lesquels ils n'auront pas trop chaud. Les nourrissons n'ont pas besoin de couverture supplémentaire étant donné qu'ils peuvent, avec leur mouvements, se recouvrir totalement la tête ce qui peut provoquer un excès de chaleur.Footnote 41 Si une couverture est nécessaire, les nourrissons sont plus en sécurité avec une couverture mince, légère et perméable à l'air.

Les poussettes, balançoires d'enfant, sièges sauteurs et sièges d'auto ne sont pas conçus pour y laisser dormir un nourrisson. Lorsqu'il dort en position assise, la tête d'un nourrisson peut tomber vers l'avant et obstruer ses voies respiratoires.Footnote 42Ce risque confirme l'importance de placer le nourrisson dans un lit d'enfant, un berceau ou un moïse pour dormir ou si en déplacement, aussitôt arrivé à destination.

Les nourrissons qui partagent une chambre avec un parent ou un gardien risquent moins d'être victimes du SMSN.

Le partage de la chambre est une pratique de sommeil où le lit d'enfant, le berceau ou le moïse d'un nourrisson est placé dans la même chambre et près du lit du parent ou gardien. Les nourrissons qui partagent une chambre risquent moins d'être victimes du SMSN et bénéficieront du partage de la chambre pendant les 6 premiers mois, la période où le risque du SMSN est le plus élevé.Footnote 12,Footnote 38,Footnote 43Le partage de la chambre facilite l'allaitement maternel et le contact fréquent du nourrisson pendant la nuit.

Le partage du lit est une pratique de sommeil où un nourrisson partage, avec une adulte ou un autre enfant, une surface de sommeil telle qu'un lit d'adulte, un canapé ou un fauteuil rembourré. Le fait de partager une surface de sommeil accroît le risque du SMSN particulièrement chez les nourrissons de moins de 4 mois.Footnote 12,Footnote 20,Footnote 38,Footnote 44,Footnote 45 Le fait de partager une surface de sommeil avec un nourrisson accroît également le risque qu'il devienne coincé, recouvert, qu'il ait trop chaud, ou qu'il suffoque.Footnote 44 Le risque du SMSN ou d'autres causes de décès non intentionnel survenant pendant le sommeil est encore plus élevé si le nourrisson partage une surface de sommeil avec un parent ou un gardien qui fume, qui a consommé de l'alcool, qui a pris des drogues ou des médicaments sédatifs ou qui est très fatigué.Footnote 12,Footnote 20,Footnote 43,Footnote 46

L'expression sommeil partagé (en anglais co-sleeping) désigne une gamme de pratiques de sommeil qui incluent le partage du lit et le partage de la chambre. Les définitions de cette expression ne sont pas suffisamment uniformes pour être universellement acceptées.

L'allaitement maternel offre une protection contre le SMSN.

Toute période d'allaitement maternel, peu importe sa durée, offre une protection contre le SMSN et l'allaitement maternel exclusif offres une meilleur protection.Footnote 47,Footnote 48On estime que l'allaitement maternel exclusif pendant les 6 premiers mois, au cours de la période où le risque est le plus élevé, peut réduire le risque du SMSN jusqu'à 50 %.47 Il n'est pas nécessaire de partager une surface de sommeil avec le nourrisson pour réussir un allaitement maternel réussi.Footnote 12,Footnote 20 Toutefois, le risque du SMSN n'augmente pas lorsque les femmes emmènent leur nourrisson dans le lit pour allaiter lorsque ce dernier retourne dans un lit d'enfant, un berceau ou un moïse pour y dormir après l'allaitement.Footnote 20,Footnote 46

Les sucettes semblent offrir une protection contre le SMSN.Footnote 24,Footnote 49,Footnote 50-52 Il n'y a pas de preuves solides que l'utilisation d'une sucette entrave l'allaitement maternel; toutefois il est préférable d'introduire la sucette après que l'allaitement soit bien établi.Footnote 53Les nourrissons qui l'acceptent devraient toujours avoir une sucette pour dormir; toutefois il n'est pas nécessaire de replacer la sucette si elle est expulsée pendant le sommeil.

L'Agence de la santé publique du Canada a produit l'Énoncé conjoint sur le sommeil sécuritaire : Prévenir les décès subits des nourrissons au Canada pour les professionnels de la santé afin qu'ils puissent à leur tour offrir aux parents et gardiens des informations et du soutien pour prévenir les décès dus au SMSN et les pratiques de sommeil non sécuritaire. Les parents et les gardiens sont encouragés à mettre en pratique les principes de sommeil sécuritaire à la maison, en milieu de garde et lorsqu'ils voyagent.

Références

Pour en savoir plus sur le syndrome de mort subite du nourrisson et le sommeil sécuritaire veuillez nous contacter.

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