Cinquième épisode : Bruno et Alice: Une histoire d'amour en douze épisodes sur les aînés et la sécurité – Tout feu tout flamme

Soyons francs : quel que soit notre âge, les fréquentations amoureuses exigent du courage. Même si vous avez 70 ou 80 ans et que vous n'avez plus à craindre que l'acné vienne redessiner votre visage le jour du rendez-vous, de nombreux autres éléments peuvent gâcher une belle soirée romantique.

Un soir de septembre dernier, Alice, la femme dont j'étais en train de tomber amoureux, m'a invité à souper chez elle. Nous n'en étions qu'à notre troisième rendez-vous mais j'avais bon espoir que la soirée soit placée sous le signe de Cupidon ou de Vénus, si vous voyez ce que je veux dire.

Ce soir-là, Alice portait une grande robe en coton, genre caftan, avec de belles manches larges. Elle était superbe! Je lui ai remis le petit cadeau que j'avais apporté pour elle. Voyez-vous, dans mes temps libres, je sculpte le bronze et l'argile. J'avais choisi pour Alice une tête de femme, très typée, qui a semblé lui plaire énormément. Elle m'a invité à la suivre jusqu'à la cuisine d'où s'échappaient les arômes alléchants du souper. Alice a placé ma sculpture sur l'étagère juste derrière la cuisinière, poussant les fleurs qui s'y trouvaient déjà. « Voilà, m'a-t-elle dit, je pourrai l'admirer chaque fois que je ferai la cuisine! »

Elle s'est ensuite penchée pour ajuster à nouveau la sculpture et est demeurée quelques instants au-dessus de la cuisinière. Une des manches de sa robe a touché un élément et nous avons rapidement découvert qu'on ne pouvait vraiment pas qualifier le coton de tissu ignifuge. Sa manche s'est enflammée d'un coup.

Sans y penser, j'ai immédiatement poussé Alice vers l'évier, et l'ai copieusement aspergée à l'aide de l'arroseur. En fait, je l'ai presque noyée. Mais au lieu de m'être éternellement reconnaissante, comme je l'aurais été à sa place (si, comme elle, j'avais eu l'imprudence de porter un vêtement ample alors que je me servais de la cuisinière), elle était furieuse!

Depuis ce soir-là, j'ai appris que lorsque les vêtements prennent feu il faut se jeter et se rouler par terre. J'en ai fait part à Alice mais elle accueille mes conseils plutôt drôlement. À plusieurs reprises, elle m'a demandé si j'avais donné mon nom comme pompier volontaire et, parfois, quand elle est vraiment d'humeur sarcastique, elle m'appelle « Flamèche ». Elle est folle de moi, c'est évident!


Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :