Recherche quantitative originale – Impact de la revitalisation des infrastructures de loisirs en milieu urbain et en milieu rural sur les niveaux d’utilisation : données probantes d’une étude longitudinale quasi-expérimentale menée en Alberta (Canada)

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Ana Paula Belon, Ph. D.; Laura Nieuwendyk, M. Sc.; Vijaya Krishnan, Ph. D.; Candace I.J. Nykiforuk, Ph. D., C.E.

https://doi.org/10.24095/hpcdp.46.3.03f

Cet article a fait l’objet d’une évaluation par les pairs.

Creative Commons License

Attribution suggérée

Article de recherche par Belon AP et al. dans la Revue PSPMC mis à disposition selon les termes de la licence internationale Creative Commons Attribution 4.0

Rattachement des auteures

School of Public Health, University of Alberta, Edmonton (Alberta), Canada

Correspondance

Candace I. J. Nykiforuk, School of Public Health, University of Alberta, 3-300 Dianne and Irving Kipnes Health Research Academy, 11405, 87ᵉ avenue NW, Edmonton (Alberta) T6G 1C9; tél. : 780 492-4109; téléc. : 780 492-0364; courriel : candace.nykiforuk@ualberta.ca

Citation proposée

Belon AP, Nieuwendyk L, Krishnan V, Nykiforuk CIJ. Impact de la revitalisation des infrastructures de loisirs en milieu urbain et en milieu rural sur les niveaux d’utilisation : données probantes d’une étude longitudinale quasi expérimentale menée en Alberta (Canada). 2026;46(3):103-115. https://doi.org/10.24095/hpcdp.46.3.03f

Résumé

Introduction. Peu d’études ont analysé l’impact des investissements publics en matière d’espaces de loisirs intérieurs et extérieurs, et les études ayant évalué cet impact sur le long terme sont encore moins nombreuses. Cela entrave la prise de décisions éclairées concernant le rendement des investissements, réalisés avec des budgets publics limités. Nous avons évalué l’impact d’un plan municipal de 2008 visant à revitaliser les installations intérieures et les espaces extérieurs publics, en milieu urbain et en milieu rural, en analysant les changements dans les niveaux d’utilisation entre avant et après la mise en œuvre de la phase 1 (2009-2013) du plan de revitalisation.

Méthodologie. Nous avons mené une étude quasi-expérimentale avant et après la phase 1, sur la base d’une enquête téléphonique auprès de 750 participants. Nous avons utilisé comme point de comparaison une région présentant des caractéristiques similaires sur le plan démographique et sur le plan des infrastructures publiques de loisirs intérieures et extérieures.

Résultats. Notre analyse n’a révélé aucun changement dans l’utilisation des lieux de loisirs au fil du temps, que ce soit à l’intérieur (installations polyvalentes de loisirs, salles communautaires, etc.) ou à l’extérieur (terrains de golf, parcs à chiens sans laisse, sentiers polyvalents, etc.), et ce, dans la région d’intervention comme dans la région de comparaison. Une installation intérieure polyvalente en milieu rural a été la seule à être associée une augmentation statistiquement significative de son utilisation après la phase 1.

Conclusion. Les stratégies ciblant uniquement les infrastructures physiques sont susceptibles de ne pas entraîner d’augmentation de l’utilisation par la population locale. Pour remédier aux inégalités actuelles en matière d’accès aux ressources communautaires publiques soutenant la santé, il est nécessaire de prendre en compte à la fois l’environnement bâti et l’environnement social.

Mots-clés : expérience en conditions naturelles, sondages et questionnaires, activité physique, installations sportives et de loisirs, parcs

Points saillants

  • En utilisant des données longitudinales dans le cadre d’une étude quasi-expérimentale, nous avons constaté que, malgré des investissements visant à revitaliser les installations intérieures et les espaces extérieurs publics en milieu urbain et en milieu rural, leur utilisation n’a augmenté que dans le cas d’une installation intérieure polyvalente en milieu rural.
  • Les améliorations apportées aux infrastructures physiques n’ont pas permis de surmonter tous les obstacles à leur utilisation, comme un manque de programmation diversifiée ou des coûts d’accès élevés.
  • Il est essentiel de prendre en compte les perceptions et les expériences des résidents afin qu’ils utilisent davantage les installations de loisirs publiques rénovées.

Introduction

L’accès aux installations de loisirs intérieures et aux espaces extérieurs publics est susceptible d’augmenter les niveaux d’activité physique de la population, de favoriser la santé mentale et socialeNote de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 3Note de bas de page 4Note de bas de page 5 et de contribuer à la prévention des maladies chroniquesNote de bas de page 2Note de bas de page 6. Il existe également des données probantes solides concernant le rapport coût-efficacité des interventions en matière d’environnements visant à accroître l’utilisation des installations et les niveaux d’activité physiqueNote de bas de page 7Note de bas de page 8Note de bas de page 9.

Compte tenu de leur rôle essentiel dans la promotion de la santé et du bien-être, les infrastructures publiques dédiées à l’activité physique devraient être en mesure de répondre aux évolutions des besoins de la collectivité, que ces changements soient liés à la croissance et au vieillissement de la population, aux variations dans la composition ethnique ou à d’autres causes. Cependant, la création de nouveaux espaces de loisirs peut s’avérer irréalisable, tant sur le plan contextuel que financier, surtout dans les municipalités disposant de budgets plus modestes. La revitalisation des infrastructures déjà en place peut constituer une approche plus viable pour investir dans la santé à long terme de la collectivité. Les projets de revitalisation municipale sont susceptibles d’attirer de nouveaux utilisateurs tout en permettant aux utilisateurs actuels de maintenir ou d’accroître leur niveau d’utilisation de ces installationsNote de bas de page 10Note de bas de page 11. Un effet indirect attendu de ce type de revitalisation est la création de collectivités plus dynamiques, avec des interactions sociales quotidiennes renforcéesNote de bas de page 11Note de bas de page 12. Les infrastructures publiques offrent également des possibilités de loisirs peu coûteuses, voire gratuites, pour l’éventail socio-économique complet de la populationNote de bas de page 1Note de bas de page 11.

Peu d’études ont analysé l’impact des interventions en matière d’environnements visant à favoriser l’utilisation des lieux de loisirs publics, et les études ayant évalué cet impact de manière longitudinale sont encore moins nombreusesNote de bas de page 1. La plupart des évaluations des lieux de loisirs en conditions naturelles ou quasi-expérimentales sont réalisées dans l’année suivant leur revitalisationNote de bas de page 13 et reposent sur l’observation directe ou sur des sondages auprès des utilisateursNote de bas de page 1. Or les études comportant un suivi court et des échantillons de taille réduite risquent davantage de faire état de résultats nuls ou mitigésNote de bas de page 1Note de bas de page 13. Il faut disposer de données probantes sur l’efficacité des interventions portant sur les divers environnements afin de mieux soutenir la planification stratégique et l’affectation des ressources publiques. De plus, des recherches centrées sur les milieux ruraux sont nécessairesNote de bas de page 14, ces derniers étant souvent dépourvus d’infrastructures d’activité physique (ou devant faire face à l’entretien d’installations vieillissantes), ce qui accentue les inégalités entre milieux ruraux et milieux urbains en matière d’activité physique durant les loisirsNote de bas de page 14Note de bas de page 15.

La mise en œuvre d’un plan municipal visant la revitalisation des installations de loisirs en milieu urbain et en milieu rural d’une municipalité canadienne de taille moyenne a été l’occasion de mener une étude quasi-expérimentale pour en évaluer l’impact sur les niveaux d’utilisation et, ultimement, pour déterminer la valeur de cet investissement. Nous avons évalué les variations dans l’utilisation de ces infrastructures entre la période précédant la mise en œuvre du plan de revitalisation et celle suivant sa mise en œuvre (2009-2013), à la fois dans cette région et dans une région proche présentant une taille et un profil similaires, et ce, afin de pouvoir effectuer des comparaisons.

Le plan de revitalisation municipal

En réponse aux changements démographiques et aux demandes de la collectivité pour davantage d’infrastructures de loisirs, la région d’intervention (située en Alberta, Canada) a lancé en 2008 une stratégie visant à revitaliser les espaces publics de loisirs. À la suite d’une large mobilisation et de consultations publiques, un plan stratégique sur 15 ans (2009-2023) a été structuré en trois phases quinquennales. Après avoir réalisé des évaluations en matière de besoins et d’impact (dont des analyses coûts-avantages et des analyses portant sur les impacts environnementaux), la région a choisi d’agrandir et d’améliorer trois installations intérieures à moindre coût plutôt que de construire une nouvelle installation intérieure polyvalenteNote de bas de page 16. Les investissements dans treize espaces extérieurs ont porté sur l’amélioration du réseau de sentiers, l’aménagement paysager, la revitalisation ou l’amélioration des terrains de balle, la création de nouvelles surfaces de patinage extérieures, l’aménagement d’un véloparc (« bike skills park »), de nouveaux terrains de jeux ainsi que l’acquisition de mobilier et de signalisation pour les parcs des zones urbaines et rurales de la régionNote de bas de page 16. L’objectif était de créer une gamme de possibilités d’activités de loisirs interconnectées à travers des espaces intérieurs principaux ou spécialisés et divers espaces extérieurs, afin de favoriser l’utilisation des installations et d’améliorer la santé physique et le bien‑être des résidents. La diversité des lieux de loisirs revitalisés dans la région visait à répondre aux préférences des résidents ainsi qu’à leurs besoins variés en matière d’activités et de sports.

Cette étude a évalué l’impact de la phase 1 du plan stratégique sur 15 ans destiné à revitaliser les espaces publics de loisirs.

Contexte

La région d’intervention est une « municipalité spécialisée »Note de bas de page 17Note de bas de page 18Note de bas de page 19, c’est-à-dire une structure municipale composée de petites entités territoriales (en l’occurrence, neuf « hameaux »), s’étendant sur 1 170,65 km². L’un de ces « hameaux » est urbain (le plus grand de l’Alberta) et les huit autres sont ruraux. Pour fournir une estimation des tendances dans la région d’intervention, nous avons utilisé une région de comparaison comprenant trois municipalités (totalisant 2 448,64 km²)Note de bas de page 18 : une cité (« city »; ville de Spruce Grove), une petite ville (« town »; Stony Plain) et un district municipal (comté de Parkland) englobant diverses zones rurales (« hameaux », communautés non constituées en personne morale et villages estivaux). On fait communément référence à la « région à trois municipalités » pour désigner ces trois municipalités car elles sont proches les unes des autres et collaborent étroitement.

Nous avons choisi cette région à trois municipalités comme région de comparaison en raison de ses nombreuses similitudes avec la région d’intervention, que ce soit en termes de démographie, d’infrastructures d’activité physique, de localisation ou de climat. Plus précisément, en 2011, les populations étaient de 92 403 habitants pour la région d’interventionNote de bas de page 20 et de 71 790 habitants pour la région de comparaisonNote de bas de page 21, avec des taux de croissance respectifs de 12,1 %Note de bas de page 20 et de 17,4 %Note de bas de page 21, soit des taux nettement supérieurs à la moyenne nationale de 5,9 %Note de bas de page 20. Chaque région disposait d’une installation de loisirs intérieure polyvalente, de quelques installations intérieures spécialisées et d’espaces de loisirs extérieurs variés situés en milieu urbain ou en milieu rural, ces installations appartenant aux municipalités et étant gérées par ces dernièresNote de bas de page 22. Un autre facteur déterminant était que les deux régions se trouvent à moins de 30 km d’Edmonton, la capitale de l’Alberta, tout en étant suffisamment éloignées l’une de l’autre pour limiter la contamination lors de l’étude, par exemple si des résidents d’une région avaient utilisé les installations de l’autre région.

Malgré leurs similitudes, ces régions se trouvaient, au moment de l’étude, à des stades différents de leurs politiques en matière d’installations de loisirs et de possibilités de financement. Après une consultation publique en 2009, la région de comparaison a élaboré un plan d’activités guidant les investissements dans les infrastructures de loisirs existantes, avec un budget commun de 105 000 CAD, qui a été approuvé en 2015. Le budget de la région d’intervention pour la phase 1 était quant à lui de 41 millions de dollars canadiens. Aucun des lieux n’a été fermé lors de la mise à niveau. Le tableau 1 présente un aperçu des installations de loisirs intérieures et des espaces extérieurs dans la région d’intervention ayant fait l’objet des modernisations.

Tableau 1. Revitalisation des installations intérieures et des espaces extérieurs possédés et exploités par le gouvernement municipal dans la région d’intervention, Alberta (Canada)
Espace de loisirs/LocalisationNote de bas de page a/Accès Description Activités de revitalisation
(achevées entre 2011 et 2013)
Intérieur
Installation de loisirs polyvalente
Milieu rural
Accès payant
Comprend un centre de conditionnement physique, deux patinoires, une piste intérieure, une piste de curling, une salle de jeux pour les enfants d’âge préscolaire, un terrain de jeu intérieur, une salle d’entraînement en équipe, un studio de conditionnement physique et un coin salon pour les jeunes. Rénovation d’un aréna de taille standard, construction d’un nouvel aréna intérieur de taille standard avec une surface de jeu glacée, ajout d’un centre de conditionnement physique de 557 m2, d’une nouvelle piste intérieure, d’espaces communautaires, d’une aire de jeux intérieure et de salles polyvalentes.
Aréna (surface glacée et surface sèche)
Milieu urbain
Accès gratuit et payant
Aréna avec surface de glace (de deux tiers de la taille standard) et surface sèche au printemps et en été. Rénovation et modernisation de la surface de glace de l’aréna.
Installation de loisirs polyvalente
Milieu urbain
Accès payant
Le plus grand centre de loisirs polyvalent de la région comprend un centre de bien-être, un centre aquatique, deux patinoires, une surface de loisirs glacée, un gymnase, deux terrains de soccer intérieurs et un terrain de jeu intérieur. Doublement de la surface de loisirs glacée, ajout au centre de bien-être et amélioration de l’accessibilité des pistes; construction d’un nouvel espace de conditionnement physique pour groupes et d’un nouveau coin salon pour les jeunes; agrandissement du gymnase et du terrain de jeu intérieur; ajout de salles polyvalentes pour activités communautaires.
Extérieur
Terrain de golf
Milieu urbain
Accès payant (en été)
Terrain de golf de 18 trous. Rénovation de l’intérieur de la maison du club.
Parcs à chiens sans laisse
Milieu urbain et milieu rural
Accès gratuit
Grands parcs à chiens sans laisse avec zones clôturées, espaces réservés aux petits chiens et pistes avec bordures. Amélioration des sentiers et des zones ouvertes à l’intérieur des parcs à chiens, ajout de mobilier et de panneaux de signalisation neufs dans le parc.
Parcs, aires de jeux et espaces verts
Milieu urbain et milieu rural
Accès gratuit
Les nombreux parcs et terrains de jeux comprennent des équipements tels que des paniers de basketball, des foyers et un réseau de sentiers reliant les étangs. La plupart des parcs sont accessibles en fauteuil roulant et offrent des équipements spécialisés. Les améliorations apportées à divers endroits comprennent les ajouts d’un espace de jardin communautaire, de jeux d’eau, de terrains de jeux, de sièges, de kiosques, de plantations d’arbres, d’une terrasse d’observation, de panneaux d’interprétation, de sentiers autour des milieux humides et, dans la mesure du possible, de points d’accès aux sentiers.
Au sein du parc BMX/véloparc, une piste de pompe pour enfants a été ajoutée, accompagnée de rampes de saut, de rochers et de rondins formant des ponts en échelle, d’un mur de glisse (wallride) et de pistes de saut (dirt jumps) de différentes tailles, adaptées à tous les âges et niveaux de compétence.
Terrains de balle communautaires
Milieu urbain et milieu rural
Accès gratuit
Plus de 40 terrains de baseball communautaires, dont neuf de catégorie A — première classe, c’est-à-dire des installations de haute qualité nécessitant un entretien plus fréquent. Quatre terrains de baseball avec aires de jeu intérieures et extérieures agrandies, nouvelle surface en gazon synthétique et bordures de jeu, filets arrière, abris des joueurs et pistes en gravier.
Surfaces de patinage extérieures 
Milieu urbain et milieu rural
Accès gratuit
Plus de 20 surfaces de patinage extérieures ouvertes entre décembre et mars (selon les conditions météorologiques). La plupart sont dotées d’un éclairage, de bordures et de pistes de patinage. Nouvel anneau de glace extérieur avec bordure, éclairage, arbres nouvellement plantés et équipement de parc. Déplacement d’une zone de patinage sur glace.
Sentiers polyvalents
Milieu urbain et milieu rural
Accès gratuit
Plus de 200 km de sentiers (asphalte, gravier, argile ou calcaire). Sentiers nouveaux et améliorés, avec asphaltage de 3 m de large et connexions à d’autres réseaux de sentiers.

Le Service des loisirs, des parcs et de la culture de la région d’intervention ainsi que les trois municipalités relevant de la région de comparaison ont collaboré avec notre équipe de recherche pour cette étude quasi-expérimentale. Nos partenaires ont contribué à la conception de l’étude et à l’élaboration des outils de collecte de données et nous ont aidés à interpréter les résultats en mobilisant leur connaissance approfondie des particularités propres à leur collectivité.

L’étude a obtenu l’approbation éthique du Comité d’éthique de la recherche en santé de l’Université de l’Alberta (Pro00022189).

Méthodologie

Ce projet quasi-expérimental par méthodes mixtes repose sur des enquêtes téléphoniques et des groupes de discussion avant et après la phase 1, celle de la revitalisation des espaces de loisirs publics afin d’en accroître l’utilisation, et ce, dans les deux régions. L’enquête téléphonique a comporté un volet longitudinal et un volet transversal réitéré. Dans cet article, nous analysons les données longitudinales obtenues par le biais de l’enquête téléphonique, les données obtenues par l’intermédiaire des groupes de discussion ayant été publiées ailleursNote de bas de page 24.

Collecte de données

Deux enquêtes téléphoniques automatisées ont été réalisées avant (d’août à octobre 2011, soit de la fin de l’été au milieu de l’automne) et après (d’août à octobre 2013, soit de la fin de l’été au milieu de l’automne) la mise en œuvre de la phase 1.

Pour l’enquête de 2011, les participants ont été recrutés par l’entremise d’une entreprise de sondages, qui a sélectionné au hasard des numéros de téléphone de résidents. On a demandé aux participants potentiels s’ils avaient 13 ans ou plus et résidaient dans l’une des municipalités de la région concernée et on leur a également demandé les trois premiers chiffres de leur code postal. La connaissance et l’utilisation des installations et des espaces de loisirs, intérieurs ou extérieurs, n’ont pas fait partie des critères d’admissibilité.

L’entreprise de sondages a contacté les résidents jusqu’à cinq fois sur une période de deux semaines et a demandé à parler au membre du ménage dont l’anniversaire était le prochain à venir, afin de faciliter la stratification des répondants par âge et sexe. Un recrutement ciblé de jeunes de 13 à 17 ans et d’adultes de 18 à 29 ans a été entrepris pour toucher ces segments spécifiques de population. Lors de l’appel de contact, l’entreprise de sondages demandait si le ménage comptait des personnes relevant de ces deux tranches d’âge et, en cas de réponse positive, l’enquêteur demandait à leur parler et les invitait à participer au sondage téléphonique.

Après avoir terminé l’enquête, les participants pouvaient fournir leurs coordonnées s’ils souhaitaient participer à un sondage de suivi. Ils ont ensuite été contactés pour confirmer leur intérêt à poursuivre leur participation. De nouveaux participants ont également été sélectionnés au hasard en 2013 afin d’atténuer l’attrition depuis 2011 et afin d’augmenter la taille de l’échantillon pour permettre une analyse plus robuste (publiée ailleurs)Note de bas de page 25Note de bas de page 26.

L’enquête avant intervention a rassemblé 1 045 participants dans la région d’intervention et 1 047 participants dans la région de comparaison et l’enquête après intervention a rassemblé respectivement 1 057 et 1 045 participants. Nous avons exclu 64 participants de la région d’intervention et 69 de la région de comparaison en raison d’incohérences concernant l’âge et le sexe autodéclarés. Nous avons effectué une analyse des populations ayant participé aux deux enquêtes : 406 dans la région d’intervention et 344 dans la région de comparaison, pour un total de 750 personnes, soit 38,2 % de l’ensemble des participants de 2011 ayant répondu au questionnaire de suivi de 2013.

Les questionnaires ont recueilli des données sur les caractéristiques des participants, leur état de santé autodéclaré, leur activité physique hebdomadaire autodéclarée ainsi que leur positionnement vis-à-vis des infrastructures de loisirs et leur utilisation de ces dernières. À l’aide d’un questionnaire validéNote de bas de page 27Note de bas de page 28, nous avons interrogé les participants sur leurs niveaux d’activité physique durant les loisirs au cours de la semaine précédente. Les variables liées au positionnement reposent sur leur accord, sur une échelle de 1 (« pas du tout d’accord ») à 10 (« tout à fait d’accord »), avec les quatre énoncés suivants : « J’utiliserais plus souvent les installations de loisirs publiques intérieures si ce n’était pas pour des raisons personnelles »; « J’utiliserais plus souvent les installations de loisirs publiques intérieures si elles répondaient mieux à mes besoins »; « J’utiliserais plus souvent les installations de loisirs publiques extérieures si ce n’était pas pour des raisons personnelles »; « J’utiliserais plus souvent les installations de loisirs publiques extérieures si elles répondaient mieux à mes besoins ». Les expressions « raisons personnelles » et « répondre à mes besoins » n’ayant pas été définies au préalable, les répondants étaient libres de les interpréter à leur convenance.

Nous avons également questionné les participants sur leur utilisation de chaque lieu au cours de la dernière année. Les options de réponse étaient 0 pour « jamais », 1 pour « moins d’une fois par mois », 2 pour « chaque mois », 3 pour « chaque semaine » et 4 pour « chaque jour ».

La liste des installations et des espaces extérieurs revitalisés lors de la phase 1 a été fournie par la région d’intervention préalablement à l’enquête. Seuls les installations et espaces dont la revitalisation avait été achevée en 2013 ont été inclus dans le questionnaire d’enquête de 2013. Étant donné que les espaces revitalisés se trouvaient en milieu urbain et en milieu rural ainsi qu’un peu partout dans la région, la plupart des résidents ont pu bénéficier d’au moins certaines des améliorations.

Analyse des données

Les caractéristiques de base des deux régions ont été comparées à l’aide de tests du khi-carré et de tests t. L’absence de réponse à une question a constitué la principale source de données manquantes dans l’enquête. Comme environ 30 % des réponses concernant le revenu annuel du ménage étaient manquantes dans chaque région, nous avons imputé, pour y remédier, un revenu médian de 70 000 CAD, soit le revenu médian des ménages au Canada au moment de l’étudeNote de bas de page 29. Des tests ont été effectués pour s’assurer que les données n’avaient pas été faussées par l’imputation et qu’elles demeuraient représentatives de la population pour chaque région. Cette classification a été utilisée pour distinguer les ménages dont le revenu annuel était égal ou inférieur à 70 000 CAD et ceux dont le revenu était supérieur à 70 000 CAD.

Conformément aux lignes directrices proposées par GodinNote de bas de page 28, les scores des participants concernant leur engagement hebdomadaire en matière d’activité physique légère, d’activité physique modérée et d’activité physique vigoureuse ont été multipliés par respectivement 3, 5 et 9. Le score total a été calculé en utilisant la somme des produits, puis a été réparti en deux catégories, soit les « participants physiquement actifs » (scores de 24 unités ou plus) et les « participants modérément ou insuffisamment actifs ».

Nous avons analysé les tendances en matière d’utilisation des infrastructures publiques d’activité physique à l’aide de tests t d’échantillons appariés. Pour les analyses comparatives, nous avons sélectionné certains espaces intérieurs et certains espaces extérieurs dans la région de comparaison afin de les faire correspondre aux espaces revitalisés dans la région d’intervention. Quatre indices synthétiques compilant les données d’utilisation ont été créés en fonction de la fréquence d’utilisation pour les installations intérieures (trois dans la région d’intervention et cinq dans la région de comparaison) et pour les espaces extérieurs (six dans chacune des deux régions).

Compte tenu de la durée de l’étude, une analyse de covariance à deux critères de classification (ANCOVA) a été menée pour tous les espaces intérieurs et extérieurs présentant des changements statistiquement significatifs dans l’utilisation au fil du temps. Nous avons vérifié si les variables montrant des différences significatives entre les deux régions en 2011 avaient influencé le changement au fil du temps (effets principaux et d’interaction). Un certain nombre d’hypothèses associées à l’ANCOVA ont été testées avant d’appliquer la technique, afin de garantir l’absence de violation de la normalité, la fiabilité de la mesure de la covariable, la linéarité, l’homogénéité des variances et l’homogénéité des pentes des droites de régressionNote de bas de page 30. Nous avons calculé les valeurs d’êta-carré pour tous les espaces intérieurs et extérieurs présentant des changements significatifs au fil du temps afin d’évaluer l’ampleur de l’effet de revitalisation.

Il convient de noter qu’une analyse de sensibilité comparant les caractéristiques de l’échantillon des participants ayant répondu aux deux enquêtes (n = 750) avec celles des participants n’ayant répondu qu’au sondage de 2011 (n = 1 209, après élimination des 133 cas dont les données sur l’âge et le sexe étaient aberrantes) a révélé des différences statistiquement significatives. L’échantillon des participants ayant répondu aux deux enquêtes était caractérisé par un plus haut niveau d’instruction (p = 0,001), comprenait moins de travailleurs à temps plein (p = 0,004), a fait état d’une meilleure santé auto-évaluée (p = 0,013) et était plus susceptible de considérer que les installations intérieures répondaient à leurs besoins (p = 0,034).

Résultats

Par rapport à la région de comparaison, on a observé dans la région d’intervention une proportion plus élevée de résidents urbains, une utilisation plus fréquente des installations intérieures, une meilleure santé auto-évaluée, une utilisation moins fréquente des espaces extérieurs et moins d’accord de la part des résidents avec les énoncés mentionnant que les espaces intérieurs et extérieurs répondaient à leurs besoins (tableau 2).

Tableau 2. Caractéristiques de base des populations à l’étude dans les régions d’intervention et de comparaison, Alberta (Canada), 2011 et 2013
Variables Total
(n = 750)
Région d’intervention
(n = 406)
Région de comparaison
(n = 344)
Valeur pNote de bas de page a
Âge moyen (années) 48,9 48,4 49,6 0,347
Sexe (%)
Masculin 41,5 40,9 42,2 0,726
Féminin 58,5 59,1 57,9 0,726
Milieu de résidence (%)
Milieu rural 34,5 27,6 42,7 0,000
Milieu urbain 65,5 72,4 57,3 0,000
Niveau de scolarité (%)
Diplôme d’études postsecondaires 76,2 79,0 73,0 0,058
Inférieur au niveau postsecondaire 23,8 21,0 27,0 0,058
Emploi (%)
Temps partiel/retraité/autre 60,2 60,7 59,6 0,765
Temps plein 39,8 39,3 40,4 0,765
Revenu annuel du ménage (%)
< 70 000 CAD 52,3 50,0 54,9 0,177
≥ 70 000 CAD 47,7 50,0 45,1 0,177
Taille et composition du ménage
0 enfant dans le ménage (%) 58,8 58,4 59,3 0,797
1 enfant dans le ménage ou plus (%) 41,2 41,6 40,7 0,797
Taille moyenne du ménage (n) 3,0 3,1 2,9 0,319
Activité physique durant les loisirs
Score hebdomadaire total moyenNote de bas de page b 48,3 51,0 45,6 0,405
Score hebdomadaire (%)
Participant modérément ou insuffisamment actif (< 24) 23,9 22,7 28,3 0,076
Participant physiquement actif (≥ 24) 76,1 77,3 71,7 0,076
Santé auto-évaluée (%)
Faible (mauvaise/moyenne/bonne) 39,2 31,6 48,3 0,000
Élevée (très bonne/excellente) 60,8 68,4 51,8 0,000
Fréquence moyenne d’utilisation et satisfaction des besoins
Fréquence d’utilisation des installations intérieuresNote de bas de page b 2,1 2,2 1,9 0,002
Fréquence d’utilisation des espaces extérieursNote de bas de page b 2,8 2,6 2,8 0,050
Satisfaction des besoins en matière d’utilisation des espaces intérieurs 5,5 5,0 6,0 0,000
Satisfaction des besoins en matière d’utilisation des espaces extérieurs 4,4 4,2 4,7 0,009

Dans la région d’intervention, l’utilisation de l’installation de loisirs intérieure polyvalente en milieu rural a augmenté (tableau 3), tandis que celle du terrain de golf a diminué. Dans la région de comparaison, l’utilisation du terrain de golf et celle des parcs à chiens sans laisse a également diminué au fil du temps. Les valeurs d’êta-carré (0,40 pour l’installation de loisirs intérieure polyvalente en milieu rural et 0,30 pour le terrain de golf dans la région d’intervention; 0,49 pour le terrain de golf et 0,29 pour le parc à chiens sans laisse dans la région de comparaison; données non présentées) indiquent des ampleurs d’effet élevéesNote de bas de page 31 pour les différences significatives observées en matière d’utilisation.

Tableau 3. Utilisation des installations intérieures et extérieures dans les régions d’intervention et de comparaison, Alberta (Canada), 2011 et 2013 (n = 750 participants)
Espace de loisirs nNote de bas de page a Moyenne d’utilisationNote de bas de page b Valeur p LC à 95 %
2011 2013 Changement EQM
Espace intérieur
Région d’intervention
Installation de loisirs intérieure polyvalente en milieu rural 52 0,88 1,42 0,54 1,26 0,003 0,19; 0,99
Patinoire intérieure en milieu urbain (surface glacée et surface sèche) 41 0,98 1,17 0,20 1,10 0,253 −0,15; 0,54
Installation de loisirs intérieure polyvalente en milieu urbain 264 1,98 1,89 −0,09 1,18 0,231 −0,23; 0,06
Région de comparaison
Installation de loisirs intérieure polyvalente en milieu urbain 221 1,95 1,83 −0,11 1,04 0,107 −0,25; 0,02
Patinoire intérieure en milieu urbain (surface glacée et surface sèche) 32 1,31 1,13 −0,19 1,15 0,363 −0,60; 0,23
Patinoire intérieure en milieu urbain (surface glacée et surface sèche) 78 1,35 1,17 −0,18 1,04 0,132 −0,41; 0,06
Salles communautaires intérieures en milieu rural 36 1,31 1,36 0,06 1,31 0,800 −0,39; 0,50
Salles communautaires intérieures en milieu urbain 48 1,27 1,63 0,35 1,42 0,091 −0,06; 0,77
Espace extérieur
Région d’intervention
Terrains de golf 59 1,58 1,32 −0,25 0,82 0,021 −0,47; −0,04
Parcs à chiens sans laisse 36 2,47 2,28 −0,19 0,86 0,182 −0,48; 0,10
Parcs, aires de jeux et espaces verts 242 2,68 2,53 −0,15 1,28 0,073 −0,31; −0,04
Terrains de balle communautaires 47 1,79 1,74 −0,04 1,27 0,819 −0,41; 0,33
Surfaces de patinage extérieures 81 1,93 1,98 0,05 1,13 0,695 −0,20; 0,30
Sentiers polyvalents 61 2,38 2,54 0,16 1,13 0,261 −0,12; 0,45
Région de comparaison
Terrain de golf 34 1,85 1,53 −0,32 0,59 0,003 −0,53; −0,12
Parcs à chiens sans laisse 47 2,40 2,11 −0,30 0,10 0,047 −0,59; −0,01
Parcs, terrains de jeux et espaces vertsNote de bas de page c 214 2,33 2,18 −0,15 1,39 0,116 −0,15; −0,34
Terrains de balle communautaires 34 1,65 1,44 −0,21 1,16 0,314 −0,62; 0,20
Surfaces de patinage extérieures 82 1,66 1,76 0,01 0,83 0,288 −0,08; 0,28
Sentiers polyvalents 245 2,00 1,98 −0,03 1,16 0,741 −0,17; 0,12

Les résidents des deux régions ont fait état d’une fréquence d’utilisation mensuelle (moyenne = 1,98 à 2,04) des installations intérieures et hebdomadaire (moyenne = 2,57 à 2,71) des espaces extérieurs en 2011 et en 2013 (tableau 4). Nos résultats ne font état d’aucun changement significatif dans les indices synthétiques des installations intérieures et extérieures dans les deux régions entre 2011 et 2013.

Tableau 4. Utilisation globale des installations intérieures et extérieures dans les régions d’intervention et de comparaison, Alberta (Canada), 2011 et 2013
Espaces de loisirs nNote de bas de page a Score moyen d’utilisationNote de bas de page b Valeur p LC à 95 %
2011 2013 Changement EQM
Région d’intervention
Utilisation globale des espaces intérieursNote de bas de page c 276 1,98 1,98 0,00 1,23 1 000 −0,15; 0,15
Utilisation globale des espaces extérieursNote de bas de page d 282 2,71 2,62 −0,09 1,19 0,232 −0,22; 0,05
Région de comparaison
Utilisation globale des espaces intérieursNote de bas de page c 230 2,04 2,00 −0,04 1,14 0,564 −0,19; 0,10
Utilisation globale des espaces extérieursNote de bas de page d 246 2,69 2,57 −0,12 1,15 0,099 −0,27; 0,02

Pour l’ANCOVA à deux critères de classification, nous avons inclus les variables présentant des différences significatives en 2011 (tableau 2). La mention de satisfaction des besoins pour les espaces intérieurs et les espaces extérieurs n’a pas été incluse, malgré des différences, en raison de la violation de l’hypothèse d’homogénéité des pentes des droites de régression (tableau 5).

Tableau 5. Résultats de l’ANCOVA à deux critères de classification : tests des effets inter-sujets
Espaces de loisirs Somme des carrés de type III Statistique F Valeur p Êta-carré partiel R-carré (R2) ajusté
Région d’intervention
Principale installation de loisirs intérieure polyvalente en milieu rural
Modèle ajusté 16,152 3,755 0,010 0,242 0,178
Milieu de résidence en 2011 5,045 4,691 0,035 0,091 0,178
Santé auto-évaluée en 2011 5,116 4,758 0,034 0,092 0,178
Fréquence d’utilisation en 2011 2,295 2,135 0,151 0,043 0,178
Milieu de résidence en 2011 × santé auto-évaluée en 2011 0,049 0,460 0,831 0,001 0,178
Terrain de golf
Modèle ajusté 13,128 6,696 0,000 0,336 0,286
Fréquence d’utilisation en 2011 12,488 25,480 0,000 0,325 0,286
Milieu de résidence en 2011 0,000 0,000 0,985 0,000 0,286
Santé auto-évaluée en 2011 0,435 0,888 0,350 0,160 0,286
Milieu de résidence en 2011 × santé auto-évaluée en 2011 0,534 1,089 0,301 0,200 0,286
Région de comparaison
Terrain de golf
Modèle ajusté 15,419 15,852 0,000 0,686 0,643
Fréquence d’utilisation en 2011 14,025 57,676 0,000 0,665 0,643
Milieu de résidence en 2011 0,163 0,669 0,420 0,023 0,643
Santé auto-évaluée en 2011 0,068 0,278 0,602 0,010 0,643
Milieu de résidence en 2011 × santé auto-évaluée en 2011 0,068 0,278 0,602 0,010 0,643
Parcs à chiens sans laisse
Modèle ajusté 17,377 5,514 0,001 0,344 0,282
Fréquence d’utilisation en 2011 11,974 15,197 0,000 0,266 0,282
Milieu de résidence en 2011 3,418 4,338 0,043 0,094 0,282
Santé auto-évaluée en 2011 0,503 0,638 0,43 0,015 0,282
Milieu de résidence en 2011 × santé auto-évaluée en 2011 1,326 1,683 0,20 0,039 0,282

Dans l’ensemble, les quatre modèles sont significatifs, avec de grandes ampleurs d’effet. Pour l’installation de loisirs polyvalente intérieure en milieu rural, les effets du milieu de résidence et de la santé auto-évaluée sur l’utilisation accrue au fil du temps sont statistiquement significatifs avec des ampleurs d’effet modérées. Les résultats laissent penser qu’il n’y a pas d’effet d’interaction entre les deux variables indépendantes. L’utilisation en 2011 a un effet statistiquement significatif et important dans le modèle du terrain de golf de la région d’intervention. Aucun des effets principaux ou des effets d’interaction du milieu de résidence et de la santé auto-évaluée ne s’est révélé significatif.

Pour le modèle du terrain de golf de la région de comparaison, des effets statistiquement significatifs et importants ont été observés pour l’utilisation de 2011. Pour les parcs à chiens sans laisse dans la région de comparaison, l’utilisation en 2011 de ces espaces extérieurs ainsi que le milieu de résidence ont des effets statistiquement significatifs. Les ampleurs d’effet sont élevées pour la fréquence d’utilisation en 2011 et modérées pour le milieu de résidence.

Analyse

Cette étude quasi-expérimentale a montré que la phase 1 d’un plan municipal de 15 ans visant à revitaliser les espaces de loisirs urbains et ruraux, intérieurs et extérieurs, n’avait pas entraîné, après deux ans, d’augmentation du niveau d’utilisation dans la plupart des lieux rénovés. Après la construction d’une nouvelle patinoire pour le patinage de loisir, d’un centre de bien-être, d’une piste de conditionnement physique et d’un terrain de jeu intérieur, l’utilisation de l’installation de loisirs polyvalente en milieu rural a augmenté.

Bien que le manque d’installations de loisirs intérieures dans les régions rurales d’Amérique du Nord constitue un enjeuNote de bas de page 14Note de bas de page 15, il se peut que l’infrastructure existante dans la région d’intervention ait été désuète, ne réponde pas aux besoins en évolution des usagers ou crée même des obstacles à l’utilisation. Par ailleurs, les changements apportés à la programmation après les rénovations ont pu contribuer à l’augmentation de l’utilisation.

La principale installation de loisirs intérieure polyvalente en milieu urbain a été la plus utilisée dans la région d’intervention au cours des deux années. Cependant, sa revitalisation n’a pas entraîné d’augmentation dans l’utilisation (la demande était déjà supérieure à la capacité avant les rénovations). La revitalisation a permis de doubler la taille des patinoires de loisirs intérieures, d’améliorer l’accessibilité de la piste, d’agrandir le gymnase, les salles d’activités communautaires polyvalentes et le terrain de jeux intérieur ainsi que d’ajouter un centre de bien-être, des espaces de conditionnement physique et un coin salon pour les jeunes. Ces améliorations n’ont pas éliminé certains obstacles à l’utilisation de cette installation, comme cela a été observé ailleursNote de bas de page 32. Les participants aux groupes de discussion ont fait état de facteurs non physiques liés à l’environnement, par exemple des obstacles liés à l’affluence et à la salubritéNote de bas de page 24.

L’absence de changement dans l’utilisation de la patinoire intérieure rénovée en milieu urbain peut s’expliquer par le fait que le plan de revitalisation n’a pas résolu certains obstacles. Par exemple, les participants des groupes de discussion étaient soucieux du fait qu’on priorise dans cette installation les activités liées au hockey au détriment du patinage de loisirNote de bas de page 24. Que la demande pour des surfaces de glace dépasse les capacités des installations est un fait courant dans les municipalités de l’Alberta, et la situation est rendue plus complexe du fait de demandes pour des activités concurrentes.

Dans les deux régions, l’utilisation des terrains de golf a diminué au fil du temps, probablement en raison des coûts élevés de la pratique du golf en Amérique du Nord et de la baisse de popularité de ce sport chez les jeunes générationsNote de bas de page 33. Nous avons également constaté une diminution de l’utilisation des parcs à chiens sans laisse dans la région de comparaison, mais aucun changement dans les espaces équivalents améliorés de la région d’intervention.

Les niveaux d’utilisation des espaces extérieurs dans la région d’intervention n’ont pas augmenté après la revitalisation. Les espaces extérieurs (à l’exception des terrains de golf) offrent des possibilités de loisirs gratuites aux membres des collectivités, quel que soit leur statut socio-économique. Les parcs, les sentiers polyvalents et d’autres types d’espaces extérieurs peuvent constituer une alternative aux installations de loisirs intérieures, notamment pour les personnes à faible revenu qui ne peuvent pas assumer les coûts de frais d’adhésion, de tarifs d’accès et d’équipements sportifs. Les populations des deux régions utilisaient, en moyenne, les espaces intérieurs sur une base mensuelle et les espace extérieurs sur une base hebdomadaire, tant pendant la période de référence que pendant la période de suivi. La comparaison des niveaux d’utilisation entre la période de référence et la période de suivi des espaces intérieurs et extérieurs n’a révélé aucune augmentation statistiquement significative. Pourtant, il ne faut pas en conclure que le plan de revitalisation de la région d’intervention n’a pas réussi à accroître l’utilisation des espaces. Premièrement, cette étude offre une évaluation de suivi à relativement court terme de l’utilisation après la revitalisation, et notre enquête de suivi a coïncidé avec la fin de la phase 1 du plan de revitalisation en raison de retards dans la construction. Deuxièmement, le plan d’intervention sur 15 ans et la mise à niveau d’autres infrastructures de loisirs étaient toujours en cours au moment de notre analyse. L’évaluation de l’utilisation après l’achèvement de l’ensemble des phases du plan offrira sans doute un portrait différent.

Il est à noter qu’au moment de la rédaction de cet article, la région d’intervention avait terminé la phase 2 (2014-2018) et la phase 3 (2019-2023) du plan de revitalisation, qui ont conduit à l’amélioration d’autres infrastructures de loisirs existantesNote de bas de page 34. Cependant, les analyses des impacts de ces phases à l’échelle de la population n’ont pas été réalisées en raison de contraintes financières et de la nature des données locales disponibles.

Nos résultats laissent penser que les stratégies ciblant uniquement les infrastructures physiques sont susceptibles de ne pas entraîner d’augmentation de l’utilisation au sein de la population locale. Bien que les lieux de loisirs soient géographiquement dispersés au sein de la région, ce qui en facilite en apparence l’accès, les besoins socioculturels locaux et les coûts liés à l’activité physique durant les loisirs pourraient avoir constitué des freins à une utilisation plus fréquente. Comme il en a été discuté ailleursNote de bas de page 10Note de bas de page 11, un élément clé de la revitalisation des environnements physiques est la création de nouveaux programmes d’activité physique et d’activités susceptibles d’attirer de nouveaux utilisateurs et d’accroître les niveaux d’utilisation chez les utilisateurs actuels.

Nos résultats nuls peuvent s’expliquer en outre par les préférences de la population. Les infrastructures de loisirs municipales peuvent ne pas convenir à tout le monde, malgré l’intention d’offrir des ressources inclusives, accessibles et destinées à l’ensemble de la collectivité. Après la phase 1, nos participants aux groupes de discussion ont fait état d’obstacles au niveau personnel (par exemple leur dynamique familiale), de caractéristiques des installations non liées aux infrastructures d’activité physique en elles-mêmes (options alimentaires malsaines offertes par les fournisseurs), de la programmation des installations (absence de programmes pour les jeunes et les aînés), des aspects économiques (frais d’adhésion élevés), de l’environnement social (préoccupations en matière de sécurité) et de politiques environnementales (transport public inadapté pour accéder aux espaces de loisirs)Note de bas de page 24. Ces facteurs ont eu une influence sur l’utilisation des installations par les participants, mais, du point de vue des politiques d’intervention, ils dépassaient la portée du plan de revitalisation prévu par la région d’intervention. De ce fait, les initiatives visant à remédier aux inégalités en matière d’accès aux ressources communautaires favorisant la santé financées par des fonds publics devraient tenir compte des environnements à la fois bâtis et sociaux lors de la conception et de l’évaluation des interventionsNote de bas de page 1Note de bas de page 35Note de bas de page 36. Prendre en compte les expériences des individus lors de l’utilisation ou des tentatives d’utilisation de ces espaces est essentiel pour adapter l’intervention aux besoins locauxNote de bas de page 10Note de bas de page 37. Il s’agit d’un élément particulièrement pertinent pour les interventions à plus long terme menées en plusieurs phases, car la réévaluation des besoins des résidents permet d’ajuster les activités de revitalisation en cours et futures en fonction des changements démographiques et sociaux.

La littérature sur les loisirsNote de bas de page 6Note de bas de page 37 et sur les cadres socioécologiquesNote de bas de page 35Note de bas de page 36 appelle à des interventions coordonnées et multidimensionnelles, à l’échelle de la population, qui ciblent les divers besoins physiques et sociaux des individus. Une récente synthèse métanarrative des données probantes concernant les espaces verts en milieu urbain a mis en évidence des données probantes plus solides en faveur d’interventions combinant des modifications de l’environnement bâti et la programmation d’activités physiques par rapport à des interventions axées uniquement sur l’environnement bâtiNote de bas de page 1.

Nos résultats soulignent la nécessité d’un travail multisectoriel collaboratif autour d’un programme commun, pour une intervention plus efficace en santé de la population et pour que les individus soient en meilleure santé et plus actifs. Le renforcement des partenariats déjà en place entre les services municipaux (prestation de services de loisirs, éducation, etc.) est susceptible d’accroître l’utilisation des lieux de loisirs publics. Par exemple, améliorer le réseau de transport en milieu urbain peut renforcer l’utilisation des lieuxNote de bas de page 1 et offrir des activités organisées favorisera probablement une utilisation accrue des espaces extérieursNote de bas de page 22. En milieu rural, la promotion des sentiers locaux comme lieux de rassemblement social (événements sportifs, marches et courses caritatives, etc.) est susceptible d’accroître l’utilisation des espaces extérieurs publicsNote de bas de page 38. Une approche à plusieurs niveaux, soutenue par un cadre socioécologique, pourrait améliorer plus efficacement l’utilisation des lieux de loisirs publicsNote de bas de page 35.

Ces résultats restent pertinents et pourraient même être encore plus essentiels dans le contexte canadien actuel de mesures d’austérité et de hausse du coût de la vieNote de bas de page 39Note de bas de page 40. La participation des résidents à l’évaluation des besoins de leur collectivité ainsi que les partenariats intersectoriels visant à éliminer les obstacles à l’accès et à l’utilisation des lieux de loisirs pour diverses activités sont essentiels pour orienter les investissements des collectivités dans les infrastructures publiques de loisirs, surtout lorsque les ressources publiques sont limitées. À mesure que de plus en plus de personnes rencontrent des difficultés financières, offrir des possibilités d’utiliser et d’apprécier des espaces extérieurs récemment rénovés et gratuits peut favoriser l’engagement envers l’activité physique, la socialisation et le bien-être.

Points forts et limites

Les limites de cette étude incluent en premier lieu le biais potentiel de couverture lié aux entrevues téléphoniques sur ligne fixe ainsi que le taux de réponse relativement faible (19 % à 33 %). La perte de suivi constitue également une limite, puisque seulement 38,2 % des participants de 2011 ont répondu au questionnaire de 2013. Dans notre analyse de sensibilité, nous avons observé des différences statistiquement significatives entre l’échantillon ayant répondu uniquement à l’enquête de 2011 et celui ayant répondu aux deux enquêtes, ce qui laisse penser que nos constatations pourraient ne pas être généralisables à l’ensemble de la population avant la tenue de l’enquête. Les données manquantes dans notre ensemble de données étaient principalement liées à l’absence de réponse à certaines questions (en particulier à un pourcentage élevé de valeurs manquantes pour le revenu).

Cette étude n’a pas mesuré l’engagement lié à l’activité physique mais plutôt l’impact lié à l’utilisation des espaces intérieurs et extérieurs destinés à l’activité physique. En raison de retards dans la construction, l’enquête de suivi a été menée vers la fin de la phase 1 du plan de revitalisation. Les contraintes financières de l’étude ont empêché la réalisation de l’enquête à une date ultérieure, alors que les résultats auraient probablement été différents si celle-ci avait été menée après que les résidents aient disposé de plus de temps pour prendre connaissance des améliorations. Les résultats auraient également été différents si les données avaient été recueillies en hiver ou au printemps, mais, afin d’assurer la comparabilité, les deux enquêtes ont été réalisées entre la fin de l’été et le milieu de l’automne. Le calendrier de revitalisation a pu influencer les réponses des participants, certains espaces ayant été rénovés en 2011 et d’autres en 2013, avec dans ce cas un intervalle de seulement quelques mois entre l’achèvement des améliorations et l’enquête de suivi.

Même si une analyse complète de la représentativité pour chaque région n’a pas été réalisée, les participants avaient tous une motivation, qu’elle soit positive ou négative, pour s’exprimer sur le sujet, dans la mesure où les lieux de loisirs municipaux ne sont pas utilisés de manière uniforme dans les régions.

Une autre limite résidait dans l’impossibilité de contrôler plusieurs facteurs externes ayant une influence sur nos résultats – un inconvérnient inhérent aux études quasi-expérimentales. Cependant, le modèle quasi-expérimental fournit des données probantes plus solides sur l’ampleur et la direction des changements dans le tempsNote de bas de page 41, permettant ainsi de mieux soutenir la prise de décision et l’allocation des ressources.

À ce jour, peu d’études longitudinales quasi-expérimentales ont porté sur les interventions en matière d’environnements visant à promouvoir l’activité physique, et la plupart des recherches dont on dispose portent sur les espaces extérieurs13,42. Notre étude enrichit la littérature en incluant à la fois des espaces intérieurs et des espaces extérieurs ainsi que différents types d’infrastructures de loisirs et en analysant l’utilisation des lieux de loisirs en fonction de leur localisation (en milieu urbain ou en milieu rural).

Compte tenu du délai pouvant exister entre l’intervention en matière d’environnements et ses répercussions sur les résultats de santé à l’échelle de la populationNote de bas de page 13Note de bas de page 41, un atout de notre étude réside dans l’utilisation d’une période de suivi de deux ans plutôt que du suivi plus usuel de moins d’un anNote de bas de page 13Note de bas de page 42. Un autre avantage est la fourniture de renseignements en temps réel sur l’impact de la phase 1. L’évaluation de la phase 1 du plan stratégique en cours a permis à la région un retour sur les activités de revitalisation afin d’ajuster plus efficacement les efforts futurs en vue d’augmenter l’utilisation des installations par les résidents. Parmi les autres points forts figurent l’inclusion de populations de jeunes et d’adultes ainsi que la collecte de données avant et après l’intervention réalisée à la même période de l’année afin de contrôler la variation saisonnière, ce qui est particulièrement important pour les espaces extérieursNote de bas de page 1.

Conclusion

Notre analyse longitudinale avec un groupe de comparaison a révélé que les objectifs de la phase 1 d’un plan de revitalisation municipale en trois phases visant à accroître les niveaux d’utilisation des principaux lieux de loisirs publics intérieurs et extérieurs spécialisés et interconnectés n’avaient pas été pleinement atteints au moment de l’étude. Si la modernisation des infrastructures physiques des lieux de loisirs publics est essentielle pour augmenter les niveaux d’utilisation, c’est une revitalisation accompagnée de la mise en œuvre de stratégies visant à lever les obstacles perçus à l’accès aux lieux qui est davantage susceptible de favoriser l’augmentation de l’utilisation. Nous recommandons que les interventions en matière d’environnements visent à promouvoir de manière équitable l’inclusivité, la qualité de vie et le bien-être en tenant compte des perceptions et des expériences des résidents concernant les lieux municipaux. Les lieux de loisirs publics offrent bien plus que la possibilité d’une activité physique. Ces ressources communautaires sont des lieux de rencontre, de bien-être et de promotion de la santé. Ainsi, les efforts municipaux visant à créer un environnement accueillant dans les installations de loisirs publiques et les espaces extérieurs peuvent contribuer à attirer des utilisateurs de types variés, allant des athlètes professionnels et amateurs aux usagers spontanés souhaitant profiter de leur milieu de vie.

En travaillant avec des budgets modestes, les décideurs et gestionnaires de lieux de loisirs publics recherchent des alternatives pour optimiser les coûts tout en améliorant les niveaux d’utilisation par les résidents. Pour ce faire, il peut se révéler nécessaire d’investir dans la programmation ainsi que dans des activités de marketing et de promotion, afin de s’assurer que les résidents soient au courant de la présence des installations de loisirs améliorées et soient incités à les utiliser, ce qui améliorera les niveaux d’utilisation par les usagers actuels et attirera de nouveaux utilisateurs.

Les outils d’audit environnemental peuvent renseigner sur le contexte des conditions physiques et de fonctionnement des équipements et des services, ainsi que sur d’autres aspects sociaux des installations (par exemple le personnel formé et la prise en compte des variations de la demande d’accès aux espaces publics intérieurs lors d’urgences météorologiques extrêmes). Définir un point de référence pour l’utilisation de chaque lieu peut aider la planification de la revitalisation et l’élaboration de programmes. Enfin, la collaboration entre plusieurs services (planification urbaine, santé publique, etc.) offre une approche systémique ou globale apte à réduire les obstacles rencontrés par les résidents. Explorer les impacts des lieux de loisirs revitalisés situés en milieu urbain et en milieu rural sur les résidents de ces milieux incite à une analyse plus approfondie du succès des investissements communautaires locaux afin de répondre aux besoins variés des populations.

On dispose de peu de données sur l’impact des investissements publics dans les espaces de loisirs intérieurs et extérieursNote de bas de page 1Note de bas de page 7Note de bas de page 10, ce qui limite la capacité des gouvernements municipaux et provinciaux ainsi que du gouvernement fédéral à prendre des décisions éclairées fondées sur des données probantes concernant le rendement de ces investissements dans un contexte de restriction des budgets publics. Il est nécessaire d’identifier des stratégies en matière d’environnements efficaces à l’échelle de la population pour accroître l’utilisation de ces espaces afin de mieux orienter les investissements et de constituer une référence pour des initiatives globales et multidimensionnelles en santé de la population.

Remerciements

Nous remercions le Comté de Strathcona, la ville de Spruce Grove, le comté de Parkland et la municipalité de Stony Plain pour leurs partenariats tout au long de ce projet : sans leur contribution, ce travail n’aurait pas été possible. Nous exprimons également notre gratitude au Comté de Strathcona pour le soutien financier accordé à un stagiaire d’été ayant travaillé sur le projet.

Nous tenons à remercier Prairie Research Associates, qui a mené l’enquête téléphonique au nom de l’équipe de recherche. Nous remercions également les résidents des régions d’intervention et de comparaison pour le temps consacré à participer à cette étude. Nous remercions la Dre Tanya Berry (cochercheure du projet) de la Faculté de kinésiologie, des sports et des loisirs de l’Université de l’Alberta pour son soutien dans la rédaction des demandes de subvention ainsi que dans la collecte et l’analyse des données.

CIJN a obtenu une chaire de recherche appliquée en santé publique (2014-2019) des Instituts de recherche en santé du Canada, en partenariat avec l’Agence de la santé publique du Canada et Alberta Innovates – Health Solutions (2014-2019; CPP 137909).

Financement

Ce travail a été financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (ID de l’organisme de financement : 112692) ainsi que par le Département des loisirs, des parcs et de la culture du Comté de Strathcona.

Conflits d’intérêts

CIJN est membre du comité de rédaction de la Revue PSPMC, mais n'a joué aucun rôle dans le processus d'évaluation par les pairs ou dans la prise de décision éditoriale pour cet article.

Les auteures déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts.

Contributions des auteures et avis

  • APB : enquête, méthodologie, présentation visuelle, rédaction – première version du manuscrit, rédaction – relectures et corrections.
  • LN : préparation des données, enquête, administration du projet, rédaction – relectures et corrections.
  • VK : analyse formelle, méthodologie, présentation visuelle, rédaction – relectures et corrections.
  • CIJN : conception, préparation des données, acquisition de financement, enquête, méthodologie, supervision, rédaction – première version du manuscrit, rédaction – relectures et corrections.

Le contenu de cet article et les points de vue qui y sont exprimés n’engagent que les auteures; ces points de vue ne correspondent pas nécessairement à ceux du gouvernement du Canada.

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2026-03-11