ARCHIVÉ - Comportements d'auto-exclusion chez des personnes atteintes de maladie gastro-intestinale et travaillant dans des milieux à risque élevé ou fréquentant des garderies

 

Relevé des maladies transmissibles au Canada

le 15 août 2006

Volume 32
Numéro 16

K Thomas, MSc (1), S Majowicz, MSc, PhD (1), P Sockett, PhD (1), V Edge, MSc (1), J Flint, MPH (1), K Doré, MHSc (1), L MacDougall, MSc (2), S Atashband, MHSc (2), M Fyfe, MD, MSc, FRCPC (3), S Henson, MSc, PhD (4), S Kovacs, MSc (5), A Jones, DMV, PhD (6)

  1. Division des infections d'origine hydrique, alimentaire et zoonotique, Agence de santé publique du Canada, Guelph et Ottawa (Ontario), Canada

  2. British Columbia Centre for Disease Control and Prevention, Vancouver (Colombie-Britannique), Canada

  3. Vancouver Island Health Authority, Victoria (Colombie-Britannique), Canada

  4. Department of Agricultural Economics and Business, University of Guelph, Guelph (Ontario), Canada

  5. Western University of Health Sciences, Pomona, California, USA

  6. Division of Community Health Faculty of Medicine, Memorial University of Newfoundland, (St. John's, Terre-Neuve et Labrador), Canada

Introduction

Il est utile de comprendre le comportement des personnes atteintes de maladie gastro-intestinale aiguë qui décident de continuer à travailler dans des milieux à risque élevé ou de fréquenter des garderies si l'on veut mettre au point des programmes d'éducation et d'intervention aptes à réduire la transmission secondaire. Les milieux à risque élevé sont ceux où la nature de l'environnement ou les fonctions du travailleur augmentent les risques de transmission de la maladie gastro-intestinale. Il s'agit notamment des lieux où l'on prépare des aliments, en particulier ceux où l'on manipule des aliments prêts à manger, des centres de soins actifs ou de soins prolongés et des garderies fréquentées à titre de travailleur ou de client. La littérature portant expressément sur le comportement des employés atteints de maladies infectieuses qui travaillent dans des milieux à risque élevé est peu abondante. Ce document présente les comportements et les pratiques des personnes atteintes de maladie gastro-intestinale qui travaillent dans des milieux à risque élevé ou fréquentent des garderies, notamment les pratiques d'auto-exclusion (décider de son propre chef de ne pas se présenter au travail ou de ne pas fréquenter la garderie à cause de la maladie) ou les raisons qui les incitent à travailler pendant la maladie, par rapport à ceux des personnes atteintes de maladie gastro-intestinale qui ne travaillent pas dans de tels milieux et ne fréquentent pas les garderies.

Méthodologie

Une enquête téléphonique, rétrospective et transversale, intitulée « Magnitude of enteric illness in the province of British Columbia: A population telephone survey » (Importance de la maladie entérique dans la province de la Colombie-Britannique : enquête téléphonique en population), a été menée en juin 2002. Elle visait à estimer l'importance de la maladie gastrointestinale autodéclarée en Colombie-Britannique (C.-B.) et à en présenter la répartition1,2.

Le secteur visé par l'étude était formé de trois régions, qui devaient être représentatives de la structure socioéconomique de la C.-B. et qui comprenaient donc une région sanitaire urbaine, une mixte et une rurale. Le cadre d'échantillonnage consistait en une liste randomisée de numéros de téléphone résidentiels tirés d'une base de données commerciale (SelectPhone™, InfoUSA, Inc.). Une fois le contact téléphonique établi, le membre du ménage dont la date d'anniversaire était la plus proche était choisi au hasard pour participer à l'enquête.

Pour déceler les personnes souffrant de maladie gastro-intestinale aiguë et autodéclarée, on a demandé aux répondants s'ils avaient souffert de vomissements ou de diarrhée au cours des 28 jours précédant l'entrevue. Cet instrument d'enquête a été mis au point à l'aide de l'instrument d'enquête de Hamilton3, fruit de la modification d'autres questionnaires validés existants4-6. Des enquêtés-substituts ont été utilisés dans le cas des enfants âgés de < 12 ans ou de ceux de 12 à 17 ans dont le parent/tuteur le désirait. Les répondants qui ne déclaraient pas de symptômes de maladie gastrointestinale et ceux qui souffraient de maladie gastro-intestinale chronique ont été inclus dans la catégorie des non-cas. La maladie gastro-intestinale chronique englobait des symptômes attribués à la grossesse, à la prise de médicaments, à des allergies alimentaires et/ou à des affections médicales déjà diagnostiquées par un médecin, par exemple la colite, la diverticulite, la maladie de Crohn et le syndrome du côlon irritable.

D'autres questions de l'enquête portaient sur la fréquentation de la garderie, la profession et les caractéristiques démographiques. Si la personne travaillait dans un milieu à risque élevé (préposés à lamanutention des aliments, travailleurs en garderie ou travailleurs de la santé) ou si elle fréquentait une garderie, on lui a posé d'autres questions sur l'exclusion. On lui a notamment demandé si elle était restée chez elle pendant sa maladie, si elle avait pris la décision elle-même ou si l'employeur ou un médecin l'avait prise à sa place, les raisons pour lesquelles elle était restée à lamaison pendant sa maladie et si elle ne présentait plus aucun symptôme à son retour au travail ou à la garderie.

L'analyse des données a été faite à l'aide du SAS version 9.1 (SAS Institute Inc., Cary, NC, USA). Le test de la somme des rangs de Wilcoxon a été utilisé pour vérifier l'existence de différences significatives dans le nombre de jours de congé imputables à la maladie.

Résultats

Répondants de ≥ 19 ans et plus

Au total, 3 709 répondants adultes étaient âgés de ≥ 19 ans; 9,5 % (n = 354) étaient des cas, et 63 % de ces derniers (n = 223) ont répondu « oui » à la question « Exercez-vous un emploi? ». Parmi les adultes qui exerçaient un emploi, 6 % (n = 14), 1 % (n = 2) et 10 % (n = 22) étaient respectivement préposés à la manutention des aliments, travailleurs en garderie et travailleurs de la santé (figure 1).

Plusieurs travailleurs ont continué à travailler alors qu'ils présentaient des symptômes de maladie gastro-intestinale aiguë (figure 1). Lamoitié des préposés à lamanutention des aliments et près du quart des travailleurs de la santé ont continué à travailler alors qu'ils présentaient des symptômes; mais aucun des travailleurs en garderie n'a déclaré avoir continué à travailler alors qu'il présentait des symptômes demaladie gastro-intestinale aiguë.

Figure 1. Répartition des cas adultes exerçant un emploi et atteints de maladie gastro-intestinale, selon le type d'emploie et selon qu'ils ont continué à travailler alors qu'ils présentaient des symptômes de maladie gastro-intestinale aiguë

Répartition des cas adultes exerçant un emploi et atteints de maladie gastro-intestinale, selon le type d'emploie et selon qu'ils ont continué à travailler alors qu'ils présentaient des symptômes de maladie gastro-intestinale aiguë

Les travailleurs des milieux à risque élevé étaient 1,4 fois (intervalle de confiance (IC) à 95 % : 1,1 - 1,8) plus nombreux à cesser de travailler en période de maladie que ceux des milieux à faible risque. Si on les répartit selon le type de milieu à risque élevé, on observe que les travailleurs de la santé et les travailleurs en garderie étaient respectivement 1,5 fois (IC à 95 % : 1,2 - 2,0) et 2,0 fois (IC à 95 % : 1,7 - 2,3) plus nombreux à cesser de travailler en période de maladie que ceux des milieux à faible risque. Les préposés à la manutention des aliments n'étaient ni plus ni moins nombreux à cesser de travailler en période de maladie que ceux des milieux à faible risque (risque relatif = 1,0, IC à 95 % : 0,6 - 1,7).

Parmi les travailleurs des milieux à risque élevé qui étaient censés travailler mais ont pris congé en raison de la maladie (n = 17), 14 ont pris la décision eux-mêmes parce qu'ils étaient travailleurs autonomes, deux cas ont été exclus par un médecin et un cas n'a pas indiqué qui avait pris la décision. Mais parmi ces 17 cas adultes, deux préposés à la manutention des aliments, un travailleur en garderie et cinq travailleurs de la santé sont retournés au travail alors qu'il présentaient toujours des symptômes de maladie gastro-intestinale aiguë.

Chez les travailleurs des milieux à risque élevé, la période écoulée entre l'apparition des symptômes et la décision de s'absenter du travail variait entre 1 et 10 jours, lamédiane se situant à 1 jour. Le nombre de jours de congé en raison de la maladie n'était pas significativement différent (p = 0,63) chez les travailleurs des milieux à risque élevé (0,5 à 12 jours) et ceux des milieux à faible risque (1,5 heure à 8 jours).

Le plus souvent, les cas travaillant dans des milieux à risque élevé citaient les motifs suivants à l'appui de leur décision de ne pas s'absenter du travail pendant leur maladie : « Je ne pensais pas que la maladie était assez grave pour qu'il soit nécessaire de rester à la maison », « Je ne pouvais pas me payer le luxe de prendre congé » et « L'employeur comptait sur moi/je n'avais personne pour me remplacer ».

Répondants âgés de < 19 ans

Parmi les répondants de < 19 ans (n = 600), 15 % (n = 90) étaient des cas, et deux d'entre eux étaient préposés à la manutention des aliments; ils n'étaient toutefois pas censés travailler pendant la période de leur maladie, et leurs réponses n'ont donc pas été pris en compte dans l'analyse.

Onze des 142 enfants visés par l'enquête et âgés de < 4 ans fréquentaient la garderie, et quatre d'entre eux étaient des cas. Les quatre enfants ne sont pas allés à la garderie, mais l'un d'entre eux y est retourné alors qu'il présentait toujours des symptômes. La période écoulée entre l'apparition des symptômes et le jour où les enfants ont commencé à rester à la maison variait entre 1 et 3 jours, la médiane se situant à 1 jour. Le nombre de jours d'absence de la garderie pour cause de maladie variait entre 1 et 3 jours.

Analyse

Même si cette analyse repose sur un échantillon de taille restreinte, elle n'en permet pas moins de mieux comprendre les pratiques d'auto-exclusion des personnes atteintes de maladie gastro-intestinale aiguë qui travaillent dans des milieux à risque élevé ou fréquentent la garderie. Nous avons découvert que 17 % de tous les cas adultes exerçant un emploi travaillaient dans des milieux à risque élevé (préposés à la manutention des aliments, travailleurs en garderie et travailleurs de la santé), ce qui pourrait représenter, sur le plan de la santé publique, un risque considérable de transmission secondaire de la maladie. De nombreux rapports relient la maladie chez les préposés à la manutention des aliments à des éclosions de toxi-infections d'origine alimentaire7-9; d'autres établissent un lien entre les contacts avec des personnes malades fréquentant la garderie ou y travaillant et des éclosions de maladie gastro-intestinale dans ce type d'établissement10-13. De plus, de nombreux travailleurs malades ont continué à travailler pendant un certain temps avant de décider de rester à la maison, augmentant ainsi le risque de transmission secondaire. Il est essentiel de se pencher sur ce risque potentiel pour la santé publique et de mieux saisir l'importance du problème.

Les préposés à la manutention des aliments ont continué à travailler pendant leur maladie dans une plus forte proportion que les travailleurs en garderie et les travailleurs de la santé. De même, les travailleurs en garderie et les travailleurs de la santé étaient, contrairement aux préposés à la manutention des aliments, statistiquement plus nombreux à cesser de travailler en cas de maladie que les travailleurs des milieux à faible risque. Il se peut que les programmes d'éducation sur la transmission des maladies offerts aux travailleurs en garderie et aux travailleurs de la santé ou intégrés à leur formation professionnelle donnent de meilleurs résultats que les programmes destinés aux préposés à la manutention des aliments. Mais selon le Food Premises Regulation de la Health Act de la Colombie-britannique 14, tout exploitant d'un établissement de services alimentaires doit détenir un certificat d'un programme de formation sur la sécurité alimentaire comme le programme « Salubrité des aliments »15 et veiller à ce que, pendant son absence, au moins un employé en détienne un. Ce programme de formation inclut une section énonçant les raisons pour lesquelles les travailleurs doivent s'absenter du travail en cas de maladie ou d'infection, mais il semble que l'efficacité des programmes d'éducation et de formation doive être examinée de plus près.

Bon nombre de travailleurs des milieux à risque élevé ont indiqué qu'ils avaient continué à travailler alors qu'ils étaient malades parce qu'ils ne pouvaient pas se payer le luxe de prendre des congés ou parce qu'ils avaient l'impression que personne ne pourrait les remplacer pendant leur absence.

Ces résultats correspondent à ceux de Aronsson et coll.16, selon lesquels le niveau de revenu et le niveau perçu de remplaçabilité d'un travailleur jouent un rôle important dans le présentéisme malgré la maladie. Le présentéisme malgré la maladie est le « phénomène selon lequel des gens ayant des symptômes et un mauvais état de santé qui devraient les inciter à se reposer et à s'absenter entrent tout de même au travail »16. Dans l'étude d'Aronsson et coll., les personnes qui croyaient qu'elles devraient prendre les bouchées doubles à leur retour au travail et celles qui touchaient un faible revenu étaient plus nombreuses à présenter des comportements de présentéisme malgré la maladie. Fait intéressant, les auteurs ont découvert que c'est dans les secteurs de l'éducation, des soins et de l'aide sociale, notamment chez les gardiens d'enfants, les éducateurs au niveau préscolaire, les préposés des centres d'hébergement, les infirmières auxiliaires et les infirmières autorisées, que le phénomène était le plus répandu. Chez les travailleurs des services de restauration, le rapport de cotes le plus élevé de présentéisme malgré la maladie a été observé chez les cuisiniers et les serveurs.

Du point de vue commercial, le présentéisme malgré la maladie représente un coût indirect associé à une baisse de productivité17. On estime que la maladie en général peut nuire à la quantité et à la qualité du travail accompli 17-19. Une étude sur la perte de temps productif causée par la douleur a révélé que le présentéisme malgré la maladie faisait perdre quatre fois plus de temps productif que l'absentéisme18,19. Il faut absolument comprendre les raisons du présentéisme malgré la maladie au Canada, car ce phénomène représente un risque pour la santé publique et des coûts indirects associés à une baisse de productivité. Cette situation peut faire ressortir à son tour la nécessité d'améliorer les prestations de maladie des employés afin de les inciter à s'auto-exclure en cas de maladie.

Conclusion

Ce document présente une partie des comportements et des pratiques d'auto-exclusion des personnes atteintes de maladie gastro-intestinale aiguë et travaillant dans des milieux à risque élevé ou fréquentant des garderies, et permet de combler en partie les lacunes de ce domaine de recherche. Il y a lieu de poursuivre la recherche afin de déterminer s'il faut adopter des stratégies d'intervention et d'éducation pour les travailleurs des milieux à risque élevé et les parents d'enfants fréquentant la garderie. Des changements aux prestations de maladie pourraient contribuer à réduire le présentéisme malgré la maladie et, du même coup, non seulement réduire les risques de transmission de la maladie mais également améliorer la productivité globale des travailleurs.

Remerciements

Les auteurs aimeraient remercier les autres membres de l'équipe des British Columbia National Studies on Acute Gastrointestinal Illness (NSAGI) et, en particulier, V. Remple (British Columbia Centre for Disease Control, Vancouver, Colombie-Britannique), de leur contribution globale à l'ensemble du projet; le personnel du Centre for Evaluation of Medicines (St. Joseph's Hospital, Hamilton), de leurs entrevues de grande qualité; les Health Service Delivery Areas de Vancouver, Northern Interior and East Kootenay, de leur soutien général à ce projet; et les résidants de la Colombie-Britannique de leur participation. Ce projet a été financé par l'Agence de la santé publique du Canada.

Références

  1. Santé Canada. L'envoi de lettres de présentation avant une enquête téléphonique peut augmenter le taux de participitation. RMTC 2004;30(13):121-3.

  2. Thomas MK, Majowicz SE, MacDougall L et al. Epidemiology of acute gastrointestinal illness in British Columbia: Population incidence, distribution, and burden. 2006. (In press).

  3. Majowicz SE, Dore K, Flint J et al. Magnitude and Distribution of Acute, Self-Reported Gastrointestinal Illness in a Canadian Community. Epidemiol Infect 2004;132:607-17.

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  13. Gouveia S, Proctor ME, Lee MS et al. Genomic comparisons and Shiga toxin production among Escherichia coli O157:H7 isolates from a day care center outbreak and sporadic cases in southeastern Wisconsin. J Clin Microbiol 1998;36:727-33.

  14. British Columbia Health Act, Food Premises Regulation. B.C. Reg 210/99, 2. 2004. Victoria, British Columbia, Queen's Printer. 2004. (http://www.qp.gov.bc.ca/statreg/reg/H/Health/210_99.htm).

  15. The Province of British Columbia. FOODSAFE Training for FoodserviceWorkers & Managers, 2005. (http://www.foodsafe.ca/).

  16. Aronsson G, Gustafsson K, Dallner M. Sick but yet at work. An empirical study of sickness presenteeism. J Epidemiol Community Health 2000;54:502-9.

  17. Hemp, P. Presenteeism: At work - but out of it. Harvard Business Review. Oct, 2004. Harvard Business School Publishing Corporation.

  18. Stewart WF, Ricci JA, Chee E et al. Lost productive time and cost due to common pain conditions in the US workforce. JAMA 2003;290:2443-54.

  19. Stewart WF, Ricci JA, Chee E et al. Cost of lost productive work time among US workers with depression. JAMA 2003;289:3135-44.

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