Aperçu – Utilisation de produits de vapotage contenant de la nicotine lors d’une tentative d’abandon du tabagisme par des adultes canadiens fumeurs ou ayant récemment cessé de fumer : résultats concernant le Canada tirés de l’Enquête sur le tabagisme et le vapotage dans quatre pays menée en 2022 par le Projet international d’évaluation de la lutte antitabac

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Publié par : L'Agence de la santé publique du Canada
Date de publication : janvier 2025
ISSN: 2368-7398
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Shannon Gravely, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 1; David Sweanor, J.D.Note de rattachement des auteurs 2Note de rattachement des auteurs 3; Pete Driezen, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 1Note de rattachement des auteurs 4; David T. Levy, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 5; Geoffrey T. Fong, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 1Note de rattachement des auteurs 4Note de rattachement des auteurs 6; Anne C. K. Quah, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 1; Lorraine V. Craig, M. Sc.Note de rattachement des auteurs 1; Janet Chung-Hall, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 1; Susan C. Kaai, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 1; K. Michael Cummings, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 7
https://doi.org/10.24095/hpcdp.45.1.04f
Cet article a fait l’objet d’une évaluation par les pairs.
Attribution suggérée
Aperçu par Gravely S et al. dans la Revue PSPMC mis à disposition selon les termes de la licence internationale Creative Commons Attribution 4.0
Rattachement des auteurs
Correspondance
Shannon Gravely, professeure et adjointe de recherche, Projet international d’évaluation de la lutte antitabac (Projet ITC), Département de psychologie, Université de Waterloo, 200 University Ave W, Waterloo (Ontario) N2L 3G1; tél. : 519-888-4567 poste : 47970; courriel : shannon.gravely@uwaterloo.ca
Citation proposée
Gravely S, Sweanor D, Driezen P, Levy DT, Fong GT, Quah AC, Craig LV, Chung-Hall J, Kaai SC, Cummings KM. Utilisation de produits de vapotage contenant de la nicotine lors d’une tentative d’abandon du tabagisme par des adultes canadiens fumeurs ou ayant récemment cessé de fumer : résultats concernant le Canada tirés de l’Enquête sur le tabagisme et le vapotage dans quatre pays menée en 2022 par le Projet international d’évaluation de la lutte antitabac. Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada. 2025;45(1):60-67. https://doi.org/10.24095/hpcdp.45.1.04f
Résumé
Nous avons mené une analyse portant sur 1 771 adultes canadiens qui fument ou fumaient des cigarettes en nous fondant sur les données de l’Enquête sur le tabagisme et le vapotage dans quatre pays menée en 2022 par le Projet international d’évaluation de la lutte antitabac. En utilisant des données pondérées, nous avons estimé la prévalence des tentatives d’abandon du tabagisme chez les adultes canadiens entre 2020 et 2022 et nous avons évalué leur utilisation d’un produit de vapotage contenant de la nicotine (PVN), de même que les arômes et les dispositifs le plus souvent utilisés lors de leur tentative d’abandon la plus récente. Dans l’ensemble, 36,5 % des participants ont tenté de cesser de fumer et 19,4 % de ces derniers ont utilisé un PVN. Ceux qui étaient plus jeunes et qui avaient effectivement cessé de fumer étaient plus susceptibles d’avoir utilisé un PVN. Les cartouches ou capsules (« pods ») préremplies (36,3 %) et les arômes de fruits (39,5 %) étaient les choix les plus populaires.
Mots-clés : vapotage de nicotine, tabagisme, tentative d’abandon du tabagisme, arômes de vapotage, dispositifs de vapotage, politiques
Points saillants
- Santé Canada a proposé en 2021 d’imposer des restrictions fédérales sur tous les arômes de produits de vapotage contenant de la nicotine (PVN), à l’exception des arômes de tabac, de menthol et de menthe, alors que certaines provinces ont déjà interdit certains arômes.
- Un adulte canadien sur cinq ayant tenté de cesser de fumer a utilisé un PVN lors de sa tentative la plus récente, les choix les plus populaires étant les arômes de fruits et les cartouches ou capsules (« pods ») préremplies.
- Parmi les adultes canadiens qui ont tenté de cesser de fumer, 68 % ont utilisé des arômes qui seraient interdits d’après les restrictions d’arômes proposées par Santé Canada.
- Il n’y a pas eu de différences en ce qui concerne les arômes ou les dispositifs les plus utilisés entre les personnes ayant déclaré avoir cessé de fumer et celles n’ayant pas cessé de fumer.
Introduction
Le tabagisme est à l’origine d’environ 48 000 décès au Canada chaque annéeNote de bas de page 1, et 3,8 millions de Canadiens ont fumé des cigarettes en 2022Note de bas de page 2. Selon les lignes directrices canadiennes en matière de pratique clinique, la méthode la plus efficace pour cesser de fumer consiste à associer la pharmacothérapie à un soutien comportemental offert en personne par un professionnel de la santéNote de bas de page 3. Cependant, peu de personnes ont recours à des médicaments sur ordonnance et à des services de soutienNote de bas de page 4Note de bas de page 5. Bien que les produits de vapotage contenant de la nicotine (PVN, également appelés cigarettes électroniques) ne soient pas approuvés comme aide à l’arrêt du tabagisme au Canada, ils se sont avérés efficaces pour aider les gens à cesser de fumerNote de bas de page 6, en particulier lorsque le vapotage est plus fréquent (p. ex. quotidien)Note de bas de page 7Note de bas de page 8Note de bas de page 9. Selon le gouvernement canadien, le fait de passer entièrement au vapotage signifie que l’on cesse complètement de fumer des cigarettes, ce qui réduit les risques d’effets néfastes sur la santéNote de bas de page 10.
L’augmentation du vapotage chez les jeunes et chez les jeunes adultes non fumeurs au CanadaNote de bas de page 11 est un problème de santé publique importantNote de bas de page 12Note de bas de page 13Note de bas de page 14Note de bas de page 15Note de bas de page 16. La variété des arômes et l’offre de dispositifs nouveaux innovants et peu coûteux sont susceptibles d’attirer les jeunes et les jeunes adultes férus de technologie. Par conséquent, certaines provinces ont adopté ou envisagent d’adopter des mesures réglementaires pour réduire l’utilisation des PVN par les mineursNote de bas de page 15Note de bas de page 16. En juin 2021, Santé Canada a publié un projet de règlement dans l’intention de protéger les jeunes contre les incitations à utiliser des produits de vapotage. Le projet vise notamment à réduire le vapotage chez les jeunes 1) en restreignant la promotion des arômes des produits de vapotage aux arômes de tabac, de menthe ou de menthol ou à une combinaison de menthe et de menthol; 2) en interdisant tous les sucres et édulcorants ainsi que la plupart des ingrédients aromatisants, à l’exception d’un nombre limité d’ingrédients pour conférer un arôme de tabac ou de menthe/menthol et 3) en prescrivant des normes applicables aux propriétés sensorielles afin de prévenir toute perception sensorielle autre que celles qui sont typiques du tabac ou de la menthe/du mentholNote de bas de page 17.
On sait peu de choses sur les adultes canadiens qui ont utilisé des PVN lors de leur plus récente tentative pour cesser de fumer, si ce n’est qu’ils semblent préférer les arômes fruités et sucrésNote de bas de page 18Note de bas de page 19Note de bas de page 20Note de bas de page 21. Des études suggèrent également que les adultes qui vapotent sont moins susceptibles que les jeunes d’utiliser des dispositifs jetablesNote de bas de page 22Note de bas de page 23Note de bas de page 24.
En utilisant les données d’une enquête nationale représentative des adultes canadiens qui fument des cigarettes ou ont cessé de fumer, nous avons estimé 1) la prévalence des tentatives d’abandon du tabagisme chez les adultes entre 2020 et 2022, 2) l’utilisation de PVN par ceux qui ont tenté de cesser de fumer et 3) les arômes et les dispositifs les plus utilisés pendant ces tentatives.
Méthodologie
Dans notre étude, nous avons utilisé les données de la quatrième vague (août-décembre 2022) du volet canadien de l’Enquête sur le tabagisme et le vapotage dans quatre pays (4CV) menée par le Projet international d’évaluation de la lutte antitabac (Projet ITC), et nous avons inclus les adultes canadiens (18 ans et plus) qui avaient déclaré fumer des cigarettes tous les jours (n = 1 217), toutes les semaines (n = 262) ou tous les mois, mais qui avaient déjà fumé tous les jours (n = 65) ou avaient cessé de fumer au cours des deux dernières années (après avoir fumé tous les jours ou avoir fumé au moins une fois par semaine au cours des 24 derniers mois; n = 227).
Les répondants ont été recrutés à partir du panel probabiliste en ligne de Léger Opinion (Montréal, Québec) pour les 10 provinces. Tous les répondants admissibles ont donné leur consentement.
Approbation du comité d’éthique
Les protocoles d’enquête et l’ensemble du matériel, dont les questionnaires d’enquête, ont été approuvés par le comité d’éthique de la recherche de l’Université de Waterloo (REB#20803/30570). Les détails concernant l’enquête 4CV menée par le Projet ITC en 2022 sont présentés dans le document ITC Four Country Smoking and Vaping Survey, Wave 4 (4CV4, 2022) Technical ReportNote de bas de page 25.
Mesures
Le questionnaire utilisé pour le volet canadien de l’enquête 4CV menée par le Projet ITC en 2022 est disponible sur le site Web du Projet ITC.
La question suivante a été posée aux personnes interrogées : « Au cours des 24 derniers mois, avez-vous essayé de cesser de fumer? » Si elles répondaient « Oui », on leur demandait alors de sélectionner « toutes les réponses qui s’appliquent » à la question « Parmi les formes d’aide suivantes, lesquelles avez-vous utilisées dans le cadre de votre dernière tentative de cessation? » Les choix de réponse pris en considération pour cette étude ont été les suivants : un produit de vapotage (cigarette électronique), une thérapie de remplacement de la nicotine (TRN), des médicaments sur ordonnance (combinés : varénicline ou bupropion) et des services de soutien (combinés : service d’aide téléphonique ou ligne d’assistance aux fumeurs; applications ou services automatisés sur un téléphone mobile ou une tablette; clinique, counseling individuel ou de groupe; cours sur la cessation du tabagisme ou thérapie comportementale) ou arrêt autonome sans médicaments, nicotine (comme les cigarettes électroniques, les produits de tabac chauffé ou de tabac sans fumée, les sachets de nicotine), services de soutien ou autres méthodes d’assistance (c.-à-d. sans aucune aide). Les répondants pouvaient choisir plus d’une forme d’aide si c’était le cas. Si les répondants déclaraient avoir utilisé un produit de vapotage (cigarette électronique) au moment de leur tentative d’abandon la plus récente, ils se faisaient poser les questions suivantes : 1) « Quel type de vapoteuse avez-vous utilisé lors de votre dernière tentative de cessation? »; et 2) « Quelle catégorie d’arômes de e-liquide avez-vous le plus utilisée durant votre dernière tentative de cessation? »
Analyses statistiques
Des statistiques descriptives pondérées ont été utilisées pour estimer la proportion d’adultes canadiens ayant tenté de cesser de fumer entre 2020 et 2022. Des pondérations transversales ont été calculées pour rendre l’échantillon aussi représentatif que possible de la population canadienne d’âge adulte qui vapote, fume ou a déjà fumé en fonction du sexe, du groupe d’âge, du niveau de scolarité et de la zone géographique. L’Enquête canadienne sur le tabac et la nicotine de 2022 a servi de référence pour l’élaboration de la pondération.
Nous avons déterminé les caractéristiques des groupes de population qui étaient davantage susceptibles d’utiliser un PVN lors de leur tentative d’abandon du tabagisme la plus récente. Nous avons utilisé des régressions multinomiales pour évaluer l’arôme et le dispositif le plus souvent choisis par les personnes qui avaient utilisé un PVN au moment de leur tentative d’abandon du tabagisme, en tenant compte de l’âge, du sexe et de leur catégorie de tabagisme. Ensuite, nous avons utilisé un modèle de régression logistique pour déterminer s’il y avait des différences selon la catégorie de tabagisme dans l’utilisation des arômes qui seraient interdits par rapport à ceux qui seraient permis d’après les restrictions d’arômes proposées par Santé Canada. Le modèle a été ajusté pour le sexe et l’âge.
Énoncé sur la disponibilité des données
Dans chaque pays participant au Projet ITC, les données sont détenues conjointement par le chercheur principal ou les chercheurs principaux du pays et par le Projet ITC, à l’Université de Waterloo. Les données du Projet ITC sont mises à la disposition des chercheurs autorisés deux ans après la publication des ensembles de données épurées par le centre de gestion des données du Projet ITC. Les chercheurs souhaitant utiliser ces données doivent demander l’autorisation des responsables du dépôt de données du Projet ITC et signer une entente relative à l’utilisation de ces données. Les critères à respecter pour obtenir l’autorisation d’utiliser des données et le libellé de l’entente relative à l’utilisation des données sont consultables en ligne.
Résultats
Parmi les 1 771 adultes admissibles aux analyses ultérieures, 36,5 % (après pondération; n = 739) ont déclaré avoir tenté de cesser de fumer au moins une fois au cours des deux dernières années et 37,4 % n’ont eu recours à aucune aide, 31,2 % ont utilisé une TRN, 19,4 % ont utilisé un PVN, 12,2 % ont utilisé un médicament sur ordonnance (varénicline ou bupropion) et 8,8 % ont eu recours à des services de soutien.
Ceux qui ont utilisé un PVN lors de leur tentative d’abandon la plus récente étaient plus susceptibles d’être jeunes (de 18 à 39 ans; p < 0,001), d’avoir effectivement cessé de fumer (31,5 %; p < 0,001) et d’avoir utilisé des services de soutien (34,9 %; p = 0,03) (voir le tableau 1). Parmi les répondants ayant utilisé un PVN (n = 169), 45,5 % ont également utilisé une TRN (n = 61), 13,5 % ont utilisé un médicament sur ordonnance (n = 22) et 20,7 % ont utilisé des services de soutien (n = 21).
| CaractéristiquesFootnote b | Utilisation d’un PVN lors de la tentative d’abandon du tabagisme la plus récente (n = 169), %Footnote c | Valeur pFootnote d | RC (IC à 95 %) |
|---|---|---|---|
| Sexe à la naissance | |||
| Féminin | 20,5 | 0,64 | 0,13 (0,68 à 1,90) |
| Masculin | 18,6 | 0,64 | Référence |
| Groupe d’âge (ans) | |||
| 18 à 24 | 28,2 | < 0,001 | 4,47 (2,05 à 9,77) |
| 25 à 39 | 31,6 | < 0,001 | 5,26 (2,54 à 10,91) |
| 40 à 54 | 12,2 | < 0,001 | 1,59 (0,79 à 3,21) |
| 55 et plus | 8,1 | < 0,001 | Référence |
| Plus haut niveau de scolarité atteint | |||
| École secondaire ou moins | 24,0 | 0,35 | 1,67 (0,86 à 3,24) |
| École de métiers, collège ou études universitaires partielles | 16,4 | 0,35 | 1,04 (0,55 à 1,95) |
| Diplôme universitaire ou plus | 15,9 | 0,35 | Référence |
| Revenu annuel du ménage, en $ CA | |||
| Moins de 30 000 | 13,4 | 0,10 | 0,55 (0,26 à 1,14) |
| 30 000 à 59 999 | 22,6 | 0,10 | 1,04 (0,57 à 1,89) |
| 60 000 et plus | 9,8 | 0,10 | Référence |
| Tabagisme | |||
| Toutes les catégories de tabagismeFootnote e | 12,7 | < 0,001 | Référence |
| Fume tous les jours | 11,9 | — | — |
| Fume toutes les semaines | 15,8 | — | — |
| Fume tous les mois | 17,1 | — | — |
| A cessé de fumer | 31,5 | < 0,001 | 3,16 (1,89 à 5,26) |
| Recours à une TRN | |||
| Oui | 21,5 | 0,50 | 1,21 (0,70 à 2,10) |
| Non | 18,5 | 0,50 | Référence |
| Recours à un médicament sur ordonnanceFootnote f | |||
| Oui | 16,3 | 0,51 | 0,79 (0,39 à 1,59) |
| Non | 19,9 | 0,51 | Référence |
| Recours à des services de soutienFootnote g | |||
| Oui | 34,9 | 0,03 | 2,45 (1,11 à 5,40) |
| Non | 17,9 | 0,03 | Référence |
Les types de dispositifs les plus utilisés étaient les cartouches préremplies ou les capsules (« pods ») (36,3 %), et les arômes les plus utilisés étaient les arômes de fruits (39,5 %) (voir le tableau 2). Il n’y a pas de différence statistiquement significative sur le plan du dispositif (p = 0,74) ou de l’arôme (p = 0,36) utilisé entre les personnes qui fumaient et celles qui avaient cessé de fumer. L’analyse de régression a révélé qu’une majorité d’adultes (tant ceux dont la tentative d’abandon du tabagisme avait échoué que ceux dont la tentative avait réussi) a utilisé des arômes qui seraient interdits (67,6 %) d’après les restrictions d’arômes proposées par Santé Canada.
| Variables dépendantes | Fumeurs (n = 119), en % (ET)Note de bas de page a | Personnes ayant cessé de fumer (n = 50), en % (ET)Note de bas de page a | Valeur pNote de bas de page b | Globalement (n = 169), % (ET) |
|---|---|---|---|---|
| Type de dispositif (le plus) utilisé | ||||
| Avec réservoir (remplissable) (n = 40) | 27,3 (7,8) | 25,5 (8,3) | 0,74 | 26,3 (5,6) |
| Avec capsule/cartouche préremplie (n = 64) | 38,4 (7,6) | 34,8 (8,4) | 0,74 | 36,3 (5,7) |
| Avec capsule/cartouche remplissable (n = 37) | 17,3 (5,3) | 27,3 (8,3) | 0,74 | 23,1 (5,3) |
| Jetable (référence) (n = 26) | 16,3 (5,6) | 10,4 (5,6) | 0,74 | 12,9 (3,8) |
| Ne sait pas (n = 2) | 0,6 (0,6) | 2,1 (2,1) | 0,74 | 1,4 (1,2) |
| Arôme le plus utiliséNote de bas de page c | ||||
| Arôme de tabac seulement (n = 23) | 20,5 (7,9) | 13,9 (8,0) | 0,36 | 16,6 (5,5) |
| Mélange d’arômes de tabac et de menthol (n = 16) | 9,5 (4,0) | 2,8 (2,4) | 0,36 | 5,6 (2,1) |
| Menthol seulement (n = 8) | 2,7 (1,7) | 6,8 (4,8) | 0,36 | 5,1 (2,7) |
| Menthe seulement (n = 8) | 4,3 (2,1) | 1,5 (1,6) | 0,36 | 2,7 (1,2) |
| Mélange de menthe et d’un autre arôme (ex. : menthe bleuet)Note de bas de page d (n = 10) | 4,4 (2,2) | 5,1 (3,8) | 0,36 | 4,8 (2,3) |
| Mélange d’un arôme glacé avec un autre arôme (ex. : melon glacé)Note de bas de page d (n = 19) | 8,9 (3,2) | 10,1 (4,6) | 0,36 | 9,6 (2,8) |
| Fruits uniquement (ex. : mangue, fraise, bleuet)Note de bas de page d (n = 65) | 41,9 (8,3) | 37,8 (8,5) | 0,36 | 39,5 (5,7) |
| Bonbons, desserts, sucreries, chocolatNote de bas de page d (n = 15) | 7,6 (3,6) | 18,1 (7,3) | 0,36 | 13,7 (4,4) |
| Liquide à vapoter non aromatisé (référence) (n = 3) | 0,3 (0,3) | 3,8 (2,9) | 0,36 | 2,3 (1,6) |
Les personnes qui ont cessé de fumer sont plus nombreuses à avoir utilisé des arômes qui seraient interdits (70,9 %) que celles qui fumaient en 2022 (66,3 %), mais la différence n’est pas statistiquement significative (p = 0,70) (voir le tableau 3).
| Tabagisme | Utilisation d’un arôme interdit, en % (ET)Note de bas de page b |
Rapport de cotes | IC à 95 % |
|---|---|---|---|
| Fumeur en 2022 | 66,3 (7,1) | Référence | Référence |
| A cessé de fumer entre 2020 et 2022 | 70,9 (10,2) | 1,24 | 0,42 à 3,70 |
Analyse
Nous avons constaté qu’environ deux adultes canadiens sur cinq qui fumaient des cigarettes ont tenté de cesser de fumer entre 2020 et 2022. Près de 40 % des personnes qui ont tenté de cesser de fumer n’ont eu recours à aucune forme d’aide. Chez les personnes qui ont tenté de cesser de fumer avec de l’aide, les formes d’aide les plus courantes étaient les TRN, suivies des PVN. Près de la moitié des adultes qui ont utilisé un PVN ont également utilisé une TRN lors de leur tentative d’abandon du tabagisme la plus récente. Les personnes les plus susceptibles d’utiliser un PVN étaient plus jeunes et déclaraient avoir cessé de fumer. Aucune différence statistiquement significative n’a été observée sur le plan des dispositifs ou des arômes utilisés entre les adultes qui ont échoué et ceux qui ont réussi à cesser de fumer en utilisant un PVN. Cependant, la majorité des adultes a utilisé des arômes qui seraient interdits d’après les restrictions proposées par Santé Canada. Il semble donc que les politiques rendant les PVN moins attrayants et moins satisfaisants en tant que substituts de la cigarette pourraient avoir des conséquences involontaires sur les adultes qui fument et qui envisagent de se tourner vers le vapotage, en les décourageant de commencer ou de continuer à utiliser un PVN.
En raison des dangers de la cigarette, les fournisseurs de soins de santé devraient encourager les fumeurs à utiliser toutes les méthodes possibles pour cesser de fumer. Chez les personnes qui tentent de cesser de fumer sans aide, le taux d’échec pour une tentative donnée est généralement supérieur à 90 %Note de bas de page 5. Fait à noter, bien que les PVN puissent constituer un moyen efficace d’abandonner la cigaretteNote de bas de page 6Note de bas de page 7Note de bas de page 8Note de bas de page 9Note de bas de page 26, même chez les personnes qui n’ont pas l’intention de cesser de fumer au départNote de bas de page 27, les préférences en matière de PVN varientNote de bas de page 4. Par exemple, certains adultes (en particulier les plus âgés) peuvent ne pas envisager d’utiliser un PVN comme aide pour cesser de fumer et opter plutôt pour d’autres formes d’aide. L’utilisation d’un traitement pharmacologique peut augmenter considérablement les chances de succès chez les adultes qui sont dépendants du tabacNote de bas de page 5. Le remplacement complet des cigarettes par des PVN pourrait également favoriser l’abstinence, mais davantage d’études doivent être menées sur le sujet.
D’après les données probantes, les arômes de liquides à vapoter joueraient un rôle important dans l’utilisation des cigarettes électroniques, notamment sur le plan de l’initiation, du maintien, de l’acceptabilité, de l’attrait et de la satisfactionNote de bas de page 19Note de bas de page 28Note de bas de page 29Note de bas de page 30. La « saveur » des arômes est une expérience sensorielle subjective qui varie d’une personne à l’autre en raison de seuils de sensibilité différentsNote de bas de page 31. Alors que certaines personnes préfèrent les arômes âpres, amers ou acidulés, d’autres préfèrent les arômes sucrés, salés ou frais. Notre objectif n’était pas d’étudier l’issue des tentatives d’abandon du tabagisme en fonction des arômes utilisés, mais plutôt de décrire les préférences en matière d’arômes observées chez les adultes canadiens ayant tenté de cesser de fumer. Notre étude a révélé que les adultes cherchant expressément à cesser de fumer manifestaient une forte préférence pour des produits aromatisés qui feraient l’objet de restrictions d’après la politique proposée par Santé Canada. Une proportion plus faible mais non négligeable d’adultes utilisait plus souvent un arôme de tabac, cette préférence étant plus fréquente chez les sujets moins jeunes.
Lors de l’élaboration des politiques, la question de rendre des produits à faible risque moins attrayants devrait être étudiée de façon rigoureuse, car cela pourrait réduire, chez les adultes canadiens qui souhaitent cesser de fumer, l’intérêt envers les PVN et l’utilisation de ces produits. Compte tenu de l’importance vraisemblable des PVN aromatisés pour les adultes, et pour empêcher l’utilisation de ces produits par les jeunes, il faudrait explorer d’autres solutions qu’une interdiction complète des arômes. Par exemple, on pourrait exiger que les PVN soient vendus par des détaillants adultes agréés, que les emballages soient neutres, que la publicité et la promotion soient strictement réglementées et qu’une vérification rigoureuse de l’âge des clients soit effectuée au moment de l’achat. Pour encourager le remplacement des produits de tabac chauffé par des produits de tabac sans fumée, il convient de mettre en œuvre des mesures de réglementation et de taxation adaptées aux risques encourus.
Points forts et limites
Cette étude comporte certaines limites. Tout d’abord, étant transversale, notre étude ne permet pas l’établissement de liens de causalité (par exemple, on ne peut pas déterminer s’il existe un lien de cause à effet entre certains arômes et dispositifs et l’issue de la tentative d’abandon du tabagisme). Ensuite, les mesures rétrospectives effectuées dans le cadre de notre étude peuvent avoir entraîné un biais de rappel. Enfin, certaines estimations doivent être interprétées avec circonspection en raison de la faible taille des échantillons dans certains sous‑groupes.
Conclusion
Dans l’ensemble, nous avons constaté que la plupart des adultes qui ont tenté de cesser de fumer et qui ont eu recours à un PVN ont utilisé une variété d’arômes qui seraient restreints d’après la politique d’interdiction des arômes de vapotage proposée par Santé Canada. Il convient donc d’analyser attentivement les effets des politiques qui interdiraient la mise sur le marché de PVN aux arômes attrayants. Des études prospectives sont nécessaires pour préciser le rôle des arômes dans le cadre des tentatives d’abandon du tabagisme.
Financement
Les Enquêtes sur le tabagisme et le vapotage dans quatre pays menées par le Projet ITC ont été subventionnées par le National Cancer Institute des États-Unis (P01 CA200512) et les Instituts de recherche en santé du Canada (FDN-148477). GTF bénéficie d’une subvention de chercheur principal de la part de l’Institut ontarien de recherche sur le cancer. Les bailleurs de fonds n’ont joué aucun rôle dans la conception de l’étude, la collecte, l’analyse ou l’interprétation des données, la rédaction du manuscrit ou la décision de publier les résultats.
Conflits d’intérêts
KMC a agi et continue d’agir à titre de témoin expert rémunéré dans des procédures judiciaires intentées contre des fabricants de cigarettes. GTF a agi en tant que témoin expert ou consultant pour des gouvernements défendant leurs politiques ou leur réglementation en matière de tabac dans le cadre de procédures judiciaires et a été membre du groupe consultatif scientifique de Santé Canada sur les produits de vapotage (de 2017 à 2020; sans rémunération). Les autres auteurs n’ont aucun conflit d’intérêts à déclarer.
Contributions des auteurs et avis
- SG : conception, analyse formelle, rédaction de la première version du manuscrit.
- DS : conception, relectures et révision.
- PD : validation des données, relectures et révision.
- DTL : relectures et révision.
- GTF : obtention du financement, rédaction, relectures et révision.
- ACKQ : relectures et révision.
- LVC : relectures et révision.
- JC : relectures et révision.
- SCK : relectures et révision.
- KMC : obtention du financement, relectures et révision.
Tous les auteurs ont approuvé la version finale du manuscrit avant sa soumission pour publication.
Le contenu de l’article et les points de vue qui y sont exprimés n’engagent que les auteurs; ils ne correspondent pas nécessairement à ceux du gouvernement du Canada.