ARCHIVÉ - L'ENVOI DE LETTRES DE PRÉSENTATION AVANT UNE ENQUÊTE TÉLÉPHONIQUE PEUT AUGMENTER LE TAUX DE PARTICIPATION

 

Les enquêtes téléphoniques constituent une façon économique et efficace de mener des études épidémiologiques sur la population. Cependant, la validité des résultats est souvent compromise par le biais de non-réponse dû au refus de participer. On a proposé d'envoyer des lettres de présentation avant les enquêtes téléphoniques pour augmenter les taux de participation (1); cependant, peu d'études ont été publiées sur l'efficacité de cette méthode.

Méthodologie

En juin 2002, nous avons amorcé une enquête transversale rétrospective par téléphone intitulée «Magnitude of Enteric Illness in the Province of British Columbia: a Population Telephone Survey ». Cette enquête visait à estimer l'étendue et à décrire la distribution des maladies gastro-intestinales en Colombie-Britannique. On a eu recours à une lettre de présentation dans l'espoir d'augmenter le taux de réponse.

L'enquête a porté sur trois régions de santé publique sélectionnées pour représenter la province de la Colombie-Britannique : une région urbaine, une mixte et une rurale. La base de sondage consistait en une liste aléatoire de numéros de téléphone résidentiels provenant d'une base de données commerciale (SelectPhoneMC, InfoUSA, Inc.). Après la prise de contact par téléphone, une personne par ménage - celle dont la date d'anniversaire est la plus proche - a été sélectionnée au hasard pour participer à l'enquête.

On a envoyé à tous les ménages de la base de sondage ayant une adresse postale une lettre de présentation environ 1 à 2 semaines après la première tentative de contact téléphonique. La lettre contenait une courte description de l'objectif de l'étude ainsi que les raisons pour lesquelles la participation et la sélection aléatoire d'un répondant parmi les membres du ménage étaient importantes.

Résultats

Voici les résultats de l'enquête de 12 mois. Parmi les personnes à qui on a demandé de participer à l'enquête, 24 % (1 951/8 090) ont reçu une lettre de présentation. Le taux de réponse global a été de 57 % (4 611/8 090). Le tableau 1 montre les taux de réponse et la relation entre la participation à l'enquête et la réception d'une lettre de présentation.

Le taux de réponse des personnes ayant reçu une lettre de présentation a été environ 1,58 fois plus élevé que celui des personnes qui n'en avaient pas reçu. La relation entre la réception d'une lettre de présentation et la participation à l'enquête ne variait pas parmi les régions à l'étude, montrant l'efficacité potentielle de la méthode dans les milieux tant urbains que ruraux. Le coût d'inclusion d'une lettre de présentation dans l'étude a représenté environ 7 % du coût total de la collecte de données.

Analyse

Les observations présentées dans ce document sont similaires à celles effectuées lors de deux études australiennes; pour la première, on avait envoyé une lettre de présentation avant de recruter des sujets témoins en vue d'une étude cas-témoin (2), et pour la seconde, on avait envoyé une lettre de présentation avant de solliciter des entrevues téléphoniques(3). Les deux études ont montré que les lettres de présentation augmentaient les taux de participation des personnes qui les recevaient. Au cours des dernières années, les taux de réponse aux enquêtes épidémiologiques menées par téléphone semblent avoir diminué en raison d'une aversion croissante face au télémarketing et de l'utilisation de plus en plus répandue des dispositifs de réponse automatique(4). Il est donc plus important que jamais de trouver des méthodes efficaces pour augmenter les taux de participation aux enquêtes téléphoniques.

Tableau 1. Relation entre la réception d'une lettre de présentation et la participation à l'enquête, par région, pour l'enquête intitulée « Magnitude of Enteric Illness in the Province of British Columbia: a Population Telephone Survey », du 1er juin 2002 au 31 mai 2003 (n = 8 090)

  Vancouver
(n = 2 659)
East Kootenay
(n = 2 747)
Région intérieure
(n = 2 684)
Total
(n = 8 090)
Taux de réponse global
58% 56% 57% 57%
Taux de réponse des personnes qui ont reçuune lettre 83% 76% 78% 79%
Taux de réponse des personnes qui n'ont pas reçu de lettre
50% 50% 50% 50%
Risque relatif brut (intervalle de confiance à 95 %)
1.66
(1.57-1.75)
1.51
(1.42-1.60)
1.57
(1.48-1.67)
1.58
(1.53-1.63)
Risque relatif (méthode de Mantel-Haenszel) (intervalle de confiance à 95 %)       1.58
(1.53-1.63)

La principale limite des résultats présentés dans ce document réside dans le fait que l'étude n'a pas été conçue pour évaluer l'incidence des lettres de présentation sur le taux de réponse. Comme les lettres n'ont pas été distribuées aléatoirement dans l'échantillon, on ne peut pas conclure avec certitude que le taux de réponse accru n'est pas dû à d'autres facteurs.

Conclusions

L'envoi de lettres de présentation avant une enquête téléphonique peut constituer une façon économique et efficace d'augmenter la participation aux études ultérieures. Ce phénomène doit faire l'objet d'autres études mieux contrôlées afin de déterminer si les lettres d'introduction entraînent bel et bien un taux de réponse plus élevé.

Références

  1. Kelsey JL, Whittemore AS, Evans AS et coll. Methods in observational epidemiology, 2e éd. New York : Oxford University Press, 1996.

  2. Robertson B, Sinclair M, Forbes A et coll. The effect of an introductory letter on participation rates using telephone recruitment (lettre). Aust N Z J Public Health 2000;24(5):552.

  3. Smith W, Chey T, Jalaludin B et coll. Increasing response rates in telephone surveys: a randomized trial. J Public Health Med 1995;17(1):33-8.

  4. Hartge P. Raising response rates: getting to Yes. Epidemiology 1999; 10(2):105-7.

Source : SE Majowicz, MSc, VL Edge, MSc, J Flint, MPH, P Sockett, PhD, K Doré, MHSc, Division des infections d'origine alimentaire, hydrique et zoonotique, Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, Guelph et Ottawa, Ontario; L McDougall, MSc, British Columbia Centre for Disease Control, Vancouver, Colombie-Britannique, et Programme de formation en épidémiologie d'intervention, Santé Canada; V Remple, RN, MSN, M Fyfe, MD, British Columbia Centre for Disease Control; S Henson, PhD, Department of Agricultural Economics, Université de Guelph; K Gaebel, MSc, Centre for the Evaluation of Medicines, St. Joseph's Hospital, Hamilton, Ontario.


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