ARCHIVÉ - 4.0 Épidémiologie de la maladie invasive à SGA au Canada

 

C'est en janvier 2000 que l'infection invasive à SGA est devenue une maladie à déclaration obligatoire à l'échelle nationale. L'année la plus récente pour laquelle des données nationales complètes ont été publiées est 2001. L'incidence générale de la maladie en 2001 s'établissait à 2,7 pour 100 000 habitants. Les taux d'incidence les plus élevés ont été signalés chez les adultes de ≥ 60 ans (5,3 pour 100 000), suivis des enfants de < 1 an (4,8 pour 100 000) et des enfants de 1 à 4 ans (3,6 pour 100 000)(8). Des données préliminaires pour les années subséquentes mettent en évidence une légère variation dans l'incidence générale : 2,8 pour 100 000 en 2002, 3,2 pour 100 000 en 2003 et 2,6 pour 100 000 en 2004 (données inédites, Agence de santé publique du Canada).

Des taux élevés de maladie invasive à SGA ont été détectés chez les Autochtones vivant dans l'Arctique canadien par l'entremise du système de Surveillance circumpolaire internationale (en population). Entre 2000 et 2002, aucun cas de maladie invasive à SGA n'a été signalé chez les non-Autochtones des territoires,du Nord du Québec ou du Nord du Labrador. En revanche, chez les Autochtones du Nord du Canada, le taux d'incidence de la maladie s'élevait à 9,0 pour 100 000 en 2000 (7 cas), à 3,0 pour 100 000 en 2001 (2 cas) et à 5,0 pour 100 000 en 2002 (4 cas)(9-11). Selon des données préliminaires pour 2003, le taux de maladie invasive à SGA serait également plus élevé chez les Autochtones (2,6 pour 100 000) que chez les non-Autochtones (1,9 pour 100 000) (7 cas dans l'ensemble)(12).

Le CNS offre des services de laboratoire de référence pour le SGA associé à une maladie invasive. Parmi les 2 195 isolats de sang, de tissu cérébral ou de liquide céphalorachidien (LCR) soumis entre 1993 et 1999, le type de protéine M le plus souvent identifié était M1 (28 %), suivi des sérotypes M28 (9 %), M12 (8 %),M3(8%)etM4(6%)(13). Sauf en 2000-2001, M1 était toujours le sérotype le plus souvent identifié entre 1992 et 2004-2005(13-16). Le CNS étudie également la sensibilité aux antibiotiques des isolats de S. pyogenes. Sur les 817 isolats provenant de tous les sites analysés en 2004-2005, 11,1 % présentaient une résistance à l'érythromycine, et 2 % étaient résistants à la clindamycine. Aucun isolat n'affichait de résistance à la pénicilline, au chloramphénicol ou à la vancomycine(16).

Les données cliniques sur les cas d'infection invasive à SGA ne sont pas recueillies à l'échelle nationale. Les données de l'étude de l'Ontario sur le SGA fournissent d'autres renseignements sur l'épidémiologie de la maladie invasive. Les cas détectés en 1992 et 1993 au moyen de ce système de surveillance accrue en population présentaient le plus souvent le tableau clinique suivant : infections de la peau ou des tissus mous (48 %), bactériémie sans foyer septique (14 %) et pneumonie (11 %)(17). Treize pour cent des cas ont été classés comme un syndrome de choc toxique à streptocoque (SCTS), et 6 % souffraient d'une fasciite nécrosante (FN). Le taux général de létalité (TL) s'élevait à 13 %, mais les TL pour chaque syndrome étaient plus élevés chez les patients souffrant de SCTS (81 %), de FN (45 %) et de pneumonie (33 %). Dans l'ensemble, 44 (14 %) des cas ont été classés comme des infections nosocomiales, dont 14 qui avaient été infectés dans un ESLD pour personnes âgées. Le risque de maladie invasive à SGA était étroitement associé à plusieurs pathologies sous-jacentes, notamment l'infection à VIH, le cancer, les cardiopathies, le diabète, les maladies pulmonaires et l'abus d'alcool. Parmi les isolats dont on connaissait le sérotype, les plus nombreux appartenaient aux sérotypes M1 (24 %), M12 (7,4 %), M4 (6,5 %), M28 (6,2 %) et M3 (5,8 %)(17). Des résultats plus récents du système de surveillance accrue de l'Ontario pour la période 1992 à 1999 font ressortir une augmentation de l'incidence des manifestations cliniques spécifiques des infections invasives à SGA. Le taux annuel d'incidence de la FN est passé de 0,08 à 0,49 pour 100 000 entre 1992 et 1995 (p < 0,001)(18). L'incidence annuelle de la pneumonie à SGA, qui était de 0,16 pour 100 000 en 1992, a atteint 0,35 pour 100 000 en 1999(19).

La surveillance accrue du SGA exercée en Alberta entre 2000 et 2002 a révélé une augmentation des taux provinciaux d'incidence de la maladie par rapport àcequi aété observé parlesystème national de surveillance passive, soit 5,0 (au cours de l'année 2000), 5,7 (2001) et 3,8 (2002) pour 100 000, avec des TL correspondants de 10,7 %, 13,2 % et 6,8 %, respectivement. Les taux d'incidence étaient les plus élevés dans les agglomérations urbaines de Calgary (6,9 pour 100 000) et d'Edmonton (4,8 pour 100 000). Le facteur de risque le plus souvent signalé était l'acquisition de la maladie dans un hôpital, une maison de soins ou un ESLD (17 %), suivi de l'injection de drogues (13 %), les facteurs de risque liés à la grossesse (13 %), la varicelle (12 %) et le cancer (11 %). Les sérotypes les plus fréquents étaient M1 (16 %), M3 (12 %) et lt2967 (10 %). On observait une variation saisonnière, le plus grand nombre de cas survenant durant les mois d'hiver et au début du printemps(20).

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