Surveillance des tiques Ixodes scapularis et Ixodes pacificus et de leurs agents pathogènes associés au Canada, 2022

RMTC

Volume 52-1/2, janvier/février 2026 : La surveillance des tiques et des moustiques au Canada

Surveillance

Surveillance des tiques Ixodes scapularis et Ixodes pacificus et de leurs agents pathogènes associés au Canada, 2022

Gamal Wafy1, Safa Ahmad1, Christy Wilson1, Heather Coatsworth2, Jade Savage3, Mark Nelder4, Kirby Cronin4, Pauline Zhang4, Karine Thivierge5,6, Kirsten Crandall7, Priya Goundar8, Louwrens Snyman9,10, Emily Jenkins9, Muhammed Morshed11,12, Catherine Hogan11,12, Min-Kuang Lee11, Peter Buck1, Annie-Claude Bourgeois1, Salima Gasmi13

Affiliations

1 Centre des maladies infectieuses d’origine alimentaire, environnementale et zoonotique, Agence de la santé publique du Canada, Ottawa, ON

2 Laboratoire national de microbiologie, Agence de la santé publique du Canada, Winnipeg, MB

3 Département de biologie et biochimie, Université Bishop, Sherbrooke, QC

4 Santé publique Ontario, Toronto, ON

5 Laboratoire de santé publique du Québec, Sainte-Anne-de-Bellevue, QC

6 Institut de parasitologie, Université McGill, Sainte-Anne-de-Bellevue, QC

7 Institut national de santé publique du Québec, Montréal, QC

8 Ministère de la santé, Regina, SK

9 Département de microbiologie vétérinaire, Collège de médecine vétérinaire Western, Université de la Saskatchewan, Saskatoon, SK

10 Royal Alberta Museum, Edmonton, AB

11 Laboratoire de santé publique du BCCDC, Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique, Vancouver, BC

12 Département de pathologie et de médecine de laboratoire, Université de la Colombie-Britannique, Vancouver, BC

13 Centre des maladies infectieuses d'origine alimentaire, environnementale et zoonotique, Agence de la santé publique du Canada, Saint-Hyacinthe, QC

Correspondance

safa.ahmad@phac-aspc.gc.ca

Citation proposée

Wafy G, Ahmad S, Wilson CH, Coatsworth H, Savage J, Nelder MP, Cronin K, Zhang P, Thivierge K, Crandall K, Goundar P, Snyman LP, Jenkins E, Morshed MG, Hogan CA, Lee M-K, Buck PA, Bourgeois A-C, Gasmi S. Surveillance des tiques Ixodes scapularis et Ixodes pacificus et de leurs agents pathogènes associés au Canada, 2022. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2026;52(1/2):27–37. https://doi.org/10.14745/ccdr.v52i0102a04f

Mots-clés : Ixodes scapularis, Ixodes pacificus, surveillance, tiques, Borrelia, Anaplasma, Babesia, virus Powassan

Résumé

Contexte : Cet article poursuit la série annuelle sur la surveillance des tiques au Canada, en suivant deux des principaux vecteurs de tiques préoccupants au pays, Ixodes scapularis et Ixodes pacificus, qui peuvent transmettre l’agent de la maladie de Lyme aux côtés de plusieurs autres agents pathogènes transmis par les tiques.

Objectif : Cette étude a analysé les données de surveillance passive et active des tiques, y compris la répartition géographique, la prévalence des pathogènes et d’autres caractéristiques pour éclairer la prévention en santé publique.

Méthodes : Les données de surveillance passive et active ont été compilées à partir d’eTick (une plateforme en ligne basée sur des images), du Laboratoire national de microbiologie (Agence de la santé publique du Canada), des autorités provinciales et locales de la santé publique et du Réseau de recherche national sur la maladie de Lyme. Des statistiques descriptives sur les tiques et leurs agents pathogènes associés sont présentées, y compris des estimations de la prévalence de l’infection.

Résultats : En 2022, un total de 7 030 I. scapularis ont été soumises par surveillance passive de toutes les provinces, tandis que 911 I. pacificus ont été soumises par la Colombie-Britannique (n = 909) et le Yukon (n = 2). Les soumissions d’I. scapularis ont atteint un pic en mai, puis en octobre. Pour I. pacificus, les soumissions ont atteint un pic en mai avec un second pic, plus petit, en novembre. Six agents pathogènes transmis par les tiques (Anaplasma phagocytophilum, Borrelia burgdorferi, Borrelia miyamotoi, Babesia microti, Babesia odocoilei, virus Powassan) ont été identifiés à partir des I. scapularis recueillies par échantillonnage par traînée au Manitoba, en Ontario, au Québec, au Nouveau-Brunswick ou en Nouvelle-Écosse.

Conclusion : Ce rapport présente un résumé des données de surveillance des tiques recueillies en 2022. Les caractéristiques des tiques et la prévalence de l’infection par un agent pathogène transmis par les tiques étaient semblables à celles des années précédentes. La surveillance des tiques continue de jouer un rôle important dans la surveillance de la prévalence de l’infection chez les tiques et de leur répartition géographique, ce qui aidera à éclairer les efforts de prévention et d’intervention en santé publique.

Introduction

Les maladies transmises par les tiques demeurent une préoccupation en matière de santé publique au Canada Footnote 1. Ixodes scapularis (tique à pattes noires) et Ixodes pacificus (tique occidentale à pattes noires) sont les principales tiques vectrices au Canada, et peuvent transmettre plusieurs agents pathogènes bactériens, viraux et protozoaires Footnote 2Footnote 3. Ces agents pathogènes comprennent Borrelia burgdorferi (sensu stricto) (cause la maladie de Lyme [ML]), Borrelia miyamotoi (fièvre récurrente), Anaplasma phagocytophilum (anaplasmose), Babesia spp. (babésiose) et le virus Powassan – Lignée II Footnote 2Footnote 3. Les I. scapularis sont habituellement identifiés dans le Centre et l’Est du Canada et les I. pacificus en Colombie-Britannique Footnote 4Footnote 5Footnote 6Footnote 7. Outre le fait que la ML est devenue une maladie à déclaration obligatoire à l’échelle nationale en 2009, l’anaplasmose, la babésiose et le virus Powassan sont des maladies à déclaration obligatoire à l’échelle nationale chez les humains depuis 2024 Footnote 8.

La surveillance des tiques au Canada continue de jouer un rôle important dans la compréhension du risque croissant des maladies transmises par les tiques Footnote 4. En 2022, l’incidence nationale de la ML a été multipliée par 6,5 par rapport à 2012 (passant de 338 à 2 525 cas) Footnote 9. Ensemble, l’incidence croissante de la ML et la mise à jour du statut à déclaration obligatoire à l’échelle nationale des autres maladies transmises par les tiques soulignent l’importance de la surveillance des tiques. En outre, les tiques I. scapularis obtiennent un résultat positif pour B. burgdorferi depuis les années 1990 Footnote 4Footnote 5. Les efforts de surveillance continus aident à déterminer la répartition géographique croissante des I. scapularis et leur infection par des agents pathogènes pertinents transmis par les tiques Footnote 10Footnote 11. En outre, les données de surveillance des tiques peuvent contribuer à éclairer les efforts de prévention, par exemple en indiquant où et quand cibler les campagnes de sensibilisation.

Depuis 2019, les données de surveillance des I. scapularis and I. pacificus recueillies au Canada ont été résumées à l’échelle nationale Footnote 7. Ces rapports de surveillance annuels aident à surveiller la situation actuelle au Canada en résumant les répartitions géographiques et l’activité saisonnière des espèces Ixodes sélectionnées Footnote 6Footnote 7. L’objectif du présent rapport de surveillance est de résumer les caractéristiques des I. scapularis et I. pacificus, recueillies par la surveillance passive et active en 2022. Cet article résumera également la prévalence et la répartition spatiale de plusieurs agents pathogènes transmis par les tiques.

Méthodes

Sources de données

Ce rapport utilise des données de surveillance passive et active des tiques provenant de sept organisations, y compris les autorités de la santé publique et le milieu universitaire. Les données de surveillance passive ont été fournies par eTick (Université Bishop’s), le British Columbia Centre for Disease Control (BCCDC), Santé publique Ontario (SPO), le ministère de la Santé de la Saskatchewan, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’Agence de santé publique du Canada. Les données de surveillance active ont été fournies par le Réseau de recherche national sur la maladie de Lyme, qui assure une surveillance active dans les 10 provinces. En outre, le BCCDC, SPO et l’INSPQ ont fourni des données de surveillance active.

Surveillance passive des tiques

Ce rapport suit une méthodologie semblable à celle des rapports annuels précédents Footnote 6Footnote 7Footnote 12. Cette analyse s’est limitée aux I. scapularis et I. pacificus collectées au Canada en 2022. Les dossiers de soumission de tiques acquises en dehors de la province de soumission, ainsi que les tiques acquises à l’étranger, ont été exclus, de même que tous les dossiers associés à un antécédent de voyage de deux semaines à l’étranger. Les tiques ont été soumises individuellement (soumission unique) ou en groupes de deux ou plus (soumission multiple).

Depuis 2009, les programmes régionaux de surveillance et d’analyse passives des tiques ont été progressivement interrompus dans plusieurs administrations. Cela pourrait s’expliquer, en partie, par une capacité de laboratoire limitée au fur et à mesure que les populations d’I. scapularis s’établissent dans diverses régions du pays et sont plus souvent rencontrées. Le public peut toujours soumettre des images et des données spatiotemporelles de tiques rencontrées partout au Canada à eTick. eTick est un projet de science communautaire sur le Web qui invite le public à participer au suivi des tiques et sert de système de surveillance passive des tiques au Canada Footnote 13. Les images et les données associées des tiques rencontrées par les membres du public sont envoyées sur le site Web d’eTick ou par l’intermédiaire de son l’application, pour être identifiées par du personnel qualifié. Bien que les images de tiques Dermacentor ne soient identifiées qu’au genre, celles des tiques Ixodes et d’autres genres sont identifiées à l’espèce, à moins que la qualité de l’image soit inadéquate, auquel cas on demande de soumettre le spécimen pour un examen plus approfondi.

Les tiques soumises par la Saskatchewan et l’INSPQ ont été testées pour A. phagocytophilum, B. burgdorferi, B. miyamotoi et B. microti à l’aide des méthodologies décrites précédemment Footnote 7Footnote 14. Les I. pacificus soumis par le BCCDC ont été testés pour B. burgdorferi Footnote 15. Les tiques soumises par SPO n’ont pas été testées pour les agents pathogènes. Les tiques soumises par le biais d’eTick n’ont pas fait l’objet d’une demande systématique d’analyse des agents pathogènes transmis par les tiques, mais elles pouvaient être transmises à un laboratoire à cette fin, à la demande des autorités locales de santé publique.

Surveillance active des tiques

Les tiques ont été prélevées dans l’environnement à l’aide d’un échantillonnage par traînée. Ce rapport analyse les I. scapularis collectées par échantillonnage par traînée dans 19 sites en Alberta, 10 sites en Saskatchewan, 12 sites au Manitoba, 95 sites en Ontario, 124 sites au Québec, 10 sites au Nouveau-Brunswick, 24 sites en Nouvelle-Écosse, 5 sites à l’Île-du-Prince-Édouard et 10 sites à Terre-Neuve-et-Labrador. Ce rapport comprend également des données sur les I. pacificus recueillies sur 22 sites en Colombie-Britannique. L’échantillonnage par traînée a eu lieu à la fin du printemps et à l’été (mai à juillet) dans toutes les régions. Certains sites sentinelles ont inclus une deuxième période d’échantillonnage à l’automne (septembre à novembre).

Les tiques soumises par l’intermédiaire du Réseau de recherche national sur la maladie de Lyme et de l’INSPQ ont été testées pour A. phagocytophilum, B. burgdorferi, B. miyamotoi, B. microti, B. odocoilei et le virus Powassan. Les I. pacificus soumises par le BCCDC ont été testées pour B. burgdorferi. Les tiques qui ont obtenu un résultat positif au test de dépistage d’A. phagocytophilum ont fait l’objet d’autres tests visant à déterminer si la souche était pathogène (A. Phagocytophilum–active chez les humains, Ap-ha) ou non pathogénique (A. phagocytophilum–Ap-V1). Les protocoles de dépistage des tiques ont été décrits précédemment Footnote 7Footnote 14Footnote 16.

Analyse

Caractéristiques descriptives et spatio-temporelles : Pour la surveillance passive, des statistiques descriptives ont été calculées pour plusieurs caractéristiques, notamment le type de soumission, les espèces de tiques couvertes dans ce rapport, la province d’acquisition, le stade (larve, nymphe, femelle adulte ou mâle adulte), le niveau d’engorgement (non nourri ou engorgé), l’hôte (humain, chien, chat ou autre) et le mois de collecte. Pour la surveillance active, des statistiques descriptives ont été calculées pour la province de collecte et le stade (larve, nymphe ou adulte). Toutes les données ont été nettoyées et analysées avec R (version 4.3.2) Footnote 17.

Les tiques soumises dans le cadre de la surveillance passive ont été cartographiées à l’aide de QGIS (version 3.34.7) sur la base de leur lieu d’acquisition. Les dossiers comportant des antécédents de voyage au Canada au cours des 14 jours précédents ont été géocodés en fonction du lieu probable d’exposition au cours du voyage. Des données ont été exclues du géocodage, mais conservées dans l’analyse globale si le déclarant avait des antécédents de voyages multiples à l’intérieur du Canada, de voyages dans une autre province ou s’il manquait le lieu d’acquisition de la tique. Dans le cadre de la surveillance active, l’emplacement de l’échantillonnage par traînée de tique a été géocodée avant d’être cartographiée, sauf lorsque les coordonnées du site étaient déjà fournies.

Prévalence de l’infection : La prévalence a été calculée comme suit : le nombre de tiques positives divisé par le nombre total de tiques testées. Les intervalles de confiance à 95 % ont été calculés à l’aide du progiciel binom de R.

Résultats

Aperçu des données de surveillance passive

En 2022, 10 provinces et un territoire ont soumis 911 I. pacificus et 7 030 I. scapularis (tableau 1, figure 1). Les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut n’ont soumis aucune tique. Une proportion plus élevée (54 %) des tiques ont été obtenues à partir de soumissions d’images (n = 4 324) tandis que le reste était constitué de soumissions d’échantillons (n = 3 617). Les soumissions provenant de l’Ontario, du Québec et de la Nouvelle-Écosse représentaient 83,4 % de l’ensemble des tiques soumises. La majorité (99,2 %) des tiques provenaient de soumissions uniques, mais il y a eu 61 soumissions multiples (intervalle : 2 à 4 tiques par soumission).

Tableau 1 : Nombre de soumissions d’Ixodes pacificus et d’Ixodes scapularis recueillies dans le cadre de la surveillance passive par province, Canada, 2022
Province Espèces de tiques
(nombre de tiques)
Type de surveillance
(nombre de tiques)Footnote a
Type de soumission
(nombre de soumissions)Footnote b
Ixodes pacificus Ixodes scapularis Total Basée sur un échantillon Basée sur l’image Soumissions uniques Soumissions multiples
Colombie-Britannique 909 3 912 628 284 871 19
Alberta 0 126 126 0 126 126 0
Saskatchewan 0 17 17 0 17Footnote c 17 0
Manitoba 0 51 51 s.o. 51 51 0
Ontario 0 4 338 4 338 2 211 2 127 4 249 42
Québec 0 1 629 1 629 778 851 1 629 0
Terre-Neuve-et-Labrador 0 12 12 0 12 12 0
Nouveau-Brunswick 0 146 146 0 146 146 0
Nouvelle-Écosse 0 657 657 0 657 657 0
Île-du-Prince-Édouard 0 51 51 0 51 51 0
Yukon 2 0 2 0 2 2 0
Total 911 7 030 7 941 3 617 4 324 7 811 61
Figure 1 : Ixodes pacificus et Ixodes scapularis collectées dans le cadre de la surveillance passive par province, Canada, 2022Footnote a
Figure 1. La version textuelle suit
Figure 1 : Équivalent textuel

Cette carte montre l’emplacement probable de l’acquisition des tiques Ixodes scapularis et Ixodes pacificus soumises par la surveillance passive. Les tiques Ixodes pacificus sont présentes en Colombie-Britannique. Les tiques Ixodes scapularis étaient présentes dans toutes les provinces à des degrés divers.

 

La plupart des tiques soumises étaient des femelles adultes (I. pacificus : 89,7 %; I. scapularis : 89,9 %) (tableau 2). Les mâles adultes, les nymphes et les larves ont été soumis moins fréquemment (I. pacificus : 2,3 %, 6,9 % et 1,1 %; I. scapularis : 5,6 %, 4,4 % et 0,1 %, respectivement). Globalement, 11,3 % des I. pacificus femelles adultes et 62,7 % des I. scapularis femelles adultes étaient engorgées. Les humains étaient les hôtes les plus courants chez I. pacificus et I. scapularis (75,2 % et 59,1 %, respectivement), suivis par les chiens (16,2 % et 34,0 %, respectivement).

Tableau 2 : Stade, niveau d’engorgement et hôte d’Ixodes pacificus et d’Ixodes scapularis soumis à la surveillance passive, Canada, 2022Footnote aFootnote b
Caractéristiques Espèces de tiques
Ixodes pacificus Ixodes scapularis
n % n %
Stade
Larve 10 1,1 4 0,1
Nymphe 62 6,9 282 4,4
Femelle adulte 810 89,7 5 701 89,9
Mâle adulte 21 2,3 353 5,6
Total 903 100 6 340 100
Niveau d’engorgementFootnote c
Femelle adulte
Engorgé 70 11,3 1 663 62,7
Non nourri 548 88,7 991 37,3
Total 618 100 2 654 100
Nymphe
Engorgé s.o. s.o. 74 63,8
Non nourri s.o. s.o. 42 36,2
Total s.o. s.o. 116 100
Hôte
Humain 685 75,2 2 849 59,1
Chien 148 16,2 1 640 34,0
Chat 5 0,6 219 4,5
AutreFootnote d 73 8,0 111 2,3
Total 911 100 4 819 100

Deux pics de soumission pour les I. scapularis adultes ont été observés, un en mai et un second légèrement plus important en octobre (figure 2). Le nombre de soumissions d’I. pacificus adultes a atteint un pic en mai, suivi d’un second pic, nettement moins important, en novembre.

Figure 2 : Nombre d’Ixodes scapularis et d’Ixodes pacificus soumis à la surveillance passive, par mois et par stade, Canada, 2022Footnote aFootnote b
Figure 2. La version textuelle suit
Figure 2 : Équivalent textuel
2A)
Mois de la collecte Adulte Larve Nymphe
Janvier 15 0 0
Février 0 0 0
Mars 108 0 0
Avril 602 0 1
Mai 1 161 1 39
Juin 613 0 104
Juillet 119 1 76
Août 23 1 15
Septembre 77 0 5
Octobre 1 610 0 4
Novembre 1 055 0 1
Décembre 58 0 1
Total 5 441 3 246
2B)
Mois de la collecte Adulte Larve Nymphe
Janvier 24 0 0
Février 69 0 0
Mars 128 0 1
Avril 183 0 5
Mai 189 0 21
Juin 138 10 30
Juillet 51 0 4
Août 11 0 1
Septembre 1 0 0
Octobre 4 0 0
Novembre 20 0 0
Décembre 13 0 0
Total 831 10 62

Prévalence des infections dans le cadre de la surveillance passive

La majorité des I. pacificus soumises par le BCCDC ont été testées pour B. burgdorferi (n = 624/625; 99,8 %). En comparaison, 64,6 % (n = 509/788) à 65,0 % (n = 512/788) des soumissions d’I. scapularis basées sur des échantillons ont été testées, en fonction de l’agent pathogène en question. Sur les 788 I. scapularis, trois ont été soumises par le BCCDC, sept par la Saskatchewan et 778 par l’INSPQ. Bien que la plupart des données sur la prévalence des I. scapularis proviennent du Québec, une tique a obtenu un résultat positif pour B. burgdorferi en Colombie-Britannique et une autre a obtenu un résultat positif pour B. miyamotoi en Saskatchewan (tableau 3).

Tableau 3 : Prévalence de l’infection à Borrelia burgdorferi et Borrelia miyamotoi dans les échantillons physiques d’Ixodes pacificus et d’Ixodes scapularis obtenus dans le cadre de la surveillance passive, par province et par stade, Canada, 2022
Province Prévalence de l’infection (% positif, IC à 95 %)
Borrelia burgdorferi Borrelia miyamotoi
Adulte Nymphe Total Adulte Nymphe Total
Ixodes pacificus
Colombie-Britannique 7/624
(1,1, 0,5–2,3)
0 7/624
(1,1, 0,5–2,3)
NT NT NT
Ixodes scapularis
Colombie-Britannique 1/3
(33,3, 0,8–90,6)
0 1/3
(33,3, 0,8–90,6)
NT NT NT
Saskatchewan 0/7
(0,0, 0,0–41,0)
0 0/7
(0,0, 0,0–41,0)
1/7
(14,3, 0,4–57,9)
0 1/7
(14,3, 0,4–57,9)
Québec 113/477
(23,7, 19,9–27,8)
2/25
(8,0, 1,0–26,0)
115/502
(22,9, 19,3–26,8)
5/477
(1,0, 0,3–2,4)
0/25
(0,0, 0,0–13,7)
5/502
(1,0, 0,3–2,3)
Total 114/487
(23,4, 19,7–27,4)
2/25
(8,0, 1,0–26,0)
116/512
(22,7, 19,1–26,5)
6/484
(1,2, 0,5–2,7)
0/25
(0,0, 0,0–13,7)
6/509
(1,2, 0,4–2,6)

Alors que les tiques provenant d’hôtes humains (95,7 %) et non humains (4,3 %) ont été testées, des agents pathogènes n’ont été trouvés que dans les tiques I. scapularis et I. pacificus soumises par des hôtes humains. L’information sur les agents pathogènes provenant du Québec a permis d’identifier cinq tiques co-infectées par A. phagocytophilum et B. burgdorferi, ainsi qu’une tique coinfectée par B. burgdorferi et B. miyamotoi (tableau 4).

Tableau 4 : Prévalence de l’infection à Anaplasma phagocytophilum et Babesia microti dans les échantillons physiques d’Ixodes pacificus et d’Ixodes scapularis obtenus par surveillance passive, par province et par stade, Canada, 2022
Province Prévalence de l’infectionFootnote a
(% positive, IC à 95 %)
Anaplasma phagocytophilum Babesia microti
Adulte Nymphe Total Adulte Nymphe Total
Ixodes pacificus
Colombie-Britannique NT NT NT NT NT NT
Ixodes scapularis
Colombie-Britannique NT NT NT NT NT NT
Saskatchewan 0/7
(0,0, 0,0–41,0)
0 0/7
(0,0, 0,0–41,0)
0/7
(0,0, 0,0–41,0)
0 0/7
(0,0, 0,0–40,96)
Québec 13/477
(2,7, 1,5–4,6)
2/25
(8,0, 1,0–26,0)
15/502
(3,0, 1,7–4,9)
0/477
(0,0, 0,0–0,8)
0/25
(0,0, 0,0–13,7)
0/502
(0,0, 0,0–0,7)
Total 13/484
(2,7, 1,4–4,6)
2/25
(8,0, 1,0–26,0)
15/509
(3,0, 1,7–4,8)
0/484
(0,0, 0,0–0,8)
0/25
(0,0, 0,0–13,7)
0/509
(0,0, 0,0–0,7)

Aperçu des données de surveillance active

En 2022, des I. scapularis (n = 2 292) ont été collectées dans six provinces dans le cadre de la surveillance active : Alberta (n = 1), Manitoba (n = 12), Ontario (n = 904), Québec (n = 1 077), Nouveau-Brunswick (n = 56) et Nouvelle-Écosse (n = 242). Les nymphes (n = 1 116/2 292; 48,7 %) ont été collectées le plus souvent, suivies par les adultes (n = 894/2 292; 39,0 %) et les larves (n = 282/2 292; 12,3 %). Une I. scapularis a été trouvée en Alberta et n’a pas été testée pour les agents pathogènes. Aucune I. scapularis n’a été trouvée par l’échantillonnage par trainée de tiques en Saskatchewan, à l’Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve-et-Labrador. Des I. pacificus ont été collectées en Colombie-Britannique (n = 109). Les nymphes d’I. pacificus (n = 58/109; 53,2 %) ont été collectées le plus souvent, suivies par les larves (n = 26/109; 23,9 %) et les adultes (n = 25/109; 22,9 %).

Surveillance active de la prévalence des infections

L’agent pathogène le plus répandu détecté chez les I. scapularis était B. burgdorferi (24,4 %, IC à 95 % : 22,5–26,4) (tableau 5). Anaplasma phagocytophilum (2,9 %, IC à 95 % : 2,2–3,7) a été trouvé chez les I. scapularis dans toutes les provinces où des I. scapularis ont été retrouvées par surveillance active, à l’exception du Manitoba et de l’Alberta (tableau 6). Sur les 57 tiques positives pour A. phagocytophilum, 29 ont été testées pour déterminer la variante de la souche, dont 15 (51,7 %) étaient porteuses de la souche pathogène pour les humains (Ap-ha). Babesia odocoilei a été trouvée chez les I. scapularis (10,6 %, IC à 95 % : 9,3–12,1) dans toutes les provinces où une surveillance active a été menée, à l’exception de l’Alberta (tableau 6). Les autres agents pathogènes (B. miyamotoi, B. microti et le virus Powassan) ont été trouvés dans moins de 0,3 % des tiques testées. Quatre tiques positives pour B. microti ont été trouvées au Québec et une en Nouvelle-Écosse (tableau 6). Trois tiques positives pour B. miyamotoi ont été collectées en Ontario et deux au Québec (tableau 5). Deux tiques du Québec ont été testées positives pour la lignée II du virus Powassan (tableau 5). La prévalence de l’infection était plus élevée chez les tiques adultes que chez les nymphes pour B. burgdorferi, B. miyamotoi et A. phagocytophilum (tableau 5 et tableau 6). En revanche, la prévalence de l’infection était plus élevée chez les nymphes que chez les tiques adultes pour B. microti et B. odocoilei (tableau 6).

Tableau 5 : Prévalence de l’infection à Borrelia burgdorferi, Borrelia miyamotoi et du virus Powassan dans les tiques Ixodes pacificus et Ixodes scapularis collectées par surveillance active, par province et par stade, Canada, 2022
Province Prévalence de l’infectionFootnote a
(% positive, IC à 95 %)
Anaplasma phagocytophilum Babesia microti Virus de Powassan
Adulte Nymphe Total Adulte Nymphe Total Adulte Nymphe Total
Ixodes pacificus
Colombie-Britannique 0/25
(0,0, 0,0–13,7)
1/58
(1,7, 0,0–9,2)
1/83
(1,2, 0,0–6,5)
0/9
(0,0, 0,0–33,6)
0/58
(0,0, 0,0–6,2)
0/67
(0,0, 0,0–5,4)
0/9
(0,0, 0,0–33,63)
0/58
(0,0, 0,0–6,2)
0/67
(0,0, 0,0–5,4)
Ixodes scapularis
Manitoba 2/10
(20,0, 2,5–55,6)
0/2
(0,0, 0,0–84,2)
2/12
(16,7, 2,1–48,4)
0/10
(0,0, 0,0–30,9)
0/2
(0,0, 0,0–84,2)
0/12
(0,0, 0,0–26,5)
0/10
(0,0, 0,0–30,9)
0/2
(0,0, 0,0–84,2)
0/12
(0,0, 0,0–26,5)
Ontario 176/674
(26,1, 22,8–29,6)
70/223
(31,4, 25,4–37,9)
246/897
(27,4, 24,5–30,5)
3/676
(0,4, 0,1–1,3)
0/223
(0,0, 0,0–1,6)
3/899
(0,3, 0,1–1,0)
0/672
(0,0, 0,0–0,5)
0/223
(0,0, 0,0–1,6)
0/895
(0,0, 0,0–0,4)
Québec 43/113
(38,1, 29,1–47,7)
101/668
(15,1, 12,5–18,1)
144/781
(18,4, 15,8–21,3)
0/113
(0,0, 0,0–3,2)
2/668
(0,3, 0,0–1,1)
2/781
(0,3, 0,0–0,9)
1/113
(0,9, 0,0–4,8)
1/668
(0,1, 0,0–0,8)
2/781
(0,3, 0,0–0,9)
Nouveau-Brunswick 7/16
(43,8, 19,8–70,1)
17/40
(42,5, 27,0–59,1)
24/56
(42,9, 29,7–56,8)
0/16
(0,0, 0,0–20,6)
0/40
(0,0, 0,0–8,8)
0/56
(0,0, 0,0–6,4)
0/16
(0,0, 0,0–20,6)
0/40
(0,0, 0,0–8,8)
0/56
(0,0, 0,0–6,4)
Nouvelle-Écosse 30/73
(41,1, 29,7–53,2)
38/163
(23,3, 17,1–30,6)
68/236
(28,8, 23,1–35,0)
0/73
(0,0, 0,0–4,9)
0/163
(0,0, 0,0–2,2)
0/236
(0,0, 0,0–1,6)
0/73
(0,0, 0,0–4,9)
0/163
(0,0, 0,0–2,2)
0/236
(0,0, 0,0–1,6)
Total 258/886
(29,1, 26,1–32,2)
226/1 096
(20,6, 18,3–23,1)
484/1 982
(24,4, 22,5–26,4)
3/888
(0,3, 0,1–1,0)
2/1 096
(0,2, 0,0–0,7)
5/1 984
(0,3, 0,1–0,6)
1/884
(0,1, 0,0–0,6)
1/1 096
(0,1, 0,0–0,5)
2/1 980
(0,1, 0,0–0,4)
Tableau 6 : Prévalence de l’infection à Anaplasma phagocytophilum, Babesia microti et Babesia odocoilei dans les tiques Ixodes pacificus et Ixodes scapularis collectées dans le cadre de la surveillance active, par province et par stade, Canada, 2022
Province Prévalence de l’infectionFootnote a
(% positive, IC à 95 %)
Anaplasma phagocytophilum Babesia microti Babesia odocoilei
Adulte Nymphe Total Adulte Nymphe Total Adulte Nymphe Total
Ixodes pacificus
Colombie-Britannique 1/9
(11,1, 0,3–48,2)
1/58
(1,7, 0,0–9,2)
2/67
(3,0, 0,4–10,4)
0/9
(0,0, 0,0–33,6)
0/58
(0,0, 0,0–6,2)
0/67
(0,0, 0,0–5,4)
0/9
(0,0, 0,0–33,6)
3/58
(5,2, 1,1–14,4)
3/67
(4,5, 0,9–12,5)
Ixodes scapularis
Manitoba 0/10
(0,0, 0,0–30,8)
0/2
(0,0, 0,0–84,2)
0/12
(0,0, 0,0–26,5)
0/10
(0,0, 0,0–30,8)
0/2
(0,0, 0,0–84,2)
0/12
(0,0, 0,0–26,5)
2/10
(20,0, 2,5–55,6)
0/2
(0,0, 0,0–84,2)
2/12
(16,7, 2,1–48,4)
Ontario 27/676
(4,0, 2,6–5,8)
7/223
(3,1, 1,3–6,4)
34/899
(3,8, 2,6–5,2)
0/676
(0,0, 0,0–0,5)
0/223
(0,0, 0,0–1,6)
0/899
(0,0, 0,0–0,4)
32/676
(4,7, 3,3–6,6)
18/223
(8,1, 4,9–12,5)
50/899
(5,6, 4,2–7,3)
Québec 2/113
(1,8, 0,2–6,2)
13/668
(1,9, 1,0–3,3)
15/781
(1,9, 1,1–3,1)
0/113
(0,0, 0,0–3,2)
4/668
(0,6, 0,2–1,5)
4/781
(0,5, 0,1–1,3)
18/113
(15,9, 9,7–24,0)
104/668
(15,6, 12,9–18,5)
122/781
(15,6, 13,1–18,4)
Nouveau-Brunswick 2/16
(12,5, 1,6–38,3)
3/40
(7,5, 1,6–10,4)
5/56
(8,9, 3,0–19,6)
0/16
(0,0, 0,0–20,6)
0/40
(0,0, 0,0–8,8)
0/56
(0,0, 0,0–6,4)
4/16
(25,0, 7,3–52,4)
9/40
(22,5, 10,8–38,5)
13/56
(23,2, 13,0–36,4)
Nouvelle-Écosse 0/73
(0,0, 0,0–4,9)
3/163
(1,8, 0,4–5,3)
3/236
(1,3, 0,3–3,7)
0/73
(0,0, 0,0–4,9)
1/163
(0,6, 0,0–3,4)
1/236
(0,4, 0,0–2,3)
11/73
(15,1, 7,8–25,4)
13/163
(8,0, 4,3–13,3)
24/236
(10,2, 6,6–14,8)
Total 31/888
(3,5, 2,4–4,9)
26/1 096
(2,4, 1,6–3,5)
57/1 984
(2,9, 2,2–3,7)
0/888
(0,0, 0,0–0,4)
5/1 096
(0,5, 0,1–1,1)
5/1 984
(0,3, 0,1–0,6)
67/888
(7,5, 5,9–9,5)
144/1 096
(13,1, 11,2–15,3)
211/1 984
(10,6, 9,3–12,1)

Dans les I. pacificus, B. burgdorferi (1,2 %, IC à 95 % : 0,0–6,5), A. phagocytophilum (3,0 %, IC à 95 % : 0,4–10,4) et B. odocoilei (4,5 %, IC à 95 % : 0,9–12,5) ont été trouvés (tableau 6). Les sites où I. scapularis et I. pacificus ont été collectées dans le cadre de la surveillance active et les agents pathogènes qui y ont été détectés sont présentés dans les figure 3 et figure 4.

Figure 3 : Les Ixodes pacificus ou Ixodes scapularis avec Anaplasma phagocytophilum ou Borrelia burgdorferi collectées dans le cadre de la surveillance active, Canada, 2022Footnote a
Figure 3. La version textuelle suit
Figure 3 : Équivalent textuel

Cette carte montre les emplacements où des tiques Ixodes scapularis infectées par Borrelia burgdorferi ou Anaplasma phagocytophilum ont été trouvées au moyen de la surveillance active. Les deux ont été trouvées dans des tiques en en Colombie-Britannique, en Ontario, au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.

 

Figure 4 : Ixodes pacificus ou Ixodes scapularis avec le virus Powassan, Borrelia miyamotoi, Babesia microti ou Babesia odocoilei collectées dans le cadre d’une surveillance active, 2022Footnote a
Figure 4. La version textuelle suit
Figure 4 : Équivalent textuel

Cette carte montre les emplacements où des tiques Ixodes scapularis infectées par le virus Powassan, Borrelia miyamotoi, Babesia microti ou Babesia odocoilei ont été trouvées au moyen de la surveillance active. Le virus Powassan a été détecté chez une tique au Québec. Le virus B. miyamotoi a été détecté chez des tiques en Ontario et au Québec. Le virus B. microti a été détecté chez des tiques au Québec et en Nouvelle-Écosse. Le virus B. odocoilei a été détecté en Colombie-Britannique, en Ontario, au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.

Discussion

Ce résumé annuel fournit une mise à jour des caractéristiques, de la répartition géographique et de la prévalence des agents pathogènes des I. scapularis et I. pacificus au Canada, précédemment analysées en 2021 (données non publiées). En 2022, un total de 7 941 cas d’I. pacificus et d’I. scapularis ont été soumis dans le cadre de la surveillance passive dans 10 provinces et un territoire.

Comparativement à 2021, les estimations de la prévalence de l’infection provenant de la surveillance passive pour tous les agents pathogènes testés sont légèrement plus élevées chez les deux espèces de tiques Footnote 12. Sept I. pacificus ont obtenu un résultat positif au test de dépistage de B. burgdorferi en Colombie-Britannique (1,1 %, ce qui est semblable à la prévalence déclarée en 2021 [0,9 %, IC à 95 % : 0,4–1,8]). Pour les I. scapularis, la prévalence des agents pathogènes allait de 0 % à 22,7 %, B. burgdorferi étant le plus répandu. Une prévalence un peu plus élevée d’I. scapularis infectées par B. burgdorferi (22,7 %, IC à 95 % : 19,1–26,5) a été enregistrée en 2022 par rapport à 2021 (18,6 %, IC à 95 % : 17,2–20,1).

La recherche d’agents pathogènes dans les échantillons de surveillance passive a permis d’identifier deux types distincts de co-infections au Québec (A. phagocytophilum et B. burgdorferi; B. burgdorferi et B. miyamotoi), qui ont toutes deux été signalées au cours des années précédentes Footnote 6Footnote 7. Les tiques adultes présentaient une prévalence d’infection plus élevée pour tous les agents pathogènes, à l’exception d’A. phagocytophilum; cependant, il est important de noter que le nombre de tiques adultes collectées et testées était considérablement plus élevé que celui des nymphes dans le cadre de la surveillance passive.

Les données de surveillance passive ont montré que le stade des tiques et le mois de collecte continuaient à suivre des schémas similaires à ceux des années précédentes Footnote 6Footnote 7; par exemple, une plus grande proportion des tiques soumises étaient des femelles adultes et ont été trouvées sur des hôtes humains. En outre, les soumissions d’I. scapularis adultes ont montré une distribution bimodale dans le mois de la collecte avec des pics se produisant en mai et en octobre. Des rapports antérieurs Footnote 6Footnote 7Footnote 18Footnote 19Footnote 20 ont démontré que cette répartition se produisait dans le Centre et l’Est du Canada. Les soumissions de tiques I. pacificus étaient également cohérentes avec les rapports précédents, montrant un pic important en avril et mai et un pic considérablement plus petit en novembre Footnote 6Footnote 7Footnote 15. Ces pics bimodaux reflètent le moment où les tiques sont les plus actives en raison de conditions météorologiques favorables. Il est bien connu que les symptômes de la maladie de Lyme apparaissent durant les saisons où les tiques sont les plus actives Footnote 9Footnote 21Footnote 22. En outre, l’engorgement des tiques, qui reflète l’activité alimentaire des tiques, est légèrement différente par rapport aux années précédentes; les I. scapularis femelles adultes et nymphes présentent une proportion plus élevée d’engorgement par rapport aux années précédentes. Cela peut également s’expliquer par la proportion plus élevée de soumissions basées sur des images pour lesquelles les données sur l’engorgement sont manquantes.

Les données de surveillance active de 2022 ont permis d’identifier six agents pathogènes transmis par les tiques (A. phagocytophilum, B. burgdorferi, B. miyamotoi, B. microti, B. odocoilei, virus Powassan) parmi les I. scapularis collectées au Manitoba, en Ontario, au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse. L’agent pathogène le plus répandu était B. burgdorferi (24,4 %, IC à 95 % : 22,5–26,4). L’agent pathogène le moins répandu était le virus Powassan et n’a été identifié qu’au Québec. En revanche, trois agents pathogènes transmis par les tiques (A. phagocytophilum, B. burgdorferi et B. odocoilei) ont été identifiés parmi les I. pacificus collectées en Colombie-Britannique.

La prévalence d’infection déterminée par la surveillance active était comparable à celle des années précédentes, avec de légères différences selon l’agent pathogène Footnote 6Footnote 7Footnote 12. Par exemple, la prévalence totale de B. burgdorferi dans les I. scapularis est passée de 22,3 % en 2021 à 24,4 % en 2022. En particulier, les tiques de l’Ontario avaient une prévalence d’infection par B. burgdorferi plus faible en 2022 (27,4 %) qu’en 2021 (29,3 %), tandis que les tiques du Québec avaient une prévalence plus élevée (18,4 % en 2022 et 15,9 % en 2021). La prévalence totale de l’infection par A. phagocytophilum était plus faible en 2022 (2,9 %) qu’en 2021 (4,3 %). La prévalence totale de B. microti était plus élevée en 2022 que les années précédentes. Enfin, B. odocoilei avait la prévalence d’infection la plus élevée au Nouveau-Brunswick (23,2 %), suivi du Manitoba (16,7 %) et du Québec (15,6 %). La prévalence de l’infection doit être interprétée avec prudence en raison du nombre variable de tiques testées d’une province à l’autre et d’une année à l’autre. D’autres facteurs influencent les estimations de la prévalence de l’infection d’une année sur l’autre ou entre les provinces, notamment la variation des sites sélectionnés et leurs caractéristiques écologiques et liées à l’hôte Footnote 23.

Points forts et limites

En 2022, il y a eu moins de données disponibles pour les tests de pathogènes des tiques collectées dans le cadre de la surveillance passive que les années précédentes. Toutefois, les données de surveillance active ont continué à fournir des informations standardisées sur la prévalence d’infections au Canada, avec un plus grand nombre de sites et des efforts accrus pour couvrir davantage de régions. Les données de surveillance passive disponibles ont continué à fournir des informations géographiques et temporelles complètes sur les I. scapularis et I. pacificus.

Parmi les autres limites, on peut citer les données manquantes pour plusieurs caractéristiques des tiques, telles que le stade, ce qui a rendu les comparaisons interannuelles difficiles. En outre, un éventuel biais de rappel peut avoir introduit de l’incertitude dans les données de surveillance passive existantes, notamment en ce qui concerne le lieu et la date de la collecte des tiques. La variation annuelle des tests des agents pathogènes, y compris la taille différente des échantillons et la sélection incohérente des sites de surveillance, a réduit la comparabilité des estimations de la prévalence de l’infection. Au fur et à mesure que des données annuelles supplémentaires seront disponibles, des comparaisons interannuelles seront effectuées à l’aide de méthodes statistiques appropriées; par conséquent, les comparaisons avec les années précédentes étaient purement descriptives et n’évaluaient pas la signification statistique. Enfin, ce rapport donne une vue d’ensemble de la surveillance des tiques au Canada, mais ne comprend pas toutes les activités de surveillance des tiques menées dans le pays.

Conclusion

Les données de surveillance des tiques en 2022 ont continué à mettre en évidence les caractéristiques de deux vecteurs importants des maladies transmises par les tiques au Canada : I. scapularis et I. pacificus. Borrelia burgdorferi demeure l’agent pathogène le plus répandu, en particulier dans les I. scapularis. Les données de collecte et spatio-temporelles, ainsi que les données de prévalence de l’infection, étaient similaires à celles des années précédentes, avec de légères augmentations ou diminutions en fonction du pathogène et de la province.

Ces résultats soutiennent les initiatives de santé publique telles que l’éducation du public sur la prévention des piqûres de tiques et l’identification des zones à risque de maladies transmises par les tiques. L’activité de surveillance permet de déterminer les tendances stables ou changeantes de la prévalence des agents pathogènes ou de la distribution géographique, d’autant plus que des facteurs tels que les changements climatiques et l’expansion des habitats des tiques qui en résulte devraient continuer à affecter la dynamique des tiques et des agents pathogènes à l’avenir. Il est donc essentiel de continuer à investir dans la surveillance des tiques et dans les stratégies de prévention afin de réduire la charge que représentent les maladies transmises par les tiques pour la santé publique et le système de soins de santé.

Déclaration des auteurs

  • G. W. — Analyse formelle, rédaction de la version originale, rédaction–révision et édition
    S. A. — Visualisation, rédaction–révision et édition
    C. W. — Rédaction–révision et édition
    H. C. — Rédaction–révision et édition
    J. S. — Rédaction–révision et édition
    M. N. — Rédaction–révision et édition
    K. Cronin — Rédaction–révision et édition
    P. Z. — Rédaction–révision et édition
    K. T. — Rédaction–révision et édition
    K. Crandall — Rédaction–révision et édition
    P. G. — Rédaction–révision et édition
    L. S. — Rédaction–révision et édition
    E. J. — Rédaction–révision et édition
    M. M. — Rédaction–révision et édition
    C. H. — Rédaction–révision et édition
    M. K. L. — Rédaction–révision et édition
    P. B. — Rédaction–révision et édition
    A. C. B. — Rédaction–révision et édition
    S. G. — Conceptualisation, supervision, rédaction–révision et édition

Intérêts concurrents

Aucun.

Identifiants ORCID

Aucun.

Remerciements

Nous remercions tous ceux qui ont participé à la collecte et à l’analyse des tiques aux niveaux régional, provincial et national, y compris les membres du public qui ont soumis des tiques. Nous remercions le Réseau de recherche national sur la maladie de Lyme pour sa supervision et la fourniture de ses données de surveillance active. Outre le co-auteur J. Savage, l’équipe impliquée dans la collecte et le traitement des données eTick comprenait plusieurs étudiants ainsi que les personnes suivantes : C. Jardine (Département de pathobiologie, Collège vétérinaire de l’Ontario [CVO], Université de Guelph, Guelph [Ontario]); K. Clow (Département de médecine de la population, CVO, Université de Guelph, Guelph [Ontario]); M. Kulkarni (École d’épidémiologie et de santé publique, Université d’Ottawa, Ottawa [Ontario]); J. Nocera (Faculté de foresterie et de gestion environnementale, Université du Nouveau-Brunswick, Fredericton [Nouveau-Brunswick]); S. Heard (Département de biologie, Université du Nouveau-Brunswick, Fredericton [Nouveau-Brunswick]); E. Jenkins (Département de microbiologie vétérinaire, Western College of Veterinary Medicine, Université de la Saskatchewan, Saskatoon [Saskatchewan]); D. Shutler, K. Hillier (Département de biologie, Université Acadia, Wolfville [Nouvelle-Écosse]); J. Bowden (Centre de foresterie de l’Atlantique, Service canadien des forêts, Ressources naturelles Canada, Corner Brook [Terre-Neuve-et-Labrador]); K. Rochon (Département d’entomologie, Université du Manitoba, Winnipeg [Manitoba]). En Saskatchewan, nous remercions P. Curry, B. Heisler, S. Minkova et M. Jarque.

Financement

Ce travail a été soutenu par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). La surveillance passive en Colombie-Britannique a été financée par le BC Centre for Disease Control Foundation. La surveillance passive et active en Saskatchewan est partiellement financée par le gouvernement de la province. La surveillance passive et active au Québec a été soutenue par le Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Le Réseau sentinelle canadien de surveillance de la maladie de Lyme (ReSCaL) du Réseau de recherche national sur la maladie de Lyme est financé par les Instituts de recherche en santé du Canada et l’ASPC. La plateforme eTick est financée par le Fonds du programme de maladies infectieuses et de changements climatiques de l’ASPC.

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2026-02-19