Actualités sur les maladies infectieuses : novembre 2015

RMTC

Volume 41-11, le 5 novembre 2015 : Les maladies d’origine alimentaire

Actualités sur les maladies infectieuses

Traitement de la gastro-entérite

Freedman SB, Pasichnyk D, Black KJ, Fitzpatrick E, Gouin S, Milne A, et al. Gastroenteritis Therapies in Developed Countries: Systematic Review and Meta-Analysis. PLoS One. 15 juin 2015; vol. 10, no 6 : e0128754. DOI : 10.1371/journal.pone.0128754.

CONTEXTE : La gastro-entérite demeure l’une des principales causes de morbidité infantile.

OBJECTIF : Puisque les revues antérieures portaient sur des symptômes isolés et sur des études réalisées dans des pays en développement, la présente étude est axée sur les interventions fréquemment envisagées dans les pays développés. Des résultats propres aux interventions et axés sur le patient ont été sélectionnés.

SOURCES DES DONNÉES : MEDLINE, Embase, Cochrane Database of Systematic Reviews, registres d’essais, documentation parallèle, réunions scientifiques.

SÉLECTION DES ÉTUDES : Essais comparatifs randomisés menés dans des pays développés sur des enfants de moins de 18 ans souffrant de gastro-entérite, effectués dans un service d’urgence ou en milieu ambulatoire, et évaluant la réhydratation par voie orale (RVO), les antiémétiques, les probiotiques ou le débit d’administration d’une solution intraveineuse.

EXTRACTION DES DONNÉES : L’étude a été menée conformément au Cochrane Handbook for Systematic Reviews of Interventions et aux lignes directrices PRISMA. Les données ont été extraites de façon indépendante par plusieurs experts cliniques. Des modèles à effets aléatoires ont été utilisés dans le cadre des analyses.

RÉSULTATS : Trente et un essais (4 444 patients) ont été inclus. Réhydratation par voie orale : Comparativement à la réhydratation intraveineuse, les hospitalisations (RR de 0,80 et IC à 95 % : de 0,24 à 2,71) et les visites subséquentes au service d’urgence (RR de 0,86 et IC à 95 % : de 0,39 à 1,89) étaient similaires. Antiémétiques : Chez les enfants à qui un antiémétique avait été administré, un nombre plus faible a nécessité une réhydratation intraveineuse (RR de 0,40 et IC à 95 % : de 0,26 à 0,60). Bien que les données n’ont pas pu faire l’objet d’une méta-analyse, trois études ont rapporté que l’administration d’ondansétron augmentait la fréquence des diarrhées. Probiotiques : Aucune étude n’abordait le résultat principal; trois études évaluaient l’hospitalisation dans les sept jours (RR de 0,87 et IC à 95 % : de 0,25 à 2,98). Réhydratation : Aucune différence n’a été établie quant à la durée du séjour entre la réhydratation intraveineuse rapide et la réhydratation intraveineuse ordinaire ou la réhydratation naso-gastrique. Une seule étude a démontré que l’administration d’un soluté isotonique de chlorure de sodium contenant 5 % de dextrose réduisait le nombre d’hospitalisations comparativement au soluté isotonique de chlorure de sodium employé seul (RR de 0,70 et IC à 95 % : de 0,53 à 0,92).

CONCLUSION : Il manque de preuve concernant les résultats axés sur le patient pour appuyer bon nombre d’interventions. Comme la réhydratation par voie orale est une intervention non invasive à faible coût, elle devrait continuer d’être utilisée. Le recours systématique aux probiotiques ne peut être avalisé pour l’instant chez les enfants atteints de gastro-entérite (consultation externe). Malgré certaines preuves indiquant que l’administration d’ondansétron augmente la fréquence de la diarrhée, son utilisation dans les services d’urgence entraîne une diminution de la réhydratation intraveineuse et de l’hospitalisation. Aucun avantage n’a été associé à l’utilisation de l’ondansétron après la sortie des services d’urgence.

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