NOTE INTERNATIONALE

PROGRÈS VERS L'ÉRADICATION MONDIALE DE LA POLIOMYÉLITE AU NIGÉRIA, JANVIER 2003 À MARS 2004

Après les progrès accomplis en vue de l'éradication de 1996 à 2002, le Nigéria a été confronté à une résurgence de la transmission du poliovirus sauvage à la suite de la suspension des campagnes de vaccination en automne 2003 dans plusieurs États du nord, en particulier Kano. Cette résurgence a conduit à la réintroduction du poliovirus sauvage dans des États du Nigéria exempts de poliomyélite et à l'exportation du poliovirus sauvage vers huit pays exempts de l'Afrique de l'Ouest et de l'Afrique centrale (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d'Ivoire, Ghana, République centrafricaine, Tchad et Togo).

L'intensité accrue de la transmission du poliovirus sauvage dans les États d'endémie du nord du Nigéria en 2003 a été constatée malgré les activités de vaccination supplémentaires ciblées plus nombreuses. Sur les 13 États d'endémie, sept ont organisé quatre séries de journées locales de vaccination (JLV) ou davantage en 2003; les 13 États ont tous continué à confirmer la présence du poliovirus sauvage. La poursuite de la transmission du poliovirus sauvage avec une diversité génétique accrue, l'observation de cas chez des enfants plus âgés et les données sur le vaccin antipoliomyélitique oral concernant les cas de PFA non poliomyélitiques démontrent qu'une proportion significative d'enfants n'a pas réussi à être vaccinée au cours des campagnes.

Des rumeurs sans fondement contestant l'innocuité du vaccin antipolio-myélitique oral ont eu des répercussions négatives sur les JLV, les effets les plus graves ayant été ressentis dans l'État de Kano où sont regroupés 25 % des cas du pays dus au poliovirus sauvage en 2003. Invoquant les préoccupations au sujet de l'innocuité du vaccin, les autorités de l'État de Kano (qui avaient organisé leur dernière JLV en avril 2003) ont décidé en août 2003 de suspendre toutes les activités de vaccination supplémentaires. Ces activités à l'échelle de l'État ont également été suspendues à différents moments en 2003 et 2004 dans les États de Kaduna, de Zamfara et, dans des proportions plus limitées, du Niger. Face aux rumeurs, les responsables de la santé publique et les agents de santé sur le terrain ont eu de plus en plus de mal à améliorer la micro planification, la formation et la mise en oeuvre des activités de vaccination supplémentaires.

Source : Relevé épidémiologique hebdomadaire de l'OMS, vol 79, n o 17, 2004. (note de la rédaction)


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