ARCHIVÉ - Rapport national sur l'immunisation au Canada, 2006

 

Volume : 32S3 - novembre 2006

3. Systèmes de surveillance des maladies évitables par la vaccination

La surveillance se définit comme la collecte, la compilation et l'analyse systématiques et continues de données et la diffusion en temps utile de ces données aux personnes qui ont besoin de les connaître pour prendre les mesures qui s'imposent7. On peut établir une surveillance pour évaluer l'état de la santé publique concernant un problème de santé, fixer les priorités en matière de santé publique, évaluer les programmes et contribuer à l'élaboration d'hypothèses et à la recherche8. Un certain nombre de critères peuvent servir à déterminer les conditions qui doivent faire l'objet d'une surveillance, par exemple l'incidence, la gravité, les caractéristiques épidémiologiques évolutives, le fardeau socioéconomique, la perception des risques et l'évitabilité9. Au Canada, la plupart des maladies évitables par la vaccination sont soumises à la surveillance d'un ou de plusieurs systèmes nationaux. La présente section décrit ces systèmes nationaux qui surveillent les maladies évitables par la vaccination, notamment les systèmes de surveillance améliorée d'une maladie donnée qui sont coordonnés par la DIIR.

3.1 Registre national des maladies à déclaration obligatoire (RNMDO)

Le RNMDO est le système de surveillance passive coordonné par l'ASPC qui sert à suivre plus de 40 maladies infectieuses à déclaration obligatoire à l'échelle du pays. La surveillance des maladies par le RNMDO vise à :

  1. faciliter la lutte contre les maladies faisant l'objet d'une surveillance en déterminant :

    1. les taux d'incidence actuels, les répercussions et les tendances afin d'aider à établir des objectifs atteignables en ce qui concerne la prévention et la lutte contre les maladies et l'évaluation des programmes établis à cette fin;

    2. les profils épidémiologiques et les facteurs de risque associés à la maladie afin de contribuer à l'élaboration de stratégies d'intervention;

    3. les éclosions, afin de faire en sorte qu'une enquête soit réalisée et que des moyens de lutte soient mis en place en temps opportun;

  2. répondre aux besoins d'information du gouvernement, des professionnels de la santé, des organismes bénévoles et de la population concernant les profils de risque et les tendances dans la survenue des maladies transmissibles.

En 2000, on a publié des définitions de cas pour les maladies faisant l'objet d'une surveillance nationale dans un supplément au RMTC10. Les médecins, les hôpitaux et/ou les laboratoires signalent les cas d'une maladie donnée aux ministères provinciaux et territoriaux de la Santé, comme l'exigent les lois de ces provinces et territoires. Les autorités sanitaires PT déterminent si chacun des cas correspond à la définition de cas établie aux fins de la surveillance et, le cas échéant, recueillent les données épidémiologiques nécessaires le concernant. Les renseignements non nominatifs concernant les cas à déclaration obligatoire sont ensuite soumis au RNMDO à l'aide de certaines variables essentielles. L'entrée et l'analyse des données se font à l'ASPC. Les données provisoires sont publiées chaque trimestre dans le RMTC, alors que les données finales sur le nombre de cas et les taux d'incidence sont publiées dans les rapports de surveillance annuelle et en ligne à : http://dsol-smed.phac-aspc.gc.ca/dsol-smed/ndis/index_f.html.

3.2 Surveillance améliorée de la rougeole

Le système de surveillance améliorée de la rougeole est devenu, en 1998, un système de déclaration par courrier électronique. Chaque semaine, lorsqu'ils y sont invités, les provinces et les territoires communiquent les cas par courriel à la DIIR. En l'absence de cas, ils répondent sans émettre de commentaires. Lorsqu'un cas correspond à la définition nationale le concernant, on remplit un rapport et on le joint. Les variables recueillies comprennent les données démographiques, les antécédents vaccinaux et les antécédents d'exposition. Le taux de réponse hebdomadaire des 13 provinces et territoires tournaient en moyenne autour de 70 % en 2004 et de 62 % en 2005.

3.3 Surveillance améliorée des méningococcies invasives

Une surveillance améliorée des méningococcies invasives (MI) fondée sur les cas est assurée par la DIIR depuis 1985. Les ministères provinciaux et territoriaux de la Santé transmettent des données épidémiologiques non nominatives sur tous les cas de MI correspondant à la définition nationale de cas, et ce, au moins une fois l'an. Les laboratoires provinciaux et territoriaux de santé publique et/ou d'hôpitaux envoient la plupart des isolats de Neisseria meningitidis au Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg pour une confirmation du sérogroupe et des études bactériologiques plus poussées (sérotypage et sous-typage pour tous les isolats ainsi qu'électrophorèse enzymatique multilocus pour toutes les souches appartenant au sérogroupe C). Un appariement probabiliste est effectué à l'aide de certaines variables (province/ territoire, date de naissance ou âge, sexe, date d'apparition de la maladie et sérogroupe, si disponible, afin de rétrospectivement coupler les données épidémiologiques et les données de laboratoire fournies par les provinces et les territoires qui ne sont pas en mesure de le faire11.

3.4 Surveillance de l'influenza

La DIIR maintient un réseau national de surveillance de l'influenza grâce au programme de surveillance de l'influenza. Chaque semaine, elle recueille, compile et analyse les données nationales sur l'influenza et le syndrome grippal (SG) fournies par ses partenaires de surveillance. Mis sur pied en 1996-1997, le programme de surveillance de l'influenza vise surtout à détecter de façon hâtive et à surveiller les éclosions d'influenza; à faire le point sur l'activité grippale au Canada et à l'étranger en temps opportun pour les professionnels de la santé publique et pour la population en général; à détecter rapidement et à surveiller les souches du virus grippal en circulation, y compris les nouveaux sous-types; et à fournir au programme de surveillance mondial de l'influenza des données sur les souches virales en circulation afin d'aider les autorités compétentes à déterminer la composition du vaccin antigrippal pour la saison suivante. Le programme de surveillance de l'influenza comporte cinq principaux volets :

  1. Détection de l'influenza confirmée en laboratoire : chaque semaine, environ 33 laboratoires sentinelles au Canada déclarent le nombre total d'analyses effectuées et le nombre total d'échantillons positifs pour l'influenza, selon le type de virus, au Programme de surveillance et de détection des virus respiratoires (PSDVR).

  2. Caractérisation du virus de l'influenza : le Laboratoire national de microbiologie analyse une certaine partie des échantillons positifs pour l'influenza testés par les laboratoires provinciaux et fournit des données sur les souches du virus grippal en circulation.

  3. Taux de consultations pour un SG : chaque année, environ 250 médecins sentinelles sont recrutés par le truchement du Système national de recherche du Collège des médecins de famille du Canada (dans sept provinces et trois territoires) ou des programmes provinciaux indépendants (en Colombie-Britannique, en Alberta et en Saskatchewan). De 70 % à 90 % de ces sentinelles font rapport toutes les semaines pendant la saison grippale régulière (de septembre à avril), mais cette participation diminue durant les mois d'été. Pendant une journée de clinique chaque semaine, à l'aide de la définition de cas normalisée pour le SG, ils déterminent la proportion de patients qui répondent à cette définition parmi l'ensemble des patients ayant consulté pour n'importe quelle raison ce jour-là. Ces chiffres sont ensuite cumulés pour établir le taux national moyen de consultations pour un SG.

  4. Évaluation de l'activité grippale : les épidémiologistes provinciaux et territoriaux évaluent l'activité de l'influenza par région d'après les taux de SG, les cas d'influenza confirmés en laboratoire et les éclosions d'influenza déclarées dans des établissements de soins de longue durée (ESLD), des écoles et des hôpitaux. Le niveau d'activité grippale de chaque région est classé en fonction de quatre catégories : aucune activité signalée, activité sporadique, activité localisée ou activité étendue.

  5. Surveillance sentinelle des hospitalisations pédiatriques en raison de l'influenza : durant la saison grippale 2003-2004, on a mené, avec l'aide du Programme de surveillance active des effets secondaires associés aux vaccins (IMPACT) mis en place dans les hôpitaux pour enfants, une étude pilote afin de déterminer s'il est possible d'assurer une surveillance en milieu hospitalier des cas d'influenza confirmés en laboratoire nécessitant l'hospitalisation des enfants atteints et du taux de mortalité chez ces derniers. L'étude pilote a été intégrée au programme de surveillance de l'influenza en tant qu'indicateur de la gravité de l'influenza chez les enfants à l'automne 200312.

3.5 Programme de surveillance active des effets secondaires associés aux vaccins

Le réseau IMPACT surveille activement les maladies évitables par la vaccination depuis 1991 et les effets secondaires des vaccins depuis 1993. Il regroupe actuellement 12 centres de soins pédiatriques tertiaires répartis dans huit provinces, lesquels reçoivent les cas que les provinces et les territoires leur transfèrent. Les centres du réseau IMPACT représentent environ 90 000 admissions par année et environ 90 % de tous les lits pédiatriques de soins tertiaires au Canada. Chaque centre d'IMPACT dispose d'une infirmière « surveillante » qui examine les rapports de laboratoire et les dossiers d'admission et de congé pour détecter les cas, puis remplit un formulaire de déclaration détaillé. L'infirmière surveillante est assistée par une équipe d'infirmières en infectiologie, d'infirmières d'urgence et d'unité, de médecins, de personnel de laboratoire et de personnel des archives. Chaque centre communique également avec le service local de santé publique et avec l'épidémiologiste provincial afin de déclarer les cas, de distribuer les nouvelles d'IMPACT et de recueillir des antécédents vaccinaux et d'autres données propres à chaque centre. L'information portant sur chaque cas déclaré par l'entremise d'IMPACT est expédiée au Centre d'évaluation des vaccins, à Vancouver (Colombie-Britannique), où les données sont saisies, triées et analysées. Le réseau IMPACT est administré par la Société canadienne de pédiatrie (SCP) et financé par la DIIR (11 centres)13.

3.6 Programme canadien de surveillance pédiatrique

En janvier 1996, on a mis sur pied le Programme canadien de surveillance pédiatrique (PCSP) pour étudier les maladies infantiles rares, y compris le syndrome de rubéole congénitale (SRC) et la paralysie flasque aiguë. Le PCSP fait appel à une méthode de déclaration à deux échelons afin d'évaluer et de documenter les cas. Chaque mois, environ 2 400 pédiatres et sous-spécialistes en pédiatrie sont invités à remplir un formulaire de déclaration initial, qu'ils aient ou non détecté des cas. Les participants qui signalent des cas sont ensuite invités à remplir un formulaire de rapport détaillé. Le suivi et la vérification des cas déterminés se font en examinant les déclarations en double et en comparant les données obtenues avec celles provenant d'autres programmes ou réseaux, notamment le réseau IMPACT et le RNMDO. Le formulaire détaillé est renvoyé au PCSP une fois rempli, puis acheminé à l'investigateur, qui l'analyse. Le taux de réponse global pour le formulaire initial est demeuré stable depuis 1999, se situant entre 81 % et 83 %, alors que le taux de réponse du questionnaire détaillé sur les cas déclarés est supérieur, atteignant environ 95 %14.

3.7 Projet de surveillance circumpolaire internationale (International Circumpolar Surveillance ou ICS)

L'ICS est un réseau de surveillance en population des maladies bactériennes invasives des pays circumpolaires (Canada, Finlande, Groenland, Islande, Norvège, Suède et États-Unis). Au Canada, le projet ICS peut compter sur la participation de cinq régions (Yukon, Territoires du Nord-Ouest, Nunavut et régions du nord du Labrador et du Québec) et d'un réseau de 14 laboratoires, notamment trois laboratoires de référence (le Laboratoire de santé publique du Québec, le National Streptococcus Centre et le Laboratoire national de microbiologie). Les consultants en maladies transmissibles des cinq régions colligent les données cliniques et démographiques sur les cas déclarés. Les données cliniques et les données de laboratoires sont ensuite acheminées « en temps réel » au coordonnateur de l'ICS à l'Arctic Investigations Program, Centers for Disease Control and Prevention, à Anchorage (Alaska). Les renseignements recueillis par l'ICS aident à mieux comprendre l'épidémiologie des maladies bactériennes invasives au sein des populations du Nord et, de ce fait, à formuler des stratégies de prévention et de lutte à l'intention de ces populations, notamment des recommandations vaccinales. Le Canada, par l'entremise de la DIIR, est partenaire de ce projet depuis 199915.

Les maladies évitables par la vaccination qui font l'objet d'une surveillance grâce à ces systèmes sont présentées au tableau 3.

Tableau 3. Systèmes de surveillance nationale des maladies évitables par la vaccination au Canada

Maladie

RNMDO

Surveillance améliorée d'une maladie donnée

IMPACT

PCSP

ICS

Diphtérie

X

 

 

 

 

Hépatite A

X

X

 

 

 

Hépatite B

X

X

 

 

 

Maladie invasive à Haemophilus influenzae de type b

X

 

X

 

X

Influenza

X*

X*

X

 

 

Rougeole

X

X

 

 

 

Méningococcie invasive

X

X

X

 

X

Oreillons

X

 

 

 

 

Coqueluche

X

 

X

 

 

Pneumococcie invasive

X

 

X

 

X

Poliomyélite/paralysie flasque aiguë

X

X

X

X

 

Rubéole

X

X†

 

 

 

Syndrome de rubéole congénitale (SRC)

X

 

X‡

 

Tétanos

X

 

 

 

 

Varicelle

X||

 

X

 

 

* Pour ce qui est de la surveillance assurée par le RNMDO, les cas d'influenza confirmés en laboratoire ne sont pas à déclaration obligatoire dans tous les secteurs de compétence. Toutefois, en ce qui concerne le PSDVR, l'ensemble des provinces et des territoires sont représentés par les laboratoires sentinelles.
† En cours d'élaboration.
‡ Jusqu'au 31mars 2005.
§ Jusqu'au 31 décembre 2004.
|| La déclaration des cas de varicelle par les secteurs de compétence est incomplète.


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