Quatrième épisode : Bruno et Alice: Une histoire d'amour en douze épisodes sur les aînés et la sécurité – Le château de Dracula

Entre Alice et moi, les choses n'allaient pas tellement rondement. Je l'avais rencontrée l'été dernier et j'étais fou d'elle, mais à chaque fois qu'on faisait des plans pour se voir, quelque chose tournait mal. On aurait dit que le mauvais sort s'acharnait sur nous.

Notre premier rendez-vous, qui avait eu lieu chez elle la semaine précédente, n'avait pas été particulièrement romantique. Malgré tous mes efforts, nous avions passé la soirée à discuter de barres d'appui et de prothèses de la hanche. Cet après-midi-là, elle avait fait une mauvaise chute et, même si je m'étais juré de ne jamais discuter de problèmes de santé en vieillissant, nous n'avons parlé que de ça, en passant du danger des surfaces glissantes aux opérations de la prostate!

Mais ce soir, les choses allaient se passer différemment. J'avais invité Alice à venir souper chez moi et la soirée allait être inoubliable, foi de Bruno. Quand elle est arrivée, du jazz langoureux s'envolait du tourne-disque (oui, oui, tourne-disque), les lumières étaient tamisées et des chandelles étaient allumées. Je trouvais ma mise en scène très réussie. Alice, elle, a jeté un coup d'oeil à l'endroit et s'est esclaffée : « Je suis bien chez le comte Dracula? » Sa remarque m'a quelque peu blessé, je l'avoue. J'aime l'éclairage aux chandelles, mais je ne suis pas un vampire, tout de même! Je n'avais pas encore découvert qu'Alice dit sans malice tout ce qui lui passe par la tête. Personnellement, je trouve qu'un éclairage tamisé apporte une touche de romantisme. Et puis, de toute façon, j'ai l'habitude de garder la plupart des lumières éteintes; je trouve ça plus économique.

J'ai emmené Alice au salon et lui ai offert à boire. Elle a choisi de prendre du vin, alors je me suis levé du sofa et me suis dirigé vers la cuisine où, dans la pénombre, je me suis aussitôt frappé la tête sur le coin d'une armoire.

J'ai dû crier (et sûrement lancer quelques jurons!) parce qu'Alice s'est retrouvée à mes côtés dans le temps de le dire. Elle a allumé les lumières, m'a aidé à me relever et m'a guidé doucement vers un endroit plus confortable que le plancher de la cuisine.

Heureusement, la soirée n'a pas été un désastre total : Alice s'est assise tout près de moi sur le divan et, tout en soignant la « prune » qui me poussait sur le front, m'a servi un petit sermon sur l'importance d'allumer les lumières avant d'entrer dans une pièce. J'étais bien content de voir que nous commencions à nous rapprocher, mais j'ignorais à quel point les choses allaient s'enflammer lors de notre prochaine rencontre!


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