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Recommandations canadiennes pour la prévention et le traitement du Paludisme (Malaria) chez les voyageurs internationaux - 2009

 

Annexe II - Aide-mémoire pour conseiller les voyageurs qui se rendent dans les régions impaludées

Voici la liste des principales questions à aborder lorsqu'on conseille des voyageurs.

Évaluer le risque de paludisme (voir le chapitre 2 et l'annexe I)

  • Destination et distribution du paludisme dans le pays de destination.
  • Est-ce que le paludisme est saisonnier dans le pays de destination?
  • Quelle espèce ou quelles espèces de Plasmodium sont présentes à destination?
  • Est-ce qu'une résistance aux antipaludéens a été signalée?

Il faut informer les voyageurs de leur risque de paludisme et de la présence de paludisme à P. Falciparum résistant aux médicaments dans les régions où ils ont l'intention de se rendre.

Les femmes enceintes, les adultes qui voyagent avec de jeunes enfants et ceux qui sont plus vulnérables au paludisme à cause de leur état de santé (voir le chapitre 5) devraient évaluer soigneusement les risques et les avantages liés au choix d'une destination où le paludisme est endémique.

Recommandations concernant la chimioprophylaxie

  • Le voyageur est-il allergique à un médicament?
  • Les antipaludéens sont-ils contre indiqués chez le voyageur?
  • Le voyageur présente-t-il une affection qui pourrait influer sur le choix de l'antipaludéen?
  • Le voyageur a-t-il déjà pris un antipaludéen?
  • Le voyageur a-t-il une opinion bien arrêtée en faveur ou en défaveur d'un agent en particulier?

Fournir de l'information au sujet de la chimioprophylaxie contre le paludisme

  • Commencer la chimioprophylaxie avant le départ selon les directives.
  • Suivre la chimioprophylaxie sans interruption pendant tout le séjour dans la région impaludée et 4 semaines après avoir quitté cette région (sauf dans le cas de l'association atovaquone/proguanil et de la primaquine, qu'on doit prendre pendant 1 semaine après avoir quitté la région impaludée).
  • Il faut savoir que tous les antipaludéens peuvent causer des effets secondaires; la plupart des effets secondaires mineurs s'atténuent même lorsque l'antipaludéen est pris de façon continue, et ils ne devraient pas justifier l'arrêt de la chimioprophylaxie. Si les effets secondaires persistent, il faut consulter un médecin.
  • En cas d'effets secondaires sérieux, il faut consulter sans délai un médecin et interrompre la chimioprophylaxie.
  • Les voyageurs qui cessent de prendre un antipaludéen en raison d'effets secondaires devraient prendre un autre médicament efficace contre le paludisme.
  • Les voyageurs doivent savoir qu'ils peuvent contracter le paludisme même s'ils ont recours à la chimioprophylaxie.
  • Les voyageurs doivent savoir qu'ils pourraient recevoir des renseignements contradictoires sur les antipaludéens de la part de presque n'importe quelle source, que ce soit d'autres voyageurs, de sites Web ou des professionnels de la santé dans les pays d'endémicité. De tels renseignements sont souvent inexacts ou basés sur la compréhension du paludisme dans des populations semi-immunes. Les voyageurs devraient continuer de prendre les médicaments prescrits à moins de présenter des effets secondaires au moins modérés à graves.
  • Les voyageurs doivent savoir que l'efficacité de certaines mesures populaires utilisées contre le paludisme (p. ex. thé à la papaye) dans les régions endémiques n'a pas été prouvée et que ces mesures ne devraient pas remplacer les agents chimioprophylactiques dont l'efficacité est reconnue.

Fournir des renseignements au sujet des mesures de protection individuelle (contre les moustiques)
Il faut informer les voyageurs des moyens de se protéger contre les piqûres de moustiques.

  • Tous les voyageurs qui se rendent dans une région impaludée doivent être encouragés à utiliser une moustiquaire de lit imprégnée d'insecticide s'ils ne dorment pas dans une chambre munie d'un climatiseur d'air.
  • Le DEET est l'insectifuge le plus efficace sur le marché. Les préparations de DEET à efficacité prolongée sont recommandées dans les régions impaludées. S'il est impossible de se procurer une préparation de ce genre, il faut utiliser un produit contenant de 30 % à 35 % de DEET.
  • L'insectifuge à base de DEET doit être appliqué uniformément sur toutes les parties exposées de la peau. En cas de piqûre avant la fin de l'intervalle d'application recommandé sur l'étiquette, il faut appliquer de nouveau le produit.
  • Si le voyageur ne peut pas employer d'insectifuge à base de DEET, il peut avoir recours à l'un des produits suivants : Picardin (BayrepelMC ), huile d'eucalyptus citronnée ou huile de soja à 2 %. Comme la durée de l'activité varie d'un produit à l'autre, il faut lire le mode d'emploi et le suivre à la lettre.
  • De nombreux autres insectifuges qui ne sont pas à base de DEET ont une efficacité limitée et n'offrent habituellement qu'une protection temporaire. Il faut éviter d'utiliser des insectifuges à base de citronnelle à cause de leur très courte activité.

Pour de plus amples renseignements, consulter la Déclaration relative aux mesures de protection individuelle pour prévenir les piqûres ou morsures d'arthropodes du CCMTMV : http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/ccdrrmtcasc-dcc-13/index-fra.php.

Fournir de l'information au sujet du paludisme (voir le chapitre 6)

  • Les symptômes du paludisme peuvent être légers et non spécifiques, et il faut donc envisager la présence de cette maladie en cas de fièvre inexplicable ou de syndrome grippal pendant ou après un voyage dans une région impaludée.
  • Les voyageurs devraient aviser leur médecin de leur voyage dans une région impaludée.
  • Le diagnostic de paludisme doit se faire au moyen de tests de laboratoire (frottis sanguins, PCR ou tests de diagnostic rapide). Le diagnostic basé uniquement sur les symptômes est très incertain.
  • Il faut consulter rapidement un médecin si l'on croit être atteint de paludisme, et l'épreuve diagnostique doit être effectuée plus d'une fois. Si le patient voyage pendant que ses symptômes se manifestent, il devrait demander des frottis sanguins, qu'il ramènera dans son pays afin qu'ils soient examinés.
  • Le paludisme peut devenir très grave et même entraîner la mort si le traitement est retardé. Un paludisme dont les symptômes sont bénins peut évoluer rapidement : il peut mettre la vie en jeu à n'importe quel stade et en quelques heures seulement.
  • L'auto traitement (s'il est prescrit) ne doit être mis en route que s'il est impossible d'obtenir rapidement des soins médicaux. Il convient de consulter un médecin aussi tôt que possible après un auto-traitement.
  • La chimioprophylaxie doit se poursuivre même en cas de paludisme (cas confirmé ou suspect).

Voyageurs spéciaux (voir les chapitres 4 et 5)

  • Il faut porter une attention particulière aux femmes enceintes, aux jeunes enfants et aux personnes atteintes d'une affection sous jacente, étant donné les effets possibles du paludisme et la contre-indication de certains médicaments (p. ex. doxycycline pour les femmes enceintes et les jeunes enfants).
  • Les femmes enceintes (ou celles qui pourraient le devenir pendant qu'elles voyagent ou vivent dans une région impaludée) doivent être avisées que le risque d'infection palustre et de conséquences défavorables sur la mère et le foetus augmente pendant la grossesse.
  • Les personnes qui ont passé de nombreuses années dans des régions impaludées croient souvent qu'elles sont immunisées contre le paludisme. Lorsque ces personnes retournent dans une région impaludée, elles décident souvent de ne pas prendre de précautions contre la maladie et courent un risque d'infection palustre et de paludisme grave. L'immunité contre le paludisme n'est acquise que contre une souche spécifique, est de courte durée et est toujours incomplète. Même les personnes qui ont été fortement exposées au paludisme dans le passé devraient utiliser des mesures de prévention efficaces contre cette maladie, dont la chimioprophylaxie.
  • Les personnes qui voyagent pendant longtemps pourraient décider de cesser la chimioprophylaxie contre le paludisme parce qu'elles s'inquiètent des conséquences de l'utilisation du médicament pendant une longue période ou parce qu'elles tentent, de façon malavisée, de « développer une immunité contre le paludisme ». Ces voyageurs devraient être avisés qu'ils demeurent à risque de paludisme (y compris de paludisme grave) et qu'il n'y a pas de durée limite d'utilisation de la chimioprophylaxie antipaludique chez les personnes qui tolèrent le médicament et le prennent sans effets secondaires sérieux.

(Adaptation de Voyages internationaux et santé, Organisation mondiale de la santé, Genève, 2006).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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