Impact de la concordance linguistique des soins sur la compréhension et l’adhésion aux protocoles de prévention des infections chez les patients hospitalisés

RMTC

Volume 52-4, avril 2026 : Langage et le Web : outils de communication, d’éducation et d’équité en santé

Rapport d’enquête

Impact de la concordance linguistique des soins sur la compréhension et l’adhésion aux protocoles de prévention des infections chez les patients hospitalisés : une enquête multicentrique

Paige Reason1, Amna Rizvi1, Radhika Chawla1, Sheila Le-Abuyen2, Vishnuka Arulsundaram2, Hassen Nandwani2, Alon Vaisman2,3,4, Jerome A Leis1,3,4

Affiliations

1 Centre des sciences de la santé Sunnybrook, Toronto, ON

2 Santé publique Ontario, Toronto, ON

3 Faculté de médecine Temerty, Université de Toronto, Toronto, ON

4 Centre pour l’amélioration de la qualité et la sécurité des patients, Université de Toronto, Toronto, ON

Correspondence

jerome.leis@sunnybrook.ca

Citation proposée

Reason P, Rizvi A, Chawla R, Le-Abuyen S, Arulsundaram V, Nandwani H, Vaisman A, Leis J. Impact de la concordance linguistique des soins sur la compréhension et l’adhésion aux protocoles de prévention des infections chez les patients hospitalisés : une enquête multicentrique. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2026;52(4):157–62. https://doi.org/10.14745/ccdr.v52i04a05f

Mots-clés : langue, infection, équité, prévention, soins de santé

Résumé

Contexte : La concordance linguistique dans les soins peut influencer les résultats pour les patients. Le niveau de concordance linguistique dans les soins et son impact sur le respect des protocoles de prévention des infections n’ont pas été bien décrits.

Objectif : Déterminer si la langue préférée des patients a une incidence sur leur capacité à suivre les protocoles de prévention des infections.

Méthodes : Un sondage multicentrique a été réalisé pour évaluer la compréhension et l’observance autodéclarée de deux ensembles différents d’instructions de prévention des infections, soit le bain préopératoire à la chlorhexidine avant la chirurgie cardiaque et les soins d’un cathéter central pendant la chimiothérapie contre une hémopathie maligne. Des entretiens normalisés ont été menés après une chirurgie cardiaque ou l’insertion d’un cathéter vasculaire central. La langue préférée a été définie par la préférence déclarée par le patient, l’interprétation professionnelle à l’hôpital étant utilisée pour les patients dont la langue préférée n’est pas l’anglais.

Résultats : Parmi les 238 patients éligibles, 222 (93 %) ont répondu à l’entretien sur les deux sites, dont 179 (81 %) avec une préférence pour l’anglais et 43 (19 %) avec une préférence pour les langues autres que l’anglais. La compréhension des instructions relatives à la prévention des infections n’était pas différente entre les groupes préférant l’anglais et ne préférant pas l’anglais (97,2 % contre 93,0 %; = 0,19), et similaire en ce qui concerne l’adhésion déclarée (97,8 % contre 97,7 %; p = 0,97). Parmi les 26 (65 %) patients ne préférant pas l’anglais, les instructions ont été interprétées par la famille plutôt que par les services d’interprétation de l’hôpital. Les thèmes qualitatifs comprenaient le recours à la famille pour l’interprétation ou d’autres solutions informelles, la frustration du patient face à la barrière linguistique et le souhait exprimé d’une amélioration des services linguistiques.

Conclusion : Aucune différence significative n’a été identifiée dans la compréhension ou l’adhésion aux protocoles de prévention des infections en fonction de la préférence linguistique; cependant, pour combler cette lacune, on a dû s’appuyer sur les membres de la famille ou d’autres solutions informelles. Compte tenu des risques et de l’iniquité de ces solutions de contournement, une amélioration aux services d’interprétation en milieu hospitalier est nécessaire.

Introduction

Environ un Canadien sur cinq déclare que sa première langue est une langue autre que le français ou l’anglais Footnote 1. Les barrières linguistiques lors d’un séjour à l’hôpital sont associées à une moindre satisfaction des patients et des prestataires de soins, ainsi qu’à des résultats inférieurs pour les patients Footnote 2Footnote 3Footnote 4.

Les soins prodigués dans une langue différente peuvent également constituer un facteur de risque pour le développement de certaines infections associées aux soins de santé. Dans une vaste étude de cohorte rétrospective menée récemment aux États-Unis, le fait de parler une autre langue que l’anglais était associé à un risque 60 % plus élevé d’infection sanguine associée aux cathéters centraux Footnote 5.

Au Canada, il y a un manque de données sur la question de savoir si les patients reçoivent des soins conformes à la langue dans le cadre de protocoles visant à réduire le risque d’infection associée aux soins de santé Footnote 6Footnote 7Footnote 8. Une étude multicentrique a été réalisée pour évaluer s’il y avait une différence dans la compréhension et/ou l’adhésion à deux protocoles de prévention des infections selon la langue préférée déclarée par le patient.

Méthodes

Cette étude a été menée dans deux grands hôpitaux universitaires de Toronto auprès de deux populations de patients distinctes qui reçoivent des instructions normalisées pour réduire le risque d’infection. La première population comprenait des patients subissant une chirurgie cardiaque et recevant des instructions sur le bain préopératoire à la chlorhexidine. La seconde population comprenait des patients atteints d’hémopathies malignes qui recevaient des instructions sur la manière de réduire leur risque d’infection après l’insertion d’un cathéter central en service ambulatoire.

Les participants éligibles du groupe de chirurgie cardiaque étaient des patients admis qui avaient subi une chirurgie cardiaque élective dans les 14 jours précédents et qui avaient reçu des instructions préopératoires dans la clinique ambulatoire. Les participants éligibles de la population d’hémopathie maligne comprenaient les patients dont le premier cathéter central avait été inséré dans les 60 jours précédents et qui avaient passé au moins 24 heures à la maison depuis l’insertion. Les personnes refusant d’être interrogées, présentant des troubles cognitifs, parlant une langue non disponible pour l’interprétation ou déclarant n’avoir jamais reçu d’instructions sur la prévention des infections ont été exclues des deux groupes.

Entre le 1er juin 2024 et le 31 octobre 2024, les participants éligibles ont été approchés par des professionnels de la prévention et du contrôle des infections. Les personnes qui ont accepté de participer ont été soumises à des entretiens semi-structurés anonymes d’une durée de 5 à 10 minutes. L’entrevue a d’abord confirmé leur langue préférée et vérifié leur compréhension des protocoles de prévention des infections particuliers, ainsi que le respect de ces protocoles (tableau 1). Si un patient a indiqué qu’il préférait une langue autre que l’anglais, le reste de l’entretien a été mené par le service d’interprétation de l’hôpital, à l’aide d’un téléphone à haut-parleur ou d’un interprète en personne. Un outil d’entretien contenait des messages-guides normalisés pour aider les patients à comprendre la question, le cas échéant. Un deuxième enquêteur était présent pour les six premiers entretiens en langue autre que l’anglais (24 questions) afin de valider indépendamment les réponses quantitatives dans les deux populations de patients (Kappa = 1,0).

Tableau 1 : Questions normalisées pour déterminer la compréhension et l’adhésion aux instructions de prévention des infections
Questions sur la chirurgie cardiaque Questions sur l’hémopathie maligne
Questions quantitatives
1. Quelle est votre langue de préférence?
2. Veuillez décrire les instructions qui vous ont été données :
Que vous a-t-on dit sur les protocoles de bain/nettoyage à domicile avant votre opération? (capacité à décrire le bain avec des détails généraux = 1; sinon = 0)
1. Quelle est votre langue de préférence?
2. Veuillez décrire les instructions qui vous ont été données :
Que vous a-t-on dit sur la façon de soigner votre cathéter à la maison? (capacité a en décrire au moins deux—p. ex., garder au sec, garder propre/couvert, garder loin des animaux, ne pas mettre sous l’eau = 1; moins de deux = 0)
3. Messages-guides, seulement si la note est de zéro :
a. Vous a-t-on dit d’utiliser le savon jaune pendant les cinq jours précédant l’opération? (oui avec message-guide = 1; non avec message-guide = 0)
3. Messages-guides, seulement si la note est de zéro :
a. Savez-vous si vous êtes autorisé à immerger votre cathéter dans l’eau? (ni le cathéter central inséré par voie périphérique ni le cathéter de Hickman ne peuvent être complètement immergés, oui = 1; sinon = 0)
b. Vous a-t-on demandé de garder votre pansement au sec? (oui avec message-guide = 1; non avec message-guide = 0)
4. (Pour les patients dont la langue préférée n’est pas l’anglais) Comment ces instructions vous ont-elles été données? (pas d’interprète; interprétation par un tiers; interprétation par la famille/l’ami) 4. (Pour les patients dont la langue préférée n’est pas l’anglais) Comment ces instructions vous ont-elles été données? (pas d’interprète; interprétation par un tiers; interprétation par la famille/l’ami)
5. Respect des recommandations :
Avez-vous pris un bain avant l’opération? (oui = 1; non = 0)
5. Respect des recommandations :
Avez-vous gardé votre cathéter propre, couvert et à l’abri de l’eau? (oui = 1; non = 0)
Questions qualitatives
6. (Pour les patients dont la langue de préférence n’est pas l’anglais) Au cours de vos interactions avec l’équipe soignante, avez-vous eu l’impression que votre capacité à communiquer en anglais a eu un impact sur votre capacité à suivre les recommandations? 6. (Pour les patients dont la langue de préférence n’est pas l’anglais) Au cours de vos interactions avec l’équipe soignante, avez-vous eu l’impression que votre capacité à communiquer en anglais a eu un impact sur votre capacité à suivre les recommandations?
7. (Pour les patients dont la langue de préférence n’est pas l’anglais) Y a-t-il d’autres façons dont votre capacité à communiquer en anglais a affecté votre santé à l’hôpital? 7. (Pour les patients dont la langue de préférence n’est pas l’anglais) Y a-t-il d’autres façons dont votre capacité à communiquer en anglais a affecté votre santé à l’hôpital?

Le principal résultat de l’étude a été la proportion de patients qui pouvaient démontrer qu’ils comprenaient les instructions relatives à la prévention des infections. Le résultat secondaire était la proportion de patients ayant respecté les consignes de prévention des infections. Les patients ont été classés selon la langue de préférence qu’ils ont déclarée (anglais ou autre). Cette catégorisation a été utilisée, car l’anglais est la langue couramment utilisée dans les deux hôpitaux participants. La préférence pour le français a été analysée avec le groupe des préférences non anglophones, car trop peu de patients préféraient le français. Le cas échéant, le type de méthode d’interprétation utilisée par les patients ne parlant pas anglais a été enregistré. Les différences de proportions entre les groupes ont été comparées à l’aide de tests du khi-carré. Les réponses aux questions ouvertes de l’entretien (questions 6 et 7) ont été résumées et examinées pour en dégager les thèmes qualitatifs émergents à l’aide de la méthodologie de la théorie ancrée Footnote 9. Il n’était pas nécessaire de procéder à une évaluation éthique, car le projet répondait aux critères d’exemption basés sur le processus institutionnel d’amélioration de la qualité.

Résultats

Parmi les 238 patients éligibles sur les deux sites, 222 (93,3 %) ont consenti à participer, tandis que 11 (4,6 %) ont refusé et cinq (2,2 %) ont été exclus pour cause de confusion (n = 2), d’absence d’interprète pour la langue (n = 1) et parce qu’ils ont déclaré ne pas avoir reçu d’instructions sur la prévention des infections (n = 2). Cent soixante-dix-neuf (80,6 %) participants ont préféré l’anglais et 43 (19,4 %) ont préféré une langue autre que l’anglais.

La proportion de patients qui ont confirmé avoir compris les protocoles de prévention des infections et qui ont déclaré y adhérer est résumée dans le tableau 2. Dans l’ensemble, aucune différence significative n’a été identifiée entre les groupes privilégiant l’anglais et pas l’anglais, que ce soit en termes de compréhension (97,2 % contre 93,0 %; p = 0,19) ou d’adhésion (97,8 % contre 97,7 %; p = 0,97). Parmi les 26 (65 %) patients ne préférant pas anglais, les instructions ont été interprétées par un membre de la famille ou par d’autres moyens informels, plutôt que par le service d’interprétation de l’hôpital (tableau 3). Les trois patients qui n’ont pas compris les instructions n’ont bénéficié ni de l’aide de leur famille ni de moyens informels ni d’un service d’interprétation à l’hôpital.

Tableau 2 : Proportion de patients confirmant leur compréhension et leur adhésion aux instructions de prévention des infections en fonction de leur préférence linguistique
Résultat Préférence linguistique Hôpital A Hôpital B Combinés Valeur p
Compréhension Anglais 90 (98 %) 84 (97 %) 174 (97 %) 0,19
Non-anglais 20 (87 %) 20 (100 %) 40 (93 %)
Adhésion Anglais 90 (98 %) 85 (98 %) 175 (98 %) 0,97
Non-anglais 23 (100 %) 19 (95 %) 42 (98 %)
Tableau 3 : Compréhension des instructions par la méthode d’interprétation
Méthode d’interprétation Le patient a compris
(n = 40)
Le patient n’a pas compris
(n = 3)
La famille ou un ami assure l’interprétation 26 (65 %) 0 (0 %)
Services d’interprétation 3 (8 %) 0 (0 %)
Pas d’interprète 11 (27 %) 3 (100 %)

Quatre thèmes qualitatifs ont été identifiés parmi les personnes ayant une préférence pour une langue autre que l’anglais, comme le résume le tableau 4. Ils ont notamment eu recours à des solutions de contournement pour accéder à l’interprétation en faisant appel à leur famille ou à d’autres solutions « juste à temps », se sont sentis frustrés par les barrières linguistiques et ont souligné la nécessité d’améliorer l’accès aux services de soins de santé dans leur langue.

Tableau 4 : Thèmes qualitatifs émergents dans les entretiens avec des patients privilégiés non anglophones
Thème Description Citations de participants
Aide à l’interprétation pour les membres de la famille Les membres de la famille et les amis ont apporté un soutien important aux patients non anglophones en les aidant à comprendre et à respecter les instructions

« Si (le patient) n’avait pas eu quelqu’un pour l’aider, il n’aurait pas pu comprendre les instructions, car sa compréhension de l’anglais n’est pas suffisante pour comprendre les termes médicaux. »

« Si les patients n’ont pas de membre de leur famille autour d’eux, il leur est difficile de comprendre et de suivre les instructions. »

Solutions juste à temps L’accès à l’interprétation est souvent passé par des services non hospitaliers (p. ex., Google translate, un professionnel de santé parlant la langue du patient, etc.) « Certaines infirmières utilisaient Google translate avec moi, ce qui était utile. »
Frustration du patient face à la barrière de la langue Les patients ont exprimé des difficultés de communication avec leurs équipes soignantes malgré la disponibilité et l’utilisation des services d’interprétation fournis par l’hôpital

« Si je parlais anglais, mon expérience aurait été meilleure. »

« J’étais très contrarié parce que je ne pouvais pas communiquer ce que je ressentais jusqu’à ce que l’infirmière qui parle ma langue vienne m’aider. »

Idées d’amélioration formulées par les patients et leur famille Services et options suggérés pour améliorer l’expérience des patients qui préfèrent des langues autres que l’anglais

« J’aimerais que la documentation écrite soit remise aux patients [non anglophones] dans leur langue maternelle, comme cela se fait dans le système scolaire local pour les parents. »

« Si les membres de la famille ne sont pas disponibles, il serait utile que les patients sachent quelles sont les possibilités de traduction et comment accéder à ces services. »

Discussion

Dans cette étude canadienne examinant l’effet de la préférence linguistique sur la compréhension et l’adhésion aux protocoles de prévention des infections en milieu hospitalier, nous n’avons pas identifié de différence significative parmi les patients ne préférant pas l’anglais; cependant, pour combler cette lacune, ces patients ont dû s’appuyer sur les membres de la famille ou d’autres solutions informelles. Cette constatation est confirmée par les données quantitatives et qualitatives qui suggèrent que les services d’interprétation existants dans les hôpitaux ont été peu utilisés dans ces situations.

Des disparités dans l’accès à la concordance linguistique dans les soins existent au Canada et il a été démontré qu’elles influencent les résultats pour les patients, notamment les visites répétées à l’hôpital, les réadmissions et les décès à l’hôpital Footnote 7Footnote 8. Dans une étude de cohorte rétrospective portant sur des bénéficiaires de soins à domicile admis à l’hôpital dans l’Ontario, au Canada, ceux qui recevaient plus de 50 % de leurs soins de la part de médecins parlant la langue primaire des patients avaient de meilleurs résultats à l’hôpital Footnote 8.

L’effet de la concordance linguistique dans les soins sur le développement d’infections associées aux soins de santé dans les hôpitaux canadiens est beaucoup moins clair. Un obstacle important réside dans le fait que les données relatives à la langue préférée des patients et les données relatives à l’équité en matière de santé ne sont pas systématiquement enregistrées lors de l’admission à l’hôpital ou liées à la surveillance des infections hospitalières, comme c’est le cas dans d’autres pays Footnote 3. L’auto-entretien des cathéters vasculaires et le bain préopératoire avant la chirurgie cardiaque sont deux pratiques essentielles dont il a été démontré qu’elles réduisaient le risque d’infection associée aux soins de santé Footnote 10Footnote 11. Ces pratiques étaient donc bien adaptées pour évaluer systématiquement l’impact de la préférence linguistique sur la mise en œuvre de ces instructions essentielles pour la prévention des infections dans les hôpitaux canadiens.

Bien qu’aucune différence globale n’ait été identifiée au niveau de la compréhension ou de l’adhésion, l’application des protocoles de prévention des infections selon la langue s’est souvent appuyée sur des solutions de contournement dans nos hôpitaux. Malgré le petit nombre (n = 3), 100 % des personnes qui n’ont pas compris les instructions n’ont bénéficié d’aucune interprétation, ce qui donne un aperçu de l’inégalité qui existe si les membres de la famille ou d’autres moyens informels d’interprétation ne sont pas présents pour combler cette lacune. En outre, le fait de se fier à la famille ou à d’autres solutions informelles pour interpréter des renseignements importants pour les patients est associé à des risques d’interprétation erronée en raison du manque de formation formelle Footnote 4. Les données qualitatives de notre étude confirment le fait que les patients et les membres de leur famille ont exprimé leur frustration d’avoir à remplir ce rôle et ont souhaité une amélioration des services d’interprétation en milieu hospitalier. Suite à la réception de ces données et d’autres données relatives à l’expérience des patients, les deux organisations enregistrent les préférences linguistiques lors de l’admission et ont augmenté l’utilisation de l’interprétation à l’hôpital via un système mobile.

Cette étude présente plusieurs points forts importants. L’étude a été menée dans deux hôpitaux de soins actifs, ce qui améliore la validité externe de ces résultats. Une validation du questionnaire a été effectuée pour garantir sa fiabilité d’un enquêteur à l’autre et évaluer les facteurs de confusion, y compris l’utilisation de solutions d’interprétation informelles. Des questions fermées et ouvertes ont été incluses afin d’explorer pleinement les points de vue des patients et des familles. Enfin, des patients provenant de deux populations différentes de patients recevant différents types de protocoles de prévention des infections ont été interrogés.

Limites

Il convient de noter plusieurs limites importantes. Tout d’abord, l’étude s’est appuyée sur l’adhésion autodéclarée aux protocoles de prévention des infections, qui peut entraîner une surestimation de l’adhésion réelle en raison d’un biais de mémorisation. Deuxièmement, un petit nombre d’entretiens n’ont pu être menés à bien en raison de l’indisponibilité d’interprètes dans une langue en particulier, ce qui aurait pu exclure les participants n’ayant pas la préférence pour l’anglais de manière différente. Troisièmement, les deux hôpitaux participants sont situés dans une région majoritairement anglophone, alors que les résultats pourraient être différents dans d’autres régions du Canada où le français ou les langues autochtones sont plus répandus. De plus, le grand milieu urbain compte une grande variété de langues autres que l’anglais, ce qui a probablement incité à mettre davantage l’accent sur la concordance linguistique dans les soins comparativement à d’autres hôpitaux canadiens dans des milieux plus petits ou non urbains.

Conclusion

Bien que l’étude n’ait pas permis de déceler une différence significative dans la compréhension et le respect des préférences linguistiques, elle a souligné les risques et l’iniquité liés au fait d’avoir à se fier aux membres de la famille ou à d’autres solutions informelles. Les hôpitaux doivent s’efforcer d’encourager le recours à des services d’interprétation formels lorsqu’ils dispensent des instructions essentielles en matière de prévention des infections.

Déclaration des auteurs

P. R. — Acquisition, analyse ou interprétation des données, supervision, analyse statistique, rédaction du manuscrit
A. R. — Acquisition, analyse ou interprétation des données, révision critique du manuscrit
R. C. — Acquisition, analyse ou interprétation des données, révision critique du manuscrit
S. L.-A. — Acquisition, analyse ou interprétation des données, révision critique du manuscrit
V. A. — Acquisition, analyse ou interprétation des données, révision critique du manuscrit
H. N. — Acquisition, analyse ou interprétation des données, révision critique du manuscrit
A. V. — Concept et conception, soutien administratif, analyse statistique, supervision, révision critique du manuscrit
J. L. — Concept et conception, soutien administratif, analyse statistique, supervision, révision critique du manuscrit

Le contenu de cet article et les opinions qui y sont exprimées n’engagent que les auteurs et ne reflètent pas nécessairement ceux du gouvernement du Canada.

Intérêts concurrents

Le Dr Jerome Leis a fourni un témoignage d’expert à la demande des hôpitaux de l’Association des hôpitaux de l’Ontario. Aucun des autres auteurs n’a de conflit d’intérêts à déclarer.

Identifiants ORCID

Paige Reason — 0009-0002-3541-8688
Alon Vaisman — 0000-0003-1968-146X
Jerome Leis — 0000-0003-2250-4894

Remerciements

Les auteurs remercient les équipes de prévention et de contrôle des infections et les services d’interprétation des deux hôpitaux pour leur contribution à la réalisation de cette étude d’amélioration de la qualité.

Financement

Aucun.

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2026-04-29