Synthèse des données probantes – Répercussions des modifications à l’environnement bâti sur l’activité physique au Canada : une revue systématique d’expériences naturelles

Accueil Revue PSPMC
Publié par : L'Agence de la santé publique du Canada
Date de publication : mars 2026
ISSN: 2368-7398
Soumettre un article
À propos du PSPMC
Naviguer
Page précedente | Table des matières | Page suivante
Stephanie A. Prince, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 1Note de rattachement des auteurs 2; Justin J. Lang, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 1Note de rattachement des auteurs 2Note de rattachement des auteurs 3; Sarah Lawrason, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 4; Eric Vallières, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 5; Gregory P. Butler, M. Sc.Note de rattachement des auteurs 1; Alison Lake, M.L.S.Note de rattachement des auteurs 6; Gavin R. McCormack, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 7
https://doi.org/10.24095/hpcdp.46.3.04f
Cet article a fait l’objet d’une évaluation par les pairs.
Attribution suggérée
Synthèse des données probantes par Prince SA et al. dans la Revue PSPMC mise à disposition selon les termes de la licence internationale Creative Commons Attribution 4.0
Rattachement des auteurs
Correspondance
Stephanie A. Prince, Centre de surveillance et de recherche appliquée, Direction générale de la promotion de la santé et de la prévention des maladies chroniques, Agence de la santé publique du Canada, 785 avenue Carling, Ottawa (Ontario) K1A 0K9; tél. : 613-324-7860; courriel : stephanie.prince.ware@phac-aspc.gc.ca
Citation proposée
Prince SA, Lang JJ, Lawrason S, Vallières E, Butler GP, Lake A, McCormack GR. Répercussions des modifications à l’environnement bâti sur l’activité physique au Canada : une revue systématique d’expériences naturelles. 2026;46(3):116-141. https://doi.org/10.24095/hpcdp.46.3.04f
Résumé
Introduction. L’environnement bâti favorise l’activité physique en offrant des possibilités d’être actif dans sa vie quotidienne. Les expériences naturelles sont précieuses pour évaluer la manière dont les modifications à l’environnement bâti dans le monde réel affectent l’activité physique et sont essentielles pour guider les politiques visant à améliorer l’activité physique à l’échelle de la population. Cette étude visait à synthétiser les données probantes issues d’expériences naturelles ayant porté sur les répercussions des modifications à l’environnement bâti sur l’activité physique au Canada.
Méthodologie. Des recherches ont été effectuées dans MEDLINE, Embase, PsycINFO, ProQuest Public Health et SportDISCUS, de la création au 27 novembre 2024. Toutes les évaluations d’expériences naturelles incluant un groupe de comparaison ou un point de référence dans le passé et évaluant les changements dans l’activité physique associés à des modifications à l’environnement bâti étaient admissibles. Une synthèse narrative résume les données probantes, en présentant leur degré de certitude.
Résultats. Les résultats des 25 expériences naturelles sélectionnées révèlent des effets positifs, avec un degré de certitude faible à modéré, de l’augmentation du potentiel piétonnier, des nouvelles infrastructures cyclables et piétonnes, des programmes de vélos en libre-service (location de vélos) et des nouveaux sentiers. On observe en revanche avec un degré de certitude de très faible à faible une absence d’effets notables pour le service rapide par bus, l’amélioration des bâtiments scolaires et des cours de récréation et l’aménagement des zones scolaires. Certaines données probantes suggèrent que les parcs canins où les chiens peuvent circuler sans laisse ont des effets négatifs sur l’activité physique des enfants dans les parcs, et que les améliorations apportées aux cours de garderies ont des effets sur l’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse.
Conclusion. Peu d’études canadiennes ont évalué les répercussions des modifications à l’environnement bâti sur l’activité physique, la plupart d’entre elles ayant été publiées dans la dernière décennie. Les études futures devraient inclure des échantillons plus importants et plus diversifiés ainsi que toutes les régions, contrôler pour les facteurs de confusion, notamment les variations saisonnières de l’activité physique en plein air, utiliser des groupes témoins bien appariés et intégrer des mesures objectives de l’activité physique.
Mots-clés : pistes cyclables, potentiel piétonnier, transport en commun, parcs, écoles, piétons, transport actif, enfants, adultes
Points saillants
- Les interventions les plus étudiées et les plus prometteuses pour promouvoir l’activité physique sont l’amélioration de l’accessibilité piétonne des quartiers, la création de nouvelles pistes cyclables et piétonnes et les programmes de vélos en libre-service.
- Les nouvelles lignes de service rapide par bus et les améliorations apportées aux bâtiments scolaires, cours d’école et zones scolaires ont fait l’objet de moins d’études, et n’ont pas été aussi efficaces pour augmenter l’activité physique.
- Peu d’études canadiennes ont évalué les répercussions des modifications à l’environnement bâti sur l’activité physique, et le degré de certitude des données probantes est majoritairement de faible à très faible.
- Les expériences naturelles constituent un moyen précieux d’évaluer l’efficacité des modifications à l’environnement bâti dans le monde réel et sont essentielles pour guider les politiques visant à améliorer l’activité physique à l’échelle de la population.
Introduction
L’activité physique régulière joue un rôle important dans le maintien de la santé mentale et physique et du bien-êtreNote de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 3Note de bas de page 4. L’environnement bâti peut favoriser l’activité physique dans les sphères du travail, de l’école, de la maison, des loisirs et des transports. On entend par environnement bâti les caractéristiques de l’environnement physique qui sont fabriquées ou modifiées par l’humain, qu’il s’agisse des structures et des bâtiments, des installations de loisirs, des espaces verts et des parcs, des systèmes de transport ou de la structuration des territoiresNote de bas de page 5. Le Plan d’action mondial de l’OMS pour promouvoir l’activité physique 2018-2030 souligne l’importance d’environnements bâtis sécuritaires et adaptés pour fournir aux individus la possibilité d’être physiquement actifs dans leur vie quotidienneNote de bas de page 6.
Des revues systématiques ont montré que des caractéristiques de l’environnement bâti telles que la possibilité de se déplacer à pied et les installations de loisirs, les parcs et les espaces verts sont positivement associées à l’activité physiqueNote de bas de page 7Note de bas de page 8, ce qui a d’importantes implications pour la santéNote de bas de page 5. Cependant, la plupart de ces données sont transversales, et le manque d’expériences naturelles est régulièrement mentionné comme une limitationNote de bas de page 7Note de bas de page 8Note de bas de page 9Note de bas de page 10Note de bas de page 11Note de bas de page 12. Une étude Delphi récente a mis en évidence la nécessité de concevoir des études plus solides, notamment des expériences naturelles, afin d’établir un lien de causalité entre les modifications à l’environnement bâti et l’activité physiqueNote de bas de page 13. Les expériences naturelles sont des interventions qui ont lieu dans des environnements réels, où l’exposition n’est pas directement manipulée par le chercheurNote de bas de page 14Note de bas de page 15. Ce type d’intervention évalue les effets des modifications « naturelles » de l’environnement bâti (pistes cyclables, amélioration des parcs, transport en commun léger, etc.) sur l’activité physique. Les expériences naturelles sont plus pratiques que les études expérimentales traditionnelles (telles que les essais contrôlés randomisés [ECR]) pour étudier les effets sur la santé des interventions environnementales lorsqu’il n’est pas possible de procéder à une répartition aléatoire de l’exposition, en raison d’interventions ou de modifications à l’environnement bâti qui se produisent naturellement et souvent à grande échelle. Les expériences naturelles sont essentielles pour faire progresser les données probantes et orienter les politiques visant à améliorer la santé de la populationNote de bas de page 16Note de bas de page 17.
Les revues précédentes axées sur des expériences naturelles menées, indépendamment du pays, ont révélé que de manière générale la création de nouvelles infrastructures pour les piétons ou les cyclistes (sentiers pédestres ou pistes cyclables) et les transports en commun, en particulier les services rapides par bus et les stations et tracés ferroviaires légers, étaient associés à une augmentation de l’activité physique, à la fois par transport actif et pour l’ensemble des déplacements à pied et à vélo, bien que les études n’aient pas toutes conclu à des associations positivesNote de bas de page 10Note de bas de page 11Note de bas de page 12Note de bas de page 18Note de bas de page 19Note de bas de page 20Note de bas de page 21. Bien que moins étudiés que les aménagements de pistes ou voies piétonnes et cyclables, les aménagements de parcs et d’aires de jeux (signalisation, sentiers pédestres, équipements de jeux, bancs, installations de traitement des déchets) ont également été associés de manière générale à une augmentation de l’activité physique ou de la fréquentation des parcsNote de bas de page 10Note de bas de page 12. On dispose de moins de données probantes issues d’expériences naturelles pour les autres modifications à l’environnement bâti.
L’utilisation de ces conceptions d’étude plus solides, comparées aux études transversales, fournit des résultats plus mitigésNote de bas de page 12. Il demeure que les données probantes d’associations positives entre le potentiel piétonnier et l’activité physique liée au transport sont cohérentes, quelle que soit la conception d’étudeNote de bas de page 7Note de bas de page 8. L’activité physique est définie principalement à partir de mesures autodéclarées de l’activité physique générale d’intensité modérée à vigoureuse (APMV) ou de résultats spécifiques à une activité, comme la marche ou le vélo. La plupart des études ont porté sur de petits échantillons dont la représentativité par rapport à la population générale offrait une compréhension limitée.
La plupart des données proviennent des États-UnisNote de bas de page 11Note de bas de page 12Note de bas de page 18, or les associations entre l’environnement bâti et l’activité physique ne sont pas toujours cohérentes entre paysNote de bas de page 22Note de bas de page 23. Des facteurs spécifiques à un pays ou à une région, tels que le climat, les normes sociales, la culture, la géographie, la topographie, les conditions socioéconomiques, le financement et les politiques, ont une influence sur l’environnement bâti et la manière dont il est utilisé. Les tendances liées à l'activité physique varient également entre les pays et les régions du mondeNote de bas de page 24. Le contexte socioculturel, géopolitique et comportemental du Canada diffère de celui des autres pays, ce qui fait que des données spécifiques au Canada concernant les effets de l’environnement bâti sur l’activité physique seraient davantage pertinentes pour orienter les décisions et les politiques locales en matière d’aménagement urbain. Il est à noter que les villes canadiennes et américaines sont souvent combinées dans les études et, bien qu’il existe des similitudes dans leurs environnements bâtis, de telles comparaisons nécessitent un examen minutieux des paramètres, en apparence comparablesNote de bas de page 25.
Plusieurs initiatives nationales ont reconnu l’importance de créer des environnements bâtis favorables à la promotion d’une vie saine et active au CanadaNote de bas de page 26Note de bas de page 27Note de bas de page 28Note de bas de page 29Note de bas de page 30. Pourtant, nous n’avons connaissance que de deux études synthétisant les données probantes spécifiques au Canada sur les associations entre les environnements bâtis et l’activité physiqueNote de bas de page 31Note de bas de page 32. Christie et ses collaborateurs ont constaté que la connectivité des rues, la verdure, la densité des destinations et le potentiel piétonnier étaient positivement associés à l’activité physique chez les adultes vivant avec un faible statut socioéconomique au CanadaNote de bas de page 31. Farkas et ses collaborateurs ont synthétisé la littérature en étudiant les associations entre les caractéristiques bâties des quartiers et la marche chez les adultes canadiens et ont constaté que le potentiel piétonnier et l’aménagement du territoire étaient systématiquement associés à la marche pour le transport, tandis que la proximité de la destination était associée à la marche, quel que soit l’objectifNote de bas de page 32.
Christie et ses collaborateurs ont inclus des études jusqu’en 2017Note de bas de page 31 et Farkas et ses collaborateurs jusqu’en 2016Note de bas de page 32. Presque toutes ces études sont transversales, ce qui ne permet pas d’inférer de causalité. Par conséquent, une mise à jour est nécessaire pour mieux comprendre la portée des études d’expériences naturelles sur l’environnement bâti et l’activité physique au Canada.
Synthétiser l’efficacité des modifications à l’environnement bâti permet de repérer les stratégies efficaces susceptibles d’améliorer les niveaux d’activité physique de la population au Canada. De plus, les évaluations par expérience naturelle améliorent notre compréhension de la causalité et, par conséquent, ont gagné en popularité, principalement dans la dernière décennieNote de bas de page 33. Cette revue vise à synthétiser les données probantes sur les expériences naturelles qui ont porté sur les modifications à l’environnement bâti et leurs répercussions sur les schémas d’activité physique en contexte canadien.
Méthodologie
L’étude est conforme aux normes PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses)Note de bas de page 34 et a été préalablement enregistrée.
Critères d’inclusion
Population
Les études incluaient des données canadiennes mesurables, en milieu urbain ou rural. Aucune restriction d’âge ou de santé n’a été appliquée.
Exposition
Les interventions sur les environnements pouvaient inclure l’ajout, la suppression ou la modification d’éléments ou de composants de l’environnement bâti à des échelles macro ou micro, par exemple des infrastructures pour la marche ou le vélo, des installations de loisirs, des parcs, des sentiers, du transport en commun, des dispositifs de réduction de la circulation, la conception d’écoles et des espaces verts. Les études portant sur l’évolution de l’activité physique à la suite d’un changement de résidence étaient également admissibles. Les études portant sur les politiques ou les lois relatives à l’environnement bâti (par exemple les limitations de vitesse pour véhicules) étaient admissibles à condition qu’elles soient évaluées dans un contexte de changements en matière d’activité physique.
Les études portant sur les modifications à l’environnement bâti dans les établissements cliniques (comme les hôpitaux) n’étaient pas admissibles. Seules les modifications objectives à l’environnement bâti étaient admissibles : les modifications autodéclarées ou perçues de l’environnement n’ont pas été prises en compte.
Points de comparaison et de référence
Les études devaient avoir un point de comparaison ou un point de référence dans le passé. Un point de référence dans le passé consiste en des données collectées avant la modification de l’environnement bâti au niveau de l’individu ou au niveau de la population. Un point de comparaison est constitué d’individus ou de groupes d’individus qui ne sont pas exposés à la même modification à l’environnement bâti, comme un quartier ou une ville semblable mais sans exposition à l’intervention.
Résultats
On a défini comme activité physique les comportements entraînant une dépense énergétique de plus de 1,5 en équivalent métabolique (MET), qu’il s’agisse de temps consacré à une activité physique d’intensité légère, modérée ou vigoureuseNote de bas de page 35 ou d’un nombre de pas. L’activité physique pouvait être pratiquée dans les différentes sphères de la vie active, que ce soit les loisirs, les transports, le travail, l’école ou la maisonNote de bas de page 36Note de bas de page 37, et pouvait avoir été mesurée par autoévaluation (questionnaire, journal ou registre, évaluation écologique momentanée), par un dispositif (podomètre, accéléromètre, GPS) ou par observation directe. Les résultats de l’activité physique pouvaient être rapportés en temps continu (par exemple en minutes par jour) ou en effectifs (par exemple un nombre de personnes pratiquant l’activité physique).
Conception de l’étude
Nous avons considéré toutes les expériences naturelles évaluant les modifications à l’environnement bâti : études quasi-expérimentales, séries temporelles longitudinales interrompues, études longitudinales avant-après, séries temporelles interrompues répétées, études transversales répétées et études prospectives et rétrospectives de déplacement résidentiel.
État de la publication
Les études devaient être des articles de périodiques évalués par des pairs ou des thèses indexées pour être admissibles.
Langue
Aucune restriction linguistique n’a été imposée lors de la stratégie de recherche, mais seules les publications en anglais ou en français ont été retenues étant donné les compétences linguistiques des auteurs.
Période
Toute la littérature publiée, quelle que soit la date de publication, a été prise en compte.
Critères d’exclusion
Les études n’étaient pas admissibles s’il s’agissait d’études sur les animaux, si elles étaient axées sur un environnement clinique (comme un hôpital), si elles ne faisaient pas état de modifications liées à une caractéristique de l’environnement ou une exposition à un environnement, si elles ne faisaient pas état de changement dans un résultat en matière d’activité physique (c’est-à-dire une mesure de changement relatif avant ou après) ou si elles étaient publiées dans une langue autre que l’anglais ou le français. Les actes de congrès, les commentaires, les éditoriaux et les revues n’étaient pas non plus admissibles.
Stratégie de recherche
Une stratégie de recherche complète a été élaborée par l’ensemble des auteurs et une bibliothécaire de recherche [AL]. La recherche primaire a été créée dans MEDLINE (par Ovid), révisée par des pairs selon la ligne directrice PRESS (Peer Review of Electronic Search Strategies)Note de bas de page 38 et traduite dans Embase (par Ovid), APAPsycINFO et ProQuest Public Health. Une deuxième bibliothécaire de recherche a traduit et effectué les recherches dans SPORTDiscus (par EBSCOhost). Toutes les recherches ont été effectuées depuis la création jusqu’au 27 novembre 2024. Les références des revues systématiques thématiques et des études incluses ont fait l’objet d’une recherche manuelle d’études supplémentaires. (Voir les tableaux supplémentaires 1 à 5 pour les stratégies de recherche [en anglais seulement].)
Sélection des articles
Nous avons importé les articles dans Covidence (Veritas Health Innovation, Melbourne, Australie) pour effectuer le processus de sélection et avons supprimé les doublons. Deux évaluateurs [SAP, JJL, SL, GRM ou GPB], travaillant indépendamment, ont vérifié les titres et les résumés afin de relever les articles potentiellement pertinents. Les textes intégraux des études potentiellement admissibles ont ensuite été analysés par deux évaluateurs [SAP, JJL, SL, GPB ou EV], qui ont également travaillé de manière indépendante. En cas de désaccord, celui-ci a été résolu par discussion, avec l’aide d’un troisième évaluateur si nécessaire.
Extraction des données
Deux évaluateurs [SAP, JJL, SL, GPB, EV ou GRM], travaillant de manière indépendante, ont créé et rempli les formulaires normalisés d’extraction des données dans Covidence. Ils n’ont pas fonctionné à l’aveugle par rapport aux auteurs ou aux périodiques lors de la sélection ou de l’extraction des données, mais ils n’ont pas extrait de données de leur propre travail.
Évaluation du risque de biais
Le risque de biais des études individuelles a été évalué à l’aide de l’outil ROBINS-E (Risk of Bias in Non-randomized Studies of Exposure)Note de bas de page 39. Les études ont été évaluées pour les biais potentiels suivants : facteurs de confusion, sélection des participants, évaluation de l’exposition, interventions après l’exposition, données manquantes, mesure des résultats et communication sélective des résultats. Pour chaque étude, le risque de biais a été qualifié de faible, modéré, sérieux ou critique. Les évaluations du risque de biais ont été effectuées par deux évaluateurs [SAP, JJL, SL, GPB, EV ou GRM], travaillant de manière indépendante, et les désaccords ont été résolus par discussion avec un troisième évaluateur [SAP].
Synthèse des données
Nous avons utilisé une synthèse narrative pour présenter les résultats regroupés par modification à l’environnement bâti et par résultat en matière d’activité physique. Aucune méta-analyse n’a été possible, car nous n’avons pas recensé au moins deux études portant sur la même modification à l’environnement bâti et utilisant le même résultat.
Évaluation de l’ensemble des données probantes
Le degré de certitude et la fiabilité des données probantes ont été évalués à l’aide d’une approche GRADE (Grading of Recommendations, Assessment, Development and Evaluation) modifiéeNote de bas de page 40. L’approche GRADE fournit un processus transparent et structuré pour synthétiser la qualité des données probantes comme étant élevée, modérée, faible ou très faible. Habituellement, les ECR sont considérés comme étant de haute qualité et les autres modèles d’étude comme étant de faible qualité. Cependant, étant donné que les ECR ne sont pas généralement réalisables lors de l’évaluation de modifications à l’environnement bâti, les expériences naturelles (c’est-à-dire les études non randomisées) ont été considérées, dans le cadre de cette analyse, comme étant de haute qualitéNote de bas de page 41. La qualité repose sur la confiance dans l’estimation de l’effet et a été réduite en cas de limitations dans la conception ou la réalisation de l’étude, d’incohérence des résultats, du caractère indirect des données probantes, de l’imprécision et de biais de publication (voir le tableau supplémentaire 6 [en anglais seulement] pour un résumé des règles de décision). Un évaluateur [SAP] a évalué les données probantes pour chaque intervention sur l’environnement bâti et pour chaque résultat, et l’équipe de révision a vérifié l’exactitude de l’évaluation.
Résultats
Caractéristiques des études
La recherche a permis de recenser 1 170 articles potentiellement pertinents, 192 dans MEDLINE, 270 dans Embase, 71 dans PsycINFO, 121 dans ProQuest Public Health et 516 dans SPORTDiscus (dans l’ordre de fusion des bases de données dans Covidence). Huit articles supplémentaires ont été recensés par recherche manuelle dans les listes de référence de revues pertinentes. Après suppression des doublons, 987 articles ont été retenus pour vérification des titres et des résumés. Sur ce nombre, 43 textes complets ont été évalués (figure 1).
Figure 1 : Texte descriptif
Cette figure décrit le processus de sélection des études en vue de la synthèse des données probantes. Il y a trois phases dans le processus : repérage, sélection et admissibilité.
Première phase : Repérage
- Études recensées dans les bases de données ou par recherche manuelle (n = 1178)
- Recherche des références (n = 8)
- MEDLINE (n = 192)
- Embase (n = 270)
- PsycINFO (n = 71)
- ProQuest Public Health (n = 121)
- SPORTDiscus (n = 516)
- Références exclues (n = 191)
- Doublons repérés manuellement (n = 9)
- Doublons repérés avec Covidence (n = 182)
Cela a donné un total de 987 articles recensés qui ont été analysés dans la deuxième phase.
Deuxième phase : Sélection
- Études sélectionnées (n = 987)
- Études exclues (n = 944)
- Études recherchées pour analyse du texte (n = 43)
- Études non récupérées (n = 0)
- Études évaluées pour admissibilité (n = 43)
- Études exclues (n = 18)
- Aucune donnée canadienne (n = 1)
- Aucun groupe témoin (n = 1)
- Limitations dans la conception de l’étude (n = 3)
- Résumé de conférence (n = 1)
- Intervention en milieu de travail (n = 1
- Aucun changement dans l’environnement bâti (n = 6)
- Aucune mesure de l’activité physique (n = 5)
Cela a donné un total de 25 articles retenus qui ont été analysés dans la troisième phase.
Troisième phase : Admissibilité
- Études incluses dans la revue (n = 25)
Au total, n = 25 articles ont été inclus dans la synthèse des données probantes.
Abréviation : PRISMA, Preferred Reporting Items for Systematic reviews and Meta-Analyses.
Au total, 25 articles ont répondu aux critères d’inclusionNote de bas de page 42Note de bas de page 43Note de bas de page 44Note de bas de page 45Note de bas de page 46Note de bas de page 47Note de bas de page 48Note de bas de page 49Note de bas de page 50Note de bas de page 51Note de bas de page 52Note de bas de page 53Note de bas de page 54Note de bas de page 55Note de bas de page 56Note de bas de page 57Note de bas de page 58Note de bas de page 59Note de bas de page 60Note de bas de page 61Note de bas de page 62Note de bas de page 63Note de bas de page 64Note de bas de page 65Note de bas de page 66. Pour une liste des 18 textes complets exclus et les raisons de leur exclusion, voir le tableau supplémentaire 7 [en anglais seulement]. Les caractéristiques des études incluses sont présentées dans le tableau 1.
| Premier auteur, année / Ville ou province / Lieu | Description de la population (cohorte) | Âge moyen (écart-type), tranche d’âge / Taille de l’échantillon analysé | Modèle d’étude / Moment du suivi | Modification à l’environnement bâti / Point de comparaison | Résultat de l’AP (mesure de la méthode d’évaluation) |
|---|---|---|---|---|---|
| Changement du potentiel piétonnier (par le biais d’un changement de résidence) | |||||
Adhikari, 2020Note de bas de page 42 Vancouver, C.-B. Milieu urbain |
Population générale : 66,7 % F, 67,7 % diplôme universitaire, 20,2 % revenu du ménage < 20 000 $ | 35,7 (13,8) ans N = 223, GI : n = 68, GT : n = 155 |
Changement de résidence Moyenne 10 mois |
GI : Amélioration du potentiel piétonnier (densité résidentielle, surface commerciale, variation de l’occupation des sols, densité des intersections) grâce au déplacement GT : Diminution du potentiel piétonnier ou aucun changement |
Nombre total de déplacements à pied par jour (autoévaluation, sondage sur le comportement de déplacement) |
Christie, 2022Note de bas de page 45 Alberta Milieu urbain |
Population générale participant à l’ATP : 64,3 % F, 29,0 % à faible revenu, 21,2 % avec niveau d’études secondaire ou inférieur | 52,5 (9,1) ans GI1 : n = 235 GI2 : n = 234 GT : n = 234 T : n = 703 |
Changement de résidence Moyenne 2,94 ans |
Caractéristiques de l’environnement bâti (nombre d’habitants, diversité des destinations et connectivité des rues) et indice mixte de potentiel piétonnier estimé pour des zones tampons euclidiennes de 400 m autour de chaque code postal résidentiel à 6 chiffres, au début de l’étude et lors du suivi; diminution du potentiel piétonnier (GI1), augmentation du potentiel piétonnier (GI2) Aucun changement (GT) |
Temps de marche total au cours de la semaine écoulée (autodéclaration, IPAQ) |
Collins, 2018Note de bas de page 47 Ontario Milieu urbain |
Déplacements imminents : 71 % F, 80 % diplôme d’études collégiales ou plus | 51,2 (15,2) ans; Élevé-faible : n = 9 Faible-élevé : n = 5 Faible-faible : n = 19 T : n = 35 |
Changement de résidence Environ 1 an |
Changement du potentiel piétonnier dans le quartier, mesuré par le score de marche : faible potentiel piétonnier par rapport à un potentiel piétonnier élevé Valeurs avant le déplacement |
Transport total par la marche, l’AP au travail et de loisir (autodéclaration, journal) |
McCormack, 2017Note de bas de page 56 Calgary (AB) Milieu urbain |
Population générale : 61,3 % à 74,5 % F, 75,0 % à 89,5 % Blancs, 68,1 % à 72,2 % formation universitaire, 10,2 % à 19,1 % revenu du ménage < 60 000 $ | GI1 : 41,6 (16,7) ans, n = 47 GI2 : 42,8 (15,6) ans, n = 48 GT : 54,4 (13,8) ans, n = 820 |
Changement de résidence 12 mois |
Changement du potentiel piétonnier dans le quartier, mesuré par le score de marche au niveau du code postal : diminution du potentiel piétonnier (GI1); augmentation du potentiel piétonnier (GI2) Aucun déplacement c. maintien (GT) |
Direction perçue et ampleur relative du changement dans les déplacements à pied et à vélo et dans l’ensemble de l’AP (autodéclaration) |
McCormack, 2021Note de bas de page 58 Alberta Milieu urbain |
Population générale participant à l’ATP : 61,7 % à 66,7 % F, 58,2 % à 58,5 % ont achevé des études postsecondaires, 17,1 % à 24,2 % revenu du ménage ≤ 49 999 $ | GI1 : 51,8 (8,7) ans, n = 165 GI2 : 51,8 (8,7) ans, n = 130 GT : 55,7 (9,1) ans, n = 5 646 |
Changement de résidence 1,5 à 1,8 an |
Déplacement dans un quartier moins intégré à la rue (GI1), déplacement dans un quartier plus intégré à la rue (GI2); l’intégration à la rue était la connectivité des rues reflétant les modifications de direction nécessaires pour se déplacer entre les lieux dans une zone tampon radiale de 1,6 km GT : Aucun déplacement |
APMV totale quotidienne, temps de transport actif, APV de loisir, APM de loisir, ML, APV de loisir incluant la marche (APV+ML), APMV de loisir incluant la marche de loisir (APMV+ML), marche de transport, marche de loisir et de transport (autodéclaration, IPAQ) |
McCormack, 2023Note de bas de page 59 Alberta Milieu urbain |
Population générale participant à l’ATP : 61,6 % à 67,2 % F, 54,5 % à 61,6 % ont achevé des études postsecondaires, 17,2 % à 25,6 % revenu du ménage ≤ 49 999 $ | GI1 : 51,6 (8,2) ans, n = 164 GI2 : 52,2 (9,6) ans, n = 134 GT : 55,7 (9,1) ans, n = 5 679 |
Changement de résidence Médiane 2 ans |
Changement de l’indice de potentiel piétonnier dans le quartier (intersections, destinations, densité de la population) ≤ 400 m de zones tampons autour des habitations : déplacement vers des quartiers à plus faible potentiel piétonnier (GI1), déplacement vers des quartiers potentiel piétonnier plus élevé (GI2) Aucun déplacement (GT) |
Temps de marche total hebdomadaire (autodéclaration, IPAQ) |
Salvo, 2018Note de bas de page 61 Calgary (AB) Milieu urbain |
Population générale (projet Pathways to Health) : GI1 : 73,5 % F, 69,4 % avec formation universitaire; GI2 : 49,3 % F, 70,8 % avec formation universitaire | GI1 : 41,6 (16,7) ans, n = 49 GI2 : 42,8 (15,6) ans, n = 48 GT : ND |
Changement de résidence Douze derniers mois |
Changement du potentiel piétonnier dans le quartier, mesuré par le score de marche au niveau du code postal : diminution du potentiel piétonnier (GI1); augmentation du potentiel piétonnier (GI2) Même potentiel piétonnier (GT) |
Changement total perçu dans le temps de marche, le temps de vélo, le transport à pied, le transport à vélo et l’AP en général (changement autodéclaré) |
Wasfi, 2016Note de bas de page 64 Toutes les provinces Milieu urbain et rural |
Citadins (étude nationale sur la santé de la population) : 54,4 % F, 30,2 % ont achevé des études postsecondaires | 38 (9), 18 à 55 ans Déplacement : n = 1 313; aucun déplacement : n = 1 663 |
Changement de résidence Tous les 2 ans pendant 12 ans |
Exposition cumulée au potentiel piétonnier (quartiles de score de marche) et évolution du quartile de score de marche entre les cycles de sondage (2 ans). La variable nominale indique les participants qui se sont déplacés de 2 quartiles ou plus du score de marche dans l’une ou l’autre direction (c.-à-d. augmentation ou diminution du potentiel piétonnier) Groupes de comparaison propres à chaque analyse : exposition à un faible potentiel piétonnier (quartile 1); déplacements au sein du même quartile de score de marche |
Pourcentage de marcheurs utilitaires (autodéclaration, questionnaire) |
| Nouvelles pistes cyclables et améliorations | |||||
Boss, 2018Note de bas de page 43 Ottawa-Gatineau (ON et QC) Milieu urbain |
Utilisateurs de l’application mobile Strava | ND N = 52 123 |
Section transversale répétée 1 an |
Trois nouvelles installations de ponts pour vélos et piétons : Adàwe Crossing, une passerelle pour vélos et piétons (ouverte en décembre 2015); Hickory, une passerelle pour vélos et piétons (ouverte en août 2015); Sentier MacDonald-Cartier (ouvert en décembre 2015) Aucun témoin de comparaison ou groupe témoin. La collecte des données s’est appuyée sur des méthodes statistiques, telles que l’autocorrélation spatiale, pour distinguer les changements notables dans les habitudes de fréquentation des changements aléatoires |
Comptage des cyclistes sur les itinéraires d’intervention (application mobile Strava) |
Ling, 2020Note de bas de page 53 Toronto (ON) Milieu urbain |
Population de cyclistes générale | s.o. N = 10 579 |
Étude longitudinale avant-après Avant la mise en œuvre, les comptages de cyclistes ont été recueillis en moyenne 14 mois (fourchette : 9 à 29 mois) avant la mise en place de la piste cyclable; les comptages de cyclistes après la mise en place de la piste ont été collectés en moyenne 34 mois (fourchette : 9 à 51 mois) après la mise en place de la piste cyclable |
Six nouvelles pistes cyclables d’une longueur totale de 8,81 km : Sherbourne St. (2,54 km); Adelaide St. W (1,61 km); Richmond St. W (1,39 km); Simcoe St. (0,69 km); Wellesley St. E (1,28 km) et Wellesley St. W-Queen’s Park (1,30 km) Sur ces six pistes cyclables, trois ont été améliorées à partir de bandes cyclables peintes : Wellesley St. E, Wellesley St. W-Queen’s Park et Sherbourne St. Seules deux des six pistes cyclables étaient à sens unique : Richmond St. W et Adelaide St. W. Les voies ont été séparées par des utilisations mixtes de bornes, de jardinières, de bordures surélevées et de voies surélevées Valeurs avant intervention |
Comptage des cyclistes sur les itinéraires d’intervention (observation directe) |
Slaney, 2021Note de bas de page 62 Victoria (C.-B.) Milieu urbain |
Résidents : 51,6 % F, 73,5 % Blancs, 74,4 % revenu du ménage < 50 000 $ | 45,7 (13,7) ans Début : n = 129 Suivi : n = 153 |
Étude longitudinale avant-après 1,5 à 2 ans |
Avant la première vague de l’étude, seule la piste cyclable protégée de Pandora Ave. du réseau cyclable AAA était achevée; entre la première et la deuxième vague, deux pistes cyclables protégées (Fort St. et Wharf St.) et des pistes cyclables sur le pont (Johnson St. bridge) ont été ajoutées Valeurs avant intervention |
APMV journalière (appareil, SenseDoc [GPS et accéléromètre]) |
Van Veghel, 2024Note de bas de page 63 Hamilton (ON) Milieu urbain |
Population générale | ND | Étude longitudinale avant-après 3 ans |
Dix améliorations de l’infrastructure cycliste séparée (zones tampons peintes, en plastique et en béton) Valeurs avant intervention |
Kilomètres parcourus à vélo sur les itinéraires (GPS de vélo) |
Williams, 2023Note de bas de page 65 Victoria (C.-B.), Kelowna (C.-B.), Halifax (N.-É.) Milieu urbain |
Population générale : 52 % à 53 % F, 82 % à 92 % Blancs, 12 % à 20 % diplôme postsecondaire, 26 % à 27 % revenu du ménage < 50 000 $ | 18 ans ou plus Victoria (C.-B.) : n = 842 Halifax (N.-É.) : n = 764 Kelowna (C.-B.) : n = 826 |
Conception quasi-expérimentale de groupes non équivalents avec enquêtes transversales répétées 5 ans |
Évolution de l’infrastructure cycliste (km) et de l’infrastructure cycliste AAA (km) (pistes cyclables protégées, pistes hors rue et voies cyclables locales) Groupe de comparaison à l’échelle d’une ville (analyse de différence dans les différences) : comparaison de l’évolution de l’activité cycliste entre Victoria (ville d’intervention) et Kelowna et Halifax (villes témoins) au fil du temps Groupe de comparaison par proximité spatiale (analyse de triple différence) : groupe « exposé » (≤ 500 m d’infrastructures AAA) ou « non exposé » (> 500 m) pour évaluer les différences d’activité cycliste entre les villes au fil du temps Les villes de comparaison ont été sélectionnées sur la base de similitudes en termes de taille, de configuration urbaine et de climat, de recommandations des partenaires gouvernementaux locaux et de l’absence de projets de construction de réseaux d’infrastructures cyclables AAA |
Activité cycliste au cours des 12 derniers mois (oui/non) (autodéclaration, questions du sondage) |
| Sentiers à usages multiples | |||||
Frank, 2019Note de bas de page 48 Vancouver (C.-B.) Milieu urbain |
Résidents : 55 % à 59 % F, 77 % à 86 % Blancs, 72 % à 78 % études postsecondaires | GI : 46,2 ans; n = 239 GT : 44,7 ans; n = 285 T : N = 524 |
Expérimentation non randomisée 2 ans |
Développement de la voie verte Comox-Helmcken Greenway (un corridor de transport actif de 2 km de long), avec amélioration de l’infrastructure cycliste, de la modération du trafic, du paysage urbain, de l’intégration du réseau Résidence à > 300 m de la voie verte |
APMV quotidienne totale (autodéclaration, IPAQ) |
Frank, 2021Note de bas de page 49 Vancouver (C.-B.) Milieu urbain |
Résidents : 55 % à 59 % F, 77 % à 86 % Blancs, 72 % à 78 % études postsecondaires | Médiane = 44 ans; GI : n = 239 GT : n = 285 T : N = 524 |
Expérimentation non randomisée 2 ans |
Développement de la voie verte Comox-Helmcken Greenway (un corridor de transport actif de 2 km de long), avec amélioration de l’infrastructure cycliste, de la modération du trafic, du paysage urbain, de l’intégration du réseau Résidence à plus de 300 m de la voie verte |
Utilisation totale du vélo (au moins un déplacement à vélo), nombre total de déplacements à vélo (autodéclaration, carnet de voyage de deux jours) |
| Programmes de vélos en libre-service | |||||
Fuller, 2013Note de bas de page 50 Montréal (QC) Milieu urbain |
Population générale : 56,7 % F, 60,2 % études collégiales ou universitaires ou supérieures | 49,4 ans N = 1 803 |
Section transversale répétée 1 à 2 ans |
Exposition aux stations d’accueil de vélos en libre-service associées à un programme de vélos en libre-service Avant l’intervention et après le retrait des stations d’accueil des vélos en libre-service pour les deux saisons |
Durée du cyclisme au cours de la semaine écoulée; cyclisme total, utilitaire et récréatif pendant au moins 10 minutes au cours de la semaine écoulée (autodéclaration, IPAQ) |
Hosford, 2018Note de bas de page 51 Vancouver (C.-B.) Milieu urbain |
Population générale : 51,8 % F, 24,4 % revenu du ménage < 50 000 $ | 18 ans ou plus Préintervention pondérée : n = 939 Suivi 1 : n = 841 Suivi 2 : n = 862 |
Section transversale répétée T1 : phase initiale et T2 : après la mise en œuvre (15 mois) |
Programme de vélos en libre-service (résidence à 500 m ou moins) Préintervention et résidence à plus de 500 m d’un programme de vélos en libre-service |
Vélo au cours de la semaine écoulée (autodéclaration, questionnaire) |
| Service rapide par bus | |||||
Collins, 2015Note de bas de page 46 Kingston (ON) Milieu urbain |
Employés de l’université : 66 % F, 35 % revenu du ménage < 90 000 $ | ND N = 656 |
Étude longitudinale avant-après 1 an |
Trois nouvelles lignes de transport en commun express qui traversent les itinéraires de banlieue les plus courants de la ville Valeurs avant intervention |
Total des transports actifs (autodéclaration, questions de sondage) |
McCormack, 2021Note de bas de page 57 Calgary (AB) Milieu urbain |
Résidents : 70 % F, 75 % à 76 % diplôme universitaire, 39,6 % à 42,5 % revenus du ménage < 99 999 $ | 46,8 (13,3) ans GI : n = 80 GT : n = 116 |
Expérimentation non randomisée 1 an |
Nouveaux arrêts de service rapide par bus ajoutés à 800 m ou moins de la résidence Résidences situées à plus de 800 m des arrêts de service rapide par bus |
APMV totale hebdomadaire, temps de marche, temps de vélo (autodéclaration) |
| Parcs où les chiens peuvent circuler sans laisse | |||||
McCormack, 2016Note de bas de page 55 Calgary (AB) Milieu urbain |
Visiteurs du parc : 35,3 % à 45,2 % F | ND Martindale (GI1) : n = 184 Taradale (GI2) : n = 167 GT1 : n = 230 GT2 : n = 205 |
Expérimentation non randomisée 1 an |
Ajout de parcs où les chiens peuvent circuler sans laisse Parcs ne disposant pas d’aires désignées pour les animaux sans laisse |
Activités dans les parcs : marche, jogging ou course à pied, vélo, jeux avec les chiens (observation directe) |
| Nouveaux sentiers | |||||
McGavock, 2019Note de bas de page 60 Winnipeg (MB) Milieu urbain |
Population générale : 77 % Blancs, 61,6 % revenu du ménage > 50 000 $ | 18 à 65 ans N = 218 |
Étude longitudinale avant-après Environ 5 mois entre l’avant et l’après |
Aménagement d’un cours d’eau naturel gelé en sentier Une période témoin de 20 à 30 jours avant et immédiatement après l’intervention a été choisie pour correspondre, autant que possible, aux conditions météorologiques pendant l’intervention |
APMV et nombre de pas pendant la visite du sentier, les utilisateurs du sentier étant comptabilisés (observation directe et dispositif [PiezoRD]) |
| Amélioration des bâtiments scolaires et des cours de récréation | |||||
Hunter, 2016Note de bas de page 52 Ontario, Alberta 3,4 % milieu rural |
Étudiants du secondaire (étude COMPASS) : 53,6 % F, 73,7 % Blancs | 15,1 (0,02) ans N = 18 777 |
Expérimentation non randomisée 1 an |
21 écoles ont modifié leur environnement physique. La quantité a été modifiée dans 5 écoles, l’état a été modifié dans 10 écoles et la quantité et l’état ont tous deux été modifiés dans 6 écoles. 19 écoles ont signalé des modifications multiples qui comprenaient des combinaisons de modifications au niveau des programmes de loisirs, de l’utilisation des unités de santé publique, de l’environnement subjectif ou de l’équipement (comme indiqué dans le questionnaire COMPASS sur les politiques et les pratiques scolaires) et de l’environnement physique (mesuré à l’aide de l’application COMPASS sur l’environnement scolaire) Valeurs avant l’intervention; 25 écoles n’ayant apporté aucune modification en matière d’AP ont été regroupées en un groupe témoin et ont servi de groupe de référence |
APMV hebdomadaire totale (autodéclaration, questionnaire) |
Wong, 2023Note de bas de page 66 Calgary (AB) Milieu urbain |
Élèves de la 1re à la 4e année | ND GI : n = 32 GT : n = 13 |
Expérimentation non randomisée 16 mois après la mise en œuvre |
Motifs peints sur des surfaces goudronnées dans trois écoles primaires d’intervention. Les motifs ont été conçus pour faciliter l’AP des enfants par le biais d’activités ou de jeux traditionnels et de jeux non structurés Une école témoin qui n’a pas reçu de motifs peints |
Nombre total d’APMV et de pas hebdomadaires, fréquence et intensité de l’activité observée dans les cours de récréation (appareil [ActiGraph GT3X], observation directe [SOPLAY]) |
| Modification de la cour d’une garderie pour augmenter les jeux de plein air à risque basés sur la nature | |||||
Brussoni, 2017Note de bas de page 44 Vancouver (C.-B.) Milieu urbain |
Enfants dans deux garderies : 47 % F; 69 % Blancs | 4,3 (0,6) ans N = 45 |
Étude longitudinale avant-après 2 semaines |
Modifications à l’environnement bâti qui ont favorisé les jeux à risque dans la nature. Les modifications à l’environnement ont porté sur les sept GT : caractère (matériaux végétaux et naturels); connectivité (chemins à travers les zones de jeu); clarté (zones de jeu bien définies); contexte (ombre); chance (allées pour explorer et modifier les rencontres); défi (possibilités de défi et de jeu risqué); et changement (dispositions des plantes qui ont permis aux espaces collectifs de changer au fil des saisons) Valeurs avant intervention |
Minutes d’APMV par période d’observation de 20 minutes (appareil [ActiGraph GT3X]) |
| Amélioration des zones scolaires pour le transport actif | |||||
Mammen, 2014Note de bas de page 54 Toutes les provinces et tous les territoires (sauf le Québec) 9,4 % milieu rural |
École primaire publique, 38,8 % statut socioéconomique élevé | ND | Section transversale répétée 1 an |
Stratégies de planification du transport scolaire : 35 % de plans d’amélioration (signalisation des zones scolaires, des passages pour piétons, des panneaux d’arrêt; installation de supports pour vélos; mise en œuvre ou amélioration des trottoirs); 33 % d’activités (journées de marche vers l’école; programmes d’autobus scolaires pédestres; compétitions de marche interclasses); 26 % d’éducation (éducation à la sécurité des parents et des enfants; cartographie des meilleurs itinéraires vers l’école; matériel promotionnel sur la planification du transport scolaire); 6 % d’application (modification des zones de dépose et de reprise des enfants; présence de brigadiers scolaires; modération de la circulation ou de la vitesse) Aucun |
Taux de transport scolaire actif (sondage à main levée autodéclaré) |
Les études incluses ont été publiées entre 2013 et 2024 et portaient principalement sur des adultes d’âge moyen (par exemple 35 à 57 ans) dans la population générale. L’étude quasi-expérimentale a été le modèle d’étude le plus fréquemment utilisé, suivie par l’étude des changements de résidence et l’étude avant-après. Les moments de suivi allaient de 3 mois à 5 ans, 1 an étant le délai le plus fréquent.
Une étude a été réalisée au niveau national (à l’exception du Québec)Note de bas de page 54 et une autre a inclus toutes les provincesNote de bas de page 64. Neuf études ont eu lieu en AlbertaNote de bas de page 45Note de bas de page 52Note de bas de page 55Note de bas de page 56Note de bas de page 57Note de bas de page 58Note de bas de page 59Note de bas de page 61Note de bas de page 66, sept en Colombie-BritanniqueNote de bas de page 42Note de bas de page 44Note de bas de page 48Note de bas de page 49Note de bas de page 51Note de bas de page 62Note de bas de page 65, six en OntarioNote de bas de page 43Note de bas de page 46Note de bas de page 47Note de bas de page 52Note de bas de page 53Note de bas de page 63, deux au QuébecNote de bas de page 43Note de bas de page 50, une au ManitobaNote de bas de page 60 et une en Nouvelle-ÉcosseNote de bas de page 65. Hormis dans le cadre des études nationalesNote de bas de page 54Note de bas de page 64, aucune étude n’a été menée dans les territoires, en Saskatchewan, à l’Île-du-Prince-Édouard, au Nouveau-Brunswick ou à Terre-Neuve-et-Labrador.
La modification de dix caractéristiques de l’environnement bâti a été évaluée, la plupart dans le contexte de quartiers résidentiels. La modification la plus étudiée a été l’amélioration du potentiel piétonnier à la suite d’un changement de résidence (31 %). Les modifications les plus étudiées ont ensuite été de nouvelles pistes cyclables (15 %) et des sentiers multifonctionnels (12 %). Les résultats de l’activité physique ont été principalement autodéclarés (64 %), mesurés à l’aide de dispositifs (20 %) ou directement observés (12 %).
Risque de biais
Sur l’ensemble, trois études (12 %) présentaient un risque de biais très élevé, 14 (56 %) présentaient un risque de biais élevé et huit (32 %) suscitaient quelques inquiétudes de risque de biais (tableau 2). Aucune étude n’a été jugée comme ayant un risque de biais faible. Les champs les plus préoccupants étaient l’absence d’ajustement pour des facteurs de confusion importants (56 %) et des problèmes liés aux données manquantes (52 %).
| Premier auteur, année | RdB dû à des facteurs de confusion | RdB dû à la mesure de l’exposition | RdB dû à la sélection dans l’étude | RdB dû aux interventions après exposition | RdB dû aux données manquantes | RdB dû à la mesure des résultats | RdB dû à la sélection des résultats rapportés | RdB global |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Changement du potentiel piétonnier (par le biais d’un changement de résidence) | ||||||||
| Adhikari, 2020Note de bas de page 42 | Faible | Faible | Élevé | Quelques inquiétudes | Élevé | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Élevé |
| Christie, 2022Note de bas de page 45 | Quelques inquiétudes | Faible | Élevé | Élevé | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Faible | Élevé |
| Collins, 2018Note de bas de page 47 | Très élevée | Quelques inquiétudes | Élevé | Quelques inquiétudes | Très élevée | Quelques inquiétudes | Élevé | Très élevée |
| McCormack, 2017Note de bas de page 56 | Faible | Élevé | Élevé | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Élevé | Élevé | Élevé |
| McCormack, 2021Note de bas de page 58 | Faible | Faible | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Faible | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes |
| McCormack, 2023Note de bas de page 59 | Faible | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Faible | Quelques inquiétudes |
| Salvo, 2018Note de bas de page 61 | Élevé | Quelques inquiétudes | Faible | Quelques inquiétudes | Faible | Très élevée | Quelques inquiétudes | Élevé |
| Wasfi, 2016Note de bas de page 64 | Élevé | Élevé | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Faible | Quelques inquiétudes |
| Nouvelles pistes cyclables et améliorations | ||||||||
| Boss, 2018Note de bas de page 43 | Élevé | Faible | Faible | Élevé | Élevé | Faible | Quelques inquiétudes | Élevé |
| Ling, 2020Note de bas de page 53 | Élevé | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Élevé | Élevé | Faible | Élevé |
| Slaney, 2021Note de bas de page 62 | Élevé | Élevé | Très élevée | Élevé | Élevé | Quelques inquiétudes | Faible | Élevé |
| Van Veghel, 2024Note de bas de page 63 | Élevé | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Faible | Quelques inquiétudes | Élevé |
| Williams, 2023Note de bas de page 65 | Élevé | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Élevé | Faible | Faible | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes |
| Sentiers à usages multiples | ||||||||
| Frank, 2019Note de bas de page 48 | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Faible | Quelques inquiétudes | Élevé | Quelques inquiétudes | Faible | Quelques inquiétudes |
| Frank, 2021Note de bas de page 49 | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Faible | Quelques inquiétudes | Élevé | Faible | Faible | Quelques inquiétudes |
| Programmes de vélos en libre-service | ||||||||
| Fuller, 2013Note de bas de page 50 | Faible | Faible | Faible | Quelques inquiétudes | Faible | Faible | Faible | Quelques inquiétudes |
| Hosford, 2018Note de bas de page 51 | Faible | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Faible | Faible | Quelques inquiétudes |
| Service rapide par bus | ||||||||
| Collins, 2015Note de bas de page 46 | Élevé | Très élevée | Très élevée | Élevé | Très élevée | Faible | Quelques inquiétudes | Très élevée |
| McCormack, 2021Note de bas de page 57 | Faible | Quelques inquiétudes | Élevé | Faible | Élevé | Élevé | Faible | Élevé |
| Parcs où les chiens peuvent circuler sans laisse | ||||||||
| McCormack, 2016Note de bas de page 55 | Élevé | Quelques inquiétudes | Élevé | Quelques inquiétudes | Faible | Élevé | Faible | Élevé |
| Nouveaux sentiers | ||||||||
| McGavock, 2019Note de bas de page 60 | Très élevée | Quelques inquiétudes | Élevé | Faible | Élevé | Faible | Quelques inquiétudes | Élevé |
| Amélioration des bâtiments scolaires et des cours de récréation | ||||||||
| Hunter, 2016Note de bas de page 52 | Faible | Élevé | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Élevé | Élevé | Quelques inquiétudes | Élevé |
| Wong, 2023Note de bas de page 66 | Très élevée | Très élevée | Élevé | Très élevée | Élevé | Faible | Faible | Très élevée |
| Modification de la cour d’une garderie pour augmenter les jeux de plein air à risque basés sur la nature | ||||||||
| Brussoni, 2017Note de bas de page 44 | Élevé | Faible | Quelques inquiétudes | Quelques inquiétudes | Faible | Quelques inquiétudes | Faible | Élevé |
| Amélioration des zones scolaires pour le transport actif | ||||||||
| Mammen, 2014Note de bas de page 54 | Très élevée | Très élevée | Quelques inquiétudes | Très élevée | Très élevée | Quelques inquiétudes | Faible | Élevé |
Synthèse des données probantes
Le tableau 3 présente une synthèse des résultats pour chaque changement dans l’environnement bâti et chaque résultat en matière d’activité physique.
| Résumé des effets | Nombre de participants (nombre d’études) | Certitude (qualité) des données probantes | Interprétation des résultats |
|---|---|---|---|
| Modifications positives à l’environnement bâti | |||
| Augmentation du potentiel piétonnier (par changement de résidence) | |||
Temps de marche McCormack et al. ont fait état d’une augmentation notable de la marche de loisirNote de bas de page 58. Adhikari et al. ont fait état d’une augmentation non statistiquement notable (p < 0,1) de la marche pour le transport (ajustée en fonction de l’autosélection résidentielle et des événements de la vie)Note de bas de page 42. McCormack et al. n’ont rapporté aucun changement statistiquement notable dans la marche de loisir ou pour le transportNote de bas de page 59. Christie et al. n’ont rapporté aucun changement notable dans la marche totale (ajusté pour le changement de statut matrimonial et la présence d’enfants à la maison)Note de bas de page 45. Collins et al. ont fait état d’une diminution notable de la marche pour le transportNote de bas de page 47. |
Plus grand potentiel piétonnier : n = 667 (+1 313 déplacements inconnus) Aucun déplacement : n = 12 719 |
Degré de certitude très faible RdB : −1 pt, 1 très élevé, 5 élevé et 2 quelques inquiétudes Incohérence : −0,5 pt, 5 études sur 8 ont rapporté des effets positifs Caractère indirect : −1 pt, populations générales, mais seulement une étude ajustée pour l’autosélection résidentielle Imprécision : −0,5 pt, TOI atteinte, mais les IC sont larges et se chevauchent, ce qui indique qu’il n’y a pas d’effet |
Le degré de certitude d’un effet positif d’un déplacement dans un quartier à potentiel piétonnier plus élevé sur la marche, en particulier la marche pour le transport, est très faible. |
AP de loisir McCormack et al. ont fait état d’une augmentation de l’APMV et de l’APM de loisir, mais aucun changement dans l’APVNote de bas de page 58. Collins et al. ont fait état d’une augmentation de l’AP récréative après le changement de résidence d’un quartier à faible potentiel piétonnier vers un quartier à potentiel piétonnier élevéNote de bas de page 47. |
Potentiel piétonnier plus élevé : n = 135 Aucun déplacement : n = 5 646+ (2 études) |
Degré de certitude faible RdB : −1 pt, 1 très élevé, 1 quelques inquiétudes Incohérence : 0 pt, les deux ont rapporté des effets positifs Caractère indirect : 0 pt, populations générales Imprécision : −1 pt, TOI pour les déplacements non atteinte |
Le degré de certitude des effets positifs d’un déplacement dans un quartier à potentiel piétonnier plus élevé sur l’AP récréative est faible. |
AP totale Salvo et al. n’ont rapporté aucun changement perçu dans l’AP totaleNote de bas de page 61. |
Potentiel piétonnier plus élevé : n = 48 Aucun déplacement : s.o. (1 étude) |
Degré de certitude faible RdB : −1 pt, élevé Incohérence : 0 pt, étude unique Caractère indirect : 0 pt, populations générales Imprécision : −1 pt, TOI non atteinte |
Le degré de certitude de l’absence d’effet d’un déplacement dans un quartier à potentiel piétonnier plus élevé sur l’AP totale est faible. |
Vélo pour le transport Salvo et al. n’ont rapporté aucun changement perçu dans le vélo pour le transportNote de bas de page 61. |
Potentiel piétonnier plus élevé : n = 48 Aucun déplacement : s.o. (1 étude) |
Degré de certitude faible RdB : −1 pt, élevé Incohérence : 0 pt, étude unique Caractère indirect : 0 pt, populations générales Imprécision : −1 pt, TOI non atteinte |
Le degré de certitude de l’absence d’effet d’un déplacement dans un quartier à potentiel piétonnier plus élevé sur l’AP totale est faible. |
AP au travail Collins et al. n’ont rapporté aucun changement notable dans l’AP au travailNote de bas de page 47. |
Potentiel piétonnier plus faible : n = 5 Aucun déplacement : n = 19 (1 étude) |
Degré de certitude faible RdB : −1 pt, élevé Incohérence : 0 pt, étude unique Caractère indirect : 0 pt, populations générales Imprécision : −1 pt, TOI non atteinte |
Le degré de certitude de l’absence d’effet d’un déplacement dans un quartier à potentiel piétonnier plus élevé sur l’AP au travail est faible. |
| Nouvelles pistes cyclables et amélioration des infrastructures cyclables | |||
Vélo Ling et al. ont constaté que l’ajout de pistes cyclables à Toronto (Ontario) a entraîné une augmentation brute globale de 257 % du nombre de cyclistes sur tous les tronçons de rue concernésNote de bas de page 53. Van Veghel et Scott ont fait état d’effets mitigés des améliorations des infrastructures cyclables séparées sur les kilomètres parcourus à vélo, avec une augmentation notable sur 5 des 10 itinéraires d’intervention, une diminution notable sur 1 itinéraire et aucun changement sur 4 itinérairesNote de bas de page 63. Williams et al. ont étudié les répercussions d’un réseau cyclable AAA à Victoria, en Colombie-BritanniqueNote de bas de page 65. Par rapport à deux villes de comparaison (qui ont également bénéficié d’une augmentation de l’infrastructure cyclable), il n’y a pas eu d’effet notable sur l’activité cycliste. Aucune différence notable n’a été observée dans aucune des villes pour les personnes vivant plus près (< 500 m) par rapport à plus loin (> 500 m) de l’infrastructure cyclable AAANote de bas de page 65. |
GI : n = 842 GT : n = 1 590 2 études portent sur le comptage des cyclistes (3 études) |
Degré de certitude très faible RdB: −1 pt, les 3 études, élevé Incohérence : −0,5 pt, variation de la direction de l’effet entre les études et les sites Caractère indirect : −1 pt, 2 populations générales de résidents et 1 population de cyclistes issus d’un programme de vélos en libre-service. Les villes témoins n’étaient pas toujours exemptes de contamination; dans une étude, les villes témoins ont augmenté leur infrastructure cycliste, et la pandémie de COVID−19 a probablement affecté le comportement des cyclistes dans toutes les villes Imprécision : 0 pt, TOI atteinte |
Le degré de certitude d’effets mixtes de la création de nouvelles pistes cyclables et de l’amélioration des infrastructures cyclables existantes sur la pratique du vélo est très faible, certaines études faisant état d’une augmentation et d’autres d’une absence de changement notable. Les modifications pourraient avoir été influencées par l’emplacement et l’utilisation préexistante de l’infrastructure. |
APMV Slaney a constaté une augmentation non statistiquement notable de l’APMV de 0,93 min/semaine (IC à 95 % : −5,28 à 7,14) après l’ajout de pistes cyclables AAANote de bas de page 62. |
N = 153 (1 étude) |
Degré de certitude très faible RdB : −1 pt, élevé Incohérence : 0 pt, étude unique Caractère indirect : −0,5 pt, population locale, l’étude suggère une forte probabilité de confusion par les conditions météorologiques Imprécision : −1 pt, TOI non atteinte |
Le degré de certitude de l’absence d’effet de la création de nouvelles pistes cyclables sur l’APMV est très faible. |
| Nouvelles infrastructures pour les cyclistes et les piétons (sentiers à usages multiples) | |||
Vélo Boss et al. ont suggéré que les cyclistes se déplaçaient vers les nouvelles infrastructures pour piétons et cyclistes à partir d’itinéraires non protégésNote de bas de page 43. Frank et al. ont observé une interaction notable entre la voie verte et le temps (RTI = 3,52; IC à 95 % : 1,54 à 8,03) et une augmentation de 252 % du taux de déplacements à vélo chez les habitants résidant à ≤ 300 m d’une nouvelle voie verte par rapport à ceux résidant à > 300 m de la voie verteNote de bas de page 49. |
Étude 1 : N = 52 123 utilisateurs Étude 2 : N = 524 (GI : n = 239) (2 études) |
Degré de certitude faible RdB : −1 pt, 1 élevé, 1 quelques inquiétudes Incohérence : 0 pt, les deux études suggèrent des augmentations Caractère indirect : −0,5 pt, 1 étude a inclus les utilisateurs de l’application Strava, l’autre, les déclarations des résidents Imprécision : 0 pt, TOI atteinte |
Le degré de certitude d’effets positifs de la création de nouvelles infrastructures pour les piétons et les cyclistes sur l’activité cycliste est faible. |
APMV Frank et al. ont constaté que l’aménagement d’une voie verte urbaine dans un quartier dense du centre-ville entraînait une augmentation de l’APMV chez les personnes résidant à ≤ 300 m de la voie verte. Le fait de vivre à ≤ 300 m de la voie verte a doublé la probabilité de respecter la recommandation de 20+ min/jour d’APMV (RC = 2,00; IC à 95 % = 1,00 à 3,98)Note de bas de page 48. |
GI : n = 239 GT : n = 285 (1 étude) |
Degré de certitude modéré RdB : 0 pt, quelques inquiétudes Incohérence : 0 pt, étude unique Caractère indirect : 0 pt, résidents Imprécision : −1 pt, TOI non atteinte |
Le degré de certitude d’effets positifs de la création de nouvelles infrastructures pour les piétons et les cyclistes sur l’APMV est modéré. |
| Programmes de vélos en libre-service | |||
Vélo Fuller et al. ont constaté que le fait d’habiter à ≤ 500 m de stations d’accueil de vélos en libre-service était fortement associé à une probabilité accrue de pratique totale et utilitaire du vélo (RC = 2,86; IC à 95 % : 1,85 à 4,42)Note de bas de page 50. Hosford et al. ont constaté que l’exposition à un programme de vélos en libre-service n’entraînait pas de changement dans le comportement cycliste chez les personnes qui travaillaient ou vivaient uniquement dans la zone de service (≤ 500 m)Note de bas de page 51. Le fait de vivre et de travailler dans la zone de service était associé à une plus grande probabilité de faire du vélo à T1 (RC = 2,26; IC à 95 % : 1,07 à 4,80) et, dans une moindre mesure, à T2 (RC = 1,37; IC à 95 % : 0,67 à 2,83)Note de bas de page 51. |
N = 2 665 (suivi final) (2 études) |
Degré de certitude modéré RdB : 0 pt, les 2 études quelques inquiétudes Incohérence : −0,5 pt, les deux études ont indiqué des augmentations, mais il semble y avoir un effet différent avec une exposition prolongée Caractère indirect : 0 pt, résidents Imprécision : 0 pt, TOI atteinte |
Le degré de certitude d’un effet positif des programmes de vélos en libre-service sur la pratique du vélo est modéré. |
| Nouveaux itinéraires de service rapide par bus | |||
Transport actif Collins et Agarwal ont étudié l’effet de l’ajout de 3 nouveaux itinéraires de service rapide par bus et ont constaté que si la fréquentation des transports en commun par les employés de l’université a augmenté de 3 %, il y a eu une baisse de 0,7 % du nombre de navetteurs actifsNote de bas de page 46. McCormack et al. ont étudié l’exposition des personnes résidant à ≤ 800 m des nouveaux arrêts de service rapide par bus. Ils ont constaté que l’exposition (sur une période ≤ 12 mois) n’influençait ni le temps consacré au transport actif (marche ou vélo) dans le quartier, ni le temps consacré à l’APMV régulièreNote de bas de page 57. Les auteurs avancent que cette constatation pourrait être due à un transfert vers l’utilisation des transports en commun plutôt que vers le transport actifNote de bas de page 57. |
Étude 1 : N = 656 Étude 2 : GI : n = 80, GT : n = 116 (2 études) |
Degré de certitude très faible RdB : −2 pt, 1 très élevé, 1 élevé Incohérence : 0 pt, résultats comparables Caractère indirect : −1 pt, une étude a été menée auprès d’employés d’universités Imprécision : 0 pt, TOI atteinte |
Le degré de certitude de l’absence d’effet des itinéraires de service rapide par bus sur le transport actif est très faible. Il convient de noter que ces études n’ont pas pris en compte le potentiel du transport combiné (bus + déplacements actifs). |
| Parcs où les chiens peuvent circuler sans laisse | |||
AP dans un parc McCormack et al. ont étudié l’effet sur les activités des visiteurs de l’ajout d’aires de promenade libre dans les parcs par rapport aux parcs sans aires de promenade libreNote de bas de page 55. Ils ont constaté que l’ajout d’aires de promenade libre pouvait réduire l’intensité de l’AP chez les enfants, mais n’avait pas d’effet sur l’activité des adultes. Les personnes visitant les parcs avec des chiens pratiquaient une activité moins vigoureuse que les visiteurs sans chiensNote de bas de page 55. |
GI1 : n = 184, GI2 : n = 167, GT1 : n = 230, GT2 : n = 205 (1 étude) |
Degré de certitude très faible RdB : −1 pt, élevé Incohérence : 0 pt, étude unique Caractère indirect : −1 pt, visiteurs du parc Imprécision : −1 pt, TOI non atteinte |
Le degré de certitude d’un effet négatif des parcs où les chiens peuvent circuler sans laisse sur l’AP des enfants dans les parcs est très faible, mais il n’y a pas d’effet sur l’AP des adultes dans les parcs. |
| Nouveaux sentiers | |||
Utilisation des sentiers, APMV et pas McGavock et al. ont étudié l’effet de l’aménagement d’un cours d’eau naturel gelé pour en faire un sentier. Pendant cette période, le nombre d’utilisateurs des sentiers a été multiplié par 4, avec une moyenne de 3 852 pas et 23 min/visite d’APMVNote de bas de page 60. |
N = 218 (1 étude) |
Degré de certitude très faible RdB : −1 pt, élevé Incohérence : 0 pt, étude unique Caractère indirect : −1 pt, visiteurs du parc Imprécision : −1 pt, TOI non atteinte |
Le degré de certitude d’un effet positif de la création d’un sentier naturel sur cours d’eau gelé sur l’utilisation du sentier est très faible, avec des implications potentielles pour l’augmentation de l’AP. |
| Amélioration des bâtiments scolaires et des cours de récréation | |||
APMV, pas, AP sur l’aire de jeux Hunter et al. ont fait état de modifications à l’environnement physique de 21 écoles. Sur les 11 écoles qui n’ont modifié qu’une caractéristique de l’environnement bâti (p. ex. ajout d’un studio de danse, d’un support à vélos, d’un court de tennis, d’un terrain de basket-ball, d’une salle de musculation ou d’un terrain de baseball), la moyenne quotidienne d’APMV n’a augmenté de manière notable que dans une seule école, qui avait ajouté un support à vélosNote de bas de page 52. Wong et al. ont étudié les changements de l’APMV, des pas et de la fréquence et de l’intensité de l’activité dans les cours de récréation après que des motifs ont été peints sur les surfaces goudronnées des écoles primaires. Par rapport à une école témoin, les trois écoles d’intervention comptaient considérablement moins de minutes d’APM, d’APMV et d’APV et moins de pas par jour. L’engagement le plus faible dans l’AP a été constaté pour les motifs par rapport aux structures de l’aire de jeuxNote de bas de page 66. |
Étude 1 : N = 18 777 Étude 2 : GI : n = 32, GT : n = 13 (2 études) |
Degré de certitude faible RdB : −2 pt, 1 très élevé, 1 élevé Incohérence : 0 pt, les deux démontrent une efficacité minimale Caractère indirect : 0 pt, étudiants Imprécision : 0 pt, TOI atteinte |
Le degré de certitude de l’absence d’effet des modifications apportées à l’environnement bâti des écoles (par exemple l’ajout de studios de danse, de terrains de tennis, de basket-ball ou de baseball, de salles de musculation, de supports à vélos ou de motifs peints sur la surface en béton des cours de récréation) sur l’AP des élèves est faible. |
| Modification de la cour d’une garderie pour augmenter les jeux de plein air à risque basés sur la nature | |||
APMV Brussoni et al. ont étudié l’évolution de l’APMV mesurée par des dispositifs pendant une période d’observation de 20 minutes après avoir modifié la cour d’une garderie pour favoriser les jeux à risque dans la nature. Ils ont constaté une diminution notable de l’APMV 2 semaines après l’intervention (−1,32 min; p < 0,001), peut-être en raison d’une augmentation des comportements ludiques et sociaux qui n’incluaient pas l’APMVNote de bas de page 44. |
45 (1 étude) |
Degré de certitude très faible RdB : −1 pt, élevé Incohérence : 0 pt, étude unique Caractère indirect : −1 pt, l’APMV a été déterminée au cours d’une période d’observation de 20 minutes Imprécision : −1 pt, TOI non atteinte |
Le degré de certitude d’un effet négatif des modifications apportées aux cours de récréation en vue d’augmenter les jeux à risque en plein air sur l’APMV est très faible. |
| Amélioration des zones scolaires | |||
Transport actif vers l’école Mammen et al. ont fait état de stratégies de planification du transport scolaire qui prévoyaient des améliorations à l’environnement bâti à proximité et dans 35 % des 106 écoles. Aucun changement notable dans le transport scolaire actif n’a été constaté au niveau national après un an, mais les variations au niveau de l’école étaient considérables. Le moment de la collecte des données, c’est-à-dire la saison, a influé sur les taux, qui étaient plus faibles lorsque le suivi avait lieu en hiverNote de bas de page 54. |
Taille de l’échantillon non déclarée (1 étude) |
Degré de certitude très faible RdB : −1 pt, élevé Incohérence : 0 pt, étude unique Caractère indirect : −1 pt, le transport scolaire actif a été déterminé à l’aide d’un sondage à main levée Imprécision : −1 pt, TOI incertaine |
Le degré de certitude de l’absence d’effet des politiques de planification du transport scolaire (qui comprennent des modifications à l’environnement bâti) sur le transport scolaire actif est très faible. |
| Modifications négatives à l’environnement bâti | |||
| Réduction du potentiel piétonnier (changement de résidence) | |||
Temps de marche Trois études ont fait état d’une diminution notable de la marche pour le transportNote de bas de page 47Note de bas de page 56Note de bas de page 59. Deux études n’ont rapporté aucun changement notable dans la marche pour le transportNote de bas de page 61Note de bas de page 64. Deux études n’ont rapporté aucun changement notable dans la marche de loisirNote de bas de page 61Note de bas de page 64. Trois études n’ont rapporté aucun changement notable dans la marche totaleNote de bas de page 45Note de bas de page 58Note de bas de page 59. |
Potentiel piétonnier plus faible : 669 (+1 313 déplacements inconnus) Aucun déplacement : 12 564 (7 études) |
Degré de certitude faible RdB : −1 pt, 1 très élevé, 4 élevé et 2 quelques inquiétudes Incohérence : −0,5 pt, variation de la direction de l’effet entre les résultats Caractère indirect : 0 pt, populations générales Imprécision : 0 pt, TOI atteinte |
Le degré de certitude de l’absence d’effet d’un déplacement dans un quartier à potentiel piétonnier plus faible sur la marche de loisir ou totale est faible. Le degré de certitude d’un effet négatif d’un déplacement dans un quartier à potentiel piétonnier plus faible sur la marche pour le transport est faible. |
AP de loisir McCormack et al. n’ont rapporté aucun changement dans l’APM, l’APV ou l’APMV de loisirNote de bas de page 58. Collins et al. n’ont rapporté aucun changement dans l’AP récréative après le déplacement d’un quartier à potentiel piétonnier élevé à un quartier à faible potentiel piétonnierNote de bas de page 47. |
Potentiel piétonnier plus faible : 174 Aucun déplacement : 5 646+ (2 études) |
Degré de certitude faible RdB : −1 pt, 1 très élevé, 1 quelques inquiétudes Incohérence : 0 pt, 2 sur 2 n’ont rapporté aucun changement Caractère indirect : 0 pt, populations générales Imprécision : −1 pt, TOI pour les déplacements non atteinte |
Le degré de certitude de l’absence d’effet d’un déplacement dans un quartier à potentiel piétonnier plus faible sur l’AP récréatif est faible. |
AP totale Salvo et al. n’ont rapporté aucun changement perçu dans l’AP totaleNote de bas de page 61. |
Potentiel piétonnier plus faible : 49 Aucun déplacement : s.o. (1 étude) |
Degré de certitude faible RdB : −1 pt, élevé Incohérence : 0 pt, étude unique Caractère indirect : 0 pt, populations générales Imprécision : −1 pt, TOI non atteinte |
Le degré de certitude de l’absence d’effet d’un changement de résidence dans un quartier à potentiel piétonnier plus faible sur l’AP total est faible. |
Vélo pour le transport Salvo et al. ont fait état d’une diminution notable du vélo pour le transportNote de bas de page 61. |
Potentiel piétonnier plus faible : n = 49 Aucun déplacement : s.o. (1 étude) |
Degré de certitude faible RdB : −1 pt, élevé Incohérence : 0 pt, étude unique Caractère indirect : 0 pt, populations générales Imprécision : −1 pt, TOI non atteinte |
Le degré de certitude d’un effet négatif d’un déplacement dans un quartier à potentiel piétonnier plus faible sur le vélo pour le transport est faible. |
AP au travail Collins et al. n’ont rapporté aucun changement notable dans l’AP au travailNote de bas de page 47. |
Potentiel piétonnier plus faible : n = 9 Aucun déplacement : n = 19 (1 étude) |
Degré de certitude faible RdB : −1 pt, élevé Incohérence : 0 pt, étude unique Caractère indirect : 0 pt, populations générales Imprécision : −1 pt, TOI non atteinte |
Le degré de certitude de l’absence d’effet d’un déplacement dans un quartier à potentiel piétonnier plus faible sur l’AP au travail est faible. |
Changement du potentiel piétonnier (par le biais d’un changement de résidence)
On a relevé un degré de certitude très faible des données probantes à propos de l’effet positif d’un changement de résidence vers un quartier à potentiel piétonnier plus élevé sur la marche (en particulier la marche pour le transport) et sur l’activité physique récréative. On a également relevé un degré de certitude des données probantes faible à propos de l’absence d’effet d’un changement résidentiel pour un quartier à potentiel piétonnier plus élevé sur l’activité physique totale, le vélo pour le transport ou l’activité physique au travail. Le degré de certitude est faible à propos de l’absence d’effet d’un changement de résidence pour un quartier à potentiel piétonnier plus faible sur la marche totale ou de loisir, l’activité physique récréative, l’activité physique au travail ou l’activité physique totale, mais on a constaté un effet négatif sur la marche et le vélo pour le transport.
Le potentiel piétonnier des quartiers a été opérationnalisé à l’aide de quatre mesures différentes dans l’ensemble des études. Presque toutes les données portent sur des adultes vivant en milieu urbain dans la population générale, avec des suivis allant de 10 mois à 3 ans. La plupart des données probantes proviennent de l’Alberta, trois études ayant évalué différents résultats à l’aide des données du Alberta’s Tomorrow ProjectNote de bas de page 45Note de bas de page 58Note de bas de page 59. Wasfi et ses collaborateurs ont utilisé une approche différente dans le cadre d’une étude longitudinale nationale à mesures répétées sur une période de 12 ansNote de bas de page 64. Leur étude était la seule à inclure des répondants de milieux ruraux, et comprenait davantage de répondants n’ayant pas terminé leurs études postsecondaires.
Nouvelles pistes cyclables et améliorations
On a relevé un degré de certitude très faible à propos d’effets mixtes de la création de nouvelles pistes cyclables ou de l’amélioration des pistes cyclables (p. ex. une meilleure séparation de la circulation) sur l’utilisation du vélo et aucun effet sur l’APMV. Les résultats diffèrent d’une étude à l’autre, ce qui rend les comparaisons difficiles. Ling et ses collaborateurs ont constaté que l’ajout de pistes cyclables s’est traduit par une augmentation de 257 % du nombre de cyclistes sur les tronçons de rue concernésNote de bas de page 53. Van Veghel et Scott ont constaté une augmentation notable du nombre de kilomètres parcourus à vélo sur cinq des dix itinéraires d’intervention dotés de pistes cyclables améliorées, une baisse notable sur un itinéraire et aucun changement sur quatre itinérairesNote de bas de page 63.
Williams et ses collaborateurs n’ont constaté aucune répercussion notable du développement d’un réseau cyclable AAA [pour tous les âges et toutes les capacités], un projet d’infrastructure cyclable séparée conçu pour améliorer l’accessibilité et la sécurité des cyclistes en construisant des voies cyclables protégées, des pistes hors rue et des voies cyclables locales à Victoria (Colombie-Britannique), par rapport à deux villes témoins ou en comparant ceux qui vivaient plus près (≤ 500 m) par rapport à plus loin (> 500 m) des pistes cyclablesNote de bas de page 65. Les résultats ont probablement été influencés par le fait que la ville d’intervention n’avait réalisé qu’environ 50 % des améliorations de l’infrastructure cyclable à la fin de l’étude, alors que les villes témoins avaient construit plus d’infrastructures cyclables que prévu. La pandémie de COVID-19 a également pu affecter le comportement des cyclistesNote de bas de page 65. La dernière étude a porté sur le même réseau AAA et a constaté une augmentation non statistiquement notable de 0,93 min/semaine de l’APMV après l’ajout des pistes cyclablesNote de bas de page 62.
Sentiers à usages multiples
On a relevé un degré de certitude faible à propos d’un effet positif de nouveaux sentiers à usages multiples sur l’activité cycliste et un degré de certitude modéré à propos d’un effet positif sur l’APMV. En se basant sur les données de l’application Strava des cyclistes, qui suivent et enregistrent l’activité physique, Boss et ses collaborateurs ont suggéré que les cyclistes utilisaient les nouvelles voies multifonctionnelles plutôt que des voies non protégéesNote de bas de page 43. Dans deux études, Frank et ses collaborateurs ont constaté que l’ajout d’une nouvelle voie verte avait entraîné une augmentation notable de l’APMVNote de bas de page 48 et de la pratique du véloNote de bas de page 49, en particulier chez les résidents qui vivaient à 300 m ou moins du corridor de transport actif par rapport à ceux qui vivaient à plus de 300 m de ce corridor.
Programmes de vélos en libre-service
On a relevé un degré de certitude modéré à propos d’un effet positif des programmes de vélos en libre-service (ou en location) sur la pratique du vélo. Fuller et ses collaborateurs ont constaté que le fait d’habiter à 500 m ou moins de stations d’accueil de vélos en libre-service était fortement associé à une probabilité accrue de pratique totale et de pratique utilitaire du vélo (rapport de cotes [RC] = 2,86; intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,85 à 4,42)Note de bas de page 50. Hosford et ses collaborateurs ont constaté qu’un programme de vélo en libre-service ne modifiait pas le comportement des cyclistes parmi ceux qui travaillaient ou qui vivaient à 500 m ou moins de la zone de service. Seuls ceux qui à la fois vivaient et travaillaient à 500 m ou moins de la zone de service avaient une plus grande probabilité de faire du vélo (temps 1 : RC = 2,26, IC à 95 % : 1,07 à 4,80; temps 2 : RC = 1,37, IC à 95 % : 0,67 à 2,83)Note de bas de page 51.
Service rapide par bus
Il existe un degré de certitude très faible à propos d’une absence d’effet des nouveaux itinéraires de service rapide par bus sur le transport actif, ce qui suggère un transfert potentiel vers les transports en commun. Dans une étude portant sur des employés d’université, Collins et Agarwal ont constaté que l’ajout de trois nouvelles lignes de service rapide par bus avait entraîné une augmentation de 3 % des transports en commun, mais une baisse de 0,7 % du transport actifNote de bas de page 46. McCormack et ses collaborateurs n’ont constaté aucun changement dans le temps consacré au transport actif après 12 mois de résidence à 800 m ou moins d’un nouvel arrêt de service rapide par busNote de bas de page 57. Cependant, aucune de ces études n’a pris en compte les transports mixtes (comme la combinaison de la marche ou du vélo et de transports en commun pour un même trajet) dans l’évaluation des résultats.
Parcs où les chiens peuvent circuler sans laisse
On observe un degré de certitude très faible à propos d’un effet négatif des parcs où les chiens peuvent circuler sans laisse sur l’activité physique des enfants, avec aucun effet sur l’activité physique des adultes. Une évaluation a montré que les parcs où les chiens peuvent circuler sans laisse réduisaient potentiellement l’intensité de l’activité physique des enfants visitant les parcs, mais n’affectaient pas l’activité physique des adultesNote de bas de page 55. De plus, les personnes fréquentant les parcs avec des chiens pratiquaient une activité physique moins vigoureuse que les personnes sans chienNote de bas de page 55.
Nouveaux sentiers
On a relevé un degré de certitude très faible à propos d’un effet positif des nouveaux sentiers sur la fréquentation. Une étude a révélé que l’aménagement d’un sentier naturel sur un cours d’eau gelé avait entraîné une multiplication par quatre du nombre d’utilisateurs du sentierNote de bas de page 60. McGavock et ses collaborateurs ont également utilisé des accéléromètres pour quantifier les pas (3 852 pas/visite) et l’APMV (23 min/visite) et ont suggéré que l’augmentation de l’utilisation des sentiers avait des implications potentielles sur l’augmentation de l’activité physique totaleNote de bas de page 60.
Amélioration des bâtiments scolaires et des cours de récréation
On a relevé un degré de certitude faible à propos d’une absence d’effet de l’amélioration de l’environnement bâti des écoles sur l’activité physique des élèves. Hunter et ses collaborateurs ont fait état de modifications à l’environnement physique dans 21 écolesNote de bas de page 52. Sur les 11 écoles qui n’ont modifié que les caractéristiques de l’environnement bâti (p. ex. ajout de studios de danse, de supports à vélos, de terrains de tennis, de basket-ball ou de baseball, ou de salles de musculation), l’APMV quotidienne moyenne n’a augmenté de manière notable que dans une seule école, qui avait ajouté un support à vélosNote de bas de page 52.
Wong et ses collaborateurs ont étudié l’évolution de l’APMV, des pas, ainsi que de la fréquence et de l’intensité des activités dans les cours de récréation après que des motifs aient été peints sur les surfaces de béton de trois écoles primairesNote de bas de page 66. Ces motifs devaient faciliter l’activité physique des enfants en les encourageant à jouer à des activités et jeux traditionnels (marelle, gauche-droite-centre, cible colorée, quatre carrés) et à des jeux non structurés (cercles aléatoires de couleurs et de tailles différentes). Par rapport à une unique école témoin, les écoles de l’intervention comptaient beaucoup moins de minutes d’APMV et de pas par jour; l’engagement le plus faible en matière d’activité physique a été constaté pour les motifs sur les surfaces de béton et le plus élevé pour les structures des aires de jeux. Les auteurs ont cité des facteurs potentiels au niveau de l’école qui pourraient avoir influencé leur utilisation, et les motifs peints nécessitaient probablement des instructions d’utilisation et du matériel de jeu (dont des balles)Note de bas de page 66.
Modification de la cour d’une garderie pour augmenter les jeux de plein air à risque basés sur la nature
On a relevé un degré de certitude très faible à propos d’un effet négatif des modifications apportées aux cours de récréation en vue d’augmenter les jeux à risque basés sur la nature sur l’APMV. Une seule étude a révélé une diminution notable de l’APMV au cours d’une seule période d’observation de 20 minutes (-1,32 min; p < 0,001) deux semaines après des modifications dans une cour de garderieNote de bas de page 44. Brussoni et ses collaborateurs ont supposé que cette diminution était due à une augmentation des jeux avec des matériaux naturels, des jeux indépendants et des comportements prosociauxNote de bas de page 44.
Amélioration des zones scolaires pour le transport actif
On a relevé un degré de certitude très faible à propos d’une absence d’effet des politiques de planification du transport scolaire sur le transport scolaire actif. Une étude a démontré que les stratégies de planification du transport scolaire qui prévoyaient des améliorations de l’environnement bâti (p. ex. signalisation des zones scolaires, passages pour piétons, panneaux d’arrêt, supports pour vélos, aménagement ou amélioration des trottoirs) ont été observées à proximité et dans 35 % des 106 écolesNote de bas de page 54. Au niveau national, Mammen et ses collaborateurs n’ont constaté aucun changement notable dans les modes de transport actifs vers l’école après un an, bien que les résultats variaient considérablement au niveau des écoles. Des données probantes suggèrent également que le moment de la collecte des données avait une incidence sur les taux, qui étaient plus faibles lorsque le suivi avait lieu en hiverNote de bas de page 54.
Analyse
Dans cette revue systématique, nous avons étudié les données probantes de 25 plans d’expériences naturelles évaluant les modifications à l’environnement bâti sur les niveaux et les modèles d’activité physique au Canada. La plupart des exp&ete;acuriences ont eu lieu en Alberta, en Colombie-Britannique et en Ontario, et aucune d’entre elles n’a porté sur les zones rurales. La plupart des études portaient sur des adultes d’environ 35 à 57 ans et avaient une durée de suivi d’environ un an. Les modifications les plus fréquentes étaient notamment l’amélioration du potentiel piétonnier à la suite d’un changement de résidence et l’ajout d’infrastructures pour les piétons ou les cyclistes. Les résultats en matière d’activité physique étaient principalement autodéclarés et liés à des interventions spécifiques telles que le potentiel piétonnier, la marche ou les pistes cyclables et le cyclisme.
Les résultats suggèrent des effets positifs, avec un degré de certitude faible à modéré, de l’augmentation du potentiel piétonnier, des nouvelles infrastructures cyclables et piétonnes, des programmes de vélos en libre-service et des sentiers. Toutefois, le degré de certitude à propos de l’absence d’effets notables est de très faible à faible pour le service rapide par bus, l’amélioration des bâtiments scolaires et des cours de récréation ainsi que l’aménagement des zones scolaires. Certaines données probantes suggèrent également que les parcs où les chiens peuvent circuler sans laisse ont des effets négatifs sur l’activité physique des enfants dans les parcs, et que les améliorations apportées aux cours de garderies ont des effets sur l’APMV.
Aucune étude répondant à nos critères d’inclusion n’a porté sur les modifications apportées aux aires de jeux, aux parcs ou aux espaces verts, sur les nouvelles installations de loisirs, l’esthétique, l’éclairage, le transport ferroviaire (métro léger, métro ou train de banlieue), d’autres infrastructures pour les piétons et les cyclistes (bancs, stationnements pour vélos, etc.) ou des dispositifs de modération de la circulation.
Comparaisons avec la littérature sur les interventions en matière d’environnement bâti
À l’instar de nos conclusions, des études non canadiennes indiquent également que le fait de déménager dans un quartier présentant des caractéristiques de potentiel piétonnier améliorées (utilisation mixte des surfaces, connectivité des rues, etc.) augmente souvent la marcheNote de bas de page 10Note de bas de page 11Note de bas de page 67. La marche est le résultat le plus constantNote de bas de page 67, bien que les études soient sujettes à un biais d’autosélection puisque les personnes plus actives pourraient choisir de vivre dans des zones à potentiel piétonnier plus élevé. De plus, les changements de vie (p. ex. naissance d’un enfant, changement d’emploi) pourraient avoir une influence sur l’activité physique. Sur les huit études que nous avons évaluées, seules deuxNote de bas de page 42Note de bas de page 45 ont tenu compte des événements de la vie et de l’autosélection résidentielle, et seuls Adhikari et ses collaborateurs ont relevé une association positive (p < 0,1)Note de bas de page 42.
Une étude réalisée par McCormack et ses collaborateurs a montré que les associations entre l’environnement bâti et l’activité physique sont probablement indépendantes du choix du lieu de résidence, mais que les conclusions étaient souvent atténuées lorsque les études transversales tenaient compte de l’autosélection du quartierNote de bas de page 12. Comme pour nos conclusions, cela laisse penser que les événements de vie et l’autosélection pourraient en partie expliquer les changements dans la pratique de la marche dus à l’amélioration du potentiel piétonnier. Alors que les études sur les changements de résidence fournissent des données probantes d’observation sur les modifications possibles du potentiel piétonnier et son influence sur l’activité physique, les études futures pourraient bénéficier de l’étude des effets sur l’activité physique susceptibles de se produire avec des améliorations du quartier (comme l’embourgeoisement ou le réaménagement urbain).
Les revues systématiques précédentes qui étaient axées sur des études d’expériences naturelles, quel que soit le pays, ont aussi généralement constaté que la création de nouvelles voies piétonnes ou cyclables (nouveaux sentiers multifonctionnels, pistes cyclables, programmes de vélos en libre-service, etc.) augmente le transport actif et le nombre total de piétons et de cyclistes, bien que les études ont également fait état d’une absence de changements notables associés à ces ajoutsNote de bas de page 10Note de bas de page 11Note de bas de page 12Note de bas de page 18Note de bas de page 19.
Une revue systématique et une méta-analyse portant principalement sur des sentiers multifonctionnels dans huit pays (dont un au Canada) ont révélé que l’activité physique (presque entièrement autodéclarée) avait augmenté de 12 % chez les personnes ayant accès à de nouveaux sentiers (différence moyenne normalisée = 0,12; IC à 95 % : 0,04 à 0,20)Note de bas de page 19. Une autre étude a porté sur l’efficacité des modifications à l’environnement physique, dont de nouveaux sentiers pédestres, cyclables et à usages multiples, pour promouvoir la marche et le véloNote de bas de page 68. Panter et ses collaborateurs ont constaté que seules 6 des 30 études ont fait état d’effets positifs notablesNote de bas de page 68. Les interventions les plus efficaces avaient ciblé l’accessibilité (nouveaux sentiers) et la sécurité (séparation des véhicules motorisés) et les interventions de meilleure qualité étaient plus susceptibles de produire des effets positifsNote de bas de page 68. Nous avons également constaté des effets positifs comparables pour les sentiers à usages multiples et des effets mitigés pour les pistes cyclables, qui ont toutes amélioré l’accessibilité et la sécurité. Certaines conclusions mitigées peuvent être attribuées à l’exposition préexistante aux infrastructures, à la localisation des infrastructures et à la difficulté à prendre en compte les modifications dans les villes témoins. Seules deux études canadiennes ont évalué des sentiers à usages multiples (la même voie verte) et quatre ont évalué des infrastructures pour les cyclistes. Compte tenu des investissements récents du gouvernement du Canada pour promouvoir le transport actif par le biais de la Stratégie nationale de transport actifNote de bas de page 29, nous pouvons nous attendre à ce que les occasions d’évaluer l’efficacité des projets d’infrastructure se multiplient à l’avenir.
Les programmes de vélos en libre-service ont été globalement moins évaluésNote de bas de page 69. Ils se sont révélés prometteurs pour l’augmentation de la pratique du vélo au Canada, comme l’indique une étude nord-américaine sur les programmes de vélos en libre-serviceNote de bas de page 70, qui a montré que le fait de vivre à proximité (< 500 m) de stations d’accueil de vélos en libre-service nouvellement installées entraînait une augmentation de la pratique du vélo sur une période de suivi de deux ans. Cependant, aucune différence n’a été observée entre les villes disposant d’un programme de vélos en libre-service et celles qui n’en disposaient pas. Des données probantes indiquent que les déplacements en vélo en libre-service remplacent ceux effectués auparavant en transport public ou à piedNote de bas de page 71. Comme le vélo est généralement plus intense que la marcheNote de bas de page 72, les programmes de vélo en libre-service pourraient contribuer dans une plus large mesure à la réalisation des recommandations canadiennes en matière d’activité physique. De futures études canadiennes sont nécessaires compte tenu de la popularité croissante des trottinettes et vélos électriques.
Des études antérieures ont montré que les nouveaux itinéraires et arrêts de service rapide par bus et de métro léger augmentaient l’activité physique de 1,76 MET/semaine (environ 30 minutes/semaine de marche ou d’activité physique légère à modérée)Note de bas de page 20. Une étude a montré que l’installation d’un nouveau métro léger entraînait une augmentation de 7 % à 40 % de la marche et des associations positives, bien qu’irrégulières, avec l’APMV et la pratique du véloNote de bas de page 21. Nos conclusions contrastées reflètent probablement un passage à l’utilisation du transport en commun plutôt que du transport actif comme principal mode de déplacement, le service rapide par bus remplaçant les options de transport en commun déjà en place plutôt que d’offrir de nouveaux services. Il pourrait être utile d’étudier les mesures des déplacements mixtes, de l’activité physique totale et de l’activité physique localisée afin d’évaluer les gains de la marche et du vélo en tant que modes de déplacement soutenant les transports en commun (comme la marche vers et depuis les stations de transport en commun) et de discerner l’efficacité en fonction des services de transport en commun préexistants. La spécificité locale de certains arrêts (densité de population et des commerces) et leurs aménagements (stockage sécurisé des vélos, points d’accès sûrs) devraient être pris en compte.
En 2024, le gouvernement du Canada a lancé le Fonds pour le transport en commun du Canada afin d’accroître l’utilisation des transports en commun et des transports actifs au CanadaNote de bas de page 30. Ce fonds permettra d’évaluer leur efficacité en matière d’augmentation de l’activité physique.
Les autres interventions relatives à l’environnement bâti (amélioration des zones scolaires, parcs où les chiens peuvent circuler sans laisse, amélioration des cours de garderies) n’ont fait l’objet que d’une seule étude, et des données probantes supplémentaires sont nécessaires pour déterminer la direction et la force de l’effet. Aucune étude n’a porté sur l’amélioration des parcs ou des aires de jeux (signalisation, aires de loisirs, équipements de jeux, bancs, sentiers de promenade, installations de traitement des déchets), bien que des études antérieures aient fait été de résultats contradictoires pour ces interventionsNote de bas de page 10Note de bas de page 11Note de bas de page 18. De même, bien que nous n’ayons relevé aucune étude évaluant les modifications à l’esthétique ou à la sécurité des quartiers (don la modération du trafic), des expériences naturelles menées dans d’autres pays ont fait état de données probantes limitées indiquant que ces modifications favorisent l’activité physiqueNote de bas de page 12. Cependant, les données probantes tirées d’études transversales et d’observation suggèrent des associations largement mitigées avec l’activité physiqueNote de bas de page 7Note de bas de page 8Note de bas de page 73.
Implications pour la recherche future
Des revues antérieures ont conclu que les modifications à l’environnement bâti ont des effets plus positifs sur des périodes de suivi plus longuesNote de bas de page 18, ce qui implique une exposition cumulative et une évolution des normes comportementalesNote de bas de page 74. Cependant, nous n’avons pas pu établir de tendances claires basées sur la durée du suivi. Wasfi et ses collaborateurs ont constaté qu’une plus grande exposition cumulée à un potentiel piétonnier plus élevé (c’est-à-dire plus de temps passé à vivre dans un quartier à potentiel piétonnier) était liée à une augmentation de la marche utilitaireNote de bas de page 64, alors que Hosford et ses collaborateurs ont montré qu’un programme de vélos en libre-service avait des effets à court terme, mais moins de répercussions à long termeNote de bas de page 51. Les évaluations futures devraient explorer les effets cumulatifs et à plus long terme des modifications à l’environnement bâti.
Le degré de certitude des données probantes s’est révélé généralement très faible ou faible, le plus souvent en raison de facteurs de confusion, d’interventions après exposition, de données manquantes, de l’évaluation de l’exposition, de la petite taille des échantillons ou de l’incohérence des résultats. Ces limites, fréquentes dans les expériences naturelles, soulignent la nécessité de mener des études supplémentaires pour confirmer les résultatsNote de bas de page 10Note de bas de page 11Note de bas de page 18Note de bas de page 75. Les expériences naturelles étant des expériences du « monde réel » difficiles à concevoir et à mettre en œuvre, de nombreuses variables échappent au contrôle du chercheur. Néanmoins, les études que nous avons analysées mettent en évidence les promesses associées aux modifications dans l’environnement bâti.
Bien que la plupart de nos conclusions semblent en cohérence avec les données probantes des revues provenant principalement de pays à revenu élevé, des recherches quasi-expérimentales supplémentaires sont nécessaires dans les divers contextes canadiens pour confirmer davantage les conclusions et pour comprendre les implications spécifiques à chaque contexte, telles que le climat ou encore la culture et les différences géographiques. Les technologies émergentes telles que les applications pour téléphones intelligents, les dispositifs portables, les dispositifs de géolocalisation et l’intelligence artificielle pour les audits environnementaux et les observations de l’activité physique permettent une mise à l’échelle plus aisée afin d’obtenir des échantillons plus importants et un meilleur caractère généralisableNote de bas de page 76. Utilisées seules ou en conjonction avec des enquêtes et des recherches basées sur les territoires, ces technologies offrent de nouvelles possibilités de surmonter les limites des approches précédentes, de s’appuyer sur les points forts et de fournir les données probantes solides nécessaires pour orienter les politiquesNote de bas de page 76. Par exemple, une étude américaine récente a utilisé une vaste cohorte de plus de 2 millions de personnes impliquant des téléphones intelligents et a constaté que l’augmentation du potentiel piétonnier à la suite d’une changement de résidence était liée à un plus grand nombre de pas effectués et à une plus grande APMVNote de bas de page 77.
L’équipe INTerventions urbaines, Équité, Recherche-Action, Communautés et sanTé (INTERACT), une collaboration pancanadienne, vise à évaluer des expériences naturelles dans quatre villes canadiennes, en mettant l’accent sur les voies vertes, les pistes cyclables, le service rapide par bus et les initiatives de développement urbainNote de bas de page 78. Le programme INTERACT prévoit de remédier aux limites méthodologiques précédentes en utilisant des capteurs mobiles, des accéléromètres, des systèmes d’information géographique et d’autres outils qui mesurent l’activité physique et les schémas de mobilité de manière plus fiable.
Points forts et limites
Notre étude présente plusieurs points forts, notamment un protocole préenregistré, une stratégie de recherche exhaustive élaborée et revue par des bibliothécaires de recherche, des évaluations de la qualité des études et l’utilisation d’une approche GRADE modifiéeNote de bas de page 40 pour évaluer le degré de certitude des données probantes. La plupart des études non canadiennes antérieures n’ont pas évalué le risque de biais des études et aucune n’a suivi les lignes directrices GRADE. Ces méthodes permettent d’identifier les problèmes méthodologiques des études actuelles et la nécessité de disposer de données probantes de meilleure qualité pour les interventions qui peuvent être abordées dans les recherches futures.
Les limitations sont en grande partie dues aux limites des données probantes sélectionnées. La plupart des échantillons ont été tirés de la population générale, mais la plupart des évaluations proviennent de l’Alberta, de la Colombie-Britannique et de l’Ontario, les territoires et certaines provinces n’étant pas représentés. Aucune étude n’a porté sur les régions rurales ou n’a exploré les effets sur les personnes socialement marginalisées ou défavorisées (peuples autochtones, les communautés 2ELGBTQIA+, groupes racisés, immigrants ou réfugiés, personnes handicapées, aînés, etc.), ce qui limite la généralisation des conclusions.
Au Canada, l’interaction avec l’environnement bâti présente des difficultés spécifiques, notamment en raison des températures et des précipitations extrêmes. Si la plupart des études ont tenu compte de la saison ou de la températureNote de bas de page 43Note de bas de page 44Note de bas de page 51Note de bas de page 52Note de bas de page 56Note de bas de page 57Note de bas de page 61 ou ont veillé à ce que les périodes de collecte des données se situent durant la même saisonNote de bas de page 46Note de bas de page 47Note de bas de page 48Note de bas de page 49Note de bas de page 53Note de bas de page 55Note de bas de page 58Note de bas de page 60, ce n’est pas le cas pour beaucoup d’entre elles. De plus, la plupart des outils actuels d’audit de l’environnement bâti ne tiennent pas compte des facteurs météorologiques et saisonniersNote de bas de page 79. Alors que la plupart des modifications à l’environnement bâti pourraient être bénéfiques sur l’ensemble de l’année, leur utilisation est susceptible d’être remise en cause par les conditions météorologiques (par exemple, les pistes cyclables doivent être déneigées). Les travaux futurs devraient prendre en compte cet important facteur de confusion.
Bien qu’elles soient sujettes à des biais de rappel et de désirabilité sociale, les mesures autodéclarées restent les plus utilisées. L’utilisation de dispositifs et de nouvelles sources de données augmenterait la portée et améliorerait la généralisation.
De nombreuses études sur les déplacements non résidentiels ont utilisé un modèle longitudinal avant-après, les valeurs des participants avant la mise en œuvre servant de point de référence dans le passé. Les travaux futurs gagneraient à inclure des groupes témoins tels que des sites de comparaison sans intervention environnementale ou des personnes vivant plus loin de la modification à l’environnement bâti.
Conclusion
Peu d’études canadiennes ont évalué les répercussions des modifications à l’environnement bâti sur l’activité physique, la plupart d’entre elles ayant vu le jour au cours de la dernière décennie. Des données à degré de certitude faible suggèrent qu’un plus grand potentiel piétonnier (par le biais d’un changement de résidence) et de nouvelles pistes cyclables et sentiers à usages multiples sont liés à une augmentation de l’activité physique, tandis que des données probantes à degré de certitude modéré indiquent que les programmes de vélos en libre-service augmentent la pratique du vélo. L’absence d’effet des initiatives de service rapide par bus, de l’amélioration des bâtiments et des cours d’école et de la modernisation des zones scolaires est liée à un degré de certitude faible. Les effets négatifs des parcs où les chiens peuvent circuler sans laisse et des garderies qui encouragent les jeux à risque sont également associés à un degré de certitude faible. Les études futures devraient inclure des échantillons plus importants et plus diversifiés ainsi que toutes les régions, contrôler les facteurs de confusion, notamment les variations saisonnières et le choix des zones résidentielles, utiliser des groupes témoins bien appariés et intégrer des mesures objectives de l’activité physique.
Remerciements
Nous tenons à remercier le Dr Lindsey Sikora de l’Université d’Ottawa pour la traduction de la recherche dans SPORTDiscus.
Financement
Aucun.
Conflits d’intérêts
Aucun.
Justin J. Lang est rédacteur en chef adjoint de la revue et l’un des rédacteurs scientifiques associés, mais il s’est retiré du processus d’évaluation de cet article.
Gavin R. McCormack est l’un des rédacteurs scientifiques associés de cette revue, mais il s’est retiré du processus d’évaluation de cet article.
Contributions des auteurs et avis
- SAP : conception, préparation des données, analyse formelle, enquête, méthodologie, administration du projet, rédaction – première version du manuscrit.
- JJL : préparation des données, enquête, méthodologie, rédaction – relectures et révisions.
- SL : préparation des données, enquête, méthodologie, rédaction – relectures et révisions.
- EV : préparation des données, enquête, méthodologie, rédaction – relectures et révisions.
- GPB : préparation des données, enquête, méthodologie, rédaction – relectures et révisions.
- GRM : préparation des données, enquête, méthodologie, rédaction – relectures et révisions.
- AL : préparation des données, ressources, méthodologie, rédaction – relectures et révisions.
Le contenu de cet article et les points de vue qui y sont exprimés n’engagent que les auteurs; ces points de vue ne correspondent pas nécessairement à ceux du gouvernement du Canada.
Télécharger en format PDF (390 ko, 26 pages)